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2 October, 2026Chess Engines / ÉmulationsLaboratoire · programmes DOS · octobre 2026
Fritz 1-3, Genius 1-5, MChess et Rebel comme moteurs UCI
Fritz 1 sur un 486DX à 33 MHz, déclaré dans Banksia comme n’importe quel moteur UCI, qui peut affronter en tournoi Stockfish ou les machines Mephisto. Les programmes DOS qui ont fait l’histoire des échecs sur PC, dans leur version d’origine, sur le PC d’origine : Chess Genius 1 à 5, Fritz 1 à 3, MChess 1.71 et Pro 6, Rebel 6, 9 et 12. Leurs cotes restent à mesurer.
Le programme d’époque, sur le PC d’époque
Ces programmes n’ont que leur propre interface : on y jouait les coups à la main, devant leur écran. Ici, chacun devient un moteur UCI ordinaire : on le déclare dans Banksia, Arena ou cutechess, on règle la cadence, et il joue ses parties seul. Il tourne pourtant sur un vrai 486DX à 33 MHz ou un vrai Pentium à 90 MHz, émulés, et c’est bien l’exécutable vendu à l’époque qui calcule.
Comment un programme DOS devient un moteur UCI
Le PC est émulé en entier par MAME : carte mère 486 ou Pentium, carte VGA, clavier et disque dur. Le disque dur est une image qui contient DOS et les programmes. Rien n’est recompilé, rien n’est corrigé : c’est le programme vendu à l’époque qui calcule.
Ces programmes ne parlent pas UCI. Le relais dos_uci fait donc ce que faisait l’utilisateur devant son écran :
Il joue les coups de l’adversaire en les tapant au clavier émulé, avec les touches propres à chaque programme.
Il lit l’échiquier à l’écran et reconnaît les pièces case par case, pour savoir quel coup le programme a joué.
Il lit la ligne d’analyse par reconnaissance de caractères : profondeur, évaluation, variante principale, nombre de positions. Ces informations sont transmises au GUI comme celles d’un moteur UCI ordinaire.
Il gère la pendule : le programme réfléchit en niveau infini, et le relais lui demande de jouer quand le temps alloué est écoulé.
Les programmes branchés
Programme486DX 33 MHzPentium 90 MHz
Chess Genius 1, 2, 3, 4 et 5ouioui
Fritz 1, 2 et 3ouioui
MChess 1.71ouioui
MChess Pro 6ouioui
Rebel 6 et Rebel 9ouioui
Rebel 12nonoui
Les réglages sont fixés une fois pour toutes. Les Rebel jouent en niveau infini, sans réflexion sur le temps de l’adversaire, et Rebel 9 sans apprentissage du livre. MChess Pro 6 joue sans apprentissage et en mode « Easier play », qui coupe la réflexion sur le temps de l’adversaire.
Rebel 12 exige un Pentium : sur le 486, il s’arrête dès le démarrage sur une instruction que ce processeur ne connaît pas. Chaque programme a demandé ses propres réglages de lecture : position et taille des cases, couleurs des pièces, police et place de la ligne d’analyse. Rebel 12, par exemple, perd les premières touches tapées juste après avoir joué ; le relais attend et efface avant de saisir le coup suivant.
MChess Pro 8 : abandonné
Sa protection anticopie l’empêche de démarrer sous MAME comme sous QEMU 8.2. Le contourner aurait voulu dire modifier le programme ; MChess Pro 6 le remplace.
La vitesse du PC d’époque
La fréquence du processeur émulé est réglée pour que le PC calcule à la vitesse d’un vrai 486DX à 33 MHz ou d’un vrai Pentium à 90 MHz. L’étalonnage s’appuie sur le test de vitesse intégré à Rebel 8. Le PC hôte doit encore suivre : si MAME ne tient pas le temps réel, le programme réfléchit moins longtemps que sur le vrai PC, donc plus faiblement. Sur la machine de développement, MAME fait tourner Chess Genius 5 à 1,50 fois la vitesse du 486DX 33 MHz, mais seulement à 0,41 fois celle du Pentium 90 MHz. Chaque PC du laboratoire doit donc être mesuré avant les tournois.
Ce qu’il reste à mesurer
Tous ces programmes répondent en UCI et jouent dans Banksia et cutechess. Aucun n’a encore de cote. Les repères existent dans la liste du laboratoire : Rebel 6.0 y figure à 2535 sur le Ryzen 9, le Mephisto Genius 68030 London, programme de Richard Lang comme Chess Genius, à 2363.
À suivre
Les gauntlets de Chess Genius, Fritz, MChess et Rebel sur le 486DX et le Pentium donneront leurs cotes, et leur place face aux machines dédiées et aux moteurs PC de la liste.
chess.lumn.eu · laboratoire de calibration · 2 octobre 2026 [...]
29 September, 2026BlogLaboratoire · bilan · décembre 2025 – septembre 2026
Une année de laboratoire : ce qui n'avait jamais été fait
En un peu plus de neuf mois, le laboratoire de chess.lumn.eu est passé de quelques tournois entre les machines de ma collection à un ensemble d'outils et de mesures inédits. Des programmes d'échecs de 1985 à 2005 y ont été rendus à nouveau jouables, puis mesurés et comparés sur une même échelle. Voici le fil de ces travaux, dans l'ordre où ils ont été faits.
5 651parties du tournoi de mes 34 machines émulées
16moteurs ChessBase libérés de leur interface et rendus UCI
33machines dédiées qui montrent profondeur, score et variante dans Banksia
×29vitesse d'émulation du Saitek RISC 2500 : plus de 300 MHz équivalents
Le fil des travaux
Décembre 2025 – janvier 2026
Le giga-tournoi de mes machines
Toutes les machines d'échecs que je possède en vrai ont été émulées dans CB-Emu, le projet de Franz Huber construit sur MAME, et placées dans un même tournoi. Chacune jouait à 15 secondes par coup, avec son programme d'origine gravé en mémoire morte. Les résultats ont été confrontés à la base Aktiv (Wiki-Elo) pour produire une liste Elo propre à ma collection.
34 machines5 651 parties1er : Mephisto Genius 68030 London, 235734e : Saitek Leonardo, 1289
Giga tournoi de mes machines · Level up
Janvier – février 2026
Les échiquiers Mephisto mesurés sous UCI
Les algorithmes de Richard Lang et d'Ed Schröder existent aussi en versions UCI, exécutables sur un PC. Lancées sur le Ryzen 9 7950X3D à plus de 4 GHz, elles ont été mesurées sur des tests de positions puis en tournoi, face aux mêmes programmes tournant sur leur matériel d'origine émulé. Ce qu'apporte un processeur moderne à un programme de 1990 devenait mesurable.
BT-2450 : +239 à +316 pointsDallas UCI : 2233 en tournoi (+260)MM V UCI : 2108 (+273)
Des machines Mephisto stratosphériques · Mephisto Dallas 68000
Février 2026
Cray Blitz, Rebel 6 et The King sur un Ryzen
Trois programmes historiques ont été ramenés sur du matériel actuel et mesurés en parties réelles. Cray Blitz, champion du monde des ordinateurs sur supercalculateur Cray, a joué dans sa version 4.9h pour PC. Pour le relier aux mesures d'époque, une correspondance DOSBox / Pentium 90 / SSDF a été établie. The King 3.50 a été mesuré sur un seul cœur ; son mode multiprocesseur caché, activé par une option de lancement, multiplie sa vitesse par 7,3 sur 8 cœurs.
Cray Blitz 4.9h : 2531 sur 70 partiesThe King 3.50 : 2817 sur un cœur
Cray Blitz 4.9h · Rebel 6 aujourd'hui · The King 3.50
Mars 2026
OrdoStat : une interface pour Ordo et BayesElo
Ordo et BayesElo, les deux calculateurs de classement de référence, s'utilisent en ligne de commande. OrdoStat leur donne une interface graphique : elle charge les fichiers PGN, calcule les cotes et leurs marges d'erreur, trie le classement et l'exporte. L'interface existe en cinq langues. Avec son générateur HTML, elle forme une chaîne complète, des PGN bruts jusqu'à la liste publiée sur le site, sans aucune saisie à la main.
Ordo + BayesEloFR · EN · ES · NL · DEtéléchargement libre
Ordo GUI · Ordo & BayesElo GUI
Mai – juin 2026
Une liste Elo calibrée sur le CCRL
Une liste personnelle ne vaut que si ses chiffres se comparent à ceux des listes officielles. Trois moteurs d'ancrage répartis sur l'échelle de force ont servi à l'aligner sur le CCRL : Deep Shredder 13, Glaurung 2.2 et List 5.12, soit environ 730 points d'écart couverts. Un handicap de temps compense la différence de matériel. Les écarts mesurés aux ancres ne sont pas uniformes, ce qui justifie plusieurs ancres plutôt qu'une correction unique. Contrôle indépendant : la liste SSDF donne Deep Shredder 13 à 3560 ± 47, le laboratoire le mesure à 3576. Des moteurs de toutes les générations y sont classés, de Yace à Stockfish 8.
3 ancres CCRLDeep Shredder 13 : 3576 (SSDF 3560 ± 47)24 moteurs détaillés
Calibration de ma liste Elo · Performance Elo
Juin 2026
Le chant du cygne de l'évaluation classique
Un tournoi des meilleurs moteurs à évaluation « artisanale » (HCE), c'est-à-dire écrite à la main par leurs auteurs, juste avant que les réseaux de neurones ne changent la discipline en 2020-2021.
10 moteurs898 partiesStockfish 11 : 76,5 %, invaincu
Le chant du cygne de l'évaluation classique
Juillet – septembre 2026
Les moteurs ChessBase libérés de leur interface
Fritz, Junior, Hiarcs, Nimzo, Shredder… De 1997 à 2005, ces moteurs n'existaient que comme modules internes des interfaces ChessBase, dans un format propriétaire. Deux adaptateurs écrits pour le laboratoire les font parler UCI : eng2uci pour les modules .eng, shredder2uci pour les bibliothèques de Shredder. Ils jouent désormais dans Banksia, Arena et cutechess. Le chantier a été mené par rétro-ingénierie : désassemblage, sondes à l'exécution, puis vérification sur des parties réelles.
La découverte la plus coûteuse a été la suivante. Ces moteurs contiennent un mécanisme de relecture de l'historique de la partie, que l'interface ChessBase remplissait toujours. Sans lui, ils ne voient ni les répétitions ni la règle des 50 coups, et perdent 100 à 220 points. Une fois ce mécanisme reconstitué, chaque version adaptée a été mesurée contre sa version d'origine.
16 moteurs adaptés7 sur 10 indiscernables de l'originalcoût moyen : −21 ± 7 points
Chessbase engines sous autres GUI
Septembre 2026
Un calculateur de tournoi dans le navigateur
On y dépose un fichier PGN et on obtient le classement, les performances Elo et les scores. Tout le calcul se fait dans le navigateur ; rien n'est envoyé sur un serveur.
Calculateur de tournoi
Septembre 2026
Le même moteur sur Mac et sur PC, à travers le réseau
Fruit 2.1, compilé à partir du même code source pour les deux architectures, a joué sur un MacBook Pro M1 Max puis sur le PC. Le moteur du Mac était piloté depuis le PC par un petit serveur et un relais UCI, à travers le réseau domestique. Les deux versions ont affronté les mêmes adversaires, puis se sont affrontées directement. On obtient ainsi une calibration du Mac par rapport au PC, en force de jeu et non en points de benchmark. À une partie à la fois, les deux machines font jeu égal. Sous forte charge, le PC prend l'avantage.
PC 2723 · Mac 2690duel direct : PC +39 (+17 à +62 à 95 %)1 vraie déconnexion en 696 parties
Fruit sur Mac versus Fruit sur PC
Septembre 2026
Le top des moteurs mono-thread
Une hiérarchie des meilleurs moteurs jouant sur un seul processeur, mesurée sur la liste calibrée.
15 moteurs + 3 ancres1 090 partiesStrelka 5.5 : 3282, deux défaites
Le top des moteurs mono thread
Septembre 2026
Stockfish dans un Mephisto : le logiciel seul
Combien de positions Stockfish 18 doit-il calculer par coup pour faire jeu égal avec un Mephisto jouant à sa vitesse d'origine ? Stockfish est limité à un nombre fixe de positions par coup, et on cherche le point d'équilibre, palier par palier. Face au Genius 68030 London, ce point se situe vers 1 000 positions par coup. Chaque doublement lui vaut environ 184 points.
équilibre : ≈ 1 000 positions / coup+184 points par doublement
Septembre 2026
Les machines dédiées accélérées : le matériel seul
C'est l'expérience inverse : on garde le programme d'origine intact et on le fait tourner beaucoup plus vite. Accélérer l'émulation ne suffit pas, car l'horloge interne de la machine accélère aussi, et la machine joue les mêmes coups, simplement plus tôt. Il faut lui donner davantage de temps dans son propre temps. Le facteur d'accélération maximal a été mesuré pour chacune des 33 machines de la liste. Il dépend du coût de l'émulation, pas de la force de la machine.
Le cas le plus frappant est le Saitek RISC 2500. Son processeur ARM de 14 MHz s'émule à près de trente fois sa vitesse, soit l'équivalent d'un RISC 2500 à plus de 300 MHz. Le Genius 68030 London, lui, plafonne vers ×7. D'origine, le London devance le RISC 2500 de 116 points ; accéléré, le RISC 2500 dispose de deux doublements de vitesse d'avance. Il pourrait approcher les 2500 Elo : les parties le diront.
33 machines mesuréesSuper VIP ×59RISC 2500 ×29 : 405 MHz maxLondon ×7
Septembre 2026
Les machines dédiées bavardes dans Banksia
Dans une interface moderne, une machine émulée ne donnait jusqu'ici que son coup. Désormais, les 33 machines de la liste envoient leurs informations de réflexion comme n'importe quel moteur UCI : profondeur, score et variante principale. Selon la machine, ces informations sont lues directement dans la mémoire du programme, ou sur l'afficheur, en parcourant ses pages d'information comme le ferait un joueur. Le Mondial 68000 XL, par exemple, affiche sa variante coup par coup ; le relais la parcourt et contrôle chaque coup sur l'échiquier.
Chaque machine existe en deux versions : à sa vitesse d'origine, et accélérée au maximum stable mesuré sur le PC. Le nom de la version accélérée porte sa fréquence en MHz. Le niveau de jeu est réglé automatiquement : la machine analyse, et le relais l'arrête au temps prévu par coup. Un script déclare l'ensemble dans Banksia en une fois.
33 machinesprofondeur · score · varianteversion d'origine + version accélérée
Septembre 2026 · en cours
Stockfish embarqué dans une machine d'échecs
C'est le dernier chantier et peut-être le plus étonnant. Stockfish 11, dernière version à évaluation classique, a été compilé pour tourner « à nu » dans deux machines de la famille 68000 créées dans MAME, l'une à 68020, l'autre à 68040. Ces machines n'ont ni clavier, ni afficheur, ni échiquier : un simple port série, par lequel Stockfish parle UCI. On peut ainsi faire jouer le Stockfish de 2020 sur des processeurs de la génération des Mephisto Berlin Pro et Genius.
Mise à jour du 2 octobre : la force est mesurée. Stockfish 11 atteint 2354 Elo sur 68020, soit 39 points de plus que le Mephisto Berlin Pro 68020, et 2537 sur 68040. Une troisième machine, à processeur ARM9 à 30 MHz, le porte à 2689. Fruit 2.1 a suivi le même chemin, et Crafty 19.15 et Cray Blitz 49h ont rejoint la machine ARM. Détails dans l'article consacré.
Ce qui relie ces travaux
Tous ces chantiers répondent à la même question : que valaient vraiment ces programmes, et d'où vient leur force ? Pour y répondre, il fallait d'abord les faire jouer dans un même cadre, puis les mesurer avec la même règle. Les machines dédiées sont passées par l'émulation, les moteurs ChessBase par les adaptateurs UCI, et le Mac par le réseau. Une échelle unique, calibrée sur le CCRL, relie le tout. Il devient alors possible de séparer ce qui revient au logiciel de ce qui revient au matériel, dans un sens comme dans l'autre : Stockfish ralenti jusqu'à la force d'un Mephisto, des Mephisto accélérés à des centaines de MHz, et enfin Stockfish lui-même logé dans un processeur de Mephisto.
À venir
Les cotes des machines accélérées, la mesure de Stockfish 11 sur 68020 et 68040, et l'échelle « Stockfish dans un Mephisto » étendue au RISC 2500, au Berlin 68000 et au Designer 2100.
chess.lumn.eu · laboratoire de calibration · 29 septembre 2026 · mesures sur Ryzen 9 7950X3D [...]
29 September, 2026Chess Engines / Émulations / SoftLaboratoire · moteurs embarqués · septembre 2026 · mis à jour le 2 octobre
Stockfish 11 et Fruit 2.1 dans un 68020, un 68040 et un ARM : les moteurs légendaires dans le silicium légendaire
Le plus fort moteur à évaluation classique jamais écrit, logé dans les processeurs qui ont fait la gloire des Mephisto, des Macintosh et des Amiga. Pas de système d'exploitation, pas d'écran, pas de clavier : Stockfish seul face au processeur, dans une machine qui n'a jamais existé, recréée dans l'émulateur MAME. Le portage est fait, puis étendu : une troisième machine, à processeur ARM, et un second moteur, Fruit 2.1. Les gauntlets sont joués : les six moteurs ont désormais leur cote mesurée. Deux nouveaux moteurs ont rejoint la machine ARM : Crafty 19.15 et Cray Blitz 49h. Et trois machines s'ajoutent, 486DX, Pentium et ARM9 à 300 MHz, avec Stockfish 11 et Cray Blitz 49h.
Deux légendes qui ne s'étaient jamais rencontrées
Janvier 2020
Stockfish 11
C'est le dernier Stockfish d'avant les réseaux de neurones, l'aboutissement de douze ans de travail collectif. Il descend de Glaurung, puis a été affiné par des milliers de contributeurs et des millions de parties d'essai sur le réseau Fishtest. Son évaluation est entièrement écrite à la main, terme par terme. Dès la version suivante, un réseau de neurones prenait le relais. Dans le laboratoire, lors du tournoi « Le chant du cygne de l'évaluation classique », il a écrasé l'élite de sa catégorie : 76,5 %, sans une seule défaite en 179 parties.
1984 · 1990
Motorola 68020 et 68040
Le 68020 a fait entrer la famille 68000 dans le vrai 32 bits. Il a animé le Macintosh II et l'Amiga 1200, et, dans le monde des échecs, les modules Mephisto Berlin Pro et la Fidelity Designer Mach IV. Le 68040 est l'aboutissement de la lignée : cache intégré, pipeline profond, unité de calcul flottant sur la puce. C'est le cœur des Macintosh Quadra, de l'Amiga 4000 et des stations NeXT. Pour toute une génération, ces puces ont incarné la puissance de calcul.
Trente à trente-cinq ans séparent le moteur de ces processeurs. Rien ne les destinait à se rencontrer : Stockfish est écrit pour les processeurs 64 bits actuels, qui calculent sur plusieurs cœurs à plusieurs gigahertz, avec des gigaoctets de mémoire. Le 68020 et le 68040 viennent d'une époque où quelques mégaoctets étaient un luxe et où l'on comptait en mégahertz.
Le programme le plus raffiné de l'ère classique, sur le matériel qui a porté les plus grandes machines d'échecs dédiées.
Pourquoi cette expérience
Le laboratoire poursuit depuis des mois une même question : dans les progrès des échecs par ordinateur, quelle part revient au logiciel, quelle part au matériel ? Deux expériences ont déjà attaqué le problème par les deux bouts :
le logiciel seul : Stockfish 18 bridé à un nombre fixe de positions par coup, jusqu'à faire jeu égal avec un Mephisto Genius 68030 London à sa vitesse d'origine. L'équilibre se situe vers 1 000 positions par coup seulement ;
le matériel seul : les programmes d'origine des machines dédiées, intacts, mais émulés à grande vitesse, jusqu'à plus de 300 MHz équivalents pour le Saitek RISC 2500.
Il manquait l'expérience la plus directe de toutes. On prend le moteur moderne, on ne le bride par aucun artifice et on ne lui accorde aucune vitesse moderne : on le place sur le processeur même des machines d'époque. Stockfish 11 sur un 68020, c'est le programme de 2020 dans les conditions matérielles d'un Mephisto Berlin Pro. Il se retrouve à armes égales avec le programme de Richard Lang, sur le même terrain.
Une machine qui n'a jamais existé
Les machines d'échecs du paquet CB-Emu sont des reproductions fidèles : processeur, mémoire morte, clavier, afficheur, échiquier à capteurs. Pour parler UCI, elles ont besoin d'un module qui « appuie » sur leurs touches et lit leurs diodes. Pour Stockfish, rien de tout cela n'a de sens : il ne lit pas un échiquier, il parle UCI.
D'où le parti pris du portage : créer dans MAME deux machines entièrement nouvelles, réduites à l'essentiel. On y trouve un processeur, 68020 pour l'une, 68040 pour l'autre, de la mémoire, et un port série, le même type de liaison qui servait jadis à relier un ordinateur à son terminal. Il n'y a ni clavier, ni écran, ni échiquier. Stockfish y démarre « à nu », sans système d'exploitation, et dialogue en UCI par ce port série. De l'autre côté, un relais transmet les commandes de Banksia ou de cutechess, exactement comme pour n'importe quel moteur. Une troisième machine, à processeur ARM, a rejoint les deux premières (voir plus bas).
Banksia / cutechess
interface de tournoi
Relais UCI
sur le PC
série
MAME · machine créée pour l'occasion
68020
ou 68040
Mémoire
programme
+ tables
Stockfish 11
sans système
UCI sur série
Pas de module de pilotage ni de lecture d'afficheur : le moteur lui-même parle UCI, directement depuis le processeur émulé.
Ce que ce portage a de vertigineux
Faire tourner Stockfish sur un PC est trivial. Le faire tourner sur un 68020 nu, c'est lui retirer tout ce qu'il tient pour acquis :
Plus de système d'exploitation. Ni fichiers, ni fils d'exécution, ni horloge système, ni console. Tout ce que Stockfish demandait à Windows ou à Linux doit être fourni par un code de démarrage minimal : la mémoire, le temps qui passe, l'entrée et la sortie du texte UCI.
Plus de 64 bits. Stockfish représente l'échiquier par des « bitboards » de 64 bits, un bit par case, manipulés d'un seul coup par un processeur moderne. Le 68020 et le 68040 travaillent en 32 bits : chaque opération sur l'échiquier doit être découpée en deux moitiés.
Un monde à l'envers. La famille 68000 range les octets dans l'ordre inverse de celui des PC (big-endian). Le code doit produire exactement les mêmes calculs sur une architecture qui lit la mémoire dans l'autre sens.
Un seul cœur, peu de mémoire. Les recherches parallèles de Stockfish n'ont plus d'objet ; sa table de transposition doit tenir dans la mémoire d'une machine d'époque.
Un matériel inventé. Aucune machine réelle ne correspond : il a fallu écrire la description de ces deux machines dans MAME, leur carte mémoire et leur port série, puis vérifier que le moteur y démarre et y joue.
Au bout du chemin, Stockfish 11 répond uciok depuis un processeur de 1984, reçoit une position, réfléchit et rend son coup. C'est l'algorithme de Stockfish 11 et son évaluation classique qui tournent désormais sur le silicium des années 1980.
Ce qui est fait
Six machines émulées : 68020 (avec coprocesseur 68881) à 16 MHz, 68040 à 40 MHz, ARM9 à 30 MHz, puis 486DX à 33 MHz, Pentium à 90 MHz et ARM9 à 300 MHz. Stockfish 11 et Fruit 2.1 sur les trois premières, plus Crafty 19.15 et Cray Blitz 49h sur l'ARM9 à 30 MHz ; Stockfish 11 et Cray Blitz 49h sur les trois dernières. Pas de système d'exploitation ; dialogue UCI par port série, relayé vers Banksia et cutechess. Quatorze moteurs en tout, dont six déjà classés.
Une troisième machine : l'ARM9 à 30 MHz
La famille 68000 n'a pas été la seule à équiper les machines d'échecs de haut de gamme. Au début des années 1990, les processeurs ARM ont pris le relais : ARM2 dans le Saitek RISC 2500, ARM6 à 30 MHz dans la TASC R30 dès 1993. D'où une sœur ARM des deux machines 68k, avec les mêmes périphériques, le même port série, le même protocole et le même mode de chargement du moteur. Seul le processeur change, et c'est précisément l'intérêt : comparer le même moteur sur deux familles de processeurs de la même époque.
Le processeur : un ARM9 (jeu d'instructions ARMv5TE) cadencé à 30 MHz, la fréquence de la TASC R30. L'ARM7TDMI visé au départ a été écarté : la bibliothèque standard du compilateur utilise une instruction qu'il ne connaît pas, exactement comme le coprocesseur 68881 s'était imposé pour les machines 68k.
La mémoire : 1 Mo de mémoire morte pour le moteur, 32 Mo de mémoire vive, comme les machines 68k.
L'ordre des octets : petit-boutiste, comme un PC, à l'inverse des 68020 et 68040.
L'ARMv5 apporte surtout deux instructions précieuses pour un moteur d'échecs : CLZ, qui trouve le premier bit d'un mot en une seule instruction, l'opération la plus appelée d'un moteur à bitboards, et UMULL, la multiplication longue, utile aux « nombres magiques » qui servent à calculer les coups des pièces à longue portée. Sur le papier, l'ARM9 est mieux armé que le 68020 pour ce travail.
Un second moteur : Fruit 2.1
Fruit 2.1, de Fabien Letouzey, date de 2005. C'est l'autre grand moteur à évaluation classique du laboratoire : sur PC, il figure dans la liste à 2727 Elo. Il a été embarqué sur les trois mêmes machines, avec la même méthode. Sa conception diffère de celle de Stockfish sur un point qui compte ici : Fruit ne représente pas l'échiquier par des bitboards de 64 bits mais par un simple tableau de cases. Il échappe donc au surcoût des processeurs 32 bits, et calcule plus de positions par seconde que Stockfish sur la même puce. Reste à savoir ce que ces positions valent.
Deux nouveaux venus sur l'ARM9 : Crafty 19.15 et Cray Blitz 49h
Robert Hyatt a écrit deux des programmes les plus marquants de l'histoire des échecs par ordinateur : Cray Blitz, champion du monde des ordinateurs en 1983 et 1986 sur les superordinateurs Cray, puis Crafty, son successeur libre. Les deux rejoignent la machine ARM9 à 30 MHz, avec la même méthode que Stockfish et Fruit : pas de système d'exploitation, dialogue UCI par le port série.
Crafty 19.15. Cette version ne parlait que le protocole xboard : l'UCI a été greffé dans le moteur lui-même, sans adaptateur.
Cray Blitz 49h. C'est le Fortran d'origine de Hyatt, la « septième révision majeure » datée du 9 décembre 1990. Il est compilé pour l'ARM avec des entiers de 64 bits, comme sur le Cray. Seule la fréquence de lecture de la pendule change : tous les 500 nœuds au lieu de 20 000, car 20 000 nœuds duraient une fraction de seconde sur un Cray et plus de cinq secondes à 30 MHz. Sa bibliothèque d'ouvertures est reconstruite à partir des 2 458 parties d'origine, limitées à leurs 22 premiers coups : 68 679 positions. Le niveau est réglable : pendule du GUI, secondes par coup fixes ou profondeur fixe.
Sur PC, Cray Blitz 4.9h figure dans la liste à 2523 Elo. Leurs cotes sur l'ARM9 restent à mesurer.
Trois machines de plus : 486DX, Pentium et ARM9 à 300 MHz
Même méthode, trois processeurs de plus :
486DX à 33 MHz et Pentium à 90 MHz, les processeurs des PC de l'époque (leurs programmes DOS d'origine jouent aussi en UCI : voir Fritz 1-3, Genius 1-5, MChess et Rebel comme moteurs UCI) ;
ARM9 à 300 MHz, dix fois la fréquence de l'ARM9 à 30 MHz.
Deux moteurs y sont embarqués : Stockfish 11, et Cray Blitz 49h, le programme de Robert Hyatt, champion du monde des ordinateurs en 1983 et 1986, dans sa révision du 9 décembre 1990. Leurs cotes sur ces trois machines restent à mesurer.
MAME, et QEMU pour aller plus vite
MAME émule chaque instruction fidèlement, mais il ne suit pas toujours le temps réel. Mesuré sur le PC MSI du laboratoire, il n'atteint que 0,72 fois la vitesse du 486DX 33 MHz, 0,29 fois celle du Pentium 90 MHz et 0,17 fois celle de l'ARM9 300 MHz.
Ces trois machines existent donc aussi sous QEMU, un émulateur qui traduit le code du processeur émulé en code du PC hôte et va beaucoup plus vite. Sur la machine de développement, QEMU tourne 6,5 fois plus vite que le vrai 486DX, 3,2 fois plus vite que le Pentium 90 et 1,2 fois plus vite que l'ARM9 300 MHz.
Pour que le moteur dispose du temps d'un vrai processeur, et non de celui du PC hôte, QEMU compte les instructions exécutées et en déduit l'heure de la machine. Le compte est étalonné sur MAME, machine par machine et moteur par moteur : on fait faire les mêmes recherches, aux mêmes nombres de positions, sous les deux émulateurs, et on ajuste QEMU jusqu'à ce que les durées coïncident. Après étalonnage, les durées sous QEMU et sous MAME diffèrent de moins de 1 %. Le relais retient ensuite chaque coup jusqu'à ce que le temps réel rejoigne le temps de la machine : la pendule du tournoi voit un vrai 486, un vrai Pentium ou un vrai ARM9 300 MHz.
La grande inconnue : sa force
Combien vaut Stockfish 11 privé de ses gigahertz ? Personne ne le sait. Les indices dont on dispose tirent dans des directions opposées :
Son intelligence par position calculée est immense. Stockfish 18 égale le Genius 68030 London en ne calculant qu'environ 1 000 positions par coup. Stockfish 11 n'a pas le réseau de neurones de son successeur, mais sa recherche est d'une sélectivité que les programmes de 1990 n'imaginaient pas.
Son code est écrit pour un autre monde. Chaque opération sur ses bitboards de 64 bits coûte double sur un processeur 32 bits. Son évaluation détaillée, taillée pour des processeurs modernes, pèse lourd à chaque position. Un programme conçu dès l'origine pour le 68020, comme celui du Berlin Pro, tire de chaque cycle un rendement que Stockfish n'a jamais eu besoin de chercher.
Le face-à-face est d'autant plus fascinant que les repères sont là, dans la liste du laboratoire, à vitesse d'origine :
Machine d'époqueProcesseurCote du laboratoire
Mephisto Genius 68030 London680302363
Mephisto Berlin Pro 68020680202315
Fidelity Designer Mach IV680202090
Mephisto Berlin 68000680002127
Stockfish 11 sur 68020 battra-t-il le Berlin Pro, écrit par Richard Lang pour ce même processeur ? Le 68040 le propulsera-t-il au-delà du London, le roi des machines Mephisto ? Ou bien trente ans de progrès logiciel se heurteront-ils au mur des mégahertz ? Les parties ont tranché : les cotes mesurées figurent plus bas.
Pour la première fois, le logiciel de 2020 et celui de 1990 vont s'affronter sur le même silicium.
Le protocole de mesure
La mesure suit les règles du laboratoire, pour que les chiffres se placent directement sur la liste calibrée :
les six moteurs embarqués tournent à la vitesse du processeur émulé, comme les machines d'époque auxquelles on les compare ;
cadence du laboratoire, 60 coups en 15 minutes, ouvertures du livre Perfect 2023 ;
gauntlets face aux machines dédiées de la liste, puis face aux moteurs PC classés si la force l'exige ;
calcul des cotes avec les adversaires à cote fixe, marges d'erreur à l'appui ; les parties perdues au temps et les incidents techniques sont écartés.
Les cotes mesurées
Les gauntlets sont joués, à 60 coups en 15 minutes, face aux adversaires classés de la liste. Les six moteurs embarqués ont désormais leur cote dans le classement général, calculée par Ordo avec tous les autres moteurs du laboratoire.
MoteurMachineCotePartiesErreur
Stockfish 11ARM9 · 30 MHz2689338± 11
Stockfish 1168040 · 40 MHz2537279± 11
Stockfish 1168020 + 68881 · 16 MHz2354223± 13
Fruit 2.1ARM9 · 30 MHz230636± 33
Fruit 2.168040 · 40 MHz226628± 37
Fruit 2.168020 + 68881 · 16 MHz2050179± 14
Face aux machines d'époque
Sur 68020, Stockfish 11 (2354) devance de 39 points le Mephisto Berlin Pro 68020 (2315), écrit par Richard Lang pour ce même processeur. Il se place à 9 points du Genius 68030 London (2363), un écart inférieur à la marge d'erreur.
Sur 68040, Stockfish 11 (2537) passe 174 points au-dessus du London, la meilleure machine dédiée de la liste. Il rejoint Rebel 6.0 (2535) et Cray Blitz 4.9h (2523) sur le Ryzen 9.
Sur ARM9 à 30 MHz, Stockfish 11 (2689) est au niveau de Fruit 2.1 sur Apple M1 Max (2692) et de Gandalf 5.1 sur Ryzen 9 (2688).
Fruit 2.1 sur 68020 (2050) se place entre la Fidelity Designer Mach III (2029) et la Mach IV (2090).
Stockfish contre Fruit
Sur chaque machine, Stockfish devance Fruit : de 304 points sur 68020, 271 sur 68040 et 383 sur ARM9. Fruit calcule pourtant 1,7 à 1,9 fois plus de positions par seconde ; la profondeur de recherche de Stockfish l'emporte. D'une machine à l'autre, Stockfish gagne 183 points du 68020 au 68040, puis 152 du 68040 à l'ARM9.
À consolider
Fruit 2.1 sur 68040 et sur ARM9 n'a joué que 28 et 36 parties, avec des marges de 37 et 33 points. Les cotes de Stockfish 11, sur 223 à 338 parties, ont des marges de 11 à 13 points.
Premières mesures
Avant les gauntlets, un tournoi de contrôle a réuni les six moteurs embarqués et cinq machines CB-Emu : Genius 68030 London, Berlin Pro 68020, RISC II, RISC 2500 et Star Diamond. Chacun a joué chacun des autres en quatre parties, soit 220 parties sous Banksia. Les moteurs embarqués jouaient à 60 coups en 15 minutes ; les machines CB-Emu à leur propre niveau d'environ 15 secondes par coup.
Vitesse de calcul
Valeurs médianes relevées dans les parties de ce tournoi (positions par seconde et profondeur annoncées par les moteurs) :
MachineStockfish 11Fruit 2.1
68020 + 68881 · 16 MHz580 pos/s · prof. 101 070 pos/s · prof. 5
68040 · 40 MHz1 570 pos/s · prof. 112 730 pos/s · prof. 6
ARM9 · 30 MHz3 540 pos/s · prof. 136 550 pos/s · prof. 7
L'ARM9 à 30 MHz calcule environ 6 fois plus vite que le 68020 à 16 MHz, et le 68040 environ 2,6 à 2,7 fois plus vite, pour les deux moteurs. Fruit calcule 1,7 à 1,9 fois plus de positions que Stockfish sur la même puce, mais Stockfish va nettement plus profond dans le même temps.
Cotes provisoires
Les 52 parties perdues au temps ont été écartées, dont 31 par le Star Diamond ; il reste 168 parties. Les cinq machines CB-Emu gardent leur cote du laboratoire, et celles des six moteurs embarqués en sont déduites.
MoteurCote provisoireMarge (95 %)Score
Stockfish 11 · ARM9 30 MHz2878± 24033,5 / 36
Stockfish 11 · 68040 40 MHz2755± 19731 / 36
Stockfish 11 · 68020 16 MHz2431± 14318,5 / 33
Mephisto Genius 68030 London2363fixe16,5 / 35
Fruit 2.1 · ARM9 30 MHz2345± 13217 / 36
Mephisto Berlin Pro 680202315fixe14 / 32
Fruit 2.1 · 68040 40 MHz2309± 15211 / 28
Mephisto RISC II2266fixe14,5 / 32
Saitek RISC 25002247fixe5,5 / 32
Novag Star Diamond2226fixe4 / 7
Fruit 2.1 · 68020 16 MHz1970± 2302,5 / 29
Deux constats ressortent déjà, marges comprises. Sur le processeur même du Berlin Pro, Stockfish 11 a remporté ses quatre parties contre lui (4 / 4). Et sur chaque machine, Stockfish devance Fruit d'environ 450 à 530 points : la profondeur de recherche l'emporte sur le nombre de positions.
Chiffres provisoires
Ces cotes reposaient sur 28 à 36 parties par moteur, avec des marges de 130 à 240 points, et les machines CB-Emu y jouaient à niveau fixe. Les gauntlets les ont remplacées (voir « Les cotes mesurées ») : le tournoi de contrôle surestimait Stockfish 11 de 77 points sur 68020, 218 sur 68040 et 189 sur ARM9.
À suivre
Les gauntlets de Crafty 19.15 et de Cray Blitz 49h sur ARM9, puis de Stockfish 11 et Cray Blitz 49h sur 486DX, Pentium et ARM9 à 300 MHz, donneront leurs cotes. Fruit 2.1 sur 68040 et sur ARM9 jouera davantage de parties pour resserrer ses marges.
chess.lumn.eu · laboratoire de calibration · 29 septembre 2026 · mis à jour le 2 octobre 2026 [...]
24 September, 2026Chess Engines / TournamentsLaboratoire · tournoi toutes rondes · un seul cœur
Un seul cœur, pas un de plus
Quinze moteurs qui n'ont jamais connu qu'un seul processeur, et trois ancres pour les situer :
1 090 parties à 60 coups en 15 minutes. Strelka 5.5 écrase le tournoi avec 87,5 %
et deux défaites seulement ; derrière lui, une décennie de programmation se lit dans le
classement.
Le tournoi des purs mono-threads
Le classement du laboratoire mêle des moteurs à un seul processeur et des moteurs qui en utilisent
huit. Pour les premiers, la question reste ouverte : lesquels sont réellement les plus forts,
à armes égales, un cœur contre un cœur ? Ce tournoi y répond.
Le critère d'admission est strict. Est mono-thread, au sens de ce tournoi, un
programme qui n'a jamais été proposé en version multi-processeur : on n'y trouve donc pas un
Stockfish ou un Houdini bridé à un cœur, mais des programmes conçus et diffusés pour un seul.
Quand une lignée a connu plus tard une version parallèle (Andscacs à partir de la 0.80, Gull à
partir de la 2, DiscoCheck avec son successeur Demolito), c'est la dernière version sans
parallélisme qui a été retenue.
Trois ancres
HIARCS 11.1, Shredder 10 et The King 3.50 ont été ajoutés pour ancrer
l'évaluation Elo : ce sont des références du classement, jouées des centaines de fois
(Shredder 10 compte 859 parties, HIARCS 11.1 368, The King 3.50 342). Ils ne
concourent pas au titre de meilleur mono-thread — HIARCS existe d'ailleurs en version
multi-processeur. Dans les tableaux, ils apparaissent sur fond bleu
avec la mention ancre.
Les conditions
Banksia, tournoi toutes rondes, du 22 septembre 2026 à 12 h 14 au 24 septembre en fin d'après-midi ;
60 coups en 15 minutes, un seul processeur par moteur, sans pondération ;
ouvertures tirées d'un livre sur dix coups, puis jeu libre jusqu'au mat ou à la nulle réglementaire — aucune adjudication d'abandon ;
les quinze moteurs se rencontrent huit fois chacun, quatre avec chaque couleur ; les trois ancres jouent quatre parties contre chacun, et deux entre elles ;
machine : AMD Ryzen 9 7950X3D.
Le fichier du tournoi contient 1 122 parties. Trente-deux sont des auto-parties
— un moteur contre lui-même, deux par moteur, un effet du plan d'appariement — qui
n'apportent aucune information sur la force relative : elles sont écartées de toute l'analyse
et du calcul Elo. Restent 1 090 parties.
Classement final
Cotes Ordo reprises du
classement du laboratoire,
calculé sur l'ensemble des parties maison ; points et bilan de ce seul tournoi. Le tableau suit
l'ordre des cotes Ordo.
#MoteurAnnéeElo±Points%+=−
1Strelka 5.5 x642012328211112 / 12887,5 %98282
2Komodo64 32011317112103 / 12880,5 %83405
3Andscacs 0.72201530971691 / 12871,1 %645410
4Daydreamer 2.0.0201630121875 / 12858,6 %534431
5Gull 1.2 x64v. 20112985976 / 12859,4 %446420
6DiscoCheck 5.2.1201429561869 / 12853,9 %474437
7Rybka 1.0 Beta200529261060 / 12846,9 %364844
8Spike 1.2 Turin200629051860,5 / 12847,3 %374744
9Fruit 2.3.120072881758 / 12845,3 %315443
10Gambit Fruit 1.0 b4bx200528781856 / 12843,8 %285644
11HIARCS 11.1 ancre200728781056,5 / 12844,1 %295544
12Toga II 3.1.2SE JAv. 200828681855 / 12843 %344252
13Murka 3 x64201328661754 / 12842,2 %304850
14Twisted Logic 20100815201028661754 / 12842,2 %275447
15ProDeo 3.1202128571752,5 / 12841 %196742
16Shredder 10 ancre20062840728 / 6642,4 %142824
17The King 3.50 ancrev. 200727211115 / 6622,7 %52041
18WildCat 8—25581114,5 / 12811,3 %421103
Année : publication de la version jouée ; « v. » = date approximative.
Ce que dit le classement
Un vainqueur hors norme. Strelka 5.5 marque 112 points sur 128, avec
98 victoires et deux défaites seulement, contre Daydreamer et Gull. Il bat
Komodo 3, son dauphin, 5,5 à 2,5 et fait 8 sur 8 contre Spike et contre WildCat.
Deux générations. Les six premiers sont des moteurs de 2011 à 2016, tous
au-dessus de 2950. Les moteurs de 2005 à 2008 — Rybka 1.0, Spike, Fruit 2.3.1,
Gambit Fruit, Toga II — se tiennent entre 2868 et 2926. Trois moteurs plus récents
les rejoignent dans ce peloton : Twisted Logic (2010), Murka 3 (2013) et ProDeo 3.1 (2021).
Un peloton indissociable. De Spike (60,5) à ProDeo (52,5), neuf moteurs
tiennent en huit points sur 128 parties, et leurs cotes en 69 points pour une incertitude
de ±7 à ±18 chacune : l'ordre à l'intérieur de ce groupe n'est pas établi.
Un net décroché en bas. WildCat 8 ne marque que 14,5 points, avec
103 défaites dont 101 par mat.
Les ancres tiennent leur rang. HIARCS 11.1 (2878) et Shredder 10
(2840) finissent dans le peloton, The King 3.50 (2721) juste au-dessus de WildCat.
Les chiffres du tournoi
Parties analysées1 090
Victoires des Blancs / nulles / victoires des Noirs409 / 407 / 274
Score moyen des Blancs56,2 %
Nulles : répétition / 50 coups / matériel insuffisant / pat218 / 101 / 73 / 15
Parties incidentées (perte au temps, plantage)13, dont 10 pour Daydreamer
Tableau croisé
Points marqués par le moteur de la ligne contre celui de la colonne : sur 8 parties entre
concurrents, sur 4 contre une ancre (2 entre ancres). En vert, 62,5 % ou plus ; en rouge,
37,5 % ou moins. Numéros de colonne dans l'ordre du classement.
#Moteur123456789101112131415161718Total
1Strelka 5.5 x645,55,566,56,57,5877,577,57,577448112
2Komodo64 32,55,546,577,576,56687,576,53,548103
3Andscacs 0.722,52,55,55575,55,567,56,55,56,563,53891
4Daydreamer 2.0.0242,53,54,53,574,545,54,55,56,54,52,537,575
5Gull 1.2 x641,51,534,55,55555,54,55,54,5473,52,5876
6DiscoCheck 5.2.11,5133,52,565,565,54,56,5534,51,536,569
7Rybka 1.0 Beta0,50,514,532445,54453,54,53,537,560
8Spike 1.2 Turin012,5132,54556,563,54,551,52,5760,5
9Fruit 2.3.111,52,53,532433,544,53,54,54,52,546,558
10Gambit Fruit 1.0 b4bx0,52242,52,52,534,5335,54523756
11HIARCS 11.1120,52,53,53,541,545535323,57,556,5
12Toga II 3.1.2SE JA0,501,53,52,51,5423,5536,553,533,56,555
13Murka 3 x640,50,52,52,53,5334,54,52,551,54,54,5236,554
14Twisted Logic 20100815111,51,5454,53,53,54333,54,512,5754
15ProDeo 3.111,523,513,53,533,5354,53,53,51,52,56,552,5
16Shredder 1000,50,51,50,52,50,52,51,5221232,523,528
17The King 3.5000111,5111,5010,50,511,51,50215
18WildCat 80000,501,50,511,510,51,51,511,50,5214,5
Quelques lignes ressortent. Daydreamer est, avec Strelka, le seul à marquer la moitié des points
contre Komodo (4 sur 8), et l'un des deux à battre Strelka. Spike marque 0 sur 8 contre Strelka et 1 sur 8 contre Komodo et contre
Daydreamer, mais 6,5 contre HIARCS. HIARCS, lui, ne prend qu'un demi-point sur 8 à Andscacs.
Toga II fait 0 sur 8 contre Komodo et 6,5 contre Murka.
Sous le capot
Banksia inscrit pour chaque coup l'évaluation, la profondeur, le temps et le nombre de nœuds.
Vitesse : médiane des nœuds par seconde sur les coups d'au moins une seconde. Profondeur et temps
par coup : moyenne sur les quarante premiers coups, hors livre.
MoteurM nœuds/sProfondeurTemps/coupMin/partieDemi-coups/partieBlancs / Noirs
Strelka 5.5 x643,2220,419,3 s17,617356 / 56
Komodo64 33,5721,215,0 s20,719554 / 49
Andscacs 0.721,7122,415,5 s18,517551 / 40
Daydreamer 2.0.01,7727,722,8 s22,717841,5 / 33,5
Gull 1.2 x643,8018,419,1 s24,318541 / 35
DiscoCheck 5.2.11,0621,017,8 s23,220441,5 / 27,5
Rybka 1.0 Beta0,7015,318,5 s24,419635,5 / 24,5
Spike 1.2 Turin2,6015,821,4 s22,419035 / 25,5
Fruit 2.3.13,1716,019,2 s23,619031 / 27
Gambit Fruit 1.0 b4bx2,8715,220,8 s22,117533,5 / 22,5
HIARCS 11.11,7815,717,1 s20,516834 / 22,5
Toga II 3.1.2SE JA2,6515,919,4 s21,217331 / 24
Murka 3 x645,8420,722,8 s25,818732 / 22
Twisted Logic 201008153,3521,421,6 s24,017930,5 / 23,5
ProDeo 3.13,4417,318,1 s24,220830,5 / 22
Shredder 101,9316,820,6 s24,019216 / 12
The King 3.501,1512,418,6 s18,516712 / 3
WildCat 82,6217,322,0 s20,81626,5 / 8
À lire avec prudence
Nœuds et profondeur sont annoncés par chaque moteur selon sa propre définition : ils se comparent
d'une partie à l'autre pour un même moteur, pas d'un moteur à l'autre. Rybka 1.0 est
notamment connu pour minorer les nœuds et la profondeur qu'il affiche. Le tableau le confirme :
le plus rapide annoncé, Murka (5,8 millions de nœuds par seconde), finit dans le peloton, et le
vainqueur Strelka n'annonce que 3,2 millions.
Les moteurs, un à un
Strelka 5.5 x64
Le rouleau compresseur
Jury Osipov (Russie) · 2012 · 3282 ± 11 · 112 / 128 · +98 =28 −2
Le moteur le plus discuté du lot. Ses premières versions (2007) ont été reconnues par leur auteur comme inspirées de Fruit et de Rybka, et Vasik Rajlich a qualifié Strelka 2.0 de clone de Rybka 1.0. La série 5, fermée, revendique des idées de Rybka 3, Ippolit, Houdini, Critter et Stockfish. Sur l'échiquier, la question se tranche d'elle-même : 87,5 %, deux défaites en 128 parties, exactement 56 points avec chaque couleur, et le plus faible temps de réflexion par partie du tournoi (17,6 minutes). Il gagne 5,5 à 2,5 contre Komodo et fait le plein contre Spike, WildCat et les deux ancres Shredder et The King.
Komodo64 3
Le dauphin sans rival
Don Dailey et Larry Kaufman (États-Unis) · 2011 · 3171 ± 12 · 103 / 128 · +83 =40 −5
La version d'avant le parallélisme de la lignée qui deviendra Dragon. Seul Strelka le domine (3 de ses 5 défaites) ; Daydreamer lui prend les deux autres. Il est le plus économe de tous au début de partie, 15,0 secondes par coup en moyenne sur les quarante premiers coups, et atteint pourtant l'une des profondeurs annoncées les plus élevées. 8 sur 8 contre Toga II et contre WildCat.
Andscacs 0.72
L'Andorran qui répète
Daniel José Queraltó (Andorre) · 2015 · 3097 ± 16 · 91 / 128 · +64 =54 −10
Un moteur original, écrit de zéro ; la recherche parallèle n'arrivera qu'avec la 0.80. Troisième net : 6 de ses 10 défaites lui sont infligées par Strelka et Komodo. Il fait 7,5 sur 8 contre HIARCS. Il annonce l'une des vitesses les plus basses (1,7 million de nœuds par seconde) pour l'une des profondeurs les plus grandes, preuve que ces deux chiffres ne se comparent pas d'un moteur à l'autre. Écart de couleur marqué : 51 points avec les Blancs, 40 avec les Noirs.
Daydreamer 2.0.0
Le talent instable
Aaron Becker (États-Unis) · 2016 · 3012 ± 18 · 75 / 128 · +53 =44 −31
Avec Strelka, le seul à marquer la moitié des points contre Komodo (4 sur 8), et l'un des deux à battre Strelka. Mais aussi dix des treize incidents du tournoi : cinq pertes au temps et cinq plantages. Sur les 118 parties terminées normalement, il marque 75 points, soit 63,6 %. Il annonce la profondeur moyenne la plus élevée du tournoi (27,7) et le temps par coup le plus long avec Murka. La série 2.0 a été diffusée en préversions à partir de 2016 ; son nom vient, selon son auteur, d'un ancien bogue qui lui faisait jouer des gaffes « comme s'il rêvassait ».
Gull 1.2 x64
Le mur
ThinkingALot, alias Vadim Demichev (Russie) · v. 2011 · 2985 ± 9 · 76 / 128 · +44 =64 −20
Moteur du domaine public, inspiré d'IvanHoe et de Strelka ; le parallélisme n'est venu qu'avec les versions 2 et 3. C'est l'un des deux seuls à battre Strelka, et il marque un point de plus que Daydreamer, que l'Ordo place pourtant devant lui. Son style se lit dans les chiffres : 64 nulles, dont 43 par répétition, record du tournoi. Il annonce l'une des vitesses les plus hautes (3,8 millions de nœuds par seconde) pour une profondeur modeste.
DiscoCheck 5.2.1
Le Blanc, surtout
Lucas Braesch · 2014 · 2956 ± 18 · 69 / 128 · +47 =44 −37
Moteur libre, ancêtre de Demolito qui, lui, sera parallèle. Sixième, il ferme le groupe des moteurs des années 2010. L'écart de couleur est le plus fort du tournoi : 41,5 points avec les Blancs, 27,5 avec les Noirs. Il prend 6 points sur 8 à Fruit 2.3.1 et à Rybka, 6,5 à Toga II, mais ne marque que 1 et 1,5 contre Komodo et Strelka. C'est lui qui annonce la vitesse la plus basse après Rybka (1,1 million de nœuds par seconde).
Rybka 1.0 Beta
La légende de 2005
Vasik Rajlich · 2005 · 2926 ± 10 · 60 / 128 · +36 =48 −44
Le moteur qui a dominé la fin des années 2000 est ici en tête du peloton des anciens, un demi-point derrière Spike mais devant lui à l'Ordo, qui tient compte de ses 364 parties au classement. Contre la génération suivante, la marche est haute : un demi-point sur 8 contre Strelka et contre Komodo, un point contre Andscacs. Il perd une partie au temps contre Fruit 2.3.1. Ses 0,7 million de nœuds par seconde et sa profondeur de 15,3 sont les chiffres qu'il affiche, connus pour être minorés.
Spike 1.2 Turin
Le cogneur de bas de tableau
Ralf Schäfer et Volker Böhm (Allemagne) · 2006 · 2905 ± 18 · 60,5 / 128 · +37 =47 −44
Nommé d'après les championnats du monde de Turin 2006 ; le parallélisme n'arrivera qu'avec Spike 1.4 en 2011. Premier du peloton aux points, il a le profil le plus contrasté du tournoi : 0 sur 8 contre Strelka, 1 sur 8 contre Komodo et contre Daydreamer, mais 6,5 contre HIARCS et 7 contre WildCat. Il ne bat que ceux qui sont en dessous de lui, et les bat nettement.
Fruit 2.3.1
L'étalon
Fabien Letouzey (France) · 2007 · 2881 ± 7 · 58 / 128 · +31 =54 −43
La dernière version de Fruit, publiée en août 2007, et l'un des piliers du classement avec 717 parties. Il ne gagne rien de spectaculaire : 3 de ses 31 victoires sont des pertes au temps adverses, dont celle de Rybka. Mais 54 nulles et une performance en ligne avec sa cote : un étalon qui fait ce qu'on attend de lui. À peine au-dessus de son propre descendant, Gambit Fruit, qu'il ne bat que 3,5 à 4,5.
HIARCS 11.1 UCI ancre
L'ancre anglaise
Mark Uniacke (Royaume-Uni) · 2007 · 2878 ± 10 · 56,5 / 128 · +29 =55 −44
Ancre du tournoi, avec 368 parties au classement ; HIARCS existe aussi en version multi-processeur, ce qui l'exclut du concours proprement dit. Il joue les parties les plus courtes du peloton (168 demi-coups en moyenne). Deux déroutes sévères : un demi-point sur 8 contre Andscacs, 1,5 contre Spike. Son score, 44,1 % contre un champ moyen de 2931, correspond à une performance de 2890, douze points au-dessus de sa cote.
Gambit Fruit 1.0 Beta 4bx
Le fils qui bat le père
Ryan Benitez (États-Unis) · décembre 2005 · 2878 ± 18 · 56 / 128 · +28 =56 −44
Dérivé de Fruit 2.1 et de Toga, conçu comme « un moteur libre, amusant et agressif » ; ses améliorations ont ensuite nourri les Fruit commerciaux. Le qualificatif d'agressif ne se voit pas ici : 56 nulles, 28 victoires seulement. Il bat Fruit 2.3.1 4,5 à 3,5 et Murka 5,5 à 2,5, et termine à égalité de cote avec HIARCS.
Toga II 3.1.2SE JA
Tout ou rien
lignée Toga, Thomas Gaksch (Allemagne) · v. 2008 · 2868 ± 18 · 55 / 128 · +34 =42 −52
Autre descendant de Fruit, compilé par Jim Ablett (« JA »). Le moins nul du peloton : 42 nulles seulement, et le plus de défaites parmi les quinze concurrents après WildCat (52). Aucun point contre Komodo (0 sur 8), mais 6,5 contre Murka et 5 contre Gambit Fruit. Il gagne une partie sur plantage de Daydreamer.
Murka 3 x64 UCI
Le plus rapide, pas le plus fort
Igor Korshunov (Biélorussie) · juillet 2013 · 2866 ± 17 · 54 / 128 · +30 =48 −50
L'auteur de WildCat, qui a aussi co-signé Belka avec l'auteur de Strelka. Murka annonce la vitesse la plus élevée du tournoi, 5,8 millions de nœuds par seconde, et utilise le plus de temps par partie (25,8 minutes) ; il finit pourtant dans le peloton. Il fait 4,5 contre Spike et Fruit, mais 1,5 contre Toga II et un demi-point contre Strelka et Komodo.
Twisted Logic 20100815
Le didactique
Edsel Apostol (Philippines) · 2010 · 2866 ± 17 · 54 / 128 · +27 =54 −47
Un moteur à bitboards réputé pour la clarté de son code, qui a servi de base à d'autres programmes. À égalité parfaite de points et de cote avec Murka. Ses meilleurs résultats : 5 sur 8 contre DiscoCheck, 4,5 contre Rybka. Face aux ancres, il n'a pris qu'un point sur 4 à Shredder 10 et 2,5 à The King.
ProDeo 3.1
Le roi de la nulle
Ed Schröder (Pays-Bas) · février 2021 · 2857 ± 17 · 52,5 / 128 · +19 =67 −42
L'héritier gratuit de Rebel, dans sa version « PESTO », la plus récente du tournoi. Son profil est unique : 67 nulles sur 128, 19 victoires seulement, les parties les plus longues (208 demi-coups en moyenne) et 23 nulles par la règle des cinquante coups, record du tournoi. Il finit avant-dernier des quinze concurrents, à 9 points de Murka et de Twisted Logic dans la cote.
Shredder 10 UCI ancre
L'ancre de référence
Stefan Meyer-Kahlen (Allemagne) · 2006 · 2840 ± 7 · 28 / 66 · +14 =28 −24
L'ancre la plus éprouvée du classement, 859 parties. Quatre parties contre chaque moteur. Il ne prend rien à Strelka, un demi-point à Komodo, Andscacs, Gull et Rybka, mais 3 sur 4 contre Twisted Logic et 3,5 contre WildCat. Il marque 42,4 % contre un champ moyen de 2930.
The King 3.50 ancre
L'ancre du bas
Johan de Koning (Pays-Bas) · v. 2007 · 2721 ± 11 · 15 / 66 · +5 =20 −41
Le moteur de Chessmaster, joué ici en un seul processeur. Il sert d'ancre basse : 5 victoires seulement, dont 2 contre WildCat, et une contre Daydreamer, Gambit Fruit et Spike. Zéro contre Strelka, Komodo, Fruit 2.3.1 et Shredder. Sa présence permet de mesurer l'écart jusqu'à WildCat.
WildCat 8 UCI
La lanterne rouge
Igor Korshunov (Biélorussie) · date non établie · 2558 ± 11 · 14,5 / 128 · +4 =21 −103
Champion des pays de la CEI en 2008, première version UCI de sa lignée. Largement dépassé ici : 103 défaites dont 101 par mat, aucun point contre Strelka, Komodo, Andscacs et Gull. Ses quatre victoires : deux contre The King, une contre DiscoCheck, une contre Fruit 2.3.1. Il perd aussi une partie au temps et une sur plantage. Il reste utile au tournoi comme plancher de l'échelle.
Un instantané
Ce tournoi fixe un état des lieux : à un seul cœur et à cadence longue, la hiérarchie des moteurs
qui n'ont jamais connu le parallélisme se lit presque dans l'ordre chronologique — avec
Strelka loin devant, Komodo et Andscacs derrière lui, puis un large peloton où les moteurs de 2005
à 2008 et quelques programmes plus récents sont statistiquement indiscernables. Les cotes publiées
évolueront à mesure que d'autres parties entreront dans le classement ; les 128 parties par moteur
de ce tournoi en fixent déjà l'essentiel à une vingtaine de points près.
chess.lumn.eu · laboratoire de calibration · septembre 2026 [...]
21 September, 2026Chess Engines / TestLaboratoire · expérience
Un même Fruit, deux machines
Fruit 2.1, compilé à partir du même code source pour Windows et pour Mac, affronte
les mêmes adversaires dans les mêmes conditions — une fois sur un PC, une fois sur un
Mac à puce Apple —, puis se mesure à lui-même, Mac contre PC. Ce que la différence de
score mesure, ce n'est plus le moteur : c'est la machine. Après près de mille parties, le PC
ressort devant, de 17 à 39 points selon la mesure. Mais l'écart n'apparaît que lorsque
plusieurs parties tournent en même temps.
L'idée
On compare d'ordinaire des moteurs entre eux, sur une machine donnée. Ici on fait l'inverse :
on fige le moteur et on change la machine. Si un même programme joue plus fort sur l'une que
sur l'autre, l'écart en Elo donne une mesure directe de ce que vaut, aux échecs, la différence
entre deux processeurs.
Encore faut-il que le moteur soit vraiment le même des deux côtés. C'est ce
qui fait l'intérêt de Fruit 2.1.
Fruit 2.1, le même code pour tous
Fruit est l'œuvre de Fabien Letouzey. Sa version 2.1, publiée en 2005 sous licence libre,
a marqué l'histoire des échecs sur ordinateur : un programme gratuit, écrit par un seul homme,
qui tenait tête aux grands logiciels commerciaux, et dont le code a inspiré une longue lignée
de moteurs. Fruit a terminé vice-champion du monde des programmes à Reykjavík en 2005, en
tournant sur un seul processeur face à des adversaires qui en utilisaient plusieurs.
Parce que ce code source est public, il peut être recompilé aujourd'hui pour n'importe quelle
plateforme. C'est ce qu'a fait Darius, auteur du site
chessengeria.eu : il a
compilé Fruit 2.1 avec des outils actuels pour Windows, pour Mac — puces Apple et
Intel —, pour Linux et pour Android. Les versions utilisées ici sont les siennes, pour
Windows et pour Mac.
Pourquoi c'est important
Deux compilations du même source, par la même personne, avec la même démarche : ce qui reste
de différence entre elles tient au processeur et au compilateur de chaque plateforme, pas à
une version ou à un réglage du moteur. C'est la condition pour que la comparaison ait un sens.
Les deux machines
PCMac
Machineposte fixeMacBook Pro
ProcesseurAMD Ryzen 9 7950X3DApple M1 Max
Architecturex86-64ARM64 (Apple Silicon)
BinaireFruit 2.1.exeFruit-2.1_Mac_Apple_Silicon
Fruit 2.1 ne sait utiliser qu'un seul processeur. La comparaison porte donc sur
un cœur contre un cœur — ce qui la rend d'autant plus nette : ni le
nombre de cœurs ni l'efficacité d'un parallélisme ne viennent s'y mêler.
Faire jouer un moteur Mac contre des moteurs PC
Il fallait résoudre un problème pratique. Les adversaires tournent sur le PC, et une partie
d'entre eux ne peuvent tourner que là. Le tournoi est donc organisé sur le PC, par
cutechess-cli. Mais cutechess ne sait parler qu'à des programmes installés
sur la même machine que lui.
La solution tient en deux petits programmes qui se parlent par le réseau domestique. Sur le
Mac, un serveur attend les connexions, lance Fruit à la demande et fait
circuler les messages. Sur le PC, un relais se fait passer pour le moteur
auprès de cutechess, et transmet tout au serveur. Pour cutechess, rien ne distingue Fruit du
Mac d'un moteur installé localement.
Et le réseau ne fausse-t-il pas le temps ?
Un aller-retour sur un réseau domestique prend de l'ordre d'une milliseconde. À quinze
secondes par coup, c'est un dix-millième du temps de réflexion. Cutechess mesure d'ailleurs
la pendule côté PC, réseau compris, et laisse quatre secondes de tolérance avant de déclarer
une perte au temps.
Les deux programmes
Ils sont écrits en Python et n'utilisent que la bibliothèque standard : rien à installer
d'autre. Le serveur n'exécute que les moteurs inscrits dans sa propre table — aucune
commande reçue du réseau n'est lancée telle quelle.
uci_serveur.py — côté Mac
Écoute sur le réseau et lance le moteur à chaque connexion. Affiche en direct, pour chaque
coup joué, la profondeur atteinte, l'évaluation et la vitesse du moteur.
↓ Télécharger uci_serveur.py
script Python 3 · à placer sur la machine qui héberge le moteur
uci_relais.py — côté PC
Lancé par cutechess comme s'il était le moteur. Se connecte au serveur et fait passer le
dialogue dans les deux sens.
↓ Télécharger uci_relais.py
script Python 3 · à placer à côté du batch cutechess
La mise en place
Sur le Mac, placer uci_serveur.py et renseigner, en tête du fichier, le nom
du binaire de Fruit et son dossier.
Rendre le binaire exécutable et lever la quarantaine que macOS pose sur les fichiers
téléchargés :
chmod +x Fruit-2.1_Mac_Apple_Siliconxattr -d com.apple.quarantine Fruit-2.1_Mac_Apple_Silicon
Lancer le serveur, et laisser la fenêtre ouverte :
python3 uci_serveur.py
Noter l'adresse du Mac sur le réseau :
ipconfig getifaddr en0
Sur le PC, déclarer le moteur dans cutechess en appelant le relais, avec l'adresse du Mac :
-engine name="Fruit 2.1 Mac" cmd=py arg=-3 arg=uci_relais.py arg=192.168.x.x arg=5555 arg=fruit21 proto=uci
Trois pièges rencontrés en route
Un moteur Unix reçoit mal ce que Windows lui envoie, et il a fallu les surmonter un par un.
Les fins de ligne d'abord : Windows ajoute un retour chariot que Fruit ne sait pas lire, si
bien qu'il ignorait la commande uci. Les espaces ensuite : l'invite de commandes
de Windows en glisse parfois en fin de ligne, que Fruit ne reconnaît pas davantage. L'ordre
enfin : quand deux commandes arrivent ensemble, le relais doit attendre la réponse du Mac
avant de se fermer. Les versions proposées ici corrigent les trois.
Deuxième partie · la mesure
Le protocole
Fruit 2.1 a joué trois séries, toutes dans les mêmes conditions de jeu. Seul change
l'endroit où tourne Fruit, et le nombre de parties menées en même temps.
Cadence : 60 coups en 15 minutes, reconduite à chaque période ;
table de hachage de 512 Mo pour tous les moteurs ;
livre d'ouvertures Perfect 2023, imposé sur huit coups environ, livres
internes des moteurs désactivés ; chaque ouverture est jouée dans les deux couleurs ;
tournoi organisé sur le PC par cutechess-cli ; Fruit du Mac y participe à
travers le relais réseau.
SérieDatesPartiesSimultanéesDurée moy.
1. Gauntlets, une partie à la fois21 – 24 septembreMac 100 · PC 1001 + 142 · 43 min
2. Gauntlets en parallèle25 – 26 septembreMac 177 · PC 2004 · 1242 · 44 min
3. Affrontement direct Mac – PC26 – 28 septembre419838 min
Dans la première série, les deux gauntlets ont tourné en même temps, une partie à la fois
chacun. Dans la deuxième, le gauntlet du Mac a mené quatre parties de front et celui du PC
douze, pour aller plus vite : le Ryzen a seize cœurs, le M1 Max en a dix. L'affrontement direct
a tourné avec huit parties simultanées : huit Fruit sur le Mac, huit sur le PC.
Les adversaires
Cinq moteurs d'un seul processeur, tous calibrés dans le
classement du laboratoire,
et choisis pour encadrer la force attendue de Fruit 2.1. Les cotes indiquées sont celles
du classement actuel, après intégration de toutes les parties ; moyenne du champ : 2783.
AdversaireCoteÀ savoir
Shredder 10 UCI2840La référence la plus éprouvée du classement.
Fritz 9 UCI py2820Moteur ChessBase, joué à travers le pont eng2uci.
ProDeo 2.02787Au niveau attendu de Fruit 2.1.
Chess Tiger 20072743
The King 3.502726Le moteur de Chessmaster.
Où attend-on Fruit 2.1 ?
La liste CCRL place Fruit 2.1 à 2695, soit 90 points sous Fruit 2.3.1. Rapporté à
l'échelle du laboratoire, où Fruit 2.3.1 est coté 2880, cela situait Fruit 2.1
vers 2790 — au niveau de ProDeo, au centre du champ. La mesure l'a
placé nettement plus bas (voir les résultats).
Darius l'a lui-même mesuré sur un MacBook Pro M1, à cadence très rapide, et obtient 2723 dans
sa propre liste de moteurs pour Mac. Les deux échelles ne sont pas directement comparables,
mais les deux mesures placent Fruit 2.1 dans la même région.
Les résultats
En tout, 996 parties : 277 pour Fruit du Mac contre les cinq adversaires, 300
pour Fruit du PC, et 419 de Fruit contre lui-même. Trois mesures en sortent : la cote Ordo
globale, la performance contre les mêmes adversaires, et le score de l'affrontement direct.
