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Écran de Chess Genius 5 en réflexion, sur un Pentium 90 émulé, posé entier dans un cadre 1200 × 630

Laboratoire · programmes DOS · 1 503 parties

Chess Genius UCI

Les cinq Chess Genius de Richard Lang, la série DOS commencée en 1992, tournent dans leur version d’origine sur deux PC entièrement émulés — un 486DX à 33 MHz et un Pentium à 90 MHz — et jouent comme des moteurs UCI ordinaires. Dix gauntlets, 1 503 parties classées. Le résultat tient en une phrase : le matériel vaut trois fois plus que cinq années de développement.

+189points Elo gagnés en passant du 486DX 33 MHz au Pentium 90 MHz, à programme identique
11points Elo séparent les quatre versions en comparaison contrôlée sur Pentium, contre les mêmes adversaires
+2demi-coups de profondeur apportés par le Pentium, de 6,0 à 8,0 en moyenne
1 503parties jouées, dix gauntlets de 150 parties, cadence 60 coups en 15 minutes

Deux PC, le même programme

Chess Genius n’a jamais été un moteur UCI. C’est un programme DOS avec sa propre interface, son propre échiquier à l’écran et son propre clavier. Pour le faire jouer dans Banksia, un relais tape les coups au clavier émulé, lit l’échiquier et la ligne d’analyse à l’écran, et tient la pendule ; le détail de ce montage est dans l’article consacré aux programmes DOS.

Les deux PC sont émulés intégralement. Le 486DX à 33 MHz tourne sous MAME ; le Pentium à 90 MHz tourne sous QEMU en mode -icount, où le temps vu par le programme est compté en instructions exécutées puis converti en secondes d’un vrai Pentium 90, programme par programme. Aucun des deux ne joue plus vite que sa fréquence : c’est le temps d’époque qui est respecté, pas le temps réel du Ryzen qui héberge tout cela.

Chaque version affronte une échelle d’adversaires, dix parties contre chacun, en montant jusqu’à ce qu’elle s’effondre, puis le lot est complété à 150 parties. Les cotes données ici sont celles du classement maison, calculées par Ordo sur l’ensemble du PGN du laboratoire — pas sur le gauntlet seul.

Ce que coûte le matériel

Les cinq versions ont tourné sur les deux machines. L’écart est le même programme, le même livre d’ouvertures, la même cadence : seule la fréquence change.

486DX 33 MHzPentium 90 MHz2300235024002450250025502600Genius 123392533+194Genius 223692552+183Genius 323412574+233Genius 423712575+204Genius 523982530+132cote Ordo du classement maison

Cotes Ordo du classement maison, après recalibration de l’échelle. Les cinq versions sont désormais mesurées sur les deux machines.

La moyenne des cinq écarts est de +189 points, entre +132 pour la version 5 et +233 pour la version 3. Trois mesures indépendantes disent la même chose :

Manière de mesurerÉcart 486 → PentiumSur quoi
Cotes Ordo du classement+189les 1 503 parties, ajustement global
Score contre les adversaires communs+139 à +163versions 2, 3 et 4 ; 12 à 14 adversaires identiques, 150 parties de chaque côté
Duel direct, même programme+209Genius 1 Pentium contre Genius 1 486DX : 10 sur 13

Le duel direct est le plus propre dans son principe et le moins solide dans ses chiffres : treize parties ne valent pas mieux que ±150 points. Les deux autres se recoupent autour de 150 à 190 points, et c’est la fourchette à retenir.

D’où vient le gain : deux demi-coups

Le relais lit la ligne d’analyse à l’écran à chaque coup. Sur environ 170 000 coups annoncés, la profondeur moyenne se mesure directement.

02468Genius 1 — 486DX 33 MHz6,20Genius 2 — 486DX 33 MHz6,05Genius 3 — 486DX 33 MHz6,01Genius 4 — 486DX 33 MHz5,85Genius 5 — 486DX 33 MHz5,74Genius 1 — Pentium 90 MHz7,89Genius 2 — Pentium 90 MHz8,10Genius 3 — Pentium 90 MHz7,88Genius 4 — Pentium 90 MHz8,08profondeur moyenne annoncee, en demi-coups

Profondeur moyenne lue dans la ligne d’analyse, en demi-coups, hors annonces de mat.

Le 486DX tient entre 5,7 et 6,2 demi-coups, le Pentium entre 7,9 et 8,1. Le gain est de deux demi-coups pleins, et au neuvième décile il passe de 8 ou 9 à 11. Deux demi-coups, pour un programme de cette génération, c’est l’ordre de grandeur de 150 à 200 points : les deux mesures sont cohérentes.

Un détail de pendule qui mérite une explication

Sur le 486, Chess Genius consomme 13,5 à 13,7 secondes de pendule par coup. Sur le Pentium, seulement 7,5 à 8,3 — alors que ses adversaires en dépensent 15 des deux côtés. Ce n’est pas qu’il réfléchit moins : il réfléchit bien ses quinze secondes de Pentium 90, mais QEMU les produit en moins de temps réel, et c’est le temps réel que compte cutechess. Conséquence visible : une partie dure 29 à 34 minutes sur le 486 contre 23 à 25 sur le Pentium, et le Pentium laisse environ 300 secondes de pendule inutilisées par partie. Le quota de réflexion, lui, est respecté.

Ce que valent cinq générations

La question intéressante n’est pas celle du matériel, elle est connue. C’est celle-ci : entre Chess Genius 1 et Chess Genius 5, que Richard Lang a écrits à six ans d’intervalle, combien de points y a-t-il ?

Version486DX 33 MHzPentium 90 MHzÉcartProfondeur 486
Chess Genius 12339 ±122533 ±16+1946,20
Chess Genius 22369 ±162552 ±16+1836,05
Chess Genius 32341 ±162574 ±16+2336,01
Chess Genius 42371 ±162575 ±16+2045,85
Chess Genius 52398 ±162530 ±16+1325,74

Sur le 486DX, les cinq versions tiennent dans 60 points, et l’ordre n’est pas chronologique : la version 3 reste quasi à la cote de la version 1, et les versions 2 et 4 se tiennent en deux points. Seule la version 5 se détache, de 27 points sur la deuxième — moins que la marge d’erreur de deux mesures à 150 parties.

