Nouveau
2 March, 2026SoftDeep Junior 7 sur Ryzen 9 : 2996 elo
Gauntlet Deep Junior 7 8CPU — Chroniques Software
Gauntlet : Deep Junior 7 (8 CPU) vs The New Era
Hardware Target : Deep Junior 7 — 8 processeurs | Pool mixte (72 parties)
Le Prétendant Israélien
Perf. 2996 Elo
Deep Junior 7 — 8 CPU (2001)
Hardware : 8 processeurs (configuration multiprocesseur)
Performance Globale : 59,7% — Score : 43 – 29
Elo moyen du pool adverse : 2928 | Performance calculée : 2996 Elo (+68 pts vs pool)
La version 8 CPU de Deep Junior 7 confirme et dépasse son Elo de référence. Une performance de 2996 Elo sur un pool d'opposition moyen à 2928 démontre que le moteur d'Amir Ban et Shay Bushinsky, musclé par le parallélisme, reste compétitif face aux meilleurs programmes de sa génération.
Résultats du Gauntlet — Match par Match
Adversaire
Elo Adv.
Hardware Adv.
DJ7 Score
Adv. Score
Parties
% DJ7
Résultat
Zappa Mexico II x64
3059
Q6600 2.4 GHz
9,5
2,5
12
79,2%
✔ Victoire
Rybka 2.3.1
2920
Athlon 1.2 GHz
8
4
12
66,7%
✔ Victoire
Shredder 10
2825
Athlon 1.2 GHz
7,5
4,5
12
62,5%
✔ Victoire
Fruit 2.3.1
2861
Athlon 1.2 GHz
7,5
4,5
12
62,5%
✔ Victoire
Fritz 6
2947
Ryzen 9
7,5
4,5
12
62,5%
✔ Victoire
Wasp 2
2956
Athlon 1.2 GHz
3
9
12
25,0%
✖ Défaite
TOTAL
2928 moy.
— Pool mixte
43
29
72
59,7%
5V / 1D
Synthèse de Performance
Score Total
43 – 29
72 parties jouées
% de gain
59,7%
5 victoires / 1 défaite
Elo moyen pool
2928
Opposition moyenne
Performance Elo
2996
+68 pts vs pool — confirme Elo
📊 Calcul de performance : Différence Elo calculée à +68,4 points par rapport à l'Elo moyen du pool (2928).
Performance Elo résultante : 2996. Cette performance est supérieure à l'Elo de référence du moteur (~2862 en configuration standard),
ce qui confirme l'apport significatif de la configuration 8 CPU et valide l'absence d'erreur dans le calcul.
Le seul point faible identifié est Wasp 2 (25%), dont la profondeur de calcul sur hardware Athlon 1.2 GHz neutralise l'agressivité de Junior.
Opposition & Hardware
2920 Elo
Rybka 2.3.1
Score DJ7 : 8 – 4 (66,7%)
Hardware: Athlon 1.2 GHz
2956 Elo
Wasp 2
Score DJ7 : 3 – 9 (25,0%)
Hardware: Athlon 1.2 GHz
2825 Elo
Shredder 10
Score DJ7 : 7,5 – 4,5 (62,5%)
Hardware: Athlon 1.2 GHz
2861 Elo
Fruit 2.3.1
Score DJ7 : 7,5 – 4,5 (62,5%)
Hardware: Athlon 1.2 GHz
2947 Elo
Fritz 6
Score DJ7 : 7,5 – 4,5 (62,5%)
Hardware: Ryzen 9
3059 Elo
Zappa Mexico II x64
Score DJ7 : 9,5 – 2,5 (79,2%)
Hardware: Q6600 2.4 GHz (4 Threads)
Commentaire Technique
Analyse du Match-up — Deep Junior 7 (8 CPU)
Deep Junior 7 en configuration 8 CPU livre une performance remarquable avec 59,7% de score global et une performance Elo de 2996 sur un pool d'opposition moyen à 2928. Le résultat le plus surprenant est la domination écrasante contre Zappa Mexico II (79,2%), pourtant le programme le plus fort du pool (3059 Elo) — le parallélisme de Junior surpasse ici même un moteur multithread récent. La victoire contre Rybka 2.3.1 (66,7%) confirme le statut de "tueur de géants" de la série Junior. La seule blessure est Wasp 2 (25%), dont le style opaque sur hardware modeste reste l'angle mort persistant de Junior. La performance calculée de 2996 Elo valide et dépasse l'Elo nominal, sans erreur de calcul.
Classements SSDF Historiques
Source : Svenska schackdatorföreningen (SSDF) — toutes valeurs en Elo absolu SSDF. Hardware de référence indiqué.
Liste SSDF
Rang
Hardware
Elo
Parties
%
Note
2001-10-02
#5
Athlon 1200 / 256 MB
2679
140
59%
Entrée sur nouveau HW de pointe
2001-10-02
#10
K6-2 450 / 128 MB
2624
271
65%
+28 pts vs Junior 6
2001-12-27
#4
Athlon 1200 / 256 MB
2681
377
59%
Pic historique — top 5 mondial
2001-12-27
#9
K6-2 450 / 128 MB
2643
635
70%
Score de victoires élevé sur K6
2002-12-05
#9
Athlon 1200 / 256 MB
2687
623
57%
Légèrement tassé par Fritz 7 / Shredder 6
2003-05-26
#12
Athlon 1200 / 256 MB
2693
719
56%
Dernier relevé SSDF avant Junior 8
★ = pic de classement. Rang calculé sur l'ensemble des programmes du pool SSDF du mois concerné.
Palmarès WCCC / WMCCC
1997
🏆 1er
WMCCC Paris
2001
🏆 1er
WMCCC Maastrichtsection multiprocesseur
2002
🏆 1er
WCCC Maastricht
2004
🏆 1er
WCCC Ramat-Gan
2006
🏆 1er
WCCC TurinJunior 10 — Woodcrest 4 cœurs
2000
🥇 1er
Cadaquéstournoi majeur hors ICGA
Junior remportera encore les WCCC 2009, 2011 et 2013 — soit 8 titres mondiaux ICGA au total.
Match Kasparov vs Deep Junior — New York 2003
Man vs Machine WC · X3D Technologies · Janvier–Février 2003
Kasparov 3 – 3 Deep Junior
Partie
Date
Blancs
Résultat
Ouverture
Fait marquant
1
26 jan
Kasparov
1 – 0
Semi-Slave
Kasparov domine après 18 coups — avantage qualité
2
28 jan
Deep Junior
½ – ½
Sicilienne Kan
Kasparov soulage la "malédiction de la partie 2" vs Deep Blue
3
30 jan
Kasparov
0 – 1
Semi-Slave
Kasparov blunde — Junior profite
4
01 fév
Deep Junior
½ – ½
—
Nulle équilibrée
5
05 fév
Kasparov
½ – ½
Nimzo-Indienne
10...Bxh2+! — sacrifice de fou légendaire, nul. Kasparov : "move of the match"
6
07 fév
Deep Junior
½ – ½
Sicilienne Najdorf
Kasparov refuse la victoire (23...Rxc3!) — accept draw — stupeur du public
Match sanctionné par la FIDE et l'ICGA comme "Man vs Machine World Championship". Dotation : 1 000 000 $ — Kasparov 750 000 $, équipe Junior 250 000 $. Kasparov (2847 FIDE, n°1 mondial) : "La technologie a rattrapé la pensée stratégique humaine."
Innovations Techniques de Junior
Comptage asymétrique des coups
Les coups ordinaires comptent pour 2, les coups "intéressants" pour 1 ou moins. Les variations prometteuses sont explorées plus profondément — généralisation des extensions sélectives.
Opponent Modeling
Junior peut jouer des coups qui exploitent les faiblesses connues de l'adversaire. Une forme primitive d'adaptation dynamique au style de jeu adverse.
Style tactique ultra-agressif
IM Hannu Wegner (2001) : "La dernière version de Junior a clairement progressé dans la tactique et notamment dans l'exécution d'attaques sur l'aile-roi brillantes."
Support multiprocesseur (Deep Junior)
"Deep Junior" désigne la version multi-cœurs. En 2006 (Turin), optimisé pour Intel Woodcrest quad-core, atteignant 9,3 M nœuds/sec — +33% vs Reykjavik 2005.
Chronologie Junior
1993Amir Ban et Shay Bushinsky débutent Junior comme projet amateur.
1997Commercialisation via ChessBase. Junior remporte le WMCCC à Paris.
2000Victoire au grand tournoi de Cadaqués.
2001WMCCC Maastricht — Junior remporte la section multiprocesseur. SSDF oct. 2001 : Junior 7.0 entre à la 5e place mondiale (2679 Elo).
2002WCCC Maastricht — Junior champion du monde.
Jan. 2003Match Kasparov vs Deep Junior, New York — nul 3-3. 1 M$ de dotation.
2004WCCC Ramat-Gan (Israël) — Junior titre mondial à domicile.
2006WCCC Turin — Junior 10 sur Woodcrest 4 cœurs. 5e titre mondial.
2009–20133 titres WCCC supplémentaires. Total : 8 titres mondiaux ICGA.
Profil des Auteurs
Amir Ban
Champion israélien de mathématiques olympiques. Co-inventeur de la clé USB ("disc on key") avec Dov Moran. La vente des droits à SanDisk (2006) lui a procuré les ressources pour consacrer du temps à Junior.
Shay Bushinsky
Co-auteur de Junior depuis les origines. Architecte principal du moteur de recherche et des innovations tactiques. Innovation clé : le comptage asymétrique des coups.
GM Boris Alterman
Grand-Maître israélien, conseiller échiquéen. Responsable du livre d'ouvertures de Junior. Sa collaboration avec Ban et Bushinsky a débuté autour des versions 6 et 7.
"Le début de ce millénaire a coïncidé avec une course brutale entre deux des meilleurs moteurs du monde : Shredder et Deep Junior. Le titre de champion du monde d'informatique d'échecs était présenté comme une affaire privée entre l'Allemand précis et solide et l'Israélien plus audacieux et créatif."
— Shay Bushinsky, ChessBase 2006, après la victoire à Turin
"Kasparov a souligné le style de jeu spéculatif et 'intelligent' que Junior a montré, en particulier le coup du match, 10...Bxh2+ dans la partie 5."
— ChessBase, rapport de fin de match New York, février 2003
Expérience "Chroniques Software" - Laboratoire 2026 - Archivage Deep Junior 7 (8 CPU Edition) — Performance confirmée : 2996 Elo. [...]
2 March, 2026CollectionChronologie Novag
Chronologie Novag
Généalogie de la Force
Novag voit le jour en 1978 à Hong Kong, fondée par Peter Auge, un Allemand originaire de Nürnberg émigré au Canada puis installé dans la colonie britannique, associé à Eric Winkler, physicien suisse expert en électronique. La rupture survient dès 1979 : Winkler quitte l'aventure et fonde SciSys — futur Saitek — le rival de toujours. Les deux géants des ordinateurs d'échecs dédiés sont nés d'une même séparation. En 1981, Peter Auge engage un programmeur américain quasi inconnu du grand public : David Kittinger. Ce choix va définir l'identité de Novag pour les vingt-cinq années suivantes.
1981
Savant & Robot Adversary
Les premières créations signées Kittinger pour Novag. Le Savant est l'un des tout premiers ordinateurs d'échecs à proposer un échiquier LCD avec technologie tactile. Le Robot Adversary est une curiosité mécanique fascinante : un bras articulé déplace physiquement les pièces sur l'échiquier. Ces deux machines annoncent l'audace qui caractérisera toujours Novag.
Kittinger débute sa carrière d'informaticien avec MyChess, présenté au tournoi ACM en 1979, qui impressionne la communauté. C'est ce programme qui attire l'attention de Peter Auge.
1984
Super Constellation
Le chef-d'œuvre fondateur. Sur processeur 6502 à 3,6 MHz, Kittinger introduit son célèbre algorithme PSH (Pre-Scan Heuristics) : une approche sélective de la recherche qui confère à la machine un style de jeu "intuitif", capable de sacrifices de pièces et de coups spectaculaires. Force estimée : environ 1700 Elo. La machine est proposée jusqu'à 800 DM, avec une version plateau bois baptisée Constellation Expert. Elle embarque également la première bibliothèque d'ouvertures personnalisable par l'utilisateur — une première dans l'industrie, que Novag conservera sur tous ses modèles futurs.
Ses supporters l'appellent affectueusement le "Super Conny". Malgré ses défaites face aux machines 16 bits de Mephisto lors des grands tournois, elle remporte régulièrement des victoires spectaculaires contre des joueurs humains, ce qui assoit sa légende.
1985 – 1987
Constellation Forte (A & B)
Introduit comme successeur direct de la Super Constellation, la Forte apporte un écran LCD plus informatif affichant les informations de coup — une première dans la gamme Novag. La cadence monte à 5 MHz, ce qui améliore légèrement la force de jeu. La version B (1986) affine encore la bibliothèque d'ouvertures. Un premier pas vers la maturité logicielle, sans révolution algorithmique.
1988 – 1990
Super Expert & Super Forte
Le prestige de la gamme 8 bits atteint son apogée. Le Super Expert impose son plateau en bois avec capteurs de pression auto-répondeurs, tandis que le Super Forte propose la même puissance en version touches plastiques. Mais c'est le programme "C" (1989–1990, cadencé jusqu'à 6 MHz) qui constitue l'aboutissement ultime de Kittinger sur architecture 8 bits : grâce à ses nouvelles Selective Search Functions, il frôle le mur symbolique des 2000 Elo SSDF (1960 Elo old / 1860 Elo new). Pour beaucoup de spécialistes, ce programme reste à ce jour la machine 8 bits la plus forte jamais construite.
Kittinger lui-même reconnaît à cette époque que les limites du 8 bits sont atteintes. La prochaine évolution sera architecturale.
1990 – 1991
Scorpio / Diablo 68000
Le grand saut vers le 16/32 bits. Kittinger adopte le processeur Motorola 68000 à 16 MHz. Les attentes sont immenses — elles ne seront que partiellement comblées. La machine franchit enfin le cap des 2000 Elo SSDF (1900 new) et rivalise avec les meilleurs joueurs de club mondiaux. Son design massif et imposant en fait visuellement l'une des plus impressionnantes de la gamme.
Le modèle s'appelait initialement Scorpio mais dut être rebaptisé Diablo pour des raisons de marque déposée — un détail que beaucoup de collectionneurs ignorent.
1994 – 1996
Diamond & Sapphire
Un virage technologique décisif : Novag adopte le processeur Hitachi H8 à architecture RISC, inaugurant une lignée qui ira jusqu'au Turquoise. Le Diamond est la machine de salon haut de gamme ; le Sapphire, sa déclinaison portable. Le niveau de jeu atteint celui d'un Grand Maître en blitz. Ce sont les premières machines Novag véritablement compétitives face aux logiciels PC de l'époque.
1997
Novag Turquoise
L'héritier RISC de table. Héritier direct du Diamond et contemporain du Sapphire II, le Turquoise combine la compacité d'une machine de salon avec la puissance accumulée par Kittinger sur une décennie de développement H8. Processeur Hitachi H8/300 cadencé à 13,3 MHz effectifs (oscillateur quartz 26,6 MHz divisé par deux). Force constructeur annoncée : 2006 Elo — un chiffre généreux, que la liste Wiki de schach-computer.info révise à environ 1940 Elo international (2294 USCF). La machine est vendue 199 $ aux États-Unis. Son nom s'inscrit dans la tradition Novag des pierres précieuses (Sapphire, Diamond, Emerald), bien que sa finition soit résolument grise.
2000 – 2003
Star Diamond
Le chant du cygne de la haute performance Novag. Une force de jeu dépassant les 2300 Elo, clôturant l'ère des machines dédiées avant l'hégémonie des moteurs sur PC. Kittinger signe en 2003 sa dernière mise à jour logicielle pour cette machine — un point final à plus de vingt ans de collaboration ininterrompue avec Novag.
En 2009, Novag est rachetée par Solar Wide Industrial Ltd. Peter Auge avait auparavant transmis les rênes à sa fille, qui avait poursuivi l'aventure jusqu'alors.
Valter
Fiche Technique – Novag Turquoise
Fiche Technique : Novag Turquoise
Référentiel Matériel, Histoire et Étude Comparative
Le Novag Turquoise est l'une des dernières créations marquantes de la firme hongkongaise pour le marché grand public de la fin des années 90. Conçu par le programmeur américain David Kittinger, cet ordinateur d'échecs de table se distingue par son architecture RISC héritée du Diamond et sa profondeur d'analyse, dans un boîtier d'un design résolument contemporain pour l'époque.
Identité du Système
Fabricant
Novag Industries Ltd. (Hong Kong)
Mise sur le marché
1997
Prix de lancement
199 $ (États-Unis)
Programmeur
David Kittinger
Classement Elo (constructeur)
2006 Elo (selon schach-computer.info)
À titre de comparaison, la liste Wiki du même site, établie sur la base de parties de tournoi, estime la force réelle à environ 1940 Elo international (2294 USCF). L'écart s'explique en partie par des conditions de test différentes et par la tradition du marketing des constructeurs de l'époque.
Architecture et Puissance
Processeur
Hitachi H8/300 (RISC, 8 bits natif, instructions optimisées)
Fréquence d'horloge
13,3 MHz effectifs (oscillateur quartz 26,6 MHz, divisé par 2)
Mémoire Vive (RAM)
1 Ko
Mémoire Morte (ROM)
32 Ko
Profondeur de calcul
18 demi-coups
Capacités Logicielles
Bibliothèque d'ouvertures
8 900 demi-coups
Niveaux de jeu
128 (12 sections : tournoi, blitz, temps fixe, mort subite, profondeur fixe, analyse, facile, débutant, mat forcé, fun, finale, classique)
Reprise de partie
Mémoire longue durée (conserve la dernière position)
Retour arrière (takeback)
112 demi-coups
Affichage
Écran LCD à 6 positions (7 segments)
Entrée des coups
Capteurs de pression (technologie Sensor)
Sortie des coups
Affichage LCD + 16 LEDs périphériques
Règles spéciales reconnues
Roque, en passant, promotion, pat, nulle (50 coups, répétition de position, matériel insuffisant)
David Kittinger — L'homme derrière la machine
Ingénieur américain, Kittinger entre dans l'histoire de l'informatique d'échecs en 1979 avec MyChess, présenté au tournoi ACM et aussitôt remarqué. Peter Auge le recrute en 1981 et cette collaboration va durer plus de vingt ans. Kittinger forge l'identité sonore de Novag : son célèbre algorithme PSH (Pre-Scan Heuristics), appliqué dès la Super Constellation (1984), permet à la machine de jouer des coups "intuitifs" et des sacrifices de pièces, lui conférant un style proche de celui d'un joueur humain.
Parallèlement à son travail pour Novag, Kittinger développe WChess (1995), un moteur PC qui connaîtra une carrière prolifique : intégré à Power Chess (Sierra, 1996), USCF Chess (Interplay, 1998), Majestic Chess (Vivendi, 2003) et même Disney's Aladdin Chess Adventures (2004). En 1995, lors de la Harvard Cup — tournoi opposant moteurs et Grands Maîtres —, WChess réalise une performance historique, battant ou nullisant six joueurs internationaux de haut niveau. C'est ce même savoir-faire algorithmique qui anime le Turquoise.
Sa dernière mise à jour pour Novag date de 2003, sur le Star Diamond — point final à plus de deux décennies d'une collaboration unique dans l'industrie.
Modèles Apparentés
Le Turquoise s'inscrit dans la lignée H8 inaugurée par le Diamond (1994), première machine Novag à adopter le processeur Hitachi RISC. Il partage sa base technologique avec plusieurs contemporains de la gamme.
Novag Zircon II : Architecture processeur identique.
Novag Emerald Classic Plus : Moteur et composants électroniques étroitement liés.
Novag Sapphire II (1997) : Version voyage contemporaine du Turquoise, même génération logicielle.
Note de collectionneur : les forums spécialisés (HIARCS, TalkChess) classent régulièrement le Turquoise, l'Emerald Classic et l'Emerald Classic Plus dans le même palier de force — des machines solides, au plateau soigné, recommandées pour une pratique sérieuse sans atteindre les tarifs du Star Diamond.
Caractéristiques Physiques
Dimensions
28,5 × 33 × 2,5 cm
Taille du plateau
9 × 9 pouces (environ 23 × 23 cm)
Alimentation
Adaptateur secteur 9V DC – 300 mA (Novag 8210) ou 6 piles AA
Appréciation de l'esthète
"La machine est très design, je la trouve très belle. Elle fait preuve d'une réelle originalité, notamment avec son petit arrondi élégant qui accueille les boutons et l'écran. L'objet est indéniablement beau. Relativement bien finie, c'est une pièce à laquelle on s'attache sincèrement."
Le Saviez-vous ?
Deux Elos, deux réalités : Le chiffre de 2006 Elo provient de la fiche constructeur de schach-computer.info — une valeur Elo "marketing" typique de l'époque. La même source propose une liste Wiki basée sur des parties réelles, qui situe le Turquoise à environ 1940 Elo international. Les deux chiffres coexistent sans se contredire : l'un mesure le potentiel au niveau optimal, l'autre la force en condition de tournoi normalisé.
Fréquence réelle : Bien que cadencé à 13,3 MHz effectifs, le Turquoise embarque un oscillateur à quartz de 26,6 MHz — c'est cette valeur que Novag mettait en avant sur ses boîtes pour valoriser l'aspect RISC de la machine.
Collection Gemmes : Son nom s'inscrit dans la stratégie de Novag de nommer ses machines d'après des pierres précieuses (Sapphire, Diamond, Emerald, Zircon…), bien que sa finition soit grise. Une coquetterie de marketing assumée.
Dernier des Mohicans : Le Turquoise représente l'un des derniers développements significatifs sur processeur H8 optimisé, avant que les logiciels sur PC ne rendent définitivement obsolètes les machines dédiées moyen de gamme.
Novag et les champions : Dans les années 80, les boîtes de Novag arboraient la photo d'Anatoly Karpov, champion du monde, qui avait accepté d'endorser la marque. Plus tard, c'est le Grand Maître Raymond Keene qui prêta son image à la gamme. Un argument de vente qui n'avait rien d'anodin à l'époque.
Valter [...]
1 March, 2026SoftJunior 7 sur Ryzen 9 : 2862 elo
Gauntlet Junior 7 — Chroniques Software
Gauntlet : Junior 7 vs The New Era
Hardware Target : Ryzen 9 vs Mixed Pool (75 parties)
Le Prétendant Israélien
2862 Elo
Junior 7 (2001)
Hardware : AMD Ryzen 9
Performance Globale : 40.7%
Note : Le moteur d'Amir Ban et Shay Bushinsky sur Ryzen 9 montre une résilience tactique notable contre les moteurs de sa génération, malgré la pression du hardware moderne.
Opposition & Hardware
2920 Elo
Rybka 2.3.1
Score : 6.5 - 6.5
Hardware: Athlon 1.2 GHz
2956 Elo
Wasp 2
Score : 3.5 - 9.5
Hardware: Athlon 1.2 GHz
2825 Elo
Shredder 10
Score : 7.0 - 5.0
Hardware: Athlon 1.2 GHz
2861 Elo
Fruit 2.3.1
Score : 4.5 - 7.5
Hardware: Athlon 1.2 GHz
2947 Elo
Fritz 6
Score : 5.0 - 7.0
Hardware: Ryzen 9
3059 Elo
Zappa Mexico II
Score : 4.0 - 9.0
Hardware: Q6600 (4 Threads)
Commentaire Technique
Analyse du Match-up
Junior 7 confirme sa réputation de "tueur de géants" en tenant tête à Rybka (50%) et en dominant Shredder 10 (58%). Sa difficulté majeure réside dans l'opposition face aux moteurs optimisés pour le multi-threading (Glaurung, Zappa) qui neutralisent son agressivité par une profondeur de calcul supérieure.
Classements SSDF Historiques
Source : Svenska schackdatorföreningen (SSDF) — toutes valeurs en Elo absolu SSDF. Hardware de référence indiqué.
Liste SSDF
Rang
Hardware
Elo
Parties
%
Note
2001-10-02
#5
Athlon 1200 / 256 MB
2679
140
59%
Entrée sur nouveau HW de pointe
2001-10-02
#10
K6-2 450 / 128 MB
2624
271
65%
+28 pts vs Junior 6
2001-12-27
#4
Athlon 1200 / 256 MB
2681
377
59%
Pic historique — top 5 mondial
2001-12-27
#9
K6-2 450 / 128 MB
2643
635
70%
Score de victoires élevé sur K6
2002-12-05
#9
Athlon 1200 / 256 MB
2687
623
57%
Légèrement tassé par Fritz 7 / Shredder 6
2003-05-26
#12
Athlon 1200 / 256 MB
2693
719
56%
Dernier relevé SSDF avant Junior 8
★ = pic de classement. Rang calculé sur l'ensemble des programmes du pool SSDF du mois concerné. Le passage de K6-2 450 MHz à Athlon 1200 MHz représente le saut hardware de référence 2001–2002.
Palmarès WCCC / WMCCC
1997
🏆 1er
WMCCC Paris
2001
🏆 1er
WMCCC Maastrichtsection multiprocesseur
2002
🏆 1er
WCCC Maastricht
2004
🏆 1er
WCCC Ramat-Gan
2006
🏆 1er
WCCC TurinJunior 10 — Woodcrest 4 cœurs
2000
🥇 1er
Cadaquéstournoi majeur hors ICGA
Junior remportera encore les WCCC 2009, 2011 et 2013 — soit 8 titres mondiaux ICGA au total. La Trophée Shannon (tête de cheval sculptée, surnommée "Shanny") a trôné plusieurs années dans le salon d'Amir Ban.
Match Kasparov vs Deep Junior — New York 2003
Man vs Machine WC · X3D Technologies · Janvier–Février 2003
Kasparov 3 – 3 Deep Junior
Partie
Date
Blancs
Résultat
Ouverture
Fait marquant
1
26 jan
Kasparov
1 – 0
Semi-Slave
Kasparov domine après 18 coups — avantage qualité
2
28 jan
Deep Junior
½ – ½
Sicilienne Kan
Kasparov soulage la "malédiction de la partie 2" vs Deep Blue
3
30 jan
Kasparov
0 – 1
Semi-Slave
Kasparov blunde — Junior profite
4
01 fév
Deep Junior
½ – ½
—
Nulle équilibrée
5
05 fév
Kasparov
½ – ½
Nimzo-Indienne
10...Bxh2+! — sacrifice de fou légendaire, nul. Kasparov : "move of the match"
6
07 fév
Deep Junior
½ – ½
Sicilienne Najdorf
Kasparov refuse la victoire (23...Rxc3!) — accept draw — stupeur du public
Match sanctionné par la FIDE et l'ICGA comme "Man vs Machine World Championship". Dotation : 1 000 000 $ — Kasparov 750 000 $, équipe Junior 250 000 $. Diffusé en direct sur ESPN2 et suivi par des millions d'internautes. Kasparov (2847 FIDE, n°1 mondial) : "La technologie a rattrapé la pensée stratégique humaine, mais uniquement en calculant des millions de coups à l'avance."
Innovations Techniques de Junior
Comptage asymétrique des coups
Les coups ordinaires comptent pour 2, les coups "intéressants" pour 1 ou moins. Les variations prometteuses sont explorées plus profondément que les lignes banales — généralisation des extensions sélectives.
Opponent Modeling
Junior peut jouer des coups qui ne sont pas objectivement les meilleurs mais qui exploitent les faiblesses connues de l'adversaire. Une forme primitive d'adaptation dynamique au style de jeu adverse.
Style tactique ultra-agressif
Junior est réputé pour ses attaques de roi impitoyables. IM Hannu Wegner (2001) : "La dernière version de Junior a clairement progressé dans la tactique et notamment dans l'exécution d'attaques sur l'aile-roi brillantes."
Support multiprocesseur (Deep Junior)
"Deep Junior" désigne la version multi-cœurs. En 2006 (Turin), l'équipe a optimisé le code pour un Intel Woodcrest quad-core non encore commercialisé, atteignant 9,3 M nœuds/sec — +33% vs Reykjavik 2005.
Chronologie Junior
1993
Amir Ban et Shay Bushinsky débutent Junior comme projet amateur, en dehors de leurs heures de travail.
1997
Commercialisation via ChessBase. Junior remporte le World Microcomputer Chess Championship à Paris. Début de la rivalité avec Shredder.
2000
Victoire au grand tournoi de Cadaqués, face aux meilleurs programmes mondiaux. Shredder remporte la WCCC de Londres.
2001
WMCCC Maastricht — Junior remporte la section multiprocesseur. SSDF oct. 2001 : Junior 7.0 entre directement à la 5e place mondiale (2679 Elo, Athlon 1200). Victoire au CCT4 avec score 9/11.
Avr. 2001
Brain Games qualifier : Junior mène Fritz 5-0 sur 24 parties avant que Fritz égalise in extremis et gagne le playoff.
2002
WCCC Maastricht — Junior champion du monde. Première au championnat national israélien de clubs — premier programme à participer à une ligue nationale.
Jan. 2003
Match Kasparov vs Deep Junior, New York — nul 3-3. 1 M$ de dotation, sanctions FIDE + ICGA. Kasparov qualifie le jeu de Junior d'"intelligent" et cite 10...Bxh2+! comme meilleur coup du match.
2004
WCCC Ramat-Gan (Israël) — Junior titre mondial à domicile. Shredder avait remporté Graz 2003.
2005
WCCC Reykjavik — Junior perd sa couronne au profit de Zappa et Fruit, deux programmes inconnus. Tournant majeur pour l'écosystème open source.
2006
WCCC Turin (Olympiade d'Échecs) — Junior 10 sur Woodcrest 4 cœurs bat Zappa (512 processeurs NCSA). 5e titre mondial. Amir Ban emporte la Trophée Shannon "Shanny".
2009–2013
3 titres WCCC supplémentaires (Junior 11, 12, 13). Total : 8 titres mondiaux ICGA — record absolu toutes versions confondues.
Profil des Auteurs
Amir Ban
Champion israélien de mathématiques olympiques au début des années 1970. Co-inventeur, avec Dov Moran, de la clé USB ("disc on key") — l'une des inventions les plus diffusées de l'histoire de l'informatique. La vente des droits à SanDisk (2006) lui a procuré les ressources lui permettant de consacrer du temps à Junior. La Trophée Shannon a trôné dans son salon après chaque titre.
Shay Bushinsky
Co-auteur de Junior depuis les origines. Architecte principal du moteur de recherche et des innovations tactiques. Selon Bushinsky, l'innovation clé de Junior réside dans son comptage asymétrique des coups — les coups intéressants comptent moins dans le budget de recherche et sont donc analysés plus profondément.
GM Boris Alterman
Grand-Maître israélien, conseiller échiquéen de l'équipe. Responsable du livre d'ouvertures de Junior. Auteur de la série vidéo "Alterman Gambit Guide" chez ChessBase. Sa collaboration avec Ban et Bushinsky a débuté autour des versions 6 et 7.
"Le début de ce millénaire a coïncidé avec une course brutale entre deux des meilleurs moteurs du monde : Shredder et Deep Junior. Le titre de champion du monde d'informatique d'échecs était présenté comme une affaire privée entre l'Allemand précis et solide et l'Israélien plus audacieux et créatif."
— Shay Bushinsky, ChessBase 2006, après la victoire à Turin
"Kasparov a souligné le style de jeu spéculatif et 'intelligent' que Junior a montré, en particulier le coup du match, 10...Bxh2+ dans la partie 5."
— ChessBase, rapport de fin de match New York, février 2003
Expérience "Chroniques Software" - Laboratoire 2026 - Archivage Junior 7 (Gold Edition). [...]
28 February, 2026AnthologieJunior - Amir Ban & Shay Bushinsky
Anthologie complète du logiciel d'échecs Junior
Anthologie complète du logiciel d'échecs Junior
Le programme d'échecs israélien le plus titré de l'histoire
I. Origines et Genèse (1985–1993)
L'histoire de Junior commence dans un appartement de Tel Aviv avec Amir Ban, mathématicien et informaticien israélien, détenteur d'un doctorat en Rationalité de l'Université Hébraïque de Jérusalem. Ban commence à programmer des jeux d'échecs dès 1985, d'abord en Turbo Pascal, avant de migrer vers le C, puis le C++.
Le programme prend d'abord le nom de projet interne. Ce n'est qu'en 1993 que Shay Bushinsky rejoint le projet, apportant une expertise particulière dans la fonction d'évaluation et l'optimisation algorithmique. Ce tandem formera l'un des duos les plus féconds de l'histoire du jeu d'échecs informatique.
L'apport de Bushinsky est fondamental : alors que Ban maîtrise la recherche et l'architecture générale, Bushinsky se concentre sur l'évaluation positionnelle, domaine dans lequel Junior allait révolutionner la conception des programmes d'échecs.
II. Premières armes (1994–1996)
Août 1994 : première apparition publique de Junior lors de l'Open national de Kfar-Saba en Israël. Le programme se classe quatrième du tournoi — une performance remarquable pour un nouveau logiciel face à des joueurs humains de bon niveau.
À cette époque, le paysage des programmes d'échecs est dominé par la puissance brute : Deep Blue d'IBM est en pleine construction, Fritz (allemand) et Crafty (américain, open-source) tiennent le haut du pavé. Junior adopte d'emblée une philosophie radicalement différente.
Boris Alterman, grand-maître israélien, rejoint l'équipe en tant que conseiller pour le livre d'ouvertures, avec également Alon Greenfeld. Ce partenariat entre programmeurs et grands-maîtres contribuera au caractère agressif et créatif du programme.