Le classement du laboratoire
Toutes les parties sont intégrées au
classement du laboratoire,
calculé par Ordo :
MoteurProcesseurRangCote±Parties
Fruit 2.1 PCAMD Ryzen 9 7950X3D8327238710
Fruit 2.1 MacApple M1 Max9426908686
Huit défaites qui n'en sont pas
L'affrontement direct a été arrêté le 28 septembre à 6 h 58 alors que huit parties
étaient en cours. Cutechess les a enregistrées comme des déconnexions de Fruit du Mac, donc
comme huit défaites du Mac, toutes terminées à la même seconde ; une neuvième partie est
restée sans résultat. Ces huit parties figurent dans le classement ci-dessus et y pénalisent
le Mac. Elles sont écartées de toutes les mesures qui suivent.
Contre les mêmes adversaires
Séries 1 et 2 réunies. Performances calculées sur la cote actuelle de chaque adversaire, par la
formule perf = cote adverse + 400 · log10(p / (1 − p)).
AdversaireCoteFruit 2.1 MacFruit 2.1 PC
+ = −ScorePerf.+ = −ScorePerf.
Shredder 10 UCI28404 28 2418 / 56271011 19 3020,5 / 602726
Fritz 9 UCI py282012 19 2521,5 / 56273814 19 2723,5 / 602744
ProDeo 2.027879 21 2619,5 / 56267816 17 2724,5 / 602723
Chess Tiger 2007274310 23 2221,5 / 55266616 23 2127,5 / 602714
The King 3.50272616 19 1925,5 / 54270717 18 2526 / 602679
Total278351 110 116106 / 277270174 96 130122 / 3002718
Sur l'ensemble, le PC fait 17 points de mieux, et devance le Mac contre quatre adversaires sur
cinq. Mais cet écart global cache deux séries qui ne disent pas la même chose :
SérieParties simultanéesPerf. MacPerf. PCÉcart PC − Mac
1. Une partie à la fois1 · 12720 (41 / 100)2709 (39,5 / 100)−11
2. En parallèle4 · 122690 (65 / 177)2722 (82,5 / 200)+32
Sur cent à deux cents parties, l'incertitude d'une performance est de ±30 à ±40
points : aucune de ces deux séries ne suffit à elle seule. C'est l'affrontement direct qui
tranche.
L'affrontement direct
Fruit du Mac contre Fruit du PC, sur 169 ouvertures du livre, toutes jouées avec les deux
couleurs sauf une. Chaque partie compare les deux machines dans la même position, contre le
même adversaire : c'est la mesure la plus directe. 410 parties sont allées à leur terme.
PartiesFruit 2.1 PC (+ = −)Score PCÉcart EloIC 95 %
Parties jouées jusqu'au bout410117 222 7155,6 %+39+17 à +62
Avec les 8 parties interrompues418125 222 7156,5 %+45+23 à +68
Quarante-six parties gagnées de plus que perdues : la probabilité que le PC soit réellement le
plus fort dans ces conditions dépasse 99,9 %.
Le verdict
Le PC est plus fort, de 30 à 40 points, quand les deux machines sont chargées.
L'affrontement direct donne +39 (+17 à +62), la deuxième série +32 ; le classement Ordo, qui
compte encore les huit parties interrompues, +33. Dans la première série, une partie à la fois,
les deux machines faisaient jeu égal (le Mac devant de 11 points, dans la marge d'erreur).
Le premier bilan, qui concluait à l'égalité, n'était donc pas faux : il ne mesurait que la
situation d'une seule partie par machine.
Les couleurs
Avec les BlancsAvec les Noirs
Fruit 2.1 Mac (gauntlets)+24 =53 −62 · 50,5 / 139+27 =57 −54 · 55,5 / 138
Fruit 2.1 PC (gauntlets)+40 =45 −65 · 62,5 / 150+34 =51 −65 · 59,5 / 150
Fruit 2.1 PC contre le Mac+69 =106 −30 · 122 / 205+48 =116 −41 · 106 / 205
Dans l'affrontement direct, le PC marque plus de la moitié des points avec les Blancs (59,5 %)
comme avec les Noirs (51,7 %) : son avantage ne tient pas à la couleur.
La fiabilité de la chaîne
Fruit du Mac a joué 696 parties à travers le réseau. Une seule vraie déconnexion,
le 26 septembre dans le gauntlet, et les huit parties coupées par l'arrêt de l'affrontement
direct. Aucune perte au temps, aucun coup illégal. Les autres parties se sont terminées selon les
règles ou par arbitrage :
Fin de partieMac (gauntlets)PC (gauntlets)Mac contre PC
Abandon (3 coups à plus de 10 pions)164202186
Mat222
Nulle par triple répétition6443177
Nulle par la règle des cinquante coups263016
Nulle par matériel insuffisant151628
Pat571
Déconnexion / arrêt du tournoi1–8
Parties décisives / nulles167 / 110204 / 96196 / 222
Le Mac fait plus de nulles que le PC contre les mêmes adversaires, dont 21 répétitions de plus.
Dans les deux gauntlets de la deuxième série, aucune répétition n'a eu lieu dans une position que
Fruit jugeait nettement gagnante ou perdante : sur ses cinq dernières évaluations avant la nulle,
aucune ne dépasse ±0,66. Ce sont des nulles à égalité, pas des points bradés.
L'affrontement direct, lui, fait plus de moitié de nulles, dont 177 répétitions : deux Fruit
identiques tombent souvent d'accord.
Profondeur et temps de réflexion
Cutechess inscrit dans le PGN, pour chaque coup, la profondeur atteinte et le temps consommé.
C'est la mesure la plus directe de la vitesse des deux machines : à temps égal, un cœur plus
rapide va plus profond. Dans l'affrontement direct, les deux Fruit jouent les mêmes parties :
Coups de Fruit (affrontement direct)Prof. MacProf. PCTemps MacTemps PC
1 à 20 (hors livre)14,0414,3525,5 s25,4 s
21 à 4015,0815,4415,9 s15,9 s
41 à 6017,8818,1414,7 s14,5 s
61 et au-delà23,0323,4519,4 s19,1 s
Ensemble17,6918,0318,3 s18,2 s
Même temps de réflexion, mais un tiers de demi-coup de plus pour le PC, à toutes les
phases de la partie. Partie par partie, sur les quarante premiers coups, le PC va plus
profond dans 346 parties sur 417, de 0,34 demi-coup en moyenne (±0,05). L'écart est
faible mais parfaitement régulier. Comparé d'une série à l'autre, il suit la charge des machines :
Écart de profondeur PC − MacCoups 1 à 2021 à 4041 à 60
1. Une partie à la fois−0,04+0,05+0,57
2. En parallèle (Mac 4, PC 12)+0,19+0,17+0,07
3. Affrontement direct (8 et 8)+0,31+0,36+0,26
Au-delà du 40e coup, les gauntlets ne jouent pas les mêmes finales, et la profondeur
y dépend surtout du matériel restant : seule la colonne de l'affrontement direct, où les
positions sont communes, est comparable à ce stade. Le nombre de positions calculées par seconde
n'est pas enregistré dans le PGN ; si l'on admet pour Fruit un facteur de branchement effectif de
2 à 3, un tiers de demi-coup correspond à 25 à 45 % de positions en plus pour le PC.
Pourquoi la charge compte
Un processeur ne tourne pas à la même fréquence selon le nombre de cœurs occupés. Seul, un cœur
du M1 Max comme un cœur du Ryzen monte à sa fréquence maximale ; quand plusieurs parties tournent
ensemble, les deux ralentissent, et pas forcément dans la même proportion. Nos mesures s'accordent
avec un Mac qui perd davantage que le PC sous charge : égalité à une partie par machine, avantage
au PC à quatre, huit ou douze parties. Nous n'avons pas mesuré les fréquences : c'est une
explication plausible, pas une constatation. Un affrontement direct joué une partie à la fois
permettrait de la vérifier.
Les ouvertures
Le livre Perfect 2023 tire ses ouvertures au hasard. Dans les gauntlets, chaque ouverture a
été jouée dans les deux couleurs, mais les deux machines n'ont pas tiré les mêmes : dans la
deuxième série, 82 ouvertures côté Mac, 90 côté PC, 15 seulement en commun. Une partie des écarts
adversaire par adversaire tient donc aux ouvertures. L'affrontement direct n'a pas ce défaut :
les deux Fruit jouent chaque ouverture, une fois de chaque côté.
Fruit 2.1 dans l'échelle du laboratoire
Coté 2723 sur le PC et 2690 sur le Mac, Fruit 2.1 se place 70 à 100 points sous la projection
tirée de la liste CCRL (vers 2790), et 157 à 190 points sous Fruit 2.3.1 (2880), là où la
CCRL met 90 points entre les deux versions. Fruit du PC se range juste sous The King 3.50
(2726), le plus faible des cinq adversaires : le champ choisi pour encadrer Fruit 2.1 s'est
trouvé presque entièrement au-dessus de lui, pour une moyenne de 2783. La mesure de Darius, 2723
dans sa liste de moteurs pour Mac, est numériquement proche, mais les deux échelles n'ont pas la
même origine.
Mise à jour du 2 octobre 2026. Avec les parties jouées depuis, le
classement général
donne 2727 à Fruit 2.1 sur le PC et 2692 sur le Mac, soit 35 points d'écart. Fruit 2.1 a aussi été
embarqué dans trois machines émulées sous MAME : il y atteint 2050 sur 68020, 2266 sur 68040 et 2306
sur ARM9 à 30 MHz (voir Stockfish 11 & Fruit 2.1 : 68020, 68040 & ARM).
Ce que l'on a appris
Un même Fruit 2.1 ne joue pas tout à fait à la même force sur un cœur d'Apple M1 Max et sur
un cœur de Ryzen 9 7950X3D. Une partie à la fois, l'écart est indiscernable. Avec plusieurs
parties simultanées, le PC va plus profond d'un tiers de demi-coup à temps égal et gagne 30 à 40
points : +39 en affrontement direct sur 410 parties. Pour comparer des machines, il faut donc
préciser la charge sous laquelle on les compare. Et un moteur installé sur un Mac peut être
calibré dans un tournoi organisé sur un PC, à travers le réseau, sur des centaines de parties,
avec une seule vraie déconnexion.
chess.lumn.eu · laboratoire de calibration · mise à jour du 2 octobre 2026 [...]
14 September, 2026OutilsCalculateur de tournoi
chess.lumn.eu · outil
Ordostat
Chargez un ou plusieurs PGN : la page calcule les cotes par ajustement global
(modèle logistique, nulles à un demi-point, avantage du trait ajusté), puis produit le
classement et les débriefs adversaire par adversaire.
Tout se passe dans votre navigateur.
Déposez vos PGN ici
ou cliquez pour les choisir · plusieurs fichiers acceptés
écarter les parties incidentées
écarter les doublons
écarter les parties d'un moteur contre lui-même
ajuster l'avantage du trait
parties min.
matériel
Ancres Elo — moteurs de référence
Un moteur par ligne, au format "Nom", cote — le format
d'anchors.csv. Ces moteurs gardent exactement la cote indiquée ; tous les autres sont
ajustés autour d'eux. Deux ancres au minimum.
Calculer
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Télécharger
Aucun PGN chargé. [...]
7 September, 2026OutilsCalculateur de tournoi
Analyseur de tournoi — classement par points ou performance Elo
Laboratoire · outil
Analyseur de tournoi
Déposez un fichier PGN : la page en tire le classement du tournoi, par points ou par
performance Elo, en s'appuyant sur les cotes du classement du laboratoire. Tout se passe
dans votre navigateur, aucun fichier n'est envoyé nulle part.
Déposez un PGN ici
ou cliquez pour choisir un fichier · plusieurs fichiers acceptés
écarter les doublons
écarter les crashs
écarter les pertes au temps
exclure les moteurs contenant
parties min.
Aucun fichier chargé.
Cotes de référence — modifier ou remplacer
Un moteur par ligne, au format Nom = cote. Ces cotes servent d'ancrage au
calcul des performances : seules les parties contre un moteur listé ici y contribuent.
Le nom doit correspondre exactement à celui du PGN.
Appliquer
Rétablir la liste d'origine
Comment lire les colonnes
Pts et % : le score brut dans ce tournoi, sans pondération.
Perf : la performance Elo, calculée uniquement sur les parties contre des
adversaires cotés, par la formule cote adverse moyenne + 400·log₁₀(p/(1−p)).
± : l'incertitude à un écart-type. Anc. : le nombre de
parties contre un adversaire coté, sur lequel repose la performance — en dessous de
vingt, la valeur est indicative. Δ : l'écart à la cote du classement,
quand le moteur y figure. Cliquez une ligne pour voir le détail adversaire par adversaire. Le tableau croisé,
sous le classement, donne le score de chaque moteur contre chacun des autres. Les parties
perdues au temps et les crashs sont écartés par défaut (cases à cocher).
chess.lumn.eu · laboratoire de calibration [...]
10 July, 2026Chess Engines / SoftLaboratoire · moteurs d'échecs classiques
Faire rejouer les moteurs classiques
Fritz, Junior, Shredder, Nimzo, Hiarcs — les grands moteurs de 1997 à 2005 sont
enfermés dans le logiciel ChessBase qui les a vus naître. Deux petits ponts les libèrent :
ils les font passer pour des moteurs UCI ordinaires, afin qu'on puisse enfin les faire jouer
dans les interfaces modernes et mesurer ce qu'ils valent vraiment.
Ce qu'on cherche à faire
Un moteur d'échecs moderne est un programme autonome qui dialogue en texte, selon un
langage universel appelé UCI : l'interface lui envoie une position, il
répond son coup. C'est ce langage que parlent toutes les interfaces d'aujourd'hui, et c'est
lui qui permet de faire s'affronter des moteurs de toutes origines.
Les vieux moteurs ChessBase, eux, ne fonctionnent pas ainsi. Ce ne sont pas des programmes
autonomes mais des modules internes : seul le logiciel d'origine sait les
charger et les faire parler. Impossible, tel quel, de les brancher sur une interface
moderne — ils restent muets. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'ils sont absents
des grandes listes de classement modernes, qui ne testent que des moteurs autonomes.
L'idée des ponts est de se glisser à la place du logiciel d'origine. Le
programme charge le vieux moteur, lui parle exactement comme le faisait le logiciel
d'époque, récupère le coup choisi, puis le retraduit en UCI. Vu de l'extérieur, le vieux
moteur devient un moteur UCI comme les autres.
Pourquoi le faire
Pour donner à ces moteurs historiques une place dans une échelle de calibration Elo :
les faire jouer des centaines de parties contre des références, mesurer leur force réelle,
et comparer les générations. Sans ces ponts, ils resteraient à jamais prisonniers de leur
logiciel d'origine.
Deux ponts, seize moteurs
Les moteurs ChessBase ne sont pas tous bâtis pareil, d'où deux outils :
eng2uci.py — pour les moteurs livrés sous forme de
fichier .eng (Fritz, Deep Fritz, Junior, les Tiger, Hiarcs, Nimzo).
Il reconnaît le moteur à la taille exacte du fichier.
shredder2uci.py — pour Shredder 5.32,
Shredder 6 et Shredder 7, qui exposent directement une bibliothèque
.dll et se pilotent d'une tout autre façon.
Les moteurs pris en charge
Tous tournent désormais comme des moteurs UCI natifs — coups légaux, promotions,
roques, prise en passant, détection des répétitions et de la règle des cinquante coups, et
depuis septembre 2026 gestion autonome de la pendule (voir plus bas).
La colonne taille est essentielle : c'est elle qui sert d'identification.
MoteurFichierTaille (octets)ÉtatÀ savoir
Fritz 5.32.eng126 976Publié
Le doyen (1997). Format interne un peu différent des suivants.
Fritz 6.eng311 296Publié
La première version mise au point, référence de tout le reste.
Fritz 7.eng434 176Publié
Évaluations et meilleur coup lus dans le canal de rapport du moteur.
Fritz 8.eng471 040Publié
Même base que la 7.
Fritz 9.eng446 464Publié
Réclame MSVCR71.dll et vérifie la présence du CD — les deux sont gérés.
Deep Fritz 8.eng + .dll487 424Publié
Multiprocesseur, mesuré en 1, 4 et 8 threads. Les noms de fichiers doivent contenir des
espaces (Deep Fritz 8.eng) : la coquille se cherche elle-même sous ce nom.
Junior 7.eng + .dll212 992Publié
Même taille que la 8 : distingués automatiquement par une signature interne.
Junior 8.eng + .dll212 992Publié
À piloter au temps, jamais en go depth.
Hiarcs 7.32.eng + .dll155 648Publié
Protection par contrôle de volume, contournée.
Hiarcs 8.eng + .dll245 760Publié
Trois contrôles successifs à l'initialisation, tous neutralisés.
Nimzo 8.eng + .dll202 240Publié
Le fichier Nimzo_8.cmp n'est pas un exécutable mais la base de
combinaisons : il doit simplement rester à côté du .eng.
Chess Tiger 15.0.eng + .dll114 688Jouable
Le plus fiable des deux Tiger, mais écarté de l'échelle de calibration (voir encadré).
Gambit Tiger 2.0.eng + .dll98 304Instable
Se corrompt de lui-même sur certaines positions ; écarté de la calibration.
Shredder 5.32.dll—Publié
Piloté par shredder2uci.py (pas par eng2uci.py).
Shredder 6.dll—Publié
Idem. Multi-thread d'origine, ramené à un seul processeur pour des mesures comparables.
Shredder 7.dll307 200Publié
Contrôle du CD contourné. Longtemps piloté par la coquille .eng, il est
passé en septembre 2026 sur shredder2uci.py, qui lui donne enfin sa pendule.
Important : la taille fait foi
Il a circulé plusieurs éditions d'un même Fritz (versions localisées,
mises à jour, rééditions), qui n'ont pas toutes exactement la même taille de fichier.
Le pont identifie le moteur par sa taille : si votre fichier ne fait pas le
compte à l'octet près, il s'arrêtera avec un message du type
« taille non reconnue » suivi de la liste des tailles connues.
Ce n'est pas un échec : cela signifie simplement que votre édition n'a pas encore été
analysée. Les repères internes diffèrent d'une édition à l'autre, et les reprendre
demande une passe d'analyse dédiée. Vérifiez la taille exacte par un clic
droit → Propriétés sur le fichier .eng.
Télécharger les ponts
eng2uci.py
Le pont principal, en un seul fichier. Gère les treize moteurs à fichier .eng :
les cinq Fritz, Deep Fritz 8, les deux Junior, les deux Hiarcs, Nimzo 8
et les deux Tiger.
↓ Télécharger eng2uci.py
script Python · à placer dans le dossier du moteur
shredder2uci.py
Le pont dédié à Shredder 5.32, Shredder 6 et Shredder 7, qui se pilotent
directement par leur bibliothèque .dll.
↓ Télécharger shredder2uci.py
script Python · à placer dans le dossier du moteur
Prérequis indispensable
Ces moteurs sont en 32 bits : il faut donc un Python 32
bits (les versions 64 bits ne pourront pas les charger). Sous Windows,
installer Python puis vérifier depuis un terminal : py -3-32 --version doit
répondre sans erreur.
Le dossier à préparer
Un dossier par moteur, contenant :
eng2uci.py — le pont ;
Chess32.dll — le petit relais que les moteurs .eng réclament ;
le fichier du moteur, par exemple Fritz 6.eng ;
la DLL associée quand le moteur en a une : Tiger_g.dll,
Tiger15.dll, hiarcs7.dll,
Hiarcs8.dll, Jr_70.dll, Jr_80.dll,
Nimzo_8.dll, Deep Fritz 8.dll ;
pour Fritz 9 uniquement : MSVCR71.dll ;
pour Nimzo 8 : Nimzo_8.cmp.
Pour les trois Shredder, le dossier contient shredder2uci.py et la DLL du
moteur (pas de .eng, pas de Chess32.dll).
Utilisation dans Banksia
Banksia est l'interface recommandée pour jouer et analyser au quotidien : elle pilote les
ponts sans configuration exotique.
Dans Banksia, ouvrir Engines puis Add.
Au champ Fichier du moteur (l'exécutable), indiquer le chemin du
Python 32 bits, typiquement :
C:\Users\...\Python313-32\python.exe
Au champ Dossier de travail, indiquer le dossier préparé.
Au champ Ligne de commandes, passer le pont suivi du nom du fichier
moteur, entre guillemets s'il contient une espace :
eng2uci.py "Fritz 6.eng"
… ou, pour les Shredder :
shredder2uci.py shredder6.dll
Choisir le protocole UCI, puis valider. Banksia interroge le moteur :
il doit répondre son nom et son auteur.
Régler la taille de hash (512 Mo pour les mesures publiées ici),
créer un tournoi, choisir la cadence et lancer.
Deux réglages de tournoi à ne pas oublier
Désactiver le pondering (réflexion sur le temps de l'adversaire) et fixer
la concurrence à 1. Ces deux points ne relèvent pas des ponts, mais de la
validité de toute mesure : voir l'encadré sur la machine plus bas.
Utilisation dans Arena
Arena fonctionne aussi. Comme il préfère pointer vers un lanceur unique, le
plus simple est de créer à côté du moteur un petit fichier lancer.bat d'une ligne :
py -3-32 eng2uci.py "Fritz 6.eng"
Menu Engines → Install New Engine.
Sélectionner le lancer.bat qu'on vient de créer.
Quand Arena demande le type de moteur, choisir UCI.
Vérifier que le dossier de travail pointe bien sur le dossier du moteur.
Le moteur apparaît dans la liste, prêt à jouer ou à analyser.
Arena reste le plus commode pour une partie contre l'ordinateur ou une analyse ponctuelle.
Pour les mesures, on lui préfère les deux outils ci-dessous.
Faire jouer les matchs : cutechess-cli
Banksia est parfait pour piloter une partie à la main. Pour mesurer, on lui préfère
souvent cutechess-cli : pas d'interface graphique, tout tient dans une ligne
de commande, le tournoi se relance à l'identique, et c'est l'outil qui sert de référence aux
grandes listes de calibration. Un pont Python s'y déclare comme n'importe quel moteur UCI —
il suffit de désigner Python comme exécutable et de lui passer le script en argument.
@echo off
setlocal
set CC=C:\Chess\cutechess\cutechess-cli.exe
set PY=C:\Users\...\Python313-32\python.exe
set ENG=C:\Chess\Engines
set BOOK=C:\Chess\books\Perfect2023.bin
"%CC%" ^
-engine name="Fritz 9 UCI py" cmd="%PY%" arg=eng2uci.py arg="Fritz 9.eng" dir="%ENG%\FRITZ9" ^
-engine name="Ruffian 2.1.0" cmd="%ENG%\Ruffian\Ruffian.exe" dir="%ENG%\Ruffian" ^
-each proto=uci tc=60/900 option.Hash=512 timemargin=2000 ^
book="%BOOK%" bookdepth=8 ^
-games 2 -rounds 24 -repeat -concurrency 1 -recover ^
-pgnout serie_fritz9_ruffian.pgn
endlocal
Ligne par ligne, ce qui compte :
-engine — un bloc par moteur. Pour un moteur adapté, l'exécutable est
Python, et les deux arg= passent le pont puis le nom du fichier
moteur. Le dir= doit pointer sur le dossier préparé.
-each — ce qui s'applique aux deux : protocole UCI, cadence, taille de
hash. Le timemargin laisse deux secondes de tolérance, indispensable avec des
moteurs anciens qui ne vérifient l'ordre d'arrêt qu'à intervalles.
book et bookdepth — les ouvertures imposées. Sans elles,
deux moteurs déterministes rejouent la même partie indéfiniment.
-games 2 -rounds 24 -repeat — 48 parties, chaque ouverture jouée deux
fois avec les couleurs inversées. C'est ce qui neutralise l'avantage des Blancs.
-concurrency 1 — une seule partie à la fois. Voir
l'encadré sur la machine : ce chiffre n'est pas négociable.
-recover — si un moteur plante, il est relancé pour la partie suivante
au lieu d'emporter tout le match.
Le fichier PGN produit contient, pour chaque coup, l'évaluation annoncée, la profondeur et le
temps consommé. C'est la matière première de tout ce qui suit : les scores donnent la cote,
mais ce sont les parties elles-mêmes qui disent si le moteur joue vraiment comme il devrait.
Deuxième partie · les résultats
Que valent vraiment ces moteurs ?
Faire rejouer ces moteurs n'était que la première moitié du travail. Un moteur peut jouer
des coups parfaitement légaux et pourtant ne plus jouer à son niveau. La seule façon
de trancher est la calibration : plusieurs dizaines ou centaines de parties contre des
adversaires dont la cote est établie, puis la comparaison avec la version d'origine.
Toutes les mesures sont faites sur la même machine, un Ryzen 9 7950X3D, à un seul processeur
(sauf pour les multiprocesseurs, traités plus bas), hash de 512 Mo, ouvertures imposées. Les
cotes et incertitudes citées sont celles du classement au 24 septembre 2026. Les cotes citées sont celles du
classement du
laboratoire, recalculées par Ordo sur l'ensemble des parties.
Treize moteurs adaptés au classement
Les treize moteurs adaptés figurent désormais dans le
classement du laboratoire
sous leur cote mesurée. Dix d'entre eux ont aussi leur version d'origine dans la liste,
calibrée dans les mêmes conditions : la comparaison est directe. Les moteurs multiprocesseurs
sont traités à part, plus bas.
MoteurAdaptéNatifÉcartVerdict
Fritz 72754 ± 152763 ± 21−9indiscernables
Hiarcs 7.322579 ± 172599 ± 18−20indiscernables
Junior 82699 ± 122725 ± 14−26indiscernables
Fritz 5.322578 ± 142605 ± 14−27indiscernables
Hiarcs 82718 ± 182747 ± 20−29indiscernables
Nimzo 82575 ± 182610 ± 15−35indiscernables
Fritz 82733 ± 152778 ± 20−45indiscernables
Fritz 62702 ± 152655 ± 10+47adapté au-dessus
Junior 72646 ± 142701 ± 14−55adapté en dessous
Shredder 62697 ± 212794 ± 26−97adapté en dessous*
« Indiscernables » : écart inférieur à deux fois l'incertitude combinée des deux mesures.
* La cote native de Shredder 6 ne repose que sur 60 parties, et l'adaptée sur 92 : c'est
l'écart le plus fragile du tableau, des deux côtés.
Sept moteurs sur dix sont indiscernables de leur version d'origine.
Fritz 7 tombe à neuf points de son natif, Hiarcs 7.32 à vingt, Junior 8 à vingt-six.
Trois écarts dépassent le seuil, et pas dans le même sens. Fritz 6 adapté est
au-dessus de son natif, de 47 points. Junior 7 est en dessous de 55 points.
Shredder 6, à −97, est à prendre avec précaution : les deux mesures reposent sur
peu de parties.
Le coût du pont, en un chiffre
Pris un par un, la plupart des écarts sont dans le bruit de mesure. Pris ensemble, ils
racontent autre chose : neuf sur dix sont négatifs. Leur moyenne, pondérée par la
précision de chaque mesure, vaut −23 ± 7 Elo. Passer par un
pont coûte donc environ vingt points — peu, mais de façon mesurable. C'est l'ordre de
grandeur de la couche Python qui s'intercale entre l'interface et le moteur.
Trois moteurs sans équivalent
Trois moteurs adaptés n'ont aucune version native dans la liste, parce que leur version
d'origine n'a jamais pu tourner ailleurs que dans son logiciel. Leur cote est donc, à notre
connaissance, la seule mesure publique de ces moteurs sur matériel moderne.
Moteur adaptéCotePartiesSituation
Fritz 9 UCI py2830 ± 10424
Le mieux mesuré des adaptés. Au niveau de Shredder 10 UCI (2840), juste sous Fritz 10.
Shredder 7 UCI py2815 ± 1997
Au niveau de Shredder 9.1 UCI (2823), son successeur de deux générations.
Shredder 5.32 UCI py2610 ± 2095
Au niveau de Zarkov 6.50 et de Nimzo 8.
Si l'on applique à ces trois moteurs le coût moyen du pont mesuré plus haut, leur version
d'origine se situerait une vingtaine de points plus haut. C'est une estimation, pas une mesure.
La confrontation avec la SSDF
Comparer deux échelles Elo n'a de sens que par un adversaire commun. Shredder 10 UCI
figure dans le classement du laboratoire (2840) comme dans les listes historiques de la
SSDF (2832 sur Athlon 1200) : on raisonne donc en écart à ce repère, ce qui
annule les différences de machine.
MoteurIciÉcart au repèreSSDFÉcart au repèreDifférence
Fritz 9 UCI py2830−102812−20+10
Fritz 8 (natif)2778−622757−75+13
Fritz 7 (natif)2763−772741−91+14
Junior 7 (natif)2701−1392687−145+6
Fritz 6 (natif)2655−1852623−209+24
Fritz 9 adapté se comporte exactement comme les moteurs natifs de contrôle.
Les quatre natifs sont décalés de six à vingt-quatre points par rapport à la SSDF, quatorze en
moyenne ; Fritz 9, de dix. Un moteur qui n'avait jamais pu être testé hors de son logiciel retrouve, une fois
libéré, le rang que lui donnaient les testeurs de son époque.
Et les grandes listes modernes ?
Le CCRL ne peut pas tester ces moteurs : sa procédure exige des programmes autonomes. Les
Fritz n'y figurent qu'à partir de la version 7, la première livrée en UCI. Pour tout ce
qui précède, la SSDF des années 1998-2006 reste la seule référence — et elle a été
établie sur des machines à 450 MHz ou 1,2 GHz. D'où l'intérêt d'un ancrage par adversaire
commun plutôt que d'une comparaison brute des cotes.
Ce que ça veut dire, en une phrase
Ces moteurs, une fois sortis de leur logiciel d'origine, jouent à leur niveau, à une
vingtaine de points près. Le doute qui pesait sur les premières campagnes, où les versions
adaptées accusaient cent à deux cents points de retard, est levé.
Les multiprocesseurs : un, quatre, huit threads
Deep Fritz 8 et Deep Junior 10 sont les seuls moteurs adaptés conçus pour plusieurs
processeurs. La question est double : jouent-ils à leur niveau, et tirent-ils parti de leurs
threads une fois sortis de leur logiciel ? Pour y répondre, les deux ont affronté le
même champ de cinq moteurs mono-processeur, dans les mêmes conditions, avec
un nombre de threads différent d'une série à l'autre.
Adversaires : Gull 1.2 (2985), Fruit 2.3.1 (2881), Shredder 10 UCI (2840),
ProDeo 2.0 (2784), Chess Tiger 2007 (2740) — cote moyenne 2846 ;
60 coups en 15 minutes, hash de 512 Mo, livre Perfect 2023 sur huit coups,
livres internes coupés ;
abandon arbitré à dix pions d'écart pendant trois coups, les deux moteurs d'accord ;
20 parties contre chaque adversaire, 100 par série.
SérieThreadsParties comptéesScorePerf.Cote OrdoIncidents
Deep Fritz 8 UCI py110035,5 · 35,5 %27422734 ± 19aucun
Deep Fritz 8 UCI py496 sur 9739,5 · 41,1 %27842782 ± 201 coup illégal
Deep Fritz 8 UCI py899 sur 10049 · 49,5 %28432840 ± 201 coup illégal
Deep Junior 10 UCI py498 sur 10039 · 39,8 %27742768 ± 202 déconnexions
Deep Junior 10 UCI py890 sur 10042,5 · 47,2 %28272823 ± 2110 déconnexions
Parties incidentées écartées du score et de la cote. Perf. : performance simple sur la cote
moyenne du champ (2846), perf = 2846 + 400 · log10(p / (1 − p)). Cote Ordo :
classement du laboratoire au 24 septembre 2026. « Coup illégal » : le pont a rendu un coup nul
(0000) au lieu d'un coup, une fois dans chacune des deux séries.
Ce que rapportent les threads
ComparaisonÉcartIncertitudeVerdict
Deep Fritz 8 : 1 → 4 threads+48±28non significatif seul
Deep Fritz 8 : 4 → 8 threads+58±28à la limite (2,1 fois l'incertitude)
Deep Fritz 8 : 1 → 8 threads+106±28significatif
Deep Junior 10 : 4 → 8 threads+55±29non significatif seul
Deep Fritz 8 tire bien parti de ses threads : 106 points entre un et huit. La
progression est régulière, 48 points de un à quatre, 58 de quatre à huit. À huit threads, il
rejoint Shredder 10 (2840) et Fritz 9 adapté (2830). Deep Junior 10 gagne 55
points de quatre à huit threads, dans le même ordre de grandeur, et se place à 2823.
Contre les cinq adversaires, la hausse de Deep Fritz 8 n'est pas uniforme : de un à huit threads,
il passe de 3,5 à 8 points sur 20 contre Gull et de 7 à 10,5 contre Shredder 10, mais de
10 à 12 seulement contre Chess Tiger, contre qui il faisait déjà jeu égal à un thread.
La profondeur, coup par coup
Cutechess inscrit la profondeur atteinte à chaque coup. Sur les quarante premiers coups hors
livre, à temps de réflexion comparable :
SérieProfondeur moyenneTemps par coup
Deep Fritz 8, 1 thread14,018,5 s
Deep Fritz 8, 4 threads14,018,8 s
Deep Fritz 8, 8 threads14,818,2 s
Deep Junior 10, 4 threads18,420,0 s
Deep Junior 10, 8 threads19,819,8 s
À huit threads, Deep Fritz 8 gagne huit dixièmes de demi-coup sur sa série à un thread, et Deep
Junior 10 près d'un demi-coup et demi sur sa série à quatre. À quatre threads en revanche, Deep
Fritz 8 n'atteint pas une profondeur plus grande qu'à un seul, alors que son score progresse. La
profondeur ne se compare qu'à l'intérieur d'un même moteur : chaque programme annonce la sienne
selon sa propre définition.
Fritz 8 et Deep Fritz 8 sur un seul thread
MoteurCoteParties
Fritz 8 (natif)2778 ± 2090
Fritz 8 UCI py2733 ± 15179
Deep Fritz 8 UCI py, 1 thread2734 ± 19100
Ramené à un seul thread, Deep Fritz 8 vaut exactement Fritz 8 : un point d'écart.
Les deux moteurs adaptés sont au même niveau, et au même écart de leur natif commun, Fritz 8
mono-processeur : −45 et −44, pour une incertitude combinée de ±25 à
±28. La version multiprocesseur ne coûte rien en force quand elle tourne sur un seul
cœur ; tout ce qu'elle gagne au-delà vient des threads supplémentaires. Ni Deep Fritz 8 ni Deep
Junior 10 n'ont de version native au classement : leur comparaison au natif passe par Fritz 8.
Deep Junior 10 : les déconnexions suivent les threads
Dix parties perdues par déconnexion sur cent à huit threads, deux sur cent à quatre, et aucune
sur dix dans une série d'essai à deux threads. Le nombre d'incidents croît avec le nombre de
threads. Sa cote à huit threads repose donc sur 90 parties seulement. Deep Fritz 8, lui, n'a
perdu qu'une partie par série, sur un coup nul rendu par le pont, et aucune à un thread.
Les conditions de ces séries
Les cinq séries ont été jouées en même temps, du 21 au 24 septembre 2026, parallèlement à deux
autres gauntlets et, à partir du 22 septembre à 12 h 14, à un tournoi Banksia. La série
à un thread de Deep Fritz 8 a joué quatre parties à la fois et s'est achevée le 22 septembre à
11 h 22 ; les quatre autres ont joué une partie à la fois. Les écarts entre un, quatre
et huit threads sont mesurés dans ces conditions de charge.
Ce qui a rendu ces résultats possibles
Deux corrections successives expliquent le chemin parcouru depuis les premières mesures, qui
donnaient toutes les versions adaptées cent à deux cents points sous leur original.
La mémoire de la partie. Les moteurs ChessBase attendent qu'on leur
rejoue les coups déjà joués, pour reconstituer leur propre enregistrement. Le pont ne le
faisait pas : ils jouaient donc aveugles à la triple répétition et à la règle des
cinquante coups, et bradaient des positions gagnantes en répétant sans le savoir. Sur
les vingt-trois premières parties d'un moteur, les onze nulles étaient toutes des
répétitions, dont cinq alors qu'il était gagnant.
La pendule. Le pont imposait à chaque coup un temps calculé par lui-même
et interrompait le moteur à l'échéance. Résultat : sur cent cinquante parties, un moteur
n'a jamais dépassé vingt-huit secondes sur un coup, quand ses adversaires montaient à cent
cinquante. Il ne pouvait donc jamais investir sur une position critique. Depuis
septembre 2026, le pont transmet la vraie pendule et laisse le moteur décider : les mêmes
moteurs montent maintenant à quatre cents secondes quand la position l'exige, et
s'arrêtent à cinq quand le coup est évident.
C'est cette seconde correction qui a fait basculer les résultats. Sur le moteur où elle a été
mesurée isolément, elle vaut à elle seule quatre-vingts points.
La machine est un instrument de mesure
Une leçon coûteuse, qui vaut pour quiconque voudrait refaire ces mesures. Faire tourner
plusieurs tournois en même temps sur une machine à seize cœurs
invalide tous les résultats, et pas seulement en les ralentissant. La perte
n'est pas la même pour tout le monde : un moteur adapté paye deux fois (sa recherche
et la couche Python), un moteur multiprocesseur vole les cœurs de ses adversaires,
et les processeurs modernes à cœurs hétérogènes ajoutent leur propre loterie. On a vu un
même moteur passer de 75 % à 40 % en cours de tournoi, simplement parce que
d'autres calculs avaient démarré à côté.
La règle est donc devenue absolue : un seul tournoi à la fois, machine dédiée.
Les mesures faites autrement ont été jetées, y compris quand elles étaient flatteuses.
La suite
Les treize moteurs mono-processeur sont au classement, et les deux multiprocesseurs y sont
entrés, mesurés à plusieurs nombres de threads. Restent des points ouverts :
MoteurOù il en est
Deep Fritz 8
Mesuré en 1, 4 et 8 threads (2734, 2782, 2840). Reste à expliquer les deux coups nuls
rendus par le pont, un à quatre threads et un à huit.
Deep Junior 10
Mesuré en 4 et 8 threads (2768, 2823). Les déconnexions augmentent avec le nombre de
threads et restent à supprimer.
Deep Junior 9
Adapté en septembre 2026, pas encore calibré.
Au-delà, deux chantiers restent ouverts : porter les deux Tiger à un niveau de fiabilité
suffisant pour la calibration, et explorer Fritz 13 SE, d'une toute autre génération —
plus de table de fonctions, un protocole à commandes sérialisées et un mécanisme de signature.
Sans promesse.
Ce qu'on en fait dans le classement
Les moteurs adaptés gardent leur place dans la liste sous leur cote réellement mesurée,
jamais celle de leur passé natif, et portent une marque distinctive (couleur et mention
« py ») pour qu'on ne les confonde jamais avec un moteur UCI d'origine.
Il aura fallu regarder les parties, et non les tableaux, pour comprendre. Ces vieux moteurs
ne perdaient pas leur force en changeant de logiciel : on leur avait retiré la mémoire de ce
qu'ils venaient de jouer, puis on les avait empêchés de gérer leur temps. Rendus à
eux-mêmes, ils rejouent exactement comme il y a vingt-cinq ans — à ceci près qu'ils le
font sur une machine mille fois plus rapide, et qu'on peut enfin les mesurer.
chess.lumn.eu · laboratoire de calibration · mise à jour du 24 septembre 2026 [...]
26 June, 2026TestCalibration de ma liste elo
Étalonner son laboratoire sur l'échelle CCRL — méthode des trois ancres
Méthode · étalonnage du laboratoire
Aligner son labo sur l'échelle CCRL
Comment donner à des moteurs testés sur sa propre machine une cote comparable à celle de CCRL ? La réponse tient en trois moteurs-ancres, un bridage temporel, et une formule. Voici la méthode complète, avec les gauntlets intégraux des trois ancres et leurs écarts mesurés au référentiel CCRL.
Le problème. CCRL note les moteurs sur son matériel et ses conditions de référence. Sur un Ryzen 9 7950X3D, plus rapide par cœur et souvent lancé avec davantage de threads, les mêmes moteurs marquent plus de points — leur cote « maison » est gonflée. Pour publier des valeurs comparables à CCRL, il faut un pont entre l'échelle du laboratoire et l'échelle CCRL.
L'idée. Choisir des moteurs dont la cote CCRL est connue et fiable (les ancres), les faire jouer sur le Ryzen mais bridés en temps pour qu'ils rejouent leur force CCRL. Tout moteur qui les affronte à pleine cadence se positionne alors sur l'échelle CCRL via son score.
Le principe, étape par étape
Choisir trois ancres étagées. Trois moteurs de cote CCRL connue, répartis sur l'échelle — haut, milieu, bas — pour que le pont soit tenu en plusieurs points plutôt qu'en un seul. Ici : 3327, 2911 et 2608, soit ≈ 730 points couverts.
Brider les ancres en temps. Chaque ancre joue à ~½ temps (8 s/coup) là où le moteur testé joue à pleine cadence (15 s/coup). Ce handicap neutralise l'avantage de fréquence par cœur du Ryzen : l'ancre joue « comme si » elle tournait sur un matériel plus lent, et reproduit son niveau CCRL.
Faire jouer chaque ancre contre des sous-ancres CCRL. Un gauntlet de 100 parties (20 par adversaire, couleurs équilibrées) contre 4-5 moteurs de cote CCRL connue, eux aussi bridés. Le score mesure la force de l'ancre sur le Ryzen.
Calculer la performance. Formule maison : moyenne des cotes CCRL des adversaires + conversion logistique du pourcentage. On obtient la cote Ryzen de l'ancre.
Épingler les trois ancres dans Ordo. On fixe les trois à leur valeur CCRL mesurée, et Ordo redérive toute la liste sur le référentiel CCRL à partir de ces points fixes.
perf = moyenne des ancres + 400 · log₁₀( p / (1 − p) )
σ = 400 · √( p(1 − p) / N ) — forme « table », colonne Err ±
Subtilité du bridage. Le handicap temporel est un facteur unique par cœur — il ne se cumule pas avec le nombre de threads. Chaque ancre tourne donc au nombre de threads de sa référence CCRL : la fréquence est neutralisée, mais pas le parallélisme. C'est ce qui explique que le seul gain possible au-dessus de la cote CCRL provienne des threads supplémentaires par rapport à la référence — et de rien d'autre.
Ancre hauteDeep Shredder 13 — 8 threads
Cote CCRL 3327 (4CPU) · movetime 15 / 8 · 100 parties · couleurs 50/50
Adversaire (sous-ancre)CCRLScore%+ / = / −Perf ind.
Caissa 1.1736013.5 / 2017,50 %0 / 7 / 133332
Stockfish 1035226.5 / 2032,50 %0 / 13 / 73395
Ethereal 12.7534549.5 / 2047,50 %1 / 17 / 23437
Wasp 5.50332514.0 / 2070,00 %9 / 10 / 13472
Gull 3322312.0 / 2060,00 %4 / 16 / 03293
Total · moy. 3425—45.5 / 10045,50 %14 / 63 / 233394
Cote Ryzen 93394± 20 (table) · ± 9 (log) · écart CCRL +67
Cohérence. +67 au-dessus de la cote CCRL 4CPU, attribuable au doublement 4 → 8 threads — la fréquence par cœur étant neutralisée par le bridage. Profil propre : les cinq perfs individuelles s'ordonnent correctement avec la force des sous-ancres (3293 → 3472), sans outlier.
Ancre médianeGlaurung 2.2 JA — 8 threads
Cote CCRL 2911 (4CPU) · movetime 15 / 8 · 100 parties
Adversaire (sous-ancre)CCRLScore%+ / = / −Perf ind.
Igel 2.3.130976.0 / 2030,00 %0 / 12 / 82950
Deep Shredder 12304310.5 / 2052,50 %6 / 9 / 53060
Wasp 2.0029469.0 / 2045,00 %5 / 8 / 72911
Stockfish 1.4 JA284515.5 / 2077,50 %12 / 7 / 13060
Lux 5.0281115.0 / 2075,00 %11 / 8 / 13002
Total · moy. 2948—56.0 / 10056,00 %34 / 44 / 222990
Cote Ryzen 92990± 20 (table) · ± 9 (log) · écart CCRL +79
Cohérence. +79 au-dessus de la cote CCRL 4CPU, là encore via le doublement 4 → 8 threads. À 20 parties par sous-ancre le profil est homogène : Igel (2950) et Wasp 2.00 (2911) alignés en bas, DS12 et Stockfish 1.4 en haut (3060) — aucun outlier de style.
Ancre basseList 5.12 — 1 thread
Cote CCRL 2608 · movetime 15 / 8 · 92 parties · pool sans Tao, avec Hermann
Adversaire (sous-ancre)CCRLScore%+ / = / −Perf ind.
Toga II 1.2.1a27668.0 / 2040,00 %5 / 6 / 92696
Spike 1.1269010.0 / 2050,00 %6 / 8 / 62690
Ruffian 1.0.5259910.0 / 2050,00 %6 / 8 / 62599
Hermann 2.8248722.0 / 3268,75 %16 / 12 / 42624
Total · moy. 2635,5—50.0 / 9254,35 %33 / 34 / 252666
Cote Ryzen 92666± 21 (table) · ± 9 (log) · écart CCRL +58
Cas particulier : pas de bonus SMP. List tourne en mono-thread, exactement comme sa référence CCRL — il n'y a donc aucun gain de threads ici. Son +58 ne vient pas du parallélisme mais du pool retenu sans Tao (avec Tao inclus, la perf retombait vers ~2610). List fait par ailleurs 50 % contre Ruffian (2599) et contre Spike (2690), deux sous-ancres distantes de 91 points : une légère non-transitivité qui fixe le plancher de précision à ± 21. Tao 5.6, statistiquement indistinguable de Hermann (z = 0,64), a été écarté du pool.
Le triplet d'ancrage et la leçon des écarts
Trois points fixes pour le réétalonnage global · échelle couverte ≈ 730 points
MoteurTh.CCRLRyzen 9Écart CCRL
Deep Shredder 13 x64833273394 ± 20+67
Glaurung 2.2 JA829112990 ± 20+79
List 5.12126082666 ± 21+58
La leçon centrale. Les trois écarts — +67, +79, +58 — ne suivent aucune règle uniforme. Ils ne sont pas proportionnels au nombre de threads (les deux ancres 8T gagnent des montants différents), ni constants. L'écart au référentiel CCRL est propre à chaque moteur. C'est précisément pourquoi on ne peut pas décaler toute la liste d'une constante : il faut mesurer plusieurs ancres réelles et laisser Ordo interpoler entre elles.
Conclusion opératoire : on épingle ces trois points à leur valeur CCRL connue dans Ordo, et l'on redérive l'ensemble de la liste sur le référentiel CCRL. Les ancres tiennent le pont en trois endroits — haut, milieu, bas — et tout moteur testé contre elles, à pleine cadence, hérite d'une cote directement comparable à CCRL, sans facteur correctif arbitraire. La précision du pont, ≈ ± 20 par ancre, fixe le plancher d'incertitude de tout le réétalonnage.
De la partie au tableau publié
La chaîne complète, du PGN brut au classement et aux débriefs en ligne
Une fois les ancres posées et les gauntlets joués, le passage des parties brutes au tableau publié suit une chaîne fixe en quatre temps. Rien n'est saisi à la main : tout est dérivé des PGN.
1 · Assemblage
Tous les PGN en un seul
Chaque gauntlet (un par moteur testé) est concaténé dans un PGN combiné unique — la matière première, l'intégralité des parties du laboratoire.
gauntlets_combined.pgn
▼
2 · OrdoStat
Ajustement global Ordo / BayesElo
Le PGN combiné passe dans OrdoStat. Avec les trois ancres CCRL épinglées à leur valeur (deux ancres minimum pour caler l'échelle), Ordo résout tout le graphe d'un coup et redérive chaque moteur sur le référentiel CCRL — bien mieux qu'une moyenne d'ancres, car il gère la non-transitivité.
▼
3 · Sorties
Fichiers CSV et TXT
OrdoStat produit la liste calée : un CSV structuré (cote, σ, parties, %) et un TXT ordonné (rang, nom, cote, points, parties, %). C'est le classement officiel, à l'état de données.
classement.csvclassement.txt
▼
4 · Générateur HTML
Classement + débriefs en ligne
Le générateur croise le PGN, la sortie Ordo et la liste des moteurs figés, puis produit deux fragments HTML dans le thème crème : le tableau de classement (avec liens internes) et l'ensemble des débriefs de gauntlets (tables d'adversaires par moteur). Collés dans deux widgets HTML Elementor de la page WordPress.
classement.htmldebriefs.html
Pourquoi cette séparation en deux outils. OrdoStat fait la science (l'ajustement statistique sur l'échelle CCRL) ; le générateur fait la mise en forme (le HTML). Les garder distincts permet de rejouer l'un sans l'autre — réétalonner après l'ajout d'un moteur sans retoucher la présentation, ou régénérer le HTML après un changement de style sans relancer Ordo.
Une chaîne reproductible. Du premier coup joué au tableau en ligne, chaque maillon part d'un fichier et en produit un autre. Ajouter un moteur, c'est rejouer son gauntlet, le verser dans le PGN combiné, et relancer la chaîne : Ordo repositionne tout, le générateur réédite le classement et les débriefs. Aucune valeur n'est jamais recopiée à la main — d'où la cohérence d'ensemble de la liste.
Chroniques Software · Ryzen 9 7950X3D · perf = moyenne ancres + 400·log₁₀(p/(1−p)) · σ table · pont liaison CCRL [...]
23 June, 2026Chess Engines / TournamentsLe chant du cygne de l'évaluation artisanale
Le dernier carré de l'évaluation artisanale — Tournoi HCE
Tournoi · évaluation artisanale (HCE)
Le dernier carré de l'évaluation artisanale
Dix moteurs, 898 parties, un seul critère d'admission : être resté fidèle à une fonction d'évaluation écrite à la main, sans réseau NNUE greffé. Ce sont les derniers grands champions de l'ère classique — pour la plupart figés en 2019-2020, à la veille du raz-de-marée neuronal.
Le thème. En septembre 2020, Stockfish 12 intègre NNUE et gagne d'un coup ~80 Elo : l'évaluation artisanale (HCE, hand-crafted evaluation) cesse d'être compétitive au sommet. En quelques mois, presque tous les grands moteurs basculent — ou s'arrêtent. Ce tournoi rassemble la toute dernière version purement HCE de chaque programme retenu, gelée juste avant ce basculement. Un mémorial autant qu'un classement.
Conditions. Round-robin intégral · 10 moteurs · 8 threads chacun · cadence 60 coups / 5 min, répétée · MSI · 11–19 mai 2026.
Classement final
898 parties · 10 moteurs · round-robin toutes rondes · tie-break : points
#
Moteur
Pts
J
+ / = / −
%
1Stockfish 11 64137,017995 / 84 / 076,5 %
2Komodo 14.1 64-bit112,018055 / 114 / 1162,2 %
3Fire 8 x64105,017850 / 110 / 1859,0 %
4Ethereal 12.75103,518038 / 131 / 1157,5 %
5Xiphos 0.687,018020 / 134 / 2648,3 %
6Booot 6.5 x6481,018018 / 126 / 3645,0 %
7rofChade 2.376,017917 / 118 / 4442,5 %
8Deep Shredder 13 x6472,518012 / 121 / 4740,3 %
9Laser 1.767,018011 / 112 / 5737,2 %
10Defenchess 2.2 x6457,01807 / 100 / 7331,7 %
Vainqueur · invaincu
Stockfish 11
137,0 / 179 · 76,5 % · 0 défaite
Le verdict est sans appel : Stockfish 11 traverse le tournoi sans perdre une seule partie (95 gains, 84 nulles, aucune défaite sur 179 rencontres), avec 25 points d'avance. À l'autre bout, Defenchess ferme la marche à 31,7 %. Entre les deux, un fait marquant : les trois places suivantes sont occupées par des moteurs open source (Komodo excepté, commercial), tandis que les anciens champions commerciaux glissent dans le bas de tableau. Le rapport de force de l'ère ouverte, juste avant que NNUE ne rebatte les cartes une dernière fois.
Tableau croisé
Score de la ligne contre la colonne · 20 parties par confrontation · vert = majorité rouge = minorité
SF11KomFireEthXiphBoootrofCDS13LaserDefen
Stockfish 11—13.013.013.014.016.016.018.016.018.0
Komodo 14.17.0—13.09.012.513.513.514.014.015.5
Fire 86.07.0—10.511.513.513.513.013.516.5
Ethereal 12.757.011.09.5—11.512.011.012.014.015.5
Xiphos 0.66.07.58.58.5—9.512.012.010.512.5
Booot 6.54.06.56.58.010.5—9.511.512.012.5
rofChade 2.34.06.55.59.08.010.5—10.011.011.5
Deep Shredder 132.06.07.08.08.08.510.0—12.011.0
Laser 1.74.06.06.56.09.58.09.08.0—10.0
Defenchess 2.22.04.53.54.57.57.58.59.010.0—
Stockfish n'enregistre aucun score perdant : toute sa ligne est verte. Deep Shredder 13 illustre à l'inverse l'effondrement des anciens face au champion ouvert — 2,0 / 20 contre Stockfish 11, soit 10 % seulement. Le tableau révèle aussi quelques non-transitivités locales (Komodo domine Ethereal 11-9, qui lui-même tient Fire), mais l'ossature reste remarquablement régulière.
Les moteurs, un à un
Auteur · origine · dernière version artisanale · bascule NNUE
01Stockfish 11 — le champion invaincu
Marco Costalba, Joona Kiiski, Gary Linscott & la communauté · open source GPL · sortie 18 janvier 2020 · dernier Stockfish purement HCE
Stockfish naît en 2008 quand Marco Costalba dérive Glaurung, le moteur de Tord Romstad, pour en faire un projet communautaire. Sa force vient moins d'un auteur que d'une méthode : le framework de test distribué Fishtest, où des centaines de bénévoles valident chaque micro-changement par milliers de parties. Au fil des ans, cette évaluation artisanale est devenue la plus finement réglée de l'histoire.
Stockfish 11 en est l'aboutissement absolu — et la fin d'une époque. Sept mois plus tard, Stockfish 12 (septembre 2020) intègre NNUE, un réseau de neurones efficacement actualisable importé du shogi, et gagne d'un seul coup ~80 Elo. La version 11 reste ainsi le dernier champion du monde de l'évaluation écrite à la main. Ici, il le prouve : invaincu, 76,5 %.
0 défaite en 179 parties. Aucun autre moteur du plateau ne dépasse 35 % contre lui. C'est l'écart entre la dernière HCE de pointe et tout le reste du champ classique.
02Komodo 14.1 — le positionnel
Don Dailey, GM Larry Kaufman, Mark Lefler · commercial · 2020 · dernière version avant Dragon (NNUE)
Komodo est né de la rencontre entre le programmeur Don Dailey et le grand-maître Larry Kaufman, théoricien réputé des valeurs de pièces et des déséquilibres matériels. À la mort de Don Dailey en 2013, Mark Lefler reprend le moteur de recherche tandis que Kaufman continue de cultiver l'évaluation. Komodo s'est forgé une réputation de jeu profondément positionnel et stratégique, là où d'autres misaient sur le calcul brut.
Komodo 14.1 est la dernière version à évaluation classique. En 2021, Komodo Dragon adopte NNUE et gagne près de 190 Elo d'un coup. La 14.1 est donc le chant du cygne du Komodo artisanal — et il décroche ici une solide 2ᵉ place, fidèle à sa réputation de robustesse.
03Fire 8 — le rescapé d'Ippolit
Norman Schmidt (« kranium ») · Belgique · open source GPL · sortie 23 février 2021 · Fire 8.N (mai 2021) passe à NNUE
Fire a une histoire mouvementée. Apparu en 2010 sous le nom de Firebird (renommé pour un conflit de marque), il dérivait jusqu'à la version 3.0 de la famille controversée Ippolit / IvanHoe, ces clones open source de l'ère Rybka. Fire 4 (décembre 2014) marque une réécriture complète et originale, qui solde ce passé. Le moteur de Norman Schmidt s'appuie sur des bitboards magiques, plus de 70 options UCI et une recherche SMP.
Fire 8, sorti début 2021 avec une évaluation « plus compacte et finement réglée », est la dernière mouture purement artisanale : trois mois plus tard, Fire 8.N greffe un réseau NNUE. Sa 3ᵉ place ici, devant Ethereal, en fait le meilleur des poursuivants après le duo de tête.
04Ethereal 12.75 — « HCE is dead »
Andrew Grant · États-Unis · open source GPLv3 · 9 octobre 2020 · « Final Release » HCE avant Ethereal 13 (NNUE)
Premier publié en juin 2016, Ethereal s'inspire ouvertement de Crafty, Stockfish, TSCP, MadChess et Fruit. Andrew Grant en a fait l'une des références de l'évaluation classique open source, et a créé en parallèle OpenBench, un framework de test distribué adopté par toute une génération de moteurs.
Ethereal 12.75 porte explicitement la mention « Final Release » : c'est la dernière version artisanale, gelée le 9 octobre 2020, le jour même où Grant lançait un appel pour entraîner un réseau NNUE. Il franchira le pas avec Ethereal 13 (NNUE, commercial, juin 2021), puis signera son fameux billet « I declare that HCE is dead » avant de prendre la tête du projet Torch de Chess.com. La 12.75 est donc le testament HCE d'un auteur qui a tourné la page sans regret.
05Xiphos 0.6 — l'inachevé
Miloš Tatarević · open source GPLv3 · sortie 7 novembre 2019 · développement arrêté, jamais passé à NNUE
Xiphos est né en février 2018 d'une envie : après avoir lu Deep Thinking de Garry Kasparov, Miloš Tatarević a voulu savoir « à quel point il serait difficile » d'écrire un moteur capable de surpasser Deep Blue. Réponse : dès sa première version, Xiphos tutoyait les 3000 Elo. Alpha-bêta classique à évaluation artisanale, il a culminé au 5ᵉ rang mondial CCRL en décembre 2019.
La version 0.6 est sa dernière sortie majeure. Le développement s'est ensuite arrêté, juste avant la vague NNUE — Xiphos ne s'y est jamais converti. Il reste un « et si ? » de l'histoire récente, première moitié de tableau ici, à 48,3 %.
06Booot 6.5 — le vétéran
Alex Morozov · Ukraine · 2020 · Booot 7.0 (2021) passe à NNUE
Booot est l'un des plus anciens projets encore en activité à cette époque : Alex Morozov le développe depuis le début des années 2000, d'abord en Pascal/Delphi, signe d'une longévité rare dans le petit monde des moteurs. Patiemment affiné au fil de deux décennies, il a toujours figuré honorablement dans les listes.
Booot 6.5 est sa dernière version à évaluation classique ; la 7.0 adoptera NNUE l'année suivante. Sixième ici, au cœur du peloton, il illustre le destin commun de cette génération : un dernier tour de piste artisanal avant la conversion.
07rofChade 2.3 — l'artisan discret
Ronald Friederich · Pays-Bas · ~2020 · rofChade 3.0 (2021) passe à NNUE
rofChade est l'œuvre solitaire et discrète de Ronald Friederich, dont la version 2.2 datait de septembre 2019. La lignée 2.x représente l'apogée de son évaluation artisanale, élégante et bien réglée, qui lui valait une place régulière dans le haut-milieu des classements.
La 2.3 est la dernière de cette veine : rofChade 3.0 basculera vers NNUE en 2021. Septième de ce tournoi, il devance d'un souffle les deux anciens champions commerciaux que sont Shredder et Laser.
08Deep Shredder 13 — le champion d'un autre temps
Stefan Meyer-Kahlen · Allemagne · commercial · sortie 2017 · HCE par conviction — n'a jamais adopté NNUE
Shredder est une légende : signé Stefan Meyer-Kahlen, il a accumulé une douzaine de titres de champion du monde (WCCC, WMCCC) entre les années 1990 et 2000, dominant l'époque où les moteurs commerciaux faisaient la loi. Sa marque de fabrique : une évaluation positionnelle sophistiquée et une grande solidité.
Sa singularité dans ce plateau : Deep Shredder 13 est resté HCE par choix, pas seulement par calendrier. Meyer-Kahlen n'a jamais converti Shredder à NNUE, fidèle à son approche classique. Sa 8ᵉ place — et son terrible 2,0 / 20 contre Stockfish 11 — mesure cruellement la distance que la communauté open source avait creusée, en deux décennies, face aux champions d'antan.
09Laser 1.7 — le projet fraternel
Jeffrey An & Michael An · États-Unis · open source · sortie 2019 · dernière version, jamais passé à NNUE
Laser est l'œuvre des frères Jeffrey et Michael An, un moteur alpha-bêta open source à l'évaluation soignée qui s'est fait un nom dans la communauté à la fin des années 2010. La version 1.7 (2019) est sa dernière sortie.
Comme Xiphos, Laser s'est tu juste avant la révolution neuronale, sans jamais franchir le pas du NNUE. Neuvième ici, il reste un témoin attachant de cette dernière génération artisanale indépendante.
10Defenchess 2.2 — la lanterne rouge
Can Çetin & Doğaç Eldenk · Turquie · open source · sortie 23 août 2019
Defenchess, développé par les Turcs Can Çetin et Doğaç Eldenk, est le benjamin du plateau et le plus modeste en force. Sa version 2.2 (août 2019) reste une évaluation entièrement artisanale, honnête et propre, mais en retrait du niveau des ténors de cette sélection.
Dernier au classement à 31,7 %, il n'en a pas moins disputé l'intégralité du round-robin et arraché ses points — y compris un surprenant 9,0 / 20 contre Deep Shredder 13, preuve que même la lanterne rouge avait ses jours.
Un instantané daté. Ce tournoi n'oppose pas dix moteurs « actuels » mais dix versions historiques, choisies pour incarner le sommet — ou le terminus — de l'évaluation artisanale de chaque lignée. Quelques mois après les dates ici figées, presque toutes ces familles ont basculé vers NNUE (Stockfish, Komodo, Fire, Ethereal, Booot, rofChade) ou se sont arrêtées (Xiphos, Laser). Lire ce classement, c'est regarder une photographie prise juste avant que le paysage ne change pour de bon.
Chroniques Software · Tournoi HCE · 898 parties · 11–19 mai 2026 · round-robin 8 threads · cadence 60/5' [...]
13 May, 2026RatingsClassement général · échelle Ordo
Performance Elo — tournois maison
Cotes Ordo (fit global) depuis le PGN du laboratoire : toutes, sans exception, issues de parties jouées. Les moteurs en bleu tournent sous adaptateur Python (ponts eng2uci / shredder2uci) : leur cote est celle de la version adaptée, jamais celle du moteur d'origine. Les machines dédiées sont en vert, en italique lorsqu'elles sont pilotées en UCI et tournent sans bridage. Les portages maison sur machine émulée par MAME sont en violet. Cliquer un moteur ✱ fait défiler vers son débrief.
RangMoteur / SystèmeHardwareEloPartiesErr ±
1✱ Stockfish 18 — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3710120±18
2✱ Caissa 1.24 — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3695191±14
3✱ Lc0 v0.31.0 RTX 4060 Ti — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3690191±14
4✱ Fritz 20 — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3679241±13
5✱ Stockfish 12 — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3668151±16
6✱ Rebel-16.3 — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3658251±13
7✱ Lc0 v0.32.1 RTX 4060 Ti — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3657100±20
8✱ Stockfish 11 64 — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3637274±12
9✱ Dragon Komodo — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3637110±19
10✱ Fire 9.3 — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3600147±16
11✱ Wasp 7.00 — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3559206±14
12✱ Komodo 14.1 64-bit — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3554371±10
13✱ Fire 8 x64 — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3529198±14
14✱ Ethereal 12.75 — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3514215±14
15✱ Komodo 12.1.1 64-bit — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3512112±19
16✱ Caissa 1.5 — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3496185±15
17✱ Stockfish 8 64 — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3482160±16
18✱ Houdini 5.01 — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %348289±21
19✱ Ethereal 11.75 — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3457159±16
20✱ Wasp 5.50 — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3454168±15
21✱ Xiphos 0.6 — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3454180±15
22✱ Booot 6.5_x64 — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3449372±10
23✱ Rebel-Extreme-1.1 — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %344670±24
24✱ rofChade 2.3 — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3414179±15
25✱ Deep Shredder 13 x64 — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3394412±10
26✱ Laser 1.7 — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3378180±14
27✱ Houdini 4 Pro x64 — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3344154±16
28✱ Defenchess 2.2 x64 — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3337180±14
29✱ Gull 3 x64 — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3327176±15
30✱ Deep Rybka 4.1 x64 — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3287146±15
31✱ Strelka 5.5 x64 — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3286128±11
32✱ Critter 1.6a 64-bit — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3271163±16
33✱ Wasp 3.75 — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3264199±14
34✱ Dark Toga 0.3.12 JA — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %321280±22
35✱ Senpai 2.0 — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3185101±20
36✱ Naum 4.2 — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3178126±17
37✱ Wasp 2.00 — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3176128±18
38✱ Komodo64 3 — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3171288±12
39✱ Andscacs 0.72 — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3097127±16
40✱ Daydreamer 2.0.0 — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3042118±18
41✱ Rybka 2.4 mp 32-bit — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %3038179±15
42✱ Fritz 13 SE — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %303279±22
43✱ Glaurung 2.2 JA — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2990192±14
44✱ Gull 1.2 x64 — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2987456±9
45✱ DiscoCheck 5.2.1 — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2958127±18
46✱ Toga II 1.4 beta5c — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %295290±21
47✱ Loop M1-T — 4 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2931163±16
48✱ Rybka 1.0 Beta — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2930361±10
49✱ Spike 1.2 Turin — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2912128±18
50✱ The King 3.50 — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2906128±17
51✱ Gambit Fruit 1.0 Beta 4bx — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2885128±18
52✱ HIARCS 11.1 UCI — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2880368±10
53✱ Fruit 2.3.1 — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2880711±7
54✱ Fruit 2.2.1 — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2876186±13
55✱ Toga II 3.1.2SE JA — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2875127±18
56✱ Twisted Logic 20100815 — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2873128±17
57✱ Murka 3 x64 UCI — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2873128±17
58✱ ProDeo 3.1 — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2860127±17
59✱ Fritz 10 — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %285874±23
60✱ Deep Fritz 8 UCI py — 8 Threadspont pyAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %284399±20
61✱ Shredder 10 UCI — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2840934±6
62✱ Shredder 9.1 UCI — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2825214±13
63✱ Deep Junior 10 UCI py — 8 Threadspont pyAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %282590±21
64✱ Fritz 9 UCI py — 1 Threadpont pyAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2822498±9
65✱ Shredder 7 UCI py — 1 Threadpont pyAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %282297±19
66✱ Shredder 6 — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %279460±26
67✱ ProDeo 2.0 — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2787713±7
68✱ Deep Fritz 8 UCI py — 4 Threadspont pyAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %278496±20
69✱ Deep Junior 7 — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2779169±15
70✱ Fritz 8 — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %277990±20
71✱ Deep Gandalf 7.0-64 — 2 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2772107±19
72✱ Deep Junior 10 UCI py — 4 Threadspont pyAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %277098±20
73✱ Fritz 7 — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %276490±21
74✱ Fritz 7 UCI py — 1 Threadpont pyAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2759177±15
75✱ Hiarcs 8 — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2748103±20
76✱ Chess Tiger 2007 — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2746521±9
77✱ Fritz 8 UCI py — 1 Threadpont pyAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2740189±15
78✱ Deep Fritz 8 UCI py — 1 Threadpont pyAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2736100±19
79✱ Gandalf 6.0 — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2729225±13
80✱ Deep Fritz — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %272870±24
81✱ The King 3.50 — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2728424±10
82✱ Deep Sjeng 1.6 — 8 ThreadsAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2727118±18
83✱ Fruit 2.1 PC — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2727720±7
84✱ Junior 8 — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2727206±14
85✱ Gambit Tiger 2.0 — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2717121±18
86✱ Hiarcs 8 UCI py — 1 Threadpont pyAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2714132±17
87✱ Shredder 6 UCI py — 1 Threadpont pyAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2712102±20
88✱ Ruffian 1.0.5 — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2707234±13
89✱ THE KING 3.23 — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2706214±14
90✱ Fritz 6 UCI py — 1 Threadpont pyAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2705193±14
91✱ Junior 7 — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2702189±14
92✱ Junior 8 UCI py — 1 Threadpont pyAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2700310±11
93✱ Ruffian 2.1.0 — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2695551±8
94✱ THE KING 3.33 — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2693227±13
95✱ Fruit 2.1 Mac — 1 ThreadApple Silicon M1 Max2692686±8
96✱ Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 ThreadARM9 ARMv5TE 30 MHz — MAME2689338±11
97✱ Gandalf 5.1 — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2688224±13
98✱ Gandalf 6.01 — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %268085±22
99✱ SOS 5 for Arena — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2675476±9
100✱ List 512 — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2657339±11
101✱ Fritz 6 — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2656368±10
102✱ Junior 7 UCI py — 1 Threadpont pyAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2651200±14
103✱ Shredder 5.32 UCI py — 1 Threadpont pyAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2635116±18
104✱ Zarkov 6.50 w32 — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2624225±13
105✱ WildCat 8 UCI — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2616157±14
106✱ Nimzo 8 — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2612171±15
107✱ Fritz 5.32 — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2606195±14
108✱ Hiarcs 7 UCI py — 1 Threadpont pyAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2606137±17
109✱ Fritz 5.32 UCI py — 1 Threadpont pyAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2602205±13
110✱ Hiarcs 7.32 — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2601126±18
111✱ Yace Paderborn — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2587351±10
112✱ Nimzo 8 UCI py — 1 Threadpont pyAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2579132±16
113✱ Stockfish 11 68040 40MHz — 1 Thread68040 40 MHz — MAME2537279±11
114✱ Rebel 6.0 — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2535297±11
115✱ CrayBlitz_49h_uci — 1 ThreadAMD Ryzen 9 7950X3D 100 %2523105±16
116✱ Mephisto Genius 68030 London68EC030 33,3 MHz — cb-emu2363483±8
117✱ Stockfish 11 68020 16MHz — 1 Thread68020 + 68881 16 MHz — MAME2354223±13
118✱ Mephisto Berlin Pro 6802068EC020 24,6 MHz — cb-emu2315478±8
119✱ Fruit 2.1 ARM 30MHz — 1 ThreadARM9 ARMv5TE 30 MHz — MAME230636±33
120✱ Fruit 2.1 68040 40MHz — 1 Thread68040 40 MHz — MAME226628±37
121✱ Mephisto RISC II65SC02 2,5 MHz + ARM2 ChessMachine — cb-emu2227481±9
122✱ Novag Star Diamond (v1.04)H8S/2312 25 MHz — cb-emu2226357±9
123✱ Saitek RISC 2500 v1.04ARM2 14,2 MHz — cb-emu2217418±9
124✱ Saitek Sparc (rev.518)SPARClite (module, à confirmer) — cb-emu2154355±10
125✱ Mephisto Berlin 68000 v0.0368000 12,3 MHz — cb-emu2127359±10
126✱ Fidelity Elite Avantgarde V968030 32 MHz — cb-emu2125359±10
127✱ Novag SapphireClipper C400 12,5 MHz — cb-emu2122345±10
128✱ Fidelity Designer Mach IV68EC020 20 MHz — cb-emu2090360±10
129✱ Fruit 2.1 68020 16MHz — 1 Thread68020 + 68881 16 MHz — MAME2050179±14
130✱ Fidelity Designer Mach III68000 16 MHz — cb-emu2029336±11
131✱ Mephisto Mondial 68000 XL68000 12 MHz — cb-emu1967330±11
132✱ Novag Zircon IIH8/325 26,6 MHz — cb-emu1967319±11
133✱ Mephisto Nigel Short65C02 4,9 MHz — cb-emu1956334±11
134✱ Saitek President6502 2 MHz — cb-emu1953329±11
135✱ Saitek Maestro D++65C02 (module, à confirmer) — cb-emu1915334±11
136✱ Novag Super Forte C v3.665C02 5 MHz — cb-emu1889334±11
137✱ Novag Super Expert C v3.665C02 5 MHz — cb-emu1888334±11
138✱ Novag Turquoise65C02 (à confirmer) — cb-emu1869330±11
139✱ Saitek Corona II (ver. D+)65C02 5 MHz — cb-emu1856335±11
140✱ Saitek Turbo King II (D+)65C02 5 MHz — cb-emu1835333±11
141✱ Mephisto Modena (set 3)65C02 4,2 MHz — cb-emu1834334±11
142✱ Mephisto MM V (v5.1)65C02 4,9 MHz — cb-emu1833335±11
143✱ Mephisto MM IV (v7.10)65C02 4,9 MHz — cb-emu1805334±11
144✱ Fidelity Designer 210065C02 6 MHz — cb-emu1805334±11
145✱ Novag Constellation Forte A65C02 5 MHz — cb-emu1803335±11
146✱ Saitek Simultano (ver. B)65C02 5 MHz — cb-emu1760335±10
147✱ Fidelity Par Excellence (B)65C02 5 MHz — cb-emu1739333±10
148✱ Saitek PrismaH8/325 20 MHz — cb-emu1724335±10
149✱ Fidelity Designer 200065C02 3 MHz — cb-emu1694333±10
150✱ Novag Super VIP v3.7HD6301Y0 8 MHz — cb-emu1640334±9
151✱ Tandy Chess Champion 215065C02 3 MHz — cb-emu1577331±8
152✱ Saitek Turbo 16KHD6301Y0 8 MHz — cb-emu1437333±6
153✱ Saitek Leonardo (v1.4)HD6303Y 12 MHz — cb-emu1285332±4
✱ = débrief cliquable · bleu = sous adaptateur Python (18) · vert = machine dédiée sous cb-emu (34) · vert italique = échiquier dédié piloté en UCI, sans bridage (0) · violet = portage maison sur machine émulée MAME (6) · 153 moteurs au total
Débriefs · adversaire par adversaire
Débrief de chaque gauntlet
Perf locale = cote Ordo de l'adversaire + 400·log₁₀(p/(1−p)). Sa dispersion reflète la transitivité du moteur. Mêmes couleurs qu'au classement : bleu pour les moteurs sous adaptateur Python, vert pour les machines dédiées, violet pour les portages maison.