La mesure la plus propre du lot

Les quatre gauntlets du Pentium ont affronté exactement les quatorze mêmes adversaires, 150 parties chacun. C’est une comparaison contrôlée, sans correction à faire :

Version sur Pentium 90Score sur les 14 mêmes adversairesPart
Chess Genius 194,0 / 15062,7 %
Chess Genius 288,5 / 14063,2 %
Chess Genius 396,5 / 15064,3 %
Chess Genius 496,0 / 15064,0 %

Un point et demi de pourcentage sépare le premier du dernier, soit onze points Elo. L’incertitude d’un score sur 150 parties est de l’ordre de ±28 points. Les quatre versions sont donc indiscernables : cinq années de développement, et rien de mesurable à cette cadence.

Et la version la plus forte cherche le moins profond

C’est le détail qui éclaire le reste. Sur le 486DX, la profondeur moyenne baisse de version en version : 6,20 demi-coups pour la 1, puis 6,05, 6,01, 5,85, et 5,74 pour la 5 — qui est la mieux classée des cinq. Richard Lang n’a pas rendu son programme plus rapide : il l’a rendu plus sélectif et mieux informé, en échangeant de la largeur de recherche contre de la connaissance.

Une réserve : les cinq échelles ne sont pas identiques sur le 486, et la profondeur dépend des positions rencontrées. La tendance est nette et constante sur cinq mesures, mais ce n’est pas une expérience contrôlée, contrairement au tableau ci-dessus.

Ce que ces chiffres ne disent pas

Ils ne disent pas que Chess Genius 5 ne vaut pas mieux que Chess Genius 1. Ils disent qu’à 60 coups en 15 minutes, sur un 486 ou un Pentium de 1994, la différence ne se voit pas en 150 parties. Les programmes de Richard Lang étaient conçus pour des cadences plus longues et du matériel plus rapide, et c’est là, peut-être, que les versions se séparent. Le laboratoire ne l’a pas encore mesuré.

Les cinq visages de Chess Genius

Chaque version a sa propre interface, et l’écran est exactement ce que le relais lit pour en tirer le coup, la profondeur, le score et la variante. Les images ci-dessous sont les captures du relais lui-même, pendant une réflexion, sur le Pentium 90 émulé. Les cinq captures sont prises dans la même position, après les dix-huit demi-coups qui sortent du livre : les cinq versions annoncent la même profondeur et des scores qui tiennent en six centièmes, mais chacune examine un coup différent au moment de la capture.

Écran de Chess Genius 1 en cours de réflexion sur un Pentium 90 émulé
Chess Genius 1 — écran 640 × 350. L’en-tête dit encore « Computer », le dernier menu est « Disk/Printer », les coups sont en notation algébrique longue. Le relais lit les deux lignes du bas : Searching: 10 b2-b3 (10/40) et Score: 0.69.
Écran de Chess Genius 2 en cours de réflexion sur un Pentium 90 émulé
Chess Genius 2 — l’écran passe en 640 × 480 et l’en-tête prend le nom du programme, « Genius 2 ». Les menus sont ceux de la version 1. Coup en cours d’examen : d4xc5, score 0.66.
Écran de Chess Genius 3 en cours de réflexion sur un Pentium 90 émulé
Chess Genius 3 — deux menus apparaissent, « File » et « Database » ; les coups passent en notation figurine et une ligne d’ouverture s’ajoute en bas (A00 — Irregular Opening). Coup en cours d’examen : c3-a4, score 0.69.
Écran de Chess Genius 4 en cours de réflexion sur un Pentium 90 émulé
Chess Genius 4 — interface inchangée depuis la 3. Coup en cours d’examen : f3-g5, score 0.63.
Écran de Chess Genius 5 en cours de réflexion sur un Pentium 90 émulé
Chess Genius 5 — toujours la même interface. Coup en cours d’examen : c3-d5, score 0.63. C’est cet écran qui sert d’image à la une.

Neuf parties remarquables

Une partie remarquable tirée de neuf des dix gauntlets. Le critère est simple : l’écart de cote franchi, le renversement d’évaluation, et la lisibilité du plan. Les évaluations en style machine à écrire sont celles de Chess Genius lui-même, lues à l’écran coup par coup : elles disent ce que le programme croyait, pas ce qui était vrai.

Sur 486DX à 33 MHz

Chess Genius 1 sur 486DX · Richard Lang contre Richard Lang

Chess Genius 1 bat le Mephisto Genius 68030 London

Mephisto Genius 68030 London — Chess Genius 1 486DX 33 MHz
2339 contre 2363
Partie anglaise (A22) · 98 demi-coups · 19 min 43 s · 0-1

Le même auteur des deux côtés. Chess Genius 1 est le premier programme PC de Richard Lang, sorti en 1992 ; le Mephisto Genius 68030 London est sa machine dédiée, championne du monde, à 2363 au laboratoire. Le programme PC sur un 486 de bureau bat la machine de tournoi.

après 27...d5 : le centre s’ouvre, l’évaluation double
après 35...Rhg3+ : deux tours sur la troisième rangée, le roi blanc n’a plus de case

Rien ne se passe pendant dix-neuf coups : l’évaluation du Genius ne quitte pas 0.00. Puis 20...Bh3 pose le fou sur une case que le London ne peut pas prendre, et 23...f6 24...g5 prennent l’espace sans rien lâcher.

27...d5 ouvre le centre au moment où les pièces blanches sont les plus passives : l’évaluation passe de +0.66 à +1.54. 28.Bxf5 Rxe2 donne la colonne e, 30.g4 Rxh3 prend un pion gratuit et y reste, et après 32.Qf1 Ree3 les deux tours noires sont sur la troisième rangée.

La suite est un filet : 33...Reg3+ 34.Kf2 Rf3+ 35.Kg2 Rhg3+ 36.Kh2 Bc7 — les deux tours poussent le roi blanc dans une boîte et le fou vient fermer la dernière diagonale. Il faut donner la dame, 37.Qxf3 Rxf3+, et le Genius annonce le mat en quinze dès le quarante-troisième coup. Il le donne au quarante-neuvième, 49...Qf3#.