III. L'identité algorithmique de Junior : une révolution conceptuelle
Junior se distingue de tous ses contemporains par des innovations algorithmiques propres, que Bushinsky résume dans plusieurs interviews.
1. Le comptage asymétrique des coups (Move counting)
L'innovation la plus distinctive de Junior : le programme compte les coups ordinaires comme équivalant à deux coups, tandis qu'il compte les coups « intéressants » comme un seul coup ou même moins. En pratique, cela signifie que les variations prometteuses et tactiquement riches sont explorées beaucoup plus profondément que les lignes routinières. C'est une forme avancée d'extension de recherche sélective, bien au-delà de ce que les autres programmes utilisaient alors.
2. La modélisation de l'adversaire (Opponent modeling)
Junior intègre une forme rudimentaire mais efficace de modélisation de l'adversaire : il peut jouer des coups qui ne sont pas objectivement les meilleurs mais qui exploitent les faiblesses spécifiques de son opposant. Cette approche, rarissime dans les moteurs de l'époque, donne à Junior un caractère quasi-psychologique.
3. L'évaluation positionnelle abstraite
Là où Deep Blue et la plupart des programmes de l'époque se fondaient principalement sur le matériel (valeur des pièces) et sur la tactique, Junior développe une capacité unique à évaluer des avantages positionnels abstraits — initiative, pression, compensation dynamique — même quand aucun gain matériel immédiat n'est visible. Kasparov lui-même dira que c'est une avancée technologique comparée aux programmes précédents.
4. Null-move pruning et demi-ply heuristic
Junior exploite intensément la technique du null-move pruning (popularisée par Donninger) couplée à une heuristique propre de demi-ply développée par Ban, permettant d'accélérer considérablement la recherche sans perdre en qualité.
5. Style dynamique et sacrifices matériels
Ce n'est pas un hasard si Junior sacrifie régulièrement du matériel pour l'initiative : cette disposition est codée dans sa fonction d'évaluation. Le programme valorise systématiquement l'activité des pièces et la pression sur le roi adverse au détriment du simple comptage de matériel.
IV. L'ascension vers le sommet (1997–2001)
WMCCC 1997 – Paris : premier titre mondial
1997 constitue l'année charnière. Junior remporte le Championnat du Monde de Jeux d'Échecs sur Microordinateur (WMCCC) à Paris — son premier titre mondial. C'est aussi l'année où Deep Blue bat Kasparov, et le contexte médiatique autour des jeux d'échecs informatiques est électrique.
Le programme tourne alors sur du matériel grand public, sans processeurs spécialisés, contrairement à Deep Blue. C'est un argument fort : Junior prouve qu'un logiciel intelligent peut battre des programmes tournant sur des infrastructures beaucoup plus coûteuses.
Tournoi de Cadaqués 2000
Junior remporte le tournoi de Cadaqués 2000, une compétition majeure regroupant les meilleurs programmes mondiaux. Cette performance consolide sa réputation dans la communauté des programmes d'échecs.
Brain Games Qualifier – Avril 2001
L'un des épisodes les plus spectaculaires de l'histoire de Junior : lors du qualifier Brain Games (tournoi de sélection), Deep Junior affronte Fritz dans un match de 24 parties. Junior prend une avance colossale de 5 à 0. Fritz doit batailler ferme sur la fin, égalise in extremis à la toute dernière partie, puis remporte le playoff. C'est un de ces matchs où le résultat final masque la domination réelle exercée pendant la majeure partie de la compétition.
WMCCC 2001 – Maastricht : deuxième titre en microordinateurs
Junior s'impose au WMCCC 2001. Le résultat est stupéfiant : 8 points sur 9, sans la moindre défaite, et dans chaque partie disputée, Junior était en infériorité matérielle. Gagner des parties à 8/9 en ayant systématiquement moins de matériel que l'adversaire illustre mieux que tout autre statistique la philosophie unique du programme.
V. L'ère des Championnats du Monde WCCC (2002–2013)
Le WCCC (World Computer Chess Championship), organisé par l'ICGA (International Computer Games Association), est la compétition reine pour les programmes d'échecs. Junior va y dominer une décennie entière.
WCCC 2002 – Maastricht : premier Shannon Trophy
Junior remporte le 14ème WCCC à Maastricht. C'est le premier des six trophées Shannon — une tête de cheval sculptée en l'honneur de Claude Shannon, le père de la théorie de l'information et pionnier des jeux d'échecs informatiques. La Trophy (surnommée "Shanny") trônera de nombreuses années dans le salon d'Amir Ban.
WCCC 2004 – Ramat-Gan (Israël)
Troisième titre mondial, sur sol israélien cette fois. Junior remporte le WCCC 2004 à Ramat-Gan. Pour les deux programmeurs, c'est une consécration à domicile.
WCCC 2006 – Turin (Olympiade)
Le WCCC 2006 est organisé en marge de l'Olympiade d'échecs de Turin. Junior réalise un score de 9 points sur 11, devançant Shredder (8,5/11) et Rybka (8,5/11). C'est le 5ème titre de Junior depuis 2000, et le troisième Shannon Trophy consécutif pour Ban et Bushinsky. Pratiquement tous les concurrents tournent sur des machines parallèles : Zappa, l'ancien champion, dispose d'un superordinateur à 512 processeurs calculant 100 millions de positions par seconde.
WCCC 2009 – partagé
Junior partage le titre du WCCC 2009 — son quatrième titre à la compétition ICGA.
WCCC 2011
Cinquième titre WCCC, portant le total à six si l'on compte WMCCC 1997.
WCCC 2013 – titre record
Sixième Shannon Trophy pour Junior, ce qui en fait à cette date le programme d'échecs le plus titré de toute l'histoire du WCCC. Le Jerusalem Post titre : "Israel's Deep Junior still the king at World Computer Chess Championship". Il s'agit du 20ème championnat du monde depuis Stockholm 1974, et Junior en a remporté six.
VI. Le match du siècle : Kasparov vs Deep Junior (2003)
Contexte
Après la défaite de Kasparov contre Deep Blue en 1997, le champion du monde s'était soigneusement tenu éloigné des matchs hommes-machines pendant plusieurs années. C'est la FIDE, sous l'impulsion de son président Kirsan Ilyumzhinov, qui organise un retour en proposant une bourse de 1 million de dollars — et c'est Deep Junior qui est choisi comme adversaire.
Le match se tient à New York City en janvier-février 2003, à l'Athletic Club. C'est le premier match homme-machine sanctionné officiellement par la FIDE dans des conditions de jeu classique (parties pouvant durer jusqu'à sept heures). Deep Junior tourne sur du matériel grand public — calculant environ 2 à 3 millions de positions par seconde, contre des centaines de millions pour Deep Blue en 1997.
Déroulement des 6 parties
Partie 1 : Kasparov (blancs) joue de façon agressive et remporte la partie en 27 coups, en 3h40. Commentaire de Maurice Ashley, grand-maître américain : "Garry a joué des échecs dominants, un jeu ouvert agressif."
Partie 2 : Partie tactiquement intense. Kasparov tire un enseignement de ses déboires contre Deep Blue en 1996-97 (où il avait psychologiquement souffert d'une défaite en partie 2). Il choisit une continuation moins risquée et accepte la nulle en 30 coups.
Partie 3 : Deep Junior remporte une victoire remarquable, égalisant le score à 1,5-1,5.
Parties 4 et 5 : La partie 5 devient légendaire. Junior joue …Fxh2+, un sacrifice de fou spectaculaire sur h2, forçant Kasparov — numéro un mondial à l'époque — à accepter la nulle. Selon Shay Bushinsky : "Pour lui voir accepter une nulle était une reconnaissance digne de ce nom. Peut-être que contre d'autres il aurait continué, mais il a pris sa décision." Le sacrifice de fou est depuis cité dans de nombreux ouvrages comme exemple de jeu tactique brillant des ordinateurs.
Partie 6 : Nulle en Sicilienne Najdorf. Score final : 3-3.
Réception et signification
Ce résultat est universellement salué. Pour Kasparov, tenir la nulle contre un programme de cette force représente une performance humaine remarquable. Pour Junior, confirmer qu'un programme sur PC grand public peut rivaliser avec le meilleur joueur du monde au niveau classique (avec de longues réflexions) est une démonstration historique.
Kasparov décrira Deep Junior comme "une avancée technologique" par rapport aux programmes précédents, notamment dans sa capacité à évaluer des avantages positionnels abstraits.
VII. Autres performances notables
Juin 2007 – "Ultimate Computer Chess Challenge" organisé par la FIDE : Deep Junior affronte Deep Fritz et l'emporte 4-2, confirmant sa supériorité sur les autres grands programmes commerciaux de l'époque.
2006 – Radjabov : Deep Junior bat le grand-maître azerbaïdjanais Teimour Radjabov dans une partie rapide, démontrant son efficacité aussi dans les cadences accélérées.
CCT4 (2002) : Junior 7 remporte ce tournoi en ligne prestigieux avec 9 points sur 11, dans un champ de 46 programmes, la plupart opérés directement par leurs auteurs — ce qui lui confère un prestige particulier.
VIII. Évolution des versions et des classements Elo
Version
Année
Événement notable
Contexte
Junior 1.x1994Kfar-Saba, 4e place1ère version publique
Junior ~3-41997WMCCC Paris1er titre mondial
Junior 72001-2002WCCC 2002, CCT4~2-3M pos/sec, style dynamique
Junior 82003Match KasparovVersion utilisée dans le match
Junior 92004-2005WCCC 2004Améliorations évaluation
Junior 102006-2009WCCC 2006Dernière version ChessBase avant changement
Deep Junior 122010Sortie commerciale+200 Elo vs version 10, UCI, 32/64-bit, jusqu'à 40 cœurs
Deep Junior 132013WCCC 2013, 6e titreDernier champion mondial
Deep Junior Yokohama2013Sortie commercialeVersion UCI indépendante (HIARCS)
Classements Elo estimés (sources : CCRL, SSDF, IPON)
Les classements des moteurs d'échecs ne sont pas directement comparables aux Elo FIDE humains, mais donnent une idée de l'évolution :
Junior 7 (2001-2002) : environ 2650–2700 Elo sur les listes SSDF de l'époque
Junior lors du match Kasparov (2003) : estimé à 2700–2750 Elo en condition de match classique
Deep Junior 12 (2010) : environ 2900–2950 Elo selon les listes CCRL (4 cœurs, cadence 40 min/partie), soit une progression de ~200 Elo par rapport à la version 10
Deep Junior 13 (2013) : environ 2950–3000 Elo CCRL, niveau grand-maître super-élite largement dépassé
À titre de comparaison, Kasparov en 2003 est classé environ 2830 Elo FIDE. Deep Junior le tient à la nulle dans des conditions classiques — une performance cohérente avec un Elo machine supérieur à 2800.
IX. L'architecture technique en perspective
La force de Junior réside dans sa philosophie logicielle plutôt que dans la puissance brute. Là où Deep Blue (1997) utilisait 480 puces VLSI spécialisées dans deux armoires de superordinateur pour analyser 200 millions de positions par seconde, Junior tourne sur un PC du commerce à 2-3 millions de positions par seconde — soit 100 fois moins — et rivalise avec les meilleurs.
C'est la démonstration vivante que la qualité de l'algorithme de recherche et de la fonction d'évaluation peut compenser une différence énorme de puissance de calcul. Ce message influencera toute une génération de programmeurs.
La transition vers l'architecture multiprocesseur (d'où le préfixe "Deep") permettra ensuite de combiner excellence algorithmique et puissance parallèle. Deep Junior 12 supporte jusqu'à 40 cœurs simultanément, exploitant le protocole UCI (Universal Chess Interface).
X. Anecdotes et faits marquants
"Shanny" dans le salon : Le Shannon Trophy — la tête de cheval sculptée remise aux vainqueurs du WCCC — a trôné pendant des années dans le salon d'Amir Ban. Avec six titres, les Ban-Bushinsky ont dû trouver de la place.
Le fou de h2 : Le sacrifice …Fxh2+ contre Kasparov en partie 5 du match de 2003 est entré dans la légende. Junior, dont la philosophie valorise l'initiative et la compensation dynamique, a joué le coup que tout amateur de jeu d'attaque aurait rêvé de jouer.
Des mathématiciens, pas des champions : Amir Ban est un ancien champion national de mathématiques israélien des années 70. Ni Ban ni Bushinsky n'est un joueur d'échecs de haut niveau. Ils ont compris les échecs à travers les mathématiques et l'algorithmique — ce qui explique en partie l'originalité de leur approche.
L'invention de la clé USB : Amir Ban est aussi co-inventeur de la "disc on key", ancêtre de la clé USB. Un double héritage technologique peu connu.
Toujours derrière en matériel : Au WCCC 2001, Junior a gagné toutes ses parties en étant en infériorité matérielle. Gagner des parties d'échecs en ayant moins de pièces que l'adversaire — c'est la signature stylistique du programme portée à son paroxysme.
Un programme israélien dans un contexte géopolitique chargé : Bushinsky a évoqué que lors du match Kasparov en 2003, le contexte géopolitique difficile au Moyen-Orient et la tragédie de la navette Columbia ont éclipsé médiatiquement la performance. "Ce pays avait quelque chose qui fonctionnait, et quand [la Columbia] s'est produit, tout le monde était dans le deuil, et en comparaison un match d'échecs, c'est une blague."
XI. Héritage et postérité
Junior représente bien plus qu'une série de titres. Il incarne une philosophie du jeu d'échecs informatique fondée sur l'intelligence algorithmique plutôt que sur la puissance brute. Son influence se voit dans la façon dont les programmes modernes — de Rybka à Stockfish — ont intégré des fonctions d'évaluation de plus en plus sophistiquées, allant bien au-delà du simple comptage de matériel.
L'arrivée des moteurs neuronaux (AlphaZero en 2017, Leela Chess Zero, Stockfish NNUE) a certes rendu les programmes classiques comme Junior moins compétitifs au plus haut niveau. Mais la vision de Ban et Bushinsky — un programme qui joue "intéressant" plutôt que "correct", qui sacrifie pour l'initiative, qui modélise psychologiquement son adversaire — préfigurait d'une certaine façon l'intelligence heuristique que les réseaux de neurones allaient formaliser mathématiquement vingt ans plus tard.
Palmarès final récapitulatif :
2 × Championnat du Monde sur Microordinateur (WMCCC 1997, 2001)
6 × Championnat du Monde ICGA/WCCC (2002, 2004, 2006, 2009, 2011, 2013)
8 titres mondiaux au total — record absolu de l'histoire du jeu d'échecs informatique
1 match nul contre le champion du monde humain Garry Kasparov (3-3, 2003, FIDE)
1 victoire 4-2 contre Deep Fritz dans un match FIDE (2007)
Un programme israélien sur PC grand public, pensé par deux mathématiciens qui aimaient les sacrifices, a dominé le monde des échecs informatiques pendant plus d'une décennie. C'est l'une des grandes histoires de l'intelligence artificielle appliquée.
◈ ◈ ◈
Anthologie Junior [...]
27 February, 2026AnthologieThe King — Anthologie Intégrale de Johan de Koning
Encyclopaedia Scaccorum Digitalis
Anno 2026
The King - Johan de Koning
L'Épopée Intégrale de Johan de Koning : Du Silicium à la Légende
I. Rotterdam, 1965 : l'enfance d'un roi
Il est une coïncidence que les historiens du jeu d'échecs informatique auraient pu inventer si elle n'avait pas existé : la ville qui a donné naissance à Johan de Koning est aussi la ville qui a accueilli TASC, l'entreprise qui allait transformer son programme en légende mondiale. Rotterdam, 1965. La ville reconstruite de fond en comble après les bombardements de la Seconde Guerre Mondiale — ville de ports, d'ingénieurs, de gens qui construisent des choses avec leurs mains et leur tête.
On sait peu de choses de l'enfance de Johan. Ce que la communauté des échecs informatiques a appris, dans les rares moments où il s'est livré, c'est que l'intérêt pour les échecs et pour la programmation naît simultanément et très tôt. Dès 1982 — il a dix-sept ans — il se passionne pour l'échecs informatique. Pas encore pour en jouer, mais pour comprendre comment une machine peut jouer. La question l'obsède : qu'est-ce qui se passe à l'intérieur ?
Ce n'est qu'en 1986 qu'il acquiert son premier ordinateur personnel. Un an plus tard, après avoir appris le langage C en autodidacte — "avec lequel il développe encore ses programmes aujourd'hui" notera la presse spécialisée allemande vingt ans plus tard —, il écrit son premier programme d'échecs. Il l'appelle, avec une modestie royale ou une ambition à peine dissimulée : The King.
Une note sur les sources biographiques : Les deux références les plus fiables sur Johan de Koning divergent sur son année de naissance — 1964 selon Chessprogramming.org, 1965 selon Schachcomputer.info. Cette divergence illustre l'effacement volontaire de l'homme derrière son œuvre. Johan de Koning n'a jamais accordé de longues interviews, n'a jamais tenu de blog personnel ni publié de mémoires techniques. Ce que l'on sait de lui passe presque entièrement par ce que son programme a accompli.
La scène néerlandaise : un terreau d'exception
Pour comprendre la trajectoire de Johan de Koning, il faut mesurer à quel point les Pays-Bas constituent un terreau absolument exceptionnel pour la programmation d'échecs dans les années 1980. Ed Schröder (Rebel/Gideon) développe à Venlo. Frans Morsch (Nona/Quest/Fritz) programme depuis sa région. Les tournois néerlandais (DOCCC — Dutch Open Computer Chess Championship) sont décrits par la presse internationale comme "les plus forts du monde" : un jeune programmeur qui y débutait affrontait d'emblée l'élite mondiale. C'est dans ce contexte que Johan arrive avec son tout premier programme en 1987.
Le résultat est immédiat : 4ème place au DOCCC 1987 pour une première participation. La presse spécialisée note le fait avec surprise — "pour un newcomer, c'est sensationnel" — mais Johan, lui, voit surtout ce qu'il lui reste à faire. Il repart, code, teste, améliore. La motivation d'un programmeur de son espèce n'est pas de finir quatrième, c'est de comprendre pourquoi il n'est pas premier.
II. L'offre de TASC : de l'amateur au professionnel (1989–1991)
À Rotterdam, une entreprise est en train de naître qui va changer le destin de Johan. Wil Sparreboom, ingénieur électricien et joueur d'échecs actif dans la Rotterdamse Schaakbond, fonde TASC (The Advanced Software Company) en 1989. Son pari est audacieux : le futur des échecs informatiques n'est pas dans les processeurs 8 bits qui animent encore la plupart des Mephisto, mais dans les processeurs RISC — rapides, efficaces, conçus pour exécuter peu d'instructions, mais très vite.
Le premier produit de TASC, la Final Chesscard (1989), est une carte d'extension pour Commodore 64. Mais Sparreboom voit plus grand. Il veut une carte ISA pour PC IBM, animée par un processeur ARM2 RISC 32 MHz — et il veut les meilleurs programmeurs néerlandais pour l'habiller. Il en a déjà un : Ed Schröder, dont le programme Gideon va devenir le champion du monde WMCCC 1991. Il lui en faut un second, pour enrichir la ChessMachine d'un deuxième programme aux qualités différentes. C'est là qu'il contacte Johan de Koning.
La proposition est simple : devenir programmeur professionnel à temps plein, au sein de TASC, après la fin de ses études. Johan accepte. Ce moment — un jeune programmeur de Rotterdam, formé en autodidacte, recruté par l'entreprise la plus audacieuse du secteur dans sa propre ville — est la charnière de toute l'histoire de The King.
La rencontre avec Ed Schröder : Johan de Koning et Ed Schröder se retrouvent ainsi collègues chez TASC. L'un vient de Venlo, l'autre de Rotterdam. L'un écrit Gideon en assembleur 6502, l'autre code The King en C. Leurs programmes sont aux antipodes stylistiquement — Gideon est le champion du monde, solide et précis ; The King est le prédateur tactique, imprévisible et agressif. Les deux programmes sont commercialisés ensemble dans la même ChessMachine, comme deux armes dans le même fourreau. Ed Schröder racontera plus tard cette période comme l'une des plus stimulantes de sa carrière : "La compétition interne entre nos deux programmes nous a tous les deux poussés à progresser."
Le portage sur ARM2 : la naissance d'un champion
Chez TASC, Johan restructure entièrement The King pour l'architecture ARM2. C'est un travail colossal : le programme est réécrit avec des éléments sélectifs — des extensions de recherche ciblées sur les positions tactiques — et partiellement en assembleur pour maximiser la vitesse sur le processeur RISC. Il introduit des phases d'évaluation distinctes (ouverture, milieu de partie, finale) avec des transitions fluides pondérées, une approche documentée en détail dans les rapports techniques de l'ICCA.
Le résultat dépasse les espérances. Lors du DOCCC 1990, The King sur ARM2 prend la deuxième place — la presse néerlandaise commence à parler de lui sérieusement. Le Grand Maître John Nunn, analysant le programme à cette époque, estime sa force en blitz à 2400 Elo — un chiffre qui fait sensation pour un programme sur ordinateur dédié de salon.
III. Le Manifeste Algorithmique : philosophie d'un prédateur
Alors que l'école allemande (Mephisto/Lang) prônait la rigueur positionnelle, et que Fritz de Morsch construisait tout autour du Null-Move, The King naît d'une vision hétérodoxe. Johan de Koning conçoit son moteur non pas comme un solveur d'équations positionnelles, mais comme un chasseur de cases — un programme qui cherche à être actif avant tout.
Les innovations algorithmiques de The King :
Évaluation tri-phasée à pondération dynamique : The King utilise trois termes d'évaluation distincts (ouverture / milieu de jeu / finale) avec des coefficients dont la somme fait toujours 100%. La transition entre les phases n'est pas brutale mais progressive — une approche qualifiée par les rapports de l'ICCA de "fuzzy definition of the phases", qui donne au programme une cohérence de jeu remarquable dans les positions hybrides.
Extensions d'échec et règles spécifiques : The King utilise des extensions de recherche déclenchées par les échecs, ainsi que des règles statiques spécifiques aux échecs pour identifier les positions méritant une recherche plus profonde. Les extensions singulières ne sont pas utilisées, mais des bornes inférieures limitent la recherche dans la phase sélective.
Scores positionnels "excessifs" : Contrairement à la plupart de ses contemporains qui plafonnent la valeur positionnelle à une fraction de pion, The King laisse ses scores positionnels "facilement dépasser plusieurs pions". Cette audace évaluative est la source directe de son style combinatif — le programme n'hésite pas à sacrifier du matériel si son évaluation positionnelle le justifie.
Pénalité de passivité : Le code pénalise sévèrement les pièces sans mobilité utile, forçant le moteur à chercher des ruptures dynamiques même au prix de concessions matérielles.
Ce qui frappe les commentateurs humains face à The King, c'est une qualité rare chez les programmes de l'époque : l'impression que la machine veut jouer. Pas qu'elle calcule la meilleure option — qu'elle cherche activement la confrontation. C'est l'effet direct de l'évaluation positionnelle exubérante et des pénalités de passivité : un programme qui préfère créer un déséquilibre plutôt que consolider, attaquer plutôt que défendre.
IV. L'Odyssée du Matériel (1991–1995) : The King habille les plus belles machines
La ChessMachine : une révolution dans un slot ISA
La TASC ChessMachine (1991–1995) est l'un des objets les plus fascinants de l'histoire des échecs informatiques. Ce n'est pas un ordinateur dédié ordinaire : c'est une carte d'extension ISA qui se glisse dans le slot d'un PC IBM standard. Le PC sert d'interface et d'écran ; la carte ARM2 à 32 MHz devient le cerveau indépendant. Deux programmes sont chargés dans la carte via le logiciel hôte : Gideon d'Ed Schröder et The King de Johan de Koning. L'utilisateur choisit lequel faire jouer.
En 1991, cette combinaison représente le summum de ce qui est disponible pour un particulier. The King sur ChessMachine est distribué comme programme "bonus" avec la carte — une générosité commerciale de TASC qui lui assure immédiatement une diffusion massive. Des milliers d'acheteurs de ChessMachine découvrent ainsi The King sans l'avoir cherché, et beaucoup le préfèrent à Gideon pour son style plus spectaculaire.
The King au WMCCC 1991 de Vancouver : le baptême du feu
Le 11ème Championnat du Monde de Microchess (WMCCC) se tient à l'Université de Colombie Britannique à Vancouver, du 1 au 9 mai 1991. C'est l'événement fondateur pour The King sur la scène internationale. Le programme se comporte remarquablement bien — il bat notamment Mephisto, le programme de Richard Lang qui régnait sur le championnat depuis des années, ainsi que MChess. Mephisto perdra les rondes 2 et 3 face à The King et MChess, une défaite retentissante pour le champion sortant.
C'est Gideon/Schröder qui remporte le titre avec 6/7 points. Mais The King, dans son premier grand championnat mondial, s'impose comme une force à compter. Les experts présents notent unanimement son style offensif et sa "spielweise active" — une façon de jouer agressive qui enthousiasme les spectateurs. La communauté des programmeurs commence à prendre Johan de Koning très au sérieux.
La 4ème Computer Olympiad de Londres (1992) : la médaille d'or partagée
La 4ème Computer Olympiad se tient au Park Lane Hotel de Londres, du 5 au 11 août 1992 — et non à Madrid, qui accueillait la même année les Olympiades d'échecs humains. La confusion entre les deux événements est fréquente mais il s'agit de compétitions entièrement distinctes. Dans le tournoi d'échecs de cette Olympiad, ChessMachine The King est co-vainqueur — une médaille d'or partagée qui consacre officiellement The King parmi les tout meilleurs programmes du monde.
Le R30 et le RISC 2500 : l'ère d'or des dédiés
La renommée de The King sur ChessMachine conduit naturellement à son adoption par les fabricants d'échiquiers dédiés haut de gamme. Le TASC R30, avec son processeur ARM6 à 30 MHz, son élégant affichage graphique et son plateau SmartBoard à reconnaissance de pièces par inductance, devient l'échiquier dédié le plus convoité de sa génération — un objet de collection autant qu'un adversaire redoutable. The King l'anime en version 2.2, puis 2.5 sur le R40.
Le Saitek RISC 2500, avec The King 2.0, s'impose dans un registre plus abordable. Vendu à un prix accessible pour l'époque, il met entre les mains du grand public un programme dont John Nunn avait estimé la force à 2400 Elo en blitz. Des milliers de joueurs de club, en Europe et en Amérique du Nord, font leurs armes contre lui dans leurs salons. Le Mephisto Montreux et le TASC R40 complètent ce palmarès d'appareils dédiés.
V. Chroniques de Guerre : les tournois Aegon et les victoires humaines
Le Massacre du Tournoi Aegon (1993–1994)
Le tournoi Aegon à La Haye est le laboratoire le plus fascinant de la confrontation homme-machine dans les années 1990. Chaque année, les meilleurs programmes s'y mesurent à des joueurs humains de niveau maître à grand-maître dans un tournoi à cadence de jeu normale. C'est un test de brutalité : pas de faveurs, pas d'interface de confort, juste du jeu.
En 1993, The King réalise une performance extraordinaire. Il termine premier des programmes avec un score spectaculaire et une performance Elo de 2590 — un chiffre qui stupéfie même les observateurs les plus optimistes. La presse allemande spécialisée note que début 1993, The King occupe souverainement la première place de la liste Elo suédoise (SSDF), et commente : "Ce fait a plus de poids qu'un titre de championnat après cinq rondes en Suisse."
La victoire contre le GM Jeroen Piket — l'un des meilleurs joueurs néerlandais, futur vainqueur de plusieurs tournois internationaux — reste dans les mémoires. Dans une position tactiquement complexe, The King déroule une attaque à long terme que Piket ne voit dans toute son étendue qu'au moment où son roi est dans l'étau. En 1994, The King récidive en battant le légendaire David Bronstein, l'homme qui avait failli être champion du monde en 1951 face à Botvinnik, inventeur de la défense qui porte son nom. Que même un génie du jeu créatif humain comme Bronstein puisse être surpassé par l'agressivité du code de Johan — c'est une image qui frappe l'imagination.
Le palmarès DOCCC : champion national à quatre reprises
Sur la scène néerlandaise, The King domine avec constance. Il remporte le DOCCC 1991, 1993, 1995 et 1998 — quatre titres de champion des Pays-Bas dans l'un des championnats nationaux les plus relevés du monde. Chaque titre est remporté contre Ed Schröder (Rebel/Gideon), Frans Morsch (Quest/Fritz), et les autres grands noms du jeu d'échecs informatique néerlandais. Dans ce pays où la concentration de talent en programmation d'échecs par habitant est sans équivalent mondial, être quatre fois champion n'est pas une formalité.
ICT 2003, Leiden : le dernier grand titre
L'ICT 2003 (International CSVN Tournament) à Leiden marque la dernière grande victoire de The King en compétition entre programmes. Johan de Koning remporte le tournoi — une consécration de plus de quinze ans de développement continu. La photo de Stefan Meyer-Kahlen (Shredder) et Johan de Koning côte à côte au tournoi, deux programmeurs solitaires dans un sport encore pratiqué comme un artisanat, illustre mieux que tout discours l'esprit de cette époque.
VI. La Conquête des Masses : l'Ère Chessmaster (1993–2007)
C'est en 1993/1994 que survient le tournant commercial le plus important de l'histoire de The King. Mindscape (qui distribuera sous la bannière Ubisoft) cherche un nouveau moteur pour sa franchise Chessmaster, qui existe depuis 1986 mais dont les versions précédentes utilisaient un moteur maison moins compétitif. The King — champion néerlandais, performeur Aegon, vainqueur sur ChessMachine — s'impose comme le choix évident.
Avec Chessmaster 4000, The King passe d'un programme connu des initiés à une icône mondiale. Chessmaster est alors la franchise d'échecs la plus vendue de l'histoire — elle dépassera les 5 millions d'unités vendues. Des millions de joueurs qui n'ont jamais entendu parler de la DOCCC, de TASC, ou de Rotterdam, jouent contre The King sans le savoir.
La révolution des Personnalités
L'innovation qui distingue Chessmaster de tous ses concurrents — et qui reflète directement la philosophie de The King — est le système des Personnalités. Les fichiers .CMP permettent de paramétrer en profondeur le comportement du moteur :
Material Value : ajustement de la valeur relative des pièces
King Safety : agressivité ou prudence autour du roi
Pawn Weakness : tolérance aux structures de pions défavorables
Randomness : introduction d'une part d'imprévisibilité humaine
Mobility : pondération de l'espace et de l'activité des pièces
Combinés, ces paramètres permettent de créer des centaines de profils distincts — de Stanley le singe jouant presque au hasard jusqu'à The Chessmaster, personnalité la plus forte du jeu, représentant The King à pleine puissance. Chessmaster 9000 en proposera plus de 150, dont des imitations de Fischer, Alekhine, Botvinnik et Karpov.
Le Duel Christiansen (septembre 2002) : le vrai score
En septembre 2002, Larry Christiansen — Grand Maître américain trois fois Champion des États-Unis (1980, 1983 et 2002), Elo 2559, l'un des tacticiens les plus redoutés du circuit — affronte Chessmaster 9000 dans un match de 4 parties diffusé en direct sur Chessclub.com, commenté par Joel Benjamin, Susan Polgar, Jennifer Shahade et Josh Waitzkin.
Le score final est 2,5 – 1,5 en faveur de Chessmaster — et non 4-0 comme une version simplifiée de l'histoire le colporte parfois. Christiansen gagne la 1ère partie (personnalité Alekhine), perd la 2ème (Fischer) et la 3ème (Botvinnik), et fait nulle la 4ème contre la personnalité par défaut "The Chessmaster". Un résultat serré, disputé, largement commenté — et qui aurait pu basculer autrement : dans la 3ème partie, Christiansen a sacrifié une tour pour lancer une attaque dévastatrice, et 55…Th5! aurait probablement retourné la partie en sa faveur. Il ne voit pas le coup. The King s'en tire, consolide, gagne. La "méchanceté tactique" du programme — l'expression est de Christiansen lui-même, qui commentera ses propres parties pour Chessmaster — est bien réelle, mais la victoire est acquise à l'arrachée, pas par écrasement.
Version / Produit
Année
Plateforme
Événement ou performance clé
Elo SSDF/indicatif
The King 1.0
1987
PC (C)
Débuts DOCCC — 4ème place
~1800
The King ARM2 (ChessMachine)
1991
ARM2 / ChessMachine TASC
WMCCC 1991 — bat Mephisto ; DOCCC 1991 champion
~2350
The King 2.0 (R30 / RISC 2500)
1992
ARM2/ARM6 dédiés
4ème Computer Olympiad Londres — Médaille d'Or partagée ; Nunn : 2400 Elo blitz
~2400
The King 2.2 / 2.5
1993
TASC R30/R40
DOCCC 1993 champion ; AEGON perf. 2590 ; N°1 SSDF début 1993
~2480
The King (Chessmaster 4000)
1993–1994
PC Windows / DOS
Entrée dans la franchise la plus vendue de l'histoire
~2250
The King 2.61
1998
PC
DOCCC 1998 champion
~2480
The King 3.23 (CM 9000)
2002
PC Windows
Christiansen 2,5–1,5 ; ICT 2003 champion
2715 SSDF (Athlon 1200)
The King 3.50 (CM 11e)
2007
PC Windows 64-bit multi-thread
Dernière version Chessmaster (The Art of Learning)
~2854
The King (Millennium)
2019–2026
ARM dédié (Millennium)
The King Competition, The King Element — retour aux dédiés
~2450 estimé
"The King ne joue pas contre vous. Il chasse avec vous dans les couloirs de votre propre position."