Stockfish 18 — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3710 · 120 parties · 57.1 % · err ±18
Cote Ordo3710± 18
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Caissa 1.24 — 8 Threads36952010/2050.0 %+0/=20/−03695Lc0 v0.31.0 RTX 4060 Ti — 1 Thread36902010/2050.0 %+0/=20/−03690Fritz 20 — 8 Threads36792011/2055.0 %+2/=18/−03714Rebel-16.3 — 8 Threads36582011.5/2057.5 %+3/=17/−03710Dragon Komodo — 8 Threads36372014/2070.0 %+8/=12/−03784Fire 9.3 — 8 Threads36002012/2060.0 %+4/=16/−03670
Meilleur : 70 % vs Dragon Komodo — 8 Threads · plus dur : 50 % vs Caissa 1.24 — 8 Threads.
↑ retour au classement
Caissa 1.24 — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3695 · 191 parties · 57.6 % · err ±14
Cote Ordo3695± 14
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Stockfish 18 — 8 Threads37102010/2050.0 %+0/=20/−03710Lc0 v0.31.0 RTX 4060 Ti — 1 Thread36902010/2050.0 %+0/=20/−03690Fritz 20 — 8 Threads36792010.5/2052.5 %+1/=19/−03696Stockfish 12 — 8 Threads36682010/2050.0 %+0/=20/−03668Rebel-16.3 — 8 Threads36582010.5/2052.5 %+1/=19/−03675Dragon Komodo — 8 Threads3637158/1553.3 %+1/=14/−03660Stockfish 11 64 — 8 Threads36372013/2065.0 %+7/=12/−13745Fire 9.3 — 8 Threads36001611/1668.8 %+6/=10/−03737Wasp 7.00 — 8 Threads35592014.5/2072.5 %+9/=11/−03727Komodo 14.1 64-bit — 8 Threads35542012.5/2062.5 %+5/=15/−03643
Meilleur : 72 % vs Wasp 7.00 — 8 Threads · plus dur : 50 % vs Lc0 v0.31.0 RTX 4060 Ti — 1 Thread.
↑ retour au classement
Lc0 v0.31.0 RTX 4060 Ti — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3690 · 191 parties · 56.8 % · err ±14
Cote Ordo3690± 14
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Stockfish 18 — 8 Threads37102010/2050.0 %+0/=20/−03710Caissa 1.24 — 8 Threads36952010/2050.0 %+0/=20/−03695Fritz 20 — 8 Threads36792010/2050.0 %+0/=20/−03679Stockfish 12 — 8 Threads36682010/2050.0 %+0/=20/−03668Rebel-16.3 — 8 Threads36582011/2055.0 %+2/=18/−03692Dragon Komodo — 8 Threads3637159/1560.0 %+3/=12/−03708Stockfish 11 64 — 8 Threads36372012.5/2062.5 %+5/=15/−03726Fire 9.3 — 8 Threads36001610.5/1665.6 %+5/=11/−03712Wasp 7.00 — 8 Threads35592013.5/2067.5 %+7/=13/−03686Komodo 14.1 64-bit — 8 Threads35542012/2060.0 %+4/=16/−03624
Meilleur : 68 % vs Wasp 7.00 — 8 Threads · plus dur : 50 % vs Caissa 1.24 — 8 Threads.
↑ retour au classement
Fritz 20 — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3679 · 241 parties · 57.9 % · err ±13
Cote Ordo3679± 13
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Stockfish 18 — 8 Threads3710209/2045.0 %+0/=18/−23675Caissa 1.24 — 8 Threads3695209.5/2047.5 %+0/=19/−13677Lc0 v0.31.0 RTX 4060 Ti — 1 Thread36902010/2050.0 %+0/=20/−03690Stockfish 12 — 8 Threads36682010/2050.0 %+0/=20/−03668Rebel-16.3 — 8 Threads36582010.5/2052.5 %+1/=19/−03675Lc0 v0.32.1 RTX 4060 Ti — 1 Thread36572010.5/2052.5 %+1/=19/−03674Dragon Komodo — 8 Threads3637158.5/1556.7 %+2/=13/−03684Stockfish 11 64 — 8 Threads3637159/1560.0 %+3/=12/−03708Fire 9.3 — 8 Threads36001610.5/1665.6 %+5/=11/−03712Wasp 7.00 — 8 Threads3559159.5/1563.3 %+4/=11/−03654Komodo 14.1 64-bit — 8 Threads35541510.5/1570.0 %+6/=9/−03701Ethereal 12.75 — 8 Threads3514159/1560.0 %+3/=12/−03585Caissa 1.5 — 8 Threads34961511.5/1576.7 %+8/=7/−03702Stockfish 8 64 — 8 Threads34821511.5/1576.7 %+8/=7/−03689
Meilleur : 77 % vs Caissa 1.5 — 8 Threads · plus dur : 45 % vs Stockfish 18 — 8 Threads.
↑ retour au classement
Stockfish 12 — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3668 · 151 parties · 54.6 % · err ±16
Cote Ordo3668± 16
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Caissa 1.24 — 8 Threads36952010/2050.0 %+0/=20/−03695Lc0 v0.31.0 RTX 4060 Ti — 1 Thread36902010/2050.0 %+0/=20/−03690Fritz 20 — 8 Threads36792010/2050.0 %+0/=20/−03679Rebel-16.3 — 8 Threads36582010/2050.0 %+1/=18/−13658Dragon Komodo — 8 Threads3637157.5/1550.0 %+0/=15/−03637Fire 9.3 — 8 Threads3600169/1656.2 %+2/=14/−03643Wasp 7.00 — 8 Threads35592014/2070.0 %+8/=12/−03706Komodo 14.1 64-bit — 8 Threads35542012/2060.0 %+4/=16/−03624
Meilleur : 70 % vs Wasp 7.00 — 8 Threads · plus dur : 50 % vs Dragon Komodo — 8 Threads.
↑ retour au classement
Rebel-16.3 — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3658 · 251 parties · 55.0 % · err ±13
Cote Ordo3658± 13
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Stockfish 18 — 8 Threads3710208.5/2042.5 %+0/=17/−33658Caissa 1.24 — 8 Threads3695209.5/2047.5 %+0/=19/−13677Lc0 v0.31.0 RTX 4060 Ti — 1 Thread3690209/2045.0 %+0/=18/−23655Fritz 20 — 8 Threads3679209.5/2047.5 %+0/=19/−13662Stockfish 12 — 8 Threads36682010/2050.0 %+1/=18/−13668Lc0 v0.32.1 RTX 4060 Ti — 1 Thread3657209/2045.0 %+0/=18/−23622Dragon Komodo — 8 Threads3637157.5/1550.0 %+0/=15/−03637Stockfish 11 64 — 8 Threads36372011/2055.0 %+3/=16/−13672Fire 9.3 — 8 Threads3600168.5/1653.1 %+1/=15/−03621Komodo 14.1 64-bit — 8 Threads35542011.5/2057.5 %+3/=17/−03607Fire 8 x64 — 8 Threads35292012.5/2062.5 %+6/=13/−13618Ethereal 12.75 — 8 Threads35142016/2080.0 %+12/=8/−03755Caissa 1.5 — 8 Threads34962015.5/2077.5 %+11/=9/−03710
Meilleur : 80 % vs Ethereal 12.75 — 8 Threads · plus dur : 42 % vs Stockfish 18 — 8 Threads.
↑ retour au classement
Lc0 v0.32.1 RTX 4060 Ti — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3657 · 100 parties · 55.5 % · err ±20
Cote Ordo3657± 20
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Fritz 20 — 8 Threads3679209.5/2047.5 %+0/=19/−13662Rebel-16.3 — 8 Threads36582011/2055.0 %+2/=18/−03692Stockfish 11 64 — 8 Threads36372011.5/2057.5 %+3/=17/−03690Wasp 7.00 — 8 Threads35592012.5/2062.5 %+5/=15/−03647Komodo 14.1 64-bit — 8 Threads35542011/2055.0 %+2/=18/−03589
Meilleur : 62 % vs Wasp 7.00 — 8 Threads · plus dur : 48 % vs Fritz 20 — 8 Threads.
↑ retour au classement
Stockfish 11 64 — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3637 · 274 parties · 63.9 % · err ±12
Cote Ordo3637± 12
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Caissa 1.24 — 8 Threads3695207/2035.0 %+1/=12/−73587Lc0 v0.31.0 RTX 4060 Ti — 1 Thread3690207.5/2037.5 %+0/=15/−53601Fritz 20 — 8 Threads3679156/1540.0 %+0/=12/−33609Rebel-16.3 — 8 Threads3658209/2045.0 %+1/=16/−33623Lc0 v0.32.1 RTX 4060 Ti — 1 Thread3657208.5/2042.5 %+0/=17/−33604Komodo 14.1 64-bit — 8 Threads35542013/2065.0 %+6/=14/−03662Fire 8 x64 — 8 Threads35291913/1968.4 %+7/=12/−03664Ethereal 12.75 — 8 Threads35142013/2065.0 %+6/=14/−03622Xiphos 0.6 — 8 Threads34542014/2070.0 %+8/=12/−03601Booot 6.5_x64 — 8 Threads34492016/2080.0 %+12/=8/−03690rofChade 2.3 — 8 Threads34142016/2080.0 %+12/=8/−03655Deep Shredder 13 x64 — 8 Threads33942018/2090.0 %+16/=4/−03776Laser 1.7 — 8 Threads33782016/2080.0 %+12/=8/−03619Defenchess 2.2 x64 — 8 Threads33372018/2090.0 %+16/=4/−03719
Meilleur : 90 % vs Deep Shredder 13 x64 — 8 Threads · plus dur : 35 % vs Caissa 1.24 — 8 Threads.
↑ retour au classement
Dragon Komodo — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3637 · 110 parties · 45.0 % · err ±19
Cote Ordo3637± 19
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Stockfish 18 — 8 Threads3710206/2030.0 %+0/=12/−83563Caissa 1.24 — 8 Threads3695157/1546.7 %+0/=14/−13672Lc0 v0.31.0 RTX 4060 Ti — 1 Thread3690156/1540.0 %+0/=12/−33619Fritz 20 — 8 Threads3679156.5/1543.3 %+0/=13/−23632Stockfish 12 — 8 Threads3668157.5/1550.0 %+0/=15/−03668Rebel-16.3 — 8 Threads3658157.5/1550.0 %+0/=15/−03658Fire 9.3 — 8 Threads3600159/1560.0 %+3/=12/−03670
Meilleur : 60 % vs Fire 9.3 — 8 Threads · plus dur : 30 % vs Stockfish 18 — 8 Threads.
↑ retour au classement
Fire 9.3 — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3600 · 147 parties · 42.9 % · err ±16
Cote Ordo3600± 16
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Stockfish 18 — 8 Threads3710208/2040.0 %+0/=16/−43640Caissa 1.24 — 8 Threads3695165/1631.2 %+0/=10/−63558Lc0 v0.31.0 RTX 4060 Ti — 1 Thread3690165.5/1634.4 %+0/=11/−53577Fritz 20 — 8 Threads3679165.5/1634.4 %+0/=11/−53567Stockfish 12 — 8 Threads3668167/1643.8 %+0/=14/−23625Rebel-16.3 — 8 Threads3658167.5/1646.9 %+0/=15/−13636Dragon Komodo — 8 Threads3637156/1540.0 %+0/=12/−33567Wasp 7.00 — 8 Threads3559167.5/1646.9 %+1/=13/−23537Komodo 14.1 64-bit — 8 Threads35541611/1668.8 %+6/=10/−03691
Meilleur : 69 % vs Komodo 14.1 64-bit — 8 Threads · plus dur : 31 % vs Caissa 1.24 — 8 Threads.
↑ retour au classement
Wasp 7.00 — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3559 · 206 parties · 46.8 % · err ±14
Cote Ordo3559± 14
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Caissa 1.24 — 8 Threads3695205.5/2027.5 %+0/=11/−93526Lc0 v0.31.0 RTX 4060 Ti — 1 Thread3690206.5/2032.5 %+0/=13/−73563Fritz 20 — 8 Threads3679155.5/1536.7 %+0/=11/−43584Stockfish 12 — 8 Threads3668206/2030.0 %+0/=12/−83521Lc0 v0.32.1 RTX 4060 Ti — 1 Thread3657207.5/2037.5 %+0/=15/−53568Fire 9.3 — 8 Threads3600168.5/1653.1 %+2/=13/−13621Komodo 14.1 64-bit — 8 Threads3554126.5/1254.2 %+2/=9/−13583Komodo 12.1.1 64-bit — 8 Threads3512137/1353.8 %+1/=12/−03539Caissa 1.5 — 8 Threads3496158/1553.3 %+2/=12/−13519Stockfish 8 64 — 8 Threads3482159.5/1563.3 %+4/=11/−03577Ethereal 11.75 — 8 Threads34571510/1566.7 %+6/=8/−13577Booot 6.5_x64 — 8 Threads3449159.5/1563.3 %+5/=9/−13544Rebel-Extreme-1.1 — 8 Threads3446106.5/1065.0 %+3/=7/−03553
Meilleur : 67 % vs Ethereal 11.75 — 8 Threads · plus dur : 28 % vs Caissa 1.24 — 8 Threads.
↑ retour au classement
Komodo 14.1 64-bit — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3554 · 371 parties · 52.2 % · err ±10
Cote Ordo3554± 10
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Caissa 1.24 — 8 Threads3695207.5/2037.5 %+0/=15/−53606Lc0 v0.31.0 RTX 4060 Ti — 1 Thread3690208/2040.0 %+0/=16/−43619Fritz 20 — 8 Threads3679154.5/1530.0 %+0/=9/−63532Stockfish 12 — 8 Threads3668208/2040.0 %+0/=16/−43598Rebel-16.3 — 8 Threads3658208.5/2042.5 %+0/=17/−33605Lc0 v0.32.1 RTX 4060 Ti — 1 Thread3657209/2045.0 %+0/=18/−23622Stockfish 11 64 — 8 Threads3637207/2035.0 %+0/=14/−63530Fire 9.3 — 8 Threads3600165/1631.2 %+0/=10/−63463Wasp 7.00 — 8 Threads3559125.5/1245.8 %+1/=9/−23530Fire 8 x64 — 8 Threads35292013/2065.0 %+6/=14/−03637Ethereal 12.75 — 8 Threads3514209/2045.0 %+1/=16/−33479Komodo 12.1.1 64-bit — 8 Threads3512127/1258.3 %+2/=10/−03571Caissa 1.5 — 8 Threads3496126/1250.0 %+0/=12/−03496Stockfish 8 64 — 8 Threads3482126/1250.0 %+1/=10/−13482Xiphos 0.6 — 8 Threads34542012.5/2062.5 %+6/=13/−13543Booot 6.5_x64 — 8 Threads34493220/3262.5 %+9/=22/−13538rofChade 2.3 — 8 Threads34142013.5/2067.5 %+7/=13/−03541Deep Shredder 13 x64 — 8 Threads33942014/2070.0 %+8/=12/−03541Laser 1.7 — 8 Threads33782014/2070.0 %+8/=12/−03525Defenchess 2.2 x64 — 8 Threads33372015.5/2077.5 %+12/=7/−13552
Meilleur : 78 % vs Defenchess 2.2 x64 — 8 Threads · plus dur : 30 % vs Fritz 20 — 8 Threads.
↑ retour au classement
Fire 8 x64 — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3529 · 198 parties · 56.8 % · err ±14
Cote Ordo3529± 14
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Rebel-16.3 — 8 Threads3658207.5/2037.5 %+1/=13/−63569Stockfish 11 64 — 8 Threads3637196/1931.6 %+0/=12/−73503Komodo 14.1 64-bit — 8 Threads3554207/2035.0 %+0/=14/−63446Ethereal 12.75 — 8 Threads35142010.5/2052.5 %+3/=15/−23532Xiphos 0.6 — 8 Threads34542011.5/2057.5 %+3/=17/−03506Booot 6.5_x64 — 8 Threads34492013.5/2067.5 %+8/=11/−13576rofChade 2.3 — 8 Threads34141913.5/1971.1 %+8/=11/−03570Deep Shredder 13 x64 — 8 Threads33942013/2065.0 %+7/=12/−13502Laser 1.7 — 8 Threads33782013.5/2067.5 %+8/=11/−13505Defenchess 2.2 x64 — 8 Threads33372016.5/2082.5 %+13/=7/−03606
Meilleur : 82 % vs Defenchess 2.2 x64 — 8 Threads · plus dur : 32 % vs Stockfish 11 64 — 8 Threads.
↑ retour au classement
Ethereal 12.75 — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3514 · 215 parties · 52.8 % · err ±14
Cote Ordo3514± 14
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Fritz 20 — 8 Threads3679156/1540.0 %+0/=12/−33609Rebel-16.3 — 8 Threads3658204/2020.0 %+0/=8/−123417Stockfish 11 64 — 8 Threads3637207/2035.0 %+0/=14/−63530Komodo 14.1 64-bit — 8 Threads35542011/2055.0 %+3/=16/−13589Fire 8 x64 — 8 Threads3529209.5/2047.5 %+2/=15/−33512Xiphos 0.6 — 8 Threads34542011.5/2057.5 %+3/=17/−03506Booot 6.5_x64 — 8 Threads34492012/2060.0 %+4/=16/−03519rofChade 2.3 — 8 Threads34142011/2055.0 %+2/=18/−03449Deep Shredder 13 x64 — 8 Threads33942012/2060.0 %+4/=16/−03464Laser 1.7 — 8 Threads33782014/2070.0 %+9/=10/−13525Defenchess 2.2 x64 — 8 Threads33372015.5/2077.5 %+11/=9/−03552
Meilleur : 78 % vs Defenchess 2.2 x64 — 8 Threads · plus dur : 20 % vs Rebel-16.3 — 8 Threads.
↑ retour au classement
Komodo 12.1.1 64-bit — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3512 · 112 parties · 53.6 % · err ±19
Cote Ordo3512± 19
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Wasp 7.00 — 8 Threads3559136/1346.2 %+0/=12/−13532Komodo 14.1 64-bit — 8 Threads3554125/1241.7 %+0/=10/−23496Caissa 1.5 — 8 Threads3496137/1353.8 %+2/=10/−13522Stockfish 8 64 — 8 Threads3482138.5/1365.4 %+4/=9/−03593Houdini 5.01 — 8 Threads3482157.5/1550.0 %+0/=15/−03482Ethereal 11.75 — 8 Threads3457125.5/1245.8 %+0/=11/−13428Wasp 5.50 — 8 Threads3454128/1266.7 %+4/=8/−03575Booot 6.5_x64 — 8 Threads3449126.5/1254.2 %+2/=9/−13478Rebel-Extreme-1.1 — 8 Threads3446106/1060.0 %+2/=8/−03516
Meilleur : 67 % vs Wasp 5.50 — 8 Threads · plus dur : 42 % vs Komodo 14.1 64-bit — 8 Threads.
↑ retour au classement
Caissa 1.5 — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3496 · 185 parties · 48.4 % · err ±15
Cote Ordo3496± 15
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Fritz 20 — 8 Threads3679153.5/1523.3 %+0/=7/−83472Rebel-16.3 — 8 Threads3658204.5/2022.5 %+0/=9/−113443Wasp 7.00 — 8 Threads3559157/1546.7 %+1/=12/−23536Komodo 14.1 64-bit — 8 Threads3554126/1250.0 %+0/=12/−03554Komodo 12.1.1 64-bit — 8 Threads3512136/1346.2 %+1/=10/−23486Stockfish 8 64 — 8 Threads34822011.5/2057.5 %+4/=15/−13535Ethereal 11.75 — 8 Threads34572010.5/2052.5 %+2/=17/−13474Wasp 5.50 — 8 Threads34542010.5/2052.5 %+2/=17/−13472Booot 6.5_x64 — 8 Threads34492011.5/2057.5 %+3/=17/−03502Rebel-Extreme-1.1 — 8 Threads3446106/1060.0 %+2/=8/−03516Deep Shredder 13 x64 — 8 Threads33942012.5/2062.5 %+5/=15/−03483
Meilleur : 62 % vs Deep Shredder 13 x64 — 8 Threads · plus dur : 22 % vs Rebel-16.3 — 8 Threads.
↑ retour au classement
Stockfish 8 64 — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3482 · 160 parties · 47.2 % · err ±16
Cote Ordo3482± 16
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Fritz 20 — 8 Threads3679153.5/1523.3 %+0/=7/−83472Wasp 7.00 — 8 Threads3559155.5/1536.7 %+0/=11/−43464Komodo 14.1 64-bit — 8 Threads3554126/1250.0 %+1/=10/−13554Komodo 12.1.1 64-bit — 8 Threads3512134.5/1334.6 %+0/=9/−43402Caissa 1.5 — 8 Threads3496208.5/2042.5 %+1/=15/−43443Houdini 5.01 — 8 Threads3482157.5/1550.0 %+1/=13/−13482Ethereal 11.75 — 8 Threads34572011/2055.0 %+3/=16/−13492Wasp 5.50 — 8 Threads34542011.5/2057.5 %+4/=15/−13507Booot 6.5_x64 — 8 Threads34492012/2060.0 %+4/=16/−03519Rebel-Extreme-1.1 — 8 Threads3446105.5/1055.0 %+2/=7/−13481
Meilleur : 60 % vs Booot 6.5_x64 — 8 Threads · plus dur : 23 % vs Fritz 20 — 8 Threads.
↑ retour au classement
Houdini 5.01 — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3482 · 89 parties · 53.4 % · err ±21
Cote Ordo3482± 21
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Komodo 12.1.1 64-bit — 8 Threads3512157.5/1550.0 %+0/=15/−03512Stockfish 8 64 — 8 Threads3482157.5/1550.0 %+1/=13/−13482Ethereal 11.75 — 8 Threads3457158/1553.3 %+1/=14/−03480Wasp 5.50 — 8 Threads3454159.5/1563.3 %+4/=11/−03549Booot 6.5_x64 — 8 Threads3449146.5/1446.4 %+0/=13/−13424Deep Shredder 13 x64 — 8 Threads3394158.5/1556.7 %+3/=11/−13441
Meilleur : 63 % vs Wasp 5.50 — 8 Threads · plus dur : 46 % vs Booot 6.5_x64 — 8 Threads.
↑ retour au classement
Ethereal 11.75 — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3457 · 159 parties · 50.3 % · err ±16
Cote Ordo3457± 16
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Wasp 7.00 — 8 Threads3559155/1533.3 %+1/=8/−63438Komodo 12.1.1 64-bit — 8 Threads3512126.5/1254.2 %+1/=11/−03541Caissa 1.5 — 8 Threads3496209.5/2047.5 %+1/=17/−23478Stockfish 8 64 — 8 Threads3482209/2045.0 %+1/=16/−33448Houdini 5.01 — 8 Threads3482157/1546.7 %+0/=14/−13459Wasp 5.50 — 8 Threads3454135/1338.5 %+1/=8/−43373Booot 6.5_x64 — 8 Threads3449147/1450.0 %+1/=12/−13449Rebel-Extreme-1.1 — 8 Threads3446106/1060.0 %+3/=6/−13516Deep Shredder 13 x64 — 8 Threads3394148/1457.1 %+3/=10/−13444Houdini 4 Pro x64 — 8 Threads3344139/1369.2 %+5/=8/−03485Gull 3 x64 — 8 Threads3327138/1361.5 %+3/=10/−03409
Meilleur : 69 % vs Houdini 4 Pro x64 — 8 Threads · plus dur : 33 % vs Wasp 7.00 — 8 Threads.
↑ retour au classement
Wasp 5.50 — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3454 · 168 parties · 53.0 % · err ±15
Cote Ordo3454± 15
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Komodo 12.1.1 64-bit — 8 Threads3512124/1233.3 %+0/=8/−43392Caissa 1.5 — 8 Threads3496209.5/2047.5 %+1/=17/−23478Stockfish 8 64 — 8 Threads3482208.5/2042.5 %+1/=15/−43430Houdini 5.01 — 8 Threads3482155.5/1536.7 %+0/=11/−43387Ethereal 11.75 — 8 Threads3457138/1361.5 %+4/=8/−13538Booot 6.5_x64 — 8 Threads3449188.5/1847.2 %+1/=15/−23430Rebel-Extreme-1.1 — 8 Threads3446104.5/1045.0 %+1/=7/−23411Deep Shredder 13 x64 — 8 Threads33942010/2050.0 %+3/=14/−33394Houdini 4 Pro x64 — 8 Threads33442016/2080.0 %+12/=8/−03585Gull 3 x64 — 8 Threads33272014.5/2072.5 %+9/=11/−03495
Meilleur : 80 % vs Houdini 4 Pro x64 — 8 Threads · plus dur : 33 % vs Komodo 12.1.1 64-bit — 8 Threads.
↑ retour au classement
Xiphos 0.6 — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3454 · 180 parties · 48.3 % · err ±15
Cote Ordo3454± 15
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Stockfish 11 64 — 8 Threads3637206/2030.0 %+0/=12/−83490Komodo 14.1 64-bit — 8 Threads3554207.5/2037.5 %+1/=13/−63465Fire 8 x64 — 8 Threads3529208.5/2042.5 %+0/=17/−33477Ethereal 12.75 — 8 Threads3514208.5/2042.5 %+0/=17/−33462Booot 6.5_x64 — 8 Threads3449209.5/2047.5 %+0/=19/−13432rofChade 2.3 — 8 Threads34142012/2060.0 %+5/=14/−13484Deep Shredder 13 x64 — 8 Threads33942012/2060.0 %+4/=16/−03464Laser 1.7 — 8 Threads33782010.5/2052.5 %+5/=11/−43395Defenchess 2.2 x64 — 8 Threads33372012.5/2062.5 %+5/=15/−03426
Meilleur : 62 % vs Defenchess 2.2 x64 — 8 Threads · plus dur : 30 % vs Stockfish 11 64 — 8 Threads.
↑ retour au classement
Booot 6.5_x64 — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3449 · 372 parties · 48.7 % · err ±10
Cote Ordo3449± 10
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Stockfish 11 64 — 8 Threads3637204/2020.0 %+0/=8/−123396Wasp 7.00 — 8 Threads3559155.5/1536.7 %+1/=9/−53464Komodo 14.1 64-bit — 8 Threads35543212/3237.5 %+1/=22/−93465Fire 8 x64 — 8 Threads3529206.5/2032.5 %+1/=11/−83402Ethereal 12.75 — 8 Threads3514208/2040.0 %+0/=16/−43444Komodo 12.1.1 64-bit — 8 Threads3512125.5/1245.8 %+1/=9/−23483Caissa 1.5 — 8 Threads3496208.5/2042.5 %+0/=17/−33443Stockfish 8 64 — 8 Threads3482208/2040.0 %+0/=16/−43412Houdini 5.01 — 8 Threads3482147.5/1453.6 %+1/=13/−03507Ethereal 11.75 — 8 Threads3457147/1450.0 %+1/=12/−13457Wasp 5.50 — 8 Threads3454189.5/1852.8 %+2/=15/−13474Xiphos 0.6 — 8 Threads34542010.5/2052.5 %+1/=19/−03471Rebel-Extreme-1.1 — 8 Threads3446104.5/1045.0 %+1/=7/−23411rofChade 2.3 — 8 Threads3414209.5/2047.5 %+2/=15/−33397Deep Shredder 13 x64 — 8 Threads33943922.5/3957.7 %+7/=31/−13448Laser 1.7 — 8 Threads33782012/2060.0 %+4/=16/−03448Houdini 4 Pro x64 — 8 Threads33441914/1973.7 %+11/=6/−23523Defenchess 2.2 x64 — 8 Threads33372012.5/2062.5 %+6/=13/−13426Gull 3 x64 — 8 Threads33271913.5/1971.1 %+9/=9/−13483
Meilleur : 74 % vs Houdini 4 Pro x64 — 8 Threads · plus dur : 20 % vs Stockfish 11 64 — 8 Threads.
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Rebel-Extreme-1.1 — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3446 · 70 parties · 44.3 % · err ±24
Cote Ordo3446± 24
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Wasp 7.00 — 8 Threads3559103.5/1035.0 %+0/=7/−33451Komodo 12.1.1 64-bit — 8 Threads3512104/1040.0 %+0/=8/−23442Caissa 1.5 — 8 Threads3496104/1040.0 %+0/=8/−23425Stockfish 8 64 — 8 Threads3482104.5/1045.0 %+1/=7/−23448Ethereal 11.75 — 8 Threads3457104/1040.0 %+1/=6/−33386Wasp 5.50 — 8 Threads3454105.5/1055.0 %+2/=7/−13489Booot 6.5_x64 — 8 Threads3449105.5/1055.0 %+2/=7/−13484
Meilleur : 55 % vs Booot 6.5_x64 — 8 Threads · plus dur : 35 % vs Wasp 7.00 — 8 Threads.
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rofChade 2.3 — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3414 · 179 parties · 42.5 % · err ±15
Cote Ordo3414± 15
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Stockfish 11 64 — 8 Threads3637204/2020.0 %+0/=8/−123396Komodo 14.1 64-bit — 8 Threads3554206.5/2032.5 %+0/=13/−73427Fire 8 x64 — 8 Threads3529195.5/1928.9 %+0/=11/−83373Ethereal 12.75 — 8 Threads3514209/2045.0 %+0/=18/−23479Xiphos 0.6 — 8 Threads3454208/2040.0 %+1/=14/−53383Booot 6.5_x64 — 8 Threads34492010.5/2052.5 %+3/=15/−23466Deep Shredder 13 x64 — 8 Threads33942010/2050.0 %+3/=14/−33394Laser 1.7 — 8 Threads33782011/2055.0 %+5/=12/−33413Defenchess 2.2 x64 — 8 Threads33372011.5/2057.5 %+5/=13/−23390
Meilleur : 57 % vs Defenchess 2.2 x64 — 8 Threads · plus dur : 20 % vs Stockfish 11 64 — 8 Threads.
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Deep Shredder 13 x64 — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3394 · 412 parties · 51.5 % · err ±10
Cote Ordo3394± 10
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Stockfish 11 64 — 8 Threads3637202/2010.0 %+0/=4/−163256Komodo 14.1 64-bit — 8 Threads3554206/2030.0 %+0/=12/−83407Fire 8 x64 — 8 Threads3529207/2035.0 %+1/=12/−73422Ethereal 12.75 — 8 Threads3514208/2040.0 %+0/=16/−43444Caissa 1.5 — 8 Threads3496207.5/2037.5 %+0/=15/−53407Houdini 5.01 — 8 Threads3482156.5/1543.3 %+1/=11/−33435Ethereal 11.75 — 8 Threads3457146/1442.9 %+1/=10/−33407Wasp 5.50 — 8 Threads34542010/2050.0 %+3/=14/−33454Xiphos 0.6 — 8 Threads3454208/2040.0 %+0/=16/−43383Booot 6.5_x64 — 8 Threads34493916.5/3942.3 %+1/=31/−73395rofChade 2.3 — 8 Threads34142010/2050.0 %+3/=14/−33414Laser 1.7 — 8 Threads33782012/2060.0 %+4/=16/−03448Houdini 4 Pro x64 — 8 Threads33442513.5/2554.0 %+5/=17/−33372Defenchess 2.2 x64 — 8 Threads33372011/2055.0 %+3/=16/−13372Gull 3 x64 — 8 Threads33272012/2060.0 %+6/=12/−23397Critter 1.6a 64-bit — 8 Threads32712013.5/2067.5 %+9/=9/−23398Wasp 3.75 — 8 Threads32642013.5/2067.5 %+7/=13/−03391Senpai 2.0 — 8 Threads31852016.5/2082.5 %+13/=7/−03454Naum 4.2 — 8 Threads31781914.5/1976.3 %+10/=9/−03381Komodo64 3 — 1 Thread31712018/2090.0 %+16/=4/−03553
Meilleur : 90 % vs Komodo64 3 — 1 Thread · plus dur : 10 % vs Stockfish 11 64 — 8 Threads.
↑ retour au classement
Laser 1.7 — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3378 · 180 parties · 37.2 % · err ±14
Cote Ordo3378± 14
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Stockfish 11 64 — 8 Threads3637204/2020.0 %+0/=8/−123396Komodo 14.1 64-bit — 8 Threads3554206/2030.0 %+0/=12/−83407Fire 8 x64 — 8 Threads3529206.5/2032.5 %+1/=11/−83402Ethereal 12.75 — 8 Threads3514206/2030.0 %+1/=10/−93367Xiphos 0.6 — 8 Threads3454209.5/2047.5 %+4/=11/−53437Booot 6.5_x64 — 8 Threads3449208/2040.0 %+0/=16/−43379rofChade 2.3 — 8 Threads3414209/2045.0 %+3/=12/−53379Deep Shredder 13 x64 — 8 Threads3394208/2040.0 %+0/=16/−43324Defenchess 2.2 x64 — 8 Threads33372010/2050.0 %+2/=16/−23337
Meilleur : 50 % vs Defenchess 2.2 x64 — 8 Threads · plus dur : 20 % vs Stockfish 11 64 — 8 Threads.
↑ retour au classement
Houdini 4 Pro x64 — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3344 · 154 parties · 47.7 % · err ±16
Cote Ordo3344± 16
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Ethereal 11.75 — 8 Threads3457134/1330.8 %+0/=8/−53316Wasp 5.50 — 8 Threads3454204/2020.0 %+0/=8/−123213Booot 6.5_x64 — 8 Threads3449195/1926.3 %+2/=6/−113270Deep Shredder 13 x64 — 8 Threads33942511.5/2546.0 %+3/=17/−53366Gull 3 x64 — 8 Threads33272613.5/2651.9 %+5/=17/−43340Critter 1.6a 64-bit — 8 Threads32712618/2669.2 %+11/=14/−13412Wasp 3.75 — 8 Threads32642517.5/2570.0 %+11/=13/−13411
Meilleur : 70 % vs Wasp 3.75 — 8 Threads · plus dur : 20 % vs Wasp 5.50 — 8 Threads.
↑ retour au classement
Defenchess 2.2 x64 — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3337 · 180 parties · 31.7 % · err ±14
Cote Ordo3337± 14
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Stockfish 11 64 — 8 Threads3637202/2010.0 %+0/=4/−163256Komodo 14.1 64-bit — 8 Threads3554204.5/2022.5 %+1/=7/−123339Fire 8 x64 — 8 Threads3529203.5/2017.5 %+0/=7/−133260Ethereal 12.75 — 8 Threads3514204.5/2022.5 %+0/=9/−113299Xiphos 0.6 — 8 Threads3454207.5/2037.5 %+0/=15/−53365Booot 6.5_x64 — 8 Threads3449207.5/2037.5 %+1/=13/−63360rofChade 2.3 — 8 Threads3414208.5/2042.5 %+2/=13/−53361Deep Shredder 13 x64 — 8 Threads3394209/2045.0 %+1/=16/−33359Laser 1.7 — 8 Threads33782010/2050.0 %+2/=16/−23378
Meilleur : 50 % vs Laser 1.7 — 8 Threads · plus dur : 10 % vs Stockfish 11 64 — 8 Threads.
↑ retour au classement
Gull 3 x64 — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3327 · 176 parties · 48.3 % · err ±15
Cote Ordo3327± 15
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Ethereal 11.75 — 8 Threads3457135/1338.5 %+0/=10/−33375Wasp 5.50 — 8 Threads3454205.5/2027.5 %+0/=11/−93286Booot 6.5_x64 — 8 Threads3449195.5/1928.9 %+1/=9/−93293Deep Shredder 13 x64 — 8 Threads3394208/2040.0 %+2/=12/−63324Houdini 4 Pro x64 — 8 Threads33442612.5/2648.1 %+4/=17/−53331Deep Rybka 4.1 x64 — 8 Threads32871811.5/1863.9 %+6/=11/−13386Critter 1.6a 64-bit — 8 Threads32712011.5/2057.5 %+5/=13/−23323Wasp 3.75 — 8 Threads32642011/2055.0 %+6/=10/−43299Naum 4.2 — 8 Threads31782014.5/2072.5 %+10/=9/−13346
Meilleur : 72 % vs Naum 4.2 — 8 Threads · plus dur : 28 % vs Wasp 5.50 — 8 Threads.
↑ retour au classement
Deep Rybka 4.1 x64 — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3287 · 146 parties · 67.8 % · err ±15
Cote Ordo3287± 15
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Gull 3 x64 — 8 Threads3327186.5/1836.1 %+1/=11/−63228Critter 1.6a 64-bit — 8 Threads3271209.5/2047.5 %+5/=9/−63253Wasp 3.75 — 8 Threads3264188.5/1847.2 %+2/=13/−33245Naum 4.2 — 8 Threads31781811.5/1863.9 %+6/=11/−13277Komodo64 3 — 1 Thread31711813.5/1875.0 %+9/=9/−03362Rybka 2.4 mp 32-bit — 8 Threads30381816/1888.9 %+14/=4/−03399The King 3.50 — 8 Threads29061816.5/1891.7 %+15/=3/−03322Shredder 10 UCI — 1 Thread28401817/1894.4 %+16/=2/−03332
Meilleur : 94 % vs Shredder 10 UCI — 1 Thread · plus dur : 36 % vs Gull 3 x64 — 8 Threads.
↑ retour au classement
Strelka 5.5 x64 — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3286 · 128 parties · 87.5 % · err ±12
Cote Ordo3286± 12
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Komodo64 3 — 1 Thread317185.5/868.8 %+3/=5/−03308Andscacs 0.72 — 1 Thread309785.5/868.8 %+3/=5/−03234Daydreamer 2.0.0 — 1 Thread304286/875.0 %+5/=2/−13233Gull 1.2 x64 — 1 Thread298786.5/881.2 %+6/=1/−13242DiscoCheck 5.2.1 — 1 Thread295886.5/881.2 %+5/=3/−03213Rybka 1.0 Beta — 1 Thread293087.5/893.8 %+7/=1/−03400Spike 1.2 Turin — 1 Thread291288/8100.0 %+8/=0/−03712Gambit Fruit 1.0 Beta 4bx — 1 Thread288587.5/893.8 %+7/=1/−03356HIARCS 11.1 UCI — 1 Thread288087/887.5 %+6/=2/−03219Fruit 2.3.1 — 1 Thread288087/887.5 %+6/=2/−03218Toga II 3.1.2SE JA — 1 Thread287587.5/893.8 %+7/=1/−03346Murka 3 x64 UCI — 1 Thread287387.5/893.8 %+7/=1/−03344Twisted Logic 20100815 — 1 Thread287387/887.5 %+6/=2/−03211ProDeo 3.1 — 1 Thread286087/887.5 %+6/=2/−03198Shredder 10 UCI — 1 Thread284044/4100.0 %+4/=0/−03640The King 3.50 — 1 Thread272844/4100.0 %+4/=0/−03528WildCat 8 UCI — 1 Thread261688/8100.0 %+8/=0/−03416
↑ retour au classement
Critter 1.6a 64-bit — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3271 · 163 parties · 51.5 % · err ±16
Cote Ordo3271± 16
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Deep Shredder 13 x64 — 8 Threads3394206.5/2032.5 %+2/=9/−93267Houdini 4 Pro x64 — 8 Threads3344268/2630.8 %+1/=14/−113203Gull 3 x64 — 8 Threads3327208.5/2042.5 %+2/=13/−53274Deep Rybka 4.1 x64 — 8 Threads32872010.5/2052.5 %+6/=9/−53305Wasp 3.75 — 8 Threads3264135.5/1342.3 %+1/=9/−33210Senpai 2.0 — 8 Threads3185127/1258.3 %+4/=6/−23244Naum 4.2 — 8 Threads3178138/1361.5 %+4/=8/−13259Wasp 2.00 — 8 Threads31761310/1376.9 %+7/=6/−03385Komodo64 3 — 1 Thread3171139/1369.2 %+6/=6/−13312Rybka 2.4 mp 32-bit — 8 Threads30381311/1384.6 %+9/=4/−03334
Meilleur : 85 % vs Rybka 2.4 mp 32-bit — 8 Threads · plus dur : 31 % vs Houdini 4 Pro x64 — 8 Threads.
↑ retour au classement
Wasp 3.75 — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3264 · 199 parties · 51.3 % · err ±14
Cote Ordo3264± 14
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Deep Shredder 13 x64 — 8 Threads3394206.5/2032.5 %+0/=13/−73267Houdini 4 Pro x64 — 8 Threads3344257.5/2530.0 %+1/=13/−113197Gull 3 x64 — 8 Threads3327209/2045.0 %+4/=10/−63292Deep Rybka 4.1 x64 — 8 Threads3287189.5/1852.8 %+3/=13/−23307Critter 1.6a 64-bit — 8 Threads3271137.5/1357.7 %+3/=9/−13325Dark Toga 0.3.12 JA — 8 Threads32122010.5/2052.5 %+3/=15/−23229Senpai 2.0 — 8 Threads318595.5/961.1 %+2/=7/−03264Naum 4.2 — 8 Threads31783018.5/3061.7 %+10/=17/−33260Wasp 2.00 — 8 Threads31762917/2958.6 %+7/=20/−23237Komodo64 3 — 1 Thread31711510.5/1570.0 %+6/=9/−03318
Meilleur : 70 % vs Komodo64 3 — 1 Thread · plus dur : 30 % vs Houdini 4 Pro x64 — 8 Threads.
↑ retour au classement
Dark Toga 0.3.12 JA — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3212 · 80 parties · 56.2 % · err ±22
Cote Ordo3212± 22
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Wasp 3.75 — 8 Threads3264209.5/2047.5 %+2/=15/−33247Senpai 2.0 — 8 Threads31852011.5/2057.5 %+5/=13/−23238Komodo64 3 — 1 Thread31712010/2050.0 %+6/=8/−63171Rybka 2.4 mp 32-bit — 8 Threads30382014/2070.0 %+9/=10/−13185
Meilleur : 70 % vs Rybka 2.4 mp 32-bit — 8 Threads · plus dur : 48 % vs Wasp 3.75 — 8 Threads.
↑ retour au classement
Senpai 2.0 — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3185 · 101 parties · 44.1 % · err ±20
Cote Ordo3185± 20
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Deep Shredder 13 x64 — 8 Threads3394203.5/2017.5 %+0/=7/−133125Critter 1.6a 64-bit — 8 Threads3271125/1241.7 %+2/=6/−43212Wasp 3.75 — 8 Threads326493.5/938.9 %+0/=7/−23185Dark Toga 0.3.12 JA — 8 Threads3212208.5/2042.5 %+2/=13/−53159Naum 4.2 — 8 Threads3178105/1050.0 %+3/=4/−33178Wasp 2.00 — 8 Threads3176106/1060.0 %+3/=6/−13247Komodo64 3 — 1 Thread3171106/1060.0 %+5/=2/−33241Rybka 2.4 mp 32-bit — 8 Threads3038107/1070.0 %+5/=4/−13185
Meilleur : 70 % vs Rybka 2.4 mp 32-bit — 8 Threads · plus dur : 18 % vs Deep Shredder 13 x64 — 8 Threads.
↑ retour au classement
Naum 4.2 — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3178 · 126 parties · 36.5 % · err ±17
Cote Ordo3178± 17
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Deep Shredder 13 x64 — 8 Threads3394194.5/1923.7 %+0/=9/−103191Gull 3 x64 — 8 Threads3327205.5/2027.5 %+1/=9/−103158Deep Rybka 4.1 x64 — 8 Threads3287186.5/1836.1 %+1/=11/−63188Critter 1.6a 64-bit — 8 Threads3271135/1338.5 %+1/=8/−43189Wasp 3.75 — 8 Threads32643011.5/3038.3 %+3/=17/−103181Senpai 2.0 — 8 Threads3185105/1050.0 %+3/=4/−33185Komodo64 3 — 1 Thread3171168/1650.0 %+3/=10/−33171
Meilleur : 50 % vs Senpai 2.0 — 8 Threads · plus dur : 24 % vs Deep Shredder 13 x64 — 8 Threads.
↑ retour au classement
Wasp 2.00 — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3176 · 128 parties · 57.4 % · err ±17
Cote Ordo3176± 17
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Critter 1.6a 64-bit — 8 Threads3271133/1323.1 %+0/=6/−73062Wasp 3.75 — 8 Threads32642912/2941.4 %+2/=20/−73203Senpai 2.0 — 8 Threads3185104/1040.0 %+1/=6/−33115Komodo64 3 — 1 Thread3171168/1650.0 %+2/=12/−23171Rybka 2.4 mp 32-bit — 8 Threads30381511.5/1576.7 %+9/=5/−13245Glaurung 2.2 JA — 8 Threads29901511.5/1576.7 %+8/=7/−03197Gull 1.2 x64 — 1 Thread29871512.5/1583.3 %+10/=5/−03267Loop M1-T — 4 Threads29311511/1573.3 %+8/=6/−13106
Meilleur : 83 % vs Gull 1.2 x64 — 1 Thread · plus dur : 23 % vs Critter 1.6a 64-bit — 8 Threads.
↑ retour au classement
Komodo64 3 — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3171 · 288 parties · 60.2 % · err ±12
Cote Ordo3171± 12
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Deep Shredder 13 x64 — 8 Threads3394202/2010.0 %+0/=4/−163012Deep Rybka 4.1 x64 — 8 Threads3287184.5/1825.0 %+0/=9/−93096Strelka 5.5 x64 — 1 Thread328682.5/831.2 %+0/=5/−33149Critter 1.6a 64-bit — 8 Threads3271134/1330.8 %+1/=6/−63130Wasp 3.75 — 8 Threads3264154.5/1530.0 %+0/=9/−63117Dark Toga 0.3.12 JA — 8 Threads32122010/2050.0 %+6/=8/−63212Senpai 2.0 — 8 Threads3185104/1040.0 %+3/=2/−53115Naum 4.2 — 8 Threads3178168/1650.0 %+3/=10/−33178Wasp 2.00 — 8 Threads3176168/1650.0 %+2/=12/−23176Andscacs 0.72 — 1 Thread309785.5/868.8 %+3/=5/−03234Daydreamer 2.0.0 — 1 Thread304284/850.0 %+2/=4/−23042Rybka 2.4 mp 32-bit — 8 Threads30381613/1681.2 %+11/=4/−13293Glaurung 2.2 JA — 8 Threads29901612.5/1678.1 %+11/=3/−23211Gull 1.2 x64 — 1 Thread298786.5/881.2 %+5/=3/−03242DiscoCheck 5.2.1 — 1 Thread295887/887.5 %+6/=2/−03297Rybka 1.0 Beta — 1 Thread293087.5/893.8 %+7/=1/−03400Spike 1.2 Turin — 1 Thread291287/887.5 %+6/=2/−03250Gambit Fruit 1.0 Beta 4bx — 1 Thread288586/875.0 %+4/=4/−03076HIARCS 11.1 UCI — 1 Thread288086/875.0 %+4/=4/−03071Fruit 2.3.1 — 1 Thread288086.5/881.2 %+5/=3/−03135Toga II 3.1.2SE JA — 1 Thread287588/8100.0 %+8/=0/−03675Murka 3 x64 UCI — 1 Thread287387.5/893.8 %+7/=1/−03344Twisted Logic 20100815 — 1 Thread287387/887.5 %+6/=2/−03211ProDeo 3.1 — 1 Thread286086.5/881.2 %+5/=3/−03114Shredder 10 UCI — 1 Thread284043.5/487.5 %+3/=1/−03178The King 3.50 — 1 Thread272844/4100.0 %+4/=0/−03528WildCat 8 UCI — 1 Thread261688/8100.0 %+8/=0/−03416
Meilleur : 81 % vs Rybka 2.4 mp 32-bit — 8 Threads · plus dur : 10 % vs Deep Shredder 13 x64 — 8 Threads.
↑ retour au classement
Andscacs 0.72 — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3097 · 127 parties · 70.9 % · err ±16
Cote Ordo3097± 16
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Strelka 5.5 x64 — 1 Thread328682.5/831.2 %+0/=5/−33149Komodo64 3 — 1 Thread317182.5/831.2 %+0/=5/−33034Daydreamer 2.0.0 — 1 Thread304285.5/868.8 %+3/=5/−03179Gull 1.2 x64 — 1 Thread298785/862.5 %+2/=6/−03076DiscoCheck 5.2.1 — 1 Thread295885/862.5 %+3/=4/−13047Rybka 1.0 Beta — 1 Thread293087/887.5 %+6/=2/−03268Spike 1.2 Turin — 1 Thread291285.5/868.8 %+4/=3/−13049Gambit Fruit 1.0 Beta 4bx — 1 Thread288586/875.0 %+5/=2/−13076HIARCS 11.1 UCI — 1 Thread288087.5/893.8 %+7/=1/−03351Fruit 2.3.1 — 1 Thread288085.5/868.8 %+4/=3/−13017Toga II 3.1.2SE JA — 1 Thread287586.5/881.2 %+5/=3/−03130Twisted Logic 20100815 — 1 Thread287386.5/881.2 %+5/=3/−03128Murka 3 x64 UCI — 1 Thread287385.5/868.8 %+3/=5/−03010ProDeo 3.1 — 1 Thread286086/875.0 %+4/=4/−03050Shredder 10 UCI — 1 Thread284043.5/487.5 %+3/=1/−03178The King 3.50 — 1 Thread272843/475.0 %+2/=2/−02918WildCat 8 UCI — 1 Thread261677/7100.0 %+7/=0/−03416
↑ retour au classement
Daydreamer 2.0.0 — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3042 · 118 parties · 63.6 % · err ±18
Cote Ordo3042± 18
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Strelka 5.5 x64 — 1 Thread328682/825.0 %+1/=2/−53096Komodo64 3 — 1 Thread317184/850.0 %+2/=4/−23171Andscacs 0.72 — 1 Thread309782.5/831.2 %+0/=5/−32960Gull 1.2 x64 — 1 Thread298773.5/750.0 %+1/=5/−12987DiscoCheck 5.2.1 — 1 Thread295874.5/764.3 %+3/=3/−13061Rybka 1.0 Beta — 1 Thread293063.5/658.3 %+2/=3/−12988Spike 1.2 Turin — 1 Thread291287/887.5 %+6/=2/−03250Gambit Fruit 1.0 Beta 4bx — 1 Thread288584/850.0 %+3/=2/−32885HIARCS 11.1 UCI — 1 Thread288085.5/868.8 %+3/=5/−03017Fruit 2.3.1 — 1 Thread288064.5/675.0 %+3/=3/−03071Toga II 3.1.2SE JA — 1 Thread287574.5/764.3 %+4/=1/−22977Murka 3 x64 UCI — 1 Thread287385.5/868.8 %+5/=1/−23010Twisted Logic 20100815 — 1 Thread287386.5/881.2 %+5/=3/−03128ProDeo 3.1 — 1 Thread286074.5/764.3 %+3/=3/−12962Shredder 10 UCI — 1 Thread284032.5/383.3 %+2/=1/−03120The King 3.50 — 1 Thread272833/3100.0 %+3/=0/−03528WildCat 8 UCI — 1 Thread261687.5/893.8 %+7/=1/−03087
↑ retour au classement
Rybka 2.4 mp 32-bit — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3038 · 179 parties · 42.7 % · err ±15
Cote Ordo3038± 15
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Deep Rybka 4.1 x64 — 8 Threads3287182/1811.1 %+0/=4/−142926Critter 1.6a 64-bit — 8 Threads3271132/1315.4 %+0/=4/−92975Dark Toga 0.3.12 JA — 8 Threads3212206/2030.0 %+1/=10/−93064Senpai 2.0 — 8 Threads3185103/1030.0 %+1/=4/−53038Wasp 2.00 — 8 Threads3176153.5/1523.3 %+1/=5/−92969Komodo64 3 — 1 Thread3171163/1618.8 %+1/=4/−112916Fritz 13 SE — 1 Thread30322010.5/2052.5 %+3/=15/−23049Glaurung 2.2 JA — 8 Threads29901710.5/1761.8 %+6/=9/−23073Gull 1.2 x64 — 1 Thread2987169/1656.2 %+4/=10/−23031Loop M1-T — 4 Threads29311713.5/1779.4 %+11/=5/−13165Fruit 2.3.1 — 1 Thread28801713.5/1779.4 %+10/=7/−03115
Meilleur : 79 % vs Fruit 2.3.1 — 1 Thread · plus dur : 11 % vs Deep Rybka 4.1 x64 — 8 Threads.
↑ retour au classement
Fritz 13 SE — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 3032 · 79 parties · 56.3 % · err ±22
Cote Ordo3032± 22
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Rybka 2.4 mp 32-bit — 8 Threads3038209.5/2047.5 %+2/=15/−33021Glaurung 2.2 JA — 8 Threads29902011.5/2057.5 %+9/=5/−63043Gull 1.2 x64 — 1 Thread29872013/2065.0 %+7/=12/−13095Loop M1-T — 4 Threads29311910.5/1955.3 %+5/=11/−32967
Meilleur : 65 % vs Gull 1.2 x64 — 1 Thread · plus dur : 48 % vs Rybka 2.4 mp 32-bit — 8 Threads.
↑ retour au classement
Glaurung 2.2 JA — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2990 · 192 parties · 50.8 % · err ±14
Cote Ordo2990± 14
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Wasp 2.00 — 8 Threads3176153.5/1523.3 %+0/=7/−82969Komodo64 3 — 1 Thread3171163.5/1621.9 %+2/=3/−112950Rybka 2.4 mp 32-bit — 8 Threads3038176.5/1738.2 %+2/=9/−62955Fritz 13 SE — 1 Thread3032208.5/2042.5 %+6/=5/−92979Gull 1.2 x64 — 1 Thread2987157/1546.7 %+4/=6/−52964Toga II 1.4 beta5c — 8 Threads29523015/3050.0 %+7/=16/−72952Loop M1-T — 4 Threads2931199.5/1950.0 %+4/=11/−42931Fruit 2.3.1 — 1 Thread28802014.5/2072.5 %+11/=7/−23048Shredder 10 UCI — 1 Thread28402013.5/2067.5 %+9/=9/−22967ProDeo 2.0 — 1 Thread27872016/2080.0 %+14/=4/−23028
Meilleur : 80 % vs ProDeo 2.0 — 1 Thread · plus dur : 22 % vs Komodo64 3 — 1 Thread.
↑ retour au classement
Gull 1.2 x64 — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2987 · 456 parties · 60.3 % · err ±9
Cote Ordo2987± 9
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Strelka 5.5 x64 — 1 Thread328681.5/818.8 %+1/=1/−63032Wasp 2.00 — 8 Threads3176152.5/1516.7 %+0/=5/−102897Komodo64 3 — 1 Thread317181.5/818.8 %+0/=3/−52916Andscacs 0.72 — 1 Thread309783/837.5 %+0/=6/−23008Daydreamer 2.0.0 — 1 Thread304273.5/750.0 %+1/=5/−13042Rybka 2.4 mp 32-bit — 8 Threads3038167/1643.8 %+2/=10/−42994Fritz 13 SE — 1 Thread3032207/2035.0 %+1/=12/−72924Glaurung 2.2 JA — 8 Threads2990158/1553.3 %+5/=6/−43013DiscoCheck 5.2.1 — 1 Thread295885.5/868.8 %+3/=5/−03095Toga II 1.4 beta5c — 8 Threads29523018.5/3061.7 %+11/=15/−43034Loop M1-T — 4 Threads2931159.5/1563.3 %+5/=9/−13026Rybka 1.0 Beta — 1 Thread29304826.5/4855.2 %+16/=21/−112966Spike 1.2 Turin — 1 Thread291285/862.5 %+3/=4/−13001Gambit Fruit 1.0 Beta 4bx — 1 Thread288585.5/868.8 %+3/=5/−03022HIARCS 11.1 UCI — 1 Thread28804829/4860.4 %+20/=18/−102954Fruit 2.3.1 — 1 Thread28802415/2462.5 %+9/=12/−32969Toga II 3.1.2SE JA — 1 Thread287585.5/868.8 %+4/=3/−13012Murka 3 x64 UCI — 1 Thread287384.5/856.2 %+2/=5/−12917Twisted Logic 20100815 — 1 Thread287384/850.0 %+0/=8/−02873ProDeo 3.1 — 1 Thread286087/887.5 %+6/=2/−03198Deep Fritz 8 UCI py — 8 Threads28432012/2060.0 %+7/=10/−32913Shredder 10 UCI — 1 Thread28402318/2378.3 %+14/=8/−13063Deep Junior 10 UCI py — 8 Threads28251814/1877.8 %+11/=6/−13043ProDeo 2.0 — 1 Thread278732.5/383.3 %+2/=1/−03067Deep Fritz 8 UCI py — 4 Threads27842013/2065.0 %+12/=2/−62892Deep Junior 10 UCI py — 4 Threads27701916/1984.2 %+14/=4/−13061Deep Fritz 8 UCI py — 1 Thread27362016.5/2082.5 %+13/=7/−03006The King 3.50 — 1 Thread272842.5/462.5 %+1/=3/−02816Deep Sjeng 1.6 — 8 Threads272733/3100.0 %+3/=0/−03527WildCat 8 UCI — 1 Thread261688/8100.0 %+8/=0/−03416
Meilleur : 84 % vs Deep Junior 10 UCI py — 4 Threads · plus dur : 17 % vs Wasp 2.00 — 8 Threads.
↑ retour au classement
DiscoCheck 5.2.1 — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2958 · 127 parties · 53.5 % · err ±18
Cote Ordo2958± 18
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Strelka 5.5 x64 — 1 Thread328681.5/818.8 %+0/=3/−53032Komodo64 3 — 1 Thread317181/812.5 %+0/=2/−62833Andscacs 0.72 — 1 Thread309783/837.5 %+1/=4/−33008Daydreamer 2.0.0 — 1 Thread304272.5/735.7 %+1/=3/−32940Gull 1.2 x64 — 1 Thread298782.5/831.2 %+0/=5/−32850Rybka 1.0 Beta — 1 Thread293086/875.0 %+5/=2/−13121Spike 1.2 Turin — 1 Thread291285.5/868.8 %+4/=3/−13049Gambit Fruit 1.0 Beta 4bx — 1 Thread288585.5/868.8 %+4/=3/−13022HIARCS 11.1 UCI — 1 Thread288084.5/856.2 %+4/=1/−32924Fruit 2.3.1 — 1 Thread288086/875.0 %+5/=2/−13071Toga II 3.1.2SE JA — 1 Thread287586.5/881.2 %+5/=3/−03130Murka 3 x64 UCI — 1 Thread287385/862.5 %+4/=2/−22962Twisted Logic 20100815 — 1 Thread287383/837.5 %+2/=2/−42785ProDeo 3.1 — 1 Thread286084.5/856.2 %+3/=3/−22903Shredder 10 UCI — 1 Thread284041.5/437.5 %+0/=3/−12751The King 3.50 — 1 Thread272843/475.0 %+2/=2/−02918WildCat 8 UCI — 1 Thread261686.5/881.2 %+6/=1/−12871
↑ retour au classement
Toga II 1.4 beta5c — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2952 · 90 parties · 51.7 % · err ±21
Cote Ordo2952± 21
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Glaurung 2.2 JA — 8 Threads29903015/3050.0 %+7/=16/−72990Gull 1.2 x64 — 1 Thread29873011.5/3038.3 %+4/=15/−112905Shredder 10 UCI — 1 Thread28403020/3066.7 %+14/=12/−42960
Meilleur : 67 % vs Shredder 10 UCI — 1 Thread · plus dur : 38 % vs Gull 1.2 x64 — 1 Thread.
↑ retour au classement
Loop M1-T — 4 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2931 · 163 parties · 48.2 % · err ±16
Cote Ordo2931± 16
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Wasp 2.00 — 8 Threads3176154/1526.7 %+1/=6/−83000Rybka 2.4 mp 32-bit — 8 Threads3038173.5/1720.6 %+1/=5/−112803Fritz 13 SE — 1 Thread3032198.5/1944.7 %+3/=11/−52995Glaurung 2.2 JA — 8 Threads2990199.5/1950.0 %+4/=11/−42990Gull 1.2 x64 — 1 Thread2987155.5/1536.7 %+1/=9/−52892Fruit 2.3.1 — 1 Thread2880179/1752.9 %+5/=8/−42900Fritz 10 — 1 Thread28582415/2462.5 %+11/=8/−52946Shredder 10 UCI — 1 Thread28401911/1957.9 %+7/=8/−42895ProDeo 2.0 — 1 Thread27871812.5/1869.4 %+8/=9/−12930
Meilleur : 69 % vs ProDeo 2.0 — 1 Thread · plus dur : 21 % vs Rybka 2.4 mp 32-bit — 8 Threads.
↑ retour au classement
Rybka 1.0 Beta — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2930 · 361 parties · 56.1 % · err ±10
Cote Ordo2930± 10
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Strelka 5.5 x64 — 1 Thread328680.5/86.2 %+0/=1/−72816Komodo64 3 — 1 Thread317180.5/86.2 %+0/=1/−72701Andscacs 0.72 — 1 Thread309781/812.5 %+0/=2/−62759Daydreamer 2.0.0 — 1 Thread304262.5/641.7 %+1/=3/−22984Gull 1.2 x64 — 1 Thread29874821.5/4844.8 %+11/=21/−162951DiscoCheck 5.2.1 — 1 Thread295882/825.0 %+1/=2/−52768Spike 1.2 Turin — 1 Thread291284/850.0 %+3/=2/−32912Gambit Fruit 1.0 Beta 4bx — 1 Thread288585.5/868.8 %+3/=5/−03022HIARCS 11.1 UCI — 1 Thread28804826/4854.2 %+15/=22/−112910Fruit 2.3.1 — 1 Thread28804628/4660.9 %+15/=26/−52957Toga II 3.1.2SE JA — 1 Thread287584/850.0 %+3/=2/−32875Murka 3 x64 UCI — 1 Thread287385/862.5 %+3/=4/−12962Twisted Logic 20100815 — 1 Thread287383.5/843.8 %+2/=3/−32830ProDeo 3.1 — 1 Thread286084.5/856.2 %+2/=5/−12903Shredder 10 UCI — 1 Thread28404432/4472.7 %+23/=18/−33010Fritz 9 UCI py — 1 Thread28223923.5/3960.3 %+17/=13/−92895Chess Tiger 2007 — 1 Thread27463828/3873.7 %+22/=12/−42925The King 3.50 — 1 Thread272843/475.0 %+2/=2/−02918WildCat 8 UCI — 1 Thread261687.5/893.8 %+7/=1/−03087
Meilleur : 74 % vs Chess Tiger 2007 — 1 Thread · plus dur : 45 % vs Gull 1.2 x64 — 1 Thread.