La partie entière
1.c4 e5 2.Nc3 Nf6 3.Nf3 Nc6 4.g3 Bb4 5.Bg2 O-O 6.O-O Re8 7.Nd5 Nxd5 8.cxd5 Nd4 9.Nxd4 exd4 10.e3 c5 11.a3 Ba5 12.exd4 cxd4 13.d6 Qf6 14.d3 Qxd6 15.Bf4 Qe7 16.Qh5 Bb6 17.Be4 g6 18.Qf3 d6 19.Bh6 Rb8 20.Qf4 Bh3 21.Rfc1 Qe6 22.Qf3 Bg4 23.Qf4 f6 24.Rc2 g5 25.Qc1 Bf5 26.Re2 Qf7 27.f4 d5 28.Bxf5 Rxe2 29.h3 Re3 30.g4 Rxh3 31.fxg5 Re8 32.Qf1 Ree3 33.Rc1 Reg3+ 34.Kf2 Rf3+ 35.Kg2 Rhg3+ 36.Kh2 Bc7 37.Qxf3 Rxf3+ 38.Kg2 Rg3+ 39.Kf1 fxg5 40.Rc2 Rxg4 41.Rf2 Rf4 42.Rxf4 Bxf4 43.Bc8 Bg3+ 44.Kg2 Qf2+ 45.Kh3 Bd6 46.Be6+ Kh8 47.Bg7+ Kxg7 48.Kg4 Qf4+ 49.Kh3 Qf3# 0-1

Chess Genius 2 sur 486DX · une tour pour un cavalier

Chess Genius 2 sacrifie l’échange au onzième coup

Chess Genius 2 486DX 33 MHz — Saitek RISC 2500 v1.04 400 MHz
2369 contre 2440
Ruy Lopez, variante Berlinoise (C67) · 113 demi-coups · 26 min 16 s · 1-0

La Berlinoise, où les Noirs prennent en e4 et rendent la position très concrète tout de suite. Chess Genius 2 la traite comme une partie de 1870.

après 11.Rxe4+ : la tour pour le cavalier, et le roi noir cloudé en f8
après 50.Bxc7 : tout est pris, le Genius annonce +19

7.Nxd4 Bc5 8.Nxc6 Bxf2+ 9.Kf1 : le fou noir se pose en f2 avec échec et le Genius refuse de le prendre, parce que le reprendre coûterait la pièce gagnée en c6. Le roi attendra.

11.Rxe4+ est le coup de la partie : une tour pour un cavalier, et après dxe4 12.Qxe4+ Kf8 le roi noir a perdu le droit de rentrer. 13.Qb4+ Qd6 14.Qxd6+ cxd6 échange les dames — un programme qui voit six demi-coups a tout intérêt à les échanger — et 15.Kxf2 ramène enfin le fou, et le Genius lit +1.27.

Ensuite les deux cavaliers mangent le flanc dame : 19.Bxb4, 21.Na3, 22.Nab5, 26.Nxd6, 31.Nxc8. 33.Rxa8 Rxa8 liquide les tours. Le pion c décide : 38.c5, 41.c6, 46.c7, et 48.Ne7 oblige Rxc7 49.Nxf5+ 50.Bxc7 : +19.15. Mat annoncé en onze au cinquante et unième, donné au cinquante-septième.

La partie entière
1.e4 e5 2.Nf3 Nc6 3.Bb5 Nf6 4.O-O Nxe4 5.d4 exd4 6.Re1 d5 7.Nxd4 Bc5 8.Nxc6 Bxf2+ 9.Kf1 Qd7 10.Qd3 a6 11.Rxe4+ dxe4 12.Qxe4+ Kf8 13.Qb4+ Qd6 14.Qxd6+ cxd6 15.Kxf2 axb5 16.Nd4 b4 17.Bd2 Ra4 18.b3 Ra5 19.Bxb4 Rd5 20.c3 Ke7 21.Na3 Be6 22.Nab5 Rd8 23.c4 Rh5 24.Rd1 Bg4 25.Re1+ Kf6 26.Nxd6 Ra8 27.Kg3 Bc8 28.Re8 Rg5+ 29.Kf4 Rxg2 30.Nf3 Rgxa2 31.Nxc8 Kg6 32.Ne7+ Kh5 33.Rxa8 Rxa8 34.Nf5 g6 35.Nd6 f5 36.Bc5 Rb8 37.Bd4 h6 38.c5 Rf8 39.h4 Rd8 40.Nxb7 Rb8 41.c6 g5+ 42.hxg5 hxg5+ 43.Nxg5 Rc8 44.Na5 Kg6 45.Be5 Kh6 46.c7 Kg6 47.Nc6 Kh6 48.Ne7 Rxc7 49.Nxf5+ Kh5 50.Bxc7 Kg6 51.b4 Kf6 52.b5 Kg6 53.b6 Kf6 54.Be5+ Kg6 55.b7 Kh5 56.b8=Q Kg6 57.Qe8# 1-0

Chess Genius 3 sur 486DX · la plus grosse surprise

Chess Genius 3 bat Stockfish 11

Chess Genius 3 486DX 33 MHz — Stockfish 11 68040 40 MHz
2341 contre 2546 — 205 points d’écart
Ruy Lopez, attaque Marshall (C89) · 119 demi-coups · 27 min 34 s · 1-0

C’est l’un des plus gros écarts franchis sur 486DX : 205 points. En face, Stockfish 11 compilé pour tourner « à nu » dans un 68040 à 40 MHz émulé sous MAME — un moteur de 2020 sur un processeur de 1990, qui annonce 8,5 demi-coups en moyenne, soit deux et demi de plus que le Genius.

après 11.Rxe5 : la Marshall, mais un pion de moins et rien en retour
après 38...gxf6 : cinq pions contre cinq, évaluation +0,63. La partie se gagne ici
après 52.h8=Q : le pion h est allé au bout pendant que le roi noir regardait

La Marshall, d’abord, et elle ne rapporte rien aux Noirs : après 9.exd5 Nxd5 10.Nxe5 Nxe5 11.Rxe5 c6, Stockfish a bien le développement promis par la variante, mais il est simplement un pion de moins et le Genius lit +1.15. Suit un plan que rien ne détourne : simplifier. 15.Rxe8+, 22.Qxg4 — les dames quittent l’échiquier au vingt-deuxième coup — 24.Bxg6+, 28.Rxe7, 31.Nb4 Bxb4 32.Bxb4. Chaque échange retire à Stockfish une pièce de plus avec laquelle compliquer.