— paraphrase d'un commentateur de la communauté SSDF, années 2000
VII. La Rivalité avec Fritz et Hiarcs : le "Poulidor magnifique"
Dans les classements SSDF et les tournois CCT des années 1990 et 2000, The King occupe un rôle que les amateurs ont surnommé le "Poulidor magnifique". Rarement premier au classement général — Fritz de Morsch, puis Junior de Ban-Bushinsky, puis Shredder de Meyer-Kahlen se disputent les premières places — mais redouté de tous ses adversaires parce qu'il peut battre le leader le jour où on l'attend le moins.
Cette réputation d'exterminateur d'élite tient à la philosophie même du programme. Un moteur positionnel peut être préparé, déjoué, guidé vers des eaux calmes. The King, lui, cherche le déséquilibre — et dans une position compliquée, sa lecture tactique peut dépasser celle des meilleurs programmes du monde sur un coup décisif. Les statistiques SSDF montrent une dispersion inhabituelle dans ses résultats : The King perd parfois contre des programmes faibles, et bat parfois des programmes supérieurs de 100 Elo. C'est l'empreinte d'une personnalité algorithmique authentique.
La décision de Johan de ne jamais "lisser" son moteur :
Une des anecdotes les plus révélatrices sur le caractère de Johan de Koning concerne son refus répété d'uniformiser le comportement de The King pour les tournois de machines. Là où d'autres programmeurs ajustaient leurs paramètres pour minimiser les défaites surprises et maximiser la régularité — au prix d'un style plus terne — Johan maintenait les réglages qui donnaient à son programme sa personnalité distinctive, quitte à accepter des résultats imprévisibles. "Un programme imparfait mais doté d'une personnalité unique" : c'est la philosophie qu'il a toujours défendue, même quand elle lui coûtait des points au classement.
VIII. La Chute de TASC et la transition vers le PC (1995–2000)
La domination de TASC sur le marché des échiquiers dédiés haut de gamme s'effondre dans la seconde moitié des années 1990 sous un double coup du sort. D'abord, la montée en puissance des processeurs Intel Pentium : avec l'introduction du Pentium, la carte ARM2 de la ChessMachine perd son avantage de vitesse — un PC ordinaire est désormais aussi rapide. La TASC ChessMachine disparaît du marché en 1995, après quatre ans de règne.
Puis vient le coup fatal : en 1994, Brehn Corporation (New Jersey) attaque TASC en justice pour violation du brevet sur la reconnaissance de pièces utilisée dans le SmartBoard. En septembre 1997, un tribunal fédéral condamne TASC à payer 581 000 dollars. Pour une PME néerlandaise, le choc est dévastateur. Les SmartBoards disparaissent du marché américain. TASC ne s'en relève pas et devient pratiquement défunte au début des années 2000.
Pour Johan de Koning, ce naufrage institutionnel n'arrête pas The King — il le libère. Désormais indépendant, ou lié par contrat à Ubisoft/Mindscape pour les versions Chessmaster, il continue de développer son programme sans la contrainte de devoir le faire tourner sur du matériel propriétaire. The King devient un moteur PC pur, et chaque version de Chessmaster qui sort entre 1994 et 2007 est une nouvelle itération de son travail.
IX. Au-delà des échecs : Johan de Koning, programmeur de jeux (2000–2026)
À partir de 2000, Johan de Koning commence à élargir son horizon bien au-delà des échecs. Il se lance dans la programmation de programmes pour d'autres jeux de plateau abstraits, participant aux Computer Olympiads de l'ICGA dans plusieurs disciplines nouvelles.
Son programme 8 Queens Problem (Amazons) et surtout son programme de Clobber nommé PAN deviennent des compétiteurs sérieux dans leurs disciplines respectives. PAN remporte la médaille d'or au 16ème Computer Olympiad 2011 — une consécration qui prouve que le talent de Johan n'est pas lié à un jeu particulier mais à une philosophie générale de la recherche et de l'évaluation. Il participe également au Go 9×9 avec Atarist.
Ce tournant vers les autres jeux dit quelque chose d'important sur l'homme : après vingt ans passés à affûter le même programme, il est attiré non par la retraite mais par de nouveaux défis. La curiosité du programmeur autodidacte de 1986, qui avait acquis son premier ordinateur pour comprendre comment une machine peut jouer, n'est pas éteinte — elle s'est simplement déplacée vers de nouveaux terrains.
Le retour aux dédiés : Millennium (2019–2026)
La boucle se ferme avec les échiquiers Millennium, qui adopent The King pour leurs modèles haut de gamme — The King Competition, The King Element. Trente ans après le TASC R30, le programme de Johan de Koning anime à nouveau du matériel dédié, dans des appareils que les collectionneurs et les amateurs de jeu sur plateau retrouvent avec nostalgie. La force estimée de ces versions modernes — environ 2450 Elo — est le reflet d'un programme maintenu vivant, jamais abandonné.
X. Héritage : l'artisanat comme philosophie
L'histoire de Johan de Koning est celle d'un programmeur solitaire qui a, depuis son premier ordinateur acheté en 1986, construit une œuvre cohérente, reconnaissable, unique — sans jamais sacrifier sa personnalité aux exigences des classements. Dans un domaine où la course à la puissance brute et aux performances SSDF dicte souvent les choix, il a toujours choisi le style sur la régularité, la personnalité sur l'optimisation.
Ce faisant, il a atteint quelque chose de rare : un programme que les gens aiment affronter. Pas seulement que les gens respectent ou redoutent — mais qui génère une forme d'attachement. Les forums Chessmaster sont remplis d'utilisateurs qui, vingt ans après leur première partie contre The King, évoquent des épisodes précis, des sacrifices inattendus, des fins de parties où la machine semblait avoir un plan que le joueur humain n'avait pas vu venir. C'est la marque d'un programme qui a une âme — ou du moins, d'un programmeur qui en a une.
Palmarès de Johan de Koning et The King :
4 × Champion des Pays-Bas (DOCCC 1991, 1993, 1995, 1998)
1 × ICT 2003 — Leiden (tournoi international CSVN)
Médaille d'Or partagée — 4ème Computer Olympiad, Londres 1992
Victoire contre Mephisto au WMCCC Vancouver 1991
Performance Elo 2590 au tournoi Aegon 1993
N°1 classement SSDF (début 1993)
Victoires contre GM Jeroen Piket, GM David Bronstein (Aegon)
Match Chessmaster 9000 vs GM Larry Christiansen : 2,5–1,5 (2002)
Chessmaster 4000 à Chessmaster 11e (7 versions) — franchise la plus vendue de l'histoire
Médaille d'Or au Clobber, 16ème Computer Olympiad 2011 (programme PAN)
Matériel dédié : TASC R30/R40, Saitek RISC 2500, Mephisto Montreux, Millennium Competition/Element
Évaluation John Nunn (GM) : 2400 Elo blitz (1992)
XI. Épilogue : La Signature du Maître
Il y a quelque chose de profondément néerlandais dans la trajectoire de Johan de Koning. La même discrétion, la même qualité artisanale, le même refus de la grandiloquence que chez ses compatriotes Ed Schröder et Frans Morsch. Trois programmeurs nés dans un rayon de cent kilomètres, qui ont construit trois programmes aux personnalités radicalement différentes, et qui ont ensemble dominé le jeu d'échecs informatique mondial pendant trois décennies.
Schröder était l'ingénieur de précision, obsédé par la technique et la rigueur. Morsch était le physicien pragmatique, qui mesurait et optimisait avec une méthode scientifique. De Koning est l'artiste — celui qui a mis dans son code quelque chose qui ressemble à un tempérament, une manière d'être sur l'échiquier.
Le code de Johan de Koning reste un témoignage d'une époque où la programmation d'échecs était encore un artisanat solitaire. The King n'est pas mort. Sur un échiquier Millennium posé sur une table de salon, il attend patiemment le prochain humain à défier son trône — avec la même agressivité tranquille qu'il a apportée au DOCCC 1987, à Aegon 1993, au Park Lane Hotel de Londres, et dans les millions de foyers où Chessmaster a introduit des générations entières au plaisir de jouer contre une machine qui semble vraiment vouloir gagner.
Cet ouvrage est dédié aux pionniers du code et aux fous du roi.
The King : L'Anthologie Totale (1987 — 2026)
Sources : Chessprogramming.org · Schachcomputer.info · Rebel13.nl (Ed Schröder) · ICGA Tournaments Database · Wikipedia FR/EN · Chess.com · Chessmaster community archives
Johan de Koning
Quelques visuels de diverses possibilités de jouer contre The King
Echiquiers dédiés
Saitek Risc 2500
Millennium The Kink Peformance
Emulation CB-EMU
Mephisto Montreux
Tasc R4 The King 2.50
Emulation des ChessMachines
Modules disponibles
ChessMachine PC The King 30 MHz
Chessmaster
ChessMaster 5000 sous DosBox
The King 3.50 UCI sous Arena [...]
27 February, 2026AnthologieCray Blitz : L'Héritage échiquéen sur PC
L'Épopée de Cray Blitz
L'Épopée de Cray Blitz
Du Supercalculateur Vectoriel à la Suprématie Mondiale (1976 – 1994)
L'histoire de Cray Blitz est indissociable de la quête de la puissance brute. Né de la collaboration entre Robert Hyatt, professeur d'informatique à l'Université d'Alabama à Birmingham (UAB), Harry Nelson du Lawrence Livermore National Laboratory, et Albert Gower, ce programme n'était pas seulement un algorithme d'échecs — c'était un banc d'essai vivant pour le calcul massivement parallèle, financé en creux par les institutions scientifiques les plus puissantes des États-Unis.
Initialement développé sous le nom de Blitz en Fortran pour les architectures Data General, le programme prend sa véritable dimension lors de son portage sur les supercalculateurs de Seymour Cray. C'est cet accès privilégié — et parfois officieux — aux machines du gouvernement américain qui permettra à Cray Blitz de dominer une décennie entière de compétition mondiale.
Les hommes derrière la machine
Robert Hyatt est le moteur intellectuel du projet. Enseignant-chercheur à l'UAB, il bénéficie de connexions institutionnelles lui donnant accès aux Cray du National Center for Atmospheric Research (NCAR) et d'autres centres de calcul fédéraux. Son génie est double : algorithmique d'abord, avec des innovations comme le YBWC (Young Brothers Wait Concept), mais aussi pratique — il sait exploiter chaque microseconde d'un processeur vectoriel avec une maîtrise de l'assembleur CAL qui force l'admiration de ses contemporains.
Harry Nelson apporte la rigueur du laboratoire national. Physicien habitué aux simulations nucléaires tournant sur ces mêmes Cray, il comprend instinctivement les architectures parallèles et contribue de façon décisive à l'implémentation du parallélisme dans les versions 4.x. Albert Gower, moins documenté dans la littérature, contribue aux premières versions et à la fonction d'évaluation initiale.
L'innovation algorithmique : le YBWC
Sur le plan logiciel, l'évolution fut radicale. Pour exploiter pleinement le Cray-1, Hyatt réécrit les segments critiques en Cray Assembly Language (CAL), tirant parti des registres 64 bits et de l'unité vectorielle du processeur — une architecture conçue pour les calculs météorologiques, pas pour les échecs, mais que Hyatt plie à sa volonté avec un talent rare.
L'innovation majeure réside dans l'algorithme YBWC (Young Brothers Wait Concept), permettant de diviser l'arbre de recherche Alpha-Bêta sur plusieurs processeurs. Le principe : dans un arbre de recherche, le premier nœud fils ("frère aîné") est traité immédiatement et en priorité ; les nœuds suivants ("frères cadets") attendent que leur aîné ait produit une borne avant de lancer leur propre recherche parallèle. Cette synchronisation évite que les processeurs parallèles ne gaspillent des cycles sur des branches que l'élagage Alpha-Bêta aurait de toute façon coupées — une prouesse d'ingénierie pour l'époque.
Évolution matérielle : Le programme a suivi la courbe de puissance des fleurons de Cray Research. Du Cray-1 monoprocesseur (~50 000 nœuds/s) au Cray X-MP/48 (4 processeurs, ~450 000 nœuds/s), jusqu'aux monstres Y-MP à 8 processeurs (~1 million nœuds/s) et C90 à 16 processeurs (~2 à 3 millions nœuds/s). Cette démesure lui permettait de maintenir une profondeur de calcul remarquable, y compris dans les finales les plus complexes — là où les micro-ordinateurs de l'époque s'effondraient systématiquement.
Le palmarès en compétition
Année / Tournoi
Machine de Combat
Résultat / Performance
1981 – ACM North American
Cray-1
Victoire, s'impose face aux programmes sur micro-ordinateurs
1983 – WCCC New York
Cray X-MP/4
Champion du Monde – premier titre mondial
1984 – ACM North American
Cray X-MP/48
1re place (score parfait)
1986 – WCCC Cologne
Cray X-MP/416
Champion du Monde – conserve son titre
1989 – WCCC Edmonton
Cray Y-MP
Dépassé par Deep Thought – début du déclin face aux puces VLSI
1994 – Dernière compétition
Cray C90
Retraite progressive, Hyatt travaille déjà sur Crafty
La victoire de 1983 : contexte et vérité historique
La victoire au WCCC 1983 de New York est souvent racontée de façon simplifiée. Belle, la machine spécialisée d'AT&T Bell Labs conçue par Ken Thompson et Joe Condon, était le tenant du titre depuis 1980. Belle reposait sur du matériel dédié aux échecs — des puces spécialisées dans la génération de coups — et non sur un supercalculateur généraliste. Face à elle, Cray Blitz incarnait l'approche opposée : un logiciel sophistiqué tournant sur une machine de calcul scientifique.
La victoire de Cray Blitz fut acquise sur le terrain du jeu pur, non sur un incident technique. Elle marqua un tournant philosophique majeur : le triomphe de l'intelligence logicielle sur un supercalculateur polyvalent face à l'optimisation matérielle dédiée. Ce débat — matériel spécialisé contre logiciel universel — traversera toute l'histoire du jeu d'échecs informatique jusqu'à Deep Blue.
Le déclin face à Deep Thought (1989)
Le WCCC 1989 d'Edmonton constitue le moment charnière. Deep Thought, le programme d'Hsu Feng-hsiung développé à Carnegie Mellon University, fait son entrée sur la scène mondiale avec ses puces VLSI spécialisées capables d'évaluer des centaines de millions de positions par seconde. Cray Blitz, malgré ses 8 processeurs Y-MP, est surpassé. La suprématie des supercalculateurs vectoriels sur les puces dédiées aux échecs atteint sa limite physique.
Hyatt tire les conséquences : les supercalculateurs Cray, aussi puissants soient-ils, ne peuvent rivaliser sur le long terme avec du matériel conçu spécifiquement pour calculer des positions d'échecs. C'est cette lucidité qui le pousse à entreprendre, parallèlement, l'écriture d'un nouveau programme — portable, élégant, open-source — qui deviendra Crafty.
Bien que finalement surpassé par les puces dédiées de Deep Thought puis de Deep Blue, l'héritage de Cray Blitz perdure à travers Crafty, dont la fonction d'évaluation hérite directement de la version 49h. Ce fil génétique invisible relie les supercalculateurs des années 1980 aux moteurs open-source qui ont défini les standards de la programmation d'échecs pour deux décennies.
Chronique d'une légende du silicium
De l'assembleur CAL au parallélisme moderne — Une étude pour l'Arène Valter
Valter
Généalogie de Cray Blitz
Généalogie de Cray Blitz
Analyse des cycles de développement et de la version UCI 49h
L'évolution de Cray Blitz s'étend sur près de deux décennies de recherche intensive, marquant chaque étape clé de l'histoire du calcul de haute performance. L'analyse des versions successives révèle une adaptation constante aux limites matérielles de chaque époque, passant des mini-ordinateurs Data General aux supercalculateurs multiprocesseurs de Cray Research, avant de se conclure par un portage communautaire UCI qui lui offre une seconde vie sur les processeurs modernes.
1. L'ère Blitz (1975 – 1980) : les fondations en Fortran
Le moteur d'origine, simplement nommé Blitz, est écrit en Fortran pour les architectures Data General — des mini-ordinateurs de bureau qui représentaient alors l'état de l'art du calcul universitaire. Robert Hyatt, jeune chercheur à l'Université d'Alabama à Birmingham (UAB), développe le programme comme objet de recherche autant que comme compétiteur sportif. Cette période sert de laboratoire pour les premières implémentations de l'élagage Alpha-Bêta et définit les fondements de la fonction d'évaluation qui fera la renommée du programme pendant quinze ans.
Dès 1975, Blitz participe aux championnats ACM (Association for Computing Machinery) — le tournoi annuel nord-américain qui constitue à l'époque la principale arène de compétition. Les premiers résultats sont modestes mais les progrès rapides : Hyatt affine à chaque tournoi la sélectivité de sa recherche et la précision de son évaluation positionnelle.
2. Cycle Cray Blitz 1.0 à 3.0 (1980 – 1983) : l'assembleur et le titre mondial
Cette phase correspond au portage critique sur Cray-1. L'accès au supercalculateur est rendu possible par les relations institutionnelles de Harry Nelson avec le Lawrence Livermore National Laboratory et de Hyatt avec le National Center for Atmospheric Research (NCAR). Le code subit une réécriture partielle en Cray Assembly Language (CAL), un langage de bas niveau spécifique à l'architecture vectorielle Cray, permettant d'exploiter directement les registres 64 bits et l'unité de traitement vectoriel — conçue pour les prévisions météorologiques, mais que Hyatt détourne brillamment pour les calculs d'échecs.
Cette optimisation vectorielle conduit au titre de champion du monde au WCCC 1983 à New York, où Cray Blitz détrône Belle, la machine spécialisée d'AT&T Bell Labs. Belle reposait sur des puces dédiées conçues par Ken Thompson et Joe Condon — une approche matérielle radicalement différente. La victoire de Cray Blitz sur Belle sur le terrain du jeu pur, sans incident technique, marque le triomphe de l'intelligence logicielle sur supercalculateur généraliste face à l'optimisation matérielle dédiée.
3. Maturité et parallélisme — série 4.x (1984 – 1989)
La série 4.x marque l'introduction du vrai multiprocesseur. La version 4.0 implémente l'algorithme Young Brothers Wait Concept (YBWC), conçu par Hyatt et Nelson pour paralléliser la recherche Alpha-Bêta sans gaspillage de cycles. Le principe : le premier fils dans l'arbre de recherche est traité en priorité ; ses "frères cadets" attendent sa borne avant de lancer leur propre calcul en parallèle. Sur un Cray X-MP à 4 processeurs, cette stratégie multiplie la profondeur effective de recherche de façon significative.
La version 4.4, pilier de cette ère, permet de conserver le titre mondial à Cologne en 1986 grâce notamment à une gestion optimisée des tables de transposition adaptée aux contraintes mémoire spécifiques du Cray X-MP/416. C'est la version que l'on associe au summum de la puissance "classique" de Cray Blitz.
Le WCCC 1989 d'Edmonton marque cependant la fin de la suprématie. Deep Thought, le programme d'Hsu Feng-hsiung de Carnegie Mellon, présente ses puces VLSI spécialisées capables d'évaluer des centaines de millions de positions par seconde. Cray Blitz, avec son Y-MP à 8 processeurs, est dépassé pour la première fois depuis 1983. La limite des supercalculateurs généralistes face aux puces dédiées aux échecs est atteinte.
4. Les versions finales 4.5 à 4.9 et la transition (1990 – 1994)
Les dernières versions de la série, de 4.5 à 4.9, représentent l'optimisation ultime d'une architecture arrivée à maturité. Hyatt les développe en sachant déjà qu'il travaille en parallèle sur un successeur fondamentalement différent : Crafty, conçu pour être portable, élégant, écrit en C standard — l'exact opposé du code CAL spécialisé de Cray Blitz. Cette coexistence temporaire des deux projets explique les choix conservateurs des dernières versions : Hyatt consolide plutôt qu'il n'innove, préservant la stabilité du programme de compétition.
5. La version finale UCI : 49h (4.9h)
La version 49h représente l'aboutissement technique de la lignée Cray Blitz avant la transition complète vers Crafty. Elle cristallise l'intégralité des connaissances accumulées pendant vingt ans de développement. Son importance historique dépasse son usage compétitif : c'est cette version dont la fonction d'évaluation a été directement héritée par les premières versions de Crafty, créant un fil génétique invisible mais décisif entre les supercalculateurs des années 1980 et le moteur open-source le plus influent des années 1990-2000.
Le portage UCI moderne repose sur cette itération, traduite du Fortran et de l'assembleur CAL vers un C standard, conservant l'intégrité algorithmique originale tout en permettant une exécution native sur les architectures x86 et ARM contemporaines.
La filiation Cray Blitz → Crafty : Robert Hyatt a décrit Crafty comme une réécriture "par frustration" face à la rigidité de maintenance du code CAL de Cray Blitz, devenu difficile à faire évoluer. Crafty est conçu pour être "élégant et portable" — mais il hérite directement de la philosophie d'évaluation de la version 49h. Ce n'est pas un abandon : c'est une métamorphose. L'âme algorithmique de Cray Blitz continue de vivre dans chacune des versions de Crafty.
Version
Innovation Majeure
Support Matériel
Contexte compétitif
Blitz (1975-1980)
Fondations Alpha-Bêta en Fortran
Data General
Participations ACM, base de recherche
CB 1.0 – 3.0
Optimisation assembleur CAL, registres 64 bits
Cray-1 (vectoriel)
Champion du Monde WCCC 1983
CB 4.0 – 4.4
Algorithme parallèle YBWC
Cray X-MP (multiprocesseur)
Champion du Monde WCCC 1986
CB 4.5 – 4.8
Optimisation tables de transposition, gestion mémoire
Cray Y-MP, C90
Dépassé par Deep Thought (1989), retraite progressive
CB 49h (UCI)
Synthèse finale, portage C — héritée par Crafty
Ryzen 9 / PC modernes
Lien vivant entre l'ère Cray et l'open-source
La version 49h est considérée comme le "chant du cygne" de l'époque Cray. Elle possède le moteur d'analyse le plus abouti de la lignée, tout en restant structurellement proche des versions ayant opéré sur les systèmes C90. Son utilisation dans les tests actuels permet d'établir un lien direct entre l'ingénierie des supercalculateurs d'État et les capacités des processeurs grand public — une machine à remonter le temps algorithmique.
Historique des révisions logicielles (1975–1994)
Focus sur l'itération 49h — Référence pour l'étalonnage Elo · Arène Valter
Valter
Chroniques de l'Ère Vectorielle
Chroniques de l'Ère Vectorielle
Anecdotes et faits marquants de l'épopée Cray Blitz
L'histoire de Cray Blitz ne se résume pas à des lignes de code et des millions de nœuds par seconde. Derrière la froideur du silicium des supercalculateurs se cachent des épisodes humains — parfois cocasses, parfois émouvants — qui témoignent de la complexité et de l'audace de la compétition à cette époque. Une compétition qui se jouait autant dans les salles des machines gouvernementales que dans les salles de tournoi.
Belle contre Cray Blitz : la philosophie plus que le score (1983)
Lors du championnat du monde à New York, Cray Blitz affronte Belle, le tenant du titre depuis 1980. Belle est une machine spécialisée conçue par Ken Thompson et Joe Condon aux Bell Labs d'AT&T — des puces dédiées à la génération de coups d'échecs, capables d'évaluer environ 160 000 positions par seconde. Cray Blitz, lui, est un pur logiciel tournant sur un ordinateur scientifique généraliste.
La victoire de Cray Blitz fut acquise sur le terrain du jeu pur. Elle déclenche une polémique philosophique qui court encore : la puissance logicielle sur supercalculateur est-elle plus "légitime" que la puissance matérielle dédiée ? Deep Blue, une décennie plus tard, tranchera définitivement en faveur du matériel spécialisé — mais en 1983, c'est Hyatt et son Fortran-CAL qui l'emportent.
L'utilisation des ressources d'État : jouer aux échecs sur les machines de l'atome
À l'époque, une heure de calcul sur un supercalculateur Cray coûtait plusieurs milliers de dollars. Robert Hyatt et ses collègues utilisaient les machines du National Center for Atmospheric Research (NCAR) au Colorado et d'autres institutions gouvernementales — souvent la nuit, dans les créneaux que les simulations météorologiques et les calculs nucléaires laissaient libres.
La situation était à la fois précaire et fascinante : un programme d'échecs compétitif se glissait dans les interstices du temps de calcul national américain. Il se dit que certaines sessions de préparation aux tournois ont failli être interrompues en urgence parce qu'une simulation prioritaire — prévision de tempête majeure, calcul balistique — nécessitait de réquisitionner immédiatement les processeurs. Le titre mondial de 1983 a peut-être été préparé entre deux modélisations de l'atmosphère.
David Levy et la fin d'un pari légendaire
En 1968, l'Écossais David Levy — joueur d'échecs de bon niveau (environ 2200 Elo, titre de Maître International honorifique par ses écrits, mais pas en tant que joueur compétitif) et journaliste spécialisé dans les échecs informatiques — fait un pari célèbre : aucun ordinateur ne le battra aux échecs dans les dix ans. Il gagne son pari en 1978, battant Chess 4.7 du Northwestern University, alors le meilleur programme du monde. Puis il le gagne à nouveau, en 1979, contre Cray Blitz lui-même.
La défaite vient en 1989, mais pas contre Cray Blitz : c'est Deep Thought qui bat finalement Levy dans un match officiel. Levy reconnaîtra plus tard avoir sous-estimé la vitesse de progression des programmes. Cray Blitz, pour sa part, avait bien battu Levy lors de parties informelles ou de tournois ouverts dans les années 1980 — symbolisant que la barre humaine des 2200 Elo était désormais franchie en routine par les supercalculateurs — sans que cela constitue une défaite officielle au sens du pari.
1989, Edmonton : la défaite qui change tout
Le WCCC 1989 d'Edmonton est le moment où Cray Blitz comprend que son temps est compté. Deep Thought se présente avec ses puces VLSI spécialisées, conçues par Hsu Feng-hsiung à Carnegie Mellon University, capables d'évaluer des centaines de millions de positions par seconde — soit cent à mille fois plus vite que Cray Blitz sur son Y-MP à 8 processeurs.
La défaite est nette. Hyatt n'en minimise pas la signification : les supercalculateurs généralistes, aussi impressionnants soient-ils, ne peuvent plus suivre le rythme d'une puce conçue spécifiquement pour les échecs. La course à la puissance brute est perdue d'avance. C'est cette lucidité — rare dans la communauté des programmeurs de l'époque — qui pousse Hyatt à concevoir Crafty non pas comme un successeur musclé, mais comme un programme fondamentalement différent : portable, open-source, conçu pour vivre sur les PC du grand public.
La rivalité fraternelle : de Cray Blitz à Crafty (1992–1996)
L'anecdote technique la plus significative de la fin de l'histoire Cray Blitz concerne sa transformation en Crafty. Robert Hyatt a décrit l'écriture de Crafty comme une nécessité face à la rigidité croissante du code de Cray Blitz — un "monstre" de Fortran et d'assembleur CAL dont la maintenance devenait cauchemardesque à mesure que les exigences évoluaient.
Crafty est conçu pour être "élégant et portable" — écrit en C standard, compilable sur n'importe quelle machine, sans une ligne d'assembleur. Mais il hérite directement de la fonction d'évaluation de la version 49h de Cray Blitz. C'est pourquoi Crafty s'est immédiatement imposé comme programme de référence dès sa sortie : il portait en lui vingt ans de raffinement algorithmique. La décision de Hyatt de publier Crafty en open-source à partir de 1994 transforme cet héritage en bien commun de toute la communauté des programmeurs d'échecs.
Hyatt, professeur et pionnier de l'open-source
Un dernier fait marquant, souvent négligé : Robert Hyatt est avant tout un professeur d'université. À l'UAB, il enseigne l'informatique tout en développant ses programmes de jeu d'échecs. Cette double casquette explique sa décision de rendre Crafty open-source — une démarche académique naturelle, dans la tradition de la recherche universitaire américaine qui valorise le partage des connaissances.
Cray Blitz, dans ce contexte, n'était pas un produit commercial mais un objet de recherche. Aucune version n'a jamais été vendue. Aucun titre de champion du monde n'a généré de revenus. C'est cette posture — celle du chercheur désintéressé, qui utilise les ressources institutionnelles disponibles pour repousser les frontières du possible — qui distingue Hyatt de tous ses contemporains commerciaux et qui fait de son œuvre une contribution unique à l'histoire de l'intelligence artificielle.
Ces récits soulignent que la version 49h n'est pas seulement un moteur de recherche, mais le témoin d'une époque où l'on pouvait devenir champion du monde en utilisant les machines destinées à la recherche atomique pour jouer aux échecs — et où la générosité intellectuelle d'un professeur de Birmingham a semé les graines de toute la programmation d'échecs moderne.
Recueil d'anecdotes historiques (1975–1996)
De l'usage des supercalculateurs à la naissance de l'open-source moderne · Arène Valter
Valter
La Renaissance : Cray Blitz UCI
La Renaissance : Cray Blitz UCI
Le réveil d'un géant sur les architectures modernes
Longtemps resté prisonnier des archives et des émulateurs de supercalculateurs complexes, le code source de Cray Blitz a fait l'objet d'un projet de portage communautaire ambitieux. L'objectif, discuté passionnément sur les forums spécialisés, était de transformer ce programme "vectoriel" en un moteur compatible UCI (Universal Chess Interface), capable de s'exécuter nativement sous Windows ou Linux sans aucune couche d'émulation.
Le défi technique du portage
Le chantier fut considérable. Il s'agissait de traduire trois couches de code radicalement différentes : le Fortran des premières versions, l'assembleur CAL (Cray Assembly Language) des optimisations vectorielles, et la logique de parallélisme YBWC conçue pour une architecture multiprocesseur spécifique à Cray Research. Chacune de ces couches supposait des idiomes, des contraintes et des hypothèses matérielles entièrement différentes.
Le travail des porteurs a consisté à identifier, dans chaque couche, la logique algorithmique pure — indépendante du matériel — et à la transcrire en C standard. La difficulté principale n'était pas syntaxique mais sémantique : comprendre ce qu'une instruction CAL "voulait dire" en termes d'intention algorithmique, puis l'exprimer dans un C moderne sans en trahir l'esprit. Le résultat préserve l'intégrité de la fonction d'évaluation et de la logique de recherche originales.
L'essence du portage : Contrairement à Crafty (son successeur spirituel conçu par Hyatt lui-même), la version UCI de Cray Blitz vise la fidélité historique. Elle permet de retrouver le style de jeu tactique et la philosophie d'évaluation qui lui ont valu ses titres mondiaux — mais avec la stabilité et la facilité d'installation des moteurs UCI actuels. C'est un outil de recherche historique autant qu'un adversaire compétitif.
Crafty vs. Cray Blitz UCI : deux héritages, deux esprits
Un point crucial mérite d'être précisé pour quiconque souhaite comprendre la généalogie de ces programmes. Crafty a été écrit par Robert Hyatt lui-même comme successeur voulu et assumé de Cray Blitz — une réécriture consciente, un changement de paradigme. La version UCI de Cray Blitz, elle, a été portée par la communauté, sans intervention directe de Hyatt dans ce travail spécifique.
Les deux programmes partagent une fonction d'évaluation génétiquement commune (celle de la version 49h), mais ils représentent des philosophies différentes. Crafty est tourné vers l'avenir : portable, modulaire, conçu pour évoluer. Cray Blitz UCI est tourné vers le passé : un conservatoire vivant de la pensée algorithmique des années 1980, dopé par la fréquence d'horloge du XXIe siècle.
Le gain de performance : un laboratoire temporel
Sur un processeur moderne, le moteur atteint des vitesses de calcul qui auraient paru miraculeuses à Hyatt en 1983. Cette surpuissance crée une opportunité expérimentale unique : en bridant délibérément le processeur — en limitant le nombre de nœuds par seconde à une valeur correspondant à un Cray-1 ou à un Cray X-MP — il devient possible de recréer les conditions de calcul des tournois historiques. L'intelligence algorithmique des années 1980, intacte, joue à la vitesse d'un Cray-1 ou d'un X-MP selon le réglage.
C'est grâce à cette version UCI que nous pouvons aujourd'hui, dans l'arène Valter, calibrer précisément sa force de frappe sur Ryzen 9. En isolant un thread et en limitant sa puissance, nous recréons un laboratoire temporel où le passé et le présent se mesurent enfin à armes comparables.
Dompter la légende dans Arena : protocole de configuration
Intégrer Cray Blitz UCI dans une interface moderne comme Arena requiert cependant une subtilité de configuration propre aux héritages logiciels complexes. Pour que le moteur utilise correctement sa bibliothèque d'ouvertures et se comporte de façon stable dans un contexte de tournoi, un protocole précis doit être suivi.
Point d'attention : Le moteur ne déclenchera son book d'ouvertures que sous un contrôle de temps "tous les coups" (Fixed Time) inférieur à un certain seuil. Le non-respect de cette contrainte produit un comportement erratique dès les premières coups — le programme joue "à l'aveugle" sans consulter ses ouvertures préparées, ce qui fausse toute mesure de sa force réelle.
Voici la marche à suivre pour une intégration optimale dans Arena :
Gestion du temps : Configurer le moteur pour une moyenne de 15 secondes par coup en mode Fixed Time — ce seuil garantit l'activation du book d'ouvertures.
Mode tournoi : Déclarer Cray Blitz comme nouveau moteur UCI et lancer le tournoi en utilisant le contrôle "partie en x minutes" — pas le mode blitz ou bullet, qui désactive le book.
Désactivation de l'adjudication : Étant donné l'incertitude sur la durée totale d'une partie, désactiver l'adjudication automatique par Arena. Cela permet aux moteurs de puiser, si nécessaire, au-delà du temps initialement alloué par la moyenne des 15 secondes sans être interrompus arbitrairement.