↑ retour au classement
Spike 1.2 Turin — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2912 · 128 parties · 47.3 % · err ±18
Cote Ordo2912± 18
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Strelka 5.5 x64 — 1 Thread328680/80.0 %+0/=0/−82486Komodo64 3 — 1 Thread317181/812.5 %+0/=2/−62833Andscacs 0.72 — 1 Thread309782.5/831.2 %+1/=3/−42960Daydreamer 2.0.0 — 1 Thread304281/812.5 %+0/=2/−62704Gull 1.2 x64 — 1 Thread298783/837.5 %+1/=4/−32898DiscoCheck 5.2.1 — 1 Thread295882.5/831.2 %+1/=3/−42822Rybka 1.0 Beta — 1 Thread293084/850.0 %+3/=2/−32930Gambit Fruit 1.0 Beta 4bx — 1 Thread288585/862.5 %+2/=6/−02974HIARCS 11.1 UCI — 1 Thread288086.5/881.2 %+5/=3/−03135Fruit 2.3.1 — 1 Thread288085/862.5 %+3/=4/−12969Toga II 3.1.2SE JA — 1 Thread287586/875.0 %+5/=2/−13066Murka 3 x64 UCI — 1 Thread287383.5/843.8 %+2/=3/−32830Twisted Logic 20100815 — 1 Thread287384.5/856.2 %+4/=1/−32917ProDeo 3.1 — 1 Thread286085/862.5 %+2/=6/−02948Shredder 10 UCI — 1 Thread284041.5/437.5 %+0/=3/−12751The King 3.50 — 1 Thread272842.5/462.5 %+2/=1/−12816WildCat 8 UCI — 1 Thread261687/887.5 %+6/=2/−02955
↑ retour au classement
The King 3.50 — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2906 · 128 parties · 64.8 % · err ±17
Cote Ordo2906± 17
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Deep Rybka 4.1 x64 — 8 Threads3287181.5/188.3 %+0/=3/−152871Fruit 2.3.1 — 1 Thread288042/450.0 %+1/=2/−12880Fruit 2.2.1 — 1 Thread287620.5/225.0 %+0/=1/−12685Shredder 10 UCI — 1 Thread284053/560.0 %+3/=0/−22910Shredder 9.1 UCI — 1 Thread282563/650.0 %+0/=6/−02825Fritz 9 UCI py — 1 Thread282242.5/462.5 %+2/=1/−12911ProDeo 2.0 — 1 Thread278754.5/590.0 %+4/=1/−03169Deep Gandalf 7.0-64 — 2 Threads277210.5/150.0 %+0/=1/−02772Fritz 7 UCI py — 1 Thread275910.5/150.0 %+0/=1/−02759Chess Tiger 2007 — 1 Thread274654.5/590.0 %+4/=1/−03128Fritz 8 UCI py — 1 Thread274032.5/383.3 %+2/=1/−03020Gandalf 6.0 — 1 Thread272943/475.0 %+2/=2/−02920The King 3.50 — 1 Thread272854.5/590.0 %+4/=1/−03109Hiarcs 8 UCI py — 1 Thread271443.5/487.5 %+3/=1/−03052Ruffian 1.0.5 — 1 Thread270764/666.7 %+2/=4/−02828THE KING 3.23 — 1 Thread270632.5/383.3 %+2/=1/−02985Fritz 6 UCI py — 1 Thread270532/366.7 %+1/=2/−02825Junior 8 UCI py — 1 Thread270022/2100.0 %+2/=0/−03500Ruffian 2.1.0 — 1 Thread269585.5/868.8 %+5/=1/−22832THE KING 3.33 — 1 Thread269342/450.0 %+0/=4/−02693Gandalf 5.1 — 1 Thread268854.5/590.0 %+4/=1/−03070SOS 5 for Arena — 1 Thread267564/666.7 %+2/=4/−02795List 512 — 1 Thread265743.5/487.5 %+3/=1/−02995Junior 7 UCI py — 1 Thread265132.5/383.3 %+2/=1/−02931Zarkov 6.50 w32 — 1 Thread262453.5/570.0 %+3/=1/−12771Fritz 5.32 UCI py — 1 Thread260222/2100.0 %+2/=0/−03402Yace Paderborn — 1 Thread258765.5/691.7 %+5/=1/−03004Rebel 6.0 — 1 Thread253543.5/487.5 %+3/=1/−02873
Meilleur : 8 % vs Deep Rybka 4.1 x64 — 8 Threads · plus dur : 8 % vs Deep Rybka 4.1 x64 — 8 Threads.
↑ retour au classement
Gambit Fruit 1.0 Beta 4bx — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2885 · 128 parties · 43.8 % · err ±18
Cote Ordo2885± 18
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Strelka 5.5 x64 — 1 Thread328680.5/86.2 %+0/=1/−72816Komodo64 3 — 1 Thread317182/825.0 %+0/=4/−42980Andscacs 0.72 — 1 Thread309782/825.0 %+1/=2/−52906Daydreamer 2.0.0 — 1 Thread304284/850.0 %+3/=2/−33042Gull 1.2 x64 — 1 Thread298782.5/831.2 %+0/=5/−32850DiscoCheck 5.2.1 — 1 Thread295882.5/831.2 %+1/=3/−42822Rybka 1.0 Beta — 1 Thread293082.5/831.2 %+0/=5/−32793Spike 1.2 Turin — 1 Thread291283/837.5 %+0/=6/−22823HIARCS 11.1 UCI — 1 Thread288083/837.5 %+1/=4/−32792Fruit 2.3.1 — 1 Thread288084.5/856.2 %+2/=5/−12924Toga II 3.1.2SE JA — 1 Thread287583/837.5 %+1/=4/−32786Twisted Logic 20100815 — 1 Thread287384/850.0 %+2/=4/−22873Murka 3 x64 UCI — 1 Thread287385.5/868.8 %+5/=1/−23010ProDeo 3.1 — 1 Thread286085/862.5 %+3/=4/−12948Shredder 10 UCI — 1 Thread284042/450.0 %+0/=4/−02840The King 3.50 — 1 Thread272843/475.0 %+3/=0/−12918WildCat 8 UCI — 1 Thread261687/887.5 %+6/=2/−02955
↑ retour au classement
HIARCS 11.1 UCI — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2880 · 368 parties · 48.8 % · err ±10
Cote Ordo2880± 10
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Strelka 5.5 x64 — 1 Thread328681/812.5 %+0/=2/−62948Komodo64 3 — 1 Thread317182/825.0 %+0/=4/−42980Andscacs 0.72 — 1 Thread309780.5/86.2 %+0/=1/−72627Daydreamer 2.0.0 — 1 Thread304282.5/831.2 %+0/=5/−32905Gull 1.2 x64 — 1 Thread29874819/4839.6 %+10/=18/−202914DiscoCheck 5.2.1 — 1 Thread295883.5/843.8 %+3/=1/−42915Rybka 1.0 Beta — 1 Thread29304822/4845.8 %+11/=22/−152901Spike 1.2 Turin — 1 Thread291281.5/818.8 %+0/=3/−52657Gambit Fruit 1.0 Beta 4bx — 1 Thread288585/862.5 %+3/=4/−12974Fruit 2.3.1 — 1 Thread28804824/4850.0 %+16/=16/−162880Toga II 3.1.2SE JA — 1 Thread287585/862.5 %+3/=4/−12964Twisted Logic 20100815 — 1 Thread287385/862.5 %+3/=4/−12962Murka 3 x64 UCI — 1 Thread287383/837.5 %+1/=4/−32785ProDeo 3.1 — 1 Thread286083/837.5 %+1/=4/−32771Shredder 10 UCI — 1 Thread28404426.5/4460.2 %+17/=19/−82912Fritz 9 UCI py — 1 Thread28224020.5/4051.2 %+13/=15/−122831Chess Tiger 2007 — 1 Thread27464024.5/4061.3 %+15/=19/−62825The King 3.50 — 1 Thread272843.5/487.5 %+3/=1/−03066WildCat 8 UCI — 1 Thread261687.5/893.8 %+7/=1/−03087
Meilleur : 61 % vs Chess Tiger 2007 — 1 Thread · plus dur : 40 % vs Gull 1.2 x64 — 1 Thread.
↑ retour au classement
Fruit 2.3.1 — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2880 · 711 parties · 57.1 % · err ±7
Cote Ordo2880± 7
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Strelka 5.5 x64 — 1 Thread328681/812.5 %+0/=2/−62948Komodo64 3 — 1 Thread317181.5/818.8 %+0/=3/−52916Andscacs 0.72 — 1 Thread309782.5/831.2 %+1/=3/−42960Daydreamer 2.0.0 — 1 Thread304261.5/625.0 %+0/=3/−32852Rybka 2.4 mp 32-bit — 8 Threads3038173.5/1720.6 %+0/=7/−102803Glaurung 2.2 JA — 8 Threads2990205.5/2027.5 %+2/=7/−112822Gull 1.2 x64 — 1 Thread2987249/2437.5 %+3/=12/−92898DiscoCheck 5.2.1 — 1 Thread295882/825.0 %+1/=2/−52768Loop M1-T — 4 Threads2931178/1747.1 %+4/=8/−52910Rybka 1.0 Beta — 1 Thread29304618/4639.1 %+5/=26/−152853Spike 1.2 Turin — 1 Thread291283/837.5 %+1/=4/−32823The King 3.50 — 8 Threads290642/450.0 %+1/=2/−12906Gambit Fruit 1.0 Beta 4bx — 1 Thread288583.5/843.8 %+1/=5/−22842HIARCS 11.1 UCI — 1 Thread28804824/4850.0 %+16/=16/−162880Fruit 2.2.1 — 1 Thread287664/666.7 %+2/=4/−02996Toga II 3.1.2SE JA — 1 Thread287584.5/856.2 %+3/=3/−22919Murka 3 x64 UCI — 1 Thread287383.5/843.8 %+2/=3/−32830Twisted Logic 20100815 — 1 Thread287384.5/856.2 %+3/=3/−22917ProDeo 3.1 — 1 Thread286084.5/856.2 %+1/=7/−02903Fritz 10 — 1 Thread28582512/2548.0 %+8/=8/−92844Deep Fritz 8 UCI py — 8 Threads28431910.5/1955.3 %+7/=7/−52879Shredder 10 UCI — 1 Thread28403822.5/3859.2 %+15/=15/−82905Shredder 9.1 UCI — 1 Thread282584/850.0 %+2/=4/−22825Deep Junior 10 UCI py — 8 Threads2825168.5/1653.1 %+5/=7/−42847Fritz 9 UCI py — 1 Thread28222415/2462.5 %+10/=10/−42911Shredder 7 UCI py — 1 Thread282222/2100.0 %+2/=0/−03622ProDeo 2.0 — 1 Thread27873621.5/3659.7 %+14/=15/−72855Deep Fritz 8 UCI py — 4 Threads27842013.5/2067.5 %+11/=5/−42911Deep Junior 7 — 1 Thread277964.5/675.0 %+4/=1/−12970Deep Gandalf 7.0-64 — 2 Threads277221.5/275.0 %+1/=1/−02963Deep Junior 10 UCI py — 4 Threads27702014/2070.0 %+12/=4/−42918Fritz 7 UCI py — 1 Thread275975.5/778.6 %+4/=3/−02984Chess Tiger 2007 — 1 Thread274685.5/868.8 %+3/=5/−02883Fritz 8 UCI py — 1 Thread274074.5/764.3 %+3/=3/−12843Deep Fritz 8 UCI py — 1 Thread27362013/2065.0 %+8/=10/−22844Gandalf 6.0 — 1 Thread2729105.5/1055.0 %+3/=5/−22764The King 3.50 — 1 Thread27281412/1485.7 %+11/=2/−13039Deep Sjeng 1.6 — 8 Threads27272014.5/2072.5 %+10/=9/−12896Hiarcs 8 UCI py — 1 Thread271443/475.0 %+2/=2/−02904Shredder 6 UCI py — 1 Thread271243/475.0 %+2/=2/−02903Ruffian 1.0.5 — 1 Thread2707107.5/1075.0 %+5/=5/−02898THE KING 3.23 — 1 Thread2706105.5/1055.0 %+3/=5/−22740Fritz 6 UCI py — 1 Thread270586.5/881.2 %+6/=1/−12960Junior 8 UCI py — 1 Thread270065/683.3 %+4/=2/−02979Ruffian 2.1.0 — 1 Thread2695129.5/1279.2 %+8/=3/−12927THE KING 3.33 — 1 Thread269397.5/983.3 %+7/=1/−12973Gandalf 5.1 — 1 Thread268884.5/856.2 %+2/=5/−12732SOS 5 for Arena — 1 Thread267574.5/764.3 %+3/=3/−12777List 512 — 1 Thread265721.5/275.0 %+1/=1/−02848Junior 7 UCI py — 1 Thread265163/650.0 %+3/=0/−32651Shredder 5.32 UCI py — 1 Thread263544/4100.0 %+4/=0/−03435Zarkov 6.50 w32 — 1 Thread262499/9100.0 %+9/=0/−03424WildCat 8 UCI — 1 Thread261686.5/881.2 %+6/=1/−12871Hiarcs 7 UCI py — 1 Thread260643/475.0 %+3/=0/−12796Fritz 5.32 UCI py — 1 Thread260274.5/764.3 %+3/=3/−12705Yace Paderborn — 1 Thread258799/9100.0 %+9/=0/−03387Nimzo 8 UCI py — 1 Thread257944/4100.0 %+4/=0/−03379Rebel 6.0 — 1 Thread2535109/1090.0 %+8/=2/−02917
Meilleur : 90 % vs Rebel 6.0 — 1 Thread · plus dur : 21 % vs Rybka 2.4 mp 32-bit — 8 Threads.
↑ retour au classement
Fruit 2.2.1 — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2876 · 186 parties · 71.5 % · err ±13
Cote Ordo2876± 13
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
The King 3.50 — 8 Threads290621.5/275.0 %+1/=1/−03097Fruit 2.3.1 — 1 Thread288062/633.3 %+0/=4/−22760Shredder 10 UCI — 1 Thread284073.5/750.0 %+3/=1/−32840Shredder 9.1 UCI — 1 Thread282552/540.0 %+1/=2/−22755Fritz 9 UCI py — 1 Thread282264/666.7 %+3/=2/−12943Shredder 7 UCI py — 1 Thread282232.5/383.3 %+2/=1/−03102ProDeo 2.0 — 1 Thread278765/683.3 %+4/=2/−03067Fritz 7 UCI py — 1 Thread275962/633.3 %+0/=4/−22638Chess Tiger 2007 — 1 Thread274687/887.5 %+6/=2/−03084Fritz 8 UCI py — 1 Thread274084.5/856.2 %+2/=5/−12784Gandalf 6.0 — 1 Thread272975.5/778.6 %+4/=3/−02955The King 3.50 — 1 Thread272875.5/778.6 %+4/=3/−02953Hiarcs 8 UCI py — 1 Thread271454.5/590.0 %+4/=1/−03095Shredder 6 UCI py — 1 Thread271242/450.0 %+1/=2/−12712Ruffian 1.0.5 — 1 Thread270774.5/764.3 %+3/=3/−12810THE KING 3.23 — 1 Thread270664.5/675.0 %+3/=3/−02896Fritz 6 UCI py — 1 Thread270576/785.7 %+5/=2/−03016Junior 8 UCI py — 1 Thread270054.5/590.0 %+4/=1/−03081Ruffian 2.1.0 — 1 Thread2695118/1172.7 %+7/=2/−22865THE KING 3.33 — 1 Thread269375/771.4 %+4/=2/−12852Gandalf 5.1 — 1 Thread268853/560.0 %+2/=2/−12758SOS 5 for Arena — 1 Thread267574.5/764.3 %+3/=3/−12777Junior 7 UCI py — 1 Thread265187/887.5 %+7/=0/−12989Shredder 5.32 UCI py — 1 Thread263542.5/462.5 %+1/=3/−02724Zarkov 6.50 w32 — 1 Thread262486.5/881.2 %+5/=3/−02879Hiarcs 7 UCI py — 1 Thread260643.5/487.5 %+3/=1/−02944Fritz 5.32 UCI py — 1 Thread260277/7100.0 %+7/=0/−03402Yace Paderborn — 1 Thread258785.5/868.8 %+4/=3/−12724Nimzo 8 UCI py — 1 Thread257942.5/462.5 %+2/=1/−12667Rebel 6.0 — 1 Thread253587/887.5 %+6/=2/−02873
Meilleur : 73 % vs Ruffian 2.1.0 — 1 Thread · plus dur : 73 % vs Ruffian 2.1.0 — 1 Thread.
↑ retour au classement
Toga II 3.1.2SE JA — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2875 · 127 parties · 42.5 % · err ±18
Cote Ordo2875± 18
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Strelka 5.5 x64 — 1 Thread328680.5/86.2 %+0/=1/−72816Komodo64 3 — 1 Thread317180/80.0 %+0/=0/−82371Andscacs 0.72 — 1 Thread309781.5/818.8 %+0/=3/−52842Daydreamer 2.0.0 — 1 Thread304272.5/735.7 %+2/=1/−42940Gull 1.2 x64 — 1 Thread298782.5/831.2 %+1/=3/−42850DiscoCheck 5.2.1 — 1 Thread295881.5/818.8 %+0/=3/−52704Rybka 1.0 Beta — 1 Thread293084/850.0 %+3/=2/−32930Spike 1.2 Turin — 1 Thread291282/825.0 %+1/=2/−52721Gambit Fruit 1.0 Beta 4bx — 1 Thread288585/862.5 %+3/=4/−12974HIARCS 11.1 UCI — 1 Thread288083/837.5 %+1/=4/−32792Fruit 2.3.1 — 1 Thread288083.5/843.8 %+2/=3/−32836Murka 3 x64 UCI — 1 Thread287386.5/881.2 %+6/=1/−13128Twisted Logic 20100815 — 1 Thread287385/862.5 %+3/=4/−12962ProDeo 3.1 — 1 Thread286083.5/843.8 %+1/=5/−22816Shredder 10 UCI — 1 Thread284043/475.0 %+2/=2/−03031The King 3.50 — 1 Thread272843.5/487.5 %+3/=1/−03066WildCat 8 UCI — 1 Thread261686.5/881.2 %+5/=3/−02871
↑ retour au classement
Twisted Logic 20100815 — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2873 · 128 parties · 42.2 % · err ±17
Cote Ordo2873± 17
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Strelka 5.5 x64 — 1 Thread328681/812.5 %+0/=2/−62948Komodo64 3 — 1 Thread317181/812.5 %+0/=2/−62833Andscacs 0.72 — 1 Thread309781.5/818.8 %+0/=3/−52842Daydreamer 2.0.0 — 1 Thread304281.5/818.8 %+0/=3/−52788Gull 1.2 x64 — 1 Thread298784/850.0 %+0/=8/−02987DiscoCheck 5.2.1 — 1 Thread295885/862.5 %+4/=2/−23047Rybka 1.0 Beta — 1 Thread293084.5/856.2 %+3/=3/−22973Spike 1.2 Turin — 1 Thread291283.5/843.8 %+3/=1/−42868Gambit Fruit 1.0 Beta 4bx — 1 Thread288584/850.0 %+2/=4/−22885HIARCS 11.1 UCI — 1 Thread288083/837.5 %+1/=4/−32792Fruit 2.3.1 — 1 Thread288083.5/843.8 %+2/=3/−32836Toga II 3.1.2SE JA — 1 Thread287583/837.5 %+1/=4/−32786Murka 3 x64 UCI — 1 Thread287383.5/843.8 %+1/=5/−22830ProDeo 3.1 — 1 Thread286084.5/856.2 %+2/=5/−12903Shredder 10 UCI — 1 Thread284041/425.0 %+1/=0/−32649The King 3.50 — 1 Thread272842.5/462.5 %+1/=3/−02816WildCat 8 UCI — 1 Thread261687/887.5 %+6/=2/−02955
↑ retour au classement
Murka 3 x64 UCI — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2873 · 128 parties · 42.2 % · err ±17
Cote Ordo2873± 17
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Strelka 5.5 x64 — 1 Thread328680.5/86.2 %+0/=1/−72816Komodo64 3 — 1 Thread317180.5/86.2 %+0/=1/−72701Andscacs 0.72 — 1 Thread309782.5/831.2 %+0/=5/−32960Daydreamer 2.0.0 — 1 Thread304282.5/831.2 %+2/=1/−52905Gull 1.2 x64 — 1 Thread298783.5/843.8 %+1/=5/−22943DiscoCheck 5.2.1 — 1 Thread295883/837.5 %+2/=2/−42870Rybka 1.0 Beta — 1 Thread293083/837.5 %+1/=4/−32841Spike 1.2 Turin — 1 Thread291284.5/856.2 %+3/=3/−22956Gambit Fruit 1.0 Beta 4bx — 1 Thread288582.5/831.2 %+2/=1/−52748HIARCS 11.1 UCI — 1 Thread288085/862.5 %+3/=4/−12969Fruit 2.3.1 — 1 Thread288084.5/856.2 %+3/=3/−22924Toga II 3.1.2SE JA — 1 Thread287581.5/818.8 %+1/=1/−62620Twisted Logic 20100815 — 1 Thread287384.5/856.2 %+2/=5/−12917ProDeo 3.1 — 1 Thread286084.5/856.2 %+2/=5/−12903Shredder 10 UCI — 1 Thread284042/450.0 %+1/=2/−12840The King 3.50 — 1 Thread272843/475.0 %+2/=2/−02918WildCat 8 UCI — 1 Thread261686.5/881.2 %+5/=3/−02871
↑ retour au classement
ProDeo 3.1 — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2860 · 127 parties · 40.6 % · err ±17
Cote Ordo2860± 17
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Strelka 5.5 x64 — 1 Thread328681/812.5 %+0/=2/−62948Komodo64 3 — 1 Thread317181.5/818.8 %+0/=3/−52916Andscacs 0.72 — 1 Thread309782/825.0 %+0/=4/−42906Daydreamer 2.0.0 — 1 Thread304272.5/735.7 %+1/=3/−32940Gull 1.2 x64 — 1 Thread298781/812.5 %+0/=2/−62649DiscoCheck 5.2.1 — 1 Thread295883.5/843.8 %+2/=3/−32915Rybka 1.0 Beta — 1 Thread293083.5/843.8 %+1/=5/−22886Spike 1.2 Turin — 1 Thread291283/837.5 %+0/=6/−22823Gambit Fruit 1.0 Beta 4bx — 1 Thread288583/837.5 %+1/=4/−32797HIARCS 11.1 UCI — 1 Thread288085/862.5 %+3/=4/−12969Fruit 2.3.1 — 1 Thread288083.5/843.8 %+0/=7/−12836Toga II 3.1.2SE JA — 1 Thread287584.5/856.2 %+2/=5/−12919Twisted Logic 20100815 — 1 Thread287383.5/843.8 %+1/=5/−22830Murka 3 x64 UCI — 1 Thread287383.5/843.8 %+1/=5/−22830Shredder 10 UCI — 1 Thread284041.5/437.5 %+0/=3/−12751The King 3.50 — 1 Thread272842.5/462.5 %+1/=3/−02816WildCat 8 UCI — 1 Thread261686.5/881.2 %+5/=3/−02871
↑ retour au classement
Fritz 10 — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2858 · 74 parties · 46.6 % · err ±23
Cote Ordo2858± 23
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Loop M1-T — 4 Threads2931249/2437.5 %+5/=8/−112842Fruit 2.3.1 — 1 Thread28802513/2552.0 %+9/=8/−82894Shredder 10 UCI — 1 Thread28402512.5/2550.0 %+6/=13/−62840
Meilleur : 52 % vs Fruit 2.3.1 — 1 Thread · plus dur : 38 % vs Loop M1-T — 4 Threads.
↑ retour au classement
Deep Fritz 8 UCI py — 8 Threadspont py
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2843 · 99 parties · 49.5 % · err ±20
Cote Ordo2843± 20
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Gull 1.2 x64 — 1 Thread2987208/2040.0 %+3/=10/−72917Fruit 2.3.1 — 1 Thread2880198.5/1944.7 %+5/=7/−72843Shredder 10 UCI — 1 Thread28402010.5/2052.5 %+6/=9/−52857ProDeo 2.0 — 1 Thread27872010/2050.0 %+7/=6/−72787Chess Tiger 2007 — 1 Thread27462012/2060.0 %+8/=8/−42816
Meilleur : 60 % vs Chess Tiger 2007 — 1 Thread · plus dur : 40 % vs Gull 1.2 x64 — 1 Thread.
↑ retour au classement
Shredder 10 UCI — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2840 · 934 parties · 55.9 % · err ±6
Cote Ordo2840± 6
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Deep Rybka 4.1 x64 — 8 Threads3287181/185.6 %+0/=2/−162795Strelka 5.5 x64 — 1 Thread328640/40.0 %+0/=0/−42486Komodo64 3 — 1 Thread317140.5/412.5 %+0/=1/−32833Andscacs 0.72 — 1 Thread309740.5/412.5 %+0/=1/−32759Daydreamer 2.0.0 — 1 Thread304230.5/316.7 %+0/=1/−22763Glaurung 2.2 JA — 8 Threads2990206.5/2032.5 %+2/=9/−92863Gull 1.2 x64 — 1 Thread2987235/2321.7 %+1/=8/−142765DiscoCheck 5.2.1 — 1 Thread295842.5/462.5 %+1/=3/−03047Toga II 1.4 beta5c — 8 Threads29523010/3033.3 %+4/=12/−142831Loop M1-T — 4 Threads2931198/1942.1 %+4/=8/−72875Rybka 1.0 Beta — 1 Thread29304412/4427.3 %+3/=18/−232759Spike 1.2 Turin — 1 Thread291242.5/462.5 %+1/=3/−03001The King 3.50 — 8 Threads290652/540.0 %+2/=0/−32835Gambit Fruit 1.0 Beta 4bx — 1 Thread288542/450.0 %+0/=4/−02885HIARCS 11.1 UCI — 1 Thread28804417.5/4439.8 %+8/=19/−172808Fruit 2.3.1 — 1 Thread28803815.5/3840.8 %+8/=15/−152815Fruit 2.2.1 — 1 Thread287673.5/750.0 %+3/=1/−32876Toga II 3.1.2SE JA — 1 Thread287541/425.0 %+0/=2/−22684Twisted Logic 20100815 — 1 Thread287343/475.0 %+3/=0/−13064Murka 3 x64 UCI — 1 Thread287342/450.0 %+1/=2/−12873ProDeo 3.1 — 1 Thread286042.5/462.5 %+1/=3/−02948Fritz 10 — 1 Thread28582512.5/2550.0 %+6/=13/−62858Deep Fritz 8 UCI py — 8 Threads2843209.5/2047.5 %+5/=9/−62825Shredder 9.1 UCI — 1 Thread282585/862.5 %+2/=6/−02914Deep Junior 10 UCI py — 8 Threads2825189.5/1852.8 %+7/=5/−62844Fritz 9 UCI py — 1 Thread28222211.5/2252.3 %+10/=3/−92838Shredder 7 UCI py — 1 Thread282232/366.7 %+1/=2/−02943ProDeo 2.0 — 1 Thread27874325.5/4359.3 %+15/=21/−72852Deep Fritz 8 UCI py — 4 Threads27842015/2075.0 %+13/=4/−32975Deep Gandalf 7.0-64 — 2 Threads2772127/1258.3 %+5/=4/−32830Deep Junior 10 UCI py — 4 Threads27702011.5/2057.5 %+8/=7/−52823Fritz 7 UCI py — 1 Thread275974.5/764.3 %+4/=1/−22861Chess Tiger 2007 — 1 Thread274696/966.7 %+5/=2/−22866Fritz 8 UCI py — 1 Thread274063/650.0 %+3/=0/−32740Deep Fritz 8 UCI py — 1 Thread27362013/2065.0 %+9/=8/−32844Gandalf 6.0 — 1 Thread272995/955.6 %+4/=2/−32768Deep Fritz — 1 Thread27281410/1471.4 %+9/=2/−32888The King 3.50 — 1 Thread2728117.5/1168.2 %+5/=5/−12860Deep Sjeng 1.6 — 8 Threads27272015/2075.0 %+13/=4/−32918Fruit 2.1 PC — 1 Thread27276039.5/6065.8 %+30/=19/−112841Junior 8 — 1 Thread27271411/1478.6 %+9/=4/−12952Gambit Tiger 2.0 — 1 Thread2717106.5/1065.0 %+4/=5/−12824Hiarcs 8 UCI py — 1 Thread271420.5/225.0 %+0/=1/−12523Shredder 6 UCI py — 1 Thread271232/366.7 %+2/=0/−12832Ruffian 1.0.5 — 1 Thread270796/966.7 %+4/=4/−12828THE KING 3.23 — 1 Thread270687/887.5 %+6/=2/−03044Fritz 6 UCI py — 1 Thread270585/862.5 %+4/=2/−22794Junior 8 UCI py — 1 Thread27002717/2763.0 %+13/=8/−62792Ruffian 2.1.0 — 1 Thread26954530/4566.7 %+23/=14/−82815THE KING 3.33 — 1 Thread269387.5/893.8 %+7/=1/−03163Fruit 2.1 Mac — 1 Thread26925638/5667.9 %+24/=28/−42822Gandalf 5.1 — 1 Thread268886/875.0 %+4/=4/−02879Gandalf 6.01 — 1 Thread2680106/1060.0 %+4/=4/−22750SOS 5 for Arena — 1 Thread26753022.5/3075.0 %+17/=11/−22866List 512 — 1 Thread265720.5/225.0 %+0/=1/−12466Junior 7 UCI py — 1 Thread265165.5/691.7 %+5/=1/−03068Shredder 5.32 UCI py — 1 Thread263533/3100.0 %+3/=0/−03435Zarkov 6.50 w32 — 1 Thread262497.5/983.3 %+6/=3/−02904WildCat 8 UCI — 1 Thread261643.5/487.5 %+3/=1/−02955Hiarcs 7 UCI py — 1 Thread260643/475.0 %+2/=2/−02796Fritz 5.32 UCI py — 1 Thread260287.5/893.8 %+7/=1/−03073Yace Paderborn — 1 Thread258785.5/868.8 %+5/=1/−22724Nimzo 8 UCI py — 1 Thread257944/4100.0 %+4/=0/−03379Rebel 6.0 — 1 Thread2535106.5/1065.0 %+5/=3/−22643
Meilleur : 79 % vs Junior 8 — 1 Thread · plus dur : 6 % vs Deep Rybka 4.1 x64 — 8 Threads.
↑ retour au classement
Shredder 9.1 UCI — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2825 · 214 parties · 64.5 % · err ±13
Cote Ordo2825± 13
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
The King 3.50 — 8 Threads290663/650.0 %+0/=6/−02906Fruit 2.3.1 — 1 Thread288084/850.0 %+2/=4/−22880Fruit 2.2.1 — 1 Thread287653/560.0 %+2/=2/−12946Shredder 10 UCI — 1 Thread284083/837.5 %+0/=6/−22751Fritz 9 UCI py — 1 Thread282275.5/778.6 %+4/=3/−03048Shredder 7 UCI py — 1 Thread282221.5/275.0 %+1/=1/−03013ProDeo 2.0 — 1 Thread278793/933.3 %+2/=2/−52667Deep Gandalf 7.0-64 — 2 Threads277221/250.0 %+0/=2/−02772Fritz 7 UCI py — 1 Thread275963/650.0 %+2/=2/−22759Chess Tiger 2007 — 1 Thread274685/862.5 %+3/=4/−12835Fritz 8 UCI py — 1 Thread274055/5100.0 %+5/=0/−03540Gandalf 6.0 — 1 Thread272974/757.1 %+3/=2/−22779The King 3.50 — 1 Thread272895.5/961.1 %+4/=3/−22806Hiarcs 8 UCI py — 1 Thread271474/757.1 %+1/=6/−02764Shredder 6 UCI py — 1 Thread271232/366.7 %+1/=2/−02832Ruffian 1.0.5 — 1 Thread2707107/1070.0 %+4/=6/−02855THE KING 3.23 — 1 Thread270695.5/961.1 %+4/=3/−22784Fritz 6 UCI py — 1 Thread270575/771.4 %+4/=2/−12864Junior 8 UCI py — 1 Thread270062/633.3 %+1/=2/−32579Ruffian 2.1.0 — 1 Thread2695128.5/1270.8 %+6/=5/−12849THE KING 3.33 — 1 Thread269396/966.7 %+5/=2/−22813Gandalf 5.1 — 1 Thread268897/977.8 %+5/=4/−02906SOS 5 for Arena — 1 Thread267586.5/881.2 %+5/=3/−02930List 512 — 1 Thread265742.5/462.5 %+2/=1/−12745Junior 7 UCI py — 1 Thread265182.5/831.2 %+1/=3/−42514Shredder 5.32 UCI py — 1 Thread263521/250.0 %+0/=2/−02635Zarkov 6.50 w32 — 1 Thread262486.5/881.2 %+5/=3/−02879Hiarcs 7 UCI py — 1 Thread260643.5/487.5 %+3/=1/−02944Fritz 5.32 UCI py — 1 Thread260265/683.3 %+5/=0/−12882Yace Paderborn — 1 Thread258787/887.5 %+6/=2/−02925Nimzo 8 UCI py — 1 Thread257943.5/487.5 %+3/=1/−02917Rebel 6.0 — 1 Thread253586.5/881.2 %+6/=1/−12790
Meilleur : 71 % vs Ruffian 2.1.0 — 1 Thread · plus dur : 70 % vs Ruffian 1.0.5 — 1 Thread.
↑ retour au classement
Deep Junior 10 UCI py — 8 Threadspont py
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2825 · 90 parties · 47.2 % · err ±21
Cote Ordo2825± 21
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Gull 1.2 x64 — 1 Thread2987184/1822.2 %+1/=6/−112769Fruit 2.3.1 — 1 Thread2880167.5/1646.9 %+4/=7/−52858Shredder 10 UCI — 1 Thread2840188.5/1847.2 %+6/=5/−72821ProDeo 2.0 — 1 Thread27871911.5/1960.5 %+7/=9/−32861Chess Tiger 2007 — 1 Thread27461911/1957.9 %+9/=4/−62801
Meilleur : 61 % vs ProDeo 2.0 — 1 Thread · plus dur : 22 % vs Gull 1.2 x64 — 1 Thread.
↑ retour au classement
Fritz 9 UCI py — 1 Threadpont py
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2822 · 498 parties · 59.4 % · err ±9
Cote Ordo2822± 9
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Rybka 1.0 Beta — 1 Thread29303915.5/3939.7 %+9/=13/−172858The King 3.50 — 8 Threads290641.5/437.5 %+1/=1/−22817HIARCS 11.1 UCI — 1 Thread28804019.5/4048.8 %+12/=15/−132872Fruit 2.3.1 — 1 Thread2880249/2437.5 %+4/=10/−102791Fruit 2.2.1 — 1 Thread287662/633.3 %+1/=2/−32755Shredder 10 UCI — 1 Thread28402210.5/2247.7 %+9/=3/−102824Shredder 9.1 UCI — 1 Thread282571.5/721.4 %+0/=3/−42599Shredder 7 UCI py — 1 Thread282241/425.0 %+0/=2/−22631ProDeo 2.0 — 1 Thread27872413.5/2456.2 %+9/=9/−62831Fritz 7 UCI py — 1 Thread275951.5/530.0 %+0/=3/−22612Chess Tiger 2007 — 1 Thread274684.5/856.2 %+3/=3/−22790Fritz 8 UCI py — 1 Thread274076/785.7 %+5/=2/−03052Gandalf 6.0 — 1 Thread272962.5/641.7 %+1/=3/−22671The King 3.50 — 1 Thread272885/862.5 %+5/=0/−32816Fruit 2.1 PC — 1 Thread27276036.5/6060.8 %+27/=19/−142803Hiarcs 8 UCI py — 1 Thread271431.5/350.0 %+1/=1/−12714Shredder 6 UCI py — 1 Thread271221.5/275.0 %+1/=1/−02903Ruffian 1.0.5 — 1 Thread270785.5/868.8 %+4/=3/−12844THE KING 3.23 — 1 Thread270677/7100.0 %+7/=0/−03506Fritz 6 UCI py — 1 Thread270585.5/868.8 %+5/=1/−22842Junior 8 UCI py — 1 Thread27002314.5/2363.0 %+13/=3/−72793Ruffian 2.1.0 — 1 Thread26952518.5/2574.0 %+15/=7/−32877THE KING 3.33 — 1 Thread269374/757.1 %+3/=2/−22743Fruit 2.1 Mac — 1 Thread26925634.5/5661.6 %+25/=19/−122774Gandalf 5.1 — 1 Thread268886/875.0 %+5/=2/−12879SOS 5 for Arena — 1 Thread26752315/2365.2 %+12/=6/−52784List 512 — 1 Thread26571913.5/1971.1 %+11/=5/−32813Junior 7 UCI py — 1 Thread265185.5/868.8 %+4/=3/−12788Shredder 5.32 UCI py — 1 Thread263533/3100.0 %+3/=0/−03435Zarkov 6.50 w32 — 1 Thread262466/6100.0 %+6/=0/−03424Hiarcs 7 UCI py — 1 Thread260642.5/462.5 %+2/=1/−12694Fritz 5.32 UCI py — 1 Thread260276/785.7 %+5/=2/−02914Yace Paderborn — 1 Thread258776.5/792.9 %+6/=1/−03033Nimzo 8 UCI py — 1 Thread257943.5/487.5 %+3/=1/−02917Rebel 6.0 — 1 Thread253566/6100.0 %+6/=0/−03335
Meilleur : 74 % vs Ruffian 2.1.0 — 1 Thread · plus dur : 38 % vs Fruit 2.3.1 — 1 Thread.
↑ retour au classement
Shredder 7 UCI py — 1 Threadpont py
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2822 · 97 parties · 66.5 % · err ±19
Cote Ordo2822± 19
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Fruit 2.3.1 — 1 Thread288020/20.0 %+0/=0/−22080Fruit 2.2.1 — 1 Thread287630.5/316.7 %+0/=1/−22596Shredder 10 UCI — 1 Thread284031/333.3 %+0/=2/−12720Shredder 9.1 UCI — 1 Thread282520.5/225.0 %+0/=1/−12634Fritz 9 UCI py — 1 Thread282243/475.0 %+2/=2/−03013ProDeo 2.0 — 1 Thread278743/475.0 %+2/=2/−02978Fritz 7 UCI py — 1 Thread275931.5/350.0 %+1/=1/−12759Chess Tiger 2007 — 1 Thread274632.5/383.3 %+2/=1/−03025Fritz 8 UCI py — 1 Thread274042/450.0 %+2/=0/−22740Gandalf 6.0 — 1 Thread272921/250.0 %+0/=2/−02729The King 3.50 — 1 Thread272844/4100.0 %+4/=0/−03528Hiarcs 8 UCI py — 1 Thread271421/250.0 %+0/=2/−02714Shredder 6 UCI py — 1 Thread271221/250.0 %+0/=2/−02712Ruffian 1.0.5 — 1 Thread270743.5/487.5 %+3/=1/−03045THE KING 3.23 — 1 Thread270631.5/350.0 %+0/=3/−02706Fritz 6 UCI py — 1 Thread270532.5/383.3 %+2/=1/−02984Junior 8 UCI py — 1 Thread270043.5/487.5 %+3/=1/−03038Ruffian 2.1.0 — 1 Thread269522/2100.0 %+2/=0/−03495THE KING 3.33 — 1 Thread269343/475.0 %+2/=2/−02884Gandalf 5.1 — 1 Thread268842/450.0 %+1/=2/−12688SOS 5 for Arena — 1 Thread267542/450.0 %+1/=2/−12675Junior 7 UCI py — 1 Thread265142/450.0 %+0/=4/−02651Shredder 5.32 UCI py — 1 Thread263543/475.0 %+2/=2/−02826Zarkov 6.50 w32 — 1 Thread262443.5/487.5 %+3/=1/−02962Hiarcs 7 UCI py — 1 Thread260643.5/487.5 %+3/=1/−02944Fritz 5.32 UCI py — 1 Thread260243/475.0 %+2/=2/−02793Yace Paderborn — 1 Thread258732.5/383.3 %+2/=1/−02867Nimzo 8 UCI py — 1 Thread257942.5/462.5 %+2/=1/−12667Rebel 6.0 — 1 Thread253543.5/487.5 %+3/=1/−02873
↑ retour au classement
Shredder 6 — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2794 · 60 parties · 56.7 % · err ±26
Cote Ordo2794± 26
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
ProDeo 2.0 — 1 Thread27871510/1566.7 %+7/=6/−22907Deep Junior 7 — 1 Thread2779155/1533.3 %+3/=4/−82659Junior 8 — 1 Thread2727159.5/1563.3 %+6/=7/−22822Ruffian 2.1.0 — 1 Thread2695159.5/1563.3 %+7/=5/−32790
Meilleur : 67 % vs ProDeo 2.0 — 1 Thread · plus dur : 33 % vs Deep Junior 7 — 1 Thread.
↑ retour au classement
ProDeo 2.0 — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2787 · 713 parties · 54.8 % · err ±7
Cote Ordo2787± 7
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Glaurung 2.2 JA — 8 Threads2990204/2020.0 %+2/=4/−142749Gull 1.2 x64 — 1 Thread298730.5/316.7 %+0/=1/−22708Loop M1-T — 4 Threads2931185.5/1830.6 %+1/=9/−82788The King 3.50 — 8 Threads290650.5/510.0 %+0/=1/−42524Fruit 2.3.1 — 1 Thread28803614.5/3640.3 %+7/=15/−142812Fruit 2.2.1 — 1 Thread287661/616.7 %+0/=2/−42596Deep Fritz 8 UCI py — 8 Threads28432010/2050.0 %+7/=6/−72843Shredder 10 UCI — 1 Thread28404317.5/4340.7 %+7/=21/−152775Shredder 9.1 UCI — 1 Thread282596/966.7 %+5/=2/−22946Deep Junior 10 UCI py — 8 Threads2825197.5/1939.5 %+3/=9/−72751Fritz 9 UCI py — 1 Thread28222410.5/2443.8 %+6/=9/−92779Shredder 7 UCI py — 1 Thread282241/425.0 %+0/=2/−22631Shredder 6 — 1 Thread2794155/1533.3 %+2/=6/−72674Deep Fritz 8 UCI py — 4 Threads2784189.5/1852.8 %+5/=9/−42803Deep Junior 7 — 1 Thread2779146.5/1446.4 %+5/=3/−62754Deep Gandalf 7.0-64 — 2 Threads2772127/1258.3 %+5/=4/−32830Deep Junior 10 UCI py — 4 Threads2770209/2045.0 %+7/=4/−92736Fritz 7 UCI py — 1 Thread275963.5/658.3 %+3/=1/−22817Chess Tiger 2007 — 1 Thread274695/955.6 %+1/=8/−02785Fritz 8 UCI py — 1 Thread274053.5/570.0 %+3/=1/−12888Deep Fritz 8 UCI py — 1 Thread27362012/2060.0 %+9/=6/−52807Gandalf 6.0 — 1 Thread272999/9100.0 %+9/=0/−03529Deep Fritz — 1 Thread2728148/1457.1 %+7/=2/−52778The King 3.50 — 1 Thread2728107/1070.0 %+5/=4/−12875Fruit 2.1 PC — 1 Thread27276035.5/6059.2 %+27/=17/−162791Junior 8 — 1 Thread2727138.5/1365.4 %+7/=3/−32837Gambit Tiger 2.0 — 1 Thread2717105.5/1055.0 %+5/=1/−42752Hiarcs 8 UCI py — 1 Thread271474.5/764.3 %+4/=1/−22816Shredder 6 UCI py — 1 Thread271232.5/383.3 %+2/=1/−02991Ruffian 1.0.5 — 1 Thread2707105.5/1055.0 %+4/=3/−32742THE KING 3.23 — 1 Thread270684.5/856.2 %+3/=3/−22749Fritz 6 UCI py — 1 Thread270564/666.7 %+4/=0/−22825Junior 8 UCI py — 1 Thread27002615/2657.7 %+12/=6/−82754Ruffian 2.1.0 — 1 Thread26952518/2572.0 %+15/=6/−42859THE KING 3.33 — 1 Thread269396.5/972.2 %+6/=1/−22859Fruit 2.1 Mac — 1 Thread26925636.5/5665.2 %+26/=21/−92801Gandalf 5.1 — 1 Thread268885.5/868.8 %+4/=3/−12825Gandalf 6.01 — 1 Thread2680105.5/1055.0 %+5/=1/−42715SOS 5 for Arena — 1 Thread26752212/2254.5 %+9/=6/−72707List 512 — 1 Thread26571711/1764.7 %+9/=4/−42762Fritz 6 — 1 Thread2656138/1361.5 %+7/=2/−42737Junior 7 UCI py — 1 Thread265155/5100.0 %+5/=0/−03451Shredder 5.32 UCI py — 1 Thread263542.5/462.5 %+2/=1/−12724Zarkov 6.50 w32 — 1 Thread2624106.5/1065.0 %+4/=5/−12732Hiarcs 7 UCI py — 1 Thread260643.5/487.5 %+3/=1/−02944Fritz 5.32 UCI py — 1 Thread260275/771.4 %+3/=4/−02762Yace Paderborn — 1 Thread258786.5/881.2 %+5/=3/−02842Nimzo 8 UCI py — 1 Thread257943.5/487.5 %+3/=1/−02917Rebel 6.0 — 1 Thread253596/966.7 %+4/=4/−12655
Meilleur : 72 % vs Ruffian 2.1.0 — 1 Thread · plus dur : 20 % vs Glaurung 2.2 JA — 8 Threads.
↑ retour au classement
Deep Fritz 8 UCI py — 4 Threadspont py
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2784 · 96 parties · 41.1 % · err ±20
Cote Ordo2784± 20
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Gull 1.2 x64 — 1 Thread2987207/2035.0 %+6/=2/−122880Fruit 2.3.1 — 1 Thread2880206.5/2032.5 %+4/=5/−112753Shredder 10 UCI — 1 Thread2840205/2025.0 %+3/=4/−132649ProDeo 2.0 — 1 Thread2787188.5/1847.2 %+4/=9/−52768Chess Tiger 2007 — 1 Thread27461812.5/1869.4 %+8/=9/−12889
Meilleur : 69 % vs Chess Tiger 2007 — 1 Thread · plus dur : 25 % vs Shredder 10 UCI — 1 Thread.
↑ retour au classement
Deep Junior 7 — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2779 · 169 parties · 58.6 % · err ±15
Cote Ordo2779± 15
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Fruit 2.3.1 — 1 Thread288061.5/625.0 %+1/=1/−42689Shredder 6 — 1 Thread27941510/1566.7 %+8/=4/−32915ProDeo 2.0 — 1 Thread2787147.5/1453.6 %+6/=3/−52812Deep Fritz — 1 Thread2728146.5/1446.4 %+5/=3/−62704Deep Sjeng 1.6 — 8 Threads272795/955.6 %+4/=2/−32766Junior 8 — 1 Thread2727147/1450.0 %+5/=4/−52727Gambit Tiger 2.0 — 1 Thread2717106/1060.0 %+5/=2/−32787Junior 7 — 1 Thread2702147/1450.0 %+4/=6/−42702Ruffian 2.1.0 — 1 Thread2695159.5/1563.3 %+9/=1/−52790Gandalf 6.01 — 1 Thread2680105/1050.0 %+3/=4/−32680SOS 5 for Arena — 1 Thread26752014.5/2072.5 %+11/=7/−22843List 512 — 1 Thread2657149/1464.3 %+7/=4/−32759Fritz 6 — 1 Thread26561410.5/1475.0 %+9/=3/−22847
Meilleur : 75 % vs Fritz 6 — 1 Thread · plus dur : 46 % vs Deep Fritz — 1 Thread.
↑ retour au classement
Fritz 8 — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2779 · 90 parties · 62.8 % · err ±20
Cote Ordo2779± 20
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Hiarcs 8 — 1 Thread2748158/1553.3 %+4/=8/−32771Junior 8 — 1 Thread2727157/1546.7 %+4/=6/−52703Ruffian 2.1.0 — 1 Thread26951510/1566.7 %+6/=8/−12815SOS 5 for Arena — 1 Thread26751510.5/1570.0 %+9/=3/−32822List 512 — 1 Thread2657159/1560.0 %+7/=4/−42727Nimzo 8 — 1 Thread26121512/1580.0 %+9/=6/−02853
Meilleur : 80 % vs Nimzo 8 — 1 Thread · plus dur : 47 % vs Junior 8 — 1 Thread.
↑ retour au classement
Deep Gandalf 7.0-64 — 2 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2772 · 107 parties · 55.6 % · err ±19
Cote Ordo2772± 19
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
The King 3.50 — 8 Threads290610.5/150.0 %+0/=1/−02906Fruit 2.3.1 — 1 Thread288020.5/225.0 %+0/=1/−12689Shredder 10 UCI — 1 Thread2840125/1241.7 %+3/=4/−52782Shredder 9.1 UCI — 1 Thread282521/250.0 %+0/=2/−02825ProDeo 2.0 — 1 Thread2787125/1241.7 %+3/=4/−52729Chess Tiger 2007 — 1 Thread2746146.5/1446.4 %+5/=3/−62721Gandalf 6.0 — 1 Thread272921/250.0 %+1/=0/−12729The King 3.50 — 1 Thread2728125.5/1245.8 %+5/=1/−62699Ruffian 1.0.5 — 1 Thread270721.5/275.0 %+1/=1/−02898THE KING 3.23 — 1 Thread270610.5/150.0 %+0/=1/−02706Junior 8 UCI py — 1 Thread2700118/1172.7 %+7/=2/−22870Ruffian 2.1.0 — 1 Thread2695129.5/1279.2 %+8/=3/−12927THE KING 3.33 — 1 Thread269320.5/225.0 %+0/=1/−12502Gandalf 5.1 — 1 Thread268821/250.0 %+1/=0/−12688SOS 5 for Arena — 1 Thread2675127/1258.3 %+4/=6/−22733List 512 — 1 Thread265721.5/275.0 %+1/=1/−02848Zarkov 6.50 w32 — 1 Thread262421/250.0 %+0/=2/−02624Yace Paderborn — 1 Thread258722/2100.0 %+2/=0/−03387Rebel 6.0 — 1 Thread253522/2100.0 %+2/=0/−03335
Meilleur : 79 % vs Ruffian 2.1.0 — 1 Thread · plus dur : 42 % vs ProDeo 2.0 — 1 Thread.
↑ retour au classement
Deep Junior 10 UCI py — 4 Threadspont py
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2770 · 98 parties · 39.8 % · err ±20
Cote Ordo2770± 20
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Gull 1.2 x64 — 1 Thread2987193/1915.8 %+1/=4/−142696Fruit 2.3.1 — 1 Thread2880206/2030.0 %+4/=4/−122733Shredder 10 UCI — 1 Thread2840208.5/2042.5 %+5/=7/−82787ProDeo 2.0 — 1 Thread27872011/2055.0 %+9/=4/−72822Chess Tiger 2007 — 1 Thread27461910.5/1955.3 %+7/=7/−52783
Meilleur : 55 % vs Chess Tiger 2007 — 1 Thread · plus dur : 16 % vs Gull 1.2 x64 — 1 Thread.
↑ retour au classement
Fritz 7 — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2764 · 90 parties · 60.6 % · err ±21
Cote Ordo2764± 21
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Hiarcs 8 — 1 Thread2748127/1258.3 %+5/=4/−32807Junior 8 — 1 Thread2727137/1353.8 %+4/=6/−32753Junior 7 — 1 Thread2702138.5/1365.4 %+7/=3/−32812Ruffian 2.1.0 — 1 Thread2695138/1361.5 %+4/=8/−12777SOS 5 for Arena — 1 Thread26751310/1376.9 %+9/=2/−22884List 512 — 1 Thread2657138/1361.5 %+7/=2/−42738Nimzo 8 — 1 Thread2612136/1346.2 %+3/=6/−42585
Meilleur : 77 % vs SOS 5 for Arena — 1 Thread · plus dur : 46 % vs Nimzo 8 — 1 Thread.
↑ retour au classement
Fritz 7 UCI py — 1 Threadpont py
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2759 · 177 parties · 56.5 % · err ±15
Cote Ordo2759± 15
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
The King 3.50 — 8 Threads290610.5/150.0 %+0/=1/−02906Fruit 2.3.1 — 1 Thread288071.5/721.4 %+0/=3/−42654Fruit 2.2.1 — 1 Thread287664/666.7 %+2/=4/−02996Shredder 10 UCI — 1 Thread284072.5/735.7 %+2/=1/−42738Shredder 9.1 UCI — 1 Thread282563/650.0 %+2/=2/−22825Fritz 9 UCI py — 1 Thread282253.5/570.0 %+2/=3/−02969Shredder 7 UCI py — 1 Thread282231.5/350.0 %+1/=1/−12822ProDeo 2.0 — 1 Thread278762.5/641.7 %+2/=1/−32729Chess Tiger 2007 — 1 Thread274684/850.0 %+3/=2/−32746Fritz 8 UCI py — 1 Thread274051.5/530.0 %+0/=3/−22593Gandalf 6.0 — 1 Thread272951.5/530.0 %+1/=1/−32582The King 3.50 — 1 Thread272873.5/750.0 %+1/=5/−12728Hiarcs 8 UCI py — 1 Thread271431.5/350.0 %+1/=1/−12714Shredder 6 UCI py — 1 Thread271243/475.0 %+2/=2/−02903Ruffian 1.0.5 — 1 Thread270752/540.0 %+1/=2/−22637THE KING 3.23 — 1 Thread270685/862.5 %+2/=6/−02794Fritz 6 UCI py — 1 Thread270563/650.0 %+1/=4/−12705Junior 8 UCI py — 1 Thread270085.5/868.8 %+5/=1/−22837Ruffian 2.1.0 — 1 Thread2695104/1040.0 %+2/=4/−42625THE KING 3.33 — 1 Thread269366/6100.0 %+6/=0/−03493Gandalf 5.1 — 1 Thread268862.5/641.7 %+1/=3/−22630SOS 5 for Arena — 1 Thread267576.5/792.9 %+6/=1/−03121List 512 — 1 Thread265721/250.0 %+1/=0/−12657Junior 7 UCI py — 1 Thread265175.5/778.6 %+5/=1/−12877Shredder 5.32 UCI py — 1 Thread263531.5/350.0 %+1/=1/−12635Zarkov 6.50 w32 — 1 Thread262463.5/658.3 %+2/=3/−12683Hiarcs 7 UCI py — 1 Thread260643/475.0 %+2/=2/−02796Fritz 5.32 UCI py — 1 Thread260273/742.9 %+1/=4/−22552Yace Paderborn — 1 Thread258786/875.0 %+5/=2/−12778Nimzo 8 UCI py — 1 Thread257942.5/462.5 %+2/=1/−12667Rebel 6.0 — 1 Thread253575.5/778.6 %+5/=1/−12761
Meilleur : 40 % vs Ruffian 2.1.0 — 1 Thread · plus dur : 40 % vs Ruffian 2.1.0 — 1 Thread.
↑ retour au classement
Hiarcs 8 — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2748 · 103 parties · 56.8 % · err ±20
Cote Ordo2748± 20
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Fritz 8 — 1 Thread2779157/1546.7 %+3/=8/−42756Fritz 7 — 1 Thread2764125/1241.7 %+3/=4/−52705Deep Fritz — 1 Thread2728146.5/1446.4 %+3/=7/−42704Junior 7 — 1 Thread2702127.5/1262.5 %+6/=3/−32791SOS 5 for Arena — 1 Thread2675138/1361.5 %+5/=6/−22757List 512 — 1 Thread2657128/1266.7 %+6/=4/−22777Fritz 6 — 1 Thread2656139.5/1373.1 %+7/=5/−12829Nimzo 8 — 1 Thread2612127/1258.3 %+5/=4/−32670
Meilleur : 73 % vs Fritz 6 — 1 Thread · plus dur : 42 % vs Fritz 7 — 1 Thread.
↑ retour au classement
Chess Tiger 2007 — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2746 · 521 parties · 48.3 % · err ±9
Cote Ordo2746± 9
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Rybka 1.0 Beta — 1 Thread29303810/3826.3 %+4/=12/−222751The King 3.50 — 8 Threads290650.5/510.0 %+0/=1/−42524HIARCS 11.1 UCI — 1 Thread28804015.5/4038.8 %+6/=19/−152801Fruit 2.3.1 — 1 Thread288082.5/831.2 %+0/=5/−32743Fruit 2.2.1 — 1 Thread287681/812.5 %+0/=2/−62537Deep Fritz 8 UCI py — 8 Threads2843208/2040.0 %+4/=8/−82772Shredder 10 UCI — 1 Thread284093/933.3 %+2/=2/−52720Shredder 9.1 UCI — 1 Thread282583/837.5 %+1/=4/−32736Deep Junior 10 UCI py — 8 Threads2825198/1942.1 %+6/=4/−92770Fritz 9 UCI py — 1 Thread282283.5/843.8 %+2/=3/−32779Shredder 7 UCI py — 1 Thread282230.5/316.7 %+0/=1/−22543ProDeo 2.0 — 1 Thread278794/944.4 %+0/=8/−12748Deep Fritz 8 UCI py — 4 Threads2784185.5/1830.6 %+1/=9/−82641Deep Gandalf 7.0-64 — 2 Threads2772147.5/1453.6 %+6/=3/−52797Deep Junior 10 UCI py — 4 Threads2770198.5/1944.7 %+5/=7/−72734Fritz 7 UCI py — 1 Thread275984/850.0 %+3/=2/−32759Fritz 8 UCI py — 1 Thread274074/757.1 %+2/=4/−12790Deep Fritz 8 UCI py — 1 Thread27362010/2050.0 %+7/=6/−72736Gandalf 6.0 — 1 Thread272996/966.7 %+4/=4/−12850The King 3.50 — 1 Thread272874.5/764.3 %+2/=5/−02830Fruit 2.1 PC — 1 Thread27276032.5/6054.2 %+21/=23/−162756Hiarcs 8 UCI py — 1 Thread271464.5/675.0 %+4/=1/−12904Shredder 6 UCI py — 1 Thread271231/333.3 %+0/=2/−12591Ruffian 1.0.5 — 1 Thread270794.5/950.0 %+3/=3/−32707THE KING 3.23 — 1 Thread270674/757.1 %+2/=4/−12755Fritz 6 UCI py — 1 Thread270572.5/735.7 %+1/=3/−32603Junior 8 UCI py — 1 Thread270075/771.4 %+4/=2/−12859Ruffian 2.1.0 — 1 Thread269595.5/961.1 %+2/=7/−02774THE KING 3.33 — 1 Thread2693106/1060.0 %+3/=6/−12763Fruit 2.1 Mac — 1 Thread26925533.5/5560.9 %+22/=23/−102769Gandalf 5.1 — 1 Thread268883/837.5 %+2/=2/−42599SOS 5 for Arena — 1 Thread267583/837.5 %+2/=2/−42586List 512 — 1 Thread265742/450.0 %+1/=2/−12657Junior 7 UCI py — 1 Thread265185.5/868.8 %+4/=3/−12788Shredder 5.32 UCI py — 1 Thread263531.5/350.0 %+1/=1/−12635Zarkov 6.50 w32 — 1 Thread262495/955.6 %+2/=6/−12663Hiarcs 7 UCI py — 1 Thread260642.5/462.5 %+1/=3/−02694Fritz 5.32 UCI py — 1 Thread260265/683.3 %+4/=2/−02882Yace Paderborn — 1 Thread258785.5/868.8 %+4/=3/−12724Nimzo 8 UCI py — 1 Thread257942/450.0 %+2/=0/−22579Rebel 6.0 — 1 Thread253598/988.9 %+7/=2/−02896
Meilleur : 61 % vs Fruit 2.1 Mac — 1 Thread · plus dur : 26 % vs Rybka 1.0 Beta — 1 Thread.
↑ retour au classement
Fritz 8 UCI py — 1 Threadpont py
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2740 · 189 parties · 53.2 % · err ±15
Cote Ordo2740± 15
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
The King 3.50 — 8 Threads290630.5/316.7 %+0/=1/−22626Fruit 2.3.1 — 1 Thread288072.5/735.7 %+1/=3/−32778Fruit 2.2.1 — 1 Thread287683.5/843.8 %+1/=5/−22832Shredder 10 UCI — 1 Thread284063/650.0 %+3/=0/−32840Shredder 9.1 UCI — 1 Thread282550/50.0 %+0/=0/−52025Fritz 9 UCI py — 1 Thread282271/714.3 %+0/=2/−52511Shredder 7 UCI py — 1 Thread282242/450.0 %+2/=0/−22822ProDeo 2.0 — 1 Thread278751.5/530.0 %+1/=1/−32640Fritz 7 UCI py — 1 Thread275953.5/570.0 %+2/=3/−02906Chess Tiger 2007 — 1 Thread274673/742.9 %+1/=4/−22696Gandalf 6.0 — 1 Thread272976/785.7 %+5/=2/−03040The King 3.50 — 1 Thread272864/666.7 %+3/=2/−12848Hiarcs 8 UCI py — 1 Thread271452/540.0 %+1/=2/−22643Shredder 6 UCI py — 1 Thread271221/250.0 %+1/=0/−12712Ruffian 1.0.5 — 1 Thread270773/742.9 %+1/=4/−22657THE KING 3.23 — 1 Thread270663.5/658.3 %+2/=3/−12764Fritz 6 UCI py — 1 Thread270573.5/750.0 %+1/=5/−12705Junior 8 UCI py — 1 Thread270075.5/778.6 %+4/=3/−02926Ruffian 2.1.0 — 1 Thread2695105.5/1055.0 %+2/=7/−12730THE KING 3.33 — 1 Thread269363.5/658.3 %+2/=3/−12751Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread2689117.5/1168.2 %+6/=3/−22821Gandalf 5.1 — 1 Thread268862.5/641.7 %+1/=3/−22630SOS 5 for Arena — 1 Thread267563.5/658.3 %+2/=3/−12733List 512 — 1 Thread265731.5/350.0 %+1/=1/−12657Junior 7 UCI py — 1 Thread265173.5/750.0 %+1/=5/−12651Shredder 5.32 UCI py — 1 Thread263522/2100.0 %+2/=0/−03435Zarkov 6.50 w32 — 1 Thread262454/580.0 %+4/=0/−12865Hiarcs 7 UCI py — 1 Thread260643.5/487.5 %+3/=1/−02944Fritz 5.32 UCI py — 1 Thread260273.5/750.0 %+3/=1/−32602Yace Paderborn — 1 Thread258784.5/856.2 %+2/=5/−12631Nimzo 8 UCI py — 1 Thread257942.5/462.5 %+2/=1/−12667Rebel 6.0 — 1 Thread253564/666.7 %+3/=2/−12655
Meilleur : 68 % vs Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread · plus dur : 55 % vs Ruffian 2.1.0 — 1 Thread.
↑ retour au classement
Deep Fritz 8 UCI py — 1 Threadpont py
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2736 · 100 parties · 35.5 % · err ±19
Cote Ordo2736± 19
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Gull 1.2 x64 — 1 Thread2987203.5/2017.5 %+0/=7/−132718Fruit 2.3.1 — 1 Thread2880207/2035.0 %+2/=10/−82772Shredder 10 UCI — 1 Thread2840207/2035.0 %+3/=8/−92732ProDeo 2.0 — 1 Thread2787208/2040.0 %+5/=6/−92717Chess Tiger 2007 — 1 Thread27462010/2050.0 %+7/=6/−72746
Meilleur : 50 % vs Chess Tiger 2007 — 1 Thread · plus dur : 18 % vs Gull 1.2 x64 — 1 Thread.
↑ retour au classement
Gandalf 6.0 — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2729 · 225 parties · 51.8 % · err ±13
Cote Ordo2729± 13
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
The King 3.50 — 8 Threads290641/425.0 %+0/=2/−22715Fruit 2.3.1 — 1 Thread2880104.5/1045.0 %+2/=5/−32845Fruit 2.2.1 — 1 Thread287671.5/721.4 %+0/=3/−42650Shredder 10 UCI — 1 Thread284094/944.4 %+3/=2/−42801Shredder 9.1 UCI — 1 Thread282573/742.9 %+2/=2/−32775Fritz 9 UCI py — 1 Thread282263.5/658.3 %+2/=3/−12881Shredder 7 UCI py — 1 Thread282221/250.0 %+0/=2/−02822ProDeo 2.0 — 1 Thread278790/90.0 %+0/=0/−91987Deep Gandalf 7.0-64 — 2 Threads277221/250.0 %+1/=0/−12772Fritz 7 UCI py — 1 Thread275953.5/570.0 %+3/=1/−12906Chess Tiger 2007 — 1 Thread274693/933.3 %+1/=4/−42625Fritz 8 UCI py — 1 Thread274071/714.3 %+0/=2/−52429The King 3.50 — 1 Thread272862.5/641.7 %+2/=1/−32669Hiarcs 8 UCI py — 1 Thread271442.5/462.5 %+2/=1/−12802Shredder 6 UCI py — 1 Thread271242.5/462.5 %+1/=3/−02801Ruffian 1.0.5 — 1 Thread270795/955.6 %+3/=4/−22746THE KING 3.23 — 1 Thread270687/887.5 %+6/=2/−03044Fritz 6 UCI py — 1 Thread270561.5/625.0 %+0/=3/−32514Junior 8 UCI py — 1 Thread270073/742.9 %+1/=4/−22650Ruffian 2.1.0 — 1 Thread2695138/1361.5 %+6/=4/−32777THE KING 3.33 — 1 Thread2693104.5/1045.0 %+2/=5/−32658Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread2689117/1163.6 %+6/=2/−32786Gandalf 5.1 — 1 Thread268884/850.0 %+1/=6/−12688SOS 5 for Arena — 1 Thread267584/850.0 %+2/=4/−22675List 512 — 1 Thread265732/366.7 %+2/=0/−12777Junior 7 UCI py — 1 Thread265173.5/750.0 %+1/=5/−12651Shredder 5.32 UCI py — 1 Thread263532/366.7 %+2/=0/−12755Zarkov 6.50 w32 — 1 Thread262494.5/950.0 %+4/=1/−42624Hiarcs 7 UCI py — 1 Thread260643/475.0 %+3/=0/−12796Fritz 5.32 UCI py — 1 Thread260265.5/691.7 %+5/=1/−03019Yace Paderborn — 1 Thread2587108/1080.0 %+7/=2/−12828Nimzo 8 UCI py — 1 Thread257943/475.0 %+3/=0/−12769Rebel 6.0 — 1 Thread253586.5/881.2 %+6/=1/−12790
Meilleur : 80 % vs Yace Paderborn — 1 Thread · plus dur : 45 % vs Fruit 2.3.1 — 1 Thread.
↑ retour au classement
Deep Fritz — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2728 · 70 parties · 44.3 % · err ±24
Cote Ordo2728± 24
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Shredder 10 UCI — 1 Thread2840144/1428.6 %+3/=2/−92681ProDeo 2.0 — 1 Thread2787146/1442.9 %+5/=2/−72737Deep Junior 7 — 1 Thread2779147.5/1453.6 %+6/=3/−52804Hiarcs 8 — 1 Thread2748147.5/1453.6 %+4/=7/−32773Ruffian 2.1.0 — 1 Thread2695146/1442.9 %+3/=6/−52645
Meilleur : 54 % vs Deep Junior 7 — 1 Thread · plus dur : 29 % vs Shredder 10 UCI — 1 Thread.