33.d5 cxd5 34.cxd5 crée le pion passe, et 35.d6 le pousse si loin que les Noirs doivent aller le chercher avec le roi : 35...Kf7 36.f3 Ke6 37.Bc3 Kxd6. Le pion tombe, mais 38.Bxf6 gxf6 laisse exactement ce que le Genius voulait : un finale de pions purs, cinq contre cinq, et une évaluation de +0.63 seulement. C’est là que la partie se joue.

40.fxg4 fxg4 41.Ke3, et l’évaluation saute à +2.30 ; 43.Kxg4, elle passe à +6.03. Le roi blanc mange sur la colonne g pendant que le roi noir n’a aucune case d’entrée. 45.h4 a4 46.bxa4 bxa4 47.a3 ferme le flanc dame, et le pion h part seul : 51.h7, 52.h8=Q. Les Noirs promeuvent en cavalier par désespoir (57...a1=N). Mat au soixantième.

Ce que cela dit du matériel : à cette cadence, Stockfish 11 sur 68040 voit huit demi-coups et demi. Un finale à cinq pions contre cinq demande davantage, ou bien de la connaissance de finale dans l’évaluation. Chess Genius 3 en a, Stockfish la remplace d’habitude par de la profondeur — et ici il n’en a pas.

La partie entière
1.e4 e5 2.Nf3 Nc6 3.Bb5 a6 4.Ba4 Nf6 5.O-O Be7 6.Re1 b5 7.Bb3 O-O 8.c3 d5 9.exd5 Nxd5 10.Nxe5 Nxe5 11.Rxe5 c6 12.d4 Bf6 13.Re1 Bf5 14.Qf3 Re8 15.Rxe8+ Qxe8 16.Bd2 Be4 17.Qg4 Bg6 18.Na3 h5 19.Qf3 Qd7 20.Re1 Kh7 21.Bc2 Qg4 22.Qxg4 hxg4 23.Be4 Ra7 24.Bxg6+ Kxg6 25.g3 Be7 26.Nc2 Bd6 27.Kg2 Re7 28.Rxe7 Bxe7 29.b3 f5 30.c4 Nf6 31.Nb4 Bxb4 32.Bxb4 Nd7 33.d5 cxd5 34.cxd5 Nf6 35.d6 Kf7 36.f3 Ke6 37.Bc3 Kxd6 38.Bxf6 gxf6 39.Kf2 Kc5 40.fxg4 fxg4 41.Ke3 a5 42.Kf4 Kd4 43.Kxg4 Ke5 44.Kh5 Kf5 45.h4 a4 46.bxa4 bxa4 47.a3 Ke6 48.Kg6 Kd5 49.h5 Kc4 50.h6 Kb3 51.h7 f5 52.h8=Q Kxa3 53.Qc3+ Ka2 54.Kxf5 Kb1 55.Qd2 a3 56.Ke4 a2 57.Kd3 a1=N 58.Kc3 Nc2 59.Qxc2+ Ka1 60.Qb2# 1-0

Chess Genius 4 sur 486DX · le sacrifice que Stockfish n’aurait pas dû faire

Chess Genius 4 encaisse un cavalier et ne lâche plus rien

Stockfish 11 68040 40 MHz — Chess Genius 4 486DX 33 MHz
2371 contre 2546 — 175 points d’écart
Ruy Lopez, système anti-Marshall (C88) · 148 demi-coups · 38 min 57 s · 0-1

Même adversaire, même écart, histoire inverse : ici c’est Stockfish qui attaque, et c’est précisément ce qui le perd.

après 14.Qh5+ : le cavalier est parti, l’attaque ne vient pas
après 41...Rxg3 : la colonne g s’ouvre, il reste une pièce d’écart

8.Bd5 Nxd5 9.exd5 Nb4 : Stockfish rend la paire de fous pour un peu d’espace. Puis 12.dxe5 dxe5 13.Nxe5 fxe5 14.Qh5+ — un cavalier pour une attaque qui n’existe pas. L’évaluation du Genius passe de +1.03 à +1.81 dans la foulée, et pendant les soixante coups qui suivent elle ne redescendra jamais sous +1.18.

Stockfish fait ce qu’il peut : il échange pour réduire. 21.Qh5+ Kg8 22.Nxf6+ gxf6 23.Rxe5 fxe5 24.Bxd8 Nf4 25.Qg4+ Qg6 26.Qxg6+ hxg6 : les dames partent au vingt-sixième, les rois sont nus, et il manque toujours une pièce. Le reste est de la technique sans faute : 38...e4, 39...e3, 40...exf2, 41...Rxg3 pour ouvrir une colonne ; 50...bxc4 51.bxc4 Nxc4 pour liquider le flanc dame ; 64...Rb3+ et l’évaluation bondit à +6.15. Mat au soixante-quatorzième, 74...Ra6#.

Soixante coups de conversion sans une seule imprécision assez grande pour faire reculer l’évaluation : pour un programme qui ne voit que six demi-coups, c’est le vrai exploit de cette partie.