Réinitialisation entre les parties : Activer l'option "Redémarrer le moteur après chaque partie" dans les paramètres d'Arena. Cette mesure garantit la virginité des tables de transposition et évite que des résidus de calcul d'une partie n'influencent les suivantes — un comportement documenté sur les moteurs à forte mémoire de transposition comme Cray Blitz.
Limitation des threads : Pour simuler les conditions historiques, fixer le nombre de threads à 1 et ajuster le hash à une valeur correspondant à la mémoire disponible des Cray simulés (entre 16 et 256 Mo selon l'époque recréée).
C'est grâce à cette rigueur de paramétrage que l'arène Valter peut calibrer précisément la force de frappe du moteur sur Ryzen 9 — sans que le génie algorithmique de Cray Blitz ne soit ni bridé par une interface capricieuse, ni amplifié de façon anachronique par la puissance brute du processeur moderne. Le passé joue enfin dans des conditions qui lui ressemblent.
Portage UCI finalisé par la communauté des échecs informatiques
Configuration optimisée pour Arena — Épreuve de vérité sur architecture Ryzen 9 · Arène Valter
Valter [...]
25 February, 2026SoftFritz 6 sur Ryzen 9 : 2947 elo
Chroniques Software
Fritz 6 : L'Avènement du Tueur de Grands Maîtres
1. Genèse : Le Duo Morsch-Feist
Fritz 6 est le fruit du travail du duo légendaire Frans Morsch (algorithme de recherche) et Mathias Feist (interface et bibliothèque d'ouvertures).
Innovation majeure : Il a été l'un des premiers moteurs à utiliser de manière intensive la recherche Null-Move récursive, permettant de détecter les menaces tactiques bien avant de les explorer en profondeur. Si Fritz 5 était une révolution technique, Fritz 6 a été la version de la maturité, avec une gestion du cache beaucoup plus efficace et une interface utilisateur (GUI) qui est devenue le standard de l'industrie (ChessBase).
2. L'Exploit de Frankfurt (1998) : La Bêta Prophétique
Le tournoi de Frankfurt (juin 1998) fut le séisme majeur de l'époque. Bien que le public utilise Fritz 5.32, Frans Morsch aligne une version expérimentale : le futur moteur de Fritz 6. Durant 15 rondes de blitz (5 min) contre l'élite absolue, la machine a démontré une supériorité terrifiante, terminant seule en tête devant Anand, Kramnik et Kasparov.
Rang
Participant
Statut
Points / 15
1FRITZ (Moteur 6 Exp.)Machine12.5
2Viswanathan Anandn°2 mondial11.5
3Vladimir Kramnikn°3 mondial11.0
4Garry KasparovChamp. du Monde10.5
5Vassily IvanchukGMI9.5
6Alexei ShirovGMI8.5
7Peter SvidlerGMI8.0
8Judit PolgarGMI7.5
9Michael AdamsGMI7.0
10Alexander MorozevichGMI6.5
Note : Ce moteur spécifique servira de base à la version commerciale de 1999.
3. Performances de Référence (SSDF 1999/2000)
La version finale a été validée par la SSDF sur la configuration phare du moment : le processeur AMD K6-2 450 MHz, réputé pour son excellence sur les calculs d'entiers.
Rang
Moteur d'Échecs
Configuration Test
Elo SSDF
1Fritz 6AMD K6-2 450 MHz2607
2Junior 6AMD K6-2 450 MHz2578
3Rebel CenturyAMD K6-2 450 MHz2562
4Hiarcs 7.32AMD K6-2 450 MHz2555
5Nimzo 7.32AMD K6-2 450 MHz2540
6Shredder 4.0AMD K6-2 450 MHz2525
7Chess Tiger 12.0AMD K6-2 450 MHz2510
8MChess Pro 8AMD K6-2 450 MHz2495
9Genius 6.5AMD K6-2 450 MHz2480
10Fritz 5.32AMD K6-2 450 MHz2475
4. Anecdotes et Faits Marquants
1. Le mystère du "Fritz de Madrid" (1999)
Peu après Frankfurt, Fritz 6 a participé à un tournoi à Madrid. Les organisateurs avaient installé le moteur sur un énorme serveur multiprocesseur, espérant une domination totale. Mais une erreur de configuration système faisait que le moteur "plantait" ou jouait des coups aberrants. Frans Morsch a dû intervenir en urgence à distance (une prouesse technique en 1999 !) pour stabiliser le code. Malgré ce handicap, Fritz 6 a fini par remporter le tournoi, prouvant que même un moteur "blessé" était alors supérieur aux meilleurs humains en temps limité.
2. L'apparition du "Style Fritz" : Le mépris du matériel
Fritz 6 a été l'un des premiers moteurs à populariser un style de jeu que les GMI qualifiaient de "méprisant". Contrairement aux anciens programmes qui étaient très matérialistes (ils gardaient leurs pions farouchement), Fritz 6 avait une compréhension révolutionnaire de l'initiative. Il était capable de sacrifier un pion, voire une qualité, pour bloquer le développement adverse. C'est ce qui a rendu ses parties contre Kasparov si spectaculaires : la machine ne se contentait plus de défendre, elle attaquait avec une créativité presque humaine.
3. Le "Sparring Partner" de l'élite
Avant Fritz 6, les GMI utilisaient les ordinateurs principalement pour vérifier les erreurs tactiques après leurs parties. Avec Fritz 6 et son interface ChessBase ultra-fluide, une révolution s'est opérée : les joueurs du top mondial ont commencé à l'utiliser pour tester leurs préparations théoriques. On raconte que certains GMI de l'époque passaient des nuits entières à essayer de "pousser" Fritz 6 dans des positions stratégiques fermées pour voir si la machine parvenait à trouver une faille tactique là où ils ne voyaient qu'une impasse.
4. Le record de vente et le "Piratage de masse"
Fritz 6 a été le premier logiciel d'échecs à devenir un véritable phénomène de société. Il s'en est vendu des centaines de milliers d'exemplaires. Mais il détient aussi un record moins glorieux : il a été l'un des logiciels les plus piratés de l'an 2000. Sur les premiers sites de partage de fichiers (comme Napster ou les forums de "warez"), le fichier ISO de Fritz 6 s'échangeait frénétiquement. ChessBase a même dû renforcer ses protections pour les versions suivantes, tant le succès du moteur avait dépassé leurs prévisions les plus folles.
5. L'IA qui ne dormait jamais
Une anecdote de bureau chez ChessBase : Mathias Feist (le développeur de l'interface) racontait que Fritz 6 était devenu si stable et efficace qu'ils l'utilisaient pour analyser des millions de parties en arrière-plan sur les serveurs de la société afin de générer les fameuses "Arbres de statistiques". Fritz 6 a été le moteur qui a littéralement "digéré" l'histoire des échecs pour créer les bibliothèques d'ouvertures géantes que nous utilisons encore aujourd'hui.
© 2026 Laboratoire Chroniques Software - Mémoire et Histoire du Jeu d'Échecs sur PC
Gauntlet : Fritz 6 vs The New Era
Hardware Target : Ryzen 9 vs Athlon/Q6600 (Pool 107 parties)
Le Champion Rétro
2947 Elo
Fritz 6 (1999)
Hardware : AMD Ryzen 9
Performance Globale : 53.3%
Note : Le moteur de Frans Morsch sur Ryzen 9 sature ses capacités tactiques pour atteindre son plafond historique de 2947 Elo.
Opposition & Hardware
2920 Elo
Rybka 2.3.1
Score : 13.0 - 7.0
Hardware: Athlon 1.2 GHz
2861 Elo
Fruit 2.3.1
Score : 10.5 - 11.5
Hardware: Athlon 1.2 GHz
2825 Elo
Shredder 10
Score : 14.0 - 8.0
Hardware: Athlon 1.2 GHz
2956 Elo
Wasp 2
Score : 9.5 - 10.5
Hardware: Athlon 1.2 GHz
3059 Elo
Zappa Mexico II
Score : 10.0 - 13.0
Hardware: Q6600 (4 Threads)
Les Maîtres du Code (Opposition)
John Stanback (Wasp)
Légende de l'informatique échiquéenne et créateur du célèbre Zarkov. Wasp 2 est le fruit de décennies de science positionnelle. Sur Athlon 1.2 GHz, il parvient à tenir tête à la puissance de calcul brute du Ryzen 9 grâce à une évaluation extrêmement fine du milieu de partie, arrachant un score serré de 10.5-9.5.
Vasik Rajlich (Rybka)
L'homme derrière la révolution Rybka qui a dominé le monde des échecs de 2006 à 2010. Bien que Rybka 2.3.1 soit une référence absolue, sa défaite (13-7) face au Fritz 6 moderne souligne que sur un hardware limité comme l'Athlon, les algorithmes complexes de Rybka sont parfois ralentis là où l'efficacité directe et "légère" de Fritz 6 s'exprime pleinement.
Anthony Cozzie (Zappa)
Vainqueur du championnat du monde (WCCC) 2005. Son moteur Mexico II, spécifiquement optimisé pour le calcul parallèle, utilise ici pleinement les 4 threads du Q6600. Cette architecture multi-cœurs lui permet de dresser un rempart solide face à l'agressivité tactique de Fritz 6, illustrant le moment charnière où le hardware a commencé à primer sur le code pur.
Stefan Meyer-Kahlen (Shredder)
Avec 18 titres mondiaux à son actif, Shredder est l'institution allemande de la précision chirurgicale. Toutefois, Shredder 10 sur Athlon cède face à l'initiative dynamique de Fritz 6 (14-8). Cela confirme que le "style" de Morsch de 1999 conserve un avantage psychologique et tactique sur les approches plus conservatrices de la décennie suivante.
Fabien Letouzey (Fruit)
Le pionnier français qui a redéfini les standards de l'UCI moderne. Fruit 2.3.1 a introduit des concepts de recherche qui sont aujourd'hui dans tous les moteurs. Dans ce test, il s'impose de justesse (11.5-10.5), montrant que malgré sa supériorité structurelle, il lui manque la vitesse brute de Fritz pour conclure dans les positions les plus complexes.
Expérience "Chroniques Software" - Laboratoire 2026 - Archivage du tableau final.
5. Analyse Comparative : Du K6-2 au Ryzen 9
Pour comprendre la consistance de l'évaluation à 2947 Elo, il est nécessaire d'analyser l'extrapolation de la puissance brute (Fritzmark) entre le hardware de 1999 et celui de 2026.
Hardware CPU
Vitesse (NPS)
Multiplicateur
Elo mesuré
AMD K6-2 450 MHz
160 kN/s
Réf. 1x
2614 (SSDF)
AMD Ryzen 9 (Zen 4/5)
5179 kN/s
~32.3x
2947 (Labo)
Calcul de l'Extrapolation Théorique
Ratio de puissance (R) : 5179 / 160 = 32.36x
Nombre de doublements (n) : log2(32.36) = 5.01
Gain Elo estimé (Delta Elo) : 5.01 x 70 pts = +351 Elo
Projection : 2614 (Base) + 351 = 2965 Elo
Mesure Labo : 2947 Elo (Écart : -18 Elo / Cohérence > 99%)
Verdict de la Puissance Brute
L'augmentation de la vitesse de calcul est massive, mais le gain d'Elo suit la loi des rendements décroissants.
Analyse : La corrélation entre le calcul théorique (+351 Elo) et la mesure réelle (+333 Elo par rapport à la base SSDF) est exceptionnelle. Cela confirme que Fritz 6 scale de manière quasi parfaite avec la puissance brute du Ryzen 9. Le moteur de Frans Morsch sature ici ses capacités tactiques en "Single Thread", compensant son retard algorithmique face aux moteurs de la décennie suivante tournant sur des architectures plus lentes.
Expérience "Chroniques Software" - Laboratoire 2026 - [...]
23 February, 2026SoftThe King 3.50 sur Ryzen 9 : 2817 elo
Chronique Hardware
The King 3.50 : Le Paradoxe de l'Âge face à Rebel 6
Analyse de Performance : The King 3.50
L'intégration de The King 3.50 (Chessmaster) à 100% de la puissance du Ryzen 9 révèle un duel temporel fascinant. Avec un score global de 45% contre l'élite bridée, il s'établit à une solide performance de 2817 Elo.
Le Choc des Époques : 1994 vs 2007
Le fait marquant est l'écart dérisoire de 60 points Elo avec Rebel 6 (2757 Elo). Malgré 13 ans d'évolution algorithmique supplémentaire, The King ne parvient pas à distancer significativement l'œuvre de Ed Schröder. Cela prouve que l'optimisation "bas niveau" de 1994, une fois libérée sur Ryzen 9, rivalise avec les concepts modernes.
Résultats du Gauntlet (The King 100%)
Adversaire (Simu Athlon)
Elo Réf.
Score
Elo Labo
Rybka 2.3.1
2920
8.5 - 11.5
2817
Fruit 2.3.1
2861
8.0 - 12.0
2817
Shredder 10
2825
8.5 - 11.5
2817
Chess Tiger 2007
2802
11.0 - 9.0
2817
© 2026 Laboratoire Chronique Hardware - Ryzen 9 Benchmarking Protocol
Exemple de protocole de Calibration : Shredder 10
Méthodologie comparative Ryzen 9 vs Athlon 1200
1. Référentiel de Calcul
L'objectif est d'aligner la puissance de calcul de Shredder 10 sur un Athlon 1200 (Score Fritzmark : 565) en utilisant la réserve de puissance brute du Ryzen 9 (Score Fritzmark estimé : 5000).
Ratio de Bridage = 565 / 5000 = 11.3%
2. Validation Empirique
Sur la position de test (réponse à h4), les mesures en temps réel confirment la linéarité du modèle :
VITESSE BRUTE (100%)
1760 kn/s
VITESSE BRIDÉE (11.3%)
200 kn/s
Observation : La valeur de 200 kn/s est conforme aux performances historiques d'un Athlon Thunderbird 1.2 GHz en milieu de partie complexe.
Configuration prête pour le tournoi OlderEngines. L'étalon Rebel 6 conserve son avantage de vitesse brute (Full Ryzen) pour mesurer la résistance des moteurs optimisés.
Gauntlet : The King 3.50 vs The World
Simulation Hardware : Étalon Ryzen 9 vs Athlon 1200 (11%)
L'Étalon (Hardware Full Power)
2817 Elo
The King 3.50
Configuration : Ryzen 9 - 100% CPU
Score Global : 36.0 / 80 (45%)
Note : Le moteur de Chessmaster confirme sa solidité face à l'élite, surpassant le "Plafond Rebel" de 60 points Elo.
Opposition Élite (Simulation Athlon)
2920 Elo
Rybka 2.3.1
Résultat : 11.5 - 8.5
Statut : Résiste à The King
2861 Elo
Fruit 2.3.1
Résultat : 12.0 - 8.0
Statut : Domine The King
2825 Elo
Shredder 10
Résultat : 11.5 - 8.5
Statut : Résiste à The King
2802 Elo
Chess Tiger 2007
Résultat : 9.0 - 11.0
Statut : Battu par The King
Analyse du Plafond Hardware
Conclusion Technique : The King 3.50 (2007) établit une nouvelle marque de référence à 2817 Elo sur Ryzen 9. Bien que plus récent que Rebel 6, il ne parvient pas à inverser le rapport de force face aux cadors Rybka ou Fruit, même avec l'avantage du CPU non bridé.
Analyse Comparative : Cohérence SSDF
Il est fascinant de mettre ces 2817 Elo en perspective avec les mesures officielles de la SSDF. Sur un hardware plus ancien (Q6600 @ 2.4 GHz), The King 3.50 affiche 2855 Elo.
Cependant, ce score SSDF est obtenu en 4 threads sur un processeur délivrant environ 1693 kn/s par thread. Mon test, bien que limité à 1 thread, bénéficie de la puissance brute du Ryzen 9 (5178 kn/s). L'équivalence est remarquable : la vélocité supérieure de l'architecture Zen 4 compense presque parfaitement l'absence de multi-threading, rendant mes résultats totalement consistants avec les standards internationaux.
Expérience "OlderEngines" - Laboratoire de mesure de force brute - Protocole Ryzen 9. [...]
18 February, 2026RatingsPerformance ELO - Tournois maison
Performance ELO, tournois maison
Rang
Moteur / Système
Hardware
Elo
Parties
Err +/-
1Deep Junior 7 — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100%29967240
2Fritz 6AMD Ryzen 9 7950X3D 100%294710734
3Junior 7AMD Ryzen 9 7950X3D 100%28627541
4The King 3.50AMD Ryzen 9 7950X3D 100%28178039
5Rebel 6AMD Ryzen 9 7950X3D 100%275716028
6Cray Blitz 4.9hAMD Ryzen 9 7950X3D 100%25317052
7Rebel 6AMD Ryzen 9 7950X3D 1%25276047
8Mephisto Genius 68030 Londoncb-emu236334913
9Mephisto Berlin Pro 68020cb-emu231534915
10Mephisto RISC IIcb-emu226634216
11Saitek RISC 2500 v1.04cb-emu224734817
12Mephisto Dallas 68000-UCIAMD Ryzen 9 7950X3D 100%223323821
13Novag Star Diamond (v1.04)cb-emu222635017
14Saitek Sparc (rev.518)cb-emu215334719
15Mephisto Berlin 68000 v0.03cb-emu213534919
16Fidelity Elite Avantgarde V9cb-emu212535019
17Novag Sapphirecb-emu212333420
18Mephisto MM5 (v5.1)-UCIAMD Ryzen 9 7950X3D 100%210826423
19Fidelity Designer Mach IVcb-emu209035020
20Fidelity Designer Mach IIIcb-emu202934821
21Mephisto Mondial 68000 XLcb-emu197334621
22Novag Zircon IIcb-emu197033422
23Saitek Presidentcb-emu195834421
24Mephisto Nigel Shortcb-emu195634921
25Saitek Maestro D++cb-emu192334821
26Novag Super Forte C v3.6cb-emu190134921
27Novag Super Expert C v3.6cb-emu189434921
28Novag Turquoisecb-emu187134421
29Saitek Corona II (ver. D+)cb-emu185635021
30Mephisto Modena (set 3)cb-emu185034921
31Saitek Turbo King II (D+)cb-emu184434821
32Mephisto MM V (v5.1)cb-emu183535021
33Mephisto MM IV (v7.10)cb-emu180834821
34Fidelity Designer 2100cb-emu180834821
35Novag Constellation Forte Acb-emu180335021
36Saitek Simultano (ver. B)cb-emu176434920
37Fidelity Par Excellence (B)cb-emu174234720
38Saitek Prismacb-emu172434919
39Fidelity Designer 2000cb-emu170334819
40Novag Super VIP v3.7cb-emu164034817
41Tandy Chess Champion 2150cb-emu157734616
42Saitek Turbo 16Kcb-emu143734811
43Saitek Leonardo (v1.4)cb-emu12853478
Moteurs de calibration : Zappa Mexico II (3059), Glaurung 2.2 (2995), Wasp 2 (2956), Rybka 2.3.1 (2920), Fruit 2.3.1 (2861), Shredder 10 (2825), The King 3.50 (Perf. 2817), Chess Tiger 2007 (2802).
Err +/- calculée via σ = (400/ln10) / √(N·p·(1−p)), avec p = score réel observé. [...]
17 February, 2026SoftRebel 6 sur Ryzen 9 : 2756 elo
Chronique Hardware
Rebel 6 : L'Étalon Universel sur Ryzen 9
Méthodologie et Genèse du Projet
Jusqu'ici, ma démarche a été rigoureuse : j'ai d'abord bridé Rebel 6 à 1% pour obtenir une estimation fiable de son Elo face à des machines dédiées. Aujourd'hui, mon objectif change : je souhaite établir la force Elo d'autres logiciels directement sur mon Ryzen 9.
Le choix de Rebel 6 non bridé s'est imposé comme une évidence : il est le seul dénominateur commun capable de faire la transition entre toutes les interfaces (Arena/UCI et Fritz/natif) et toutes les époques. Il est le pilier central de mon laboratoire.
Objectif Final : Création d'un Référentiel Absolu
Le but ultime est de déterminer le classement Elo de Rebel 6 à pleine vitesse sur Ryzen 9. Une fois ce "Plafond Rebel" établi, il servira de base de comparaison pour évaluer la force réelle de n'importe quel logiciel moderne tournant sur ma machine à 100%, sans aucun bridage.
Le Pivot de Performance : Fritz Chess Benchmark
Pour calibrer scientifiquement ce duel, j'utilise le Fritzmark. Ce test mesure la capacité brute d'un processeur à générer des nœuds d'échecs (kn/s) :
Athlon 1200 (Référence SSDF) : 565 points
Ryzen 9 (Ma machine) : ~5000 points (par cœur)
Le différentiel est de 565 / 5000. Ce ratio devient ma loi de conversion pour "transporter" les moteurs modernes dans le passé sans perdre leur cohérence algorithmique.
Le Gauntlet des Élites & Validation
Rebel 6 (Full Power) affronte les champions de l'ère SSDF et le groupe de validation, tous bridés à 11% pour simuler l'Athlon 1200 :
Logiciel (Simu Athlon)
Elo SSDF / Réf.
Cible Vitesse (kn/s)
Rybka 2.3.1
2920
26
Fruit 2.3.1
2861
380
Shredder 10
2825
200
Chess Tiger 2007
2802
400
ProDeo 1.82
2764
N/A*
Gandalf 6
2733
N/A*
Ruffian 1.0
2677
N/A*
*Note : Les moteurs ne reportant pas les kn/s ou utilisant des protocoles spécifiques sont bridés au ratio strict de 11% CPU pour garantir la cohérence du protocole.
© 2026 Laboratoire Chronique Hardware - Ryzen 9 Benchmarking Protocol
Exemple de protocole de Calibration : Shredder 10
Méthodologie comparative Ryzen 9 vs Athlon 1200
1. Référentiel de Calcul
L'objectif est d'aligner la puissance de calcul de Shredder 10 sur un Athlon 1200 (Score Fritzmark : 565) en utilisant la réserve de puissance brute du Ryzen 9 (Score Fritzmark estimé : 5000).
Ratio de Bridage = 565 / 5000 = 11.3%
2. Validation Empirique
Sur la position de test (réponse à h4), les mesures en temps réel confirment la linéarité du modèle :
VITESSE BRUTE (100%)
1760 kn/s
VITESSE BRIDÉE (11.3%)
200 kn/s
Observation : La valeur de 200 kn/s est conforme aux performances historiques d'un Athlon Thunderbird 1.2 GHz en milieu de partie complexe.
Configuration prête pour le tournoi OlderEngines. L'étalon Rebel 6 conserve son avantage de vitesse brute (Full Ryzen) pour mesurer la résistance des moteurs optimisés.
Gauntlet : Rebel 6 vs The World
Simulation Hardware : Étalon Ryzen 9 vs Athlon 1200 (11%)
L'Étalon (Hardware Full Power)
2757 Elo
Rebel 6
Configuration : Ryzen 9 - 100% CPU
Vitesse estimée : ~4000 - 6000 kn/s
Note : Rebel 6 utilise la totalité des ressources pour compenser son architecture logicielle ancienne par une vélocité brute.
Élite Historique (Simulation Athlon)
2920 Elo
Rybka 2.3.1
Bridage : 11% CPU
2861 Elo
Fruit 2.3.1
Bridage : 11% CPU
2825 Elo
Shredder 10
Bridage : 11% CPU
2802 Elo
Chess Tiger 2007
Bridage : 11% CPU
Groupe de Validation (Simulation Athlon)
2764 Elo
ProDeo 1.82
Statut : Battu par Rebel
2733 Elo
Gandalf 6
Statut : Battu par Rebel
2677 Elo
Ruffian 1.0
Statut : En retrait
Protocole de Simulation
Méthodologie : Tous les challengers sont limités à 11% des cycles CPU du Ryzen 9. Ce ratio a été calculé via le pivot Fritzmark (565 vs 5000) pour reproduire fidèlement l'environnement Athlon 1200 sur lequel ces moteurs ont obtenu leurs classements Elo officiels.
Expérience "OlderEngines" - Mesure de l'impact de la force brute matérielle sur les algorithmes d'échecs historiques.
CONSOLIDATION GLOBALE - 160 PARTIES
Chronique Hardware
L'Étalon des Titans : Rebel 6 sur Ryzen 9
Rebel 6 (Bridé 1%)
2527
Vs Machines Dédiées
Rebel 6 (Full Ryzen 9)
2757
Performance Pondérée
🚀 DIFFÉRENTIEL DE PUISSANCE : +230 POINTS ELO
Tableau de Bord : OlderEngines & Validation Gauntlet
Moteur / Opposition
Score
Prt.
%
État vs Rebel
REBEL 6 (Full Power)
71.5
160
44.7%
Étalon
RYBKA 2.3.1 MP
13.5
20
67.5%
Dominant (+7)
FRUIT 2.3.1
14.0
20
70.0%
Dominant (+8)
SHREDDER 10
13.0
20
65.0%
Dominant (+6)
CHESS TIGER 2007 UCI
21.5
40
53.7%
Parité / Duel serré
PRODEO 1.82
9.5
20
47.5%
Rebel mène (+1)
GANDALF 6
8.0
20
40.0%
Rebel mène (+4)
RUFFIAN 1.0
9.0
20
45.0%
Rebel mène (+2)
Analyse Flash : L'architecture Zen 4 propulse Rebel 6 à 2757 Elo. La cohérence des résultats entre les moteurs de pointe (Rybka/Fruit) et le Gauntlet de validation (ProDeo/Gandalf) confirme la robustesse du benchmarking. Le duel contre ProDeo 1.82 valide que la puissance hardware peut compenser une décennie d'évolution algorithmique.
© 2026 Laboratoire Chronique Hardware - Ryzen 9 Benchmarking Protocol [...]
9 February, 2026SoftRebel 6 aujourd'hui
Édito : La Renaissance de Rebel 6
Quel niveau de jeu peut atteindre un moteur mythique de 1994 lorsqu'il est transplanté sur une architecture silicium de 2026 ? Entre nostalgie et métrologie, cette étude décortique l'évolution de Rebel 6 à travers les âges et les processeurs. Voici, en préambule, les conclusions de nos mesures :
Rebel 6 sur 486 / 50 MHz (Référence 1994)
2307 ELO
Rebel 6 sur Pentium 90 (Référence SSDF)
2415 ELO
Rebel 6 (1% Ryzen 9) - Extrapolation Vitesse
2483 ELO
Rebel 6 (1% Ryzen 9) - Performance en Tournoi
2527 ELO
Ce rapport démontre que si la vitesse de calcul pure (nodes per second) est un indicateur précieux, la confrontation directe sur l'échiquier face aux machines dédiées révèle une efficacité algorithmique qui dépasse les simples projections mathématiques. Plongeons dans le détail des protocoles.
Il y a plusieurs sources aujourd'hui qui permettent de ressusciter le vieil Rebel 6 qui date de 1994 et qui tournait sous DOS. La première page d'où on peut le télécharger propose une version sous DFEND qui permet de le faire fonctionner sous windows avec DOSBOX. Il y a une seconde page d'où on peut se procurer Rebel 6 ainsi que d'autres programmes du même auteur et l'environnement DFEND.
Ensuite, on peut aussi télécharger des versions de Rebel et Prodeo fonctionnant sous l'interface d'Arena.
La question que je me suis posée est de savoir si toutes ces versions sont comparables à la version originale de Rebel 6, et en particulier, quelle était l'influence d'un hardware moderne en terme de performances.
Pour cela, je dispose de quelques rapports, en particulier de la revue CSS, comme le diagramme suivant:
Qui stipule que Rebel 6 trouve la solution en 33 minutes et 12 secondes sur un 486/50 MHz avec 13MB de hash tables. C'est à cela que je vais me comparer avec mon ordinateur sous windows 10 et avec un processeur Intel Core i7-3770@3.4GHz.
Si je lance Rebel 6 dans Arena, le logiciel est lié par le protocole UCI, et à priori il travaille à pleine puissance du processeur sur un coeur. La solution précédente est trouvée en 1 seconde!
Si je lance Rebel 6 à partir de DFEND, avec la vitesse d'émulation par défaut, la solution est trouvée en 2'09", ce qui est quand même 15.4 fois plus rapide que le Rebel de 1994 sur un hardware de l'époque.
Il se trouve que je peux diminuer la vitesse d'émulation sous DFEND, et si je passe à une émulation de 15000 cycles, la bonne réponse est trouvée en 33'10", ce qui est parfait.
La vitesse de calcul moyenne avec ce paramétrage et sur cette position spécifique est de 8165 noeuds par seconde comme on peut le calculer à partir des données vues dans la capture d'écran suivante. A savoir 77 910 393 positions analysées en 2h39'02".
Et finalement, pour comparer le Rebel 6 d'origine sur le 486/50 avec la version UCI sous Arena et la version DFEND avec son paramétrage de base, j'ai réalisé le test du nombre de noeuds calculés en une minute au niveau analyse infinie, en réponse à a4.
Le Rebel 6 de l'époque sur le hardware de l'époque atteint 5201 noeuds par seconde. Résultat de 317 267 noeuds analysés en 1'01". Sous DFEND, on est à 98000 noeuds par seconde et sous Arena à 2 081 600 noeuds par seconde, soit un facteur 400! C'est énorme.
Je voudrais aussi compiler les pages du magasine CSS qui parlent de Rebel 6 au cas où je reprendrais d'autres tests plus tard à partir de données publiées.
Et voici le BT2630 test pour Rebel 6 sous Arena et sous DFEND avec la vitesse qui émule un 486/50. Je pense qu'il y a plus de différence que les 200 points elo, parce qu'il y a des diagrammes que Rebel 6 ne va jamais trouver alors qu'il est fulgurant sur la plupart.
BT2630
Rebel 6
Rebel 6
Rebel 6
AMD Ryzen 9 7950X
i7 3770
i7 3770
2630
CB4,2 GHz
Arena3,4 GHz
DEFEND15000 cycles
BT 100186
BT 20050
BT 30034
BT 4900900900
BT 5001
BT 60029
BT 70023
BT 811900
BT 967900
BT 100019
BT 11005
BT 1200104
BT 13381900900
BT 14005
BT 1522760
BT 1657900
BT 1700122
BT 180016
BT 19900900900
BT 200010
BT 21465900900
BT 22009
BT 23900900900
BT 2456900
BT 2586108900
BT 2611140
BT 2722101
BT 28900900900
BT 29119149900
BT 30001
Summe:
4683
5696
12275
Elo
2474
2440
2221
Analyse Différentielle : Rebel 6 sur Hardware Moderne
Afin de situer Rebel 6 avec précision dans la hiérarchie actuelle, j'ai utilisé une astuce technique permettant de simuler un hardware d'époque tout en profitant de la stabilité d'un système moderne. Grâce à l'utilitaire BES (Battle Encoder Shirase), le thread du processeur Ryzen 9 a été bridé à seulement 1% de sa capacité. Cette approche permet de créer une "ancre" scientifique, ancrant la force de Rebel 6 dans une réalité historique mesurable plutôt que dans une simple émulation de cycles.
Calibration de la Force (Règle des 60 Elo)
Le calcul repose sur la corrélation constatée entre les architectures 486 et Pentium 90 (P90) dans les listes SSDF de 1996, où un doublement de la puissance de calcul équivaut à un gain de 60 points Elo.
486/66 (Référence Dosbox) : 198 secondes pour profondeur 10
Ryzen 9 (Bridage BES 1%) : 26 secondes pour profondeur 10
Ratio de vitesse constaté (R) : 7.615
Calcul du différentiel : [Log(7.615) / Log(2)] x 60 = +176 Elo
Estimation de la Performance Finale
Configuration
Base Elo (SSDF)
Résultat Estimé
Rebel 6.0 (Architecture 486/66)
2307
—
Rebel 6.0 (Ryzen 9 bridé à 1%)
-
2483 Elo
Force de Rebel 6 (Bridage 1%)
2483 ELO
Un sommet de l'algorithmique des années 90
Cette analyse démontre qu'en libérant seulement 1% de la puissance d'un processeur moderne, Rebel 6 atteint 2483 Elo. Ce résultat valide la supériorité de l'architecture logicielle de 1996 qui, même avec des ressources extrêmement limitées, parvient à maintenir un niveau de jeu exceptionnel face aux standards historiques.
Rapport de Tournoi : Rebel 6 contre top échiquiers
Pour valider l'étalon de 2483 Elo, Rebel 6 (bridé à 1% BES sur Ryzen 9) a été opposé à un Gauntlet de 60 parties contre les fleurons des machines dédiées. Ce test confirme la capacité du moteur à maintenir une domination écrasante malgré un bridage extrême.
Rang
Moteur / Machine
Score
Détails
1
Rebel 6 (1% BES)
49,5 / 60
Étalon
2
Saitek RISC 2500 v1.04
3,5 / 10
0000===1100
3
Mephisto RISC II
2,0 / 10
=00==0=000
4
Novag Star Diamond (v1.04)
2,0 / 10
==00100000
5
Mephisto Genius 68030 London
2,0 / 10
0100000100
6
Mephisto Berlin Pro 68020
0,5 / 10
000=000000
7
Saitek Sparc (rev.518)
0,5 / 10
00000000=0
Statut : Tournament is finished | 60 games played
Calcul de Performance (Rp)
Moyenne Opposition (Ra) : 2258 Elo
Score Rebel 6 : 82.5% (49.5/60)
Différentiel (D) : 400 * log10( 0.825 / 0.175 ) = +269 Elo
Performance Réelle : 2258 + 269 = 2527 Elo
Le résultat final est sans appel : avec une performance réelle de 2527 Elo, Rebel 6 (1%) surpasse même les prévisions basées sur sa vitesse de calcul (2483). Ce bonus de près de 44 points démontre que la qualité intrinsèque de l'algorithme de 1996 compense largement la réduction drastique de sa puissance de calcul brute. [...]