↑ retour au classement
The King 3.50 — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2728 · 424 parties · 47.5 % · err ±10
Cote Ordo2728± 10
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Strelka 5.5 x64 — 1 Thread328640/40.0 %+0/=0/−42486Komodo64 3 — 1 Thread317140/40.0 %+0/=0/−42371Andscacs 0.72 — 1 Thread309741/425.0 %+0/=2/−22906Daydreamer 2.0.0 — 1 Thread304230/30.0 %+0/=0/−32242Gull 1.2 x64 — 1 Thread298741.5/437.5 %+0/=3/−12898DiscoCheck 5.2.1 — 1 Thread295841/425.0 %+0/=2/−22768Rybka 1.0 Beta — 1 Thread293041/425.0 %+0/=2/−22739Spike 1.2 Turin — 1 Thread291241.5/437.5 %+1/=1/−22823The King 3.50 — 8 Threads290650.5/510.0 %+0/=1/−42524Gambit Fruit 1.0 Beta 4bx — 1 Thread288541/425.0 %+1/=0/−32694HIARCS 11.1 UCI — 1 Thread288040.5/412.5 %+0/=1/−32542Fruit 2.3.1 — 1 Thread2880142/1414.3 %+1/=2/−112569Fruit 2.2.1 — 1 Thread287671.5/721.4 %+0/=3/−42650Toga II 3.1.2SE JA — 1 Thread287540.5/412.5 %+0/=1/−32537Murka 3 x64 UCI — 1 Thread287341/425.0 %+0/=2/−22682Twisted Logic 20100815 — 1 Thread287341.5/437.5 %+0/=3/−12785ProDeo 3.1 — 1 Thread286041.5/437.5 %+0/=3/−12771Shredder 10 UCI — 1 Thread2840113.5/1131.8 %+1/=5/−52708Shredder 9.1 UCI — 1 Thread282593.5/938.9 %+2/=3/−42747Fritz 9 UCI py — 1 Thread282283/837.5 %+3/=0/−52734Shredder 7 UCI py — 1 Thread282240/40.0 %+0/=0/−42022ProDeo 2.0 — 1 Thread2787103/1030.0 %+1/=4/−52640Deep Gandalf 7.0-64 — 2 Threads2772126.5/1254.2 %+6/=1/−52801Fritz 7 UCI py — 1 Thread275973.5/750.0 %+1/=5/−12759Chess Tiger 2007 — 1 Thread274672.5/735.7 %+0/=5/−22644Fritz 8 UCI py — 1 Thread274062/633.3 %+1/=2/−32620Gandalf 6.0 — 1 Thread272963.5/658.3 %+3/=1/−22788Fruit 2.1 PC — 1 Thread27276034/6056.7 %+25/=18/−172773Hiarcs 8 UCI py — 1 Thread271452.5/550.0 %+1/=3/−12714Shredder 6 UCI py — 1 Thread271242/450.0 %+1/=2/−12712Ruffian 1.0.5 — 1 Thread270795/955.6 %+4/=2/−32746THE KING 3.23 — 1 Thread270691.5/916.7 %+0/=3/−62426Fritz 6 UCI py — 1 Thread270553/560.0 %+2/=2/−12775Junior 8 UCI py — 1 Thread270074.5/764.3 %+2/=5/−02802Ruffian 2.1.0 — 1 Thread2695146.5/1446.4 %+4/=5/−52670THE KING 3.33 — 1 Thread269396.5/972.2 %+6/=1/−22859Fruit 2.1 Mac — 1 Thread26925327.5/5351.9 %+18/=19/−162705Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread2689115.5/1150.0 %+3/=5/−32689Gandalf 5.1 — 1 Thread268896/966.7 %+3/=6/−02808SOS 5 for Arena — 1 Thread267575.5/778.6 %+4/=3/−02901List 512 — 1 Thread265732.5/383.3 %+2/=1/−02936Junior 7 UCI py — 1 Thread265186/875.0 %+6/=0/−22842Shredder 5.32 UCI py — 1 Thread263532/366.7 %+1/=2/−02755Zarkov 6.50 w32 — 1 Thread262496/966.7 %+5/=2/−22745WildCat 8 UCI — 1 Thread261631/333.3 %+1/=0/−22496Hiarcs 7 UCI py — 1 Thread260643/475.0 %+3/=0/−12796Fritz 5.32 UCI py — 1 Thread260286.5/881.2 %+6/=1/−12857Yace Paderborn — 1 Thread258795.5/961.1 %+3/=5/−12666Nimzo 8 UCI py — 1 Thread257944/4100.0 %+4/=0/−03379Rebel 6.0 — 1 Thread2535108/1080.0 %+6/=4/−02776
Meilleur : 80 % vs Rebel 6.0 — 1 Thread · plus dur : 14 % vs Fruit 2.3.1 — 1 Thread.
↑ retour au classement
Deep Sjeng 1.6 — 8 Threads
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2727 · 118 parties · 50.0 % · err ±18
Cote Ordo2727± 18
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Gull 1.2 x64 — 1 Thread298730/30.0 %+0/=0/−32187Fruit 2.3.1 — 1 Thread2880205.5/2027.5 %+1/=9/−102712Shredder 10 UCI — 1 Thread2840205/2025.0 %+3/=4/−132649Deep Junior 7 — 1 Thread277994/944.4 %+3/=2/−42741Junior 7 — 1 Thread270294/944.4 %+3/=2/−42663SOS 5 for Arena — 1 Thread267510/10.0 %+0/=0/−11875List 512 — 1 Thread265795.5/961.1 %+4/=3/−22735Fritz 6 — 1 Thread265696/966.7 %+4/=4/−12776Nimzo 8 — 1 Thread261297/977.8 %+6/=2/−12829Fritz 5.32 — 1 Thread2606108.5/1085.0 %+8/=1/−12907Hiarcs 7.32 — 1 Thread260197/977.8 %+7/=0/−22819Yace Paderborn — 1 Thread2587106.5/1065.0 %+6/=1/−32695
Meilleur : 85 % vs Fritz 5.32 — 1 Thread · plus dur : 25 % vs Shredder 10 UCI — 1 Thread.
↑ retour au classement
Fruit 2.1 PC — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2727 · 720 parties · 49.6 % · err ±7
Cote Ordo2727± 7
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Shredder 10 UCI — 1 Thread28406020.5/6034.2 %+11/=19/−302726Fritz 9 UCI py — 1 Thread28226023.5/6039.2 %+14/=19/−272746ProDeo 2.0 — 1 Thread27876024.5/6040.8 %+16/=17/−272723Chess Tiger 2007 — 1 Thread27466027.5/6045.8 %+16/=23/−212717The King 3.50 — 1 Thread27286026/6043.3 %+17/=18/−252681Fruit 2.1 Mac — 1 Thread2692410228/41055.6 %+117/=222/−712731Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread2689107/1070.0 %+6/=2/−22836
Meilleur : 70 % vs Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread · plus dur : 34 % vs Shredder 10 UCI — 1 Thread.
↑ retour au classement
Junior 8 — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2727 · 206 parties · 52.2 % · err ±14
Cote Ordo2727± 14
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Shredder 10 UCI — 1 Thread2840143/1421.4 %+1/=4/−92614Shredder 6 — 1 Thread2794155.5/1536.7 %+2/=7/−62700ProDeo 2.0 — 1 Thread2787134.5/1334.6 %+3/=3/−72677Deep Junior 7 — 1 Thread2779147/1450.0 %+5/=4/−52779Fritz 8 — 1 Thread2779158/1553.3 %+5/=6/−42802Fritz 7 — 1 Thread2764136/1346.2 %+3/=6/−42737Gambit Tiger 2.0 — 1 Thread271795.5/961.1 %+4/=3/−22795Ruffian 2.1.0 — 1 Thread2695146.5/1446.4 %+5/=3/−62670SOS 5 for Arena — 1 Thread26752212.5/2256.8 %+11/=3/−82723List 512 — 1 Thread26572216.5/2275.0 %+15/=3/−42848Fritz 6 — 1 Thread26562815/2853.6 %+10/=10/−82681Nimzo 8 — 1 Thread261296/966.7 %+5/=2/−22732Fritz 5.32 — 1 Thread260695.5/961.1 %+4/=3/−22685Hiarcs 7.32 — 1 Thread260196/966.7 %+5/=2/−22722
Meilleur : 75 % vs List 512 — 1 Thread · plus dur : 21 % vs Shredder 10 UCI — 1 Thread.
↑ retour au classement
Gambit Tiger 2.0 — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2717 · 121 parties · 51.2 % · err ±18
Cote Ordo2717± 18
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Shredder 10 UCI — 1 Thread2840103.5/1035.0 %+1/=5/−42732ProDeo 2.0 — 1 Thread2787104.5/1045.0 %+4/=1/−52752Deep Junior 7 — 1 Thread2779104/1040.0 %+3/=2/−52709Junior 8 — 1 Thread272793.5/938.9 %+2/=3/−42648Junior 7 — 1 Thread270284/850.0 %+2/=4/−22702Ruffian 2.1.0 — 1 Thread2695156.5/1543.3 %+4/=5/−62648Gandalf 6.01 — 1 Thread2680106/1060.0 %+4/=4/−22750SOS 5 for Arena — 1 Thread2675106/1060.0 %+3/=6/−12745List 512 — 1 Thread2657105/1050.0 %+3/=4/−32657Fritz 6 — 1 Thread26562919/2965.5 %+15/=8/−62767
Meilleur : 66 % vs Fritz 6 — 1 Thread · plus dur : 35 % vs Shredder 10 UCI — 1 Thread.
↑ retour au classement
Hiarcs 8 UCI py — 1 Threadpont py
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2714 · 132 parties · 48.5 % · err ±17
Cote Ordo2714± 17
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
The King 3.50 — 8 Threads290640.5/412.5 %+0/=1/−32568Fruit 2.3.1 — 1 Thread288041/425.0 %+0/=2/−22689Fruit 2.2.1 — 1 Thread287650.5/510.0 %+0/=1/−42494Shredder 10 UCI — 1 Thread284021.5/275.0 %+1/=1/−03031Shredder 9.1 UCI — 1 Thread282573/742.9 %+0/=6/−12775Fritz 9 UCI py — 1 Thread282231.5/350.0 %+1/=1/−12822Shredder 7 UCI py — 1 Thread282221/250.0 %+0/=2/−02822ProDeo 2.0 — 1 Thread278772.5/735.7 %+2/=1/−42685Fritz 7 UCI py — 1 Thread275931.5/350.0 %+1/=1/−12759Chess Tiger 2007 — 1 Thread274661.5/625.0 %+1/=1/−42555Fritz 8 UCI py — 1 Thread274053/560.0 %+2/=2/−12811Gandalf 6.0 — 1 Thread272941.5/437.5 %+1/=1/−22640The King 3.50 — 1 Thread272852.5/550.0 %+1/=3/−12728Shredder 6 UCI py — 1 Thread271210.5/150.0 %+0/=1/−02712Ruffian 1.0.5 — 1 Thread270721/250.0 %+1/=0/−12707THE KING 3.23 — 1 Thread270642.5/462.5 %+2/=1/−12794Fritz 6 UCI py — 1 Thread270531/333.3 %+1/=0/−22584Junior 8 UCI py — 1 Thread270074/757.1 %+3/=2/−22750Ruffian 2.1.0 — 1 Thread269574/757.1 %+2/=4/−12745THE KING 3.33 — 1 Thread269342/450.0 %+1/=2/−12693Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread2689114.5/1140.9 %+3/=3/−52625Gandalf 5.1 — 1 Thread268831.5/350.0 %+1/=1/−12688SOS 5 for Arena — 1 Thread267542.5/462.5 %+2/=1/−12764List 512 — 1 Thread265731.5/350.0 %+0/=3/−02657Junior 7 UCI py — 1 Thread265143/475.0 %+2/=2/−02842Shredder 5.32 UCI py — 1 Thread263521.5/275.0 %+1/=1/−02826Zarkov 6.50 w32 — 1 Thread262432.5/383.3 %+2/=1/−02904Hiarcs 7 UCI py — 1 Thread260642.5/462.5 %+2/=1/−12694Fritz 5.32 UCI py — 1 Thread260230.5/316.7 %+0/=1/−22323Yace Paderborn — 1 Thread258764/666.7 %+3/=2/−12707Nimzo 8 UCI py — 1 Thread257911/1100.0 %+1/=0/−03379Rebel 6.0 — 1 Thread253532.5/383.3 %+2/=1/−02815
Meilleur : 41 % vs Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread · plus dur : 41 % vs Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread.
↑ retour au classement
Shredder 6 UCI py — 1 Threadpont py
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2712 · 102 parties · 51.5 % · err ±20
Cote Ordo2712± 20
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Fruit 2.3.1 — 1 Thread288041/425.0 %+0/=2/−22689Fruit 2.2.1 — 1 Thread287642/450.0 %+1/=2/−12876Shredder 10 UCI — 1 Thread284031/333.3 %+1/=0/−22720Shredder 9.1 UCI — 1 Thread282531/333.3 %+0/=2/−12705Fritz 9 UCI py — 1 Thread282220.5/225.0 %+0/=1/−12631Shredder 7 UCI py — 1 Thread282221/250.0 %+0/=2/−02822ProDeo 2.0 — 1 Thread278730.5/316.7 %+0/=1/−22507Fritz 7 UCI py — 1 Thread275941/425.0 %+0/=2/−22568Chess Tiger 2007 — 1 Thread274632/366.7 %+1/=2/−02866Fritz 8 UCI py — 1 Thread274021/250.0 %+1/=0/−12740Gandalf 6.0 — 1 Thread272941.5/437.5 %+0/=3/−12640The King 3.50 — 1 Thread272842/450.0 %+1/=2/−12728Hiarcs 8 UCI py — 1 Thread271410.5/150.0 %+0/=1/−02714Ruffian 1.0.5 — 1 Thread270740/40.0 %+0/=0/−41907THE KING 3.23 — 1 Thread270631/333.3 %+0/=2/−12585Fritz 6 UCI py — 1 Thread270521/250.0 %+0/=2/−02705Junior 8 UCI py — 1 Thread270032/366.7 %+2/=0/−12820Ruffian 2.1.0 — 1 Thread269532/366.7 %+1/=2/−02815THE KING 3.33 — 1 Thread269332.5/383.3 %+2/=1/−02973Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread2689117/1163.6 %+6/=2/−32786Gandalf 5.1 — 1 Thread268831/333.3 %+0/=2/−12568SOS 5 for Arena — 1 Thread267542/450.0 %+1/=2/−12675Junior 7 UCI py — 1 Thread265131.5/350.0 %+1/=1/−12651Shredder 5.32 UCI py — 1 Thread263531.5/350.0 %+1/=1/−12635Zarkov 6.50 w32 — 1 Thread262421/250.0 %+0/=2/−02624Hiarcs 7 UCI py — 1 Thread260642.5/462.5 %+2/=1/−12694Fritz 5.32 UCI py — 1 Thread260243/475.0 %+2/=2/−02793Yace Paderborn — 1 Thread258744/4100.0 %+4/=0/−03387Nimzo 8 UCI py — 1 Thread257932.5/383.3 %+2/=1/−02858Rebel 6.0 — 1 Thread253543/475.0 %+2/=2/−02726
Meilleur : 64 % vs Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread · plus dur : 64 % vs Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread.
↑ retour au classement
Ruffian 1.0.5 — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2707 · 234 parties · 48.1 % · err ±13
Cote Ordo2707± 13
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
The King 3.50 — 8 Threads290662/633.3 %+0/=4/−22785Fruit 2.3.1 — 1 Thread2880102.5/1025.0 %+0/=5/−52689Fruit 2.2.1 — 1 Thread287672.5/735.7 %+1/=3/−32773Shredder 10 UCI — 1 Thread284093/933.3 %+1/=4/−42720Shredder 9.1 UCI — 1 Thread2825103/1030.0 %+0/=6/−42678Fritz 9 UCI py — 1 Thread282282.5/831.2 %+1/=3/−42685Shredder 7 UCI py — 1 Thread282240.5/412.5 %+0/=1/−32484ProDeo 2.0 — 1 Thread2787104.5/1045.0 %+3/=3/−42752Deep Gandalf 7.0-64 — 2 Threads277220.5/225.0 %+0/=1/−12581Fritz 7 UCI py — 1 Thread275953/560.0 %+2/=2/−12829Chess Tiger 2007 — 1 Thread274694.5/950.0 %+3/=3/−32746Fritz 8 UCI py — 1 Thread274074/757.1 %+2/=4/−12790Gandalf 6.0 — 1 Thread272994/944.4 %+2/=4/−32690The King 3.50 — 1 Thread272894/944.4 %+3/=2/−42689Hiarcs 8 UCI py — 1 Thread271421/250.0 %+1/=0/−12714Shredder 6 UCI py — 1 Thread271244/4100.0 %+4/=0/−03512THE KING 3.23 — 1 Thread270673.5/750.0 %+2/=3/−22706Fritz 6 UCI py — 1 Thread270574.5/764.3 %+3/=3/−12807Junior 8 UCI py — 1 Thread270085.5/868.8 %+4/=3/−12837Ruffian 2.1.0 — 1 Thread2695136/1346.2 %+1/=10/−22668THE KING 3.33 — 1 Thread269394.5/950.0 %+2/=5/−22693Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread2689118/1172.7 %+7/=2/−22859Gandalf 5.1 — 1 Thread268895/955.6 %+3/=4/−22727SOS 5 for Arena — 1 Thread267594/944.4 %+2/=4/−32636List 512 — 1 Thread265720.5/225.0 %+0/=1/−12466Junior 7 UCI py — 1 Thread265172/728.6 %+1/=2/−42492Shredder 5.32 UCI py — 1 Thread263532/366.7 %+1/=2/−02755Zarkov 6.50 w32 — 1 Thread262484.5/856.2 %+3/=3/−22668Hiarcs 7 UCI py — 1 Thread260641.5/437.5 %+0/=3/−12517Fritz 5.32 UCI py — 1 Thread260251.5/530.0 %+0/=3/−22455Yace Paderborn — 1 Thread258795/955.6 %+2/=6/−12626Nimzo 8 UCI py — 1 Thread257943/475.0 %+2/=2/−02769Rebel 6.0 — 1 Thread253586/875.0 %+4/=4/−02726
Meilleur : 73 % vs Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread · plus dur : 25 % vs Fruit 2.3.1 — 1 Thread.
↑ retour au classement
THE KING 3.23 — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2706 · 214 parties · 48.4 % · err ±14
Cote Ordo2706± 14
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
The King 3.50 — 8 Threads290630.5/316.7 %+0/=1/−22626Fruit 2.3.1 — 1 Thread2880104.5/1045.0 %+2/=5/−32845Fruit 2.2.1 — 1 Thread287661.5/625.0 %+0/=3/−32685Shredder 10 UCI — 1 Thread284081/812.5 %+0/=2/−62502Shredder 9.1 UCI — 1 Thread282593.5/938.9 %+2/=3/−42747Fritz 9 UCI py — 1 Thread282270/70.0 %+0/=0/−72022Shredder 7 UCI py — 1 Thread282231.5/350.0 %+0/=3/−02822ProDeo 2.0 — 1 Thread278783.5/843.8 %+2/=3/−32743Deep Gandalf 7.0-64 — 2 Threads277210.5/150.0 %+0/=1/−02772Fritz 7 UCI py — 1 Thread275983/837.5 %+0/=6/−22670Chess Tiger 2007 — 1 Thread274673/742.9 %+1/=4/−22696Fritz 8 UCI py — 1 Thread274062.5/641.7 %+1/=3/−22682Gandalf 6.0 — 1 Thread272981/812.5 %+0/=2/−62391The King 3.50 — 1 Thread272897.5/983.3 %+6/=3/−03007Hiarcs 8 UCI py — 1 Thread271441.5/437.5 %+1/=1/−22625Shredder 6 UCI py — 1 Thread271232/366.7 %+1/=2/−02832Ruffian 1.0.5 — 1 Thread270773.5/750.0 %+2/=3/−22707Fritz 6 UCI py — 1 Thread270564.5/675.0 %+3/=3/−02896Junior 8 UCI py — 1 Thread270063.5/658.3 %+1/=5/−02758Ruffian 2.1.0 — 1 Thread2695128.5/1270.8 %+6/=5/−12849THE KING 3.33 — 1 Thread269372/728.6 %+1/=2/−42534Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread2689116/1154.5 %+4/=4/−32720Gandalf 5.1 — 1 Thread268874/757.1 %+3/=2/−22738SOS 5 for Arena — 1 Thread267583.5/843.8 %+3/=1/−42631List 512 — 1 Thread265721/250.0 %+0/=2/−02657Junior 7 UCI py — 1 Thread265165/683.3 %+4/=2/−02931Shredder 5.32 UCI py — 1 Thread263542.5/462.5 %+1/=3/−02724Zarkov 6.50 w32 — 1 Thread262462/633.3 %+2/=0/−42504Hiarcs 7 UCI py — 1 Thread260642/450.0 %+0/=4/−02606Fritz 5.32 UCI py — 1 Thread260275/771.4 %+4/=2/−12762Yace Paderborn — 1 Thread258776/785.7 %+5/=2/−02898Nimzo 8 UCI py — 1 Thread257941.5/437.5 %+1/=1/−22490Rebel 6.0 — 1 Thread2535106/1060.0 %+4/=4/−22605
Meilleur : 71 % vs Ruffian 2.1.0 — 1 Thread · plus dur : 45 % vs Fruit 2.3.1 — 1 Thread.
↑ retour au classement
Fritz 6 UCI py — 1 Threadpont py
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2705 · 193 parties · 48.4 % · err ±14
Cote Ordo2705± 14
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
The King 3.50 — 8 Threads290631/333.3 %+0/=2/−12785Fruit 2.3.1 — 1 Thread288081.5/818.8 %+1/=1/−62625Fruit 2.2.1 — 1 Thread287671/714.3 %+0/=2/−52564Shredder 10 UCI — 1 Thread284083/837.5 %+2/=2/−42751Shredder 9.1 UCI — 1 Thread282572/728.6 %+1/=2/−42666Fritz 9 UCI py — 1 Thread282282.5/831.2 %+2/=1/−52685Shredder 7 UCI py — 1 Thread282230.5/316.7 %+0/=1/−22543ProDeo 2.0 — 1 Thread278762/633.3 %+2/=0/−42667Fritz 7 UCI py — 1 Thread275963/650.0 %+1/=4/−12759Chess Tiger 2007 — 1 Thread274674.5/764.3 %+3/=3/−12848Fritz 8 UCI py — 1 Thread274073.5/750.0 %+1/=5/−12740Gandalf 6.0 — 1 Thread272964.5/675.0 %+3/=3/−02920The King 3.50 — 1 Thread272852/540.0 %+1/=2/−22657Hiarcs 8 UCI py — 1 Thread271432/366.7 %+2/=0/−12834Shredder 6 UCI py — 1 Thread271221/250.0 %+0/=2/−02712Ruffian 1.0.5 — 1 Thread270772.5/735.7 %+1/=3/−32605THE KING 3.23 — 1 Thread270661.5/625.0 %+0/=3/−32515Junior 8 UCI py — 1 Thread270063.5/658.3 %+1/=5/−02758Ruffian 2.1.0 — 1 Thread2695104/1040.0 %+2/=4/−42625THE KING 3.33 — 1 Thread269363.5/658.3 %+2/=3/−12751Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread2689115/1145.5 %+2/=6/−32657Gandalf 5.1 — 1 Thread268884.5/856.2 %+4/=1/−32732SOS 5 for Arena — 1 Thread267572/728.6 %+1/=2/−42516List 512 — 1 Thread265710/10.0 %+0/=0/−11857Junior 7 UCI py — 1 Thread265175.5/778.6 %+4/=3/−02877Shredder 5.32 UCI py — 1 Thread263533/3100.0 %+3/=0/−03435Zarkov 6.50 w32 — 1 Thread262464/666.7 %+3/=2/−12745Hiarcs 7 UCI py — 1 Thread260642.5/462.5 %+2/=1/−12694Fritz 5.32 UCI py — 1 Thread260264.5/675.0 %+4/=1/−12793Yace Paderborn — 1 Thread258775/771.4 %+4/=2/−12746Nimzo 8 UCI py — 1 Thread257942/450.0 %+1/=2/−12579Rebel 6.0 — 1 Thread253586.5/881.2 %+5/=3/−02790
Meilleur : 45 % vs Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread · plus dur : 40 % vs Ruffian 2.1.0 — 1 Thread.
↑ retour au classement
Junior 7 — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2702 · 189 parties · 56.1 % · err ±14
Cote Ordo2702± 14
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Deep Junior 7 — 1 Thread2779147/1450.0 %+4/=6/−42779Fritz 7 — 1 Thread2764134.5/1334.6 %+3/=3/−72653Hiarcs 8 — 1 Thread2748124.5/1237.5 %+3/=3/−62660Deep Sjeng 1.6 — 8 Threads272795/955.6 %+4/=2/−32766Gambit Tiger 2.0 — 1 Thread271784/850.0 %+2/=4/−22717SOS 5 for Arena — 1 Thread267596/966.7 %+6/=0/−32795List 512 — 1 Thread26571910.5/1955.3 %+7/=7/−52693Fritz 6 — 1 Thread265694/944.4 %+3/=2/−42617Nimzo 8 — 1 Thread26122414/2458.3 %+13/=2/−92670Fritz 5.32 — 1 Thread26062921.5/2974.1 %+19/=5/−52789Hiarcs 7.32 — 1 Thread26012314/2360.9 %+10/=8/−52678Yace Paderborn — 1 Thread25872011/2055.0 %+10/=2/−82622
Meilleur : 74 % vs Fritz 5.32 — 1 Thread · plus dur : 35 % vs Fritz 7 — 1 Thread.
↑ retour au classement
Junior 8 UCI py — 1 Threadpont py
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2700 · 310 parties · 45.8 % · err ±11
Cote Ordo2700± 11
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
The King 3.50 — 8 Threads290620/20.0 %+0/=0/−22106Fruit 2.3.1 — 1 Thread288061/616.7 %+0/=2/−42600Fruit 2.2.1 — 1 Thread287650.5/510.0 %+0/=1/−42494Shredder 10 UCI — 1 Thread28402710/2737.0 %+6/=8/−132748Shredder 9.1 UCI — 1 Thread282564/666.7 %+3/=2/−12946Fritz 9 UCI py — 1 Thread2822238.5/2337.0 %+7/=3/−132730Shredder 7 UCI py — 1 Thread282240.5/412.5 %+0/=1/−32484ProDeo 2.0 — 1 Thread27872611/2642.3 %+8/=6/−122733Deep Gandalf 7.0-64 — 2 Threads2772113/1127.3 %+2/=2/−72601Fritz 7 UCI py — 1 Thread275982.5/831.2 %+2/=1/−52622Chess Tiger 2007 — 1 Thread274672/728.6 %+1/=2/−42587Fritz 8 UCI py — 1 Thread274071.5/721.4 %+0/=3/−42515Gandalf 6.0 — 1 Thread272974/757.1 %+2/=4/−12779The King 3.50 — 1 Thread272872.5/735.7 %+0/=5/−22625Hiarcs 8 UCI py — 1 Thread271473/742.9 %+2/=2/−32664Shredder 6 UCI py — 1 Thread271231/333.3 %+1/=0/−22591Ruffian 1.0.5 — 1 Thread270782.5/831.2 %+1/=3/−42570THE KING 3.23 — 1 Thread270662.5/641.7 %+0/=5/−12647Fritz 6 UCI py — 1 Thread270562.5/641.7 %+0/=5/−12646Ruffian 2.1.0 — 1 Thread26952814.5/2851.8 %+11/=7/−102707THE KING 3.33 — 1 Thread269384.5/856.2 %+4/=1/−32737Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread2689115/1145.5 %+2/=6/−32657Gandalf 5.1 — 1 Thread268864.5/675.0 %+3/=3/−02879SOS 5 for Arena — 1 Thread26752411/2445.8 %+5/=12/−72646List 512 — 1 Thread26571411/1478.6 %+9/=4/−12882Junior 7 UCI py — 1 Thread265175/771.4 %+4/=2/−12811Shredder 5.32 UCI py — 1 Thread263530.5/316.7 %+0/=1/−22355Zarkov 6.50 w32 — 1 Thread262464/666.7 %+4/=0/−22745Hiarcs 7 UCI py — 1 Thread260642.5/462.5 %+2/=1/−12694Fritz 5.32 UCI py — 1 Thread260275/771.4 %+4/=2/−12762Yace Paderborn — 1 Thread258753/560.0 %+2/=2/−12657Nimzo 8 UCI py — 1 Thread257943/475.0 %+3/=0/−12769Rebel 6.0 — 1 Thread253576/785.7 %+5/=2/−02846
Meilleur : 79 % vs List 512 — 1 Thread · plus dur : 27 % vs Deep Gandalf 7.0-64 — 2 Threads.
↑ retour au classement
Ruffian 2.1.0 — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2695 · 551 parties · 44.7 % · err ±8
Cote Ordo2695± 8
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
The King 3.50 — 8 Threads290682.5/831.2 %+2/=1/−52769Fruit 2.3.1 — 1 Thread2880122.5/1220.8 %+1/=3/−82648Fruit 2.2.1 — 1 Thread2876113/1127.3 %+2/=2/−72705Shredder 10 UCI — 1 Thread28404515/4533.3 %+8/=14/−232720Shredder 9.1 UCI — 1 Thread2825123.5/1229.2 %+1/=5/−62671Fritz 9 UCI py — 1 Thread2822256.5/2526.0 %+3/=7/−152641Shredder 7 UCI py — 1 Thread282220/20.0 %+0/=0/−22022Shredder 6 — 1 Thread2794155.5/1536.7 %+3/=5/−72700ProDeo 2.0 — 1 Thread2787257/2528.0 %+4/=6/−152623Deep Junior 7 — 1 Thread2779155.5/1536.7 %+5/=1/−92684Fritz 8 — 1 Thread2779155/1533.3 %+1/=8/−62659Deep Gandalf 7.0-64 — 2 Threads2772122.5/1220.8 %+1/=3/−82540Fritz 7 — 1 Thread2764135/1338.5 %+1/=8/−42682Fritz 7 UCI py — 1 Thread2759106/1060.0 %+4/=4/−22829Chess Tiger 2007 — 1 Thread274693.5/938.9 %+0/=7/−22667Fritz 8 UCI py — 1 Thread2740104.5/1045.0 %+1/=7/−22706Gandalf 6.0 — 1 Thread2729135/1338.5 %+3/=4/−62648Deep Fritz — 1 Thread2728148/1457.1 %+5/=6/−32778The King 3.50 — 1 Thread2728147.5/1453.6 %+5/=5/−42752Junior 8 — 1 Thread2727147.5/1453.6 %+6/=3/−52751Gambit Tiger 2.0 — 1 Thread2717158.5/1556.7 %+6/=5/−42763Hiarcs 8 UCI py — 1 Thread271473/742.9 %+1/=4/−22664Shredder 6 UCI py — 1 Thread271231/333.3 %+0/=2/−12591Ruffian 1.0.5 — 1 Thread2707137/1353.8 %+2/=10/−12734THE KING 3.23 — 1 Thread2706123.5/1229.2 %+1/=5/−62551Fritz 6 UCI py — 1 Thread2705106/1060.0 %+4/=4/−22775Junior 8 UCI py — 1 Thread27002813.5/2848.2 %+10/=7/−112687THE KING 3.33 — 1 Thread2693136/1346.2 %+5/=2/−62666Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread2689113/1127.3 %+2/=2/−72518Gandalf 5.1 — 1 Thread2688116.5/1159.1 %+4/=5/−22752Gandalf 6.01 — 1 Thread2680159.5/1563.3 %+7/=5/−32775SOS 5 for Arena — 1 Thread2675128/1266.7 %+7/=2/−32795List 512 — 1 Thread265774.5/764.3 %+4/=1/−22759Fritz 6 — 1 Thread26563421.5/3463.2 %+14/=15/−52750Junior 7 UCI py — 1 Thread2651117/1163.6 %+5/=4/−22749Shredder 5.32 UCI py — 1 Thread263541/425.0 %+0/=2/−22444Zarkov 6.50 w32 — 1 Thread2624116.5/1159.1 %+5/=3/−32688Hiarcs 7 UCI py — 1 Thread260643/475.0 %+2/=2/−02796Fritz 5.32 UCI py — 1 Thread2602107.5/1075.0 %+6/=3/−12793Yace Paderborn — 1 Thread2587106.5/1065.0 %+5/=3/−22695Nimzo 8 UCI py — 1 Thread257942/450.0 %+1/=2/−12579Rebel 6.0 — 1 Thread2535126/1250.0 %+2/=8/−22535
Meilleur : 75 % vs Fritz 5.32 UCI py — 1 Thread · plus dur : 21 % vs Deep Gandalf 7.0-64 — 2 Threads.
↑ retour au classement
THE KING 3.33 — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2693 · 227 parties · 46.3 % · err ±13
Cote Ordo2693± 13
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
The King 3.50 — 8 Threads290642/450.0 %+0/=4/−02906Fruit 2.3.1 — 1 Thread288091.5/916.7 %+1/=1/−72600Fruit 2.2.1 — 1 Thread287672/728.6 %+1/=2/−42716Shredder 10 UCI — 1 Thread284080.5/86.2 %+0/=1/−72370Shredder 9.1 UCI — 1 Thread282593/933.3 %+2/=2/−52705Fritz 9 UCI py — 1 Thread282273/742.9 %+2/=2/−32772Shredder 7 UCI py — 1 Thread282241/425.0 %+0/=2/−22631ProDeo 2.0 — 1 Thread278792.5/927.8 %+2/=1/−62621Deep Gandalf 7.0-64 — 2 Threads277221.5/275.0 %+1/=1/−02963Fritz 7 UCI py — 1 Thread275960/60.0 %+0/=0/−61959Chess Tiger 2007 — 1 Thread2746104/1040.0 %+1/=6/−32675Fritz 8 UCI py — 1 Thread274062.5/641.7 %+1/=3/−22682Gandalf 6.0 — 1 Thread2729105.5/1055.0 %+3/=5/−22764The King 3.50 — 1 Thread272892.5/927.8 %+2/=1/−62562Hiarcs 8 UCI py — 1 Thread271442/450.0 %+1/=2/−12714Shredder 6 UCI py — 1 Thread271230.5/316.7 %+0/=1/−22432Ruffian 1.0.5 — 1 Thread270794.5/950.0 %+2/=5/−22707THE KING 3.23 — 1 Thread270675/771.4 %+4/=2/−12865Fritz 6 UCI py — 1 Thread270562.5/641.7 %+1/=3/−22646Junior 8 UCI py — 1 Thread270083.5/843.8 %+3/=1/−42656Ruffian 2.1.0 — 1 Thread2695137/1353.8 %+6/=2/−52722Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread2689116/1154.5 %+4/=4/−32720Gandalf 5.1 — 1 Thread268895/955.6 %+4/=2/−32727SOS 5 for Arena — 1 Thread267563.5/658.3 %+2/=3/−12733List 512 — 1 Thread265743/475.0 %+3/=0/−12848Junior 7 UCI py — 1 Thread265163/650.0 %+3/=0/−32651Shredder 5.32 UCI py — 1 Thread263532.5/383.3 %+2/=1/−02914Zarkov 6.50 w32 — 1 Thread262496/966.7 %+5/=2/−22745Hiarcs 7 UCI py — 1 Thread260643.5/487.5 %+3/=1/−02944Fritz 5.32 UCI py — 1 Thread260253/560.0 %+1/=4/−02673Yace Paderborn — 1 Thread258785/862.5 %+3/=4/−12676Nimzo 8 UCI py — 1 Thread257942.5/462.5 %+2/=1/−12667Rebel 6.0 — 1 Thread253585.5/868.8 %+5/=1/−22672
Meilleur : 55 % vs Gandalf 6.0 — 1 Thread · plus dur : 40 % vs Chess Tiger 2007 — 1 Thread.
↑ retour au classement
Fruit 2.1 Mac — 1 Thread
Apple Silicon M1 Max · cote Ordo 2692 · 686 parties · 42.0 % · err ±8
Cote Ordo2692± 8
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Shredder 10 UCI — 1 Thread28405618/5632.1 %+4/=28/−242710Fritz 9 UCI py — 1 Thread28225621.5/5638.4 %+12/=19/−252740ProDeo 2.0 — 1 Thread27875619.5/5634.8 %+9/=21/−262678Chess Tiger 2007 — 1 Thread27465521.5/5539.1 %+10/=23/−222669The King 3.50 — 1 Thread27285325.5/5348.1 %+16/=19/−182714Fruit 2.1 PC — 1 Thread2727410182/41044.4 %+71/=222/−1172688
Meilleur : 48 % vs The King 3.50 — 1 Thread · plus dur : 32 % vs Shredder 10 UCI — 1 Thread.
↑ retour au classement
Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread
ARM9 ARMv5TE 30 MHz — MAME · cote Ordo 2689 · 338 parties · 61.5 % · err ±11
Cote Ordo2689± 11
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Fritz 8 UCI py — 1 Thread2740113.5/1131.8 %+2/=3/−62608Gandalf 6.0 — 1 Thread2729114/1136.4 %+3/=2/−62632The King 3.50 — 1 Thread2728115.5/1150.0 %+3/=5/−32728Fruit 2.1 PC — 1 Thread2727103/1030.0 %+2/=2/−62580Hiarcs 8 UCI py — 1 Thread2714116.5/1159.1 %+5/=3/−32777Shredder 6 UCI py — 1 Thread2712114/1136.4 %+3/=2/−62615Ruffian 1.0.5 — 1 Thread2707113/1127.3 %+2/=2/−72537THE KING 3.23 — 1 Thread2706115/1145.5 %+3/=4/−42674Fritz 6 UCI py — 1 Thread2705116/1154.5 %+3/=6/−22736Junior 8 UCI py — 1 Thread2700116/1154.5 %+3/=6/−22731Ruffian 2.1.0 — 1 Thread2695118/1172.7 %+7/=2/−22865THE KING 3.33 — 1 Thread2693115/1145.5 %+3/=4/−42661Gandalf 5.1 — 1 Thread2688117.5/1168.2 %+6/=3/−22820SOS 5 for Arena — 1 Thread2675118.5/1177.3 %+6/=5/−02888List 512 — 1 Thread2657113.5/1131.8 %+2/=3/−62524Junior 7 UCI py — 1 Thread2651116/1154.5 %+3/=6/−22683Shredder 5.32 UCI py — 1 Thread2635116.5/1159.1 %+5/=3/−32699Zarkov 6.50 w32 — 1 Thread262495/955.6 %+4/=2/−32663WildCat 8 UCI — 1 Thread2616116/1154.5 %+5/=2/−42648Hiarcs 7 UCI py — 1 Thread2606116.5/1159.1 %+6/=1/−42669Fritz 5.32 UCI py — 1 Thread2602115/1145.5 %+4/=2/−52571Yace Paderborn — 1 Thread2587118/1172.7 %+6/=4/−12757Nimzo 8 UCI py — 1 Thread2579117/1163.6 %+5/=4/−22676Stockfish 11 68040 40MHz — 1 Thread253743/475.0 %+2/=2/−02728Rebel 6.0 — 1 Thread2535126/1250.0 %+5/=2/−52535Mephisto Genius 68030 London23631413.5/1496.4 %+13/=1/−02936Stockfish 11 68020 16MHz — 1 Thread235444/4100.0 %+4/=0/−03154Mephisto Berlin Pro 6802023151413.5/1496.4 %+13/=1/−02888Fruit 2.1 ARM 30MHz — 1 Thread230644/4100.0 %+4/=0/−03106Fruit 2.1 68040 40MHz — 1 Thread226644/4100.0 %+4/=0/−03066Mephisto RISC II22271312/1392.3 %+12/=0/−12659Novag Star Diamond (v1.04)222611/1100.0 %+1/=0/−03026Saitek RISC 2500 v1.0422171414/14100.0 %+14/=0/−03017Fruit 2.1 68020 16MHz — 1 Thread205044/4100.0 %+4/=0/−02850
Meilleur : 100 % vs Saitek RISC 2500 v1.04 · plus dur : 27 % vs Ruffian 1.0.5 — 1 Thread.
↑ retour au classement
Gandalf 5.1 — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2688 · 224 parties · 46.2 % · err ±13
Cote Ordo2688± 13
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
The King 3.50 — 8 Threads290650.5/510.0 %+0/=1/−42524Fruit 2.3.1 — 1 Thread288083.5/843.8 %+1/=5/−22836Fruit 2.2.1 — 1 Thread287652/540.0 %+1/=2/−22805Shredder 10 UCI — 1 Thread284082/825.0 %+0/=4/−42649Shredder 9.1 UCI — 1 Thread282592/922.2 %+0/=4/−52608Fritz 9 UCI py — 1 Thread282282/825.0 %+1/=2/−52631Shredder 7 UCI py — 1 Thread282242/450.0 %+1/=2/−12822ProDeo 2.0 — 1 Thread278782.5/831.2 %+1/=3/−42650Deep Gandalf 7.0-64 — 2 Threads277221/250.0 %+1/=0/−12772Fritz 7 UCI py — 1 Thread275963.5/658.3 %+2/=3/−12817Chess Tiger 2007 — 1 Thread274685/862.5 %+4/=2/−22835Fritz 8 UCI py — 1 Thread274063.5/658.3 %+2/=3/−12799Gandalf 6.0 — 1 Thread272984/850.0 %+1/=6/−12729The King 3.50 — 1 Thread272893/933.3 %+0/=6/−32607Hiarcs 8 UCI py — 1 Thread271431.5/350.0 %+1/=1/−12714Shredder 6 UCI py — 1 Thread271232/366.7 %+1/=2/−02832Ruffian 1.0.5 — 1 Thread270794/944.4 %+2/=4/−32669THE KING 3.23 — 1 Thread270673/742.9 %+2/=2/−32656Fritz 6 UCI py — 1 Thread270583.5/843.8 %+3/=1/−42661Junior 8 UCI py — 1 Thread270061.5/625.0 %+0/=3/−32509Ruffian 2.1.0 — 1 Thread2695114.5/1140.9 %+2/=5/−42631THE KING 3.33 — 1 Thread269394/944.4 %+3/=2/−42654Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread2689113.5/1131.8 %+2/=3/−62556SOS 5 for Arena — 1 Thread267594.5/950.0 %+4/=1/−42675List 512 — 1 Thread265730/30.0 %+0/=0/−31857Junior 7 UCI py — 1 Thread265163.5/658.3 %+3/=1/−22710Shredder 5.32 UCI py — 1 Thread263532.5/383.3 %+2/=1/−02914Zarkov 6.50 w32 — 1 Thread262495.5/961.1 %+3/=5/−12703Hiarcs 7 UCI py — 1 Thread260643/475.0 %+2/=2/−02796Fritz 5.32 UCI py — 1 Thread260286/875.0 %+6/=0/−22793Yace Paderborn — 1 Thread258795/955.6 %+3/=4/−22626Nimzo 8 UCI py — 1 Thread257943/475.0 %+2/=2/−02769Rebel 6.0 — 1 Thread253586.5/881.2 %+5/=3/−02790
Meilleur : 41 % vs Ruffian 2.1.0 — 1 Thread · plus dur : 32 % vs Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread.
↑ retour au classement
Gandalf 6.01 — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2680 · 85 parties · 44.1 % · err ±22
Cote Ordo2680± 22
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Shredder 10 UCI — 1 Thread2840104/1040.0 %+2/=4/−42770ProDeo 2.0 — 1 Thread2787104.5/1045.0 %+4/=1/−52752Deep Junior 7 — 1 Thread2779105/1050.0 %+3/=4/−32779Gambit Tiger 2.0 — 1 Thread2717104/1040.0 %+2/=4/−42646Ruffian 2.1.0 — 1 Thread2695155.5/1536.7 %+3/=5/−72600SOS 5 for Arena — 1 Thread2675104/1040.0 %+2/=4/−42605List 512 — 1 Thread2657104.5/1045.0 %+3/=3/−42622Fritz 6 — 1 Thread2656106/1060.0 %+5/=2/−32726
Meilleur : 60 % vs Fritz 6 — 1 Thread · plus dur : 37 % vs Ruffian 2.1.0 — 1 Thread.
↑ retour au classement
SOS 5 for Arena — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2675 · 476 parties · 42.5 % · err ±9
Cote Ordo2675± 9
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
The King 3.50 — 8 Threads290662/633.3 %+0/=4/−22785Fruit 2.3.1 — 1 Thread288072.5/735.7 %+1/=3/−32778Fruit 2.2.1 — 1 Thread287672.5/735.7 %+1/=3/−32773Shredder 10 UCI — 1 Thread2840307.5/3025.0 %+2/=11/−172649Shredder 9.1 UCI — 1 Thread282581.5/818.8 %+0/=3/−52570Fritz 9 UCI py — 1 Thread2822238/2334.8 %+5/=6/−122713Shredder 7 UCI py — 1 Thread282242/450.0 %+1/=2/−12822ProDeo 2.0 — 1 Thread27872210/2245.5 %+7/=6/−92755Deep Junior 7 — 1 Thread2779205.5/2027.5 %+2/=7/−112611Fritz 8 — 1 Thread2779154.5/1530.0 %+3/=3/−92632Deep Gandalf 7.0-64 — 2 Threads2772125/1241.7 %+2/=6/−42713Fritz 7 — 1 Thread2764133/1323.1 %+2/=2/−92554Fritz 7 UCI py — 1 Thread275970.5/77.1 %+0/=1/−62313Hiarcs 8 — 1 Thread2748135/1338.5 %+2/=6/−52667Chess Tiger 2007 — 1 Thread274685/862.5 %+4/=2/−22835Fritz 8 UCI py — 1 Thread274062.5/641.7 %+1/=3/−22682Gandalf 6.0 — 1 Thread272984/850.0 %+2/=4/−22729The King 3.50 — 1 Thread272871.5/721.4 %+0/=3/−42502Deep Sjeng 1.6 — 8 Threads272711/1100.0 %+1/=0/−03527Junior 8 — 1 Thread2727229.5/2243.2 %+8/=3/−112679Gambit Tiger 2.0 — 1 Thread2717104/1040.0 %+1/=6/−32646Hiarcs 8 UCI py — 1 Thread271441.5/437.5 %+1/=1/−22625Shredder 6 UCI py — 1 Thread271242/450.0 %+1/=2/−12712Ruffian 1.0.5 — 1 Thread270795/955.6 %+3/=4/−22746THE KING 3.23 — 1 Thread270684.5/856.2 %+4/=1/−32749Fritz 6 UCI py — 1 Thread270575/771.4 %+4/=2/−12864Junior 7 — 1 Thread270293/933.3 %+3/=0/−62581Junior 8 UCI py — 1 Thread27002413/2454.2 %+7/=12/−52729Ruffian 2.1.0 — 1 Thread2695124/1233.3 %+3/=2/−72575THE KING 3.33 — 1 Thread269362.5/641.7 %+1/=3/−22635Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread2689112.5/1122.7 %+0/=5/−62476Gandalf 5.1 — 1 Thread268894.5/950.0 %+4/=1/−42688Gandalf 6.01 — 1 Thread2680106/1060.0 %+4/=4/−22750List 512 — 1 Thread26572213/2259.1 %+9/=8/−52721Fritz 6 — 1 Thread26563922/3956.4 %+12/=20/−72700Junior 7 UCI py — 1 Thread265182.5/831.2 %+2/=1/−52514Shredder 5.32 UCI py — 1 Thread263541.5/437.5 %+1/=1/−22546Zarkov 6.50 w32 — 1 Thread2624105/1050.0 %+3/=4/−32624Hiarcs 7 UCI py — 1 Thread260642/450.0 %+1/=2/−12606Fritz 5.32 UCI py — 1 Thread260274/757.1 %+3/=2/−22652Yace Paderborn — 1 Thread258795/955.6 %+2/=6/−12626Nimzo 8 UCI py — 1 Thread257943/475.0 %+2/=2/−02769Rebel 6.0 — 1 Thread253574/757.1 %+3/=2/−22585
Meilleur : 60 % vs Gandalf 6.01 — 1 Thread · plus dur : 23 % vs Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread.
↑ retour au classement
List 512 — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2657 · 339 parties · 42.9 % · err ±11
Cote Ordo2657± 11
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
The King 3.50 — 8 Threads290640.5/412.5 %+0/=1/−32568Fruit 2.3.1 — 1 Thread288020.5/225.0 %+0/=1/−12689Shredder 10 UCI — 1 Thread284021.5/275.0 %+1/=1/−03031Shredder 9.1 UCI — 1 Thread282541.5/437.5 %+1/=1/−22736Fritz 9 UCI py — 1 Thread2822195.5/1928.9 %+3/=5/−112666ProDeo 2.0 — 1 Thread2787176/1735.3 %+4/=4/−92682Deep Junior 7 — 1 Thread2779145/1435.7 %+3/=4/−72677Fritz 8 — 1 Thread2779156/1540.0 %+4/=4/−72709Deep Gandalf 7.0-64 — 2 Threads277220.5/225.0 %+0/=1/−12581Fritz 7 — 1 Thread2764135/1338.5 %+4/=2/−72682Fritz 7 UCI py — 1 Thread275921/250.0 %+1/=0/−12759Hiarcs 8 — 1 Thread2748124/1233.3 %+2/=4/−62628Chess Tiger 2007 — 1 Thread274642/450.0 %+1/=2/−12746Fritz 8 UCI py — 1 Thread274031.5/350.0 %+1/=1/−12740Gandalf 6.0 — 1 Thread272931/333.3 %+1/=0/−22609The King 3.50 — 1 Thread272830.5/316.7 %+0/=1/−22448Deep Sjeng 1.6 — 8 Threads272793.5/938.9 %+2/=3/−42649Junior 8 — 1 Thread2727225.5/2225.0 %+4/=3/−152536Gambit Tiger 2.0 — 1 Thread2717105/1050.0 %+3/=4/−32717Hiarcs 8 UCI py — 1 Thread271431.5/350.0 %+0/=3/−02714Ruffian 1.0.5 — 1 Thread270721.5/275.0 %+1/=1/−02898THE KING 3.23 — 1 Thread270621/250.0 %+0/=2/−02706Fritz 6 UCI py — 1 Thread270511/1100.0 %+1/=0/−03505Junior 7 — 1 Thread2702198.5/1944.7 %+5/=7/−72665Junior 8 UCI py — 1 Thread2700143/1421.4 %+1/=4/−92474Ruffian 2.1.0 — 1 Thread269572.5/735.7 %+2/=1/−42593THE KING 3.33 — 1 Thread269341/425.0 %+1/=0/−32502Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread2689117.5/1168.2 %+6/=3/−22821Gandalf 5.1 — 1 Thread268833/3100.0 %+3/=0/−03488Gandalf 6.01 — 1 Thread2680105.5/1055.0 %+4/=3/−32715SOS 5 for Arena — 1 Thread2675229/2240.9 %+5/=8/−92611Fritz 6 — 1 Thread26562912.5/2943.1 %+7/=11/−112607Zarkov 6.50 w32 — 1 Thread262442/450.0 %+1/=2/−12624Nimzo 8 — 1 Thread2612107/1070.0 %+6/=2/−22759Fritz 5.32 — 1 Thread2606106.5/1065.0 %+4/=5/−12714Fritz 5.32 UCI py — 1 Thread260242/450.0 %+0/=4/−02602Hiarcs 7.32 — 1 Thread2601106.5/1065.0 %+5/=3/−22709Yace Paderborn — 1 Thread2587126.5/1254.2 %+3/=7/−22616Rebel 6.0 — 1 Thread253521.5/275.0 %+1/=1/−02726
Meilleur : 70 % vs Nimzo 8 — 1 Thread · plus dur : 21 % vs Junior 8 UCI py — 1 Thread.
↑ retour au classement
Fritz 6 — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2656 · 368 parties · 48.4 % · err ±10
Cote Ordo2656± 10
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
ProDeo 2.0 — 1 Thread2787135/1338.5 %+4/=2/−72705Deep Junior 7 — 1 Thread2779143.5/1425.0 %+2/=3/−92588Hiarcs 8 — 1 Thread2748133.5/1326.9 %+1/=5/−72575Deep Sjeng 1.6 — 8 Threads272793/933.3 %+1/=4/−42607Junior 8 — 1 Thread27272813/2846.4 %+8/=10/−102702Gambit Tiger 2.0 — 1 Thread27172910/2934.5 %+6/=8/−152605Junior 7 — 1 Thread270295/955.6 %+4/=2/−32741Ruffian 2.1.0 — 1 Thread26953412.5/3436.8 %+5/=15/−142601Gandalf 6.01 — 1 Thread2680104/1040.0 %+3/=2/−52609SOS 5 for Arena — 1 Thread26753917/3943.6 %+7/=20/−122630List 512 — 1 Thread26572916.5/2956.9 %+11/=11/−72705Nimzo 8 — 1 Thread26123422.5/3466.2 %+15/=15/−42728Fritz 5.32 — 1 Thread26065330.5/5357.5 %+17/=27/−92659Hiarcs 7.32 — 1 Thread26013318/3354.5 %+13/=10/−102633Yace Paderborn — 1 Thread25872114/2166.7 %+12/=4/−52707
Meilleur : 67 % vs Yace Paderborn — 1 Thread · plus dur : 25 % vs Deep Junior 7 — 1 Thread.
↑ retour au classement
Junior 7 UCI py — 1 Threadpont py
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2651 · 200 parties · 41.0 % · err ±14
Cote Ordo2651± 14
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
The King 3.50 — 8 Threads290630.5/316.7 %+0/=1/−22626Fruit 2.3.1 — 1 Thread288063/650.0 %+3/=0/−32880Fruit 2.2.1 — 1 Thread287681/812.5 %+1/=0/−72537Shredder 10 UCI — 1 Thread284060.5/68.3 %+0/=1/−52423Shredder 9.1 UCI — 1 Thread282585.5/868.8 %+4/=3/−12962Fritz 9 UCI py — 1 Thread282282.5/831.2 %+1/=3/−42685Shredder 7 UCI py — 1 Thread282242/450.0 %+0/=4/−02822ProDeo 2.0 — 1 Thread278750/50.0 %+0/=0/−51987Fritz 7 UCI py — 1 Thread275971.5/721.4 %+1/=1/−52533Chess Tiger 2007 — 1 Thread274682.5/831.2 %+1/=3/−42609Fritz 8 UCI py — 1 Thread274073.5/750.0 %+1/=5/−12740Gandalf 6.0 — 1 Thread272973.5/750.0 %+1/=5/−12729The King 3.50 — 1 Thread272882/825.0 %+2/=0/−62537Hiarcs 8 UCI py — 1 Thread271441/425.0 %+0/=2/−22523Shredder 6 UCI py — 1 Thread271231.5/350.0 %+1/=1/−12712Ruffian 1.0.5 — 1 Thread270775/771.4 %+4/=2/−12867THE KING 3.23 — 1 Thread270661/616.7 %+0/=2/−42426Fritz 6 UCI py — 1 Thread270571.5/721.4 %+0/=3/−42479Junior 8 UCI py — 1 Thread270072/728.6 %+1/=2/−42541Ruffian 2.1.0 — 1 Thread2695114/1136.4 %+2/=4/−52598THE KING 3.33 — 1 Thread269363/650.0 %+3/=0/−32693Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread2689115/1145.5 %+2/=6/−32657Gandalf 5.1 — 1 Thread268862.5/641.7 %+2/=1/−32630SOS 5 for Arena — 1 Thread267585.5/868.8 %+5/=1/−22812Shredder 5.32 UCI py — 1 Thread263531.5/350.0 %+1/=1/−12635Zarkov 6.50 w32 — 1 Thread262475.5/778.6 %+5/=1/−12850Hiarcs 7 UCI py — 1 Thread260643/475.0 %+3/=0/−12796Fritz 5.32 UCI py — 1 Thread260275/771.4 %+4/=2/−12762Yace Paderborn — 1 Thread258772.5/735.7 %+2/=1/−42485Nimzo 8 UCI py — 1 Thread257942.5/462.5 %+2/=1/−12667Rebel 6.0 — 1 Thread253572/728.6 %+2/=0/−52376
Meilleur : 45 % vs Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread · plus dur : 36 % vs Ruffian 2.1.0 — 1 Thread.
↑ retour au classement
Shredder 5.32 UCI py — 1 Threadpont py
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2635 · 116 parties · 42.7 % · err ±18
Cote Ordo2635± 18
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Fruit 2.3.1 — 1 Thread288040/40.0 %+0/=0/−42080Fruit 2.2.1 — 1 Thread287641.5/437.5 %+0/=3/−12787Shredder 10 UCI — 1 Thread284030/30.0 %+0/=0/−32040Shredder 9.1 UCI — 1 Thread282521/250.0 %+0/=2/−02825Fritz 9 UCI py — 1 Thread282230/30.0 %+0/=0/−32022Shredder 7 UCI py — 1 Thread282241/425.0 %+0/=2/−22631ProDeo 2.0 — 1 Thread278741.5/437.5 %+1/=1/−22698Fritz 7 UCI py — 1 Thread275931.5/350.0 %+1/=1/−12759Chess Tiger 2007 — 1 Thread274631.5/350.0 %+1/=1/−12746Fritz 8 UCI py — 1 Thread274020/20.0 %+0/=0/−21940Gandalf 6.0 — 1 Thread272931/333.3 %+1/=0/−22609The King 3.50 — 1 Thread272831/333.3 %+0/=2/−12607Hiarcs 8 UCI py — 1 Thread271420.5/225.0 %+0/=1/−12523Shredder 6 UCI py — 1 Thread271231.5/350.0 %+1/=1/−12712Ruffian 1.0.5 — 1 Thread270731/333.3 %+0/=2/−12587THE KING 3.23 — 1 Thread270641.5/437.5 %+0/=3/−12617Fritz 6 UCI py — 1 Thread270530/30.0 %+0/=0/−31905Junior 8 UCI py — 1 Thread270032.5/383.3 %+2/=1/−02979Ruffian 2.1.0 — 1 Thread269543/475.0 %+2/=2/−02886THE KING 3.33 — 1 Thread269330.5/316.7 %+0/=1/−22413Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread2689114.5/1140.9 %+3/=3/−52625Gandalf 5.1 — 1 Thread268830.5/316.7 %+0/=1/−22408SOS 5 for Arena — 1 Thread267542.5/462.5 %+2/=1/−12764Junior 7 UCI py — 1 Thread265131.5/350.0 %+1/=1/−12651Zarkov 6.50 w32 — 1 Thread262443.5/487.5 %+3/=1/−02962Hiarcs 7 UCI py — 1 Thread260642/450.0 %+1/=2/−12606Fritz 5.32 UCI py — 1 Thread260231.5/350.0 %+1/=1/−12602Yace Paderborn — 1 Thread258741.5/437.5 %+0/=3/−12498Nimzo 8 UCI py — 1 Thread257931/333.3 %+1/=0/−22458Stockfish 11 68040 40MHz — 1 Thread2537108.5/1085.0 %+8/=1/−12839Rebel 6.0 — 1 Thread253542/450.0 %+1/=2/−12535
Meilleur : 85 % vs Stockfish 11 68040 40MHz — 1 Thread · plus dur : 41 % vs Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread.
↑ retour au classement
Zarkov 6.50 w32 — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2624 · 225 parties · 37.3 % · err ±13
Cote Ordo2624± 13
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
The King 3.50 — 8 Threads290651.5/530.0 %+1/=1/−32759Fruit 2.3.1 — 1 Thread288090/90.0 %+0/=0/−92080Fruit 2.2.1 — 1 Thread287681.5/818.8 %+0/=3/−52621Shredder 10 UCI — 1 Thread284091.5/916.7 %+0/=3/−62560Shredder 9.1 UCI — 1 Thread282581.5/818.8 %+0/=3/−52570Fritz 9 UCI py — 1 Thread282260/60.0 %+0/=0/−62022Shredder 7 UCI py — 1 Thread282240.5/412.5 %+0/=1/−32484ProDeo 2.0 — 1 Thread2787103.5/1035.0 %+1/=5/−42679Deep Gandalf 7.0-64 — 2 Threads277221/250.0 %+0/=2/−02772Fritz 7 UCI py — 1 Thread275962.5/641.7 %+1/=3/−22700Chess Tiger 2007 — 1 Thread274694/944.4 %+1/=6/−22707Fritz 8 UCI py — 1 Thread274051/520.0 %+1/=0/−42500Gandalf 6.0 — 1 Thread272994.5/950.0 %+4/=1/−42729The King 3.50 — 1 Thread272893/933.3 %+2/=2/−52607Hiarcs 8 UCI py — 1 Thread271430.5/316.7 %+0/=1/−22434Shredder 6 UCI py — 1 Thread271221/250.0 %+0/=2/−02712Ruffian 1.0.5 — 1 Thread270783.5/843.8 %+2/=3/−32664THE KING 3.23 — 1 Thread270664/666.7 %+4/=0/−22826Fritz 6 UCI py — 1 Thread270562/633.3 %+1/=2/−32584Junior 8 UCI py — 1 Thread270062/633.3 %+2/=0/−42579Ruffian 2.1.0 — 1 Thread2695114.5/1140.9 %+3/=3/−52631THE KING 3.33 — 1 Thread269393/933.3 %+2/=2/−52573Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread268994/944.4 %+3/=2/−42650Gandalf 5.1 — 1 Thread268893.5/938.9 %+1/=5/−32609SOS 5 for Arena — 1 Thread2675105/1050.0 %+3/=4/−32675List 512 — 1 Thread265742/450.0 %+1/=2/−12657Junior 7 UCI py — 1 Thread265171.5/721.4 %+1/=1/−52426Shredder 5.32 UCI py — 1 Thread263540.5/412.5 %+0/=1/−32297Hiarcs 7 UCI py — 1 Thread260642.5/462.5 %+2/=1/−12694Fritz 5.32 UCI py — 1 Thread260251/520.0 %+1/=0/−42362Yace Paderborn — 1 Thread258775/771.4 %+3/=4/−02746Nimzo 8 UCI py — 1 Thread257943.5/487.5 %+3/=1/−02917Stockfish 11 68040 40MHz — 1 Thread253733/3100.0 %+3/=0/−03337Rebel 6.0 — 1 Thread253596/966.7 %+4/=4/−12655
Meilleur : 50 % vs SOS 5 for Arena — 1 Thread · plus dur : 35 % vs ProDeo 2.0 — 1 Thread.
↑ retour au classement
WildCat 8 UCI — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2616 · 157 parties · 23.6 % · err ±14
Cote Ordo2616± 14
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Strelka 5.5 x64 — 1 Thread328680/80.0 %+0/=0/−82486Komodo64 3 — 1 Thread317180/80.0 %+0/=0/−82371Andscacs 0.72 — 1 Thread309770/70.0 %+0/=0/−72297Daydreamer 2.0.0 — 1 Thread304280.5/86.2 %+0/=1/−72572Gull 1.2 x64 — 1 Thread298780/80.0 %+0/=0/−82187DiscoCheck 5.2.1 — 1 Thread295881.5/818.8 %+1/=1/−62704Rybka 1.0 Beta — 1 Thread293080.5/86.2 %+0/=1/−72459Spike 1.2 Turin — 1 Thread291281/812.5 %+0/=2/−62574Gambit Fruit 1.0 Beta 4bx — 1 Thread288581/812.5 %+0/=2/−62547HIARCS 11.1 UCI — 1 Thread288080.5/86.2 %+0/=1/−72410Fruit 2.3.1 — 1 Thread288081.5/818.8 %+1/=1/−62625Toga II 3.1.2SE JA — 1 Thread287581.5/818.8 %+0/=3/−52620Murka 3 x64 UCI — 1 Thread287381.5/818.8 %+0/=3/−52619Twisted Logic 20100815 — 1 Thread287381/812.5 %+0/=2/−62535ProDeo 3.1 — 1 Thread286081.5/818.8 %+0/=3/−52605Shredder 10 UCI — 1 Thread284040.5/412.5 %+0/=1/−32502The King 3.50 — 1 Thread272832/366.7 %+2/=0/−12848Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread2689115/1145.5 %+4/=2/−52657Stockfish 11 68040 40MHz — 1 Thread2537108/1080.0 %+6/=4/−02778Stockfish 11 68020 16MHz — 1 Thread2354109.5/1095.0 %+9/=1/−02866
Meilleur : 95 % vs Stockfish 11 68020 16MHz — 1 Thread · plus dur : 45 % vs Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread.
↑ retour au classement
Nimzo 8 — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2612 · 171 parties · 40.6 % · err ±15
Cote Ordo2612± 15
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Fritz 8 — 1 Thread2779153/1520.0 %+0/=6/−92538Fritz 7 — 1 Thread2764137/1353.8 %+4/=6/−32790Hiarcs 8 — 1 Thread2748125/1241.7 %+3/=4/−52690Deep Sjeng 1.6 — 8 Threads272792/922.2 %+1/=2/−62509Junior 8 — 1 Thread272793/933.3 %+2/=2/−52606Junior 7 — 1 Thread27022410/2441.7 %+9/=2/−132643List 512 — 1 Thread2657103/1030.0 %+2/=2/−62510Fritz 6 — 1 Thread26563411.5/3433.8 %+4/=15/−152539Fritz 5.32 — 1 Thread2606156/1540.0 %+3/=6/−62536Hiarcs 7.32 — 1 Thread2601158.5/1556.7 %+6/=5/−42648Yace Paderborn — 1 Thread25871510.5/1570.0 %+9/=3/−32734
Meilleur : 70 % vs Yace Paderborn — 1 Thread · plus dur : 20 % vs Fritz 8 — 1 Thread.
↑ retour au classement
Fritz 5.32 — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2606 · 195 parties · 46.2 % · err ±14
Cote Ordo2606± 14
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Deep Sjeng 1.6 — 8 Threads2727101.5/1015.0 %+1/=1/−82426Junior 8 — 1 Thread272793.5/938.9 %+2/=3/−42648Junior 7 — 1 Thread2702297.5/2925.9 %+5/=5/−192519List 512 — 1 Thread2657103.5/1035.0 %+1/=5/−42549Fritz 6 — 1 Thread26565322.5/5342.5 %+9/=27/−172603Nimzo 8 — 1 Thread2612159/1560.0 %+6/=6/−32682Hiarcs 7.32 — 1 Thread2601147/1450.0 %+4/=6/−42601Yace Paderborn — 1 Thread25872111.5/2154.8 %+9/=5/−72620Rebel 6.0 — 1 Thread25353424/3470.6 %+20/=8/−62687
Meilleur : 71 % vs Rebel 6.0 — 1 Thread · plus dur : 15 % vs Deep Sjeng 1.6 — 8 Threads.
↑ retour au classement
Hiarcs 7 UCI py — 1 Threadpont py
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2606 · 137 parties · 37.6 % · err ±17
Cote Ordo2606± 17
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Fruit 2.3.1 — 1 Thread288041/425.0 %+1/=0/−32689Fruit 2.2.1 — 1 Thread287640.5/412.5 %+0/=1/−32537Shredder 10 UCI — 1 Thread284041/425.0 %+0/=2/−22649Shredder 9.1 UCI — 1 Thread282540.5/412.5 %+0/=1/−32487Fritz 9 UCI py — 1 Thread282241.5/437.5 %+1/=1/−22734Shredder 7 UCI py — 1 Thread282240.5/412.5 %+0/=1/−32484ProDeo 2.0 — 1 Thread278740.5/412.5 %+0/=1/−32449Fritz 7 UCI py — 1 Thread275941/425.0 %+0/=2/−22568Chess Tiger 2007 — 1 Thread274641.5/437.5 %+0/=3/−12657Fritz 8 UCI py — 1 Thread274040.5/412.5 %+0/=1/−32402Gandalf 6.0 — 1 Thread272941/425.0 %+1/=0/−32538The King 3.50 — 1 Thread272841/425.0 %+1/=0/−32537Hiarcs 8 UCI py — 1 Thread271441.5/437.5 %+1/=1/−22625Shredder 6 UCI py — 1 Thread271241.5/437.5 %+1/=1/−22623Ruffian 1.0.5 — 1 Thread270742.5/462.5 %+1/=3/−02796THE KING 3.23 — 1 Thread270642/450.0 %+0/=4/−02706Fritz 6 UCI py — 1 Thread270541.5/437.5 %+1/=1/−22616Junior 8 UCI py — 1 Thread270041.5/437.5 %+1/=1/−22611Ruffian 2.1.0 — 1 Thread269541/425.0 %+0/=2/−22504THE KING 3.33 — 1 Thread269340.5/412.5 %+0/=1/−32355Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread2689114.5/1140.9 %+4/=1/−62625Gandalf 5.1 — 1 Thread268841/425.0 %+0/=2/−22497SOS 5 for Arena — 1 Thread267542/450.0 %+1/=2/−12675Junior 7 UCI py — 1 Thread265141/425.0 %+1/=0/−32461Shredder 5.32 UCI py — 1 Thread263542/450.0 %+1/=2/−12635Zarkov 6.50 w32 — 1 Thread262441.5/437.5 %+1/=1/−22535Fritz 5.32 UCI py — 1 Thread260241.5/437.5 %+0/=3/−12514Yace Paderborn — 1 Thread258741.5/437.5 %+0/=3/−12498Nimzo 8 UCI py — 1 Thread257942.5/462.5 %+2/=1/−12667Stockfish 11 68040 40MHz — 1 Thread2537108.5/1085.0 %+7/=3/−02839Rebel 6.0 — 1 Thread253543/475.0 %+3/=0/−12726
Meilleur : 85 % vs Stockfish 11 68040 40MHz — 1 Thread · plus dur : 41 % vs Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread.