La partie entière
1.e4 e5 2.Nf3 Nc6 3.Bb5 a6 4.Ba4 Nf6 5.O-O Be7 6.Re1 b5 7.Bb3 d6 8.Bd5 Nxd5 9.exd5 Nb4 10.Nc3 Bb7 11.d4 f6 12.dxe5 dxe5 13.Nxe5 fxe5 14.Qh5+ Kf8 15.Qf5+ Bf6 16.Be3 Nxd5 17.Rad1 Qd6 18.Qf3 Rd8 19.Ne4 Qc6 20.Bg5 Kf7 21.Qh5+ Kg8 22.Nxf6+ gxf6 23.Rxe5 fxe5 24.Bxd8 Nf4 25.Qg4+ Qg6 26.Qxg6+ hxg6 27.Bxc7 Rh5 28.g3 Ne6 29.Bb6 Be4 30.c3 Ng5 31.h4 Nf7 32.Bc5 Bc6 33.b3 g5 34.Be7 gxh4 35.Bxh4 Kg7 36.Kf1 Rf5 37.Be7 Rf3 38.Bb4 e4 39.Ke2 e3 40.Rf1 exf2 41.Rxf2 Rxg3 42.Bc5 Bd5 43.Kd1 Kg6 44.Bd4 Bf3+ 45.Kc1 Kf5 46.a4 Nd6 47.Rh2 Ke6 48.axb5 axb5 49.Bf2 Rg6 50.c4 bxc4 51.bxc4 Nxc4 52.Kc2 Be4+ 53.Kb3 Ne5 54.Bb6 Kd5 55.Be3 Rg3 56.Rd2+ Kc6 57.Re2 Bf5 58.Ka2 Nc4 59.Bc1 Kd5 60.Re1 Be4 61.Rd1+ Kc5 62.Rd8 Bd5 63.Rc8+ Kd4 64.Kb1 Rb3+ 65.Ka2 Nd6 66.Rh8 Rc3+ 67.Kb1 Be4+ 68.Ka2 Rxc1 69.Rd8 Rc6 70.Kb2 Rb6+ 71.Ka1 Kc3 72.Ra8 Bxa8 73.Ka2 Be4 74.Ka1 Ra6# 0-1

Chess Genius 5 sur 486DX · la plus spectaculaire

Chess Genius 5 était perdu, et gagne en quatre coups

Saitek RISC 2500 v1.04 400 MHz — Chess Genius 5 486DX 33 MHz
2398 contre 2440
Défense Philidor (C41) · 108 demi-coups · 24 min 37 s · 0-1

En face, la machine dédiée la plus forte du laboratoire : un Saitek RISC 2500 dont le processeur ARM de 14 MHz est poussé à 400 MHz. Et pendant trente coups, c’est elle qui joue mieux.

après 43...Ng4 : évaluation −2,84, et pourtant c’est le début du renversement
après 47...Nf4 : le cavalier est arrivé, le Genius annonce +20

La Philidor reste calme jusqu’au trentième. Puis 30.c5 Rc7 31.c6 et l’évaluation du Genius commence à glisser : -0.12, -0.51, -0.81, -1.33. 35.Qb8 a5 36.Rxa5, 38.Ra8, 41.Qxd6 : le RISC 2500 a un pion passé en c6, une tour en a8 et vient de prendre en d6. Au quarante-troisième coup, Chess Genius 5 annonce -2.84. C’est perdu.

Suivent quatre coups qui renversent tout, et c’est une promenade de cavalier : 43...Ng4 44.Nf3 Nxe3 (-0.87) 45.Nxe5 Rxe5 (+1.00). Trois demi-coups, quatre pions d’écart récupérés. Puis 46...Nxg2 47.Kh1 Nf4, et le Genius annonce +20.06 : le cavalier a fait g4–e3–g2–f4 et la position blanche ne tient plus.

Le RISC 2500 s’effondre d’un coup : 48.Rh8+?? Kxh8 49.Qd8+ Kh7 50.Qh4+ Qxh4 — il donne la dame pour sortir des menaces, et il n’en sort pas. 54...Qg2#.

La partie entière
1.e4 e5 2.Nf3 d6 3.d4 Nf6 4.Nc3 Nbd7 5.Bd3 Be7 6.Be3 O-O 7.O-O Ng4 8.Nd5 Nxe3 9.fxe3 c6 10.Nxe7+ Qxe7 11.c4 Nf6 12.Qc2 Bg4 13.Rae1 Rae8 14.Qa4 a6 15.Qb3 c5 16.Bc2 Qc7 17.Qc3 b5 18.b3 b4 19.Qb2 Bc8 20.Nd2 Qc6 21.d5 Qd7 22.a3 bxa3 23.Qxa3 Qg4 24.b4 cxb4 25.Qxb4 Rd8 26.Ra1 Qg5 27.Ra3 Ng4 28.Nf3 Qh6 29.Qc3 Rd7 30.c5 Rc7 31.c6 Re8 32.Rc1 Qg6 33.Qb4 Ree7 34.Re1 Kh8 35.Qb8 a5 36.Rxa5 h6 37.Qb4 h5 38.Ra8 Kh7 39.Bd3 h4 40.h3 Nf6 41.Qxd6 Bxh3 42.Re2 Qg3 43.Nxh4 Ng4 44.Nf3 Nxe3 45.Nxe5 Rxe5 46.Qxc7 Nxg2 47.Kh1 Nf4 48.Rh8+ Kxh8 49.Qd8+ Kh7 50.Qh4+ Qxh4 51.c7 Nxe2 52.Bxe2 Qxe4+ 53.Bf3 Qxf3+ 54.Kh2 Qg2# 0-1

Sur Pentium à 90 MHz

Chess Genius 1 sur Pentium 90 · cent un coups sans un seul coup tactique

Chess Genius 1 étouffe Fritz 5.32

Chess Genius 1 Pentium 90 MHz — Fritz 5.32 UCI py
2533 contre 2773 — 240 points d’écart
Ruy Lopez (C85) · 201 demi-coups · 39 min 06 s · 1-0

Un programme de 1992 contre un programme de 1997 tournant sur un Ryzen. La plus longue des neuf parties, et celle où il ne se passe jamais rien de spectaculaire.

après 46.a7 : le pion est au bout, une tour noire ne bougera plus
après 90.Ne6+ : le cavalier se donne pour libérer les deux pions

6.Bxc6 dxc6 : le Genius donne la paire de fous et rend à Fritz des pions doublés en c6 et c7. Pendant huit coups l’évaluation reste à 0.00. Puis elle monte, et c’est tout ce qu’elle fera pendant quatre-vingts coups : +1.03 au vingt-deuxième, +2.03 au quarante-troisième, +3.00 au soixante-douzième, +5.00 au quatre-vingt-septième. Pas une seule fois elle ne redescend.