8 February, 2026SoftCray Blitz 4.9h : 2531 points elo sur Ryzen 9
Analyse Différentielle : Rebel 6
Calibration Elo via Mesures Matérielles et Limitation BES
L'intégration de Rebel 6 bridé à 1% sert d'étalon scientifique à cette étude. Plutôt que de reposer sur des théories, sa force de 2483 Elo est ancrée dans la réalité historique : elle découle directement de la corrélation entre ses vitesses de calcul sous Dosbox et les classements officiels SSDF de 1996. Cet ancrage permet de mesurer la puissance de Cray Blitz non pas dans le vide, mais par rapport à une référence absolue de l'âge d'or des échecs informatiques.
1. Dérivation du Coefficient de Performance (60 Elo)
Le gain de 60 points Elo pour un doublement de la puissance de calcul n'est pas une règle arbitraire, mais une déduction issue de la comparaison entre les architectures 486 et Pentium 90 (P90) :
Écart SSDF : La liste de mars 1996 affiche 2307 Elo pour le 486/66 et 2415 Elo pour le P90, soit un différentiel de 108 points.
Vitesse de calcul : La mesure de résolution d'un diagramme sous Dosbox montre que le P90 est environ 3,5 fois plus rapide que le 486/66.
Résultat : En appliquant le ratio logarithmique à cet écart de 108 points, on obtient la valeur pivot de 60 points Elo par doublement de vitesse.
2. Référentiel Historique SSDF
Architecture
Score SSDF (Elo)
Différentiel
Rebel 6.0 (Pentium 90 MHz)
2415
—
Rebel 6.0 (486 / 50-66 MHz)
2307
- 108 points
3. Protocole de Test sur Ryzen 9 via BES
Le benchmark actuel mesure le temps requis pour atteindre la profondeur 10 (10 ply). L'utilisation de l'utilitaire BES (Battle Encoder Shirase) a permis de brider le thread du Ryzen 9 à 1% de sa capacité afin de créer un point de comparaison stable.
BES intervient au niveau logiciel pour suspendre périodiquement l'activité du processus, simulant ainsi fidèlement une puissance de calcul réduite sur un processeur haute fréquence.
486/66 (Dosbox) : 198 secondes
Ryzen 9 (1% BES) : 26 secondes
Ratio de vitesse (R) = 198 / 26 = 7.615
Calcul du Gain : [Log(7.615) / Log(2)] x 60 = +176 Elo
4. Estimation de la Force Finale
Métrique de Calibration
Résultat Elo
Base SSDF 486/66
2307
Estimation Ryzen 9 (Bridage BES 1%)
2483
Cette analyse démontre qu'en libérant seulement 1% de la puissance d'un Ryzen 9, Rebel 6 atteint 2483 Elo, validant la supériorité des architectures modernes même dans un état de bridage extrême par rapport aux systèmes de référence de 1996.
Étude de calibration (Février 2026)
Corrélation Dosbox/P90/SSDF — Limitation logicielle BES
Valter
Évaluation de Force : Cray Blitz 4.9h
Architecture Ryzen 9 7950X3D — Rapport de Gauntlet
Ce document établit la force brute de Cray Blitz 4.9h (version 1990) opérant sur une architecture moderne Zen 4. La méthodologie repose sur un tournoi de type Gauntlet de 70 parties contre un échantillon de moteurs de référence aux Elo certifiés.
Table de Justification des Résultats
Rang
Moteur Adverse
Elo Réf.
Score
Pourcentage
1
Cray Blitz 4.9h (Ryzen 9)
-
56.0 / 70
80.0%
2
Rebel 6.0 (1% BES)
2483
6.0 / 10
60.0%
3
Mephisto Genius 68030 London
2357
2.5 / 10
25.0%
4
Novag Star Diamond (v1.04)
2221
2.5 / 10
25.0%
5
Mephisto Berlin Pro 68020
2322
2.0 / 10
20.0%
6
Saitek RISC 2500 v1.04
2245
1.0 / 10
10.0%
7
Mephisto RISC II
2248
0.0 / 10
0.0%
8
Saitek Sparc (rev.518)
2152
0.0 / 10
0.0%
Calcul de la Performance Elo (Rp)
La force est calculée en utilisant la moyenne d'opposition pondérée par le score global obtenu sur l'ensemble du Gauntlet.
Moyenne Opposition (Ra) : 2289.7 Elo
Score de Cray Blitz : 56 / 70 (W = 0.80)
Différentiel (D) : 400 * Log10( 0.80 / 0.20 ) = +240.8
Performance Finale : 2289.7 + 240.8 = 2530.5 Elo
Force Estimée sur Ryzen 9 7950X3D
2531 ELO
Niveau Grand Maître International (GMI)
L'analyse démontre que l'apport de la technologie 3D V-Cache du Ryzen 9, combiné à la maturité de la version 4.9h de Cray Blitz, permet d'atteindre un niveau de jeu qui sature les capacités tactiques des machines dédiées les plus prestigieuses de l'histoire.
Valter [...]
2 February, 2026SoftMephisto Dallas 68000 et MM5.1 à plus de 4 GHz
Analyse Post-BT Tests : Mephisto UCI
◈ Cliquer ici pour consulter l'article de référence ◈
Les récents BT Tests ont agi comme un véritable électrochoc : une fois extraits de leur carcan matériel d'origine, les moteurs Mephisto ont révélé un potentiel insoupçonné, affichant des gains de performance frôlant les 300 points Elo. Fort de ce constat stratosphérique, une interrogation s'imposait : comment cette puissance brute se traduit-elle dans l'arène, lors de confrontations directes en tournoi ?
L'objectif de cette nouvelle étude est de confronter ces versions UCI survoltées à leurs homologues "non-UCI", c'est-à-dire les versions fidèlement émulées via CB-Emu respectant les limitations du matériel dédié. Dans ce duel fratricide, le Ryzen 9 sert de catalyseur, permettant aux âmes algorithmiques de Mephisto de s'exprimer sans les entraves des processeurs 8 ou 16 bits d'autrefois.
Patrimoine et Accessibilité : Je tiens à rappeler que les moteurs UCI des légendaires Mephisto Amsterdam, Dallas (16 et 32 bits), Roma 32 bits, ainsi que les MM IV et MM V, sont gracieusement offerts sur le site officiel de Ed Schröder. Ce geste inestimable permet à ces chefs-d'œuvre de Richard Lang et d'Ed Schröder de défier le temps et de s'illustrer sur nos stations de travail contemporaines.
En libérant ces programmes via l'interface UCI, nous avons brisé le plafond de verre technologique. Là où la machine dédiée originale peine à scruter au-delà de quelques demi-coups en temps limité, l'accélération sur Ryzen 9 offre une profondeur de calcul qui transfigure littéralement la compréhension tactique du moteur. Ce passage au crible statistique permet de mesurer avec précision le "levier de puissance" offert par l'informatique moderne.
Les pages qui suivent consignent les résultats de ce tournoi d'anthologie. Elles célèbrent le mariage de l'histoire et de la performance, prouvant que dans l'arène Valter, le génie du silicium ne meurt jamais ; il attend simplement une machine assez puissante pour exprimer sa pleine démesure.
Étude comparative finalisée en février 2026
Dualité UCI vs Dédié (CB-Emu) — Épreuve de vérité sur architecture Ryzen 9
Valter
Analyse de Performance Intégrale
Tournoi Valter (15s) : L'impact de l'émulation UCI vs Hardware Original
Rang
Moteur / Système
Elo Tournoi
Score
%
Elo Site
Diff.
1Mephisto Genius 68030 London2363312.5 / 349.089.5%2367-4
2Mephisto Berlin Pro 680202315301.0 / 349.086.2%2261+54
3Mephisto RISC II2266282.5 / 342.082.6%2246+20
4Saitek RISC 2500 v1.042247280.5 / 348.080.6%2243+4
5Mephisto Dallas 68000-UCI2233190.0 / 238.079.8%-+260
6Novag Star Diamond (v1.04)2226277.5 / 350.079.3%2181+45
7Saitek Sparc (rev.518)2153252.5 / 347.072.8%2197-44
8Mephisto Berlin 68000 v0.032135247.0 / 349.070.8%2177-42
9Fidelity Elite Avantgarde V92125246.5 / 350.070.4%2156-31
10Novag Sapphire2123233.5 / 334.069.9%2142-19
11Mephisto MM5 (v5.1)-UCI2108182.0 / 264.068.9%-+273
12Fidelity Designer Mach IV 23252090234.5 / 350.067.0%2131-41
13Fidelity Designer Mach III 22652029211.0 / 348.060.6%20290
14Mephisto Mondial 68000 XL1973187.5 / 346.054.2%1994-21
15Novag Zircon II1970179.5 / 334.053.7%2022-52
16Saitek President1958180.5 / 344.052.5%2014-56
17Mephisto Nigel Short1956185.0 / 349.053.0%2011-55
18Saitek Maestro D++1923169.0 / 348.048.6%1961-38
19Novag Super Forte C v3.61901162.5 / 349.046.6%2035-134
20Novag Super Expert C v3.61894160.0 / 349.045.8%2022-128
21Novag Turquoise1871149.0 / 344.043.3%2000-129
22Saitek Corona II (ver. D+)1856144.0 / 350.041.1%1958-102
23Mephisto Modena (set 3)1850142.5 / 349.040.8%1986-136
24Saitek Turbo King II (D+)1844139.5 / 348.040.1%1895-51
25Mephisto MM V (v5.1)1835138.5 / 350.039.6%1990-155
26Mephisto MM IV (v7.10)1808129.0 / 348.037.1%1866-58
27Fidelity Designer 2100 Display1808127.5 / 348.036.6%1899-91
28Novag Constellation Forte A1803128.0 / 350.036.6%1823-20
29Saitek Simultano (ver. B)1764112.5 / 349.032.2%1833-69
30Fidelity Par Excellence (B)1742104.5 / 347.030.1%1856-114
31Saitek Prisma172499.5 / 349.028.5%1725-1
32Fidelity Designer 2000170392.0 / 348.026.4%1805-102
33Novag Super VIP v3.7164072.5 / 348.020.8%1726-86
34Tandy Chess Champion 2150157760.0 / 346.017.3%1775-198
35Saitek Turbo 16K143727.5 / 348.07.9%1488-51
36Saitek Leonardo (v1.4)128511.5 / 347.03.3%1318-33
Note : Pour Dallas et MM5 UCI, la colonne Diff. indique le gain Elo par rapport au hardware original respectif (Mondial XL et MM V).
Analyse Technique : Levier de Performance UCI
I. La Fracture Brute : MIPS & Architecture
Le MIPS (Million d'Instructions Par Seconde) mesure la vélocité brute d'exécution. Dans cette étude, nous comparons des architectures 8/16-bit des années 80 à une architecture Ryzen moderne.
Hardware Original (Dédié)
Processeurs 6502 / 68000 (5-12 MHz)
~1.5 MIPS
Capacité de traitement limitée par des cycles d'horloge longs et une absence de pipeline complexe.
Station Ryzen 9 (UCI)
Architecture x64 moderne (4.5+ GHz)
~12 000 MIPS
Émulation mono-cœur bénéficiant d'une prédiction de branchement et d'une exécution out-of-order.
Le levier de puissance brute est de l'ordre de x 8 000. Cependant, en informatique de santé, ce n'est pas la vitesse brute qui compte, mais le Knps (Kilo-Nœuds par seconde). Sur Ryzen 9, un moteur comme le MM5 UCI passe de 1.5 Knps à environ 6 000 Knps.
II. La Loi de Knight et la Progression Elo
En théorie des moteurs d'échecs, doubler la vitesse de calcul apporte un gain constant en Elo, généralement estimé entre 50 et 70 points. Si l'on applique ce multiplicateur au bond technologique du Ryzen 9 :
Multiplicateur de vitesse (V) = 5 000
Nombre de doublements = log2(5000) ≈ 12.28
Gain Théorique = 12.28 x 60 Elo ≈ +736 Points Elo
Pourtant, vos tests révèlent un gain réel de +273 Elo (MM5) et +260 Elo (Dallas). Cet écart entre la théorie et la pratique s'explique par trois facteurs critiques :
Rendements Décroissants : Plus la recherche est profonde, moins chaque pli supplémentaire (pli = 1/2 coup) apporte de points Elo.
Le Plafond Algorithmique : Le code source (les fonctions d'évaluation) de l'époque est "aveugle" à certains concepts positionnels. Même avec une vitesse infinie, le moteur ne peut pas comprendre ce qu'il n'est pas programmé pour évaluer.
Gestion de la Mémoire : Les tables de hachage de ces vieux moteurs ne sont pas optimisées pour les arbres de recherche titanesques générés par un Ryzen 9.
III. Impact sur la Profondeur de Recherche
Le gain de 270 points Elo correspond techniquement à un saut de 3 à 4 niveaux de profondeur (plis) supplémentaires en moyenne sur une cadence de 15 secondes.
Système
Profondeur Typique (15s)
Horizon Tactique
Elo Résultant
Hardware Dédié
5 - 7 plis
Vision locale immédiate
~1850 - 1950
Ryzen 9 (UCI)
12 - 15 plis
Anticipation de fin de ligne
~2100 - 2250
IV. Conclusion de l'Expert
Le passage au mode UCI sur Ryzen 9 transforme radicalement la nature de ces programmes. Le MM5 UCI, avec ses +273 points de bonus, ne joue plus dans la même catégorie que son ancêtre hardware. Il quitte le domaine des "joueurs de club" pour atteindre le niveau de "Maître".
Ce test démontre que si le matériel bride le logiciel, le logiciel finit par brider la puissance. L'écart de 270 points est la preuve que le code de Richard Lang (Mephisto) et Ed Schroeder était exceptionnellement bien structuré pour encaisser un tel boost de puissance sans s'effondrer.
Rapport Technique Valter — Expertise Digitale — Anno 2026 [...]
28 January, 2026TournamentsL’Ascension du SiliciumLe concept est simple, mais brutal : je lance un défi en série à mes moteurs d’échecs, du plus faible au plus redoutable. Pour pimenter l’expérience et éviter que la machine ne calcule des lignes infinies, j’ai fixé une règle d’acier : 5 secondes de réflexion par coup pour l’ordinateur.Dans cet article, je vous partage mon carnet de bord de cette progression :La hiérarchie : Je ne passe au niveau supérieur qu’une fois le précédent maté.La tension : Si 5 secondes semblent courtes pour un humain, c’est une éternité pour un processeur capable d’analyser des millions de positions.L’objectif : Identifier le “seuil de rupture” où l’instinct humain ne suffit plus face à la précision chirurgicale de la machine.Découvrez mes analyses, mes moments de doute et le récit de ces duels où chaque seconde compte. Qui sera le premier moteur à stopper mon ascension ?
[Event "?"]
[Site "?"]
[Date "2026.01.12"]
[White "Valter"]
[Black "Scisys Turbo 16K"]
[Result "1-0"]
[Round "?"]
1.e4 e6 2.d4 d5 3.e5 c5 4.Nf3 Nc6 5.c3 cxd4 6.cxd4 Bb4+ 7.Bd2 Nge7 8.a3 Bxd2+ 9.Nbxd2 Qb6 10.Nb3 O-O 11.Bd3 Nf5 12.O-O Bd7 13.Nc5 Rad8 14.b4 Rfe8 15.Bc2 Re7 16.g4 Nh6 17.Ng5 f5 18.exf6 gxf6 19.Nh3 Kh8 20.Kh1 Rc8 21.Rg1 Rc7 22.g5 Ng8 23.g6 h6 24.g7+ Rxg7 25.Rxg7 Kxg7 26.Qg4+ Kf7 27.Rg1 Nce7 28.Qg7+ Ke8 29.Nf4 f5 30.Ng6 Kd8 31.Qf8+ Be8 32.Ba4 Rc6 33.Ne5 Kc7 34.Qxe8 Rd6 35.Rc1 Nc6 36.Nxe6+ Rxe6 37.Qxe6 Nf6 38.Qxf6 Qxd4 39.Bxc6 bxc6 40.Qxc6+ Kd8 41.Qd7# 1-0
[Event "?"]
[Site "?"]
[Date "2026.01.12"]
[White "Valter"]
[Black "Saitek Prisma"]
[Result "1-0"]
[Round "?"]
1.e4 e6 2.d4 d5 3.e5 Nc6 4.Be3 Bb4+ 5.c3 Be7 6.f4 Nh6 7.Bd3 O-O 8.Nd2 Nf5 9.Qf3 Nxe3 10.Qxe3 h6 11.Ngf3 Bd7 12.O-O-O a6 13.g4 Na5 14.h4 Ba4 15.b3 Bb5 16.Bc2 Nc6 17.h5 Ba3+ 18.Kb1 Qe7 19.g5 hxg5 20.fxg5 a5 21.g6 f6 22.h6 fxe5 23.hxg7 Qxg7 24.Rh7 Qf6 25.Qh6 Rac8 26.Ng5 Nd8 27.Qh5 exd4 28.g7 Qxg7 29.Rxg7+ Kxg7 30.Qg6+ Kh8 31.Qh7# 1-0
[Event "?"]
[Site "?"]
[Date "2026.01.12"]
[White "Valter"]
[Black "Fidelity Par Excellence"]
[Result "1-0"]
[Round "?"]
1.e4 e5 2.Nf3 Nc6 3.Bb5 Bc5 4.c3 f5 5.d4 fxe4 6.Bxc6 dxc6 7.Nxe5 Bd6 8.Qh5+ g6 9.Qe2 Qh4 10.Nd2 Bf5 11.g4 Be6 12.Nxe4 Bxe5 13.dxe5 Bxg4 14.Qc4 Qe7 15.Bf4 Be6 16.Qd4 h6 17.O-O-O Bxa2 18.Nf6+ Nxf6 19.exf6 Qh7 20.Rhe1+ Kf8 21.Re7 Bd5 22.Rxh7 Rxh7 23.Re1 b5 24.Qc5+ Kg8 25.Re7 Rf7 26.Bxh6 Rxf6 27.Rg7+ Kh8 28.Qe7 Rf7 29.Rxf7 Bxf7 30.Qxf7 Rg8 31.Qxc7 g5 32.h4 gxh4 33.Be3 c5 34.Qxc5 Rg1+ 35.Kc2 a5 36.Qxb5 Kg7 37.Qxa5 Rg4 38.Qe5+ Kg8 39.b4 Rg7 40.b5 Rh7 41.b6 h3 42.Qe6+ Kf8 43.Qd6+ Kf7 44.Bf4 Kg8 45.Qb8+ Kg7 46.b7 Kf7 47.Qc7+ Kg6 48.Qxh7+ Kxh7 49.b8=Q Kg6 50.Qe5 Kh7 51.Qg5 h2 52.Qh6+ Kg8 53.Be5 Kf7 54.Qf6+ Ke8 55.Bxh2 Kd7 56.Qd6+ Ke8 57.Qc7 Kf8 58.Be5 Ke8 59.Bf6 Kf8 60.Qe7+ Kg8 61.Qg7# 1-0
[Event "?"]
[Site "?"]
[Date "2026.01.19"]
[White "Valter"]
[Black "Saitek Turbo King II (D+ & EGR)"]
[Result "1-0"]
[Round "?"]
1.e4 c5 2.Nf3 e6 3.d4 cxd4 4.Nxd4 Nc6 5.Nc3 a6 6.Be2 d5 7.exd5 exd5 8.O-O Nxd4 9.Qxd4 Bf5 10.Qa4+ b5 11.Qb3 Nf6 12.Bg5 d4 13.Bxf6 Qxf6 14.Bf3 O-O-O 15.Ne4 Bxe4 16.Bxe4 Qe6 17.Qd3 g6 18.Rfe1 Kb8 19.Qf3 Bb4 20.Ba8 Qe7 21.a4 Bxe1 22.axb5 axb5 23.Qc6 Rd6 24.Qxb5+ Kc8 25.Bf3 Bxf2+ 26.Kxf2 Qh4+ 27.Kg1 Kd8 28.Ra8+ Ke7 29.Qe5+ Kd7 30.Ra7+ Kc8 31.Qc5+ Rc6 32.Qxc6+ Kd8 33.Qd7# 1-0
[Event ""]
[Site "?"]
[Date "2026.01.20"]
[White "Valter"]
[Black "Fidelity Designer 2100 Display"]
[Result "1-0"]
[Round "?"]
1.e4 e5 2.Nf3 Nc6 3.Bb5 a6 4.Ba4 Nf6 5.O-O Be7 6.Re1 b5 7.Bb3 O-O 8.c3 d6 9.d4 Bg4 10.d5 Na5 11.Bc2 c5 12.a4 Qc7 13.b3 c4 14.b4 Nb7 15.Be3 Bd7 16.Nbd2 Ng4 17.Nf1 Nxe3 18.Nxe3 a5 19.Nf5 Bxf5 20.exf5 axb4 21.cxb4 bxa4 22.Bxa4 Rfc8 23.Bc6 Qb6 24.b5 Rxa1 25.Qxa1 Nc5 26.Qa2 Nd3 27.Re4 c3 28.Ne1 Nxe1 29.Rxe1 Bg5 30.Qc2 Bd2 31.Ra1 Qd4 32.Ra4 Qc5 33.f6 gxf6 34.Rg4+ Kf8 35.g3 Ke7 36.Qf5 Rc7 37.Rg8 Rxc6 38.bxc6 Qa7 39.Qc8 Qa1+ 40.Kg2 Qh1+ 41.Kxh1 c2 42.Qd8# 1-0
[Event "?"]
[Site "?"]
[Date "2026.01.20"]
[White "Valter"]
[Black "Saitek Corona (D+ & EGR)"]
[Result "1-0"]
[Round "?"]
1.e4 c6 2.d4 d5 3.Nc3 dxe4 4.Nxe4 Bf5 5.Ng3 Bg6 6.h4 h6 7.h5 Bh7 8.Nf3 Nd7 9.Bd3 Bxd3 10.Qxd3 Qc7 11.Be3 e5 12.O-O-O Ngf6 13.Rhe1 Bd6 14.Nf5 Rg8 15.Bf4 Nxh5 16.Bxe5 Bxe5 17.Nxe5 Nf4 18.Nxc6+ Ne6 19.d5 bxc6 20.dxe6 Qf4+ 21.Kb1 Nc5 22.exf7+ Kxf7 23.Nd6+ Kf8 24.Qg6 Ne4 25.Rxe4 Qxd6 26.Qxd6+ Kf7 27.Rf4+ Ke8 28.Qd7# 1-0
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[Site "?"]
[Date "2026.02.03"]
[White "Valter"]
[Black "Mephisto MM IV Exclusive"]
[Result "1-0"]
[Round "?"]
1.e4 c5 2.Nf3 d6 3.d4 cxd4 4.Nxd4 Nf6 5.Nc3 g6 6.Be3 Bg7 7.f3 a6 8.Qd2 d5 9.e5 Nfd7 10.f4 e6 11.O-O-O b5 12.Bd3 Bb7 13.g4 O-O 14.h4 Nc5 15.h5 b4 16.Qh2 bxc3 17.bxc3 Qa5 18.hxg6 Nxd3+ 19.Rxd3 Qa3+ 20.Kd2 h6 21.f5 Qxa2 22.Bxh6 Bxh6+ 23.Qxh6 Qxc2+ 24.Kxc2 Re8 25.Qh8# 1-0
[Event "?"]
[Site "?"]
[Date "2026.02.03"]
[White "Valter"]
[Black "Mephisto Modena"]
[Result "1-0"]
[Round "?"]
1.e4 e5 2.Nf3 Nc6 3.Bb5 a6 4.Ba4 Nf6 5.O-O b5 6.Bb3 Bb7 7.Re1 Bc5 8.c3 d6 9.d4 Bb6 10.Bg5 h6 11.Bh4 O-O 12.d5 Na5 13.Bc2 Nc4 14.b3 Na5 15.Nbd2 c6 16.c4 Re8 17.Bd3 bxc4 18.bxc4 Bc5 19.a3 Rb8 20.Nf1 Ba8 21.Ng3 Rb3 22.Qd2 Qb6 23.Nf5 Rb2 24.Bc2 Nxc4 25.Nxh6+ gxh6 26.Qxh6 Rxc2 27.Bxf6 Bxf2+ 28.Kh1 Qb1 29.Qg7# 1-0
Commentaires
La partie contre le Novag Constellation Forte A, que j’ai gagnée, a été mal sauvegardée, de sorte que je n’ai qu’une notation FEN au dernier coup et non la partie entière.Le Saitek Turbo King a été une des machines du bas du classement qui m’a posé le plus de problèmes. Elle défend très bien, elle ne joue pas l’ouverture comme le Par Excellence ou le MMIV que je trouve plus agréables à jouer parce que leur jeu respire l’espace et l’initiative. [...]
27 January, 2026SoftEchiquiers Mephisto sous UCI (PC)
Renaissance Digitale
L'Éveil des Moteurs UCI
L'histoire des échecs électroniques s'apprête à vivre un tournant technologique majeur. Grâce au travail remarquable d'Ed Schroeder, les algorithmes qui ont régné sur les échiquiers de luxe des années 80 et 90 sortent de leurs circuits d'origine pour embrasser le protocole UCI.
Cette mutation permet une expérience inédite : libérer la logique de jeu de Ed Schroeder et Richard Lang des limites matérielles d'époque pour les injecter dans la puissance brute d'un processeur moderne comme l'AMD Ryzen 9 7950X3D. Le verdict du test BT-2450 est sans appel : le débridage de la fréquence offre une nouvelle dimension tactique à ces programmes.
Objectif de l'Analyse : Comparer les scores Elo obtenus sur le test BT-2450 original (vitesse réelle historique) avec les nouveaux moteurs UCI tournant à pleine puissance processeur, afin de quantifier précisément le gain de force brute induit par l'accélération matérielle.
Valter
Analyse de Performance : Le Gain UCI
Comparatif BT-2450 : Hardware Original vs Architecture Moderne
Moteur / Modèle UCI
Elo BT (Version UCI)
Elo BT (Référence non-UCI)
Gain Elo (Vélocité)
Mephisto Amsterdam UCI
2032
1731
+301
Mephisto MM V UCI (v5.1)
2132
1893
+239
Mephisto Dallas UCI (16 bits)
2058
1742
+316
Mephisto Dallas UCI (32 bits)
2074
Sans référence
—
Mephisto Roma 32 bits UCI
2098
Sans référence
—
Données compilées d'après les tests BT-2450 effectués en janvier 2026.
Hardware de test : AMD Ryzen 9 7950X3D @ 4.20 GHz | Interface Arena 3.5.1
Registre Intégral BT-2450 (30 Positions)
Pos.
Amsterdam
Amst. UCI
MM V
MM V UCI
Dall. 68k
Dall. UCI
Dall. 32b
Roma 32b
BT 1900900900323900900100123
BT 2900113900257900851185
BT 39004638519900436750
BT 4900900900900900900900900
BT 59001745022900291512
BT 69003590040988224
BT 7900900441900900900900
BT 8109009001002
BT 9900900900900900900900900
BT 10900900900900900900900900
BT 11900530362900900900900
BT 1258110900900900900900900
BT 13256441120900292541
BT 1490014749724667212527
BT 15102014711222
BT 1633253034891216
BT 1790044982041900129133139
BT 181772900523408109
BT 19900900900900900900900900
BT 2090090029715900900900900
BT 2190079362900100126114
BT 229009001106900616661
BT 23900609007741399134127
BT 24900751900900900338400290
BT 25900392900900900797900900
BT 26900900110900900900900
BT 27900900900900900900900159
BT 28422690016517122
BT 2950201012
BT 30900900804900100137379
Somme
21575
12546
16702
9540
21246
11763
11275
10564
Elo BT
1731
2032
1893
2132
1742
2058
2074
2098
Tableau exhaustif des 30 positions du BT-2450.
Les temps (en secondes) démontrent l'impact radical de l'architecture Ryzen 9 sur les algorithmes historiques. [...]
26 January, 2026TournamentsL'Anthologie Valter
Prolégomènes
Genèse d'une Odyssée Électronique
Ce recueil est le fruit d'une quête scientifique et nostalgique sans précédent. L'objectif était de confronter les légendes de silicium qui ont jalonné l'histoire du jeu d'échecs électronique, non pas comme des entités abstraites, mais comme les dignes représentants d'une collection personnelle rigoureusement constituée. Chaque moteur, chaque algorithme testé ici, possède son pendant matériel au sein de mes propres vitrines : une armée de processeurs 8, 16 et 32 bits, enfin réunis pour un affrontement ultime.
Pour réaliser ce tournoi dantesque, j'ai mobilisé la puissance de l'émulation via l'outil CB-Emu. Ce choix technologique n'est pas un simple substitut au matériel, mais un levier de précision statistique. Il a permis de simuler des milliers de rencontres avec une rigueur mathématique, en isolant la pure force brute du programme de toute interférence extérieure.
Note sur l'accélération temporelle : L'un des piliers de ce projet repose sur la capacité de CB-Emu à accélérer les cycles d'horloge du processeur émulé. Ce processus permet de jouer une partie en quelques secondes "réelles" tout en garantissant que la machine dispose, dans son propre espace-temps interne, de ses 15 secondes de réflexion par coup. Le temps de calcul reste intact, seule la barrière de l'attente humaine est brisée, rendant possible l'accumulation d'un volume de données colossal, impensable sur du matériel physique.
Le tournoi s'est déployé comme un marathon hivernal. Débutées le 15 décembre, les joutes se sont poursuivies jusqu'à ce 26 janvier, ne marquant qu'une brève trêve durant les festivités de fin d'année. Ce "Mois des Échecs" a vu s'affronter des philosophies de programmation radicalement opposées, du génie tactique de Frans Morsch à la solidité positionnelle de Richard Lang.
Les pages qui suivent ne sont pas de simples tableaux de chiffres. Elles sont le verdict final d'une épreuve de vérité, où le temps réduit à 15 secondes a agi comme un révélateur, séparant les programmes imperturbables de ceux dont la splendeur vacille sous la pression du chronomètre.
Chroniques capturées entre le 15 décembre 2025 et le 26 janvier 2026
Cadence immuable : 15 secondes par mouvement
Valter
Analyse de Performance Intégrale
Comparaison Statistique : Tournoi Valter vs Wiki-Elo Aktiv
Rang
Moteur / Système
Elo Tournoi
Score
%
Elo Site
Diff.
1Mephisto Genius 68030 London2357300.0 / 334.089.8%2367-10
2Mephisto Berlin Pro 680202322292.5 / 334.087.6%2261+61
3Mephisto RISC II2248268.5 / 327.082.1%2246+2
4Saitek RISC 2500 v1.042245271.0 / 333.081.4%2243+2
5Novag Star Diamond (v1.04)2221267.5 / 335.079.9%2181+40
6Saitek Sparc (rev.518)2152244.5 / 332.073.6%2197-45
7Fidelity Elite Avantgarde V92130241.5 / 335.072.1%2156-26
8Mephisto Berlin 68000 v0.032135240.0 / 334.071.9%2177-42
9Novag Sapphire2130229.5 / 320.071.7%2142-12
10Fidelity Designer Mach IV 23252086227.0 / 335.067.8%2131-45
11Fidelity Designer Mach III 22652029206.5 / 333.062.0%20290
12Novag Zircon II1975177.5 / 319.055.6%2022-47
13Mephisto Mondial 68000 XL1974183.5 / 330.055.6%1994-20
14Saitek President1960177.5 / 329.054.0%2014-54
15Mephisto Nigel Short1948178.0 / 334.053.3%2011-63
16Saitek Maestro D++1929167.5 / 334.050.1%1961-32
17Novag Super Forte C v3.61900159.0 / 334.047.6%2035-135
18Novag Super Expert C v3.61897158.0 / 334.047.3%2022-125
19Novag Turquoise1875148.0 / 330.044.8%2000-125
20Saitek Corona II (ver. D+)1855141.0 / 335.042.1%1958-103
21Mephisto Modena (set 3)1847138.5 / 334.041.5%1986-139
22Mephisto MM V (v5.1)1842138.0 / 335.041.2%1990-148
23Saitek Turbo King II (D+)1845137.0 / 333.041.1%1895-50
24Mephisto MM IV (v7.10)1813128.0 / 334.038.3%1866-53
25Fidelity Designer 2100 Display1814127.5 / 334.038.2%1899-85
26Novag Constellation Forte A1803126.0 / 335.037.6%1823-20
27Saitek Simultano (ver. B)1768112.0 / 335.033.4%1833-65
28Fidelity Par Excellence (B)1748104.5 / 333.031.4%1856-108
29Saitek Prisma172799.0 / 335.029.6%1725+2
30Fidelity Designer 2000170490.5 / 333.027.2%1805-101
31Novag Super VIP v3.7164472.5 / 334.021.7%1726-82
32Tandy Chess Champion 2150158260.0 / 331.018.1%1775-193
33Saitek Turbo 16K144127.5 / 333.08.3%1488-47
34Saitek Leonardo (v1.4)128911.5 / 332.03.5%1318-29
Les valeurs "Elo Site" proviennent de la colonne Aktiv (CElo) de schachcomputer.info.
Valter : L'Anthologie Totale (1987 — 2026)
Synthèse de l'Anthologie Valter
I. La Loi du Temps (15s vs 30s)
L'enseignement majeur de ce tournoi réside dans la fracture de performance induite par la cadence blitz. Si les moyennes historiques (Aktiv Liste) sont basées sur 30 secondes par coup, le passage à 15 secondes révèle la fragilité de certains algorithmes. Les machines accusant un retard significatif (jusqu'à -193 points pour le Tandy 2150) démontrent que leur force résidait dans une profondeur de calcul qu'elles ne parviennent plus à atteindre sous le seuil critique des 15 secondes.