↑ retour au classement
Fritz 5.32 UCI py — 1 Threadpont py
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2602 · 205 parties · 35.9 % · err ±13
Cote Ordo2602± 13
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
The King 3.50 — 8 Threads290620/20.0 %+0/=0/−22106Fruit 2.3.1 — 1 Thread288072.5/735.7 %+1/=3/−32778Fruit 2.2.1 — 1 Thread287670/70.0 %+0/=0/−72076Shredder 10 UCI — 1 Thread284080.5/86.2 %+0/=1/−72370Shredder 9.1 UCI — 1 Thread282561/616.7 %+1/=0/−52546Fritz 9 UCI py — 1 Thread282271/714.3 %+0/=2/−52511Shredder 7 UCI py — 1 Thread282241/425.0 %+0/=2/−22631ProDeo 2.0 — 1 Thread278772/728.6 %+0/=4/−32628Fritz 7 UCI py — 1 Thread275974/757.1 %+2/=4/−12809Chess Tiger 2007 — 1 Thread274661/616.7 %+0/=2/−42466Fritz 8 UCI py — 1 Thread274073.5/750.0 %+3/=1/−32740Gandalf 6.0 — 1 Thread272960.5/68.3 %+0/=1/−52313The King 3.50 — 1 Thread272881.5/818.8 %+1/=1/−62473Hiarcs 8 UCI py — 1 Thread271432.5/383.3 %+2/=1/−02993Shredder 6 UCI py — 1 Thread271241/425.0 %+0/=2/−22521Ruffian 1.0.5 — 1 Thread270753.5/570.0 %+2/=3/−02855THE KING 3.23 — 1 Thread270672/728.6 %+1/=2/−42546Fritz 6 UCI py — 1 Thread270561.5/625.0 %+1/=1/−42514Junior 8 UCI py — 1 Thread270072/728.6 %+1/=2/−42541Ruffian 2.1.0 — 1 Thread2695102.5/1025.0 %+1/=3/−62504THE KING 3.33 — 1 Thread269352/540.0 %+0/=4/−12623Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread2689116/1154.5 %+5/=2/−42720Gandalf 5.1 — 1 Thread268882/825.0 %+2/=0/−62497SOS 5 for Arena — 1 Thread267573/742.9 %+2/=2/−32625List 512 — 1 Thread265742/450.0 %+0/=4/−02657Junior 7 UCI py — 1 Thread265172/728.6 %+1/=2/−42492Shredder 5.32 UCI py — 1 Thread263531.5/350.0 %+1/=1/−12635Zarkov 6.50 w32 — 1 Thread262454/580.0 %+4/=0/−12865Hiarcs 7 UCI py — 1 Thread260642.5/462.5 %+1/=3/−02694Yace Paderborn — 1 Thread258771.5/721.4 %+1/=1/−52361Nimzo 8 UCI py — 1 Thread257941/425.0 %+0/=2/−22388Stockfish 11 68040 40MHz — 1 Thread2537109/1090.0 %+8/=2/−02919Rebel 6.0 — 1 Thread253563.5/658.3 %+2/=3/−12593
Meilleur : 90 % vs Stockfish 11 68040 40MHz — 1 Thread · plus dur : 25 % vs Ruffian 2.1.0 — 1 Thread.
↑ retour au classement
Hiarcs 7.32 — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2601 · 126 parties · 42.5 % · err ±18
Cote Ordo2601± 18
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Deep Sjeng 1.6 — 8 Threads272792/922.2 %+2/=0/−72509Junior 8 — 1 Thread272793/933.3 %+2/=2/−52606Junior 7 — 1 Thread2702239/2339.1 %+5/=8/−102625List 512 — 1 Thread2657103.5/1035.0 %+2/=3/−52549Fritz 6 — 1 Thread26563315/3345.5 %+10/=10/−132624Nimzo 8 — 1 Thread2612156.5/1543.3 %+4/=5/−62565Fritz 5.32 — 1 Thread2606147/1450.0 %+4/=6/−42606Yace Paderborn — 1 Thread2587137.5/1357.7 %+4/=7/−22641
Meilleur : 58 % vs Yace Paderborn — 1 Thread · plus dur : 35 % vs List 512 — 1 Thread.
↑ retour au classement
Yace Paderborn — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2587 · 351 parties · 36.6 % · err ±10
Cote Ordo2587± 10
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
The King 3.50 — 8 Threads290660.5/68.3 %+0/=1/−52489Fruit 2.3.1 — 1 Thread288090/90.0 %+0/=0/−92080Fruit 2.2.1 — 1 Thread287682.5/831.2 %+1/=3/−42739Shredder 10 UCI — 1 Thread284082.5/831.2 %+2/=1/−52703Shredder 9.1 UCI — 1 Thread282581/812.5 %+0/=2/−62487Fritz 9 UCI py — 1 Thread282270.5/77.1 %+0/=1/−62377Shredder 7 UCI py — 1 Thread282230.5/316.7 %+0/=1/−22543ProDeo 2.0 — 1 Thread278781.5/818.8 %+0/=3/−52532Deep Gandalf 7.0-64 — 2 Threads277220/20.0 %+0/=0/−21972Fritz 7 UCI py — 1 Thread275982/825.0 %+1/=2/−52568Chess Tiger 2007 — 1 Thread274682.5/831.2 %+1/=3/−42609Fritz 8 UCI py — 1 Thread274083.5/843.8 %+1/=5/−22697Gandalf 6.0 — 1 Thread2729102/1020.0 %+1/=2/−72488The King 3.50 — 1 Thread272893.5/938.9 %+1/=5/−32649Deep Sjeng 1.6 — 8 Threads2727103.5/1035.0 %+3/=1/−62620Hiarcs 8 UCI py — 1 Thread271462/633.3 %+1/=2/−32593Shredder 6 UCI py — 1 Thread271240/40.0 %+0/=0/−41912Ruffian 1.0.5 — 1 Thread270794/944.4 %+1/=6/−22669THE KING 3.23 — 1 Thread270671/714.3 %+0/=2/−52394Fritz 6 UCI py — 1 Thread270572/728.6 %+1/=2/−42546Junior 7 — 1 Thread2702209/2045.0 %+8/=2/−102667Junior 8 UCI py — 1 Thread270052/540.0 %+1/=2/−22629Ruffian 2.1.0 — 1 Thread2695103.5/1035.0 %+2/=3/−52587THE KING 3.33 — 1 Thread269383/837.5 %+1/=4/−32604Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread2689113/1127.3 %+1/=4/−62518Gandalf 5.1 — 1 Thread268894/944.4 %+2/=4/−32649SOS 5 for Arena — 1 Thread267594/944.4 %+1/=6/−22636List 512 — 1 Thread2657125.5/1245.8 %+2/=7/−32628Fritz 6 — 1 Thread2656217/2133.3 %+5/=4/−122535Junior 7 UCI py — 1 Thread265174.5/764.3 %+4/=1/−22754Shredder 5.32 UCI py — 1 Thread263542.5/462.5 %+1/=3/−02724Zarkov 6.50 w32 — 1 Thread262472/728.6 %+0/=4/−32465Nimzo 8 — 1 Thread2612154.5/1530.0 %+3/=3/−92465Fritz 5.32 — 1 Thread2606219.5/2145.2 %+7/=5/−92573Hiarcs 7 UCI py — 1 Thread260642.5/462.5 %+1/=3/−02694Fritz 5.32 UCI py — 1 Thread260275.5/778.6 %+5/=1/−12828Hiarcs 7.32 — 1 Thread2601135.5/1342.3 %+2/=7/−42547Nimzo 8 UCI py — 1 Thread257942/450.0 %+1/=2/−12579Stockfish 11 68040 40MHz — 1 Thread2537108/1080.0 %+8/=0/−22778Rebel 6.0 — 1 Thread253596/966.7 %+5/=2/−22655
Meilleur : 80 % vs Stockfish 11 68040 40MHz — 1 Thread · plus dur : 20 % vs Gandalf 6.0 — 1 Thread.
↑ retour au classement
Nimzo 8 UCI py — 1 Threadpont py
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2579 · 132 parties · 34.1 % · err ±17
Cote Ordo2579± 17
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Fruit 2.3.1 — 1 Thread288040/40.0 %+0/=0/−42080Fruit 2.2.1 — 1 Thread287641.5/437.5 %+1/=1/−22787Shredder 10 UCI — 1 Thread284040/40.0 %+0/=0/−42040Shredder 9.1 UCI — 1 Thread282540.5/412.5 %+0/=1/−32487Fritz 9 UCI py — 1 Thread282240.5/412.5 %+0/=1/−32484Shredder 7 UCI py — 1 Thread282241.5/437.5 %+1/=1/−22733ProDeo 2.0 — 1 Thread278740.5/412.5 %+0/=1/−32449Fritz 7 UCI py — 1 Thread275941.5/437.5 %+1/=1/−22670Chess Tiger 2007 — 1 Thread274642/450.0 %+2/=0/−22746Fritz 8 UCI py — 1 Thread274041.5/437.5 %+1/=1/−22652Gandalf 6.0 — 1 Thread272941/425.0 %+1/=0/−32538The King 3.50 — 1 Thread272840/40.0 %+0/=0/−41928Hiarcs 8 UCI py — 1 Thread271410/10.0 %+0/=0/−11914Shredder 6 UCI py — 1 Thread271230.5/316.7 %+0/=1/−22432Ruffian 1.0.5 — 1 Thread270741/425.0 %+0/=2/−22517THE KING 3.23 — 1 Thread270642.5/462.5 %+2/=1/−12794Fritz 6 UCI py — 1 Thread270542/450.0 %+1/=2/−12705Junior 8 UCI py — 1 Thread270041/425.0 %+1/=0/−32509Ruffian 2.1.0 — 1 Thread269542/450.0 %+1/=2/−12695THE KING 3.33 — 1 Thread269341.5/437.5 %+1/=1/−22604Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread2689114/1136.4 %+2/=4/−52591Gandalf 5.1 — 1 Thread268841/425.0 %+0/=2/−22497SOS 5 for Arena — 1 Thread267541/425.0 %+0/=2/−22484Junior 7 UCI py — 1 Thread265141.5/437.5 %+1/=1/−22563Shredder 5.32 UCI py — 1 Thread263532/366.7 %+2/=0/−12755Zarkov 6.50 w32 — 1 Thread262440.5/412.5 %+0/=1/−32286Hiarcs 7 UCI py — 1 Thread260641.5/437.5 %+1/=1/−22517Fritz 5.32 UCI py — 1 Thread260243/475.0 %+2/=2/−02793Yace Paderborn — 1 Thread258742/450.0 %+1/=2/−12587Stockfish 11 68040 40MHz — 1 Thread2537105/1050.0 %+4/=2/−42537Rebel 6.0 — 1 Thread253542.5/462.5 %+2/=1/−12624
Meilleur : 50 % vs Stockfish 11 68040 40MHz — 1 Thread · plus dur : 36 % vs Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread.
↑ retour au classement
Stockfish 11 68040 40MHz — 1 Thread
68040 40 MHz — MAME · cote Ordo 2537 · 279 parties · 68.3 % · err ±11
Cote Ordo2537± 11
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread268941/425.0 %+0/=2/−22498Shredder 5.32 UCI py — 1 Thread2635101.5/1015.0 %+1/=1/−82333Zarkov 6.50 w32 — 1 Thread262430/30.0 %+0/=0/−31824WildCat 8 UCI — 1 Thread2616102/1020.0 %+0/=4/−62376Hiarcs 7 UCI py — 1 Thread2606101.5/1015.0 %+0/=3/−72304Fritz 5.32 UCI py — 1 Thread2602101/1010.0 %+0/=2/−82221Yace Paderborn — 1 Thread2587102/1020.0 %+2/=0/−82346Nimzo 8 UCI py — 1 Thread2579105/1050.0 %+4/=2/−42579Rebel 6.0 — 1 Thread2535101.5/1015.0 %+1/=1/−82234Mephisto Genius 68030 London23634432.5/4473.9 %+29/=7/−82543Stockfish 11 68020 16MHz — 1 Thread23544641/4689.1 %+36/=10/−02720Mephisto Berlin Pro 6802023154337/4386.0 %+34/=6/−32631Fruit 2.1 ARM 30MHz — 1 Thread230644/4100.0 %+4/=0/−03106Fruit 2.1 68040 40MHz — 1 Thread226644/4100.0 %+4/=0/−03066Mephisto RISC II22274340.5/4394.2 %+39/=3/−12711Saitek RISC 2500 v1.0422171412/1485.7 %+11/=2/−12529Fruit 2.1 68020 16MHz — 1 Thread205044/4100.0 %+4/=0/−02850
Meilleur : 94 % vs Mephisto RISC II · plus dur : 10 % vs Fritz 5.32 UCI py — 1 Thread.
↑ retour au classement
Rebel 6.0 — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2535 · 297 parties · 33.7 % · err ±11
Cote Ordo2535± 11
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
The King 3.50 — 8 Threads290640.5/412.5 %+0/=1/−32568Fruit 2.3.1 — 1 Thread2880101/1010.0 %+0/=2/−82498Fruit 2.2.1 — 1 Thread287681/812.5 %+0/=2/−62537Shredder 10 UCI — 1 Thread2840103.5/1035.0 %+2/=3/−52732Shredder 9.1 UCI — 1 Thread282581.5/818.8 %+1/=1/−62570Fritz 9 UCI py — 1 Thread282260/60.0 %+0/=0/−62022Shredder 7 UCI py — 1 Thread282240.5/412.5 %+0/=1/−32484ProDeo 2.0 — 1 Thread278793/933.3 %+1/=4/−42667Deep Gandalf 7.0-64 — 2 Threads277220/20.0 %+0/=0/−21972Fritz 7 UCI py — 1 Thread275971.5/721.4 %+1/=1/−52533Chess Tiger 2007 — 1 Thread274691/911.1 %+0/=2/−72385Fritz 8 UCI py — 1 Thread274062/633.3 %+1/=2/−32620Gandalf 6.0 — 1 Thread272981.5/818.8 %+1/=1/−62474The King 3.50 — 1 Thread2728102/1020.0 %+0/=4/−62487Hiarcs 8 UCI py — 1 Thread271430.5/316.7 %+0/=1/−22434Shredder 6 UCI py — 1 Thread271241/425.0 %+0/=2/−22521Ruffian 1.0.5 — 1 Thread270782/825.0 %+0/=4/−42517THE KING 3.23 — 1 Thread2706104/1040.0 %+2/=4/−42635Fritz 6 UCI py — 1 Thread270581.5/818.8 %+0/=3/−52450Junior 8 UCI py — 1 Thread270071/714.3 %+0/=2/−52389Ruffian 2.1.0 — 1 Thread2695126/1250.0 %+2/=8/−22695THE KING 3.33 — 1 Thread269382.5/831.2 %+2/=1/−52556Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread2689126/1250.0 %+5/=2/−52689Gandalf 5.1 — 1 Thread268881.5/818.8 %+0/=3/−52433SOS 5 for Arena — 1 Thread267573/742.9 %+2/=2/−32625List 512 — 1 Thread265720.5/225.0 %+0/=1/−12466Junior 7 UCI py — 1 Thread265175/771.4 %+5/=0/−22811Shredder 5.32 UCI py — 1 Thread263542/450.0 %+1/=2/−12635Zarkov 6.50 w32 — 1 Thread262493/933.3 %+1/=4/−42504Fritz 5.32 — 1 Thread26063410/3429.4 %+6/=8/−202454Hiarcs 7 UCI py — 1 Thread260641/425.0 %+1/=0/−32415Fritz 5.32 UCI py — 1 Thread260262.5/641.7 %+1/=3/−22544Yace Paderborn — 1 Thread258793/933.3 %+2/=2/−52467Nimzo 8 UCI py — 1 Thread257941.5/437.5 %+1/=1/−22490Stockfish 11 68040 40MHz — 1 Thread2537108.5/1085.0 %+8/=1/−12839CrayBlitz_49h_uci — 1 Thread2523106/1060.0 %+5/=2/−32594Stockfish 11 68020 16MHz — 1 Thread2354109/1090.0 %+9/=0/−12736
Meilleur : 90 % vs Stockfish 11 68020 16MHz — 1 Thread · plus dur : 10 % vs Fruit 2.3.1 — 1 Thread.
↑ retour au classement
CrayBlitz_49h_uci — 1 Thread
AMD Ryzen 9 7950X3D 100 % · cote Ordo 2523 · 105 parties · 80.0 % · err ±16
Cote Ordo2523± 16
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Rebel 6.0 — 1 Thread2535104/1040.0 %+3/=2/−52465Mephisto Genius 68030 London23631410.5/1475.0 %+8/=5/−12554Mephisto Berlin Pro 680202315149.5/1467.9 %+8/=3/−32445Mephisto RISC II22271313/13100.0 %+13/=0/−03027Novag Star Diamond (v1.04)2226139/1369.2 %+7/=4/−22367Saitek RISC 2500 v1.0422171312/1392.3 %+12/=0/−12649Saitek Sparc (rev.518)21541312/1392.3 %+12/=0/−12586Mephisto Berlin 68000 v0.03212732.5/383.3 %+2/=1/−02406Fidelity Elite Avantgarde V9212533/3100.0 %+3/=0/−02925Novag Sapphire212233/3100.0 %+3/=0/−02922Fidelity Designer Mach IV209032.5/383.3 %+2/=1/−02370Fidelity Designer Mach III202933/3100.0 %+3/=0/−02829
Meilleur : 100 % vs Mephisto RISC II · plus dur : 40 % vs Rebel 6.0 — 1 Thread.
↑ retour au classement
Mephisto Genius 68030 London
68EC030 33,3 MHz — cb-emu · cote Ordo 2363 · 483 parties · 74.0 % · err ±8
Cote Ordo2363± 8
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread2689140.5/143.6 %+0/=1/−132116Stockfish 11 68040 40MHz — 1 Thread25374411.5/4426.1 %+8/=7/−292357CrayBlitz_49h_uci — 1 Thread2523143.5/1425.0 %+1/=5/−82332Stockfish 11 68020 16MHz — 1 Thread23544318/4341.9 %+16/=4/−232297Mephisto Berlin Pro 680202315148.5/1460.7 %+6/=5/−32391Fruit 2.1 ARM 30MHz — 1 Thread230643/475.0 %+3/=0/−12497Fruit 2.1 68040 40MHz — 1 Thread226631/333.3 %+0/=2/−12145Mephisto RISC II22271310/1376.9 %+9/=2/−22436Novag Star Diamond (v1.04)2226128.5/1270.8 %+6/=5/−12380Saitek RISC 2500 v1.0422171511/1573.3 %+9/=4/−22393Saitek Sparc (rev.518)2154109.5/1095.0 %+9/=1/−02666Mephisto Berlin 68000 v0.032127118.5/1177.3 %+7/=3/−12339Fidelity Elite Avantgarde V92125117.5/1168.2 %+6/=3/−22257Novag Sapphire2122107/1070.0 %+6/=2/−22269Fidelity Designer Mach IV2090108.5/1085.0 %+8/=1/−12391Fruit 2.1 68020 16MHz — 1 Thread20501412/1485.7 %+11/=2/−12361Fidelity Designer Mach III2029108.5/1085.0 %+8/=1/−12330Novag Zircon II1967108.5/1085.0 %+7/=3/−02268Mephisto Mondial 68000 XL1967109/1090.0 %+8/=2/−02349Mephisto Nigel Short1956109/1090.0 %+9/=0/−12338Saitek President19531010/10100.0 %+10/=0/−02753Saitek Maestro D++1915108/1080.0 %+6/=4/−02156Novag Super Forte C v3.61889108.5/1085.0 %+8/=1/−12191Novag Super Expert C v3.61888108.5/1085.0 %+7/=3/−02189Novag Turquoise18691010/10100.0 %+10/=0/−02669Saitek Corona II (ver. D+)18561010/10100.0 %+10/=0/−02656Saitek Turbo King II (D+)1835109.5/1095.0 %+9/=1/−02346Mephisto Modena (set 3)1834109.5/1095.0 %+9/=1/−02345Mephisto MM V (v5.1)18331010/10100.0 %+10/=0/−02633Mephisto MM IV (v7.10)18051010/10100.0 %+10/=0/−02605Fidelity Designer 21001805109.5/1095.0 %+9/=1/−02316Novag Constellation Forte A18031010/10100.0 %+10/=0/−02603Saitek Simultano (ver. B)17601010/10100.0 %+10/=0/−02560Fidelity Par Excellence (B)1739109.5/1095.0 %+9/=1/−02251Saitek Prisma17241111/11100.0 %+11/=0/−02524Fidelity Designer 200016941010/10100.0 %+10/=0/−02494Novag Super VIP v3.716401010/10100.0 %+10/=0/−02440Tandy Chess Champion 215015771010/10100.0 %+10/=0/−02377Saitek Turbo 16K14371010/10100.0 %+10/=0/−02237Saitek Leonardo (v1.4)12851010/10100.0 %+10/=0/−02085
Meilleur : 100 % vs Saitek Prisma · plus dur : 4 % vs Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread.
↑ retour au classement
Stockfish 11 68020 16MHz — 1 Thread
68020 + 68881 16 MHz — MAME · cote Ordo 2354 · 223 parties · 48.2 % · err ±13
Cote Ordo2354± 13
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread268940/40.0 %+0/=0/−41889WildCat 8 UCI — 1 Thread2616100.5/105.0 %+0/=1/−92105Stockfish 11 68040 40MHz — 1 Thread2537465/4610.9 %+0/=10/−362172Rebel 6.0 — 1 Thread2535101/1010.0 %+1/=0/−92153Mephisto Genius 68030 London23634325/4358.1 %+23/=4/−162420Mephisto Berlin Pro 6802023154328/4365.1 %+26/=4/−132423Fruit 2.1 ARM 30MHz — 1 Thread230642.5/462.5 %+2/=1/−12395Fruit 2.1 68040 40MHz — 1 Thread226622/2100.0 %+2/=0/−03066Mephisto RISC II22274329.5/4368.6 %+28/=3/−122363Novag Star Diamond (v1.04)222610/10.0 %+0/=0/−11426Saitek RISC 2500 v1.0422171411/1478.6 %+10/=2/−22443Fruit 2.1 68020 16MHz — 1 Thread205033/3100.0 %+3/=0/−02850
Meilleur : 79 % vs Saitek RISC 2500 v1.04 · plus dur : 5 % vs WildCat 8 UCI — 1 Thread.
↑ retour au classement
Mephisto Berlin Pro 68020
68EC020 24,6 MHz — cb-emu · cote Ordo 2315 · 478 parties · 71.2 % · err ±8
Cote Ordo2315± 8
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread2689140.5/143.6 %+0/=1/−132116Stockfish 11 68040 40MHz — 1 Thread2537436/4314.0 %+3/=6/−342221CrayBlitz_49h_uci — 1 Thread2523144.5/1432.1 %+3/=3/−82393Mephisto Genius 68030 London2363145.5/1439.3 %+3/=5/−62287Stockfish 11 68020 16MHz — 1 Thread23544315/4334.9 %+13/=4/−262246Fruit 2.1 ARM 30MHz — 1 Thread230642/450.0 %+2/=0/−22306Fruit 2.1 68040 40MHz — 1 Thread226633/3100.0 %+3/=0/−03066Mephisto RISC II2227137/1353.8 %+5/=4/−42254Novag Star Diamond (v1.04)2226128/1266.7 %+6/=4/−22346Saitek RISC 2500 v1.042217139.5/1373.1 %+8/=3/−22391Saitek Sparc (rev.518)2154119.5/1186.4 %+8/=3/−02475Mephisto Berlin 68000 v0.032127106/1060.0 %+4/=4/−22197Fidelity Elite Avantgarde V92125108/1080.0 %+8/=0/−22366Novag Sapphire2122107.5/1075.0 %+6/=3/−12312Fidelity Designer Mach IV2090108/1080.0 %+8/=0/−22331Fruit 2.1 68020 16MHz — 1 Thread20501211/1291.7 %+10/=2/−02466Fidelity Designer Mach III2029109/1090.0 %+8/=2/−02411Novag Zircon II1967107.5/1075.0 %+7/=1/−22158Mephisto Mondial 68000 XL19671010/10100.0 %+10/=0/−02767Mephisto Nigel Short19561010/10100.0 %+10/=0/−02756Saitek President1953109/1090.0 %+9/=0/−12334Saitek Maestro D++1915109.5/1095.0 %+9/=1/−02427Novag Super Forte C v3.61889109.5/1095.0 %+9/=1/−02401Novag Super Expert C v3.61888109.5/1095.0 %+9/=1/−02399Novag Turquoise18691010/10100.0 %+10/=0/−02669Saitek Corona II (ver. D+)1856109.5/1095.0 %+9/=1/−02368Saitek Turbo King II (D+)1835109/1090.0 %+8/=2/−02216Mephisto Modena (set 3)1834109.5/1095.0 %+9/=1/−02345Mephisto MM V (v5.1)1833109.5/1095.0 %+9/=1/−02345Mephisto MM IV (v7.10)1805109.5/1095.0 %+9/=1/−02317Fidelity Designer 210018051010/10100.0 %+10/=0/−02605Novag Constellation Forte A1803108.5/1085.0 %+8/=1/−12104Saitek Simultano (ver. B)17601010/10100.0 %+10/=0/−02560Fidelity Par Excellence (B)17391010/10100.0 %+10/=0/−02539Saitek Prisma17241010/10100.0 %+10/=0/−02524Fidelity Designer 20001694109.5/1095.0 %+9/=1/−02205Novag Super VIP v3.71640108.5/1085.0 %+7/=3/−01941Tandy Chess Champion 215015771010/10100.0 %+10/=0/−02377Saitek Turbo 16K14371111/11100.0 %+11/=0/−02237Saitek Leonardo (v1.4)12851111/11100.0 %+11/=0/−02085
Meilleur : 100 % vs Saitek Leonardo (v1.4) · plus dur : 4 % vs Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread.
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Fruit 2.1 ARM 30MHz — 1 Thread
ARM9 ARMv5TE 30 MHz — MAME · cote Ordo 2306 · 36 parties · 47.2 % · err ±33
Cote Ordo2306± 33
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread268940/40.0 %+0/=0/−41889Stockfish 11 68040 40MHz — 1 Thread253740/40.0 %+0/=0/−41737Mephisto Genius 68030 London236341/425.0 %+1/=0/−32172Stockfish 11 68020 16MHz — 1 Thread235441.5/437.5 %+1/=1/−22266Mephisto Berlin Pro 68020231542/450.0 %+2/=0/−22315Fruit 2.1 68040 40MHz — 1 Thread226632.5/383.3 %+2/=1/−02545Mephisto RISC II222742.5/462.5 %+1/=3/−02316Novag Star Diamond (v1.04)222610.5/150.0 %+0/=1/−02226Saitek RISC 2500 v1.04221743/475.0 %+2/=2/−02408Fruit 2.1 68020 16MHz — 1 Thread205044/4100.0 %+4/=0/−02850
↑ retour au classement
Fruit 2.1 68040 40MHz — 1 Thread
68040 40 MHz — MAME · cote Ordo 2266 · 28 parties · 39.3 % · err ±37
Cote Ordo2266± 37
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread268940/40.0 %+0/=0/−41889Stockfish 11 68040 40MHz — 1 Thread253740/40.0 %+0/=0/−41737Mephisto Genius 68030 London236332/366.7 %+1/=2/−02483Stockfish 11 68020 16MHz — 1 Thread235420/20.0 %+0/=0/−21554Mephisto Berlin Pro 68020231530/30.0 %+0/=0/−31515Fruit 2.1 ARM 30MHz — 1 Thread230630.5/316.7 %+0/=1/−22026Mephisto RISC II222733/3100.0 %+3/=0/−03027Novag Star Diamond (v1.04)222610.5/150.0 %+0/=1/−02226Saitek RISC 2500 v1.04221733/3100.0 %+3/=0/−03017Fruit 2.1 68020 16MHz — 1 Thread205022/2100.0 %+2/=0/−02850
↑ retour au classement
Mephisto RISC II
65SC02 2,5 MHz + ARM2 ChessMachine — cb-emu · cote Ordo 2227 · 481 parties · 64.7 % · err ±9
Cote Ordo2227± 9
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread2689131/137.7 %+1/=0/−122257Stockfish 11 68040 40MHz — 1 Thread2537432.5/435.8 %+1/=3/−392053CrayBlitz_49h_uci — 1 Thread2523130/130.0 %+0/=0/−131723Mephisto Genius 68030 London2363133/1323.1 %+2/=2/−92154Stockfish 11 68020 16MHz — 1 Thread23544313.5/4331.4 %+12/=3/−282219Mephisto Berlin Pro 680202315136/1346.2 %+4/=4/−52288Fruit 2.1 ARM 30MHz — 1 Thread230641.5/437.5 %+0/=3/−12217Fruit 2.1 68040 40MHz — 1 Thread226630/30.0 %+0/=0/−31466Novag Star Diamond (v1.04)2226107.5/1075.0 %+7/=1/−22417Saitek RISC 2500 v1.0422171410.5/1475.0 %+10/=1/−32408Saitek Sparc (rev.518)2154104.5/1045.0 %+4/=1/−52120Mephisto Berlin 68000 v0.032127108.5/1085.0 %+8/=1/−12428Fidelity Elite Avantgarde V92125108.5/1085.0 %+7/=3/−02426Novag Sapphire2122105.5/1055.0 %+4/=3/−32156Fidelity Designer Mach IV2090104/1040.0 %+4/=0/−62020Fruit 2.1 68020 16MHz — 1 Thread20502518/2572.0 %+17/=2/−62214Fidelity Designer Mach III2029105/1050.0 %+3/=4/−32029Novag Zircon II1967107/1070.0 %+6/=2/−22114Mephisto Mondial 68000 XL1967108.5/1085.0 %+8/=1/−12268Mephisto Nigel Short1956108.5/1085.0 %+8/=1/−12257Saitek President1953108.5/1085.0 %+8/=1/−12254Saitek Maestro D++191598.5/994.4 %+8/=1/−02407Novag Super Forte C v3.6188997.5/983.3 %+7/=1/−12169Novag Super Expert C v3.6188899/9100.0 %+9/=0/−02688Novag Turquoise18691010/10100.0 %+10/=0/−02669Saitek Corona II (ver. D+)1856109/1090.0 %+8/=2/−02238Saitek Turbo King II (D+)1835109.5/1095.0 %+9/=1/−02346Mephisto Modena (set 3)1834108.5/1085.0 %+8/=1/−12135Mephisto MM V (v5.1)1833109.5/1095.0 %+9/=1/−02345Mephisto MM IV (v7.10)1805109.5/1095.0 %+9/=1/−02317Fidelity Designer 21001805109.5/1095.0 %+9/=1/−02316Novag Constellation Forte A18031010/10100.0 %+10/=0/−02603Saitek Simultano (ver. B)1760109.5/1095.0 %+9/=1/−02272Fidelity Par Excellence (B)1739109/1090.0 %+8/=2/−02121Saitek Prisma17241010/10100.0 %+10/=0/−02524Fidelity Designer 200016941010/10100.0 %+10/=0/−02494Novag Super VIP v3.716401010/10100.0 %+10/=0/−02440Tandy Chess Champion 215015771010/10100.0 %+10/=0/−02377Saitek Turbo 16K14371010/10100.0 %+10/=0/−02237Saitek Leonardo (v1.4)12851010/10100.0 %+10/=0/−02085
Meilleur : 100 % vs Saitek Prisma · plus dur : 0 % vs CrayBlitz_49h_uci — 1 Thread.
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Novag Star Diamond (v1.04)
H8S/2312 25 MHz — cb-emu · cote Ordo 2226 · 357 parties · 77.2 % · err ±9
Cote Ordo2226± 9
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread268910/10.0 %+0/=0/−11889CrayBlitz_49h_uci — 1 Thread2523134/1330.8 %+2/=4/−72382Mephisto Genius 68030 London2363123.5/1229.2 %+1/=5/−62209Stockfish 11 68020 16MHz — 1 Thread235411/1100.0 %+1/=0/−03154Mephisto Berlin Pro 680202315124/1233.3 %+2/=4/−62195Fruit 2.1 ARM 30MHz — 1 Thread230610.5/150.0 %+0/=1/−02306Fruit 2.1 68040 40MHz — 1 Thread226610.5/150.0 %+0/=1/−02266Mephisto RISC II2227102.5/1025.0 %+2/=1/−72036Saitek RISC 2500 v1.042217104.5/1045.0 %+3/=3/−42182Saitek Sparc (rev.518)2154115/1145.5 %+4/=2/−52123Mephisto Berlin 68000 v0.032127106/1060.0 %+4/=4/−22197Fidelity Elite Avantgarde V92125107.5/1075.0 %+7/=1/−22316Novag Sapphire2122106.5/1065.0 %+5/=3/−22229Fidelity Designer Mach IV2090107.5/1075.0 %+6/=3/−12281Fruit 2.1 68020 16MHz — 1 Thread205020/20.0 %+0/=0/−21250Fidelity Designer Mach III2029105.5/1055.0 %+4/=3/−32064Novag Zircon II19671010/10100.0 %+10/=0/−02767Mephisto Mondial 68000 XL1967108/1080.0 %+7/=2/−12208Mephisto Nigel Short1956109/1090.0 %+8/=2/−02338Saitek President19531010/10100.0 %+10/=0/−02753Saitek Maestro D++1915108/1080.0 %+7/=2/−12156Novag Super Forte C v3.61889109/1090.0 %+8/=2/−02271Novag Super Expert C v3.61888109/1090.0 %+9/=0/−12270Novag Turquoise18691010/10100.0 %+10/=0/−02669Saitek Corona II (ver. D+)1856109.5/1095.0 %+9/=1/−02368Saitek Turbo King II (D+)1835109/1090.0 %+9/=0/−12216Mephisto Modena (set 3)1834108.5/1085.0 %+7/=3/−02135Mephisto MM V (v5.1)18331010/10100.0 %+10/=0/−02633Mephisto MM IV (v7.10)1805109/1090.0 %+9/=0/−12187Fidelity Designer 210018051010/10100.0 %+10/=0/−02605Novag Constellation Forte A1803109/1090.0 %+9/=0/−12185Saitek Simultano (ver. B)1760109.5/1095.0 %+9/=1/−02272Fidelity Par Excellence (B)17391010/10100.0 %+10/=0/−02539Saitek Prisma1724107.5/1075.0 %+7/=1/−21915Fidelity Designer 200016941010/10100.0 %+10/=0/−02494Novag Super VIP v3.716401010/10100.0 %+10/=0/−02440Tandy Chess Champion 215015771110.5/1195.5 %+10/=1/−02106Saitek Turbo 16K14371111/11100.0 %+11/=0/−02237Saitek Leonardo (v1.4)12851110.5/1195.5 %+10/=1/−01814
Meilleur : 100 % vs Saitek Turbo 16K · plus dur : 25 % vs Mephisto RISC II.
↑ retour au classement
Saitek RISC 2500 v1.04
ARM2 14,2 MHz — cb-emu · cote Ordo 2217 · 418 parties · 69.1 % · err ±9
Cote Ordo2217± 9
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread2689140/140.0 %+0/=0/−141889Stockfish 11 68040 40MHz — 1 Thread2537142/1414.3 %+1/=2/−112226CrayBlitz_49h_uci — 1 Thread2523131/137.7 %+1/=0/−122091Mephisto Genius 68030 London2363154/1526.7 %+2/=4/−92187Stockfish 11 68020 16MHz — 1 Thread2354143/1421.4 %+2/=2/−102129Mephisto Berlin Pro 680202315133.5/1326.9 %+2/=3/−82142Fruit 2.1 ARM 30MHz — 1 Thread230641/425.0 %+0/=2/−22115Fruit 2.1 68040 40MHz — 1 Thread226630/30.0 %+0/=0/−31466Mephisto RISC II2227143.5/1425.0 %+3/=1/−102036Novag Star Diamond (v1.04)2226105.5/1055.0 %+4/=3/−32261Saitek Sparc (rev.518)2154107.5/1075.0 %+7/=1/−22345Mephisto Berlin 68000 v0.032127116.5/1159.1 %+5/=3/−32190Fidelity Elite Avantgarde V92125116.5/1159.1 %+6/=1/−42189Novag Sapphire2122108/1080.0 %+7/=2/−12362Fidelity Designer Mach IV2090119.5/1186.4 %+8/=3/−02411Fruit 2.1 68020 16MHz — 1 Thread2050129/1275.0 %+8/=2/−22241Fidelity Designer Mach III2029107.5/1075.0 %+7/=1/−22220Novag Zircon II196798/988.9 %+7/=2/−02328Mephisto Mondial 68000 XL1967109/1090.0 %+8/=2/−02349Mephisto Nigel Short1956109/1090.0 %+8/=2/−02338Saitek President1953107.5/1075.0 %+7/=1/−22143Saitek Maestro D++1915108/1080.0 %+8/=0/−22156Novag Super Forte C v3.61889109.5/1095.0 %+9/=1/−02401Novag Super Expert C v3.61888106.5/1065.0 %+6/=1/−31995Novag Turquoise1869108.5/1085.0 %+8/=1/−12170Saitek Corona II (ver. D+)1856108.5/1085.0 %+7/=3/−02157Saitek Turbo King II (D+)18351010/10100.0 %+10/=0/−02635Mephisto Modena (set 3)1834109.5/1095.0 %+9/=1/−02345Mephisto MM V (v5.1)1833108.5/1085.0 %+8/=1/−12134Mephisto MM IV (v7.10)18051010/10100.0 %+10/=0/−02605Fidelity Designer 21001805109/1090.0 %+9/=0/−12186Novag Constellation Forte A1803109.5/1095.0 %+9/=1/−02315Saitek Simultano (ver. B)17601010/10100.0 %+10/=0/−02560Fidelity Par Excellence (B)17391010/10100.0 %+10/=0/−02539Saitek Prisma17241010/10100.0 %+10/=0/−02524Fidelity Designer 200016941010/10100.0 %+10/=0/−02494Novag Super VIP v3.716401010/10100.0 %+10/=0/−02440Tandy Chess Champion 215015771010/10100.0 %+10/=0/−02377Saitek Turbo 16K14371010/10100.0 %+10/=0/−02237Saitek Leonardo (v1.4)12851010/10100.0 %+10/=0/−02085
Meilleur : 100 % vs Saitek Turbo 16K · plus dur : 0 % vs Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread.
↑ retour au classement
Saitek Sparc (rev.518)
SPARClite (module, à confirmer) — cb-emu · cote Ordo 2154 · 355 parties · 71.5 % · err ±10
Cote Ordo2154± 10
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
CrayBlitz_49h_uci — 1 Thread2523131/137.7 %+1/=0/−122091Mephisto Genius 68030 London2363100.5/105.0 %+0/=1/−91851Mephisto Berlin Pro 680202315111.5/1113.6 %+0/=3/−81994Mephisto RISC II2227105.5/1055.0 %+5/=1/−42262Novag Star Diamond (v1.04)2226116/1154.5 %+5/=2/−42258Saitek RISC 2500 v1.042217102.5/1025.0 %+2/=1/−72026Mephisto Berlin 68000 v0.032127102.5/1025.0 %+2/=1/−71936Fidelity Elite Avantgarde V92125106/1060.0 %+5/=2/−32195Novag Sapphire2122108/1080.0 %+7/=2/−12362Fidelity Designer Mach IV2090106/1060.0 %+6/=0/−42160Fruit 2.1 68020 16MHz — 1 Thread2050108.5/1085.0 %+8/=1/−12351Fidelity Designer Mach III2029108/1080.0 %+7/=2/−12270Novag Zircon II196796.5/972.2 %+6/=1/−22133Mephisto Mondial 68000 XL1967106.5/1065.0 %+6/=1/−32075Mephisto Nigel Short1956109/1090.0 %+8/=2/−02338Saitek President1953107.5/1075.0 %+7/=1/−22143Saitek Maestro D++1915109/1090.0 %+9/=0/−12297Novag Super Forte C v3.61889106.5/1065.0 %+5/=3/−21997Novag Super Expert C v3.61888108.5/1085.0 %+7/=3/−02189Novag Turquoise1869106/1060.0 %+6/=0/−41939Saitek Corona II (ver. D+)1856108/1080.0 %+7/=2/−12097Saitek Turbo King II (D+)1835109.5/1095.0 %+9/=1/−02346Mephisto Modena (set 3)1834108/1080.0 %+8/=0/−22075Mephisto MM V (v5.1)1833109/1090.0 %+9/=0/−12215Mephisto MM IV (v7.10)1805108/1080.0 %+7/=2/−12046Fidelity Designer 21001805108.5/1085.0 %+7/=3/−02106Novag Constellation Forte A1803109.5/1095.0 %+9/=1/−02315Saitek Simultano (ver. B)1760109.5/1095.0 %+9/=1/−02272Fidelity Par Excellence (B)1739108/1080.0 %+7/=2/−11980Saitek Prisma17241010/10100.0 %+10/=0/−02524Fidelity Designer 20001694109.5/1095.0 %+9/=1/−02205Novag Super VIP v3.716401010/10100.0 %+10/=0/−02440Tandy Chess Champion 215015771010/10100.0 %+10/=0/−02377Saitek Turbo 16K14371111/11100.0 %+11/=0/−02237Saitek Leonardo (v1.4)12851010/10100.0 %+10/=0/−02085
Meilleur : 100 % vs Saitek Turbo 16K · plus dur : 5 % vs Mephisto Genius 68030 London.
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Mephisto Berlin 68000 v0.03
68000 12,3 MHz — cb-emu · cote Ordo 2127 · 359 parties · 70.5 % · err ±10
Cote Ordo2127± 10
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
CrayBlitz_49h_uci — 1 Thread252330.5/316.7 %+0/=1/−22244Mephisto Genius 68030 London2363112.5/1122.7 %+1/=3/−72150Mephisto Berlin Pro 680202315104/1040.0 %+2/=4/−42245Mephisto RISC II2227101.5/1015.0 %+1/=1/−81926Novag Star Diamond (v1.04)2226104/1040.0 %+2/=4/−42156Saitek RISC 2500 v1.042217114.5/1140.9 %+3/=3/−52153Saitek Sparc (rev.518)2154107.5/1075.0 %+7/=1/−22345Fidelity Elite Avantgarde V92125114.5/1140.9 %+2/=5/−42061Novag Sapphire2122105/1050.0 %+2/=6/−22122Fidelity Designer Mach IV2090105/1050.0 %+5/=0/−52090Fruit 2.1 68020 16MHz — 1 Thread20502212.5/2256.8 %+11/=3/−82097Fidelity Designer Mach III2029106.5/1065.0 %+6/=1/−32137Novag Zircon II196796/966.7 %+5/=2/−22088Mephisto Mondial 68000 XL1967106.5/1065.0 %+5/=3/−22075Mephisto Nigel Short1956107.5/1075.0 %+7/=1/−22147Saitek President1953107/1070.0 %+6/=2/−22100Saitek Maestro D++1915109/1090.0 %+9/=0/−12297Novag Super Forte C v3.61889108.5/1085.0 %+8/=1/−12191Novag Super Expert C v3.61888109/1090.0 %+9/=0/−12270Novag Turquoise1869108.5/1085.0 %+8/=1/−12170Saitek Corona II (ver. D+)18561010/10100.0 %+10/=0/−02656Saitek Turbo King II (D+)1835107.5/1075.0 %+7/=1/−22026Mephisto Modena (set 3)1834106/1060.0 %+4/=4/−21904Mephisto MM V (v5.1)1833108/1080.0 %+7/=2/−12074Mephisto MM IV (v7.10)1805108.5/1085.0 %+8/=1/−12106Fidelity Designer 21001805108.5/1085.0 %+7/=3/−02106Novag Constellation Forte A1803108.5/1085.0 %+8/=1/−12104Saitek Simultano (ver. B)1760109.5/1095.0 %+9/=1/−02272Fidelity Par Excellence (B)17391010/10100.0 %+10/=0/−02539Saitek Prisma1724118/1172.7 %+7/=2/−21894Fidelity Designer 20001694109.5/1095.0 %+9/=1/−02205Novag Super VIP v3.716401111/11100.0 %+11/=0/−02440Tandy Chess Champion 21501577109/1090.0 %+9/=0/−11959Saitek Turbo 16K1437109/1090.0 %+9/=0/−11819Saitek Leonardo (v1.4)12851010/10100.0 %+10/=0/−02085
Meilleur : 100 % vs Novag Super VIP v3.7 · plus dur : 15 % vs Mephisto RISC II.
↑ retour au classement
Fidelity Elite Avantgarde V9
68030 32 MHz — cb-emu · cote Ordo 2125 · 359 parties · 70.8 % · err ±10
Cote Ordo2125± 10
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
CrayBlitz_49h_uci — 1 Thread252330/30.0 %+0/=0/−31723Mephisto Genius 68030 London2363113.5/1131.8 %+2/=3/−62231Mephisto Berlin Pro 680202315102/1020.0 %+2/=0/−82074Mephisto RISC II2227101.5/1015.0 %+0/=3/−71926Novag Star Diamond (v1.04)2226102.5/1025.0 %+2/=1/−72035Saitek RISC 2500 v1.042217114.5/1140.9 %+4/=1/−62153Saitek Sparc (rev.518)2154104/1040.0 %+3/=2/−52084Mephisto Berlin 68000 v0.032127116.5/1159.1 %+4/=5/−22190Novag Sapphire212294/944.4 %+2/=4/−32083Fidelity Designer Mach IV2090106.5/1065.0 %+5/=3/−22198Fruit 2.1 68020 16MHz — 1 Thread20502112.5/2159.5 %+9/=7/−52117Fidelity Designer Mach III2029107/1070.0 %+6/=2/−22176Novag Zircon II1967106/1060.0 %+5/=2/−32038Mephisto Mondial 68000 XL1967107.5/1075.0 %+7/=1/−22158Mephisto Nigel Short1956106/1060.0 %+5/=2/−32026Saitek President1953106.5/1065.0 %+5/=3/−22060Saitek Maestro D++1915106/1060.0 %+4/=4/−21986Novag Super Forte C v3.61889106/1060.0 %+5/=2/−31960Novag Super Expert C v3.61888108/1080.0 %+7/=2/−12129Novag Turquoise1869108.5/1085.0 %+8/=1/−12170Saitek Corona II (ver. D+)1856109.5/1095.0 %+9/=1/−02368Saitek Turbo King II (D+)1835109/1090.0 %+8/=2/−02216Mephisto Modena (set 3)1834109.5/1095.0 %+9/=1/−02345Mephisto MM V (v5.1)1833107.5/1075.0 %+7/=1/−22024Mephisto MM IV (v7.10)18051010/10100.0 %+10/=0/−02605Fidelity Designer 210018051010/10100.0 %+10/=0/−02605Novag Constellation Forte A1803109.5/1095.0 %+9/=1/−02315Saitek Simultano (ver. B)17601010/10100.0 %+10/=0/−02560Fidelity Par Excellence (B)17391110.5/1195.5 %+10/=1/−02268Saitek Prisma1724119.5/1186.4 %+9/=1/−12045Fidelity Designer 20001694109.5/1095.0 %+9/=1/−02205Novag Super VIP v3.716401111/11100.0 %+11/=0/−02440Tandy Chess Champion 21501577109.5/1095.0 %+9/=1/−02089Saitek Turbo 16K14371010/10100.0 %+10/=0/−02237Saitek Leonardo (v1.4)12851010/10100.0 %+10/=0/−02085
Meilleur : 100 % vs Novag Super VIP v3.7 · plus dur : 15 % vs Mephisto RISC II.
↑ retour au classement
Novag Sapphire
Clipper C400 12,5 MHz — cb-emu · cote Ordo 2122 · 345 parties · 69.7 % · err ±10
Cote Ordo2122± 10
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
CrayBlitz_49h_uci — 1 Thread252330/30.0 %+0/=0/−31723Mephisto Genius 68030 London2363103/1030.0 %+2/=2/−62216Mephisto Berlin Pro 680202315102.5/1025.0 %+1/=3/−62124Mephisto RISC II2227104.5/1045.0 %+3/=3/−42192Novag Star Diamond (v1.04)2226103.5/1035.0 %+2/=3/−52118Saitek RISC 2500 v1.042217102/1020.0 %+1/=2/−71976Saitek Sparc (rev.518)2154102/1020.0 %+1/=2/−71914Mephisto Berlin 68000 v0.032127105/1050.0 %+2/=6/−22127Fidelity Elite Avantgarde V9212595/955.6 %+3/=4/−22164Fidelity Designer Mach IV2090106/1060.0 %+5/=2/−32160Fruit 2.1 68020 16MHz — 1 Thread20502211/2250.0 %+9/=4/−92050Fidelity Designer Mach III2029105.5/1055.0 %+5/=1/−42064Mephisto Mondial 68000 XL19671010/10100.0 %+10/=0/−02767Novag Zircon II196796.5/972.2 %+5/=3/−12133Mephisto Nigel Short195696.5/972.2 %+6/=1/−22122Saitek President1953108/1080.0 %+7/=2/−12193Saitek Maestro D++1915106.5/1065.0 %+5/=3/−22023Novag Super Forte C v3.61889109/1090.0 %+8/=2/−02271Novag Super Expert C v3.61888109.5/1095.0 %+9/=1/−02399Novag Turquoise1869108/1080.0 %+7/=2/−12109Saitek Corona II (ver. D+)1856108/1080.0 %+7/=2/−12097Saitek Turbo King II (D+)1835108/1080.0 %+7/=2/−12076Mephisto Modena (set 3)183498.5/994.4 %+8/=1/−02326Mephisto MM V (v5.1)1833109.5/1095.0 %+9/=1/−02345Mephisto MM IV (v7.10)180597.5/983.3 %+6/=3/−02085Fidelity Designer 2100180597/977.8 %+5/=4/−02022Novag Constellation Forte A1803108.5/1085.0 %+8/=1/−12104Saitek Simultano (ver. B)1760109.5/1095.0 %+9/=1/−02272Fidelity Par Excellence (B)1739108.5/1085.0 %+8/=1/−12041Saitek Prisma1724109/1090.0 %+9/=0/−12106Fidelity Designer 200016941010/10100.0 %+10/=0/−02494Novag Super VIP v3.71640107.5/1075.0 %+7/=1/−21831Tandy Chess Champion 2150157798/988.9 %+8/=0/−11938Saitek Turbo 16K143799/9100.0 %+9/=0/−02237Saitek Leonardo (v1.4)128588/8100.0 %+8/=0/−02085
Meilleur : 100 % vs Mephisto Mondial 68000 XL · plus dur : 20 % vs Saitek RISC 2500 v1.04.
↑ retour au classement
Fidelity Designer Mach IV
68EC020 20 MHz — cb-emu · cote Ordo 2090 · 360 parties · 66.4 % · err ±10
Cote Ordo2090± 10
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
CrayBlitz_49h_uci — 1 Thread252330.5/316.7 %+0/=1/−22244Mephisto Genius 68030 London2363101.5/1015.0 %+1/=1/−82062Mephisto Berlin Pro 680202315102/1020.0 %+2/=0/−82074Mephisto RISC II2227106/1060.0 %+6/=0/−42297Novag Star Diamond (v1.04)2226102.5/1025.0 %+1/=3/−62035Saitek RISC 2500 v1.042217111.5/1113.6 %+0/=3/−81897Saitek Sparc (rev.518)2154104/1040.0 %+4/=0/−62084Mephisto Berlin 68000 v0.032127105/1050.0 %+5/=0/−52127Fidelity Elite Avantgarde V92125103.5/1035.0 %+2/=3/−52017Novag Sapphire2122104/1040.0 %+3/=2/−52051Fruit 2.1 68020 16MHz — 1 Thread20502211.5/2252.3 %+10/=3/−92066Fidelity Designer Mach III2029106/1060.0 %+5/=2/−32099Novag Zircon II1967108/1080.0 %+7/=2/−12208Mephisto Mondial 68000 XL1967107.5/1075.0 %+7/=1/−22158Mephisto Nigel Short1956107/1070.0 %+6/=2/−22103Saitek President1953109/1090.0 %+8/=2/−02334Saitek Maestro D++1915106.5/1065.0 %+5/=3/−22023Novag Super Forte C v3.61889108.5/1085.0 %+8/=1/−12191Novag Super Expert C v3.61888108/1080.0 %+7/=2/−12129Novag Turquoise1869107.5/1075.0 %+7/=1/−22059Saitek Corona II (ver. D+)1856106/1060.0 %+6/=0/−41926Saitek Turbo King II (D+)1835107.5/1075.0 %+7/=1/−22026Mephisto Modena (set 3)1834106.5/1065.0 %+5/=3/−21941Mephisto MM V (v5.1)1833106.5/1065.0 %+5/=3/−21941Mephisto MM IV (v7.10)1805109.5/1095.0 %+9/=1/−02317Fidelity Designer 21001805109.5/1095.0 %+9/=1/−02316Novag Constellation Forte A1803109/1090.0 %+8/=2/−02185Saitek Simultano (ver. B)17601110/1190.9 %+9/=2/−02160Fidelity Par Excellence (B)1739117/1163.6 %+7/=0/−41837Saitek Prisma17241110.5/1195.5 %+10/=1/−02253Fidelity Designer 200016941010/10100.0 %+10/=0/−02494Novag Super VIP v3.71640119.5/1186.4 %+9/=1/−11961Tandy Chess Champion 21501577108/1080.0 %+8/=0/−21818Saitek Turbo 16K1437109.5/1095.0 %+9/=1/−01949Saitek Leonardo (v1.4)12851010/10100.0 %+10/=0/−02085
Meilleur : 100 % vs Fidelity Designer 2000 · plus dur : 14 % vs Saitek RISC 2500 v1.04.
↑ retour au classement
Fruit 2.1 68020 16MHz — 1 Thread
68020 + 68881 16 MHz — MAME · cote Ordo 2050 · 179 parties · 31.3 % · err ±14
Cote Ordo2050± 14
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Stockfish 11 ARM 30MHz — 1 Thread268940/40.0 %+0/=0/−41889Stockfish 11 68040 40MHz — 1 Thread253740/40.0 %+0/=0/−41737Mephisto Genius 68030 London2363142/1414.3 %+1/=2/−112052Stockfish 11 68020 16MHz — 1 Thread235430/30.0 %+0/=0/−31554Mephisto Berlin Pro 680202315121/128.3 %+0/=2/−101898Fruit 2.1 ARM 30MHz — 1 Thread230640/40.0 %+0/=0/−41506Fruit 2.1 68040 40MHz — 1 Thread226620/20.0 %+0/=0/−21466Mephisto RISC II2227257/2528.0 %+6/=2/−172063Novag Star Diamond (v1.04)222622/2100.0 %+2/=0/−03026Saitek RISC 2500 v1.042217123/1225.0 %+2/=2/−82026Saitek Sparc (rev.518)2154101.5/1015.0 %+1/=1/−81853Mephisto Berlin 68000 v0.032127229.5/2243.2 %+8/=3/−112079Fidelity Elite Avantgarde V92125218.5/2140.5 %+5/=7/−92058Novag Sapphire21222211/2250.0 %+9/=4/−92122Fidelity Designer Mach IV20902210.5/2247.7 %+9/=3/−102074
Meilleur : 50 % vs Novag Sapphire · plus dur : 8 % vs Mephisto Berlin Pro 68020.
↑ retour au classement
Fidelity Designer Mach III
68000 16 MHz — cb-emu · cote Ordo 2029 · 336 parties · 61.5 % · err ±11
Cote Ordo2029± 11
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
CrayBlitz_49h_uci — 1 Thread252330/30.0 %+0/=0/−31723Mephisto Genius 68030 London2363101.5/1015.0 %+1/=1/−82062Mephisto Berlin Pro 680202315101/1010.0 %+0/=2/−81933Mephisto RISC II2227105/1050.0 %+3/=4/−32227Novag Star Diamond (v1.04)2226104.5/1045.0 %+3/=3/−42191Saitek RISC 2500 v1.042217102.5/1025.0 %+2/=1/−72026Saitek Sparc (rev.518)2154102/1020.0 %+1/=2/−71914Mephisto Berlin 68000 v0.032127103.5/1035.0 %+3/=1/−62019Fidelity Elite Avantgarde V92125103/1030.0 %+2/=2/−61978Novag Sapphire2122104.5/1045.0 %+4/=1/−52087Fidelity Designer Mach IV2090104/1040.0 %+3/=2/−52020Novag Zircon II196783.5/843.8 %+2/=3/−31923Mephisto Mondial 68000 XL1967108.5/1085.0 %+7/=3/−02268Mephisto Nigel Short1956106.5/1065.0 %+6/=1/−32064Saitek President1953106/1060.0 %+5/=2/−32023Saitek Maestro D++1915106.5/1065.0 %+6/=1/−32023Novag Super Forte C v3.61889105/1050.0 %+4/=2/−41889Novag Super Expert C v3.61888107.5/1075.0 %+7/=1/−22079Novag Turquoise1869107.5/1075.0 %+6/=3/−12059Saitek Corona II (ver. D+)1856105/1050.0 %+3/=4/−31856Saitek Turbo King II (D+)1835117/1163.6 %+5/=4/−21932Mephisto Modena (set 3)1834107.5/1075.0 %+6/=3/−12025Mephisto MM V (v5.1)1833107/1070.0 %+6/=2/−21980Mephisto MM IV (v7.10)1805109/1090.0 %+9/=0/−12187Fidelity Designer 21001805107.5/1075.0 %+7/=1/−21995Novag Constellation Forte A1803107.5/1075.0 %+7/=1/−21994Saitek Simultano (ver. B)1760107.5/1075.0 %+6/=3/−11951Fidelity Par Excellence (B)1739107.5/1075.0 %+7/=1/−21930Saitek Prisma1724107.5/1075.0 %+7/=1/−21915Fidelity Designer 20001694118.5/1177.3 %+8/=1/−21906Novag Super VIP v3.71640109.5/1095.0 %+9/=1/−02152Tandy Chess Champion 215015771111/11100.0 %+11/=0/−02377Saitek Turbo 16K14371111/11100.0 %+11/=0/−02237Saitek Leonardo (v1.4)12851111/11100.0 %+11/=0/−02085
Meilleur : 100 % vs Tandy Chess Champion 2150 · plus dur : 10 % vs Mephisto Berlin Pro 68020.
↑ retour au classement
Mephisto Mondial 68000 XL
68000 12 MHz — cb-emu · cote Ordo 1967 · 330 parties · 55.6 % · err ±11
Cote Ordo1967± 11
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Mephisto Genius 68030 London2363101/1010.0 %+0/=2/−81981Mephisto Berlin Pro 680202315100/100.0 %+0/=0/−101515Mephisto RISC II2227101.5/1015.0 %+1/=1/−81926Novag Star Diamond (v1.04)2226102/1020.0 %+1/=2/−71985Saitek RISC 2500 v1.042217101/1010.0 %+0/=2/−81836Saitek Sparc (rev.518)2154103.5/1035.0 %+3/=1/−62047Mephisto Berlin 68000 v0.032127103.5/1035.0 %+2/=3/−52019Fidelity Elite Avantgarde V92125102.5/1025.0 %+2/=1/−71934Novag Sapphire2122100/100.0 %+0/=0/−101322Fidelity Designer Mach IV2090102.5/1025.0 %+2/=1/−71899Fidelity Designer Mach III2029101.5/1015.0 %+0/=3/−71728Novag Zircon II1967105.5/1055.0 %+4/=3/−32002Mephisto Nigel Short1956106/1060.0 %+6/=0/−42026Saitek President1953104.5/1045.0 %+4/=1/−51918Saitek Maestro D++1915105/1050.0 %+3/=4/−31915Novag Super Forte C v3.61889104/1040.0 %+2/=4/−41819Novag Super Expert C v3.61888107/1070.0 %+6/=2/−22035Novag Turquoise1869106.5/1065.0 %+5/=3/−21976Saitek Corona II (ver. D+)1856108.5/1085.0 %+8/=1/−12157Saitek Turbo King II (D+)1835107.5/1075.0 %+6/=3/−12026Mephisto Modena (set 3)1834106/1060.0 %+4/=4/−21904Mephisto MM V (v5.1)1833107.5/1075.0 %+6/=3/−12024Mephisto MM IV (v7.10)1805108.5/1085.0 %+8/=1/−12106Fidelity Designer 21001805108/1080.0 %+8/=0/−22045Novag Constellation Forte A1803107.5/1075.0 %+6/=3/−11994Saitek Simultano (ver. B)1760107.5/1075.0 %+7/=1/−21951Fidelity Par Excellence (B)1739108.5/1085.0 %+8/=1/−12041Saitek Prisma1724109/1090.0 %+9/=0/−12106Fidelity Designer 200016941010/10100.0 %+10/=0/−02494Novag Super VIP v3.71640108/1080.0 %+7/=2/−11881Tandy Chess Champion 215015771010/10100.0 %+10/=0/−02377Saitek Turbo 16K14371010/10100.0 %+10/=0/−02237Saitek Leonardo (v1.4)1285109.5/1095.0 %+9/=1/−01797
Meilleur : 100 % vs Saitek Turbo 16K · plus dur : 0 % vs Mephisto Berlin Pro 68020.
↑ retour au classement
Novag Zircon II
H8/325 26,6 MHz — cb-emu · cote Ordo 1967 · 319 parties · 55.6 % · err ±11
Cote Ordo1967± 11
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Mephisto Genius 68030 London2363101.5/1015.0 %+0/=3/−72062Mephisto Berlin Pro 680202315102.5/1025.0 %+2/=1/−72124Mephisto RISC II2227103/1030.0 %+2/=2/−62080Novag Star Diamond (v1.04)2226100/100.0 %+0/=0/−101426Saitek RISC 2500 v1.04221791/911.1 %+0/=2/−71856Saitek Sparc (rev.518)215492.5/927.8 %+2/=1/−61988Mephisto Berlin 68000 v0.03212793/933.3 %+2/=2/−52006Fidelity Elite Avantgarde V92125104/1040.0 %+3/=2/−52055Novag Sapphire212292.5/927.8 %+1/=3/−51956Fidelity Designer Mach IV2090102/1020.0 %+1/=2/−71849Fidelity Designer Mach III202984.5/856.2 %+3/=3/−22073Mephisto Mondial 68000 XL1967104.5/1045.0 %+3/=3/−41932Mephisto Nigel Short1956106/1060.0 %+5/=2/−32026Saitek President1953105.5/1055.0 %+4/=3/−31987Saitek Maestro D++1915105/1050.0 %+3/=4/−31915Novag Super Forte C v3.61889106/1060.0 %+4/=4/−21960Novag Super Expert C v3.61888106/1060.0 %+5/=2/−31958Novag Turquoise1869104/1040.0 %+2/=4/−41798Saitek Corona II (ver. D+)1856106/1060.0 %+6/=0/−41926Saitek Turbo King II (D+)183598/988.9 %+7/=2/−02196Mephisto Modena (set 3)1834108/1080.0 %+7/=2/−12075Mephisto MM V (v5.1)1833106/1060.0 %+6/=0/−41904Mephisto MM IV (v7.10)1805107/1070.0 %+5/=4/−11952Fidelity Designer 21001805108.5/1085.0 %+8/=1/−12106Novag Constellation Forte A1803108/1080.0 %+8/=0/−22044Saitek Simultano (ver. B)1760108/1080.0 %+7/=2/−12001Fidelity Par Excellence (B)173996.5/972.2 %+6/=1/−21905Saitek Prisma1724109/1090.0 %+9/=0/−12106Fidelity Designer 2000169495.5/961.1 %+5/=1/−31772Novag Super VIP v3.71640108/1080.0 %+6/=4/−01881Tandy Chess Champion 2150157785.5/868.8 %+5/=1/−21714Saitek Turbo 16K14371010/10100.0 %+10/=0/−02237Saitek Leonardo (v1.4)12851010/10100.0 %+10/=0/−02085
Meilleur : 100 % vs Saitek Turbo 16K · plus dur : 0 % vs Novag Star Diamond (v1.04).
↑ retour au classement
Mephisto Nigel Short
65C02 4,9 MHz — cb-emu · cote Ordo 1956 · 334 parties · 53.3 % · err ±11
Cote Ordo1956± 11
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Mephisto Genius 68030 London2363101/1010.0 %+1/=0/−91981Mephisto Berlin Pro 680202315100/100.0 %+0/=0/−101515Mephisto RISC II2227101.5/1015.0 %+1/=1/−81926Novag Star Diamond (v1.04)2226101/1010.0 %+0/=2/−81844Saitek RISC 2500 v1.042217101/1010.0 %+0/=2/−81836Saitek Sparc (rev.518)2154101/1010.0 %+0/=2/−81773Mephisto Berlin 68000 v0.032127102.5/1025.0 %+2/=1/−71936Fidelity Elite Avantgarde V92125104/1040.0 %+3/=2/−52055Novag Sapphire212292.5/927.8 %+2/=1/−61956Fidelity Designer Mach IV2090103/1030.0 %+2/=2/−61943Fidelity Designer Mach III2029103.5/1035.0 %+3/=1/−61921Novag Zircon II1967104/1040.0 %+3/=2/−51897Mephisto Mondial 68000 XL1967104/1040.0 %+4/=0/−61897Saitek President1953103/1030.0 %+1/=4/−51805Saitek Maestro D++1915118.5/1177.3 %+8/=1/−22128Novag Super Forte C v3.61889104.5/1045.0 %+3/=3/−41854Novag Super Expert C v3.61888108/1080.0 %+6/=4/−02129Novag Turquoise1869104.5/1045.0 %+3/=3/−41834Saitek Corona II (ver. D+)1856106.5/1065.0 %+5/=3/−21964Saitek Turbo King II (D+)1835109.5/1095.0 %+9/=1/−02346Mephisto Modena (set 3)1834107/1070.0 %+7/=0/−31981Mephisto MM V (v5.1)1833108.5/1085.0 %+8/=1/−12134Mephisto MM IV (v7.10)1805108/1080.0 %+7/=2/−12046Fidelity Designer 21001805107.5/1075.0 %+6/=3/−11995Novag Constellation Forte A1803104/1040.0 %+4/=0/−61733Saitek Simultano (ver. B)1760116/1154.5 %+5/=2/−41792Fidelity Par Excellence (B)1739119.5/1186.4 %+8/=3/−02060Saitek Prisma1724118.5/1177.3 %+7/=3/−11937Fidelity Designer 20001694106/1060.0 %+4/=4/−21764Novag Super VIP v3.716401111/11100.0 %+11/=0/−02440Tandy Chess Champion 21501577109/1090.0 %+9/=0/−11959Saitek Turbo 16K1437109.5/1095.0 %+9/=1/−01949Saitek Leonardo (v1.4)12851010/10100.0 %+10/=0/−02085
Meilleur : 100 % vs Novag Super VIP v3.7 · plus dur : 0 % vs Mephisto Berlin Pro 68020.
↑ retour au classement
Saitek President
6502 2 MHz — cb-emu · cote Ordo 1953 · 329 parties · 54.0 % · err ±11
Cote Ordo1953± 11
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Mephisto Genius 68030 London2363100/100.0 %+0/=0/−101563Mephisto Berlin Pro 680202315101/1010.0 %+1/=0/−91933Mephisto RISC II2227101.5/1015.0 %+1/=1/−81926Novag Star Diamond (v1.04)2226100/100.0 %+0/=0/−101426Saitek RISC 2500 v1.042217102.5/1025.0 %+2/=1/−72026Saitek Sparc (rev.518)2154102.5/1025.0 %+2/=1/−71964Mephisto Berlin 68000 v0.032127103/1030.0 %+2/=2/−61979Fidelity Elite Avantgarde V92125103.5/1035.0 %+2/=3/−52017Novag Sapphire2122102/1020.0 %+1/=2/−71881Fidelity Designer Mach IV2090101/1010.0 %+0/=2/−81708Fidelity Designer Mach III2029104/1040.0 %+3/=2/−51959Novag Zircon II1967104.5/1045.0 %+3/=3/−41932Mephisto Mondial 68000 XL1967105.5/1055.0 %+5/=1/−42002Mephisto Nigel Short1956107/1070.0 %+5/=4/−12103Saitek Maestro D++1915107/1070.0 %+7/=0/−32062Novag Super Forte C v3.61889106.5/1065.0 %+6/=1/−31997Novag Super Expert C v3.61888105.5/1055.0 %+5/=1/−41923Novag Turquoise1869108.5/1085.0 %+7/=3/−02170Saitek Corona II (ver. D+)1856107.5/1075.0 %+7/=1/−22047Saitek Turbo King II (D+)1835107/1070.0 %+7/=0/−31982Mephisto Modena (set 3)1834108/1080.0 %+7/=2/−12075Mephisto MM V (v5.1)1833105.5/1055.0 %+5/=1/−41868Mephisto MM IV (v7.10)1805105.5/1055.0 %+5/=1/−41840Fidelity Designer 21001805107/1070.0 %+6/=2/−21952Novag Constellation Forte A1803105.5/1055.0 %+5/=1/−41838Saitek Simultano (ver. B)1760106.5/1065.0 %+6/=1/−31868Fidelity Par Excellence (B)173997.5/983.3 %+6/=3/−02019Saitek Prisma1724104.5/1045.0 %+3/=3/−41689Fidelity Designer 20001694108.5/1085.0 %+7/=3/−01995Novag Super VIP v3.71640109.5/1095.0 %+9/=1/−02152Tandy Chess Champion 215015771010/10100.0 %+10/=0/−02377Saitek Turbo 16K1437109.5/1095.0 %+9/=1/−01949Saitek Leonardo (v1.4)12851010/10100.0 %+10/=0/−02085
Meilleur : 100 % vs Tandy Chess Champion 2150 · plus dur : 0 % vs Novag Star Diamond (v1.04).