Le plan tient en trois idées. Les dames partent tôt : 21.hxg4 cxd3 22.Qxd3 Qxd3 23.cxd3. Le pion a avance jusqu’à la septième et y reste : 42.b4, 43.bxa5, 45.a6, 46.a7 — dès lors une tour noire est condamnée à le surveiller. Et le cavalier vaut mieux que le fou avec des pions sur les deux ailes : 55.d4 exd4 56.Rxg5 fxg5 57.Nxd4.

La fin est le seul moment brillant : 85.e5, 86.e6+, 87.e7, puis 90.Ne6+ Rxe6 91.fxe6 — la tour contre le cavalier, pour débloquer les deux pions passés. Deux dames au quatre-vingt-dix-neuvième et au centième, mat au cent-et-unième.

La partie entière
1.e4 e5 2.Nf3 Nc6 3.Bb5 a6 4.Ba4 Nf6 5.O-O Be7 6.Bxc6 dxc6 7.d3 Bd6 8.Nc3 O-O 9.Bg5 h6 10.Bh4 Re8 11.h3 b6 12.Nd2 Bc5 13.Nc4 Bd4 14.Ne2 Bc5 15.Nc1 b5 16.Nb3 bxc4 17.Nxc5 g5 18.Bg3 Qd4 19.Na4 g4 20.Bh4 Nh5 21.hxg4 cxd3 22.Qxd3 Qxd3 23.cxd3 Bxg4 24.f3 Bc8 25.g3 Re6 26.Nc5 Rd6 27.b3 Kf8 28.Rac1 Rb8 29.Kf2 Rb5 30.Rc2 Nf6 31.Bxf6 Rxf6 32.Ke3 a5 33.Rh1 Rg6 34.g4 Rb4 35.Na4 Bd7 36.Rh5 f6 37.Rc5 Rb5 38.Rh2 Be8 39.Rc4 Ke7 40.Nc3 Rb8 41.Ra4 Ra8 42.b4 Rb8 43.bxa5 c5 44.Ra3 Ra8 45.a6 Bc6 46.a7 Kd6 47.Ra5 Kd7 48.a4 Bb7 49.Rxc5 c6 50.Ra5 Kc7 51.Rb2 Rg5 52.Ne2 h5 53.gxh5 Rxh5 54.Kd2 Rg5 55.d4 exd4 56.Rxg5 fxg5 57.Nxd4 Rxa7 58.Ne6+ Kd6 59.Nxg5 Ba8 60.Ra2 Ra5 61.f4 c5 62.Kc3 Ke7 63.Kb3 Bc6 64.Rh2 Bxa4+ 65.Kc4 Bd1 66.Rb2 Bg4 67.Kd5 Bc8 68.Rb6 c4+ 69.Kxc4 Ra4+ 70.Rb4 Ra3 71.Kd5 Ra5+ 72.Kd4 Bd7 73.Nf3 Kf6 74.Nh4 Kf7 75.Rb7 Ke8 76.f5 Ra4+ 77.Kd5 Ra5+ 78.Kd6 Ra6+ 79.Ke5 Bc6 80.Rb8+ Kf7 81.Nf3 Bd7 82.Kf4 Ke7 83.Ne5 Ba4 84.Ng6+ Kd7 85.e5 Bc6 86.e6+ Kd6 87.e7 Bd7 88.Rd8 Kc7 89.Nf8 Ba4 90.Ne6+ Rxe6 91.fxe6 Bb5 92.Ke5 Bc6 93.Kd4 Be8 94.Kc5 Ba4 95.Ra8 Bb5 96.Ra7+ Kb8 97.Rd7 Bxd7 98.exd7 Kb7 99.e8=Q Ka7 100.d8=Q Kb7 101.Qb6# 1-0

Chess Genius 2 sur Pentium 90 · un fou sur h6

Chess Genius 2 sacrifie sur h6 contre Fritz 5.32

Chess Genius 2 Pentium 90 MHz — Fritz 5.32 UCI py
2552 contre 2773 — 221 points d’écart
Gambit dame, Semi-Slave (D15) · 139 demi-coups · 26 min 49 s · 1-0

La contrepartie de la partie précédente : même adversaire, même écart de cote, et cette fois une attaque directe sur le roi.

après 24.Bxh6 : le fou se donne pour ouvrir la colonne h
après 52.f7 : deux pions passés et une tour, c’est fini

Jusqu’au vingt-deuxième coup la position est équilibrée : le Genius lit +0.48. C’est 22...f5 qui ouvre la porte. 23.exf6 Nxf6 24.Bxh6 — le fou se donne pour arracher le pion h, gxh6 25.Qxh6+ Nh7 26.Ng5 Rd7, et 27.Bg6 vient chercher le seul défenseur : 28.Bxh7 Rxh7.

Alors tout tombe en même temps : 29.Rxc5 Rxh6 30.Rxc7 Rxg5 31.Rxb7. Cinq prises en trois coups, et ce qui reste est un finale de tours avec deux pions d’avance pour les Blancs.

Les deux pions font le travail. 39.Rf5 Rxf5 40.exf5 puis 41.f6 et 50.h5+ les mettent en mouvement ; 52.f7 donne +5.60 ; 55.Rg6+ Kh4 56.h6 enferme le roi noir ; 58.h7 et 63.f8=Q finissent. Mat annoncé en treize au soixante-cinquième, donné au soixante-dixième, 70.Rf2#.