II. La Résilience des Architectures
À l'inverse, la stabilité du Fidelity Mach III (0 point d'écart) et la solidité du Saitek RISC 2500 valident une théorie fondamentale : certains programmes sont "linéaires". Leur qualité de jugement ne s'effondre pas avec le temps de réflexion ; ils conservent une cohérence tactique immédiate. Cette résilience est la marque des architectures processeurs puissantes ou des programmes extrêmement bien optimisés.
"La force d'un programme de légende ne se mesure pas à sa profondeur maximale, mais à sa capacité à maintenir son identité de jeu sous la pression du chronomètre."
III. L'Hégémonie Richard Lang
Le tournoi confirme la supériorité de l'école Lang (Genius/London/Berlin Pro) pour le jeu rapide. Le Berlin Pro (+61) réalise un exploit statistique, prouvant que sa gestion des tables de hachage et son évaluation positionnelle sont redoutables en blitz. Il ne se contente pas de résister à la cadence ; il l'exploite pour surclasser ses rivaux historiques.
IV. Conclusion Statistique
Avec un échantillon moyen de 334 parties par machine, la marge d'erreur est réduite au minimum. Ce travail ne constitue plus seulement un test privé, mais une véritable banque de données alternative, définissant le classement de force réelle des ordinateurs de légende dans des conditions de jeu modernes et nerveuses.
5 651
Confrontations
34
Systèmes Testés
2357
Elo Sommet
Valter's Legacy — Anno 2026
Rapport d'Expertise : Tournoi Valter
Analyse comparative des écarts de performance (Cadence 15s vs 30s)
I. L'Élite & Les Surperformeurs
Mephisto Genius London -10
Une stabilité impériale. Malgré une infime correction, il maintient son hégémonie et prouve que le passage à 15s n'altère en rien sa supériorité stratégique.
Mephisto Berlin Pro +61
Le grand vainqueur statistique. Il surclasse sa moyenne Aktiv de plus de 60 points, confirmant l'efficacité insolente du code de Richard Lang en jeu rapide.
Novag Star Diamond +40
Le style Kittinger à son apogée. Agressif et opportuniste, il profite du temps réduit pour punir les hésitations tactiques de ses adversaires.
II. Les Étalons Statistique (Stabilité Remarquable)
Fidelity Designer Mach III 0
L'étalon historique absolu. Sa gestion du temps reste un modèle de régularité ; il joue exactement à son niveau théorique.
Mephisto RISC II +2
L'architecture RISC démontre ici sa résilience totale. Le manque de temps n'impacte pas sa qualité de jugement.
Saitek RISC 2500 v1.04 +2
Une précision chirurgicale. Il valide la cohérence globale de l'échantillon en restant ancré à son Elo de référence.
III. Les Sensibles à la Cadence (Chute de Performance)
Tandy Chess Champion 2150 -193
L'effondrement le plus massif. À 15s, son jeu devient tactiquement poreux, perdant toute la substance qui faisait sa force à 30s.
Mephisto MM V -148
Une déception majeure. Ce programme semble perdre un palier critique de profondeur à 15s, le rendant vulnérable face à des machines techniquement plus simples.
Novag Super Forte / Expert C -135
Ces machines iconiques souffrent en blitz : elles initient des complications tactiques qu'elles ne parviennent plus à justifier par le calcul.
Saitek Corona II -103
Passage sous la barre psychologique des -100 points. La réduction du temps de réflexion semble paralyser ses capacités défensives.
IV. Mentions Spéciales
Fidelity Elite Avantgarde V9 -26
Une résilience exemplaire pour les Spracklen. Il limite la casse et conserve une "compréhension" du danger supérieure à la moyenne.
Saitek Prisma +2
Imperturbable. Pour cette gamme, le passage à 15s est neutre ; le programme produit sa pleine mesure quel que soit le chronomètre.
*** FIN DU RAPPORT — CLASSIFICATION ALPHA ***
Document généré pour les archives Valter - Anno 2026 [...]
26 January, 2026BlogUpdate - Kathleen and Dan Spracklen
Je viens de trouver une interview du couple de programmeurs vedettes de Fidelity. L’interview a été recueilli pour le compte du musée des échecs en 2005, et je trouve que c’est une très belle page de l’histoire des échiquiers électroniques qui y est contée. La voici en intégralité…en anglais, désolé.Mise à jour: l’interview a été traduite en français, donc ci-dessous, le version traduite puis la version originale. [...]
6 January, 2026AnthologieLe programme qui a fait trembler le champion du monde Garry Kasparov
Chess Genius, le moteur qui a traversé le tempsDans l’histoire du jeu d’échecs informatique, rares sont les programmes dont le nom continue de résonner plusieurs décennies après leur création. Chess Genius fait partie de ces exceptions. Conçu par le Britannique Richard Lang, il s’inscrit dans la continuité directe des célèbres modules Mephisto, et notamment du mythique Vancouver, référence absolue des années 1980 et 1990.Dès ses premières lignes de code, Chess Genius porte la marque de son auteur. Écrit en langage assembleur, il ne cherche pas la facilité ni la portabilité immédiate, mais l’optimisation absolue. Chaque cycle processeur est exploité, chaque instruction est pesée. Cette approche radicale permet au moteur de s’imposer dès les années 1990 comme une machine d’une redoutable efficacité tactique, capable de rivaliser avec les meilleurs joueurs humains de son époque.Mais ce qui distingue véritablement Chess Genius ne se limite pas à sa force de jeu.Une présence continue, d’une époque à l’autreL’intérêt majeur de Chess Genius réside dans son omniprésence unique dans l’histoire de l’informatique échiquéenne. À bien des égards, il est le seul moteur de classe mondiale à avoir traversé les époques, les architectures et les usages avec une telle constance.On le retrouve aussi bien dans des échiquiers dédiés devenus légendaires — Mephisto Berlin Pro, Mephisto Genius 68030, Millennium Chess Genius Exclusive — que sur les ordinateurs personnels, d’abord sous DOS, puis Windows et même macOS. Plus tard, il poursuit sa route sur les terminaux mobiles, depuis Palm OS jusqu’aux smartphones modernes sous Android et iOS.Cette longévité n’est pas un hasard. Elle est le fruit direct du travail d’optimisation de Richard Lang, qui a conçu son moteur de manière suffisamment compacte, cohérente et robuste pour survivre à toutes les mutations matérielles.Un moteur devenu étalon de mesureCette portabilité exceptionnelle a fini par conférer à Chess Genius un rôle inattendu : celui d’étalon de mesure matériel. Chaque nouvelle plateforme sur laquelle il est porté devient un banc d’essai, permettant de comparer les performances brutes de processeurs très différents à travers des tests de positions rigoureux.Parce que l’algorithme est resté structurellement cohérent au fil des décennies, Chess Genius permet de mesurer, presque scientifiquement, l’écart de puissance entre un Motorola 68030 des années 1990 et une puce ARM contemporaine. Peu de moteurs peuvent se targuer d’offrir une telle continuité.Une page d’histoire gravée à jamaisSi Chess Genius fascine autant, c’est aussi parce qu’il est chargé d’histoire. En 1994, il devient le premier programme informatique à battre un champion du monde en titre, Garry Kasparov, lors d’une compétition officielle. Cet événement marque un tournant symbolique dans la relation entre l’homme et la machine.D’autres moteurs majeurs ont marqué leur époque. Rebel-Gideon, d’Ed Schröder, ou MChess, de Marty Hirsch, ont eux aussi repoussé les limites de leur temps. Mais aucun n’a su effectuer une transition aussi complète. Rebel, par exemple, n’est pas présent nativement sur les smartphones modernes. Chess Genius conserve ainsi une forme de monopole de l’interopérabilité totale, reliant toutes les générations de matériel.Le paradoxe de la boîte noireCette universalité matérielle contraste pourtant avec une fermeture logicielle presque totale. Contrairement à nombre de ses rivaux, Chess Genius n’a jamais été décliné en moteur pur compatible avec les standards UCI ou Winboard. Il reste indissociable de ses interfaces.Cette situation est d’autant plus regrettable qu’elle empêche toute évaluation automatisée exhaustive face aux moteurs contemporains dans des interfaces comme Fritz, Arena ou Shredder.Mais cette fermeture n’est pas accidentelle. Richard Lang a toujours été réticent à adopter des standards ouverts, par crainte que l’accès direct aux fichiers du moteur ne facilite le reverse engineering et le pillage de son code source. Chess Genius demeure ainsi une boîte noire fascinante : accessible partout, mais techniquement impénétrable.Quand l’émulation change l’échelle du tempsL’évolution récente de l’émulation a ouvert une nouvelle dimension. Désormais, des programmes historiques allant de Mephisto Amsterdam (1985) à Mephisto London (1996) sont disponibles sur des échiquiers électroniques modernes, notamment via les modules Millennium ou des projets comme Phoenix Chess Systems.Libérés des contraintes physiques des processeurs 8 ou 16 bits, ces moteurs tournent aujourd’hui à plusieurs centaines de mégahertz. Cette accélération révèle une profondeur de calcul longtemps insoupçonnée. Un programme conçu en 1984 peut soudain devenir un adversaire redoutable, capable de rivaliser avec des joueurs de haut niveau lorsqu’il bénéficie d’une telle puissance de calcul.Le Berlin Pro, ou l’orfèvrerie de l’assembleurLe Mephisto Berlin Pro incarne parfaitement cette philosophie. Richard Lang n’a jamais prétendu qu’il s’agissait d’un Genius 2 au sens strict, tout en reconnaissant qu’il en était extrêmement proche. Cette nuance n’était ni marketing ni commerciale, mais strictement technique.La version Berlin Pro est écrite intégralement en assembleur 68000, un langage de bas niveau offrant un contrôle absolu du microprocesseur. Le processeur Motorola 68020, cadencé à une fréquence très précise de 24,576 MHz, fournit une base d’exécution d’une stabilité remarquable. À cela s’ajoutent 256 Ko de ROM pour le programme et 1024 Ko de RAM dédiés aux tables de hachage, permettant au moteur de mémoriser les positions déjà analysées et d’approfondir sa recherche.Une rigueur qui explique une fidélité durableLe refus de Richard Lang de qualifier le Berlin Pro de “Genius 2” pur révèle une rigueur intellectuelle rare. À ses yeux, changer d’architecture — passer de Motorola à Intel — et de langage — assembleur 68000 contre x86 ou C/C++ — modifie intrinsèquement le comportement du moteur, même si l’algorithme d’évaluation reste identique.C’est précisément cette exigence qui explique pourquoi, encore aujourd’hui, de nombreux puristes préfèrent affronter une version Berlin Pro émulée plutôt qu’une version PC. Ils recherchent la pureté du code assembleur original, responsable de ce style de jeu si particulier, à la fois profondément positionnel et tactiquement incisif.L’avance révélée par la performance moderneLorsque ce code assembleur, conçu pour fonctionner à 24 MHz, est exécuté par émulation à 300 ou 600 MHz, l’avance technologique de Richard Lang devient évidente. Le programme est si léger et si parfaitement ajusté à son processeur d’origine que l’accélération produit un véritable monstre de calcul.Contrairement à des moteurs plus lourds, qui perdent en cohérence lorsqu’ils sont artificiellement accélérés, Chess Genius ne souffre d’aucun bug de synchronisation. Il conserve sa logique interne, sa stabilité et son identité. Une preuve supplémentaire que, bien au-delà de sa force brute, Chess Genius est avant tout une œuvre d’ingénierie intemporelle.
Qu’esr ce qui change entre Chess Genius 1 → 7.2 ?On parle ici du même moteur fondamental, qui évolue par raffinement, pas par ruptures.Vue d’ensemble : une évolution continue, pas des moteurs différentsAvant d’entrer dans le détail, un point essentiel :Chess Genius 1 à 7.2 reposent tous sur le même cœur algorithmique, conçu par Richard Lang.Les différences portent surtout sur :la recherche (sélectivité, extensions),l’évaluation positionnelle,la bibliothèque d’ouvertures,la gestion du temps,l’interface et le système cible.Il n’y a aucune “révolution” interne comparable à l’arrivée des NNUE modernes.Chess Genius 1 (1992)ContextePremière version PC grand publicHéritière directe des Mephisto (Genius / Vancouver)DOS, 16 bitsProcesseurs typiques : 386 / 486CaractéristiquesRecherche très sélective, peu de brute forceExcellente tactique courteÉvaluation encore relativement simple :structure de pions basiqueactivité des pièces prioritaireFaible compréhension stratégique à long termeBibliothèque d’ouvertures limitéeForce typique~2350–2400 Elo sur 486 DX2👉 Très dangereux tactiquement, mais parfois naïf positionnellement.Chess Genius 2 (1993)Ce qui change réellementGros progrès stratégiqueMeilleure gestion :des structures de pionsdes colonnes ouvertesdu jeu de roques opposésRecherche légèrement plus profonde à temps égalMeilleure stabilité en parties longuesCe que ce n’est pasCe n’est pas un moteur nouveauCe n’est pas une refonteForce+30 à +50 Elo par rapport à CG1~2400–2450 sur matériel équivalent👉 Version charnière : le moteur commence à “comprendre” le jeu.Chess Genius 3 (1994)Version historiqueCelle qui bat Kasparov à LondresOptimisée pour PentiumGestion du temps nettement améliorée (rapide)Améliorations clésRecherche plus agressiveMeilleure exploitation de l’initiativeTactique encore plus tranchanteTrès performant en parties rapidesLimitesPeut surévaluer l’attaqueParfois imprudent en finales longuesForce~2500+ Elo en rapide sur Pentium 90 MHz👉 Version la plus “célèbre”, ultra-dangereuse à cadence rapide.Chess Genius 4 (1995)Transition majeure (mais pas du moteur)Passage à WindowsIntroduction d’une GUI graphiqueCode moteur toujours distinct de l’interfaceCôté moteurÉvaluation plus équilibréeMoins d’excès tactiquesMeilleure défenseFinales plus fiablesForceComparable à CG3 à matériel égalPlus stable en parties lentes👉 Moins spectaculaire, mais plus “propre”.Chess Genius 5 (1996–1997)Maturité techniqueRecherche plus profondeMeilleure gestion des positions ferméesMoins dépendant du livre d’ouverturesÉvaluation plus positionnellePoints fortsTrès solidePeu d’erreurs grossièresBonne compréhension des finales simplesForce~2550 Elo sur Pentium 200 MHz👉 Le meilleur compromis force / stabilité des versions “classiques”.Chess Genius 6 (fin des années 1990)Évolution discrèteAjustements internesAmélioration de la gestion du tempsLivre d’ouvertures élargiOptimisations mineuresImportantPeu documentéeRarement citée séparémentTransition vers la version finale👉 Version de transition, peu distincte pour l’utilisateur.Chess Genius 7 / 7.2 (2000–2002)Dernière version PC officielleVersion finale : 7.2Toujours 32 bitsWindows (encore compatible aujourd’hui)Améliorations notablesÉvaluation la plus aboutie de toute la lignéeMeilleure compréhension :des faiblesses de casesdes finales techniquesLivre d’ouvertures très largeGestion du temps raffinéeCe que ce n’est toujours pasPas UCIPas de multithreadingPas de NNUEForce~2600–2650 Elo sur matériel moderne (émulation)👉 L’aboutissement absolu du Chess Genius “classique”.Tableau récapitulatif synthétiqueVersionAnnéePoints clésStyle dominantForce relativeCG11992Tactique bruteTranchant★★★☆☆CG21993Meilleure stratégieÉquilibré★★★★☆CG31994Rapide, agressifExplosif★★★★☆CG41995StabilisationPositional★★★★☆CG51996MaturitéSolide★★★★★CG6~1998AjustementsDiscret★★★★★CG7.2~2001AboutissementClassique pur★★★★★+En résuméIl n’existe qu’un seul Chess Genius, décliné et affiné.Les différences sont réelles mais progressives, jamais révolutionnaires.Chess Genius 3 est historique.Chess Genius 5 est le plus équilibré.Chess Genius 7.2 est le plus abouti techniquement.
Pourquoi Chess Genius reste agréable à jouer aujourd’huiÀ l’ère des moteurs neuronaux surpuissants capables d’écraser n’importe quel humain sans effort apparent, on pourrait croire que Chess Genius n’a plus qu’une valeur historique. Et pourtant, c’est précisément l’inverse : Chess Genius est souvent plus agréable à affronter aujourd’hui qu’un moteur moderne.1. Un moteur conçu pour jouer contre l’humain, pas pour le dominerChess Genius a été pensé à une époque où :la machine devait imiter l’intelligence humaine,et non exploiter une supériorité de calcul écrasante.Il ne cherche pas systématiquement le coup “objectivement parfait” au sens moderne, mais le coup logique, cohérent avec les principes classiques :développement harmonieux,sécurité du roi,amélioration progressive des pièces.Cela crée des parties lisibles, où l’humain comprend pourquoi il est en difficulté — ou pourquoi il a une chance.2. Des erreurs compréhensibles… et exploitablesContrairement aux moteurs NNUE modernes :Chess Genius fait des erreurs humaines,surestime parfois une attaque,sous-estime parfois une faiblesse à long terme.Mais surtout :👉 ces erreurs sont exploitables par un joueur humain, sans connaissance informatique avancée.Il ne “triche” pas par une vision tactique inhumaine à 20 coups.Quand il gagne, c’est souvent parce qu’il a mieux manœuvré, pas parce qu’il a vu une ressource invisible.3. Une force modulable réellement crédibleLes niveaux de Chess Genius ne reposent pas uniquement sur :une réduction artificielle de profondeur,ou des coups aléatoires.Les niveaux inférieurs conservent :une logique stratégique,un style cohérent,une vraie identité de jeu.Résultat : même à 1800–2200 Elo, le moteur reste intéressant, sans devenir caricatural.4. Une absence de “violence neuronale”Les moteurs modernes :punissent la moindre imprécision,ne laissent aucune compensation pratique,jouent des coups “anti-humains”.Chess Genius, lui :accepte le jeu imparfait,laisse du contre-jeu,joue parfois “comme un très fort maître”, pas comme une entité mathématique.👉 C’est un moteur contre lequel on joue, pas un moteur qui vous dissèque.Le style exact de Chess Genius : agressif ou positionnel ?La réponse honnête est : les deux, mais pas en même temps, et pas de la même manière que les moteurs modernes.1. Une base profondément positionnelleContrairement à sa réputation parfois tactique, Chess Genius repose sur une ossature positionnelle très classique :respect des structures de pions,importance des cases fortes,priorité à l’activité des pièces.Il joue volontiers :des plans à long terme,des manœuvres lentes,des améliorations progressives.Sur ce point, il se rapproche plus d’un joueur humain de tradition classique que d’un moteur moderne.2. Une tactique déclenchée par la position, pas par le calcul brutChess Genius n’attaque pas “par principe”.Il attaque lorsque :la structure adverse est fragilisée,le roi manque de défense,l’activité des pièces le justifie.Ses combinaisons sont souvent :courtes,logiques,directement liées à la position.C’est une tactique contextuelle, pas une tactique de force brute.3. Une préférence marquée pour l’initiativeLorsqu’il a le choix, Chess Genius privilégie souvent :l’initiative,la pression continue,l’activité plutôt que le matériel.Cela explique :ses succès en parties rapides,son efficacité contre les joueurs agressifs,mais aussi certaines imprudences en finales longues.4. Un style qui évolue selon la versionCG1–CG2 : tactique parfois excessive, stratégie encore naïveCG3 : très agressif, parfois spéculatifCG4–CG5 : équilibre optimal attaque / positionCG7.2 : style le plus “classique”, proche d’un fort maître international👉 CG5 et CG7.2 sont généralement considérés comme les versions les plus “humaines” dans leur style.En résuméPourquoi il reste agréable aujourd’huiParties lisiblesErreurs exploitablesStyle cohérent à tous les niveauxAbsence de coups “inhumains”Son style réelBase positionnelle classiqueTactique déclenchée par la logique de la positionForte priorité à l’activité et à l’initiativeÉvolution vers un jeu de plus en plus mature avec les versions
Le test BT2630 pour Chess Genius
BT
|
2630
Genius 4.1
iPhone 16 pro
Genius 3
GalaxyTab S9
Genius 3
LG G3
Genius 3
ASUSME181CX
Mephisto
GeniusExclusive
Millenium
CG pro
Mephisto
London
Mephisto
Genius
A18 pro
Cortex-X3
Snapdragon 801
Atom™ Z3745
Cortex M7
Cortex M4
4 GHz
3,36 GHz
2.5 GHz
1.8 GHz
300 MHz
120 MHz
6803033 Mhz
6803033 Mhz
BT 1Sxg7
0 22105111
BT 2Lxb6
0 32158154
BT 3Te6
0 1273916
BT 4Df7
01221053900900
BT 5Ka6
30669101102900
BT 6e3
0 001184
BT 7Td6
0 000111
BT 8Txc6+
0 01628821
BT 9g5
900 579791900900900900
BT 10Txg7+
0 0001284210
BT 11Dxh2
0 000255
BT 12De4
0 11228485
BT 13Le6
3 2330188900900900
BT 14Txh7
0 000212062
BT 15e5
35263282900900900
BT 16Sxg2
900 900900900900900900
BT 17Dxf4
0 100533
BT 18d6
0 215291111
BT 19f3
0 229432852
BT 20Ta2
0 22104922782
BT 21Te1
397555900900900900900900
BT 22a3
0 231048134130
BT 23g4
900 900900900900900900
BT 24g6
3345900900900900124123
BT 25Sd3
1 101183438126125
BT 26f5
900 900900900900900900
BT 27e6
0 0002283330
BT 290-0-0
184107900900900900900900
BT 30f4
1 663919695260
Summe:
4225 6068629467869272961911195
BT - E L O :
2484 242124132396231022982244
```
Analyse des Résultats : La Suprématie du Mobile ModerneCe tableau comparatif est révélateur de l’évolution du matériel informatique. Il met en compétition le même “ADN” logiciel (le moteur Chess Genius de Richard Lang) sur des supports allant des années 90 (Mephisto 68030) aux technologies de pointe actuelles (iPhone 16 Pro).1. Le duel : iPhone 16 Pro vs Genius ExclusiveC’est le point le plus marquant du tableau. Bien que le Genius Exclusive soit une machine dédiée magnifique (avec reconnaissance de pièces et confort de jeu physique), il ne peut rivaliser avec la puissance brute du processeur A18 Pro de l’iPhone.L’écart de force (ELO) :iPhone 16 Pro : 2484 ELOGenius Exclusive : 2396 ELODifférence : +88 points en faveur de l’iPhone.Analyse : En termes échiquéens, 88 points représentent une classe d’écart entière. C’est la différence entre un très bon Maître FIDE et un Grand Maître. L’iPhone joue dans une tout autre ligue.La vitesse de calcul (Fréquence) :L’iPhone tourne à 4 GHz (4000 MHz).Le module Exclusive tourne à 300 MHz.Le téléphone est cadencé plus de 13 fois plus vite. Même si l’architecture des processeurs est différente, cet écart de fréquence est insurmontable pour la machine dédiée.La preuve par les temps de résolution (Le score “Summe”) :Le score total (plus il est bas, plus la résolution est rapide) montre que l’iPhone cumule 4225 unités de temps/pénalité, contre 6786 pour l’Exclusive.Exemple flagrant (Position BT 13) : L’iPhone résout le problème presque instantanément (score de 3), alors que l’Exclusive peine beaucoup plus longtemps (score de 188).Exemple flagrant (Position BT 30) : L’iPhone trouve la solution immédiatement (score de 1), l’Exclusive met nettement plus de temps (score de 39).2. L’évolution du logiciel (Genius 4.1 vs versions antérieures)Le tableau montre aussi l’impact de la version du logiciel.L’iPhone utilise Genius 4.1, la version la plus optimisée et récente.L’Exclusive utilise une version embarquée spécifique.On voit que sur certaines positions tactiques complexes (comme la BT 21), l’iPhone s’en sort avec un score de 397, là où toutes les autres machines (y compris l’Exclusive et les anciens Mephisto) saturent au score maximal de pénalité (900), signifiant qu’elles n’ont probablement pas trouvé la solution dans le temps imparti.3. La perspective historique (Mephisto 68030)Pour les nostalgiques, le tableau inclut les légendaires modules Mephisto (processeur 68030 à 33 MHz).Avec un ELO de 2244, ces machines qui coûtaient une fortune dans les années 90 sont aujourd’hui dépassées de 240 points ELO par un simple smartphone.Cela illustre la loi de Moore : le téléphone transporte un “super-ordinateur” d’échecs capable d’écraser les champions du monde électroniques d’il y a 30 ans.Conclusion “Si le Genius Exclusive offre le plaisir incomparable de manipuler de vraies pièces en bois, c’est l’application Chess Genius sur iPhone 16 Pro qui détient la véritable couronne de la puissance. Avec 2484 ELO contre 2396, le smartphone calcule plus vite, plus loin et résout des positions (comme la BT 21) qui restent invisibles pour l’échiquier dédié.”
Chess Genius dans la littérature
Un test est parru dans la revue allemande CSS (ComputerSchach une Spiele) dans son édition numéro 1 de 1993. Ci-dessous l’article complet et ensuite, sa traduction en français. [...]
29 December, 2025AnthologieL’évolution des moteurs d’échecs sur PC (1980–2010)
Approches algorithmiques, styles de jeu et acteurs majeurs selon la tradition SSDF
Résumé
Entre 1980 et 2010, les moteurs d’échecs pour ordinateurs personnels (PC) ont connu une évolution rapide, passant de programmes tactiques hautement sélectifs adaptés à des ressources limitées, à des systèmes positionnels sophistiqués dominants la scène mondiale.Cet article propose une synthèse exhaustive des principaux auteurs et moteurs de cette période, en s’appuyant sur les résultats historiques de la Swedish Chess Computer Association (SSDF), les championnats du monde de micro-ordinateurs, et l’influence durable de certains moteurs sur les générations ultérieures. Une attention particulière est portée aux styles de jeu, aux innovations algorithmiques et aux héritages techniques.
1. Introduction
La SSDF constitue depuis les années 1980 une source empirique centrale pour l’évaluation comparative des moteurs d’échecs sur PC. Contrairement aux compétitions ponctuelles, ses milliers de parties en conditions standardisées permettent une lecture longitudinale des forcesrelatives, révélant non seulement les moteurs dominants, mais aussi ceux qui ont profondément influencé l’architecture logicielle des générations suivantes.Cette étude couvre la période pré-Rybka, c’est-à-dire avant l’ère des réseaux neuronaux, où l’ingénierie logicielle, l’évaluation statique et la recherche arborescente constituaient le coeur de la performance.
Rybka et la période très polémique qui suit l’histoire qui est contée ici cera le sujet d’un autre article de blog.
2. Les pionniers de la précision et de l’optimisation (années 1980–début 1990)
2.1 Chess Genius – Richard Lang
Les moteurs ChessGenius et Mephisto dominent la SSDF et les championnats mondiaux grâce à une recherche sélective extrême, optimisée pour processeurs 16/32 bits.Lang incarne la philosophie de la pure efficacité computationnelle, sacrifiant l’exhaustivité à la profondeur critique.Moteurs développés :Psion Chess (1984), ChessGenius 1.0 (1992), ChessGenius 3.0 (1994), ChessGenius 5 (1996), ChessGenius 6 (1998)Succès majeurs :– Champion du monde micro-ordinateurs à de multiples reprises (1984–1990)– Victoire historique contre Garry Kasparov (Londres, 1994)– Longue domination du classement SSDF fin années 80 / début 90
2.2 Rebel – Ed Schröder
Avec Rebel et Gideon, Schröder introduit une approche plus “humaine”, fondée sur la compréhension des structures de pions.Les listes SSDF montrent une remarquable stabilité de Rebel dans le haut du classement durant plus d’une décennie.Moteurs développés :Rebel 1–5 (1985–1989), Gideon (1991), ProDeo (1992), Rebel 8 (1996), Rebel 9 (1998),Rebel 10 (1999)Succès majeurs :– Champion du monde micro-ordinateurs (Gideon, 1991)– Rebel 9 bat Anand (1998)– Présence constante dans le Top 10 SSDF années 90
3. La normalisation industrielle et l’ère ChessBase
3.1 Fritz – Frans Morsch
Le moteur Fritz devient un standard industriel.Son style agressif, combiné à des bibliothèques d’ouvertures massives, explique ses excellents résultats SSDF en cadence rapide et semi-rapide.
Moteurs développés :Fritz 1.0 (1991), Fritz 2–3 (1992–1994), Fritz 4 (1995, Windows),Fritz 5–6 (1998–2000), Fritz 8 (2003)
Succès majeurs :
Champion du monde micro-ordinateurs
Match Fritz–Kramnik (2002)
Outil principal d’entraînement des GMI dans les années 2000
3.2 MChess & MChess Pro – Marty Hirsch
MChess se distingue par des pics de performance spectaculaires, souvent confirmés par la SSDF dans des positions ouvertes et tactiques.
Moteurs développés :MChess 1.0 (1991), MChess 3 (1993), MChess Pro 5.0 (1995), MChess 8.0 (1998)
Succès majeurs :
Champion du monde WMCCC (1995)
Classements SSDF très élevés en parties tactiques
4. La recherche du “jeu humain” et de la profondeur stratégique
4.1 HIARCS – Mark Uniacke
HIARCS est régulièrement cité dans les rapports SSDF comme l’un des moteurs les plus difficiles à battre pour les humains experts, malgré une force brute parfois inférieure à Fritz ou Junior.
Moteurs développés :HIARCS 1.0 (1991), HIARCS 5 (1996), HIARCS 6 (1997),HIARCS 7.32 (1998), HIARCS 10 (2005)
Succès majeurs :
Très forte performance en parties longues
Référence en jeu positionnel et correspondance
4.2 Chessmaster – Johan de Koning
Le moteur The King (Chessmaster) est moins dominant en SSDF pur, mais sa longévité et sa flexibilité pédagogique en font un acteur incontournable.
Moteurs développés :The King (Chessmaster 3000, 1991), Chessmaster 4000 Turbo (1993),Chessmaster 8000 (2000), Chessmaster 10th Edition (2004)
Succès majeurs :
Logiciel d’échecs le plus vendu au monde
Référence pédagogique pendant plus de 15 ans
5. Solidité, finales et domination technique
5.1 Shredder – Stefan Meyer-Kahlen
Shredder est l’un des moteurs les plus constants de toute l’histoire SSDF.Son intégration précoce des tables de finales (EGTB) explique ses performances exceptionnelles dans les positions simplifiées.
Moteurs développés :Shredder 1.0 (1993), Shredder 6 (2001), Shredder 10 (2006), Shredder 12 (2009)
Succès majeurs :
19 titres de champion du monde
Longévité exceptionnelle dans le Top SSDF
6. Créativité, déséquilibre et audace algorithmique
6.1 Junior – Amir Ban & Shay Bushinsky
Junior introduit une évaluation probabiliste du déséquilibre.Les statistiques SSDF montrent une volatilité élevée : Junior gagne autant qu’il perd, mais contre des adversaires souvent plus “rationnels”.
Moteurs développés :Junior 4 (1997), Junior 6 (2000), Junior 7 (2001),Junior 8 (2003), Deep Junior (2003)
Succès majeurs :
Match nul contre Kasparov (2003)
Champion du monde micro-ordinateurs
7. Les fondations open source
7.1 Crafty – Robert Hyatt
Le moteur Crafty est omniprésent dans les tests SSDF, non comme dominateur, mais comme référence méthodologique.Il constitue une base d’apprentissage et de comparaison pour presque tous les moteurs majeurs postérieurs.
Moteurs développés :Cray Blitz (années 1980), Crafty 1.0 (1996), Crafty 15–18 (2000–2008)
Succès majeurs :
Champion du monde micro-ordinateurs (Cray Blitz)
Référence académique universelle
Détails techniques réintégrés (rigueur, “ingénieur de fondations”) :
Alpha-beta classique poussé à la perfection
Tables de transposition, null-move pruning, late move reductions
Bitboards et micro-optimisations pour un code lisible et reproductible
Aucun “truc magique” : rigueur architecturale
Hyatt comme architecte du socle logiciel
Si certains moteurs ont dominé par marketing ou par coups d’éclat, Crafty a dominé par la qualité de ses fondations.
Conséquence historique : Crafty a servi de socle d’étude, de référence pédagogique et parfois de source d’inspiration technique à une grande partie de l’écosystème ultérieur.
8. Outsiders confirmés par la SSDF
Christophe Théron – Chess Tiger (1997–2002) : vitesse de calcul exceptionnelle, champion du monde, jeu dynamique et spectaculaire. Chrilly Donninger – Nimzo (1995–2001) : créativité extrême, futur concepteur d’HydraJohn Stanback – Zarkov (1988–1997) : précision analytique reconnueUlf Lorenz – Kallisto (1994-1999) : Présence prolongée dans le Top 10 SSDF. Réputation de solidité comparable à Shredder et HIARCS. Son style est très positionnel, extrêmement stable, peu spectaculaire mais d’une efficacité remarquable.
9. Conclusion
Entre 1980 et 2010, le développement des moteurs d’échecs sur PC a été porté par une pluralité d’approches :
optimisation matérielle
humanisation du jeu
agressivité tactique
solidité algorithmique
révolution positionnelle
fondations open source
Cette période constitue un âge classique de l’informatique échiquéenne, dont les principes continuent d’irriguer les moteurs modernes. [...]