↑ retour au classement
Saitek Maestro D++
65C02 (module, à confirmer) — cb-emu · cote Ordo 1915 · 334 parties · 50.1 % · err ±11
Cote Ordo1915± 11
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Mephisto Genius 68030 London2363102/1020.0 %+0/=4/−62122Mephisto Berlin Pro 680202315100.5/105.0 %+0/=1/−91803Mephisto RISC II222790.5/95.6 %+0/=1/−81735Novag Star Diamond (v1.04)2226102/1020.0 %+1/=2/−71985Saitek RISC 2500 v1.042217102/1020.0 %+2/=0/−81976Saitek Sparc (rev.518)2154101/1010.0 %+1/=0/−91773Mephisto Berlin 68000 v0.032127101/1010.0 %+1/=0/−91745Fidelity Elite Avantgarde V92125104/1040.0 %+2/=4/−42055Novag Sapphire2122103.5/1035.0 %+2/=3/−52014Fidelity Designer Mach IV2090103.5/1035.0 %+2/=3/−51982Fidelity Designer Mach III2029103.5/1035.0 %+3/=1/−61921Novag Zircon II1967105/1050.0 %+3/=4/−31967Mephisto Mondial 68000 XL1967105/1050.0 %+3/=4/−31967Mephisto Nigel Short1956112.5/1122.7 %+2/=1/−81743Saitek President1953103/1030.0 %+3/=0/−71805Novag Super Forte C v3.61889106.5/1065.0 %+5/=3/−21997Novag Super Expert C v3.61888116/1154.5 %+5/=2/−41920Novag Turquoise1869103.5/1035.0 %+3/=1/−61761Saitek Corona II (ver. D+)1856119.5/1186.4 %+9/=1/−12177Saitek Turbo King II (D+)1835104/1040.0 %+2/=4/−41764Mephisto Modena (set 3)1834105/1050.0 %+5/=0/−51834Mephisto MM V (v5.1)1833116.5/1159.1 %+6/=1/−41897Mephisto MM IV (v7.10)1805106.5/1065.0 %+6/=1/−31913Fidelity Designer 21001805108.5/1085.0 %+8/=1/−12106Novag Constellation Forte A1803118/1172.7 %+7/=2/−21973Saitek Simultano (ver. B)1760108.5/1085.0 %+8/=1/−12062Fidelity Par Excellence (B)1739106.5/1065.0 %+5/=3/−21847Saitek Prisma1724109/1090.0 %+9/=0/−12106Fidelity Designer 20001694105/1050.0 %+5/=0/−51694Novag Super VIP v3.71640108/1080.0 %+7/=2/−11881Tandy Chess Champion 21501577108/1080.0 %+8/=0/−21818Saitek Turbo 16K1437109.5/1095.0 %+9/=1/−01949Saitek Leonardo (v1.4)12851010/10100.0 %+10/=0/−02085
Meilleur : 100 % vs Saitek Leonardo (v1.4) · plus dur : 5 % vs Mephisto Berlin Pro 68020.
↑ retour au classement
Novag Super Forte C v3.6
65C02 5 MHz — cb-emu · cote Ordo 1889 · 334 parties · 47.6 % · err ±11
Cote Ordo1889± 11
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Mephisto Genius 68030 London2363101.5/1015.0 %+1/=1/−82062Mephisto Berlin Pro 680202315100.5/105.0 %+0/=1/−91803Mephisto RISC II222791.5/916.7 %+1/=1/−71947Novag Star Diamond (v1.04)2226101/1010.0 %+0/=2/−81844Saitek RISC 2500 v1.042217100.5/105.0 %+0/=1/−91706Saitek Sparc (rev.518)2154103.5/1035.0 %+2/=3/−52047Mephisto Berlin 68000 v0.032127101.5/1015.0 %+1/=1/−81825Fidelity Elite Avantgarde V92125104/1040.0 %+3/=2/−52055Novag Sapphire2122101/1010.0 %+0/=2/−81740Fidelity Designer Mach IV2090101.5/1015.0 %+1/=1/−81789Fidelity Designer Mach III2029105/1050.0 %+4/=2/−42029Novag Zircon II1967104/1040.0 %+2/=4/−41897Mephisto Mondial 68000 XL1967106/1060.0 %+4/=4/−22038Mephisto Nigel Short1956105.5/1055.0 %+4/=3/−31991Saitek President1953103.5/1035.0 %+3/=1/−61845Saitek Maestro D++1915103.5/1035.0 %+2/=3/−51808Novag Super Expert C v3.61888105.5/1055.0 %+5/=1/−41923Novag Turquoise1869105/1050.0 %+4/=2/−41869Saitek Corona II (ver. D+)1856113.5/1131.8 %+2/=3/−61724Saitek Turbo King II (D+)1835116.5/1159.1 %+5/=3/−31899Mephisto Modena (set 3)1834107/1070.0 %+6/=2/−21981Mephisto MM V (v5.1)1833106/1060.0 %+6/=0/−41904Mephisto MM IV (v7.10)1805103/1030.0 %+3/=0/−71658Fidelity Designer 21001805105/1050.0 %+4/=2/−41805Novag Constellation Forte A1803106/1060.0 %+6/=0/−41873Saitek Simultano (ver. B)1760108/1080.0 %+7/=2/−12001Fidelity Par Excellence (B)1739106.5/1065.0 %+6/=1/−31847Saitek Prisma1724108/1080.0 %+7/=2/−11965Fidelity Designer 20001694119.5/1186.4 %+8/=3/−02014Novag Super VIP v3.71640108/1080.0 %+8/=0/−21881Tandy Chess Champion 21501577118/1172.7 %+7/=2/−21747Saitek Turbo 16K1437109/1090.0 %+8/=2/−01819Saitek Leonardo (v1.4)12851110.5/1195.5 %+10/=1/−01814
Meilleur : 95 % vs Saitek Leonardo (v1.4) · plus dur : 5 % vs Saitek RISC 2500 v1.04.
↑ retour au classement
Novag Super Expert C v3.6
65C02 5 MHz — cb-emu · cote Ordo 1888 · 334 parties · 47.3 % · err ±11
Cote Ordo1888± 11
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Mephisto Genius 68030 London2363101.5/1015.0 %+0/=3/−72062Mephisto Berlin Pro 680202315100.5/105.0 %+0/=1/−91803Mephisto RISC II222790/90.0 %+0/=0/−91427Novag Star Diamond (v1.04)2226101/1010.0 %+1/=0/−91844Saitek RISC 2500 v1.042217103.5/1035.0 %+3/=1/−62110Saitek Sparc (rev.518)2154101.5/1015.0 %+0/=3/−71853Mephisto Berlin 68000 v0.032127101/1010.0 %+1/=0/−91745Fidelity Elite Avantgarde V92125102/1020.0 %+1/=2/−71884Novag Sapphire2122100.5/105.0 %+0/=1/−91610Fidelity Designer Mach IV2090102/1020.0 %+1/=2/−71849Fidelity Designer Mach III2029102.5/1025.0 %+2/=1/−71838Novag Zircon II1967104/1040.0 %+3/=2/−51897Mephisto Mondial 68000 XL1967103/1030.0 %+2/=2/−61820Mephisto Nigel Short1956102/1020.0 %+0/=4/−61715Saitek President1953104.5/1045.0 %+4/=1/−51918Saitek Maestro D++1915115/1145.5 %+4/=2/−51884Novag Super Forte C v3.61889104.5/1045.0 %+4/=1/−51854Novag Turquoise1869106/1060.0 %+5/=2/−31939Saitek Corona II (ver. D+)1856105/1050.0 %+5/=0/−51856Saitek Turbo King II (D+)1835106.5/1065.0 %+6/=1/−31942Mephisto Modena (set 3)1834107/1070.0 %+6/=2/−21981Mephisto MM V (v5.1)1833106.5/1065.0 %+6/=1/−31941Mephisto MM IV (v7.10)1805104.5/1045.0 %+4/=1/−51770Fidelity Designer 21001805117/1163.6 %+5/=4/−21902Novag Constellation Forte A1803106.5/1065.0 %+5/=3/−21911Saitek Simultano (ver. B)17601110/1190.9 %+10/=0/−12160Fidelity Par Excellence (B)17391110/1190.9 %+9/=2/−02139Saitek Prisma1724104.5/1045.0 %+4/=1/−51689Fidelity Designer 20001694109.5/1095.0 %+9/=1/−02205Novag Super VIP v3.71640118/1172.7 %+7/=2/−21810Tandy Chess Champion 21501577108/1080.0 %+7/=2/−11818Saitek Turbo 16K14371010/10100.0 %+10/=0/−02237Saitek Leonardo (v1.4)12851010/10100.0 %+10/=0/−02085
Meilleur : 100 % vs Saitek Turbo 16K · plus dur : 5 % vs Mephisto Berlin Pro 68020.
↑ retour au classement
Novag Turquoise
65C02 (à confirmer) — cb-emu · cote Ordo 1869 · 330 parties · 44.8 % · err ±11
Cote Ordo1869± 11
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Mephisto Genius 68030 London2363100/100.0 %+0/=0/−101563Mephisto Berlin Pro 680202315100/100.0 %+0/=0/−101515Mephisto RISC II2227100/100.0 %+0/=0/−101427Novag Star Diamond (v1.04)2226100/100.0 %+0/=0/−101426Saitek RISC 2500 v1.042217101.5/1015.0 %+1/=1/−81916Saitek Sparc (rev.518)2154104/1040.0 %+4/=0/−62084Mephisto Berlin 68000 v0.032127101.5/1015.0 %+1/=1/−81825Fidelity Elite Avantgarde V92125101.5/1015.0 %+1/=1/−81824Novag Sapphire2122102/1020.0 %+1/=2/−71881Fidelity Designer Mach IV2090102.5/1025.0 %+2/=1/−71899Fidelity Designer Mach III2029102.5/1025.0 %+1/=3/−61838Novag Zircon II1967106/1060.0 %+4/=4/−22038Mephisto Mondial 68000 XL1967103.5/1035.0 %+2/=3/−51860Mephisto Nigel Short1956105.5/1055.0 %+4/=3/−31991Saitek President1953101.5/1015.0 %+0/=3/−71651Saitek Maestro D++1915106.5/1065.0 %+6/=1/−32023Novag Super Forte C v3.61889105/1050.0 %+4/=2/−41889Novag Super Expert C v3.61888104/1040.0 %+3/=2/−51817Saitek Corona II (ver. D+)1856104.5/1045.0 %+3/=3/−41821Saitek Turbo King II (D+)1835106/1060.0 %+4/=4/−21905Mephisto Modena (set 3)1834104.5/1045.0 %+4/=1/−51799Mephisto MM V (v5.1)1833104.5/1045.0 %+4/=1/−51798Mephisto MM IV (v7.10)1805108.5/1085.0 %+8/=1/−12106Fidelity Designer 21001805104.5/1045.0 %+3/=3/−41770Novag Constellation Forte A1803106.5/1065.0 %+6/=1/−31911Saitek Simultano (ver. B)1760106.5/1065.0 %+6/=1/−31868Fidelity Par Excellence (B)1739107.5/1075.0 %+7/=1/−21930Saitek Prisma1724107/1070.0 %+6/=2/−21871Fidelity Designer 20001694108/1080.0 %+7/=2/−11934Novag Super VIP v3.71640107/1070.0 %+6/=2/−21787Tandy Chess Champion 21501577107.5/1075.0 %+7/=1/−21768Saitek Turbo 16K1437108/1080.0 %+7/=2/−11678Saitek Leonardo (v1.4)12851010/10100.0 %+10/=0/−02085
Meilleur : 100 % vs Saitek Leonardo (v1.4) · plus dur : 0 % vs Mephisto RISC II.
↑ retour au classement
Saitek Corona II (ver. D+)
65C02 5 MHz — cb-emu · cote Ordo 1856 · 335 parties · 42.1 % · err ±11
Cote Ordo1856± 11
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Mephisto Genius 68030 London2363100/100.0 %+0/=0/−101563Mephisto Berlin Pro 680202315100.5/105.0 %+0/=1/−91803Mephisto RISC II2227101/1010.0 %+0/=2/−81845Novag Star Diamond (v1.04)2226100.5/105.0 %+0/=1/−91714Saitek RISC 2500 v1.042217101.5/1015.0 %+0/=3/−71916Saitek Sparc (rev.518)2154102/1020.0 %+1/=2/−71914Mephisto Berlin 68000 v0.032127100/100.0 %+0/=0/−101327Fidelity Elite Avantgarde V92125100.5/105.0 %+0/=1/−91613Novag Sapphire2122102/1020.0 %+1/=2/−71881Fidelity Designer Mach IV2090104/1040.0 %+4/=0/−62020Fidelity Designer Mach III2029105/1050.0 %+3/=4/−32029Novag Zircon II1967104/1040.0 %+4/=0/−61897Mephisto Mondial 68000 XL1967101.5/1015.0 %+1/=1/−81666Mephisto Nigel Short1956103.5/1035.0 %+2/=3/−51848Saitek President1953102.5/1025.0 %+2/=1/−71762Saitek Maestro D++1915111.5/1113.6 %+1/=1/−91595Novag Super Forte C v3.61889117.5/1168.2 %+6/=3/−22022Novag Super Expert C v3.61888105/1050.0 %+5/=0/−51888Novag Turquoise1869105.5/1055.0 %+4/=3/−31903Saitek Turbo King II (D+)1835102/1020.0 %+1/=2/−71594Mephisto Modena (set 3)1834115/1145.5 %+5/=0/−61802Mephisto MM V (v5.1)1833106.5/1065.0 %+6/=1/−31941Mephisto MM IV (v7.10)1805114.5/1140.9 %+4/=1/−61741Fidelity Designer 21001805114/1136.4 %+3/=2/−61707Novag Constellation Forte A1803106/1060.0 %+5/=2/−31873Saitek Simultano (ver. B)1760107.5/1075.0 %+7/=1/−21951Fidelity Par Excellence (B)1739107/1070.0 %+7/=0/−31887Saitek Prisma1724107/1070.0 %+7/=0/−31871Fidelity Designer 20001694107.5/1075.0 %+7/=1/−21884Novag Super VIP v3.71640108/1080.0 %+8/=0/−21881Tandy Chess Champion 21501577108.5/1085.0 %+8/=1/−11878Saitek Turbo 16K1437109.5/1095.0 %+9/=1/−01949Saitek Leonardo (v1.4)12851010/10100.0 %+10/=0/−02085
Meilleur : 100 % vs Saitek Leonardo (v1.4) · plus dur : 0 % vs Mephisto Genius 68030 London.
↑ retour au classement
Saitek Turbo King II (D+)
65C02 5 MHz — cb-emu · cote Ordo 1835 · 333 parties · 41.1 % · err ±11
Cote Ordo1835± 11
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Mephisto Genius 68030 London2363100.5/105.0 %+0/=1/−91851Mephisto Berlin Pro 680202315101/1010.0 %+0/=2/−81933Mephisto RISC II2227100.5/105.0 %+0/=1/−91715Novag Star Diamond (v1.04)2226101/1010.0 %+1/=0/−91844Saitek RISC 2500 v1.042217100/100.0 %+0/=0/−101417Saitek Sparc (rev.518)2154100.5/105.0 %+0/=1/−91643Mephisto Berlin 68000 v0.032127102.5/1025.0 %+2/=1/−71936Fidelity Elite Avantgarde V92125101/1010.0 %+0/=2/−81743Novag Sapphire2122102/1020.0 %+1/=2/−71881Fidelity Designer Mach IV2090102.5/1025.0 %+2/=1/−71899Fidelity Designer Mach III2029114/1136.4 %+2/=4/−51932Novag Zircon II196791/911.1 %+0/=2/−71606Mephisto Mondial 68000 XL1967102.5/1025.0 %+1/=3/−61776Mephisto Nigel Short1956100.5/105.0 %+0/=1/−91444Saitek President1953103/1030.0 %+3/=0/−71805Saitek Maestro D++1915106/1060.0 %+4/=4/−21986Novag Super Forte C v3.61889114.5/1140.9 %+3/=3/−51825Novag Super Expert C v3.61888103.5/1035.0 %+3/=1/−61780Novag Turquoise1869104/1040.0 %+2/=4/−41798Saitek Corona II (ver. D+)1856108/1080.0 %+7/=2/−12097Mephisto Modena (set 3)1834114/1136.4 %+4/=0/−71737Mephisto MM V (v5.1)1833106.5/1065.0 %+5/=3/−21941Mephisto MM IV (v7.10)1805117/1163.6 %+7/=0/−41902Fidelity Designer 21001805116.5/1159.1 %+6/=1/−41868Novag Constellation Forte A1803105/1050.0 %+5/=0/−51803Saitek Simultano (ver. B)1760106.5/1065.0 %+4/=5/−11868Fidelity Par Excellence (B)1739105/1050.0 %+4/=2/−41739Saitek Prisma1724106/1060.0 %+4/=4/−21794Fidelity Designer 20001694105/1050.0 %+4/=2/−41694Novag Super VIP v3.7164098/988.9 %+8/=0/−12001Tandy Chess Champion 215015771010/10100.0 %+10/=0/−02377Saitek Turbo 16K1437109/1090.0 %+8/=2/−01819Saitek Leonardo (v1.4)12851010/10100.0 %+10/=0/−02085
Meilleur : 100 % vs Tandy Chess Champion 2150 · plus dur : 0 % vs Saitek RISC 2500 v1.04.
↑ retour au classement
Mephisto Modena (set 3)
65C02 4,2 MHz — cb-emu · cote Ordo 1834 · 334 parties · 41.5 % · err ±11
Cote Ordo1834± 11
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Mephisto Genius 68030 London2363100.5/105.0 %+0/=1/−91851Mephisto Berlin Pro 680202315100.5/105.0 %+0/=1/−91803Mephisto RISC II2227101.5/1015.0 %+1/=1/−81926Novag Star Diamond (v1.04)2226101.5/1015.0 %+0/=3/−71925Saitek RISC 2500 v1.042217100.5/105.0 %+0/=1/−91706Saitek Sparc (rev.518)2154102/1020.0 %+2/=0/−81914Mephisto Berlin 68000 v0.032127104/1040.0 %+2/=4/−42056Fidelity Elite Avantgarde V92125100.5/105.0 %+0/=1/−91613Novag Sapphire212290.5/95.6 %+0/=1/−81629Fidelity Designer Mach IV2090103.5/1035.0 %+2/=3/−51982Fidelity Designer Mach III2029102.5/1025.0 %+1/=3/−61838Novag Zircon II1967102/1020.0 %+1/=2/−71726Mephisto Mondial 68000 XL1967104/1040.0 %+2/=4/−41897Mephisto Nigel Short1956103/1030.0 %+3/=0/−71809Saitek President1953102/1020.0 %+1/=2/−71712Saitek Maestro D++1915105/1050.0 %+5/=0/−51915Novag Super Forte C v3.61889103/1030.0 %+2/=2/−61742Novag Super Expert C v3.61888103/1030.0 %+2/=2/−61741Novag Turquoise1869105.5/1055.0 %+5/=1/−41903Saitek Corona II (ver. D+)1856116/1154.5 %+6/=0/−51888Saitek Turbo King II (D+)1835117/1163.6 %+7/=0/−41932Mephisto MM V (v5.1)1833103.5/1035.0 %+3/=1/−61726Mephisto MM IV (v7.10)1805103.5/1035.0 %+3/=1/−61697Fidelity Designer 21001805109/1090.0 %+9/=0/−12186Novag Constellation Forte A1803114/1136.4 %+1/=6/−41706Saitek Simultano (ver. B)1760107/1070.0 %+7/=0/−31907Fidelity Par Excellence (B)1739108.5/1085.0 %+8/=1/−12041Saitek Prisma1724106/1060.0 %+6/=0/−41794Fidelity Designer 20001694114.5/1140.9 %+4/=1/−61630Novag Super VIP v3.71640108.5/1085.0 %+8/=1/−11941Tandy Chess Champion 21501577116.5/1159.1 %+5/=3/−31641Saitek Turbo 16K1437109.5/1095.0 %+9/=1/−01949Saitek Leonardo (v1.4)12851010/10100.0 %+10/=0/−02085
Meilleur : 100 % vs Saitek Leonardo (v1.4) · plus dur : 5 % vs Saitek RISC 2500 v1.04.
↑ retour au classement
Mephisto MM V (v5.1)
65C02 4,9 MHz — cb-emu · cote Ordo 1833 · 335 parties · 41.2 % · err ±11
Cote Ordo1833± 11
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Mephisto Genius 68030 London2363100/100.0 %+0/=0/−101563Mephisto Berlin Pro 680202315100.5/105.0 %+0/=1/−91803Mephisto RISC II2227100.5/105.0 %+0/=1/−91715Novag Star Diamond (v1.04)2226100/100.0 %+0/=0/−101426Saitek RISC 2500 v1.042217101.5/1015.0 %+1/=1/−81916Saitek Sparc (rev.518)2154101/1010.0 %+1/=0/−91773Mephisto Berlin 68000 v0.032127102/1020.0 %+1/=2/−71886Fidelity Elite Avantgarde V92125102.5/1025.0 %+2/=1/−71934Novag Sapphire2122100.5/105.0 %+0/=1/−91610Fidelity Designer Mach IV2090103.5/1035.0 %+2/=3/−51982Fidelity Designer Mach III2029103/1030.0 %+2/=2/−61882Novag Zircon II1967104/1040.0 %+4/=0/−61897Mephisto Mondial 68000 XL1967102.5/1025.0 %+1/=3/−61776Mephisto Nigel Short1956101.5/1015.0 %+1/=1/−81655Saitek President1953104.5/1045.0 %+4/=1/−51918Saitek Maestro D++1915114.5/1140.9 %+4/=1/−61851Novag Super Forte C v3.61889104/1040.0 %+4/=0/−61819Novag Super Expert C v3.61888103.5/1035.0 %+3/=1/−61780Novag Turquoise1869105.5/1055.0 %+5/=1/−41903Saitek Corona II (ver. D+)1856103.5/1035.0 %+3/=1/−61748Saitek Turbo King II (D+)1835103.5/1035.0 %+2/=3/−51727Mephisto Modena (set 3)1834106.5/1065.0 %+6/=1/−31941Mephisto MM IV (v7.10)1805115/1145.5 %+4/=2/−51773Fidelity Designer 21001805114/1136.4 %+4/=0/−71707Novag Constellation Forte A1803105/1050.0 %+5/=0/−51803Saitek Simultano (ver. B)1760116/1154.5 %+6/=0/−51792Fidelity Par Excellence (B)1739119/1181.8 %+8/=2/−12001Saitek Prisma1724107.5/1075.0 %+6/=3/−11915Fidelity Designer 20001694104/1040.0 %+2/=4/−41623Novag Super VIP v3.716401010/10100.0 %+10/=0/−02440Tandy Chess Champion 215015771010/10100.0 %+10/=0/−02377Saitek Turbo 16K1437109/1090.0 %+9/=0/−11819Saitek Leonardo (v1.4)12851010/10100.0 %+10/=0/−02085
Meilleur : 100 % vs Novag Super VIP v3.7 · plus dur : 0 % vs Novag Star Diamond (v1.04).
↑ retour au classement
Mephisto MM IV (v7.10)
65C02 4,9 MHz — cb-emu · cote Ordo 1805 · 334 parties · 38.3 % · err ±11
Cote Ordo1805± 11
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Mephisto Genius 68030 London2363100/100.0 %+0/=0/−101563Mephisto Berlin Pro 680202315100.5/105.0 %+0/=1/−91803Mephisto RISC II2227100.5/105.0 %+0/=1/−91715Novag Star Diamond (v1.04)2226101/1010.0 %+1/=0/−91844Saitek RISC 2500 v1.042217100/100.0 %+0/=0/−101417Saitek Sparc (rev.518)2154102/1020.0 %+1/=2/−71914Mephisto Berlin 68000 v0.032127101.5/1015.0 %+1/=1/−81825Fidelity Elite Avantgarde V92125100/100.0 %+0/=0/−101325Novag Sapphire212291.5/916.7 %+0/=3/−61842Fidelity Designer Mach IV2090100.5/105.0 %+0/=1/−91578Fidelity Designer Mach III2029101/1010.0 %+1/=0/−91647Novag Zircon II1967103/1030.0 %+1/=4/−51820Mephisto Mondial 68000 XL1967101.5/1015.0 %+1/=1/−81666Mephisto Nigel Short1956102/1020.0 %+1/=2/−71715Saitek President1953104.5/1045.0 %+4/=1/−51918Saitek Maestro D++1915103.5/1035.0 %+3/=1/−61808Novag Super Forte C v3.61889107/1070.0 %+7/=0/−32036Novag Super Expert C v3.61888105.5/1055.0 %+5/=1/−41923Novag Turquoise1869101.5/1015.0 %+1/=1/−81567Saitek Corona II (ver. D+)1856116.5/1159.1 %+6/=1/−41920Saitek Turbo King II (D+)1835114/1136.4 %+4/=0/−71737Mephisto Modena (set 3)1834106.5/1065.0 %+6/=1/−31941Mephisto MM V (v5.1)1833116/1154.5 %+5/=2/−41865Fidelity Designer 21001805105.5/1055.0 %+5/=1/−41839Novag Constellation Forte A1803117.5/1168.2 %+6/=3/−21935Saitek Simultano (ver. B)1760104.5/1045.0 %+4/=1/−51725Fidelity Par Excellence (B)1739104.5/1045.0 %+4/=1/−51705Saitek Prisma1724106.5/1065.0 %+6/=1/−31832Fidelity Designer 20001694119.5/1186.4 %+9/=1/−12014Novag Super VIP v3.71640106/1060.0 %+4/=4/−21710Tandy Chess Champion 21501577105/1050.0 %+5/=0/−51577Saitek Turbo 16K1437109.5/1095.0 %+9/=1/−01949Saitek Leonardo (v1.4)1285109.5/1095.0 %+9/=1/−01797
Meilleur : 95 % vs Saitek Leonardo (v1.4) · plus dur : 0 % vs Saitek RISC 2500 v1.04.
↑ retour au classement
Fidelity Designer 2100
65C02 6 MHz — cb-emu · cote Ordo 1805 · 334 parties · 38.2 % · err ±11
Cote Ordo1805± 11
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Mephisto Genius 68030 London2363100.5/105.0 %+0/=1/−91851Mephisto Berlin Pro 680202315100/100.0 %+0/=0/−101515Mephisto RISC II2227100.5/105.0 %+0/=1/−91715Novag Star Diamond (v1.04)2226100/100.0 %+0/=0/−101426Saitek RISC 2500 v1.042217101/1010.0 %+1/=0/−91836Saitek Sparc (rev.518)2154101.5/1015.0 %+0/=3/−71853Mephisto Berlin 68000 v0.032127101.5/1015.0 %+0/=3/−71825Fidelity Elite Avantgarde V92125100/100.0 %+0/=0/−101325Novag Sapphire212292/922.2 %+0/=4/−51904Fidelity Designer Mach IV2090100.5/105.0 %+0/=1/−91578Fidelity Designer Mach III2029102.5/1025.0 %+2/=1/−71838Novag Zircon II1967101.5/1015.0 %+1/=1/−81666Mephisto Mondial 68000 XL1967102/1020.0 %+2/=0/−81726Mephisto Nigel Short1956102.5/1025.0 %+1/=3/−61765Saitek President1953103/1030.0 %+2/=2/−61805Saitek Maestro D++1915101.5/1015.0 %+1/=1/−81614Novag Super Forte C v3.61889105/1050.0 %+4/=2/−41889Novag Super Expert C v3.61888114/1136.4 %+2/=4/−51791Novag Turquoise1869105.5/1055.0 %+4/=3/−31903Saitek Corona II (ver. D+)1856117/1163.6 %+6/=2/−31953Saitek Turbo King II (D+)1835114.5/1140.9 %+4/=1/−61771Mephisto Modena (set 3)1834101/1010.0 %+1/=0/−91452Mephisto MM V (v5.1)1833117/1163.6 %+7/=0/−41930Mephisto MM IV (v7.10)1805104.5/1045.0 %+4/=1/−51770Novag Constellation Forte A1803115.5/1150.0 %+4/=3/−41803Saitek Simultano (ver. B)1760106/1060.0 %+6/=0/−41831Fidelity Par Excellence (B)1739106.5/1065.0 %+4/=5/−11847Saitek Prisma1724105.5/1055.0 %+5/=1/−41759Fidelity Designer 20001694109/1090.0 %+8/=2/−02075Novag Super VIP v3.71640108/1080.0 %+6/=4/−01881Tandy Chess Champion 21501577109.5/1095.0 %+9/=1/−02089Saitek Turbo 16K1437108.5/1085.0 %+8/=1/−11738Saitek Leonardo (v1.4)12851010/10100.0 %+10/=0/−02085
Meilleur : 100 % vs Saitek Leonardo (v1.4) · plus dur : 0 % vs Fidelity Elite Avantgarde V9.
↑ retour au classement
Novag Constellation Forte A
65C02 5 MHz — cb-emu · cote Ordo 1803 · 335 parties · 37.6 % · err ±11
Cote Ordo1803± 11
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Mephisto Genius 68030 London2363100/100.0 %+0/=0/−101563Mephisto Berlin Pro 680202315101.5/1015.0 %+1/=1/−82014Mephisto RISC II2227100/100.0 %+0/=0/−101427Novag Star Diamond (v1.04)2226101/1010.0 %+1/=0/−91844Saitek RISC 2500 v1.042217100.5/105.0 %+0/=1/−91706Saitek Sparc (rev.518)2154100.5/105.0 %+0/=1/−91643Mephisto Berlin 68000 v0.032127101.5/1015.0 %+1/=1/−81825Fidelity Elite Avantgarde V92125100.5/105.0 %+0/=1/−91613Novag Sapphire2122101.5/1015.0 %+1/=1/−81820Fidelity Designer Mach IV2090101/1010.0 %+0/=2/−81708Fidelity Designer Mach III2029102.5/1025.0 %+2/=1/−71838Novag Zircon II1967102/1020.0 %+2/=0/−81726Mephisto Mondial 68000 XL1967102.5/1025.0 %+1/=3/−61776Mephisto Nigel Short1956106/1060.0 %+6/=0/−42026Saitek President1953104.5/1045.0 %+4/=1/−51918Saitek Maestro D++1915113/1127.3 %+2/=2/−71745Novag Super Forte C v3.61889104/1040.0 %+4/=0/−61819Novag Super Expert C v3.61888103.5/1035.0 %+2/=3/−51780Novag Turquoise1869103.5/1035.0 %+3/=1/−61761Saitek Corona II (ver. D+)1856104/1040.0 %+3/=2/−51786Saitek Turbo King II (D+)1835105/1050.0 %+5/=0/−51835Mephisto Modena (set 3)1834117/1163.6 %+4/=6/−11931Mephisto MM V (v5.1)1833105/1050.0 %+5/=0/−51833Mephisto MM IV (v7.10)1805113.5/1131.8 %+2/=3/−61673Fidelity Designer 21001805115.5/1150.0 %+4/=3/−41805Saitek Simultano (ver. B)1760114/1136.4 %+3/=2/−61663Fidelity Par Excellence (B)1739104.5/1045.0 %+4/=1/−51705Saitek Prisma1724105.5/1055.0 %+5/=1/−41759Fidelity Designer 20001694105.5/1055.0 %+4/=3/−31728Novag Super VIP v3.71640108.5/1085.0 %+7/=3/−01941Tandy Chess Champion 21501577109.5/1095.0 %+9/=1/−02089Saitek Turbo 16K1437109.5/1095.0 %+9/=1/−01949Saitek Leonardo (v1.4)1285109.5/1095.0 %+9/=1/−01797
Meilleur : 95 % vs Saitek Turbo 16K · plus dur : 0 % vs Mephisto Genius 68030 London.
↑ retour au classement
Saitek Simultano (ver. B)
65C02 5 MHz — cb-emu · cote Ordo 1760 · 335 parties · 33.4 % · err ±10
Cote Ordo1760± 10
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Mephisto Genius 68030 London2363100/100.0 %+0/=0/−101563Mephisto Berlin Pro 680202315100/100.0 %+0/=0/−101515Mephisto RISC II2227100.5/105.0 %+0/=1/−91715Novag Star Diamond (v1.04)2226100.5/105.0 %+0/=1/−91714Saitek RISC 2500 v1.042217100/100.0 %+0/=0/−101417Saitek Sparc (rev.518)2154100.5/105.0 %+0/=1/−91643Mephisto Berlin 68000 v0.032127100.5/105.0 %+0/=1/−91615Fidelity Elite Avantgarde V92125100/100.0 %+0/=0/−101325Novag Sapphire2122100.5/105.0 %+0/=1/−91610Fidelity Designer Mach IV2090111/119.1 %+0/=2/−91690Fidelity Designer Mach III2029102.5/1025.0 %+1/=3/−61838Novag Zircon II1967102/1020.0 %+1/=2/−71726Mephisto Mondial 68000 XL1967102.5/1025.0 %+2/=1/−71776Mephisto Nigel Short1956115/1145.5 %+4/=2/−51924Saitek President1953103.5/1035.0 %+3/=1/−61845Saitek Maestro D++1915101.5/1015.0 %+1/=1/−81614Novag Super Forte C v3.61889102/1020.0 %+1/=2/−71648Novag Super Expert C v3.61888111/119.1 %+1/=0/−101488Novag Turquoise1869103.5/1035.0 %+3/=1/−61761Saitek Corona II (ver. D+)1856102.5/1025.0 %+2/=1/−71665Saitek Turbo King II (D+)1835103.5/1035.0 %+1/=5/−41727Mephisto Modena (set 3)1834103/1030.0 %+3/=0/−71687Mephisto MM V (v5.1)1833115/1145.5 %+5/=0/−61801Mephisto MM IV (v7.10)1805105.5/1055.0 %+5/=1/−41840Fidelity Designer 21001805104/1040.0 %+4/=0/−61734Novag Constellation Forte A1803117/1163.6 %+6/=2/−31900Fidelity Par Excellence (B)1739106/1060.0 %+6/=0/−41810Saitek Prisma1724105/1050.0 %+4/=2/−41724Fidelity Designer 20001694109/1090.0 %+9/=0/−12075Novag Super VIP v3.71640108/1080.0 %+6/=4/−01881Tandy Chess Champion 21501577108/1080.0 %+7/=2/−11818Saitek Turbo 16K1437109/1090.0 %+9/=0/−11819Saitek Leonardo (v1.4)1285109.5/1095.0 %+9/=1/−01797
Meilleur : 95 % vs Saitek Leonardo (v1.4) · plus dur : 0 % vs Saitek RISC 2500 v1.04.
↑ retour au classement
Fidelity Par Excellence (B)
65C02 5 MHz — cb-emu · cote Ordo 1739 · 333 parties · 31.4 % · err ±10
Cote Ordo1739± 10
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Mephisto Genius 68030 London2363100.5/105.0 %+0/=1/−91851Mephisto Berlin Pro 680202315100/100.0 %+0/=0/−101515Mephisto RISC II2227101/1010.0 %+0/=2/−81845Novag Star Diamond (v1.04)2226100/100.0 %+0/=0/−101426Saitek RISC 2500 v1.042217100/100.0 %+0/=0/−101417Saitek Sparc (rev.518)2154102/1020.0 %+1/=2/−71914Mephisto Berlin 68000 v0.032127100/100.0 %+0/=0/−101327Fidelity Elite Avantgarde V92125110.5/114.5 %+0/=1/−101596Novag Sapphire2122101.5/1015.0 %+1/=1/−81820Fidelity Designer Mach IV2090114/1136.4 %+4/=0/−71993Fidelity Designer Mach III2029102.5/1025.0 %+2/=1/−71838Novag Zircon II196792.5/927.8 %+2/=1/−61801Mephisto Mondial 68000 XL1967101.5/1015.0 %+1/=1/−81666Mephisto Nigel Short1956111.5/1113.6 %+0/=3/−81635Saitek President195391.5/916.7 %+0/=3/−61673Saitek Maestro D++1915103.5/1035.0 %+2/=3/−51808Novag Super Forte C v3.61889103.5/1035.0 %+3/=1/−61782Novag Super Expert C v3.61888111/119.1 %+0/=2/−91488Novag Turquoise1869102.5/1025.0 %+2/=1/−71678Saitek Corona II (ver. D+)1856103/1030.0 %+3/=0/−71709Saitek Turbo King II (D+)1835105/1050.0 %+4/=2/−41835Mephisto Modena (set 3)1834101.5/1015.0 %+1/=1/−81532Mephisto MM V (v5.1)1833112/1118.2 %+1/=2/−81572Mephisto MM IV (v7.10)1805105.5/1055.0 %+5/=1/−41840Fidelity Designer 21001805103.5/1035.0 %+1/=5/−41697Novag Constellation Forte A1803105.5/1055.0 %+5/=1/−41838Saitek Simultano (ver. B)1760104/1040.0 %+4/=0/−61690Saitek Prisma1724106.5/1065.0 %+5/=3/−21832Fidelity Designer 20001694107.5/1075.0 %+5/=5/−01884Novag Super VIP v3.71640105.5/1055.0 %+5/=1/−41675Tandy Chess Champion 21501577108/1080.0 %+8/=0/−21818Saitek Turbo 16K1437107.5/1075.0 %+6/=3/−11628Saitek Leonardo (v1.4)12851010/10100.0 %+10/=0/−02085
Meilleur : 100 % vs Saitek Leonardo (v1.4) · plus dur : 0 % vs Novag Star Diamond (v1.04).
↑ retour au classement
Saitek Prisma
H8/325 20 MHz — cb-emu · cote Ordo 1724 · 335 parties · 29.6 % · err ±10
Cote Ordo1724± 10
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Mephisto Genius 68030 London2363110/110.0 %+0/=0/−111563Mephisto Berlin Pro 680202315100/100.0 %+0/=0/−101515Mephisto RISC II2227100/100.0 %+0/=0/−101427Novag Star Diamond (v1.04)2226102.5/1025.0 %+2/=1/−72035Saitek RISC 2500 v1.042217100/100.0 %+0/=0/−101417Saitek Sparc (rev.518)2154100/100.0 %+0/=0/−101354Mephisto Berlin 68000 v0.032127113/1127.3 %+2/=2/−71956Fidelity Elite Avantgarde V92125111.5/1113.6 %+1/=1/−91804Novag Sapphire2122101/1010.0 %+1/=0/−91740Fidelity Designer Mach IV2090110.5/114.5 %+0/=1/−101561Fidelity Designer Mach III2029102.5/1025.0 %+2/=1/−71838Novag Zircon II1967101/1010.0 %+1/=0/−91585Mephisto Mondial 68000 XL1967101/1010.0 %+1/=0/−91585Mephisto Nigel Short1956112.5/1122.7 %+1/=3/−71743Saitek President1953105.5/1055.0 %+4/=3/−31987Saitek Maestro D++1915101/1010.0 %+1/=0/−91534Novag Super Forte C v3.61889102/1020.0 %+1/=2/−71648Novag Super Expert C v3.61888105.5/1055.0 %+5/=1/−41923Novag Turquoise1869103/1030.0 %+2/=2/−61721Saitek Corona II (ver. D+)1856103/1030.0 %+3/=0/−71709Saitek Turbo King II (D+)1835104/1040.0 %+2/=4/−41764Mephisto Modena (set 3)1834104/1040.0 %+4/=0/−61763Mephisto MM V (v5.1)1833102.5/1025.0 %+1/=3/−61642Mephisto MM IV (v7.10)1805103.5/1035.0 %+3/=1/−61697Fidelity Designer 21001805104.5/1045.0 %+4/=1/−51770Novag Constellation Forte A1803104.5/1045.0 %+4/=1/−51768Saitek Simultano (ver. B)1760105/1050.0 %+4/=2/−41760Fidelity Par Excellence (B)1739103.5/1035.0 %+2/=3/−51632Fidelity Designer 20001694103/1030.0 %+3/=0/−71546Novag Super VIP v3.71640104/1040.0 %+4/=0/−61570Tandy Chess Champion 21501577107.5/1075.0 %+7/=1/−21768Saitek Turbo 16K1437107.5/1075.0 %+6/=3/−11628Saitek Leonardo (v1.4)12851010/10100.0 %+10/=0/−02085
Meilleur : 100 % vs Saitek Leonardo (v1.4) · plus dur : 0 % vs Mephisto Genius 68030 London.
↑ retour au classement
Fidelity Designer 2000
65C02 3 MHz — cb-emu · cote Ordo 1694 · 333 parties · 27.2 % · err ±10
Cote Ordo1694± 10
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Mephisto Genius 68030 London2363100/100.0 %+0/=0/−101563Mephisto Berlin Pro 680202315100.5/105.0 %+0/=1/−91803Mephisto RISC II2227100/100.0 %+0/=0/−101427Novag Star Diamond (v1.04)2226100/100.0 %+0/=0/−101426Saitek RISC 2500 v1.042217100/100.0 %+0/=0/−101417Saitek Sparc (rev.518)2154100.5/105.0 %+0/=1/−91643Mephisto Berlin 68000 v0.032127100.5/105.0 %+0/=1/−91615Fidelity Elite Avantgarde V92125100.5/105.0 %+0/=1/−91613Novag Sapphire2122100/100.0 %+0/=0/−101322Fidelity Designer Mach IV2090100/100.0 %+0/=0/−101290Fidelity Designer Mach III2029112.5/1122.7 %+2/=1/−81816Novag Zircon II196793.5/938.9 %+3/=1/−51889Mephisto Mondial 68000 XL1967100/100.0 %+0/=0/−101167Mephisto Nigel Short1956104/1040.0 %+2/=4/−41886Saitek President1953101.5/1015.0 %+0/=3/−71651Saitek Maestro D++1915105/1050.0 %+5/=0/−51915Novag Super Forte C v3.61889111.5/1113.6 %+0/=3/−81569Novag Super Expert C v3.61888100.5/105.0 %+0/=1/−91376Novag Turquoise1869102/1020.0 %+1/=2/−71628Saitek Corona II (ver. D+)1856102.5/1025.0 %+2/=1/−71665Saitek Turbo King II (D+)1835105/1050.0 %+4/=2/−41835Mephisto Modena (set 3)1834116.5/1159.1 %+6/=1/−41898Mephisto MM V (v5.1)1833106/1060.0 %+4/=4/−21904Mephisto MM IV (v7.10)1805111.5/1113.6 %+1/=1/−91484Fidelity Designer 21001805101/1010.0 %+0/=2/−81423Novag Constellation Forte A1803104.5/1045.0 %+3/=3/−41768Saitek Simultano (ver. B)1760101/1010.0 %+1/=0/−91379Fidelity Par Excellence (B)1739102.5/1025.0 %+0/=5/−51549Saitek Prisma1724107/1070.0 %+7/=0/−31871Novag Super VIP v3.71640104.5/1045.0 %+3/=3/−41605Tandy Chess Champion 21501577106.5/1065.0 %+6/=1/−31685Saitek Turbo 16K1437109.5/1095.0 %+9/=1/−01949Saitek Leonardo (v1.4)12851010/10100.0 %+10/=0/−02085
Meilleur : 100 % vs Saitek Leonardo (v1.4) · plus dur : 0 % vs Novag Star Diamond (v1.04).
↑ retour au classement
Novag Super VIP v3.7
HD6301Y0 8 MHz — cb-emu · cote Ordo 1640 · 334 parties · 21.7 % · err ±9
Cote Ordo1640± 9
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Mephisto Genius 68030 London2363100/100.0 %+0/=0/−101563Mephisto Berlin Pro 680202315101.5/1015.0 %+0/=3/−72014Mephisto RISC II2227100/100.0 %+0/=0/−101427Novag Star Diamond (v1.04)2226100/100.0 %+0/=0/−101426Saitek RISC 2500 v1.042217100/100.0 %+0/=0/−101417Saitek Sparc (rev.518)2154100/100.0 %+0/=0/−101354Mephisto Berlin 68000 v0.032127110/110.0 %+0/=0/−111327Fidelity Elite Avantgarde V92125110/110.0 %+0/=0/−111325Novag Sapphire2122102.5/1025.0 %+2/=1/−71931Fidelity Designer Mach IV2090111.5/1113.6 %+1/=1/−91769Fidelity Designer Mach III2029100.5/105.0 %+0/=1/−91517Novag Zircon II1967102/1020.0 %+0/=4/−61726Mephisto Mondial 68000 XL1967102/1020.0 %+1/=2/−71726Mephisto Nigel Short1956110/110.0 %+0/=0/−111156Saitek President1953100.5/105.0 %+0/=1/−91441Saitek Maestro D++1915102/1020.0 %+1/=2/−71674Novag Super Forte C v3.61889102/1020.0 %+2/=0/−81648Novag Super Expert C v3.61888113/1127.3 %+2/=2/−71718Novag Turquoise1869103/1030.0 %+2/=2/−61721Saitek Corona II (ver. D+)1856102/1020.0 %+2/=0/−81615Saitek Turbo King II (D+)183591/911.1 %+1/=0/−81473Mephisto Modena (set 3)1834101.5/1015.0 %+1/=1/−81532Mephisto MM V (v5.1)1833100/100.0 %+0/=0/−101033Mephisto MM IV (v7.10)1805104/1040.0 %+2/=4/−41735Fidelity Designer 21001805102/1020.0 %+0/=4/−61564Novag Constellation Forte A1803101.5/1015.0 %+0/=3/−71502Saitek Simultano (ver. B)1760102/1020.0 %+0/=4/−61519Fidelity Par Excellence (B)1739104.5/1045.0 %+4/=1/−51705Saitek Prisma1724106/1060.0 %+6/=0/−41794Fidelity Designer 20001694105.5/1055.0 %+4/=3/−31728Tandy Chess Champion 21501577104.5/1045.0 %+3/=3/−41542Saitek Turbo 16K1437108.5/1085.0 %+7/=3/−01738Saitek Leonardo (v1.4)1285109/1090.0 %+8/=2/−01667
Meilleur : 90 % vs Saitek Leonardo (v1.4) · plus dur : 0 % vs Mephisto Berlin 68000 v0.03.
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Tandy Chess Champion 2150
65C02 3 MHz — cb-emu · cote Ordo 1577 · 331 parties · 18.1 % · err ±8
Cote Ordo1577± 8
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Mephisto Genius 68030 London2363100/100.0 %+0/=0/−101563Mephisto Berlin Pro 680202315100/100.0 %+0/=0/−101515Mephisto RISC II2227100/100.0 %+0/=0/−101427Novag Star Diamond (v1.04)2226110.5/114.5 %+0/=1/−101697Saitek RISC 2500 v1.042217100/100.0 %+0/=0/−101417Saitek Sparc (rev.518)2154100/100.0 %+0/=0/−101354Mephisto Berlin 68000 v0.032127101/1010.0 %+1/=0/−91745Fidelity Elite Avantgarde V92125100.5/105.0 %+0/=1/−91613Novag Sapphire212291/911.1 %+1/=0/−81760Fidelity Designer Mach IV2090102/1020.0 %+2/=0/−81849Fidelity Designer Mach III2029110/110.0 %+0/=0/−111229Novag Zircon II196782.5/831.2 %+2/=1/−51830Mephisto Mondial 68000 XL1967100/100.0 %+0/=0/−101167Mephisto Nigel Short1956101/1010.0 %+1/=0/−91574Saitek President1953100/100.0 %+0/=0/−101153Saitek Maestro D++1915102/1020.0 %+2/=0/−81674Novag Super Forte C v3.61889113/1127.3 %+2/=2/−71719Novag Super Expert C v3.61888102/1020.0 %+1/=2/−71647Novag Turquoise1869102.5/1025.0 %+2/=1/−71678Saitek Corona II (ver. D+)1856101.5/1015.0 %+1/=1/−81555Saitek Turbo King II (D+)1835100/100.0 %+0/=0/−101035Mephisto Modena (set 3)1834114.5/1140.9 %+3/=3/−51770Mephisto MM V (v5.1)1833100/100.0 %+0/=0/−101033Mephisto MM IV (v7.10)1805105/1050.0 %+5/=0/−51805Fidelity Designer 21001805100.5/105.0 %+0/=1/−91293Novag Constellation Forte A1803100.5/105.0 %+0/=1/−91291Saitek Simultano (ver. B)1760102/1020.0 %+1/=2/−71519Fidelity Par Excellence (B)1739102/1020.0 %+2/=0/−81499Saitek Prisma1724102.5/1025.0 %+2/=1/−71533Fidelity Designer 20001694103.5/1035.0 %+3/=1/−61586Novag Super VIP v3.71640105.5/1055.0 %+4/=3/−31675Saitek Turbo 16K1437106/1060.0 %+5/=2/−31507Saitek Leonardo (v1.4)1285108.5/1085.0 %+8/=1/−11586
Meilleur : 85 % vs Saitek Leonardo (v1.4) · plus dur : 0 % vs Fidelity Designer Mach III.
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Saitek Turbo 16K
HD6301Y0 8 MHz — cb-emu · cote Ordo 1437 · 333 parties · 8.3 % · err ±6
Cote Ordo1437± 6
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Mephisto Genius 68030 London2363100/100.0 %+0/=0/−101563Mephisto Berlin Pro 680202315110/110.0 %+0/=0/−111515Mephisto RISC II2227100/100.0 %+0/=0/−101427Novag Star Diamond (v1.04)2226110/110.0 %+0/=0/−111426Saitek RISC 2500 v1.042217100/100.0 %+0/=0/−101417Saitek Sparc (rev.518)2154110/110.0 %+0/=0/−111354Mephisto Berlin 68000 v0.032127101/1010.0 %+1/=0/−91745Fidelity Elite Avantgarde V92125100/100.0 %+0/=0/−101325Novag Sapphire212290/90.0 %+0/=0/−91322Fidelity Designer Mach IV2090100.5/105.0 %+0/=1/−91578Fidelity Designer Mach III2029110/110.0 %+0/=0/−111229Novag Zircon II1967100/100.0 %+0/=0/−101167Mephisto Mondial 68000 XL1967100/100.0 %+0/=0/−101167Mephisto Nigel Short1956100.5/105.0 %+0/=1/−91444Saitek President1953100.5/105.0 %+0/=1/−91441Saitek Maestro D++1915100.5/105.0 %+0/=1/−91404Novag Super Forte C v3.61889101/1010.0 %+0/=2/−81508Novag Super Expert C v3.61888100/100.0 %+0/=0/−101088Novag Turquoise1869102/1020.0 %+1/=2/−71628Saitek Corona II (ver. D+)1856100.5/105.0 %+0/=1/−91344Saitek Turbo King II (D+)1835101/1010.0 %+0/=2/−81453Mephisto Modena (set 3)1834100.5/105.0 %+0/=1/−91322Mephisto MM V (v5.1)1833101/1010.0 %+1/=0/−91451Mephisto MM IV (v7.10)1805100.5/105.0 %+0/=1/−91293Fidelity Designer 21001805101.5/1015.0 %+1/=1/−81503Novag Constellation Forte A1803100.5/105.0 %+0/=1/−91291Saitek Simultano (ver. B)1760101/1010.0 %+1/=0/−91379Fidelity Par Excellence (B)1739102.5/1025.0 %+1/=3/−61549Saitek Prisma1724102.5/1025.0 %+1/=3/−61533Fidelity Designer 20001694100.5/105.0 %+0/=1/−91182Novag Super VIP v3.71640101.5/1015.0 %+0/=3/−71339Tandy Chess Champion 21501577104/1040.0 %+3/=2/−51507Saitek Leonardo (v1.4)1285104/1040.0 %+3/=2/−51215
Meilleur : 40 % vs Tandy Chess Champion 2150 · plus dur : 0 % vs Saitek Sparc (rev.518).
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Saitek Leonardo (v1.4)
HD6303Y 12 MHz — cb-emu · cote Ordo 1285 · 332 parties · 3.5 % · err ±4
Cote Ordo1285± 4
AdversaireCotePt.Score%W/D/LPerf
Mephisto Genius 68030 London2363100/100.0 %+0/=0/−101563Mephisto Berlin Pro 680202315110/110.0 %+0/=0/−111515Mephisto RISC II2227100/100.0 %+0/=0/−101427Novag Star Diamond (v1.04)2226110.5/114.5 %+0/=1/−101697Saitek RISC 2500 v1.042217100/100.0 %+0/=0/−101417Saitek Sparc (rev.518)2154100/100.0 %+0/=0/−101354Mephisto Berlin 68000 v0.032127100/100.0 %+0/=0/−101327Fidelity Elite Avantgarde V92125100/100.0 %+0/=0/−101325Novag Sapphire212280/80.0 %+0/=0/−81322Fidelity Designer Mach IV2090100/100.0 %+0/=0/−101290Fidelity Designer Mach III2029110/110.0 %+0/=0/−111229Novag Zircon II1967100/100.0 %+0/=0/−101167Mephisto Mondial 68000 XL1967100.5/105.0 %+0/=1/−91456Mephisto Nigel Short1956100/100.0 %+0/=0/−101156Saitek President1953100/100.0 %+0/=0/−101153Saitek Maestro D++1915100/100.0 %+0/=0/−101115Novag Super Forte C v3.61889110.5/114.5 %+0/=1/−101360Novag Super Expert C v3.61888100/100.0 %+0/=0/−101088Novag Turquoise1869100/100.0 %+0/=0/−101069Saitek Corona II (ver. D+)1856100/100.0 %+0/=0/−101056Saitek Turbo King II (D+)1835100/100.0 %+0/=0/−101035Mephisto Modena (set 3)1834100/100.0 %+0/=0/−101034Mephisto MM V (v5.1)1833100/100.0 %+0/=0/−101033Mephisto MM IV (v7.10)1805100.5/105.0 %+0/=1/−91293Fidelity Designer 21001805100/100.0 %+0/=0/−101005Novag Constellation Forte A1803100.5/105.0 %+0/=1/−91291Saitek Simultano (ver. B)1760100.5/105.0 %+0/=1/−91249Fidelity Par Excellence (B)1739100/100.0 %+0/=0/−10939Saitek Prisma1724100/100.0 %+0/=0/−10924Fidelity Designer 20001694100/100.0 %+0/=0/−10894Novag Super VIP v3.71640101/1010.0 %+0/=2/−81258Tandy Chess Champion 21501577101.5/1015.0 %+1/=1/−81276Saitek Turbo 16K1437106/1060.0 %+5/=2/−31507
Meilleur : 60 % vs Saitek Turbo 16K · plus dur : 0 % vs Mephisto Berlin Pro 68020.
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4 May, 2026AnthologieDeep Blue
Anthologie complète de ChipTest, Deep Thought et Deep Blue — Feng-hsiung Hsu et l'équipe IBM
Anthologie complète de ChipTest, Deep Thought et Deep Blue
Feng-hsiung Hsu, Murray Campbell, Thomas Anantharaman, Joe Hoane, Jerry Brody, C.J. Tan — ou comment un étudiant de Keelung, un chercheur de l'Alberta et une équipe d'ingénieurs IBM ont écrit l'acte fondateur de l'IA moderne
I. Le contexte : Carnegie Mellon, 1985, et la guerre froide du chess computing
En 1985, le département d'informatique de Carnegie Mellon University à Pittsburgh est le terrain d'une guerre silencieuse et fratricide entre deux équipes de chess computing.
D'un côté, Hans Berliner — professeur titulaire, ancien champion du monde de correspondance, figure tutélaire du domaine — et son programme HiTech. HiTech est une machine impressionnante : 64 puces de mouvement dédiées, une architecture massivement parallèle, et le soutien institutionnel d'un des plus grands chercheurs en jeu d'échecs informatiques de l'histoire. En 1988, HiTech sera le premier programme à battre un grand-maître international en tournoi officiel.
De l'autre côté, un étudiant de première année en doctorat, né à Keelung, Taiwan, en 1959, arrivé aux États-Unis en 1985 après un bachelor en génie électrique à l'Université Nationale de Taiwan. Son nom : Feng-hsiung Hsu, surnommé « Crazy Bird » — l'oiseau fou — pour son énergie et son entêtement caractéristiques. Son projet de thèse : construire une puce de génération de coups pour un programme d'échecs, inspirée de l'architecture de Belle de Ken Thompson aux Bell Labs.
La différence fondamentale entre les deux approches est architecturale. HiTech de Berliner utilise 64 puces distinctes — une pour chaque case du plateau — pour générer les coups en parallèle. Hsu, regardant cette architecture, y voit un défaut rédhibitoire : la communication inter-puces est lente, coûteuse en cycles, et limitante. Sa solution : tout regrouper dans une seule puce. Un seul chip, qui fait tout. Moins de communication. Plus de vitesse.
L'idée est simple. La réalisation est redoutable — une thèse entière de génie électrique, plusieurs années de conception VLSI, des nuits entières au laboratoire. Mais Hsu a la patience des artisans et l'obsession des géants.
L'équipe ChipTest naît en 1985, fondée par Hsu et Thomas Anantharaman, un autre doctorant indien d'une brillance algorithmique extraordinaire. Elle tourne sur une Sun-3 workstation avec le générateur de coups en hardware. En 1986, Murray Campbell, qui avait travaillé sur HiTech de Berliner, rejoint l'équipe — reconnaissant la supériorité de l'approche single-chip. C'est une trahison amicale, une de celles qui structurent les laboratoires de recherche : Berliner, désarçonné mais gracieux, accueillera toujours l'équipe adverse à ses fêtes.
II. Les hommes : portraits d'une équipe
Feng-hsiung Hsu — « Crazy Bird », l'architecte
Né à Keelung en 1959, Feng-hsiung Hsu grandit en jouant au xiangqi (les échecs chinois), aux échecs occidentaux, et au jeu de Go. C'est le Go, dit-il, qui lui a enseigné la stratégie. Il lit en sophomore l'ouvrage de Peter Frey Chess Skill in Man and Machine (1977) et la question est posée dans son esprit : peut-on construire une machine qui batte un grand-maître ?
L'adjectif qui revient dans tous les portraits de Hsu est « obsessionnel ». Il ne dort pas assez. Il travaille dans les couloirs, dans les restaurants, sur les tableaux blancs d'autres équipes quand les siens sont occupés. Son surnom — Crazy Bird — n'est pas péjoratif. C'est une description. Hsu vole de branche en branche, touche à tout, voit des connexions que d'autres ne voient pas, revient toujours à son obsession centrale : le chip. La puce parfaite. La machine qui pense aux échecs.
Sa formation est celle d'un ingénieur électricien, pas d'un informaticien. C'est une distinction cruciale : là où un informaticien pense en algorithmes, Hsu pense en circuits. Son génie est d'avoir su connecter les deux — de comprendre qu'un algorithme peut être coulé dans du silicium, et que le silicium peut battre le software en vitesse pure.
Il est récipiendaire du Prix ACM Grace Murray Hopper en 1991 — le prix de l'ACM pour le meilleur chercheur en informatique de moins de 35 ans, l'un des prix les plus prestigieux de la discipline. En 2002, il publie chez Princeton University Press Behind Deep Blue: Building the Computer that Defeated the World Chess Champion, le récit intérieur et technique du projet. En 2003, il quitte IBM pour rejoindre Microsoft Research Asia à Pékin, où il travaillera sur le Go et d'autres problèmes de jeux. En 2007, il publie dans IEEE Spectrum un article intitulé « Cracking Go » — prédisant que la force brute pourrait dominer le Go humain dans les dix ans. AlphaGo lui donnera raison en 2016, neuf ans après.
Murray Campbell — le meilleur joueur d'échecs de l'équipe
Murray Campbell est Canadien, originaire d'Edmonton, Alberta. Il a joué aux échecs à un niveau proche du Maître National canadien — le meilleur joueur d'échecs de l'équipe IBM, de l'avis général. Il obtient son doctorat en informatique à Carnegie Mellon en 1987, sous la direction de Hans Berliner, avec une thèse sur le « chunking » comme mécanisme d'abstraction dans la résolution de problèmes complexes.
Son rôle dans l'équipe est celui de l'AI expert — l'homme qui fait le pont entre la compréhension du jeu d'échecs et l'implémentation algorithmique. C'est lui qui développe la fonction d'évaluation de Deep Blue, en collaboration étroite avec le consultant Grand-Maître Joel Benjamin. C'est lui qui, lors des matchs de 1996 et 1997, déplace les pièces sur l'échiquier selon les instructions de la machine — assis en face de Kasparov, représentant IBM dans le silence du protocole de tournoi.
Avec Gordon Goetsch, il avait exploré le null move heuristic — non récursivement, avec une réduction de profondeur modeste — avant que Donninger ne le popularise en 1993. Cette contribution pré-Donninger au null move est documentée dans la littérature académique mais peu connue.
Après Deep Blue, Campbell reste à IBM Research pour travailler sur Watson, puis sur l'évaluation des capacités des systèmes d'IA, les approches neuro-symboliques, et les architectures brain-inspired. Il est aujourd'hui IBM Fellow — la plus haute distinction technique d'IBM — et Distinguished Research Scientist. Ses 7 729 citations académiques (Google Scholar) couvrent les décennies depuis 1982.
Thomas Anantharaman — le génie algorithmique qui disparut
Thomas Anantharaman est peut-être le personnage le plus mystérieux de toute cette histoire. Doctorant indien à CMU, co-fondateur de ChipTest avec Hsu en 1985, il est le cerveau algorithmique de la première phase du projet.
Sa contribution la plus fondamentale est l'invention des « singular extensions » — une technique de recherche sélective qui étend la profondeur de recherche le long des lignes de coups forcés. L'idée : si, dans une position donnée, un seul coup est « singulier » — clairement supérieur à tous les autres — il mérite d'être recherché plus profondément que les branches normales. Cette technique, présentée pour la première fois à l'AAAI Spring Symposium en 1988, est encore présente dans Deep Blue en 1997 et dans de nombreux engines modernes.
Anantharaman rejoint IBM avec Hsu et Campbell en 1989, mais quitte rapidement l'équipe pour la finance. Il est remplacé par Joe Hoane. Cette transition — du génie algorithmique vers Wall Street — est une histoire courante dans l'informatique des années 1990 : les meilleurs cerveaux du domaine partaient vers la finance, attirés par des salaires sans commune mesure avec ceux de la recherche.
Que fait Anantharaman en 2026 ? La réponse n'est pas publiquement documentée. Il n'a pas de présence LinkedIn visible, pas d'affiliation académique connue. Il est entré dans la finance, et la finance l'a absorbé.
Joe Hoane — le programmeur invisible qui fait tourner la machine
Arthur Joseph Hoane — « Joe » pour tous — rejoint l'équipe IBM en 1991, après le départ d'Anantharaman. Son rôle est fondamental mais peu glamour : c'est lui qui écrit et maintient la majeure partie du code logiciel de Deep Blue. Là où Hsu est l'architecte du silicium et Campbell l'architecte de l'évaluation, Hoane est l'homme qui fait fonctionner la machine jour après jour — qui corrige les bugs, qui intègre les nouvelles idées, qui s'assure que les 480 puces customisées dialoguent correctement avec le système central.
Sa discrétion est parfaite. Dans les interviews, dans les documentaires, dans les livres, c'est Hsu qui parle, Campbell qui explique. Hoane apparaît dans les crédits, dans les articles techniques co-signés, dans les remerciements. C'est la loi implacable des projets de grande envergure : l'architecte visible, le constructeur invisible.
Il est co-signataire du grand article de référence « Deep Blue » publié dans Artificial Intelligence en 2002 — Campbell, Hoane, Hsu — dans cet ordre alphabétique qui efface les hiérarchies. Sa contribution à ce texte est substantielle.
Jerry Brody et C.J. Tan — la couche IBM
Jerry Brody — employé de longue date d'IBM Research — rejoint l'équipe en 1990. Son rôle est celui de l'interface entre l'équipe de recherche et la machine institutionnelle IBM : logistique, support technique, accès aux ressources de calcul, coordination avec les équipes d'ingénierie.
Chung-Jen « C.J. » Tan est le manager de l'équipe du côté IBM. Sa formule, citée dans la présentation officielle du projet, résume la stratégie de la machine : « Garry se préparait à jouer contre un ordinateur. Mais nous l'avons programmé pour jouer comme un grand-maître. » C'est à la fois vrai et trompeur — vrai dans le sens où l'équipe avait délibérément conçu un style de jeu qui surprendrait les anticipations anti-ordinateur de Kasparov, trompeur dans le sens où la « ressemblance humaine » n'était pas le résultat d'une intelligence mais de l'élaboration soigneuse d'une évaluation de qualité.
III. 1985–1988 : ChipTest et l'insurrection du chip unique
L'architecture comme destin
La décision de Hsu de tout mettre dans un seul chip — contre la solution à 64 puces de Berliner — est la décision qui détermine tout ce qui suit. Elle n'est pas évidente en 1985. Elle requiert de résoudre des problèmes d'ingénierie VLSI que personne n'avait résolus avant : comment faire tenir sur une surface silicium de taille raisonnable la totalité de la logique de génération de coups, avec les contraintes de chaleur, de densité de transistors et de timing qui s'imposent ?
La réponse de Hsu est documentée dans son article de 1987 dans l'IEEE Journal of Solid-State Circuits : « A Two-Million Moves/Sec CMOS Single-Chip Chess Move Generator ». Deux millions de coups par seconde sur un seul chip CMOS. En 1987, c'est une performance sans équivalent.
ChipTest en 1987 tourne à 500 000 positions par seconde — cinq fois plus que le premier modèle de 1986. Il gagne l'ACM North American Computer Chess Championship 1987 avec un score parfait. L'insurrection du chip unique a réussi.
La dénomination de Deep Thought
En 1988, le programme s'appelle désormais Deep Thought — en hommage à l'ordinateur de The Hitchhiker's Guide to the Galaxy de Douglas Adams, celui que les super-informaticiens de la Terre ont construit pour trouver la réponse à « la Grande Question de la Vie, de l'Univers et du Reste », et qui, après sept millions d'années de calcul, annonce : « 42 ».
Le choix du nom est révélateur de l'humour discret de l'équipe. Deep Thought est une machine conçue pour répondre à la plus grande question — et la réponse qu'elle donne déçoit toujours ceux qui la posent. Hsu et ses collègues ne font pas semblant de créer de l'intelligence. Ils créent une machine qui cherche à une profondeur inhumaine dans un espace défini. La réponse « 42 » est leur autodérision pour ceux qui voudraient voir autre chose dans leur travail.
IV. 1988 : Bent Larsen, le Prix Fredkin, et l'entrée dans l'histoire
La victoire sur Bent Larsen
En janvier 1988, lors du Software Toolworks Open Championship à Los Angeles, Deep Thought devient le premier programme informatique à battre un grand-maître international en tournoi officiel. La victime est Bent Larsen — le grand-maître danois, l'un des meilleurs joueurs des années 1960-1970, plusieurs fois candidat au Championnat du Monde, joueur d'un style agressif et individuel que les programmes peinaient habituellement à déstabiliser.
La performance de Deep Thought dans ce tournoi est de 2745 Elo. Il partage la première place avec le Grand-Maître Tony Miles. C'est la performance la plus élevée jamais réalisée par un programme à cette date.
Hsu est dans la salle. Il joue le rôle de l'opérateur — l'homme qui déplace les pièces selon les instructions de la machine, qui appuie sur la pendule, qui représente le programme face à l'humain. C'est un rôle rituel et émouvant : l'architecte du silicium assis face au génie humain, déplaçant des pièces de bois selon les ordres d'une machine de son invention.
Le Prix Fredkin Intermédiaire
Le Prix Fredkin est l'invention du professeur Edward Fredkin de Carnegie Mellon : en 1980, Fredkin avait créé plusieurs prix en espèces pour marquer les étapes de la progression des machines. Cent mille dollars pour le premier programme qui atteint le niveau de Grand-Maître. Et cinquante mille dollars — le Prix Intermédiaire — pour le premier à atteindre le niveau de Maître International.
Deep Thought gagne le Prix Fredkin Intermédiaire en 1988. La photo de la remise du prix — conservée au Computer History Museum — montre l'équipe CMU au complet : Hsu, Campbell, Anantharaman, Mike Browne, Andreas Nowatzyk, souriant sous les lumières. C'est une photo de chercheurs universitaires qui viennent de faire quelque chose que personne n'a jamais fait. La fierté est lisible sur chaque visage.
Un détail révélateur de l'humour de Hsu : dans son oral history au Computer History Museum en 2005, il mentionne que l'équipe HiTech — leur compétiteur de CMU — « se préoccupait » de ce que Deep Thought ferait au Software Toolworks Open. « On était un peu inquiets parce qu'on avait vu ce qu'il avait fait à HiTech, mais personne ne s'attendait vraiment à ce que Deep Thought soit aussi fort. »
V. 1989 : IBM, le Championnat du Monde, et la défaite contre Kasparov
L'embauche par IBM et le changement de culture
À la fin de 1989, IBM contacte l'équipe CMU. La proposition est directe : venir travailler à IBM Research, avec des ressources sans commune mesure avec celles d'une université, pour construire la machine qui battra le champion du monde. Hsu et Campbell acceptent. Anantharaman aussi — brièvement.