La partie entière
1.d4 d5 2.c4 c6 3.Nf3 Nf6 4.Nc3 e6 5.e3 Nbd7 6.Bd3 dxc4 7.Bxc4 b5 8.Bd3 Bb7 9.e4 b4 10.Na4 Qa5 11.e5 Nd5 12.O-O c5 13.Nxc5 Bxc5 14.dxc5 Nxc5 15.Bc2 Qc7 16.Re1 O-O 17.Qd4 Rac8 18.Bd2 Rfd8 19.Qh4 h6 20.Qg4 Kh8 21.Rac1 a5 22.Qh3 f5 23.exf6 Nxf6 24.Bxh6 gxh6 25.Qxh6+ Nh7 26.Ng5 Rd7 27.Bg6 Rg8 28.Bxh7 Rxh7 29.Rxc5 Rxh6 30.Rxc7 Rxg5 31.Rxb7 Rd5 32.h3 Kg8 33.Re2 e5 34.Kh2 Kf8 35.f3 Re6 36.h4 e4 37.fxe4 Rde5 38.Rf2+ Kg8 39.Rf5 Rxf5 40.exf5 Re5 41.f6 Re2 42.Ra7 Rxb2 43.Rxa5 Kf7 44.Ra6 Kg6 45.Kh3 Rc2 46.g4 Rc3+ 47.Kg2 Rc4 48.Kg3 b3 49.axb3 Rb4 50.h5+ Kg5 51.Kh2 Rxb3 52.f7 Rb2+ 53.Kg3 Rb3+ 54.Kf2 Rb8 55.Rg6+ Kh4 56.h6 Rf8 57.Rg7 Ra8 58.h7 Ra2+ 59.Ke3 Ra3+ 60.Kd4 Ra8 61.Rg8 Ra4+ 62.Kc5 Kg3 63.f8=Q Ra5+ 64.Kd4 Ra1 65.Qb8+ Kg2 66.Qb2+ Kg3 67.Qxa1 Kf4 68.Qg1 Kf3 69.Rf8+ Ke2 70.Rf2# 1-0

Chess Genius 3 sur Pentium 90 · le fou contre le cavalier, pendant quarante coups

Chess Genius 3 bat Hiarcs 7

Chess Genius 3 Pentium 90 MHz — Hiarcs 7 UCI py
2574 contre 2782 — 208 points d’écart
Gambit dame, Semi-Slave (D49) · 181 demi-coups · 41 min 02 s · 1-0

Le plus gros écart franchi par la famille Pentium. Et une démonstration de manuel : quarante coups de fou contre cavalier.

après 48.Bxg7 : fou contre cavalier, pions sur les deux ailes
après 81.a6 : le cavalier a dû se donner, le pion passe

L’ouverture est une bagarre : huit pièces quittent l’échiquier en six coups, de 11.Nxb5 à 17.Nxe6 fxe6. Après 18.O-O la position est égale et le Genius lit 0.00 pendant quinze coups. Les tours s’en vont par paires : 27.Rxc8 Rxc8 28.Rb1 h6 29.Rb8 Rxb8 30.Qxb8+.

Le roi noir est alors découvert, et le Genius le pousse dehors : 32.g4 Qf7 33.Qa6 Qg6 34.Qa7 h5 35.g5+ Ke5 36.Qc5 Qe8 37.f4+ — +1.34. Les dames partent au quarante-quatrième, 44.Qg3+ Qxg3+ 45.Bxg3+, et il reste un fou contre un cavalier avec des pions sur les deux ailes.

C’est là que la partie devient instructive. Le cavalier de Hiarcs n’a aucune case : 50...Nf4 51...Nd3 52...Nc1 53...Ne2 54...Ng1 55...Ne2+ 57...Ng1 58...Ne2+ — huit coups d’errance pendant que le fou tient tout et que le roi blanc avance. L’évaluation reste collée entre +1.2 et +1.5 pendant vingt coups, puis 65...h4 66...h3 68.Kxh3 làche la digue : +2.42.

Le pion a finit : 72.a4, 76.a5, 81.a6 Nxc7 82.Kxc7, 83.a7, 84.a8=Q. Mat au quatre-vingt-onzième.

La partie entière
1.d4 d5 2.c4 e6 3.Nc3 Nf6 4.Nf3 c6 5.e3 Nbd7 6.Bd3 dxc4 7.Bxc4 b5 8.Bd3 a6 9.e4 c5 10.e5 cxd4 11.Nxb5 Nxe5 12.Nxe5 axb5 13.Bxb5+ Bd7 14.Nxd7 Qa5+ 15.Bd2 Qxb5 16.Nxf8 Qxb2 17.Nxe6 fxe6 18.O-O O-O 19.Qe2 Rae8 20.Rfb1 Qc2 21.Rc1 Qf5 22.f3 d3 23.Qe3 Nd5 24.Qd4 Qg6 25.Kh1 Rd8 26.Qe5 Rc8 27.Rxc8 Rxc8 28.Rb1 h6 29.Rb8 Rxb8 30.Qxb8+ Kf7 31.Qb7+ Kf6 32.g4 Qf7 33.Qa6 Qg6 34.Qa7 h5 35.g5+ Ke5 36.Qc5 Qe8 37.f4+ Kf5 38.Qc4 Kg6 39.Qxd3+ Kf7 40.f5 Qa4 41.fxe6+ Kxe6 42.Kg1 Kd6 43.Be1 Qg4+ 44.Qg3+ Qxg3+ 45.Bxg3+ Kc6 46.g6 Ne7 47.Be5 Nxg6 48.Bxg7 Kb5 49.Kf2 Ka4 50.Bb2 Nf4 51.Kg3 Nd3 52.Bc3 Nc1 53.Kh4 Ne2 54.Bb2 Ng1 55.Kg3 Ne2+ 56.Kh3 Kb5 57.Kh4 Ng1 58.Kg3 Ne2+ 59.Kf3 Ng1+ 60.Kf2 Nh3+ 61.Kg3 Ng5 62.Bc1 Ne6 63.Be3 Ng7 64.Kf4 Kb4 65.Kg5 h4 66.Bc1 h3 67.Kg4 Ne8 68.Kxh3 Kc5 69.Kg4 Kd5 70.Bg5 Nd6 71.h4 Ke6 72.a4 Nc4 73.Bf4 Kf7 74.Kf5 Na5 75.Bc7 Nc6 76.a5 Ne7+ 77.Ke5 Kg6 78.Kd6 Nf5+ 79.Kc6 Ne7+ 80.Kb7 Nd5 81.a6 Nxc7 82.Kxc7 Kh5 83.a7 Kxh4 84.a8=Q Kg3 85.Qe4 Kh3 86.Qg6 Kh4 87.Kd6 Kh3 88.Ke5 Kh2 89.Kf4 Kh1 90.Kf3 Kh2 91.Qg2# 1-0

Chess Genius 4 sur Pentium 90 · encore un finale de pions

Chess Genius 4 bat Stockfish 11 au roi et aux pions

Chess Genius 4 Pentium 90 MHz — Stockfish 11 68040 40 MHz
2575 contre 2546
Défense Nimzo-indienne (E32) · 139 demi-coups · 30 min 58 s · 1-0

La deuxième partie de ce lot où un Chess Genius bat Stockfish 11 dans un finale de pions purs. Deux fois le même schéma, contre le même adversaire : ce n’est plus un accident.

après 48.e5 : la phalange de pions est en place, le roi noir est trop loin
après 62.f7 : le pion f va au bout, celui de Stockfish n’ira pas

Stockfish pousse sur l’aile roi — 11...g5, 12...Nh5, 13...f5 — et le Genius recule sans se plaindre. Du dix-septième au quarantième coup son évaluation est nulle ou négative : il se croit légèrement moins bien.