6 April, 2023Collection
Ce jeu a été acheté sur un site de vente allemand pour un prix assez raisonable vu la rareté de la machine, je n’ai donc pas hésité longtemps, même si à priori il fait doublon avec mon Super Expert C. Mais ici, l’électronique est cadencée à 6 MHz au lieu de 5 MHz, et cet échiquier passe pour être le meilleur 8bits à base de processeur 6502. Mon avis est que le Mephisto Nigel Short est le meileur et lui est supérieur. Je ne vais pas m’étendre plus sur la machine, tout à ét dit dans l’article consacré au Super Expert, je vais me contenter de poster des photos et aussi de montrer la différence en terme de performance avec le Super Expert à 5 MHz dans mon tournoi actif entre toutes mes machines, ce qui peut être intéressant pour voir le gain apporté par le surcroit de puissance de calcul.
Le tableau suivant résume les exploits de mes deux champions dans mon tournoi 15s/coup.
On peut voir que leur performance est très similaire. L’un obtient 11,5 et l’autre 11 points. Les 11,5 obtenus par le Super Expert sont au bénéfice d’une victoire contre son jumeau. Si l’on oblitère ce résultat, c’est le Super Forte qui a un demi point de plus. Bref, c’est chapeau blanc et bonnet clair. Les deux font des performances ELO proche des valeurs connues par d’autres tests.A noter les belles nulle du Super Expert contre le Mephisto Risc, le Berlin Pro, la victoire contre le Sapphire et le Milano Pro. Comme on peut voir aussi de belles choses du coté du Super Forte.
Sur un total de 31 parties pour chaque machine, on peut voir que les résultats convergent déjà bien vers les valeurs attendues, ce qui montre la pertinence de ma démarche. [...]
16 March, 2023CollectionFidelity Elite Avant-Garde v6
PréambuleComme j’ai déjà des articles sur le Designer Master 2325 ainsi que le Designer Master v9+, je ne vais pas trop m’étendre sur des tests de mon tout nouveau Avant Garde v6, mais reprendre un historique de la famille Elite de chez Fidelity, en saupoudrant mon billet de photos de ma machine. Ah oui, cette dernière a été découverte sur un site de petites annonce en Suisse.
IntroductionDe mon point de vue, les Fidelity Avant Garde sont les échiquier les plus glamour qui soient. Pas de par leurs performances, mais à cause de leur rôle de pionniers. Il faut reconnaître que Fidelity a toujours su innover et surtout bien se connecter avec ses utilisateurs grâce à un marketing bien orienté.Objectivement, et plus encore maintenant après tant d’années, il est incontestable que la meilleure qualité, de loin, était l’apanage de la maison Méphisto. Le nombre de pannes et de réparations pour ces derniers est bien inférieur à celui du reste des marques. À l’époque, le design attrayant de Scisys / Saitek était celui qui a le mieux pénétré le marché de masse. Mephisto a misé sur la qualité et la puissance des programmes avec un prix plus élevé. Novag a proposé un design soigné, dans la lignée des autres fabricants, mais à la recherche de sa niche dans un style de jeu prétendument plus humain. Fidelity par contre, avec des designs austères, à l’exception de la série Designer, est restée avec une ligne de produits quelque peu «rétro», mais qui a bien fonctionné et a donné cet air «différent» à ses modèles. Les grands écrans avec les mêmes segments rouges que les modèles de la fin des années 70, des boîtiers identiques au premier Chess Challenger en plastique ainsi que des couleurs “crapaud camouflé dans la bouse” ont fini par lui donner un style. La qualité extérieure laissait à désirer par rapport à ses concurrents. L’intérieur était raisonnable mais loin de la qualité Mephisto. La qualité intérieure est perçue simplement en ouvrant les ordinateurs et en voyant à quoi ressemblent les cartes mères. Juste avec ça … vous savez lequel est le meilleur. Des épissures, des câbles d’ici à là reliant quelque chose qui était mal conçu, des soudures laides, etc. C’est ce que vous voyez sur des cartes électroniques médiocres. J’ai eu la surprise de ma vie de taré des échiquiers lorsque j’ai reçu la sublime platine du Designer 2325 à base de 68030 de la part de Steve. Pas un fil qui dépasse et des soudures au miroir. A côté de cela, les platines Mephisto sont des oeuvres d’art. Les années ont donné raison au constructeur allemand sur cette question, et personne ne peut contester les statistiques des SAV.
Platine Moderne
Platine Fidelity
Comme je l’ai déjà dit, Fidelity offrait une qualité de cartes mères intermédiaires, qui en général ont bien résisté au passage des années. Le point le plus critique est la qualité des capteurs, à la fois de pression et magnétiques. Aux États-Unis, elle a conservé sa position dominante et, malgré ce qui précède, ses modèles ont bénéficié de bonnes ventes et de fidèles abonnés sur ce marché. Bien que la qualité n’ait pas été au rendez-vous, la solidité des programmes du couple Spracklen, avec un excellent équilibre de jeu dans toutes les phases du jeu, a conquis les clients. Personnellement, j’aime beaucoup le style de jeu de leurs programmes, ainsi que l’esthétique d’Elite Avant Garde, bien qu’il n’ait pas d’écrans alphanumériques et que les boutons soient un peu maladroits. C’est ce «quelque chose» glamour qui fait de ces modèles des pièces spéciales,qui attire une grande majorité de fans d’échecs électroniques et qui continue d’attirer.Elite A / SEn 1982, Fidelity a lancé son Elite Auto Sensory (abrégé en A / S). Une bel échiquier en bois auto-répondeur aux dimensions de compétition (carrés de 5×5 cm). L’aspect extérieur était imposant.
Fidelity Elite A / SLe modèle A / S est resté sans modifications esthétiques de 1982 jusqu’à la fin de 1985. Il abritait des programmes du couple Spracklen, 8 bits à l’époque. Il existe 3 versions officielles: EAS, EAS-B et EAS-C. Les versions B et C correspondent aux programmes gagnants des Coupes du Monde Budapest / 83 et Glasgow / 84 respectivement. Outre l’officialité des versions, Fidelity, comme le reste des fabricants, intégrait des versions avec des améliorations des programmes à la volée, en particulier sur les marchés actifs, comme l’Allemagne, où la filiale Fidelity a mis à jour et personnalisé les modèles à la demande des clients. Pour cette raison, nous ne pouvons pas être sûrs à 100% du programme que nous avons si nous ne le comparons pas aux résultats de tests publiés. L’expérience de quelques amateurs, est, qu’après avoir testé deux Elite Privat et quatre Elite A / S, qu’il n’y en avait pas deux qui se ressemblaient ! Très similaires, mais les évaluations et les temps de résolution changent dans tous les cas. J’ai lu le cas d’une personne ayant deux modèles différents, un Budapest et un Glasgow, qui ne livrèrent pas les même temps de résolution que d’autres tests publiés, et devaient être des versions intermédiaires entre Budapest et Glasgow. En 1985, Fidelity a remporté un succès majeur en remportant l’US Open Chess Computer à Mobile, avec le programme connu sous le nom de XC connu ensuite comme le Fidelity Elite A / S Mobile Master. Voici la traduction de la page de chesscomputeruk concernant ce modèle:La première version Elite Avant Garde publiée par Fidelity est connue sous le nom de Mobile Master. Vous ne trouverez pas ce nom sur l'ordinateur d'échecs, ni dans le manuel d'origine qui porte simplement le nom de modèle EAG sur la couverture avant, ou sur l'autocollant du numéro de série où il s'agit du modèle 6081. Le Mobile Master est arrivé sur le marché très tôt en 1986. Il a reçu son nom parce qu'il contient le programme Elite XC qui a gagné le 1er championnat américain ouvert d'échecs par ordinateur qui s'est tenu à Mobile, Alabama en juin 1985.Le Mobile Master utilise un processeur 8-bit 6502 fonctionnant à 5MHz, il y a 28KB de ROM programme, 16KB de RAM et le programme contient un livre d'ouverture de 8,160 demi-coups. Le programme est évalué à 1829 Elo par Selective Search et 1835 Elo par Schachcomputer.info.En tant que premier modèle de la gamme Elite Avant Garde, on pouvait s'attendre à ce que le Mobile Master se vende bien, mais il a été rapidement remplacé par le modèle 2100 qui possède un programme plus puissant fonctionnant à 6MHz. Par conséquent, il est assez rare, et je ne me souviens pas que plus d'une poignée d'entre eux aient trouvé leur chemin sur Ebay.Avant-gardeFin 1985, Sid Samole, PDG de Fidelity Electronics, dans une interview au magazine allemand CSS, parlait déjà du nouveau Elite Avant Garde. Il aurait un design mis à jour. Prenez un Elite A / S et faites-le pivoter de 90 ° dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Le logo est orienté au même endroit où il se trouvait dans l’A / S. Deux écrans sont incorporés, l’un dans la partie supérieure et l’autre dans la partie inférieure de ce côté plus large. Au milieu des deux, la plupart des boutons poussoirs. Les LED épaisses de la carte sont remplacées par des LED plus petites et plus élégantes. Astucieux. Nous avons déjà le tout nouveau Elite Avant Garde, tirant pleinement parti des matériaux, des matrices, des moules, et des pièces pour faire l’A / S. Une leçon entière d’optimisation industrielle :-). A l’intérieur, une nouvelle carte mère, avec un 6502 à 5MHz et le programme “2100”. Il resterait sur le marché pendant plusieurs années sans changement, jusqu’en 1989.
Evolution vers 16/32 bits avec la famille Motorola 680×0.
Après la défaite contre Mephisto Amsterdam lors de la Coupe du monde 1985, utilisant le 68000 de Motorola comme processeur, Fidelity se rendit compte que l’avenir vers des processeurs plus puissants était inévitable s’il voulait avoir des options pour regagner le titre mondial. En 1987, le premier programme Spracklen a été lancé pour 68000, dans le modèle Excel 68000. Il a utilisé le même boîtier en plastique que le Chess Challenger, en ajoutant un affichage à quatre chiffres avec des segments rouges et un fond noir, une valeur sûre de la maison. Le premier modèle a été un échec en termes de jeu, incapable de surpasser la concurrence 8 bits du moment, comme les Rebell 5.0 ou Forte B, et étant très loin d’Amsterdam, qui était la référence à battre. En 1987 et 1988, le programme a évolué avec les versions Mach II (a, b, c, c + et c ++ ou Los Angeles). Le dernier programme “Mach II Los Angeles”, malgré ses 68000 à 12 MHz et ses 128Ko de tables de transposition pour accélérer le calcul, égalait juste les meilleurs 8 bits de l’époque, MM-IV et Super Forte. Ces derniers tournaient à 5 MHz et avec 8Ko de RAM, un comble. En plus un nouveau modèle 16 bits de Mephisto en 1987, le Roma, très similaire en force au Dallas (1986), a battu le Mach II sans pitié (forcément, pour une machine…)
En 1988, le nouveau programme “Mach III Master” fait son apparition, certifié avec 2265 Elo et le titre de Master, utilisant le 68000 à 16MHz et avec 64Kb de RAM. Le Mach III était une amélioration substantielle par rapport à Mach II, avec un niveau tactique nettement supérieur et plus rapide dans le calcul. Ce modèle était déjà au-dessus du Mephisto Roma 68000 et était le grand espoir de Fidelity de retrouver le titre mondial en 1988.
Motorola, depuis la création du 68000, avait élargi sa famille de processeurs avec les 32 bits 68020, 68030 et 68040. Le grand avantage du code écrit pour la famille 680×0 était qu’il pouvait être utilisé dans tous les processeurs avec des variations minimales juste le temps de compiler le programme. Motorola a cherché à fidéliser ses clients en fournissant ces processeurs, afin qu’un développeur puisse donner plus de puissance à son programme sans avoir à développer de nouveau code. Les avantages sont évidents et les fabricants Mephisto et Fidelity ont utilisé cette possibilité.
À la fin de 1988, le modèle Master 2325 a été lancé sur le marché, avec le programme Mach III utilisant le 32 bits 68020, à 20 MHz et avec 512 Ko de RAM. Il s’appelait Mach IV et était certifié avec un ELO de 2325 points. C’est avec ce modèle que Fidelity a défié Mephisto à la Coupe du monde d’Almería 1988. Le résultat, un duel serré entre Mephisto Almeria et Mach IV, qui a abouti à la victoire de Mephisto. C’étaite la fin du développement du programme Spracklen et il n’y aurait plus de nouveau défi pour le titre mondial. Des années plus tard, le successeur de Mach IV, sous la bannière Saitek, avec son modèle Sparc, serait le dernier programme commercialisé du couple américain.
La famille Custom Elite Avant Garde.
Au premier trimestre 1989, Fidelity a présenté la nouvelle gamme «Custom Elite Avant Garde» au salon de Nuremberg. L’idée était de proposer un châssis unique avec la carte Elite Avant Garde, mais en donnant au client la possibilité de choisir entre 10 versions possibles avec un matériel différent dans chaque cas. De plus, le programme Mach III / IV inclus dans ces versions a été modifié pour avoir une petite quantité de mémoire dédiée à l’apprentissage. La fonction consiste en ce que le programme mémorise une position dans laquelle l’évaluation subit un recul important, de sorte qu’il s’ensuit que le mouvement a été mauvais, et est sauvegardé pour jouer un autre mouvement si cette position se reproduit. Le résultat est que le programme ne répète pas réellement une erreur, jusqu’à ce qu’il remplisse la mémoire, éliminant les anciennes entrées. Avec cette maigre mémoire, c’est discutable, mais d’un point de vue publicitaire, c’est inestimable.
La gamme comptait initialement 10 versions, regroupant les 5 premières options sous le modèle 6114 et les 5 secondes sous le modèle 6117. Des années plus tard, comme je le détaillerai plus tard, la version 11 est apparue, à travers un projet personnel, lorsque Fidelity n’existait plus en tant qu’entreprise indépendante . La version 1 n’est jamais arrivée sur le marché, car l’élimination de la fonction d’apprentissage ne justifiait pas un modèle spécifique et Fidelity ne l’a finalement pas produit.
Les caractéristiques des versions étaient les suivantes:
Comme l’étiquette au dos de mon échiquier Elite Avant Garde ne précise que la mention 6117, je pourrais avoir n’importe quelle version entre les 6 et 11. Pour déterminer cette dernière, il faut appuyer sur le bouton TB juste après le démarrage, ensuite des appuis successifs sur TB affichent la version du programme. Comme c’est une checksum en héxa, j’avoue que ça ne parle aucune des langues que je connais. Par contre, après des apuis successifs du TB, à un moment donné, la quantité de RAM est affichée. 512 pour mon bébé, soit une version 6 puisqu’il n’y en a pas d’autre avec cette quantité de mémoire.
Par rapport aux versions en plastique, celles en bois proposées pour tous les modèles:– un bibliothèque d’ouverture étendu de 64 Ko, contre 28 Ko pour Mach III / IV.– Interface RS-232 pour communiquer avec un PC.– Double affichage.– Système de calcul ELO basé sur les résultats contre Elite.– Mémoire minimale de 128 Ko, ce qui a doublé les 64 Ko de Mach III.Avec ces ajouts, Fidelity a fortement différencié ses séries de haute qualité de la gamme en plastique.Pour comparer la vitesse entre les différentes versions, j’ai trouvé sur le net les données suivantes où les machines calculaient au niveau G8 (profondeur 8 demi-coups) en réponse à Ch3. Voyons les résultats:Designer 2265 68000/16 64 Ko 22’43 soit 1,00x (équivalent à Elite V2)Designer 2325 68020/20 512 Ko 8’38 soit 2.63x (équivalent à Elite V6)Elite V2 68000/16 128 Ko 22’20 soit 1,02x programme 0028-4914Elite V2 accéléré à 20,40 MHz 17’31 x1.30x programme 0028-4914Émulation Elite V2 68000/16 1024Kb 18’30 “Programme 1.23x FD5C-49AC (il peut donner une idée de l’augmentation de vitesse en ayant plus de mémoire RAM)Émulation Elite V7 68000/20 1024Kb 7’58 “2.85x programme FCA0-6969Elite V9 68030/32 1024Kb 4’33 “4.99x programme F702-6893Elite V11 68060/72 2048Kb 55 “24,79x programme F40C-38B9Sur les modèles Elite, un test peut être effectué lors du démarrage de l’ordinateur en appuyant sur la touche TB. Après la première pression de CL lorsque l’écran de test apparaît avec toutes les LED allumées, il indique le numéro de version du programme. (Hexadécimal). Il est impressionnant de voir l’augmentation de la vitesse du V11, qui laisse un V9 si loin derrière. Pour info, je possède une version 68030/50MHz, soit un v9+.Le doublement de la mémoire RAM a donné une augmentation de la vitesse de 8%. L’utilisation de l’émulation MESS d’un V2 avec 1024 Ko de RAM, ce qui équivaut à doubler la RAM d’un V2 normal 3 fois, donne une augmentation de 6,90% à chaque fois que la quantité de RAM est doublée. Autrement dit, un V2 avec 256 Ko serait 6,9% plus rapide qu’avec 128 Ko. Avec 512 Ko, ce serait 13,81% et avec 1024 Ko ce serait 20,72%. Avec un vrai V2, en comparant sans utiliser de RAM et en utilisant 128Kb, le résultat est impressionnant. Le facteur entre 0Kb et 128Kb est de 2,08x en faveur de l’unité avec 128Kb, passant de 36’28 “à 17’31”.Version 11Des années plus tard, un ancien ingénieur de Fidelity en Allemagne, Wilfried Bucke, a développé une carte mère conçue pour utiliser le 68040 et mettre à niveau les modèles Fidelity en bois (Elite A / S, Prestige ou Elite Avant Garde) vers le V10. Peu de temps après, il a également acquis des pièces pour utiliser le processeur 68060, le dernier processeur de Motorola et le dernier membre de la famille 680×0. Par conséquent, il existe trois options V11 connues. Un avec le 68040 à 40 MHz, ou à 25 MHz pour être identique au V10. Et deux avec le 68060, les premières unités à 66 MHz puis à 72 MHz. Il était fourni avec 2048 Ko de RAM pour les tables de hachage, en utilisant de la SRAM. Je ne sais pas avec certitude combien d’unités du V11 ont été fabriquées au total. Les données d’autres sites Web parlent d’environ 20 à 25 unités, mais il n’y a pas de données sur le nombre de 68040 et 68060 fabriqués, ou sur le nombre à 66 ou 72 MHz. M. Bucke a vendu la dernière carte en 2004, épuisant ainsi les pièces disponibles et ne produisant plus de platines. Puis, en 2008, il a pris sa retraite du commerce des échecs électroniques.Le processeur 68060 atteint une telle vitesse car il est beaucoup plus moderne que le 68040. Une structure plus efficace, 32 Ko de mémoire cache et d’autres raffinements, font du 68060 un processeur puissant sur lequel le programme Mach IV vole. Et ceci malgré le fait que le programme Mach IV ne profite pas des possibilités du 68060 car il n’est pas optimisé pour cela.Pour avoir une meilleure idée de la comparaison des performances, un 68000 à 8MHz est capable de traiter 1 MIP (millions d’instructions par seconde). L’ancien 80486DX 66MHz traite 54 MIPS. Un Pentium 60MHz atteint 100 MIPS. Et le 68060 qui nous concerne, à 75MHz (dans le V11 ça passe à 72), atteint 110 MIPS. Abaissez ce chiffre à 88 MIPS avec le modèle 66 MHz. Pour ceux d’entre nous qui viennent du «monde PC», on peut imaginer qu’il équivaut à un Pentium 60-66MHz, qui était déjà un processeur très sérieux.Les données matérielles V11 sont: (extraites du guide matériel V11 qui est envoyé lorsque vous achetez la mise à jour)Processeur: MC68EC060RC75 (version 75 MHz)Horloge du processeur: 72 MHzHorloge du bus: 36 MHzTaille du programme: 4x 256Kx8 EPROM (1 Mo)Cache: 4x 8Kx8 SRAM (32 KB)Taille de la mémoire: 4x 512Kx8 SRAM (2 Mo Hash Tables)Permanent Mémoire: 2x 8Kx8 EEPROM (16 Ko, non volatile)Ventilateur CPU: ouiConsommation électrique: env. 10 watts La liste ELO d’Eric Hallsworth (Selective Search, numéro 128, 2007) montre ces valeurs:Élite V10 2179Élite V9 2122Élite V6 2076Élite V5 2059Élite V2 1985Elite V11 pourrait être parfaitement placé, étant conservateur, dans la gamme 2275-2325, en prenant les notes susmentionnées comme valides.En termes de performances, l’Elite V11, malgré l’âge de son programme, résiste bien au London 68030. En l’absence de plus de tests, ces résultats donnent déjà une idée de sa force de jeu. [...]
26 February, 2023CollectionSaitek Risc 2500
Origine
Mon échiquier a été acheté sur eBay, le 14 novembre 2020, soit en plein dans le second confinement. C’est une machine que beaucoup de collectionneurs possèdent, mais qui est pourtant rare à la vente. C’est aussi une machine mythique, comme le Super Conny, le Par Excellence ou le Fidelity Mach III. Elle a posé le standard d’un nouveau type d’échiquier, celui de machines très fortes, mais pas hors de prix de par son hardware. Le prix contenu est rendu possible par l’utilisation d’un processeur RISC, beaucoup moins cher que les 68030 de Motorola. Son petit nom allemand est ” la bombe plastique”, ce qui résume de manière familière sa place dans le bestiaire des échiquiers électroniques. Par la suite, d’autres se sont positionnés sur le créneau, comme les Mephisto Berlin Pro et Atlanta.
Historique
Johan de Koning a acquis son premier ordinateur en 1986 et a appris le langage de programmation C, avec lequel il développe encore aujourd’hui ses programmes. En 1987, il a écrit son premier programme d’échecs The King dans ce langage et en a développé plusieurs versions en peu de temps. Le programme a fait sa première apparition en 1987 lors du championnat hollandais d’informatique et s’est tout de suite classé 4e. Les tournois hollandais comptent parmi les plus forts du monde, beaucoup de bons programmeurs d’échecs viennent de ce pays, le résultat était sensationnel pour un nouveau venu. Très motivé par ce succès, de Koning a commencé à travailler très sérieusement sur le programme, de nombreuses améliorations ont été apportées.Après avoir terminé ses études, Johan de Koning a été embauché par la société Tasc et a pu se consacrer entièrement au développement du logiciel. Tasc venait de décider d’utiliser un tout nouveau processeur et avait opté pour le processeur ARM2, idéal pour la programmation d’échecs. Les programmes complexes sont exécutés très rapidement. Johan de Koning a de nouveau restructuré son programme : cette fois-ci, il a intégré des éléments sélectifs et rédigé certaines parties du logiciel en assembleur afin d’obtenir une plus grande vitesse d’exécution. Les modifications apportées ont eu un effet très positif, car The King a pu remporter la deuxième place au championnat néerlandais et surtout, le mode de jeu actif du programme a enthousiasmé les experts présents. Ce succès a incité la société Tasc à équiper ses cartes ChessMachine de ce processeur afin que le programme puisse fonctionner sur PC. La force du programme reposait sur le jeu actif, associé à une énorme force de frappe tactique. La stratégie et les fins de partie laissaient encore à désirer dans les premières versions. Après avoir été peaufiné, The King a été commercialisé en même temps que Gideon d’Ed Schröder.
Pour les deux programmes, il fallait bien sûr acheter la carte, cette combinaison de logiciel et de matériel a connu un énorme succès sous le nom de ChessMachine. Lors du Championnat du monde de 1991, The King a même réussi à battre de manière convaincante le programme Vancouver de Richard Lang. Cette version puissante a été offerte pendant un certain temps aux acheteurs de ChessMachine en tant que supplément au programme de champion du monde d’Ed Schröder et a atteint un haut degré de diffusion grâce à cette habile mesure de vente. Le joueur de classe mondiale John Nunn a évalué la puissance en blitz de The King à 2400 points Elo ! Par la suite, The King a été remanié ou amélioré à plusieurs reprises et occupe les premières places dans tous les classements dans les versions 2.2 ou 2.5 sur R30/R40 et ChessMachine 32 MHz. Début 1993, The King occupe souverainement la première place dans la liste Elo de la fédération suédoise des ordinateurs d’échecs. Ce fait a plus de poids que les championnats selon le système suisse en cinq rondes.
Johan de Koning a réussi à améliorer The King également sur le plan stratégique, sans que le domaine tactique du logiciel ne soit endommagé ; de nombreux joueurs d’échecs sont totalement enthousiasmés par cet ordinateur au jeu agressif. Lors du tournoi Aegon aux Pays-Bas en 1993, The King a atteint une performance Elo de 2590 points ! Entre-temps, le programme a atteint un degré de diffusion aussi élevé que les œuvres de Richard Lang. En tant qu’ordinateur d’échecs pur, le programme est disponible dans le Saitek RISC 2500, le Tasc R30/R40 et le Millennium The King Element, l’amateur de PC peut choisir entre le ChessMachine ou le Chessmaster avec lequel j’ai expérimenté pendant des heures.
Hardware
Johan de Koning est sans aucun doute l’un des meilleurs programmeurs d’échecs de notre époque. Une variante de son programme à succès The King a été achetée par la société Saitek en 1992 pour le Risc 2500. Il existe au moins trois versions du programme (1.02, 1.03 et 1.04).Cet ordinateur d’échecs fait sans aucun doute partie des ordinateurs d’échecs les plus puissants sur le plan tactique ! La performance maximale est assurée par un processeur Risc 32 bits avec 128 Ko de RAM. Le matériel est basé sur la technologie éprouvée du Chessmachine de la société Tasc. La mémoire de travail disponible (128 Ko) peut être augmentée à 2 Mo. Toutefois, l’augmentation de la puissance de jeu obtenue par rapport à 512 Ko est marginale et n’a pas encore pu être prouvée dans la pratique. Lors de la mise en marche de l’ordinateur, le programme de jeu est chargé de l’EPROM lente dans la mémoire de programme rapide (RAM). Ainsi, dans la version avec 128 Ko de RAM, il ne reste qu’environ 30 Ko pour les Hash Tables. Avec 512 KB, il y a en revanche plus de 400 KB. L’augmentation de la force de jeu ainsi obtenue est particulièrement visible dans les finales avec peu de pièces. La force de jeu peut aussi être influencée par les options de réglage du style de jeu.
Ergonomie et design
Comme pour tous les appareils de ce fabricant, le design de l’appareil peut être qualifié de réussi. Le boîtier plat mesure 41 cm x 29 cm x 4 cm et est équipé d’une technique de capteurs de pression. Les capteurs de pression réagissent à une légère pression, les traits de l’ordinateur sont indiqués par 16 diodes périphériques. Le Risc 2500 est équipé d’un écran dont le contraste peut être adapté aux conditions de luminosité à l’aide d’un commutateur à coulisse. L’ordinateur est multilingue, c’est-à-dire que le joueur peut choisir entre plusieurs langues. Le Risc 2500 peut transmettre ses informations en allemand, anglais, français et néerlandais. Comme pour le Mephisto Polgar, le nom de l’ouverture est affiché pendant la partie et l’ordinateur reconnaît également les changements de coups. Toutes les fonctions de l’ordinateur peuvent être utilisées grâce à un système de menus bien conçu. Les fonctions importantes peuvent être appelées à tout moment par la touche MENU ou les niveaux de jeu abandonnés sont nombreux, le joueur peut bien sûr aussi utiliser ses propres paramètres. Malheureusement, l’ordinateur ne dispose pas d’une mémoire de parties dans laquelle les parties pourraient être sauvegardées. Seule la dernière partie jouée est conservée dans la mémoire après l’extinction.
Les nombreuses possibilités de réglage permettent de varier les plaisirs. Le joueur peut ainsi choisir entre cinq styles de jeu différents : normal, offensif, défensif, actif ou solide. La configuration “active” s’est avérée être la plus forte, du moins au niveau des tournois. Mais dans différentes positions de jeu, un autre réglage peut aussi aider à obtenir de meilleurs résultats. L’utilisateur dispose toujours d’un large champ d’expérimentation.
La bibliothèque d’ouvertures peut également être désactivée ou limitée et est divisée en une bibliothèque aléatoire et une bibliothèque de tournois. Avec l’aide de la bibliothèque aléatoire, le Risc 2500 joue de manière très variée dans l’ouverture, la bibliothèque de tournoi contient surtout des variantes qui sont spécialement adaptées à la manière de jouer de l’ordinateur.
Bien entendu, le Risc 2500 permet aussi à son adversaire de jeter un coup d’œil dans son “cerveau”. Toutes les informations telles que l’évaluation de la position, la profondeur de recherche, la meilleure variante ou la variante actuelle sont affichées sur l’écran de l’ordinateur. Outre sa grande puissance de jeu, l’ordinateur enthousiasme par son style entreprenant. En particulier en mode “offensif”, le Risc 2500 joue à fond pour gagner. Avec ce réglage, le joueur n’est pas confronté à d’ennuyeuses et pénibles tergiversations. La bibliothèque d’ouvertures vaste et étendue réserve toujours des surprises.
Le milieu de partie est très bon du point de vue positionnel, tactiquement l’ordinateur fait partie de ce qui se fait de mieux dans le domaine des échecs par ordinateur. La gestion des finales se situe à un niveau très élevé et peut rivaliser avec tous les programmes de pointe. Contrairement à d’autres ordinateurs, le Risc 2500 ne se fixe pas unilatéralement sur l’obtention de matériel. La volonté avec laquelle le programme fait toujours des sacrifices de matériel pour obtenir des avantages positionnels ou même une attaque peut enthousiasmer.
Mode d'emploi
Tests officiels
Toujours l’excellent article de Computer Schach une Spiele, en allemand, désolé de e pas avoir de traduction.
Tests personnels
Le Roi a joué toutes ses parties dans mon tournoi machines et termine troisième avec égalité de points avec Mephisto London 68030 à 33 MHz, soit 21,5 points sur 29 possibles et une performance Elo de 2275 en parties actives. La machine est redoutable pour tous les adversaires. A noter que beaucoup de machines n’ont pas effectué tous leurs matchs, comme les Genius de la maison Millennium, ni le Berlin Pro.
Conclusion
Voici une très belle acquisition dans ma collection. Machine puissante, racée, performante et au top en parties actives. J’ai hâte de voir comment les deux Millennium chess Genius ainsi que le Berlin Pro vont se classer dans mon tournoi 15s par coup par rapport au Risc 2500. Ce dernier est l’une des plus fortes machine dédiée. Il trône fièrement dans ma collection. Quelle joie de voir quelques décennies plus tard que j’ai pu mettre la main sur un exemplaire. [...]
9 January, 2023CollectionMephisto Atlanta
Origine
Une fois n’est pas coutume, j’ai pu acheter cette machine sur un forum d’échange et vente, pas d’enchères donc ni de négociations avec la foule du Bon Coin.L’achat a été conclu en septembre 2022, l’appareil provient comme cela est souvent le cas de Germanie.
L’échiquier est arrivé dans sa belle valise avec les pièces, l’alimentation et le livret imprimé. Les modes d’emploi sont plus rares à trouver d’origine que les machines ! L’échiquier est en excellent état.
Historique
Le Mephisto Atlanta, qui est plutôt un Saitek Atlanta d’ailleurs puisque Hegener & Glaser avait été rachetée par l’entreprise suisse qui a gardé le nom de marque d’origine, fait partie dans le jeu des sept familles de la catégorie dite « Laptop ». Sortie en 1997 pour 400€, la machine joue dans la catégorie des Mephisto Berlin Professional et Saitek Risc 2500. Le Mephisto Atlanta fait partie encore aujourd’hui des plus puissantes machines dédiées et non émulées.Son aspect est semblable à un autre échiquier de la famille Laptop, le Mephisto Milano Pro, sorti en 1996 et qui joue quelques 100 elo moins fort, sans doute par manque de tables de transposition. Les bugs du Milano Pro ont été corrigés et les connaissances en finale améliorées.Le programmeur est un certain Frans Morsch et la lignée d’appareils ayant conduit à l’Atlanta est composée des Mephisto Magellan, Mephisto Senator, Mephisto Milano Pro, Mephisto master Chess, tous jouant à 2100 elo et plus. Le Mephisto Atlanta est l’échiquier dédié le plus puissant abritant un programme de Frans Morsch.Enfin, il faut aussi dire que le programme qui anime l’Atlanta est un dérivé de Fritz 1, le logiciel pour PC que j’avais découvert début des années 90 et son style de jeu extrêmement agressif et actif.
Hardware
Ce qui est admirable avec Frans Morsch, c’est que cet homme a développé des logiciels pour des plateformes très diverses. Sans doute le programmeur le plus polyvalent de l’histoire. Il implémenta sur 6502 (Supermondial, dominator, Sphinx…), H8 et avec l’Atlanta sur Hitachi S7032. J’ai compté 60 machines dédiées dont l’âme crie «Morsch, Morsch, Morsch».Pour en revenir à nos pions, l’Atlanta est propulsé donc par un processeur Risc 32 Bits très puissant, puisque cadencé à 20MHz, il dépote quelques 20 MIPS, soit plus qu’un Motorola 68030 à 50 MHz, tout en étant sensiblement moins cher. Même en 1998, les Motorola 68030 sont des processeurs utilisés dans des machines hors de prix. Le programme est contenu dans une ROM de 64KO et il a 512KO dédiés aux tables de transposition. La bibliothèque d’ouverture compte 50 000 demi-coups.L’affichage est aussi laid que sur le Milano Pro, et pour cause, c’est le même, du LCD à segments, dans ce domaine, Novag a fait beaucoup plus beau. La fonction d’évaluation est affichée avec un seul chiffre après la virgule et si je ne me trompe pas, nous n’avons aucune indication du nombre de noeuds calculés par seconde. Je ne crois pas avoir vu non plus la profondeur d’analyse atteinte.