29.d5 exd5 30.Nd4 puis 31.Nxf5+ Kg6 32.Ne7+ Kf7 33.Nxd5 rendent un cavalier pour deux pions et surtout forcent la liquidation : 34.Qxa5 Rxa5, les dames partent ; 36...Nxg3 37.hxg3, les cavaliers ; 38.Rc1 Rc5 39.Rxc5 dxc5, les tours. Il reste huit pions contre huit et deux rois, et Chess Genius 4 lit 0.00.

Puis le roi se met en marche et les pions se mettent en ligne : 40.Kf2, 42.e4, 44.f4, 46.f5, 47.f6, 48.e5 — +1.18. Stockfish lance son propre pion c, et c’est exactement ce qu’il ne faut pas : 50...c4 51.Ke3 c3 52.Kd3 c2 53.Kxc2, le roi blanc le cueille en route. 58.Kf4 donne +9.57, 62.f7 et 63.f8=Q concluent. Mat au soixante-dixième.

La partie entière
1.d4 Nf6 2.c4 e6 3.Nc3 Bb4 4.Qc2 O-O 5.a3 Bxc3+ 6.Qxc3 d6 7.Bg5 Nbd7 8.e3 b6 9.Nf3 Bb7 10.Bd3 h6 11.Bh4 g5 12.Bg3 Nh5 13.O-O f5 14.Be2 Ndf6 15.Nd2 a5 16.Bf3 Bxf3 17.Nxf3 Ne4 18.Qc2 Qf6 19.b4 Kg7 20.b5 a4 21.Rab1 Qg6 22.Rfd1 Qf6 23.Rb4 Qd8 24.Re1 Nhf6 25.Rxa4 Rxa4 26.Qxa4 Qa8 27.Qb4 Qa7 28.Ra1 Ra8 29.d5 exd5 30.Nd4 Qa5 31.Nxf5+ Kg6 32.Ne7+ Kf7 33.Nxd5 Nxd5 34.Qxa5 Rxa5 35.cxd5 Rxb5 36.f3 Nxg3 37.hxg3 Rxd5 38.Rc1 Rc5 39.Rxc5 dxc5 40.Kf2 g4 41.a4 Ke6 42.e4 Ke5 43.Ke3 Kd6 44.f4 Ke6 45.Kd2 Kd7 46.f5 Kd6 47.f6 Kd7 48.e5 Ke6 49.Ke3 Kf7 50.Kf4 c4 51.Ke3 c3 52.Kd3 c2 53.Kxc2 Ke6 54.Kd3 Kf7 55.Ke4 Ke6 56.Kf4 c6 57.Ke4 h5 58.Kf4 c5 59.Ke4 Kd7 60.Kd5 Kd8 61.Ke6 Kc7 62.f7 c4 63.f8=Q c3 64.Qb4 c2 65.Qc3+ Kb7 66.Kd7 b5 67.Qxc2 b4 68.Qc7+ Ka6 69.Kc6 b3 70.Qb6# 1-0

Ce que les neuf parties ont en commun

Deux choses reviennent, et aucune des deux n’était attendue.

Les finales de pions. Deux des neuf parties se décident dans un finale de pions purs, et ce sont exactement les deux victoires contre Stockfish 11 sur 68040 — un moteur de 2020 classé 2546 au laboratoire. À cette cadence, sur ce processeur, Stockfish annonce huit demi-coups et demi, et un finale à cinq ou huit pions de chaque côté en demande bien davantage. Chess Genius, lui, a de la connaissance de finale écrite dans son évaluation : c’est précisément ce que les moteurs modernes ont remplacé par de la profondeur, et qu’ils n’ont plus quand on leur retire le matériel. C’est une interprétation, pas une mesure : deux parties ne prouvent rien, elles indiquent où regarder.

Les dames partent tôt. Dans sept des neuf parties, les deux dames avaient quitté l’échiquier avant le quarante-cinquième coup, et dans quatre d’entre elles au plus tard au vingt-sixième. Pour un programme qui voit six à huit demi-coups, simplifier n’est pas de la timidité : c’est la seule façon de ramener la position dans son horizon.

Ce qui reste à explorer

Chess Genius 5 sur Pentium 90, le dernier gauntlet de la série, a désormais tourné : la grille est complète — cinq versions sur deux matériels, dix mesures. Et la cinquième version confirme les quatre premières : à 2530 sur Pentium 90 elle est la plus faible des cinq, alors qu’elle est la mieux classée sur 486DX — c’est elle qui profite le moins du matériel (+132, contre +183 à +233 pour les autres).

Deux autres questions restent ouvertes. La première : les versions se séparent-elles à cadence longue ? Il faudrait rejouer la grille à 40 coups en deux heures pour le savoir, soit une quinzaine de jours de machine. La seconde : que donnerait Chess Genius 5 sur un processeur de 2026, puisque le programme tourne encore ? Le laboratoire sait déjà le faire pour les moteurs ChessBase ; pour un programme DOS, il faudrait un PC émulé accéléré, et c’est un autre chantier.


chess.lumn.eu · laboratoire de calibration · 16 octobre 2026 · 1 503 parties, cadence 60/900 · 486DX 33 MHz sous MAME, Pentium 90 MHz sous QEMU, hôte Ryzen 9 7950X3D