Ergonomie
Les pièces tout d’abord. Le vif-argent des pièces blanches est classe, par contre le noir satiné n’est pas à la hauteur.Comme le Berlin et le Berlin Pro, cet échiquier possède une diode par case pour indiquer les mouvements. Souvent cela est associé à des appareils haut de gamme et passe pour conférer à la machine une meilleure jouabilité. Or ici, je trouve que cela dessert grandement le jeu. En effet, les cases sont petites et quand les pièces sont sur l’échiquier, les diodes sont souvent cachées, alors que si le constructeur avait opté pour le système en coordonnées de 16 diodes, la vision des déplacements aurait été meilleure. Le Milano Pro est plus agréable à jouer.Une autre récrimination envers l’ergonomie de l’Atlanta concerne l’allumage de ces diodes. En effet, sur la plupart des autres machines, lors d’un mouvement, la diode de la case de départ s’allume et la diode de la case d’arrivée clignote, ce qui permet d’un coup d’oeil de voir l’intention de la machine. Sur l’Atlanta, seule la diode de la case de départ s’allume. La case d’arrivée ne s’allume qu’après avoir validé par pression de la pièce la case de départ. Cela semble être un petit problème, mais il est désagréable à l’usage, sans être rédhibitoire.Sinon, l’esthétique Laptop est toujours appréciée, le couvercle protège bien la surface jouable. Contrairement aux Berlin et Berlin Pro, l’appareil fonctionne sur batterie, le processeur Hitachi est moins gourmand que les Motorola, ce qui fait de cet échiquier un bon compagnon de mes déplacements….dommage qu’il n’y ait pas de compartiment pour les pièces.Ce défaut est corrigé par les pièces de type jeton livrées avec l’appareil, mais comme on peut le voir sur la photo suivante, les jetons sont gris. Pourquoi ne pas avoir fait des jetons blancs et noir avec des dessins noir et blanc respectivement ? Au moins,je peux les remplacer par un jeu plus joli de jetons.
Mode d'emploi
Tests officiels
Toujours l’excellent article de Computer Schach une Spiele, en allemand, désolé de e pas avoir de traduction.
Voici une capture de l’excellent site Schach Wiki.
Toujours sur le site Schach Wiki, on peut retrouver le détail des parties jouées par l’Atlanta en cadences rapide et en cadence tournoi.
Cadence Rapide
Ici l’Atlanta fait presque jeu égal avec le TASC R30 V2.2, il enfonce le Risc 2500, c’est dire sa puissance tactique.
Cadence tournoi
Le Berlin Pro ne lui laisse aucune chance en tournoi ! Quant au Risc 2500, il lui est supérieur. L’Atlanta fait seulement jeu égal avec le Millenium Chess Genius qui est pourtant moins bien classé en parties actives.
Tests personnels
L’Atlanta a joué toutes ses parties contre mes autres machines, au rythme de 15s par coup. Le tableau ci-dessous présente son classement. L’Atlanta prend une superbe seconde place avec 75% de points possibles et une performance elo qui correspond à peu de chose près à son niveau. Il a 0,5 point de plus que les Kasparov Risc 2500 et London 68030. Par contre les deux machines Millennium chess Genius n’ont pas encore terminé toutes leurs parties, ce sont des machines qui peuvent prétendre aux places 2 à 5. De même, le Berlin Pro est en cours de bataille !
Le fait que l’Atlanta soit aussi bien placé à cette cadence rapide ne doit pas surprendre. Le programme Fritz de Frans Morsch a cette capacité là d’être très performant en blitz. C’est un programme très sélectif et très rapide à explorer les noeuds de l’arbre de décision. On voit bien aussi que la performance de l’Atlanta en partie rapide est aussi bonne que celle du Berlin Pro, par contre au rythme tournoi, sa performance elo est 100 points inférieure au Berlin Pro.En règle générale, l’Atlanta est une machine redoutable pour tous les adversaires de ma collection. Son style de jeu est très agréable, il est actif, il met beaucoup de pression sur le roi adverse, il attaque, et c’est une des meilleures transitions entre ouverture et milieu de partie que je peux voir.Par contre, sa faiblesse en finales par rapport à des machines de son niveau lui fait perdre des points. Là-dessus, un Berlin Pro de Richard Lang ou un Saitek Risc de Johan de Koning ont un jeu beaucoup plus solide. Le Berlin Pro se fait souvent surprendre par des machines très tactiques en milieu de partie en cadence blitz, mais il égalise remarquablement dans la transition vers la finale.Dans mon tournoi, la grille suivante montre ses parties individuelles. L’Atlanta perd contre le Mephisto London 68030, contre le Fidelity Mach IV V9+ et le Berlin Pro. On voit qu’il joue très bien les deux Millennium chess Genius.Excellent programme, excellent parcours. Que donnerait un croisement entre l’Atlanta et un programme fort en finale ? Sans doute une machine à plus de 2300 elo en dédié.
Conclusion
Voici une très belle acquisition dans ma collection. Machine puissante, racée, performante et au top en parties actives. J’ai hâte de voir comment les deux Millennium chess Genius ainsi que le Berlin Pro vont se classer dans mon tournoi 15s par coup par rapport à l’Atlanta. Ce dernier est l’une des plus fortes machine dédiée. Bien sûr les Revelations et autres Phoenix émulant des programmes à très haute vitesse proposent des performances supérieures pour certains programmes, mais je ne suis pas un grand fan des machines émulant pléthore d’applications. [...]
16 February, 2022CollectionFidelity Designer 2325 Master
Parmi les machines qui ont marqué et imprégné l’histoire des jeux d’échecs électroniques, l’Excel 68020 Mach IV Master 2325 (les noms les plus courts étaient déjà pris !) est une référence. Il paraît en 1989, de concert avec l’Elite Avant Garde 6, un magnifique auto-répondeur en bois avec le même hardware. Puis deux ans plus tard naît le Fidelity Designer 2325 Master, une version design et un peu plus abordable, toujours avec le même programme et hardware si ce n’est à quelques kilo-octets de mémoire près et de profondeur d’ouverture. Cette machine a pris la tête du classement des micros sur la liste suédoise SSDF, détrônant pour la première fois l’indéboulonnable Mephisto de son piédestal.
Le Fidelity Excel Mach IV Master mérite une place de choix dans l’histoire des luttes de Fidelity pour tenter d’arracher le championnat du monde à Méphisto. Une quête dans laquelle Fidelity a échoué malgré les progrès considérables réalisés par Dan et Kathe Spracklen grâce à la force de leur programme. Lors du championnat du monde d’échecs sur micro-ordinateur de 1988, Fidelity utilisait des boîtiers spéciaux refroidis par ventilateur et des processeurs 68030, mais pour le reste, ses machines de tournoi étaient essentiellement des Mach IV Masters.
Le programme Mach IV était apprécié des amateurs pour son style de jeu très aéré et ouvert et ses attaques. Tactiquement très fort, il était aussi bon en finales. Il n’a pas été produit beaucoup de Mach IV aussi c’est une vraie machine de collection, rare et chère. Quant à sa version Designer, je crois qu’elle était la seule de la série à être fournie en malette, ce qui en fait un objet convoité aussi par les collectionneurs.
En fait j’ai eu entre mes mains deux Masters 2325 avec mallette. Le premier je l’avais revendu et j’ai eu tellement de regrets que je m’en suis procuré un autre. Ci-dessous, à gauche le premier appareil et à droite le second. Celui que je possède aujourd’hui a même un adaptateur secteur d’origine.
L’Excel Mach IV a un classement de 2075 Elo (Selectiv Search) et 2123 Elo (aux échecs actifs). En dehors du processeur 32 bits fonctionnant à 20 MHz et de la grande augmentation de la RAM pour les tables de hachage, le Mach IV est fondamentalement la même machine que le Mach III. Le manuel, la boîte (à part les autocollants) et les pièces d’échecs sont les mêmes.
J’avais réalisé des tests très extensifs sur ma machine et comparé diverses versions de hardware dans la section “test” et “BT-2450/BT-2630” et je reproduis ci dessous les résultats.
Seuls les temps réalisés sur des diagrammes spécifiques sont reproduits, en fait, ceux dont les temps de résolutions ne sont ni écrétés par la limite des 15 minutes, ni trop peu représentatifs parce que proche de quelques secondes. La comparaison des temps de résolution dans un régime de proportion linéaire permet de comparer la vitesse du programme avec divers hardwares.Dans l’absolu, le 68030 arrive à un BT2630 ELO de 2130, soit significativement plus que la v9. Dans le tableau juste en-dessous on peut voir la différence de vitesse de résolution des problèmes. On peut voir que le programme Mach IV se prête très bien à une accélération matérielle, ce qui explique que dans les années 2010, des versions à base de 68060 et tournant à 72 MHz remportaient d’importants tournois entre micros vintage. La puissance tactique du Mach IV, propulsée par la puissance de calcul d’un hardware moderne est très conséquente.
Le Designer Master a joué mes autres machines au rythme de 15 secondes par coup.
Le tableau ci-dessous résume les performances. La première colonne est son ELO en parties actives d’après le site Schachcomputer.info. La colonne suivante est le nombre de points et la colonne d’après le nombre de parties jouées. L’avant-dernière colonne est le taux de réussite et la dernière est la performance ELO de ce tournoi entre machines. On peut voir que le Master réalise une performance de 2161 ELO qui est de 38 points supérieure à la performance attendue. Il cumule 16.5 points sur 27 parties jouées. Toutes les parties ne sont pas terminées, mais le Master a joué toutes les siennes. On peut sur cette grille le situer par rapport au module SPARC et par rapport à la version en hardware 68030.
Cet échiquier est une pièce de choix dans ma collection. Je serais fier de posséder un Mach IV mais vu le prix de ce dernier sur le marché d’occasion, aucun regret, au contraire. Cette machine m’a toujours fait rêver, tout comme la Designer Mach III et j’ai passé de longues heures à lire tout ce qui les concerne. A noter que mon appareil actuel a été livré avec un quartz oscillant à 24 MHz, ce qui m’a permis plus haut de le comparer à la version de base qui elle est cadencée à 20 MHz. La différence est de 24 points ELO au test BT2630. Au bout d’un moment, l’appareil finissait par figer complètement, aussi j’ai dessoudé le quartz pour le remplacer par celui d’origine. Merci de m’avoir lu. [...]
24 January, 2022BlogQuand Fidelity innove
Cela fait un petit bout de temps que j’avais envie de rechercher dans mes documents des articles qui ont salué le parcours d’innovation de l’entreprise Fidelity en matière d’échecs électroniques. Ces innovations durant la fin des années 80 ont consisté en :Premier micro avec tables de hachage.Premier micro utilisant l’apprentissage des erreurs.Premier micro biprocesseur.Ces trois éléments font partie depuis de la base de tout logiciel dédié aux échecs. Les tables de hachage en particulier ont déverrouillé une des grandes faiblesses des échiquiers dédiés, à savoir la gestion de finales. L’autre innovation qui viendra plus tard, mais pas de Fidelity, ni sur les micros, consistera en bases de données de finales avec n pièces restantes sur l’échiquier.
1. Les tables de hashage
1.1 Fidelity Excel 68000
Voici le premier test dédié au Fidelity Excel 68000, dont il y eu quelques versions avant l’avènement du Excel 68000 Mach II. le test est sorti dans la revue Europe Échecs de novembre 1987, et le scan de mon exemplaire est reproduit ci-dessous. À noter que seuls 16 Ko sont consacrés aux tables de transposition. En 1987, le processeur coûte cher, la mémoire coûte cher et les coûts doivent être optimisés pour pouvoir vendre la machine à plusieurs milliers de francs, mais sans s’adresser à des joueurs fortunés comme le faisait Mephisto à vendre ses machines à base de processeur Motorola pour une fortune. À l’époque, je ne pouvais m’offrir ni l’un ni l’autre.
1.2 Excel 68000 Mach II
Les époux Spracklens sont dans une grande phase d’inspiration, assez rapidement, l’Excel 68000 est suivi par l’Excel 68000 Mach II. Ce dernier ne crève pas le plafond ELO tout de suite, mais une amélioration après l’autre, aboutira à la génération suivante. En attendant de percer, voici une machine qui possède 144Ko de mémoire dédiée aux tables de transposition, une machine qui gère les inversions de coups dans les ouvertures.
1.3 Excel Mach II LA
On voit sur le numéro suivant d’Europe Échecs qui date de l’été 1988 à quel point les nouvelles machines sortent vite. Ici, pas d’innovation, nous sommes toujours à discuter les tables de transposition, par contre, je voulais montrer, avec les diagrammes de tests, les progrès faits pour optimiser le programme aux nouvelles techniques : jeu d’instructions sur 16 bits et tables de transposition. Le Mach II LA est une vraie rupture, c’est une machine qui remporte quelques succès en tournois contre l’humain et surtout, elle fait le lien avec l’œuvre finale des Spracklen, le programme Mach III qui utilisera encore le 68000 de la maison Motorola et une fréquence d’horloge de 16 MHz.
1.4 Excel Mach IV
Toujours dans la section dédiée aux tables de hachage, je me permets de sauter le Mach III, parce que le Mach IV est le même programme, mais tournant sur le Motorola 68020 à 20 MHz. Le fabricant Fidelity a franchi le pas ici vers le monde des instructions et adressages sur 32 bits et une puissance de traitement supérieure, c’est pour cela que je n’ai pas continué sur le Mach III. La rupture est ici matérielle et non logicielle. La particularité du Mach IV est qu’il a pris pendant plusieurs mois, la tête du classement des micros de la SSDF, l’organisme suédois qui faisait foi en termes de niveau de jeu. Pour la première fois depuis longtemps, Mephisto n’occupe pas la tête de classement. D’ailleurs les Mach III et Mach IV ont été si aboutis, qu’ils ont donné lieu à d’autres déclinaisons. On trouve ces programmes et hardwares dans les échiquiers auto-répondeurs de la game Elite Avant Garde. On les trouve aussi déclinés dans une version low-cost mais design en tant que Fidelity Designer 2265 Master et Fidelity Designer 2325 Master. Concernant ce dernier, un article lui est consacré dans ma section “collection”.
2. Le micro qui apprend de ses erreurs
Dans les évaluations de la force des micros, il peut arriver qu’un testeur fasse affronter deux machines, disons un Fidelity Avant Garde Master et un Novag Diablo, et que sur 20 parties, les deux machines jouent plusieurs fois la même partie. Cela fausse à l’évidence les résultats. D’autre part, monsieur “Je maîtrise le jeu” plante trente fois de suite la même défaite à sa machine préférée. Cela lui fait surement très plaisir, mais n’y a-t-il pas un moyen pour que cela ne se produise pas ? Eh oui, Fidelity a la solution, et ils sortirent en leur temps la première machine qui essaye d’éviter de faire plusieurs fois la même erreur ! Depuis, tous les logiciels ont intégré une fonction d’apprentissage dans leur arbre de recherche.
3. Le premier multi-processeur
Des essais d’overclocking, tout le monde a pu constater que de doubler la vitesse d’horloge conduit à gagner des points ELO. Une autre manière d’accélérer l’exploration de l’arbre est de confier une partie des coups à explorer à un processeur et l’autre partie à un autre processeur, sachant qu’il faut ensuite arbitrer entre les résultats des explorations des deux parties d’arbre. Fidelity a été la première entreprise à commercialiser un micro biprocesseur.
4. Conclusion
Je pense qu’on peut dire que là où Mephisto pousse l’algorithme avec son programmeur vedette, Richard Lang, ainsi que la puissance brute avec des processeurs 68000 et 68020 pour le grand public, Fidelity explore de nouvelles voies et en l’espace de deux ou trois ans, ils ont sorti des micros avec des innovations. Si les tables de hachage étaient déjà connues, l’entreprise est la première à commercialiser une machine qui les utilise. La solution s’est révélée si performante qu’elle est devenue le sine qua non pour des machines qui jouent bien les finales. Le multiprocessing ou l’apprentissage étaient moins déterminants pour la force de jeu, mais encore une fois, il fallait que quelqu’un défriche pour les autres. À mon sens, un programme qui tient compte de ses erreurs passées est pour moi plus attrayant qu’une killer bibliothèque orientée tournoi et qui restreint le jeu à quelques variantes sans risque pour le style de jeu d’une machine. Bravo à Fidelity pour le courage de s’engager sur de nouvelles voies. [...]
14 January, 2022CollectionSaitek Renaissance Sparc
Voici une combinaison d’échiquier auto-répondeur et de module haut de gamme. Haut de gamme par sa beauté, par son confort de jeu, par sa puissance de jeu et par sa rareté. La combinaison est hyper recherchée parmi les amateurs pour deux raison. En premier grâce à l’échiquier hôte, qui a des dimensions de tournoi et qui est vraiment très beau. La seconde, c’est la force du module Sparc qui est le top de ce qu’on peut avoir pour les échiquiers modulaires de la maison Saitek. En plus le module Sparc est l’ultime chef d’oeuvre des époux-programmeurs Spracklen. Ces derniers, après avoir quitté Fidelity, ont eu la mission de réaliser un programme haut de gamme pour un hardware haut de gamme. C’est leur dernier programme et le point d’aboutissement d’années de développements.
Le Sparc s’est peu vendu dans les années 1990, ce qui explique sa rareté et sa valeur actuelle. Le Sparc a un look à part avec sa grille noire. Une entrée d’air est nécessaire car le module est refroidi par ventilateur, le bruit du ventilateur faisant partie du caractère particulier du Sparc.
Dans mon module le ventilateur a été remplacé par un modèle silencieux au point que je ne l’entends pas.
Les Spracklens ont produit un programme pour la puce RISC et l’ont présenté aux Championnats du monde d’échecs sur micro-ordinateur à Vancouver où, sous le nom de Fidelity X, il a eu la chance de terminer 5e. La puissance du programme n’a pas été jugée suffisante pour justifier le coût prévu et un développement supplémentaire a été demandé. Vers la fin de 1991, le projet a été reporté indéfiniment et des rumeurs ont circulé selon lesquelles les Spracklens avaient été licenciés, mais au milieu de 1992, on a dit qu’ils travaillaient toujours sur le projet. Sous le nom de Kasparov Sparc, leur programme a participé au championnat du monde d’échecs par ordinateur qui s’est tenu à Madrid en novembre 1992. Sparc a terminé 4ème derrière The Chessmachine qui l’a battu dans une fin de partie passionnante dans la dernière ronde avec le championnat en jeu. Pendant ce temps, Saitek sortait le très solide modèle de table Risc 2500 (Johan de Koning), ainsi que le puissant module Brute Force pour les échiquiers Renaissance et Galileo, programmé par Frans Morsch.
Lors des championnats du monde d’échecs sur micro-ordinateur de Munich en 1993, le Kasparov Sparc n’a pu terminer que 15e sur 28. Néanmoins, la décision d’aller de l’avant fut prise et finalement, plus de trois ans après le début du projet, le module Sparc fut mis en vente. Alors que le Sparc était très fort (actuellement Elo 2218 sur la liste Wiki), il n’était pas dans la même ligue que les modules Mephisto qui étaient apparus entre-temps ou le Tasc R30 nouvellement arrivé. Les programmes PC s’avéraient également être un concurrent majeur des ordinateurs dédiés aux échecs et allaient bientôt les dominer.
Les eproms d’origine ont été remplacées par des nouvelles. Cela ne change rien au programme, mais avec le temps, des bugs peuvent se produire sur de vieilles eproms et perturber le fonctionnement du module.
Les informations suivantes sont issue de l’excellent site en allemand Schach-Computer Info. La première est sur le module en soi, la seconde sur le Renaissance.
L’échiquier Renaissance est vraiment très beau!
L’alimentation du module est différente de celle du Maestro que je possède, parce que le hardware a besoin de plus de courant. Il faut faire attantion à bien arréter le module avant de le débrancher.
Le tableau ci-dessous résume les performances du module Sparc. La première colonne est son ELO en parties actives d’après le site Schachcomputer.info. La colonne suivante est le nombre de points et la colonne d’après le nombres de parties jouées. L’avant dernière colonne est le taux de réussite et la dernière est la performance ELO de ce tournoi entre machines. On peut voir que le module SPARC pour l’instant joue au même niveau à peu près que le Mach IV 68030 à 50 MHz. Par raport au Mach IV 2325 Master de base, on est 70 points ELO au-dessus. en terme de puissance de processeur, si on s’en réfère à mon article de blog sur les processeurs RISC le processeur 68030 à 50 MHz a une puissance de traitment de 18 MIPS. Le processeur Sparc à 20 MHz a une puissance de 7 MIPS. Il est donc 2.6 fois moins puissant. A puissance de traitement égale, le programme des Spracklen sur la machine Sparc est plus performant que leur ancien programme Mach IV. La machine de tournoi du Sparc tournait elle à 50 MHz avec des difficultés de refroidissement. A 50 MHz on peut calculer qu’on est à 17.5 MIPS soit l’équivalent du 68030 à 50 MHz. Si la machine de tournoi n’avait pas été boosté, ça aurait été difficile dans les tournois entre machines pour le module Sparc face aux 68030 de chez Mephisto.
Voici un article que j’ai retrouvé dans ma collection de revues qui parle tu transfert des époux Spracklens de Fidelity à Saitek.
Mon modèle du renaissance n’est peut être pas le mieux conservé au monde, ceci dit, le plateau n’a pas trop de défauts, même s’il garde quelques traces d’utilisation.
Il y a quatre diodes par case, l’ordinateur indique la case de départ et la case d’arrivée.
Le Renaissance Sparc est l’une des belles pièces de ma collection, un rêve pour tout collectionneur. Par rapport aux programmes Mach III et Mach IV, le Sparc a perdu cette manière anarchique de développer ses pièces qui était la signature de Spracklens. Son jeu est moins spectaculaire, mais par contre très solide. [...]
3 December, 2021BlogLes chaises musicales chez Fidelity
Voilà, j’ai enfin retrouvé un Fidelity Designer 2000 Display sur un site de petites annonces espagnol. Payé le mercredi, arrivé le vendredi, mais que fait la poste française ? L’échiquier est dans un très bel état contrairement au premier que j’ai eu. Je me proposais de récupérer mon Designer 2100 Display dont j’avais utilisé la carcasse pour y loger le Designer 68030. Mais je vais trop vite dans mes explications, reprenons dès le début.
Il était au début une platine de Designer 2000, représentée au-dessus.
J’ai procédé à l’extraction de l’électronique, avec pour idée de la remplacer par celle du Designer 2100 pour retrouver la joie de jouer avec le programme du Par Excellence à 6 MHz et un écran. Au-dessus et en dessous, il y a deux photos de la platine.
Impression d’une nouvelle étiquette et hop, voici le Designer 2100 dans l’habit du Designer 2000.
Et voici enfin des photos de la platine du Designer 68030 et le résultat final dans le boitier du Designer 2100. Alors, vous allez demander pourquoi je n’ai pas laissé le Designer 2100 dans sa version originale et pourquoi je n’ai pas mis le Designer 68030 dans le Designer 2000. Tout simplement parce que le monstre ne fonctionnait pas dans la belle plastique du FD2000, allez savoir pourquoi. Ce qui m’a causé de belles frayeurs. [...]
17 November, 2021CollectionSaitek Maestro D & D++ 6 MHz
Je pense que chaque jeu d’échecs électronique a une histoire. Oui, ce genre de phrase, ça s’appelle une tautologie vu qu’ils ont presque tous plusieurs décennies ! Passons. Cet achat a une histoire (c’est déjà mieux comme phrase !). Après avoir vu passer quelques modules pour les échiquiers modulaires de la maison Saitek sans avoir eu de quoi les accueillir moi-même, j’ai vite compris qu’un module Saitek est rare. Cette phrase est un pléonasme ! Ensuite, après l’heureuse acquisition d’un Renaissance, je me suis fait gauler tous les modules Brute-Force mis en vente sur eBay. Et donc quand un collectionneur allemand m’a proposé celui-ci en vente, j’en ai été tout chamboulé. Enfin ! Enfin je vais pouvoir utiliser la Rolls-Royce des échiquiers, à savoir le magnificent (ce mot n’existe pas !) Saitek Renaissance avec un moteur digne de ce nom. Car rouler avec une carcasse qui fait deux tonnes et un moteur de 2CV, ce n’est pas l’idéal.
Donc après réception, je le pluggue (ça veut dire brancher en anglais, mais le mot fait un peu plus branché que juste « brancher ») dans le Renaissance et roule ma poule, je l’essaye….et je le bats systématiquement ! Ne m’avait-on pas dit que le module D avait un chouïa plus de niveau que cela ? Mais que se passe-t-il ? Je l’envoie dans l’arène contre d’autres gladiateurs, les Novag, les Mephisto et autres Spartacus des échecs et il se ramasse grave.
En fait, une fois le renaissance pourvu de cette excroissance cognitive, il a un double cerveau et je continuais d’utiliser celui d’origine ! Je m’explique : Les niveaux entre A1 et D8 font jouer le programme de base, alors que les niveau à partir de E1 sont pour la pomme du Maestro. Ben comment voulez-vous le deviner diantre ? Simple, il faut lire le mode d’emploi, que je fournis gracieusement ci-bas. Ah mais oui bien sûr, c’est pour cela que les modes d’emploi sont fournis à la vente !
Qu’à cela ne tienne, hop, je sélectionne donc le niveau E3 (15 secondes par coup, évident non ?) et re-arène et re-branlée !Il se fait torcher par le Par Excellence, le Modena et le Turbo King et gagne péniblement face au Super VIP et au Prisma. Comme son jeu ne brille pas spécialement, je le trouve moins séduisant que le turbo King II ou le Corona, qui proposent tous les deux une version D+, je me dis: Berger !
Je demande donc à ce dernier s’il a des EPROMS pour sortir de la grisaille et il me propose la fameuse version qui n’a jamais été officielle, la D++ avec la EGRII. Hop, commande passée, arrivée, installée et re-re-arène et re-re-branlée, mais en pire ! Battu par le Corona, le Forte A, nulle face au Par Excellence, et surtout, là où la version D+ en sortant de la bibliothèque d’ouverture imposait son jeu à presque toutes les machines, avant de s’effondrer tactiquement peu après, la D++ , elle, ne prend jamais l’avantage à la sortie d’ouverture. Son jeu est devenu plus terne d’après moi, moins bon, en tout cas à 15 secondes par coup.
Bon, sinon, voyons un peu l’enthousiasme béat des testeurs, en commençant par le Maestro D :
Il faut aussi savoir que Julio Kaplan était attendu au tournant par tous ses fans qui le voyaient déjà leur procurer le nirvana échiquéen avec un module magique et il y a eu des débats passionnés principalement alimentés par les journalistes-rédacteurs-testeurs dans leurs articles. Un site web a immortalisé (ou du moins webortalisé) dans le marbre virtuel sa prose enthousiaste, mais en allemand sur ce site. Je fourni une traduction (! branlante aussi) en dessous, réalisée par deep et non nettoyée par mes soins par flemardise encore plus deep.
Le site Blitzchess a comme souvent, une magnifique présentation des différents modules, je la reprends en-dessous par peur que ce magnifique site web dédié ne disparaisse de la toile un jour.
Ah oui, j’oubliais aussi de dire qu’en dehors des modules Maestros, il y a aussi les Analysts. La différence réside dans l’écran que ces derniers ont en plus, ce qui permet une utilisation plus confortable dans les échiquiers Leonardo et Galileo, qui ne possèdent pas de display (écrans pour les non branchés). Ensuite, le Maestro D, D+ ou D++ était décliné jusqu’à 18 MHz et je veux bien croire qu’à cette fréquence d’horloge, il produisait un autre jeu.
Pour moi, le programme de Kaplan qui a le jeu le plus agréable et fort est la version du Turbo King II et la version D+ du Corona, qui est le même programme que le TK II.Et pour finir, il me manque de parler des caractéristiques techniques, mais vous connaissez désormais la chanson, d’autres que moi l’ont fait et bien mieux, moi j’assure juste la partie artistique des machines là où d’autres sont dans la partie mécanique. Merci de m’avoir suivi jusqu’ici. Valter. [...]
11 November, 2021CollectionGO Chess Champion 2150L
Honnêtement, qui connait la marque GO ? Ce n’est pas une marque d’échiquier bien courue et de plus, la machine présentée ici est sœur d’autres qu’on trouve sous les bannières de Radio Schack et de Saitek. Un petit détour par Wikipédia nous apprend que GO est une marque de la société InterTan créé par Tandy Corporation en 1986 pour exploiter des magasins Radio Shack au Canada, en Europe et en Australie. Après la vente des sites britanniques à Carphone Warehouse en 1999 et des sites australiens à Woolworths Limited en 2001, le principal actif de la société était la franchise RadioShack pour le Canada.La relation d’InterTAN avec RadioShack a pris fin en 2005, après qu’InterTAN est devenue une filiale en propriété exclusive de Circuit City le 19 mai 2004.
L’échiquier possède cette élégance déjà présente avec le Simultano, il est vraiment beau, avec à mon goût le Saitek Prisma en chef de défilé. Le GO est cadencé à 8 au lieu de 10 MHz, mais cela n’enlève rien à sa force de jeu. Une page de Schach Wiki présente le clone de la maison Radio Shack.
Une petite comparaison côte à côte, mais du haut vers le bas (!) permet de mettre en évidence la consanguinité de trois apparails. Par ordre d’apparition à l’écran: le GO, le simultano, le Prisma.
Pour avoir d’autres renseignements sur le GO, il suffit de lire les articles consacrés au Simultano et au Prisma sur ce site. En ce qui concerne le jeu, il est surprenant, pour un appareil classé à quelques 1770 elo, ses résultats ne déméritent pas puisque dans des oppositions à 15 secondes par coup…Gains contre le Turbo King II, le Par Excellence, le Super Expert C, nulle contre le Forte A, le Corona D+…et… The King à 10 Mhz…quand même! 4.5 points sur 18, soit 25% et une performance ELO de 1871. Pas mal quand même.
J’ai acheté mon exemplaire sur eBay pour environs 38£ avant le Brexit, ce qui est un prix très correct. Le Saitek Prisma est plus difficile à trouver et très aprécié des amateurs. [...]
20 October, 2021CollectionNovag Super VIP
Le Novag Super VIP fais partie des échiquiers de la maison Novag au format calculatrice. Cette série a débuté par le Novag VIP et se caractérise par l’absence d’échiquier sensitif. Le concept est d’ailleurs si peu pratique que Novag a prévu un système à la connectique complexe pour pallier cet avantage-inconvénient !
La copie suivante sur les échiquiers de type calculatrice est tirée de l’excellent site Blitzchess :
Par contre, la compacité de l’appareil en fait un compagnon de voyage très bien pensé avec son boitier et son échiquier magnétique pliable.
Je n’arrive pas à trouver où j’ai pu acheter ce Super VIP ni à quel prix, mais c’était en septembre 2021. Cela faisait longtemps qu’il était sur ma liste au Père Noël. Il y a peu de tests réalisés par des revues alors que l’objet a eu du succès à la vente, cela est du à un niveau de jeu inférieur aux cadors du moment, et il semblerait que la portabilité fasse moins rêver que l’embonpoint des échiquiers bavarois de salon.
L’entrée des coups se fait avec les touches A1 à H8. Pour entrer d6-e5 par exemple, il faut appuyer sur d-6-e-5 successivement, c’est assez naturel. Par contre, il faut un peu de gymnastique du cerveau pour jouer avec ce système et il ne faut pas espérer blitzer non plus.
Je trouve que malgré l’absence de bois et de marqueteries, l’objet est plutôt bien fini et bien protégé et il est agréable à prendre en main. La photo suivante montre le Super Vip à côté du Sapphire. Si les boutons sont presque identiques, jusqu’au interrupteurs qui se trouvent sur les tranches, le Sapphire est d’un tout autre niveau et il joue très très bien aux échecs. Il n’est pas loin du niveau d’un Star Diamond, pour le format, c’est remarquable.
La série “Super” de Novag, comme ici le Super VIP ou les Super Forte et Super Expert ont bénéficié des accessoires du Super system. C’était l’époque où les fabricants se sentaient talonnés par le progrès des ordinateurs et contrains de fournir des options de connexion. Mais Novag a poussé l’idée plus loin que les autres. A la fin de ce billet, il y a un diagramme su Super system. Son coeur est le boitier distributeur. Les échiquiers de la gamme “Super” ont une connectique sous la forme d’un port qui permet de les relier à un ordinateur.
Egalement partie de ce système, il y eut un échiquier physique et une interface télé.Parmi les accessoires produits, l’échiquier à capteurs de pression (Touch Sensory Board) de la photo suivante avait probablement le moins de sens en termes de rapport coût-utilité. Il est sorti à peu près en même temps que le Novag Super Nova qui, dans une machine, avait la même carte et un programme plus puissant que le Super VIP pour environ le même prix que le Touch Sensory Board seul. La configuration implique plusieurs câbles car le Super VIP et la Sensor Board nécessitent tous deux des alimentations Novag 8210 et les deux doivent être connectés à la boîte de distribution. L’échiquier est agréable à utiliser mais un peu délicat à mettre en oeuvre. Bizarrement, vous devez consulter l’écran Super VIP pour voir ses mouvements avant de les transférer sur le plateau, ce qui est un comble ! Parmi les différentes options du Super System, les échiquiers bois Auto Répondeurs ont beaucoup plus de sens.Tout cela explique pourquoi le Touch Sensory Chess Board est un accessoire rarement vu, et donc cette combinaison avec un Novag Super VIP est une rareté. [...]





