La transition culturelle choque Hsu. Dans son oral history, il raconte : « À l'université, les gens ont tendance à travailler de longues heures. Ils sont juste dédiés. Les gens d'IBM ont des familles. Ils travaillent de 9 à 17h. Au début, ça a pris du temps à m'adapter. Mais maintenant, j'ai une famille. Je comprends parfaitement. »
Cette formule — « j'ai une famille, je comprends » — dit quelque chose d'essentiel sur l'arc humain de Hsu. Il est arrivé à Pittsburgh célibataire, obsessionnel, l'oiseau fou qui volait de branche en branche. Il en part professeur à Microsoft Research, père de famille, avec un livre publié chez Princeton University Press.
Le WCCC 1989 Edmonton : champion sans perdre une partie
À peine recruté par IBM, Deep Thought joue le Championnat du Monde d'Informatique d'Échecs 1989 à Edmonton, Canada. Claude Shannon — le père de la théorie de l'information, l'homme qui avait posé les bases théoriques du chess computing en 1950 — remet lui-même le premier prix à Hsu. La photo du moment montre le vieux sage de l'informatique, souriant, tenant la main du jeune Taïwanais. C'est une image de transmission des générations.
Deep Thought gagne le WCCC 1989 sans perdre une seule partie. Son rating USCF officiel : 2551. Il devient le premier programme à atteindre officiellement un rating certifié de Grand-Maître.
Kasparov — octobre 1989 : la défaite attendue
Kasparov joue deux parties contre Deep Thought en octobre 1989. Il gagne les deux sans difficultés. Après la première partie, il déclare : « La machine joue comme un humain très fort, mais elle n'est pas encore en compétition avec moi. » Après la deuxième, sa conclusion est plus directe : Deep Thought est fort, mais ce n'est pas encore suffisant.
Pour l'équipe, cette défaite n'est pas une surprise — ils savaient que 2550 Elo n'est pas 2800 Elo. Elle est une feuille de route : voici ce qu'il faut améliorer. Voici pourquoi Kasparov gagne. À quel endroit le programme manque-t-il de jugement, de profondeur, de finesse ?
La réponse à ces questions guidera sept ans de travail.
VI. 1989–1996 : les sept années de construction
Le concours de nommage et « Deep Blue »
Après la défaite de 1989, IBM organise un concours interne pour renommer la machine. Le nom gagnant est soumis par Peter Fitzhugh Brown : Deep Blue. Un jeu sur « Big Blue » — le surnom d'IBM — et sur la profondeur de la mer bleue, la profondeur de la machine, la profondeur de la couleur de l'horizon que l'équipe cherche à atteindre.
Le « chess chip » : 480 cervelles de silicium
L'amélioration centrale de Deep Blue par rapport à Deep Thought est architecturale. Là où Deep Thought utilisait deux puces Hsu, Deep Blue en utilise 480 — disposées sur 30 nœuds PowerPC 604e d'un IBM RS/6000 SP, le supercalculateur le plus avancé de la ligne IBM à l'époque. Chaque puce est une version améliorée du chess chip de Hsu, capable d'évaluer les positions à une vitesse que le software seul ne peut pas atteindre.
Le résultat : 100 millions de positions par seconde en 1996, 200 millions en 1997. Pour référence, Kasparov évalue — selon les meilleures estimations — environ trois positions par seconde. L'avantage de vitesse brute est de l'ordre de 60 millions à un.
Mais la vitesse n'est pas tout. Une position mal évaluée, aussi rapidement que cherchée, reste une mauvaise évaluation. C'est pourquoi la fonction d'évaluation — le travail de Campbell avec Joel Benjamin — est aussi importante que le hardware de Hsu.
Joel Benjamin : le grand-maître dans la machine
Joel Benjamin — Grand-Maître américain, joueur de New York, champion des États-Unis — est recruté comme consultant principal pour le rematch de 1996, puis pour le match de 1997. Son rôle : tester Deep Blue sur des positions, identifier les erreurs positionnelles, aider Campbell à affiner l'évaluation.
Selon l'historique officiel d'IBM, Deep Blue est testé par Benjamin et plusieurs autres grands-maîtres new-yorkais ainsi que par le Grand-Maître espagnol Miguel Illescas, avant le match de 1997. Le livre d'ouvertures de 1997 est fourni par les Grands-Maîtres Illescas, John Fedorowicz et Nick de Firmian.
Benjamin est une figure intéressante : il joue pour Deep Blue, mais il joue aussi des parties contre lui, et lors du match il est dans la salle du côté IBM. Quand Kasparov accuse IBM de « cheating » et d'intervention humaine pendant la partie 2, c'est Benjamin qui sera notamment désigné comme suspect possible — l'homme dans la salle qui « sait les échecs » et qui aurait pu suggérer des coups.
La question de la légitimité de cette collaboration — grand-maître consultant qui aide à préparer l'évaluation, dont le travail est incorporé dans les décisions de la machine — est une question philosophique non résolue, que les matchs de 1996 et 1997 soulèveront sans jamais y répondre clairement.
L'évaluation découpée en 8 000 parties
La fonction d'évaluation de Deep Blue est d'une complexité extraordinaire. Elle est découpée en 8 000 parties, dont beaucoup sont conçues pour des positions spéciales. Les paramètres — combien vaut une case ouverte pour une tour ? combien vaut la paire de fous dans une finale ? quel est le poids d'un roi vulnérable par rapport à un avantage d'espace ? — sont déterminés initialement par analyse de milliers de parties de maîtres, puis affinés par Campbell et Benjamin sur des positions concrètes.
C'est le même processus que celui de Kaufman avec Dailey sur Komodo, de Kaplan avec Dailey sur Socrates — l'expert humain qui traduit sa compréhension positionnelle en nombres que la machine peut utiliser. Mais à une échelle différente : 8 000 parties de l'évaluation, un budget IBM, et Kasparov en face.
VII. Février 1996 : le premier match — Philadelphia
La partie 1 : la première défaite historique d'un champion du monde
Le 10 février 1996, à Philadelphia, Deep Blue joue sa première partie officielle contre Garry Kasparov — champion du monde en titre depuis 1985. Kasparov joue les Blancs. Il choisit l'Anglaise — une ouverture positionnelle, solide, qu'il connaît parfaitement et qui lui permet d'éviter les préparations d'ouverture de la machine.
Deep Blue gagne. Pour la première fois dans l'histoire du jeu d'échecs, un programme informatique bat un champion du monde en titre lors d'une partie officielle sous contrôle de temps standard.
Le moment fait la une des journaux du monde entier. Kasparov est choqué — pas tant par la défaite, dont la possibilité théorique était connue, que par la qualité de jeu de la machine dans cette partie particulière. Il y voit quelque chose qu'il ne reconnaît pas, quelque chose qui ne ressemble pas au jeu de programme qu'il avait préparé à contrer.
La réaction : Kasparov gagne le match 4-2
Mais Kasparov s'adapte. Il remporte les parties 2, 5 et 6. Il nullise les parties 3 et 4. Le match final : 4-2 pour Kasparov. Il a perdu la première partie, mais il a gagné le match.
Sa stratégie est celle d'un praticien qui comprend rapidement ses adversaires : il joue des positions fermées, solides, où la profondeur de recherche de Deep Blue ne compense pas son manque de jugement à long terme. Il évite les complications tactiques tranchées où les 100 millions de positions par seconde auraient un avantage décisif. Il joue le match, pas la partie.
IBM remonte aussitôt les manches. Les améliorations entre 1996 et 1997 sont substantielles : vitesse doublée (200 millions de positions par seconde), évaluation raffinée par Benjamin, extension de la base de données d'ouvertures. Et l'une des innovations les moins visibles mais les plus importantes : le travail de Gerry Tesauro — le créateur de TD-Gammon — qui utilise son réseau de neurones pour aider à calibrer la fonction d'évaluation de Deep Blue.
VIII. Mai 1997 : le rematch de New York — la semaine qui changea l'histoire
Le score au fil des parties
Le rematch de 1997 se joue à l'Equitable Center de New York, du 3 au 11 mai. Le monde regarde. Les deux racks de Deep Blue sont installés dans la salle des machines, reliés à un tableau de jeu visible du public. Kasparov est en face de Murray Campbell, qui déplace les pièces.
Partie 1 : Kasparov gagne. Il joue le King's Indian Attack — une ouverture systémique qu'il maîtrise depuis des décennies — et remporte la partie avec soin. Il est confiant.
Partie 2 : Deep Blue gagne. C'est la partie qui change tout — et qui reste à ce jour l'une des plus discutées de l'histoire du jeu d'échecs informatique.
Parties 3, 4 et 5 : Trois nulles. Dans les trois parties, Kasparov a des positions légèrement meilleures qu'il ne concrétise pas. Il joue de façon inhabituellement prudente, sans prendre les risques qui caractérisent son style. Il est perturbé.
Partie 6 : Kasparov s'effondre en 19 coups. Fin du match. Deep Blue gagne 3,5-2,5.
La partie 2 : le mystère du coup « humain », le bug, et la psychologie brisée
La partie 2 du rematch de 1997 est l'une des plus commentées, débattues et mystérieuses de l'histoire des échecs. Elle contient l'un des événements les plus étranges de toute cette saga : un coup de Deep Blue qui a semblé si « humain », si subtil, si positionnel à long terme, que Kasparov y a vu la preuve d'une intervention humaine — et que cet événement a brisé sa concentration pour le reste du match.
Au coup 36, dans une position tendue et complexe, Deep Blue joue un coup que Kasparov, et les commentateurs humains, qualifient de « magnifique » et « d'une compréhension positionnelle exceptionnelle ». Kasparov, profondément déstabilisé, résigne peu après — dans une position que l'analyse ultérieure révèle comme potentiellement nulle.
Ce coup « humain » — Kasparov pense que seul un humain expert peut jouer ainsi, que la machine ne peut pas voir aussi loin — ébranle ses certitudes sur ce qu'est Deep Blue. Il a préparé une stratégie anti-ordinateur. Soudain, il ne sait plus à quel type d'adversaire il fait face.
Ce que Murray Campbell révélera plus tard, dans une interview au Center for Data Innovation en 2016, est stupéfiant : dans le match contre Kasparov, l'un des coups de Deep Blue était essentiellement un choix aléatoire dû à un bug logiciel, qui a confondu Kasparov et conduit à la victoire de Deep Blue. Kasparov a pris ce coup pour le signe d'une intelligence avancée, alors qu'il s'agissait simplement d'un bug.
Le coup « humain » — le coup qui a brisé la confiance de Kasparov, qui l'a convaincu d'être face à quelque chose de nouveau, d'incompréhensible — était un coup aléatoire. Un bug. Une erreur logicielle qui a fait choisir à Deep Blue un coup de façon essentiellement aléatoire, faute de pouvoir calculer correctement. Et ce coup aléatoire, dans cette position, était exactement le coup qui ressemblait le plus à un coup de grand-maître humain.
La coïncidence est absolue. L'ironie est cruelle. Et la conséquence psychologique sur Kasparov — la conviction que la machine joue « à un niveau qui dépasse nos pires espoirs » — est réelle et durable.
La partie 6 : Kasparov joue h6 au lieu de Bd6
L'explication de l'effondrement final de Kasparov est documentée avec précision par Jonathan Schaeffer dans son analyse post-match dans l'ICGA Journal : au septième coup, la séquence normale est Bd6 suivie de h6, et l'explication probable de l'effondrement du champion est qu'il a transposé les coups, jouant h6 avant Bd6.
Une transposition de deux coups. Dans une position de Caro-Kann qu'il connaît par cœur. La seule explication vraisemblable : Kasparov — déstabilisé depuis la partie 2, dormant mal, incapable de se concentrer avec la sérénité qui est d'habitude sa marque de fabrique — a mélangé l'ordre de deux coups qu'il savait faire.
L'expression d'horreur sur le visage de Kasparov quand il a réalisé ce qu'il avait fait en disait long sur ce qui s'était réellement passé.
La machine n'a pas battu Kasparov. Kasparov s'est battu lui-même — sous la pression psychologique d'un coup qui était un bug, qu'il avait pris pour du génie, et qui avait ébranlé sa confiance dans sa propre compréhension de l'adversaire.
Kasparov résigne en 19 coups. Le match est terminé. Deep Blue a gagné 3,5-2,5. Pour la première fois dans l'histoire, un ordinateur a battu le champion du monde en titre dans un match régulier sous contrôle de temps standard.
IX. L'après-match : accusations, refus de revanche, démantèlement
La controverse et les accusations de Kasparov
Immédiatement après sa défaite, Kasparov formule publiquement ses suspicions. Il croit avoir vu des signes d'intervention humaine dans certains coups de Deep Blue — notamment dans la partie 2. Il demande les logs de Deep Blue, qui lui sont refusés par IBM (avant d'être publiés sur Internet par l'entreprise quelques semaines plus tard). Il exige un match revanche.
IBM refuse. La réponse officielle de Murray Campbell, vingt ans plus tard : ils estimaient avoir atteint leur objectif — démontrer qu'un ordinateur pouvait battre le champion du monde dans un match — et qu'il était temps de passer à d'autres domaines de recherche importants.
Ce refus — d'une entreprise qui vient de réaliser sa meilleure publicité depuis des décennies — est l'une des décisions les plus discutables de toute l'histoire. Hsu, dans son oral history, dit qu'il avait lui-même les droits d'utiliser l'architecture Deep Blue indépendamment d'IBM, et qu'il a décliné personnellement l'offre de revanche de Kasparov.
La désintégration de l'équipe
Deep Blue est démantelé immédiatement après le match. L'un des deux racks est donné au Smithsonian (aujourd'hui au National Museum of American History), l'autre est acquis par le Computer History Museum en 1997 et exposé dans la galerie « Artificial Intelligence and Robotics » de l'exposition « Revolution ».
L'équipe se disperse. Campbell reste à IBM Research pour des décennies supplémentaires. Hsu part en 2003 pour Microsoft Research Asia à Pékin. Hoane continue à IBM. Brody prend sa retraite. Benjamin retourne aux échecs professionnels.
Le documentaire Game Over: Kasparov and the Machine de Vikram Jayanti (2003) explore les accusations de tricherie de Kasparov. Certains interviewés décrivent l'investissement d'IBM dans Deep Blue comme une stratégie boursière — le titre d'IBM avait grimpé significativement pendant et après le match. IBM nie que le match ait été conçu comme une opération de relations publiques boursières, et les dirigeants affirment que le projet Deep Blue était de la recherche authentique.
La vérité est probablement entre les deux : une recherche authentique, dans une entreprise qui savait exactement comment en maximiser la valeur médiatique.
X. L'héritage technique : de Deep Blue à l'IA moderne
Ce que Deep Blue a apporté au monde du computing
L'architecture de Deep Blue — 30 nœuds PowerPC, 480 puces chess customisées, communication massivement parallèle — est directement dérivée de l'IBM RS/6000 SP. Cette ligne de supercalculateurs, dont Deep Blue est une instance spécialisée, sera utilisée pour des applications non-chess : prévision météorologique aux National Centers for Environmental Prediction, simulations de conception de médicaments pharmaceutiques, modélisation financière.
L'expérience du Deep Blue a aussi guidé IBM vers Blue Gene — la ligne de supercalculateurs qui sera pendant plusieurs années la plus puissante du monde — et vers Watson, le programme qui gagnera Jeopardy! en 2011.
Ce que Deep Blue n'a pas apporté
La question que les chercheurs en IA ont posée après 1997 est celle-ci : Deep Blue représente-t-il un progrès en intelligence artificielle ? La réponse est clairement : non, pas directement.
Deep Blue est un système expert symbolique — il utilise des règles définies par des humains, une évaluation construite par des experts humains, une recherche par force brute dans un espace défini. Il ne généralise pas. Il ne transfère pas ses connaissances. Il ne peut pas jouer aux dames ou au jeu de Go avec les mêmes méthodes. Confronté à une position entièrement hors de sa base de données d'ouvertures, il doit tout reconstruire depuis le début.
Ce n'est pas de l'intelligence. C'est de la puissance de calcul focalisée sur un problème très bien défini, avec une évaluation de qualité conçue par des experts humains. La distinction est cruciale pour la suite de l'histoire de l'IA.
Ce que Deep Blue a apporté à l'IA, c'est la démonstration que les méthodes symboliques pouvaient atteindre des performances superhuman dans des domaines très contraints. Cette démonstration a libéré des ressources intellectuelles et financières pour explorer d'autres approches — y compris le machine learning et les réseaux de neurones, qui mèneront à AlphaGo, AlphaZero, et finalement aux LLM.
Singular extensions — le cadeau algorithmique d'Anantharaman
Les singular extensions — inventées par Anantharaman, implémentées dans ChipTest en 1988, présentes dans Deep Blue en 1997 — sont encore utilisées dans les engines modernes. Stockfish implémente une version des singular extensions. Leela Chess Zero l'utilise de façon différente. La contribution algorithmique de ce doctorant indien qui a quitté l'équipe pour la finance survit à son départ depuis plus de trente ans.
XI. L'héritage culturel : ce que Deep Blue a changé dans la conscience collective
Le tournant de la perception publique de l'IA
La défaite de Kasparov en mai 1997 est un événement fondateur dans la culture populaire de l'IA. Avant 1997, la question « les machines peuvent-elles rivaliser avec les humains dans les tâches cognitives complexes ? » restait, pour le grand public, abstraite. Après 1997, la réponse — au moins dans le cas des échecs — était concrète et médiatisée.
Les conséquences culturelles de cet événement se mesurent encore aujourd'hui. Chaque discussion sur l'IA dans les années 1997-2016 — jusqu'à AlphaGo — revenait inévitablement à Deep Blue. Chaque questionnement sur la nature de l'intelligence humaine face aux machines utilisait le chess comme terrain d'illustration.
Kasparov lui-même, après avoir qualifié Deep Blue d'« ennemi alien » puis d'« aussi intelligent que votre réveil-matin », a évolué. Depuis les années 2010, il est l'un des défenseurs les plus articulés de l'intelligence humain-machine combinée — l'idée que les humains et les machines peuvent accomplir ensemble ce qu'aucun des deux ne peut faire seul.
Martin Amis et « le mur qui arrive »
L'écrivain britannique Martin Amis, couvrant les matchs de 1996 et 1997, formule la description la plus littérairement saisissante de l'expérience de jouer contre Deep Blue. Deux grands-maîtres lui disent que c'est « comme un mur qui vient vers vous » — une image parfaite pour l'inexorabilité du calcul brut, sans émotions, sans doutes, sans fatigue.
Ce mur qui arrive — patient, total, sans faille — est l'opposé du génie humain tel que Kasparov l'incarne. Kasparov est flair, intuition, génie créatif, psychologie, implication émotionnelle. Deep Blue est précision, profondeur, systématicité, absence totale de psychologie. Les deux approches de l'excellence s'affrontent, et pour la première fois, la machine gagne.
XII. Kasparov, 2026 : la paix avec la machine
Vingt-neuf ans après sa défaite, Garry Kasparov est devenu l'un des observateurs les plus perspicaces de l'histoire de l'IA. Son livre Deep Thinking: Where Machine Intelligence Ends and Human Creativity Begins (2017) est une réflexion honnête et complexe sur ce que 1997 signifie vraiment.
Sa conclusion centrale est que 1997 n'était pas la défaite de l'humanité par les machines, mais le début d'une nouvelle forme de collaboration. Les centaures — équipes humain-machine — ont pendant un temps battu à la fois les humains seuls et les machines seules aux échecs. L'avenir n'est pas la substitution mais l'augmentation.
Kasparov a aussi reconnu publiquement qu'il avait probablement eu tort sur la tricherie. Il ne l'a pas dit dans ces termes exacts. Mais ses écrits post-2002, et notamment après la lecture du livre de Hsu, témoignent d'une évolution vers une compréhension plus nuancée de ce qui s'est passé.
XIII. Tableau chronologique des versions et performances
Année
Programme
Vitesse
Événement clé
Elo / perf.
1985–1986ChipTest (CMU)100K pos/secNaissance du single-chip~2000
1987ChipTest500K pos/secChampion ACM (score parfait)~2300
1988Deep Thought1,5M pos/secBat Larsen ; Prix Fredkin ; ACM 1er2745 perf.
1989Deep Thought1,5M pos/secWCCC Edmonton 1er ; embauche IBM ; défaite vs Kasparov2551 USCF
1990–1993Deep Thought 2—Développement Deep Blue ; chip customisé~2600
1995Deep Blue prototype50M pos/secWCCC (perd vs Fritz)~2600
Fév. 1996Deep Blue100M pos/secMatch 1 vs Kasparov : perd 4-2 (gagne partie 1)~2650
Mai 1997Deep Blue200M pos/secMatch 2 vs Kasparov : 3,5-2,5 — premier champion du monde battu~2750+
1997——Démantèlement ; refus de revanche—
2002——Behind Deep Blue (Hsu, Princeton UP)—
2003——Hsu rejoint Microsoft Research Asia—
2016AlphaGo—La prédiction de Hsu sur le Go se réalise—
XIV. Anecdotes et faits marquants
« Crazy Bird » : Le surnom de Feng-hsiung Hsu — l'oiseau fou — est le seul détail biographique que presque tout le monde dans la communauté connaît. Il dit plus sur l'homme que n'importe quel titre académique.
Berliner accueillant l'équipe adverse : Des rivaux acharnés qui s'invitent à leurs fêtes respectives. « Berliner était assez gracieux pour nous inviter aussi chez lui pour une fête. » C'est le modèle de la communauté CMU des années 1980 : compétition intellectuelle intense, respect personnel intact.
Claude Shannon remet le prix à Hsu : La remise du Prix Fredkin au WCCC 1989 Edmonton est l'une des images les plus symboliques de l'histoire de l'informatique d'échecs. Shannon — qui avait posé les bases théoriques du chess computing en 1950 — remet le prix à l'homme qui vient de réaliser ce qu'il avait théorisé quarante ans plus tôt.
Le bug qui a brisé Kasparov : Le coup de la partie 2 du match 1997 — que Kasparov a pris pour la preuve d'une intelligence surhumaine — était un coup aléatoire dû à un bug logiciel. Cette révélation, faite par Murray Campbell en 2016, est peut-être la blague la plus cruelle de toute l'histoire de l'IA.
« Aussi intelligent que votre réveil » : La formule de Kasparov pour décrire Deep Blue après réflexion est devenue célèbre. Elle est juste techniquement — Deep Blue n'a aucune conscience, aucune compréhension générale — mais elle ne diminue en rien la réalité pratique de sa victoire.
Le mur qui arrive (Martin Amis) : La description littéraire la plus précise de l'expérience de jouer contre Deep Blue, selon deux grands-maîtres rapportés par Amis. Un mur qui arrive. Pas une intelligence. Un mur.
« Man as toolmaker defeating man as performer » : La formulation de Hsu dans son livre — pas une machine qui pense, mais un outil que des hommes ont fabriqué pour accomplir une tâche spécifique mieux qu'un homme seul ne peut le faire.
Anantharaman disparu dans la finance : Le doctorant indien co-fondateur de ChipTest, inventeur des singular extensions, est entré dans la finance et n'en est jamais ressorti. Sa contribution algorithmique survit dans tous les engines modernes.
XV. Héritage : le premier acte fondateur de l'IA moderne
L'histoire de Feng-hsiung Hsu, Murray Campbell et de l'équipe Deep Blue est l'inverse de celle de Marty Hirsch : pas un programme commercial saboté par un litige, mais un projet de recherche universitaire absorbé par le plus grand acteur industriel de son temps, mené jusqu'à son objectif déclaré, puis démantelé sans état d'âme une fois la victoire acquise.
La ligne de descendance est directe et ininterrompue :
Belle de Ken Thompson (Bell Labs, 1973) → ChipTest de Hsu (CMU, 1985, inspiré de Belle) → Deep Thought (CMU/IBM, 1988) → Deep Blue (IBM, 1996-1997) → l'architecture parallèle qui inspire toute la génération suivante.
Et en parallèle, la chaîne algorithmique : singular extensions d'Anantharaman (1988) → encore présent dans Stockfish en 2026. Null move de Goetsch/Campbell (1988-1990) → popularisé par Donninger (1993) → dans tous les engines.
Ces deux chaînes — architecturale et algorithmique — font de l'équipe CMU/IBM le laboratoire fondateur d'une grande partie de ce que l'informatique d'échecs est devenue.
Palmarès final :
ChipTest :
Champion ACM 1987 (score parfait)
Deep Thought :
Champion WCCC 1989 Edmonton (sans défaite)
Champion ACM 1988
Premier programme à battre un grand-maître en tournoi officiel (Bent Larsen, janvier 1988)
Premier programme à atteindre un rating officiel certifié de Grand-Maître (2551 USCF)
Prix Fredkin Intermédiaire (50 000 $, 1988)
Deep Blue :
Premier programme à battre un champion du monde en titre en partie officielle (Game 1, match 1996 vs Kasparov)
Premier programme à battre un champion du monde en titre en match régulier (1997, 3,5-2,5 vs Kasparov)
Prix Fredkin Grand (100 000 $, 1997)
Prix du vainqueur du match 1997 : 700 000 $
Rating estimé : ~2700+ Elo en 1996, ~2750+ en 1997
Un ingénieur électricien de Keelung, un chercheur de l'Alberta, un doctorant indien qui disparaîtra dans la finance, et une équipe d'ingénieurs IBM à Yorktown Heights ont passé douze ans à construire, puce après puce, version après version, une machine qui a joué 19 coups contre le meilleur joueur du monde et gagné — dont un coup était un bug qu'on avait pris pour du génie. C'est peut-être la formule la plus précise de toute cette anthologie : le premier acte fondateur de l'IA moderne fut accompli par accident.
XVI. Annexe : les six parties du rematch de 1997
Partie 1 — 3 mai 1997, Kasparov vs Deep Blue, 1-0
[Event "IBM Man-Machine, Partie 1"]
[Site "New York, NY USA"]
[Date "1997.05.03"]
[Round "1"]
[White "Kasparov, Garry"]
[Black "Deep Blue"]
[Result "1-0"]
[ECO "A07"]
1. Nf3 d5 2. g3 Bg4 3. b3 Nd7 4. Bb2 e6 5. Bg2 Ngf6 6. O-O c6 7. d3 Bd6
8. Nbd2 O-O 9. h3 Bh5 10. e3 h6 11. Qe1 Qa5 12. a3 Bc7 13. Nh4 g5
14. Nhf3 Nd7 15. Nh2 f5 16. f4 gxf4 17. exf4 e5 18. fxe5 Nxe5 19. Qf2 Nd7
20. Kh1 Qc5 21. Bd4 Qxc2 22. g4 fxg4 23. Qh4 Qxd3 24. Be4! Qxd4
25. Qxh5 Qg7 26. Qxg4 Qxg4 27. Nxg4 Bf4 28. Rxf4! Rxf4 29. Nxh6+ Kh8
30. Bd3 Ne5 31. Bc2 Rf2 32. Rd1 Re8 33. Kg1 Rxd2 34. Rxd2 Nf3+ 35. Kf2
Nxd2 36. Nf7+ Kg7 37. Nd6 Ne4+ 38. Bxe4 Rxe4 39. Nxe4 dxe4 40. Ke3 1-0
Partie 2 — 4 mai 1997, Deep Blue vs Kasparov, 1-0
[Event "IBM Man-Machine, Partie 2"]
[Site "New York, NY USA"]
[Date "1997.05.04"]
[Round "2"]
[White "Deep Blue"]
[Black "Kasparov, Garry"]
[Result "1-0"]
[ECO "C93"]
1. e4 e5 2. Nf3 Nc6 3. Bb5 a6 4. Ba4 Nf6 5. O-O Be7 6. Re1 b5 7. Bb3 d6
8. c3 O-O 9. h3 h6 10. d4 Re8 11. Nbd2 Bf8 12. Nf1 Bd7 13. Ng3 Na5
14. Bc2 c5 15. b3 Nc6 16. d5 Ne7 17. Be3 Ng6 18. Qd2 Nh7 19. a4 Nh4
20. Nxh4 Qxh4 21. Qe2 Qd8 22. b4 Qc7 23. Rec1 c4 24. Ra3 Rec8 25. Rca1
Qd8 26. f4 Nf6 27. fxe5 dxe5 28. Qf1 Ne8 29. Qf2 Nd6 30. Bb6 Qe8 31. R3a2
Be7 32. Bc5 Bf8 33. Nf5 Bxf5 34. exf5 f6 35. Bxd6 Bxd6 36. axb5! axb5
37. Be4 Rxa2 38. Qxa2 Qd7 39. Qa7 Rc7 40. Qb6 Rb7 41. Ra8+ Kf7 42. Qa6
Qc7 43. Qc6 Qb6+ 44. Kf1 Rb8 45. Ra6 1-0
Au coup 36, axb5 — le coup « humain » qui a fait basculer le match. La résignation de Kasparov au coup 45 reste controversée : l'analyse ultérieure montre que 45...Qe3! forçait la nulle par échec perpétuel.
Partie 3 — 6 mai 1997, Kasparov vs Deep Blue, ½-½
[Event "IBM Man-Machine, Partie 3"]
[Site "New York, NY USA"]
[Date "1997.05.06"]
[Round "3"]
[White "Kasparov, Garry"]
[Black "Deep Blue"]
[Result "1/2-1/2"]
[ECO "A00"]
1. d3 e5 2. Nf3 Nc6 3. c4 Nf6 4. Nc3 d5 5. cxd5 Nxd5 6. Bd2 Be7 7. e3 O-O
8. Be2 Be6 9. O-O f5 10. a3 a5 11. Qc2 Kh8 12. Rfd1 Nb6 13. Na4 Nxa4
14. Qxa4 Qd6 15. Bc3 Bf6 16. d4 e4 17. Nd2 Ne7 18. Nc4 Qd8 19. Ne5 c6
20. Qc2 a4 21. Bc4 Bxc4 22. Nxc4 Nd5 23. Ne5 Bxe5 24. dxe5 Qe7 25. h3 h6
26. Bd4 Qe6 27. f3 exf3 28. gxf3 f4 29. e4 Ne3 30. Bxe3 fxe3 31. Qe2 Qxe5
32. Qxe3 Rf6 33. Rd2 Raf8 34. Rf1 Kh7 35. Rg2 Rg6 36. f4 Rxg2+ 37. Kxg2
Qxb2+ 38. Rf2 Qb3 39. Qc5 Qf7 40. f5 Re8 41. Rf4 Qa2+ 42. Kg3 Qa1
43. f6 gxf6 44. Qf5+ Kh8 45. Qd7 Rg8+ 46. Kh4 Qe1+ 47. Kh5 Qe2+
48. Kxh6 1/2-1/2
Partie 4 — 7 mai 1997, Deep Blue vs Kasparov, ½-½
[Event "IBM Man-Machine, Partie 4"]
[Site "New York, NY USA"]
[Date "1997.05.07"]
[Round "4"]
[White "Deep Blue"]
[Black "Kasparov, Garry"]
[Result "1/2-1/2"]
[ECO "B12"]
1. e4 c6 2. d4 d5 3. e5 Bf5 4. h4 h6 5. g4 Bd7 6. Nd2 c5 7. dxc5 e6
8. Nb3 Bxc5 9. Nxc5 Qa5+ 10. c3 Qxc5 11. Nf3 Ne7 12. Bd3 Nbc6 13. Be3
Qa5 14. Qd2 Ng6 15. Bd4 Nxd4 16. cxd4 Qxd2+ 17. Kxd2 Nf4 18. Rac1 h5
19. Rhg1 Bc6 20. gxh5 Nxh5 21. b4 a6 22. a4 Kd8 23. Ng5 Be8 24. b5 axb5
25. axb5 Nf4 26. Rg4 Nxd3 27. Kxd3 Ra3+ 28. Ke2 Ra2+ 29. Kf3 Ra3+
30. Kg2 Ke7 31. Rc7+ Bd7 32. Nxf7 Rf8 33. Nd6 Kd8 34. Rxb7 Ra2 35. Rb8+
Ke7 36. Rxf8 Kxf8 37. Rf4+ Ke7 38. Rf7+ Kd8 39. b6 Rb2 40. b7 Kc7
41. Rxg7 Kc6 42. h5 Be8 43. Nxe8 Rxb7 44. Rxb7 Kxb7 45. h6 Kc6 46. h7
Kb5 47. h8=Q Kc4 48. Qh4 Kd3 49. Nd6 Kc3 50. Nb5+ 1/2-1/2
Partie 5 — 10 mai 1997, Kasparov vs Deep Blue, ½-½
[Event "IBM Man-Machine, Partie 5"]
[Site "New York, NY USA"]
[Date "1997.05.10"]
[Round "5"]
[White "Kasparov, Garry"]
[Black "Deep Blue"]
[Result "1/2-1/2"]
[ECO "A07"]
1. Nf3 d5 2. g3 Bg4 3. Bg2 Nd7 4. h3 Bxf3 5. Bxf3 c6 6. d3 e6 7. e4 Ne5
8. Bg2 dxe4 9. Bxe4 Nf6 10. Bg2 Bb4+ 11. Nd2 h5 12. Qe2 Qc7 13. c3 Be7
14. d4 Ng6 15. h4 e5 16. Nf3 exd4 17. Nxd4 O-O-O 18. Bg5 Ng4 19. O-O-O
Rhe8 20. Qc2 Kb8 21. Kb1 Bxg5 22. hxg5 N6e5 23. Rhe1 c5 24. Nf3 Rxd1+
25. Rxd1 Nc4 26. Qa4 Rd8 27. Re1 Nb6 28. Qc2 Qd6 29. c4 Qg6 30. Qxg6
fxg6 31. b3 Nxf2 32. Re6 Kc7 33. Rxg6 Rd7 34. Nh4 Nc8 35. Bd5 Nd6
36. Re6 Nb5 37. cxb5 Rxd5 38. Rg6 Rd7 39. Nf5 Ne4 40. Nxg7 Rd1+
41. Kc2 Rd2+ 42. Kc1 Rxa2 43. Nxh5 Nd2 44. Nf4 Nxb3+ 45. Kb1 Rd2
46. Re6 c4 47. Re3 Kb6 48. g6 Kxb5 49. g7 Kb4 50. g8=Q 1/2-1/2
Partie 6 — 11 mai 1997, Deep Blue vs Kasparov, 1-0
[Event "IBM Man-Machine, Partie 6"]
[Site "New York, NY USA"]
[Date "1997.05.11"]
[Round "6"]
[White "Deep Blue"]
[Black "Kasparov, Garry"]
[Result "1-0"]
[ECO "B17"]
1. e4 c6 2. d4 d5 3. Nc3 dxe4 4. Nxe4 Nd7 5. Ng5 Ngf6 6. Bd3 e6 7. N1f3
h6? 8. Nxe6! Qe7 9. O-O fxe6 10. Bg6+ Kd8 11. Bf4 b5 12. a4 Bb7 13. Re1
Nd5 14. Bg3 Kc8 15. axb5 cxb5 16. Qd3 Bc6 17. Bf5! exf5 18. Rxe7 Bxe7
19. c4 1-0
L'erreur historique au coup 7 : Kasparov joue h6? au lieu de Bd6 — une transposition fatale dans une Caro-Kann qu'il connaissait par cœur. Le sacrifice 8.Nxe6! était dans la base de données d'ouvertures de Deep Blue. Résignation en 19 coups. [...]
30 March, 2026TestProcédure de Calibration Elo — Chroniques Software
Chroniques Software · Laboratoire Maison
Calibration Elo · AMD Ryzen 9 7950X3D · 2026
Méthode · Chess Computing · Étalonnage Elo
Procédure deCalibration Elo —Échelle Complète
Grand Tournoi d'Étalonnage · 76 moteurs · 75 parties chacun · 7 ancres absolues établies · Plan de montée en 6 étapes vers 4100+ Elo. Comment passer d'un classement relatif flottant à une échelle absolue ancrée, barre par barre, comme une règle sur une carte.
Pool 76 moteurs
Ancres établies 7
Étapes planifiées 6
Gap à combler 775 Elo
Hardware Ryzen 9 7950X3D
◆
I. Le problème — cotes relatives contre échelle absolue
Un logiciel comme Ordo calcule des cotes Elo relatives à partir des résultats d'un tournoi. Sans ancre externe, le classement flotte librement : on sait que le moteur A est supérieur de 200 points au moteur B, mais on ne sait pas où ils se situent sur l'échelle absolue SSDF ou CCRL. Le grand tournoi seul ne suffit pas — il donne de l'ordre, pas de l'altitude.
Une ancre est un moteur dont la cote absolue est établie par gauntlet dédié — des parties jouées contre des adversaires eux-mêmes déjà calibrés, sur le hardware de référence Ryzen 9 7950X3D. En fixant plusieurs ancres à des niveaux différents, Ordo peut aligner tout le classement sur l'échelle absolue, comme poser une règle graduée sur une carte sans repères. On ne peut calibrer un moteur qu'en le faisant jouer contre des adversaires proches en force, eux-mêmes déjà ancrés. La stratégie est donc une montée progressive : chaque nouvelle ancre s'appuie sur les précédentes, étendant la zone calibrée vers le haut. C'est le principe de l'échelle de Jacob — un barreau à la fois.
Le grand tournoi sert à identifier la hiérarchie et choisir quels moteurs méritent d'être calibrés en priorité. Il ne remplace pas les gauntlets dédiés : ses cotes restent relatives, mais il montre les écarts entre moteurs et les zones de l'échelle qui manquent d'ancres.
Principe méthodologique — Chroniques Software, 2026
II. Grand Tournoi — 76 moteurs, cotes relatives
Paramètres et zones de couverture
📋 Paramètres du Grand Tournoi · total-3 2850 parties
Pool : 76 moteurs · 75 parties par moteur · Hardware : 8 threads Ryzen 9 7950X3D sauf mention · Cotes calculées par Ordo, relatives au pool · Erreur σ = 400 × √(p·(1−p)/N) · Les ancres existantes (fond vert) servent de points d'attache à Ordo.
Zone Haute · 3297–4072
17 moteurs · 0 ancre — à calibrer en priorité absolue
Zone Intermédiaire · 3163–3297
19 moteurs · 1 ancre (Wasp 2.00)
Zone Basse · 2685–3163
40 moteurs · 6 ancres — bien couverte
#
Moteur
Elo
σ
Pts
N
%
Zone
1Dragon by Komodo Chess 64-bit4071.7±12.069.57593%HAUTE
2Stockfish 18 8CPU4037.1±13.068.57591%HAUTE
3Caissa 1.24 POPCNT 8CPU4034.7±13.068.57591%HAUTE
4Fire 9.3 x64 avx2 8CPU4034.3±13.068.57591%HAUTE
5Stockfish 12 8CPU4006.7±13.967.57590%HAUTE
6Rebel-16.3 8CPU4002.6±13.967.57590%HAUTE
7Lc0 v0.31.0-rc13992.4±14.367.07589%HAUTE
8Fritz 20 AVX512 8CPU3959.0±15.066.07588%HAUTE
9Stockfish 11 64 BMI2 8CPU3955.7±15.066.07588%HAUTE
10Ethereal 12.75 (PEXT) 8CPU3898.3±16.364.07585%HAUTE
11Komodo 14.1 64-bit 8CPU3889.5±16.663.57585%HAUTE
12Rebel-Extreme-1.1 8CPU3885.9±16.663.57585%HAUTE
13Stockfish 8 64 BMI2 8CPU3874.4±16.663.57585%HAUTE
14Komodo 12.1.1 64-bit 8CPU3861.0±16.963.07584%HAUTE
15Caissa 1.5 8CPU3851.9±17.262.57583%HAUTE
16Wasp 7.00 8CPU3818.1±18.061.07581%HAUTE
17Wasp 5.50 8CPU3756.6±18.959.07579%HAUTE
18Deep Shredder 13 x64 8CPU3621.4±20.953.57571%INTER.
19Wasp 4.50 8CPU3619.4±21.053.07571%INTER.
20Gull 3 x64 BMI2 8CPU3597.9±21.252.57570%INTER.
21Houdini 4 Pro x64 8CPU3595.4±21.352.07569%INTER.
22Critter 1.6a 64-bit 8CPU3580.4±21.451.57569%INTER.
23Houdini 5.01 Pro x64 8CPU3564.9±21.551.07568%INTER.
24Rebel 14.13563.2±21.750.57567%INTER.
25Wasp 3.75 8CPU3522.9±22.049.07565%INTER.
26Deep Rybka 4.1 SSE42 x64 8CPU3512.9±22.148.57565%INTER.
27Houdini 6 Pro x64-popc 8CPU3506.9±22.248.07564%INTER.
28Critter 1.01 64-bit SSE4 8CPU3503.2±22.248.07564%INTER.
29Senpai 2.0 8CPU3477.0±22.446.57562%INTER.
30Fire 1.5 xTreme x64p 8CPU3474.5±22.446.57562%INTER.
31Naum 4.2 8CPU3420.4±22.744.07559%INTER.
32spark-1.0-win64-mp-corei 8CPU3352.3±23.040.57554%INTER.
33Senpai 1.0 8CPU3351.6±23.040.57554%INTER.
34Komodo64 33335.0±23.139.57553%INTER.
35Deep Shredder 12 x64 8CPU3334.9±23.139.57553%INTER.
36Absurd-1.0 8CPU3327.6±23.139.07552%INTER.
37Wasp 2.00 8CPU ANCRE A13297.0±23.139.57553%ANCRÉE
38Colossus 2025b 8CPU3243.4±23.034.57546%COUVERTE
39Rybka 2.4 mp 32-bit 8CPU ANCRE A23234.0±23.139.57553%ANCRÉE
40Toga II 1.4 beta5c3223.1±23.033.57545%COUVERTE
41Fritz 13 SE3217.7±22.933.07544%COUVERTE
42Zappa Mexico II x64 8CPU3206.9±22.932.57543%COUVERTE
43Gull 1.2 x643205.4±22.932.57543%COUVERTE
44Glaurung 2.2 JA 8CPU ANCRE A33163.0±23.033.57545%ANCRÉE
45Rybka 1.0 Beta 32-bit3153.1±22.629.57539%COUVERTE
46Loop M1-T-1234 8CPU3135.2±22.428.57538%COUVERTE
47FRUIT 2.3.13112.2±22.227.07536%COUVERTE
48Shredder 10 UCI ANCRE A43087.0±20.119.07525%ANCRÉE
49Deep Fritz 83084.3±21.925.57534%COUVERTE
50Fritz 103054.3±21.524.07532%COUVERTE
51Chess Tiger 20073049.1±21.423.57531%COUVERTE
52ProDeo 1.823037.5±21.323.07531%COUVERTE
53Gambit Fruit 1.0 Beta 4bx3019.4±21.022.07529%COUVERTE
54Pharaon 3.5.1 8CPU2999.4±20.620.57527%COUVERTE
55Deep Junior 7 ANCRE A52996.0±18.916.07521%ANCRÉE
56Ruffian 2.1.02979.5±20.319.57526%COUVERTE
57Crafty 20.142971.1±20.119.07525%COUVERTE
58Fritz 72965.1±20.119.07525%COUVERTE
59Shredder 62948.5±19.718.07524%COUVERTE
60Fritz 6 ANCRE A62947.0±18.515.07520%ANCRÉE
61Deep Fritz2922.2±19.116.57522%COUVERTE
62Gandalf 6.012918.3±19.116.57522%COUVERTE
63Gambit Tiger 2.02916.7±18.916.07521%COUVERTE
64Fritz 82907.3±18.715.57521%COUVERTE
65ProDeo 2.02907.1±18.715.57521%COUVERTE
66SOS 5 for Arena2900.7±18.715.57521%COUVERTE
67Hiarcs 82889.5±18.214.57519%COUVERTE
68Deep Sjeng 1.6 8CPU2870.0±18.014.07519%COUVERTE
69Junior 82869.1±18.014.07519%COUVERTE
70Junior 7 ANCRE A72862.0±19.116.57522%ANCRÉE
71List 5122855.8±17.513.07517%COUVERTE
72Nimzo 82837.2±17.212.57517%COUVERTE
73Tao 5.62836.0±17.212.57517%COUVERTE
74Hiarcs 7.322813.2±16.611.57515%COUVERTE
75Yace Paderborn2778.6±15.49.57513%COUVERTE
76Fritz 5.322684.5±13.06.5759%COUVERTE
σ = 400 × √(p × (1−p) / N) où p = points/parties, N = 75 parties. Cotes relatives au pool — ancres (fond vert) servent de pivot absolu à Ordo. Les Elo sont ceux du tournoi total-3 (2850 parties).
II bis. Analyse du tournoi — performances notables
Dragon by Komodo Chess domine le tournoi avec 93 % (69,5/75), devançant nettement le trio Stockfish 18 / Caissa 1.24 / Fire 9.3 qui se partagent la 2e place à 91 % — et seulement 0,4 point d'Elo d'écart entre eux. Le classement de ce tournoi renverse l'ordre attendu au sommet.
— Observation Chroniques Software · tournoi total-3 · 2026
Moteurs dominants — le sommet du tableau
Dragon by Komodo Chess s'impose avec 4071,7 Elo et 93 % de score — meilleure performance absolue du tournoi. Il devance Stockfish 18 (4037,1) d'un écart de 34 points, ce qui est significatif sur 75 parties. Stockfish 18, Caissa 1.24 et Fire 9.3 sont pratiquement à égalité (68,5 pts chacun), séparés par seulement 2,8 points d'Elo : un résultat statistiquement indiscernable qui exigerait au moins 200 parties supplémentaires pour être tranché. Rebel-16.3 confirme sa vigueur avec 90 %, devançant Lc0 qui se révèle légèrement en retrait par rapport aux autres moteurs modernes (89 %, 3992 Elo).
Moteurs n'ayant jamais perdu — ou presque
Dragon by Komodo (93 %), Stockfish 18, Caissa 1.24 et Fire 9.3 (91 % chacun) maintiennent un score plancher impressionnant sur 75 parties. Avec des σ de ±12 à ±13 points, leurs cotes sont les plus précises de tout le pool — une conséquence directe de leur domination constante. Stockfish 12 et Rebel-16.3 à 90 % ne perdent que contre le quatuor de tête.
Moteurs ayant surperformé leur classement attendu
Surprises positives
Mieux que prévu — performances dépassant les attentes historiques
Wasp 7.00 8CPU (rang 16 · 3818) — impressionne avec 81 %, au-dessus des Komodo 14 et Rebel-Extreme qui le précèdent de peu. Sa montée en version est remarquable : +521 points Elo entre Wasp 2.00 et Wasp 7.00, la progression la plus spectaculaire d'un moteur au fil de ses versions dans ce pool.
Colossus 2025b 8CPU (rang 38 · 3243) — moteur moderne qui se hisse au niveau des anciens champions des années 2005–2010. Ses 46 % dans ce pool très compétitif sont une performance solide pour un programme récent face à des machines multi-thread optimisées.
Rebel 14.1 (rang 24 · 3563) — version monoprocesseur qui rivalise avec Houdini 4 et 5 Pro, moteurs pourtant configurés en 8CPU. Un score de 67 % suggère une efficacité algorithmique exceptionnelle par thread.
Lc0 v0.31.0-rc1 (rang 7 · 3992) — le seul réseau de neurones du pool, il se glisse parmi les Stockfish et Komodo à 89 %. Remarquable compte tenu de son architecture radicalement différente.
Déceptions relatives
En-deçà des attentes — moteurs ayant sous-performé
Shredder 10 UCI (rang 48 · 3087 · ancre A4) — seulement 25 % de score, très en-dessous des autres moteurs de sa génération dans ce pool. La cause probable n'est pas une faiblesse intrinsèque mais un effet de cadence : ce tournoi se joue à 3 minutes par partie, alors que lors de son gauntlet d'étalonnage, Shredder 10 avait 15 secondes par coup. Les moteurs classiques des années 2000 géraient typiquement un calcul court et intense à chaque coup ; en parties longues, les machines modernes à deep search et tablebase les écrasent plus facilement qu'en blitz. Sa cote absolue de 3087 Elo reste valable pour la cadence de référence du gauntlet.
Deep Junior 7 (rang 55 · 2996 · ancre A5) — même diagnostic : 21 % en parties de 3 minutes contre 15 secondes/coup lors de l'étalonnage. Junior était architecturalement taillé pour l'attaque et la tactique à cadence rapide — son moteur sélectif à grande profondeur sur des lignes précises perd une partie de son avantage dès que les modernes peuvent aussi calculer profond. Sa cote absolue de 2996 reflète la cadence gauntlet, pas les 3 minutes du tournoi.
Houdini 6 Pro (rang 27 · 3507) — version plus récente mais classée légèrement sous Houdini 4 et Houdini 5 dans ce tournoi. Probablement un artéfact de configuration (paramètres, tablebases) plutôt qu'une réalité intrinsèque.
Anomalie notable — Shredder 10 et sa σ basse
Shredder 10 UCI (rang 48) présente la particularité d'obtenir l'une des σ les plus basses hors sommet : ±20,1. Cela vient de son score atypiquement bas (19/75 = 25 %), qui réduit p×(1−p) à 0,25×0,75 = 0,19, valeur plus faible que celle des moteurs autour de 50 %. En pratique, cette précision apparente est trompeuse : un moteur écrasé par le pool est moins informatif qu'un moteur qui se bat à 50 %. Deep Junior 7 (21 %) et Fritz 6 (20 %) présentent le même phénomène. C'est précisément l'intérêt du gauntlet dédié — joué à la cadence d'étalonnage — pour confirmer les cotes absolues de ces moteurs ancienne génération.
II ter. Les 6 nouvelles ancres retenues
Avec 75 parties chacun, le tournoi total-3 permet d'identifier les meilleurs candidats à la calibration. Le critère de sélection est triple : spacing sous 150 points entre ancres consécutives, σ aussi basse que possible, et existence de données CCRL ou SSDF pour validation externe. Ce sont exactement les 6 ancres qui constituent le plan de calibration de la section IV.
6 ancres retenues — plan définitif
Étapes B1 à B6 · zone 3297–4072 · sauts ≤ 141 Elo
B1 · Naum 4.2 8CPU (3420 ±22,7) — +123 vs Wasp 2.00. Moteur au comportement stable et documenté, 59 % dans ce pool. Premier barreau de l'échelle, vs A1 + A2 + A3 pour triple ancrage.
B2 · Wasp 3.75 8CPU (3523 ±22,0) — +103 vs Naum. Colonne vertébrale de la série Wasp, progression régulière garantie. Vs B1 + A1.
B3 · Wasp 4.50 8CPU (3619 ±21,0) — +96 vs Wasp 3.75. Écart le plus court du plan, gauntlet le plus précis. Franchit le seuil des 3600. Vs B2 + B1.
B4 · Wasp 5.50 8CPU (3757 ±18,9) — +138 vs Wasp 4.50. Étape pivot : ouvre la zone des moteurs modernes multi-CPU au-dessus de 3700. Vs B3 + B2.
B5 · Ethereal 12.75 (PEXT) 8CPU (3898 ±16,3) — +141 vs Wasp 5.50. Moteur open-source de très haut niveau, σ ±16,3 la meilleure hors sommet du pool. Remplace Stockfish 11 dans le plan original : même zone, σ plus favorable, données CCRL abondantes. Vs B4 + B3.
B6 · Stockfish 12 8CPU (4007 ±13,9) — +109 vs Ethereal. Ancre finale haute, saut maîtrisé. Une fois calibré, Ordo peut placer Dragon, SF18, Caissa 1.24 et Fire 9.3 en cascade — complétant l'échelle jusqu'à 4072. Vs B5 + B4.
III. Diagnostic — un gap critique de 775 points
La zone 3297 → 4072, de Wasp 2.00 jusqu'à Dragon by Komodo, couvre 775 points Elo et regroupe 17 moteurs — soit 22 % du pool total. Elle est intégralement dépourvue d'ancre.
— Diagnostic Chroniques Software · 2026 · Gap priorité absolue du plan de calibration
Les cotes Ordo de cette zone reposent uniquement sur l'extrapolation à partir de Wasp 2.00, avec une incertitude qui s'accumule à mesure qu'on monte. Un moteur classé à 4007 Elo relatif pourrait en réalité être à 3900 ou 4100 — sans ancre intermédiaire, impossible de le savoir. C'est la priorité absolue du plan qui suit.
7 ancres établies
Gauntlets dédiés sur Ryzen 9 7950X3D — zone 2862 à 3297
A1 · Wasp 2.00 8CPU — 3297 ±23,1 · Sommet actuel de la chaîne d'ancres
A2 · Rybka 2.4 mp 8CPU — 3234 ±23,1 · +63 sous Wasp 2.00
A3 · Glaurung 2.2 JA 8CPU — 3163 ±23,0 · 75 parties · résultat précis
A4 · Shredder 10 UCI — 3087 ±20,1 · σ basse (score extrême p=0.25)
A5 · Deep Junior 7 — 2996 ±18,9 · σ basse (score extrême p=0.21)
A6 · Fritz 6 — 2947 ±18,5 · σ basse (score extrême p=0.20)
A7 · Junior 7 — 2862 ±19,1 · Ancre de base — fond de l'échelle
IV. Plan de Calibration — montée en 6 étapes
On ne saute jamais plus de ~150 Elo entre deux ancres consécutives — au-delà, le gauntlet perd en précision. Les moteurs de la série Wasp constituent la colonne vertébrale de B1 à B4 : bien distribués sur l'échelle, chaque version est naturellement proche de la précédente. Ethereal remplace Stockfish 11 en B5 : même zone, σ plus favorable, sauts mieux équilibrés.
1
Naum 4.2 8CPU
3420,4 Elo relatif
✔ Wasp 2.00 (A1 · 3297)✔ Rybka 2.4 (A2 · 3234)✔ Glaurung 2.2 (A3 · 3163)
Premier échelon au-dessus de Wasp 2.00. Naum affiche 59 % dans ce pool très compétitif — qualité algorithmique confirmée. Triple ancrage vs A1 + A2 + A3 pour maximum de précision.
+123 vs Wasp 2.00 · couvre 3297→3420
2
Wasp 3.75 8CPU
3522,9 Elo relatif
✔ Naum 4.2 (B1 · ~3420)✔ Wasp 2.00 (A1 · 3297)
Suite logique de la série Wasp. +226 Elo au-dessus de Wasp 2.00, +103 au-dessus de Naum — espacement idéal pour un gauntlet précis. Naum fraîchement calibré assure une opposition solide.
+103 vs Naum · couvre 3420→3523
3
Wasp 4.50 8CPU
3619,4 Elo relatif
✔ Wasp 3.75 (B2 · ~3523)✔ Naum 4.2 (B1 · ~3420)
Saut le plus court du plan : +96 points. Gauntlet le plus précis statistiquement. Franchit le seuil des 3600 et prépare l'opposition à Wasp 5.50.
+96 vs Wasp 3.75 · couvre 3523→3619
4
Wasp 5.50 8CPU
3756,6 Elo relatif
✔ Wasp 4.50 (B3 · ~3619)✔ Wasp 3.75 (B2 · ~3523)
Étape pivot : dernier Wasp, ouvre la zone 3700+. +138 points — doublement sécurisé par deux ancres Wasp. Prépare l'opposition à Ethereal.
+138 vs Wasp 4.50 · ouvre la zone 3700+
5
Ethereal 12.75 (PEXT) 8CPU
3898,3 Elo relatif
✔ Wasp 5.50 (B4 · ~3757)✔ Wasp 4.50 (B3 · ~3619)
Moteur open-source de très haut niveau, σ ±16,3 — la meilleure hors sommet du pool. Remplace Stockfish 11 : saut ramené de +199 à +141, validation CCRL abondante. Ancre internationale de première qualité.
+141 vs Wasp 5.50 · franchit le seuil 3900
6
Stockfish 12 8CPU
4006,7 Elo relatif
✔ Ethereal 12.75 (B5 · ~3898)✔ Wasp 5.50 (B4 · ~3757)
Ancre finale haute. +109 vs Ethereal — saut bien maîtrisé. Une fois calibré, Ordo place Dragon by Komodo (4072), Stockfish 18, Caissa 1.24 et Fire 9.3 en cascade, complétant l'échelle sur 1387 points.
+109 vs Ethereal · ancre le sommet complet
V. Résultat attendu — 13 ancres sur 1387 points
Objectif final
13 ancres · 2685–4072 · ±35 Elo max. pour tout moteur interstitiel
Étendue calibrée : 2685 → 4072 — soit 1387 points Elo couverts
Espacement moyen entre ancres : ~107 Elo sur 13 points de référence
Incertitude maximale pour tout moteur entre deux ancres : ±35 Elo
Parties gauntlets supplémentaires : ~420 réparties sur 6 gauntlets
Tournoi final objectif : ≥ 100 parties par moteur pour cotes absolues définitives
76 moteurs disposant d'une cote absolue Ryzen 9 7950X3D exploitable contre SSDF et CCRL
Ancres actuelles
7
2685 → 3297 Elo
Nouvelles ancres
6
3420 → 4007 Elo · sauts ≤ 141
Gap comblé
775 pts
3297 → 4072 couverts
Moteurs classés
76
échelle absolue Ryzen 9
Ancres établies — base de départ
A1
Wasp 2.00 8CPUSommet actuel · 3297,0 ±23,1vs Glaurung · Rybka 2.4 · Shredder 10 · DJ7 · Fritz 6
A2
Rybka 2.4 mp 8CPU3234,0 ±23,1vs Wasp 2.00 · Glaurung · Shredder 10
A3
Glaurung 2.2 JA 8CPU3163,0 ±23,0 · 75 partiesvs Wasp 2.00 · Rybka 2.4 · Naum · Shredder · Zappa
A4
Shredder 10 UCI3087,0 ±20,1vs Deep Junior 7 · Fritz 6 · Glaurung · Rybka 2.4
A5
Deep Junior 72996,0 ±18,9vs Fritz 6 · Shredder 10 · Junior 7
A6
Fritz 62947,0 ±18,5vs Deep Junior 7 · Junior 7 · Shredder 10
A7
Junior 72862,0 ±19,1vs Fritz 6 · Deep Junior 7
Plan d'exécution — 6 étapes
1
Naum 4.2 8CPU — 342075 parties · vs A1 A2 A3+123 vs Wasp 2.00
2
Wasp 3.75 8CPU — 352360 parties · vs Étape 1 + A1+103 vs Naum
3
Wasp 4.50 8CPU — 361960 parties · vs Étape 2 + 1+96 vs Wasp 3.75
4
Wasp 5.50 8CPU — 375760 parties · vs Étape 3 + 2+137 — étape pivot
5
Ethereal 12.75 8CPU — 389875 parties · vs B4 + B3σ ±16,3 · +141 · open-source CCRL
6
Stockfish 12 8CPU — 400775 parties · vs B5 + B4+109 vs Ethereal · ancre finale
Tournoi total-3 — faits marquants
🥇
Dragon by Komodo vainqueur · 93 % · 69,5/75
≈
SF18 / Caissa 1.24 / Fire 9.3 à égalité parfaite : 68,5/75 chacun
↑
Wasp : +521 pts Elo entre v2.00 et v7.00 — progression série remarquable
σ
σ les plus basses au sommet : ±12 (Dragon), ±13 (SF18/Caissa/Fire)
Méthode
Ordo
Cotes relatives calculées par Ordo (Michel Van den Bergh)
σ
σ = 400 × √(p·(1−p)/N) · N = 75 parties
Réf.
Données SSDF · CCRL pour vérification de cohérence externe
Chroniques Software · Laboratoire Maison 2026 · AMD Ryzen 9 7950X3D
Méthode : Grand tournoi Ordo (cotes relatives) → Gauntlets dédiés (ancres absolues) → Tournoi final ≥ 100 parties/moteur
σ = 400 × √(p·(1−p)/N) · N=75 · Ordo © Michel Van den Bergh · Données SSDF de référence [...]
28 March, 2026Anthologie / Chess EnginesMChess - Marty Hirsch
Anthologie complète de MChess et AI Chess — Marty Hirsch
Anthologie complète de MChess et AI Chess
I. Marty Hirsch : portrait d’un Californien à la double vie
Il y a quelque chose d’inattendu dans la trajectoire de Martin D. “Marty” Hirsch. Pas de chambre d’adolescent en Angleterre comme Uniacke, pas de club d’échecs universitaire dans le Mississippi comme Hyatt, pas d’appartement de Tel Aviv comme Ban. Hirsch vient de la Californie du soleil, des mathématiques appliquées, et de la conquête spatiale.
Marty Hirsch est un mathématicien appliqué, ingénieur et programmeur américain, auteur des programmes d’échecs AI Chess et MChess. Ancien ingénieur à la NASA, il détient un Bachelor of Science en mathématiques appliquées de la California State University de Northridge, obtenu en 1979.
Il est diplômé de la CSUN entre 1974 et 1978. C’est donc à l’époque où Hyatt programme Blitz sur un mainframe universitaire du Mississippi, où Schröder s’apprête à découvrir le TRS-80 et où Uniacke cherche un nom pour HIARCS dans une salle de physique, que Hirsch finit ses études de mathématiques à Northridge — dans la banlieue nord de Los Angeles.
Son passage à la NASA n’est pas anodin. Il a reçu une récompense de la NASA pour sa contribution au succès de Voyager. La sonde Voyager, lancée en 1977, est l’une des aventures scientifiques les plus extraordinaires de l’humanité — encore active aujourd’hui à plus de 20 milliards de kilomètres de la Terre. Hirsch y a contribué.
C’est exactement la philosophie de MChess.
Marty Hirsch fête ses 70 ans en janvier 2026. Dans le fil de discussion de la communauté de TalkChess qui lui rend hommage à cette occasion, Mark Uniacke lui-même poste un message : il dit que Marty Hirsch était son idole.
II. AI Chess : le programme qui précède MChess (1984–1990)
Avant MChess, il y a AI Chess — le premier programme commercial d’échecs de Hirsch, qui n’est pas une curiosité de laboratoire mais un vrai produit commercial.
Marty Hirsch est décrit comme “un expert programmeur IBM-PC préalablement connu pour un programme appelé AI Chess”.
AI Chess est un programme PC pour MS-DOS, commercialisé dans la seconde moitié des années 1980. À cette époque, le marché des logiciels d’échecs pour PC est en pleine ébullition : Chessmaster, Sargon, Battle Chess se battent pour les rayons des grandes surfaces.
L’expérience de AI Chess est fondatrice pour Hirsch. Il y teste ses premières idées sur la reconnaissance de patterns et l’évaluation positionnelle. Ce n’est pas encore MChess, mais c’est le laboratoire dans lequel MChess va naître.
La transition entre AI Chess et MChess est décrite dans la documentation de l’époque : M-Chess est un nouveau programme qui a pris 3 années-hommes à développer.
III. La philosophie fondatrice : émuler le joueur humain de haut niveau
Le design inhabituel de MChess
M-Chess Professional a un design inhabituel qui tente d’émuler le style d’un joueur humain fort en utilisant une reconnaissance de patterns complexe, en mettant l’accent sur les aspects positionnels et en ayant une connaissance précise d’un certain nombre de finales, tout en étant tacticalement puissant.
Cette phrase — extraite de la présentation commerciale officielle — est un programme philosophique aussi dense que celui d’HIARCS. Pas simplement calculer plus profond. Pas simplement chercher plus de nœuds. Mais émuler un fort joueur humain. La reconnaissance de patterns. La connaissance des finales. La synthèse du positionnel et du tactique.
Les interrupteurs logiques : une évaluation adaptative par phase de jeu
L’innovation la plus technique et la plus distinctive de MChess est celle de ses interrupteurs logiques dans l’évaluateur — ce que la communauté nommera plus tard l’évaluation tapered ou l’évaluation dynamique par phase.
Par le biais d’interrupteurs logiques dans l’évaluateur, le programme sélectionne dynamiquement un ensemble d’heuristiques en fonction du type de position : début d’ouverture, fin d’ouverture, début de milieu de jeu, fin de milieu de jeu, finale, et plusieurs finales spécifiques. Le développement est mis en avant dans l’ouverture, la sécurité du roi et la mobilité dans le milieu de jeu, et les pions passés et un roi actif dans la finale.
C’est élégant et profond. La grande majorité des programmes de l’époque utilisent une fonction d’évaluation statique — les mêmes paramètres dans la même pondération, quelle que soit la phase de la partie. MChess, lui, change d’identité selon la phase.
Le machine learning avant l’heure : l’apprentissage du livre d’ouvertures
Marty Hirsch publie en 2001 un article académique intitulé “Machine Learning in MChess Professional” dans Advances in Computer Games 9.
Cet article, rédigé six ans après le titre mondial de 1995, révèle une autre dimension de MChess que sa réputation de “fort programme de tournoi” laissait dans l’ombre. MChess implémente une forme d’apprentissage automatique appliqué à son livre d’ouvertures — le programme analyse les résultats de ses parties et ajuste statistiquement les probabilités d’utiliser telle ou telle ligne d’ouverture en fonction du succès ou de l’échec de ces lignes dans ses parties précédentes.
MChess et la naissance du terme “chess engine”
En début 1993, Marty Hirsch est le premier à établir une distinction entre les programmes d’échecs commerciaux tels que Chessmaster 3000 ou Battle Chess d’un côté, et les “chess engines” comme ChessGenius ou son propre MChess Pro de l’autre.
Avant Hirsch, tous les programmes d’échecs sont appelés indifféremment “chess programs” ou “chess software”. La distinction qu’il établit publiquement en 1993 structure définitivement le vocabulaire de tout le domaine.
IV. L’ascension vers le sommet (1990–1995)
AEGON 1991 : le meilleur programme du tournoi
MChess Pro finit 8ème et est le programme le mieux classé du tournoi AEGON Man-Machine de 1991.
Être le meilleur programme parmi tous les programmes participants au tournoi AEGON — c’est-à-dire faire mieux que Fritz, Genius, Rebel et tous les autres — est une performance qui confirme immédiatement que MChess n’est pas un programme de second rang.
ACM 1991 : deuxième place sur le continent
Les versions précédentes de M-Chess ont obtenu de nombreuses distinctions, dont la meilleure position au tournoi AEGON 1991, la deuxième place au tournoi ACM 1991 et la première place au Championnat d’Échecs Informatiques sur Plateforme Uniforme 1992.
WMCCC 1991 Vancouver : troisième place
Au WMCCC de Vancouver 1991 — celui où Gideon d’Ed Schröder remporte son premier titre mondial — MChess se classe troisième. M-Chess de Marty Hirsch sur un 80486 à 33 MHz finit troisième à Vancouver 1991.
Troisième derrière Gideon (ChessMachine ARM) et The King (également ChessMachine ARM), MChess est le meilleur programme sur PC standard du tournoi.
Les grands-maîtres battus
MChess Pro a battu un certain nombre de joueurs très forts, dont Christiansen, Z. Polgar, Rohde, Shabalov, Cifuentes et Wolff.
La partie contre Zsuzsa Polgar en 1995 est l’une des mieux documentées : structure de pions affaiblie, finale technique, conversion impeccable.
V. Le WMCCC 1995 de Paderborn : le titre mondial et la partie légendaire
Paderborn, 15 octobre 1995
Le 13ème Championnat du Monde de Microordinateurs se tient à l’Université de Paderborn. Parmi les participants : MChess Pro 5.0 de Hirsch, Chess Genius de Richard Lang, Fritz, Nimzo 3, Shredder, Ferret.
Le titre est finalement partagé entre MChess Pro 5.0 et Chess Genius, mais le playoff désigne MChess comme champion absolu.
La partie du playoff : 77 coups de génie
La partie du playoff — MChess Pro (blancs) contre Chess Genius (noirs) — est l’une des plus étudiées de la décennie. Le sacrifice 19…Bxg3 de Genius est spectaculaire, mais MChess répond parfaitement.
La finale, jouée jusqu’au 77ème coup, est un modèle de technique : forteresse, zugzwang, précision chirurgicale.
L’interview de Der Spiegel : “les Rambos perdent”
Le magazine Der Spiegel publie en mai 1995 un article intitulé “Rambos verlieren” — les Rambos perdent — où Hirsch explique que les programmes jouant uniquement en force brute finissent par perdre face à des programmes plus intelligents.
VI. La contribution académique : “Botvinnik und die Schachprogrammierung”
En juin-juillet 1995, Hirsch publie dans le magazine Computerschach und Spiele (en allemand) un article intitulé “Botwinnik und die Schachprogrammierung” — Botvinnik et la programmation d’échecs.
Botvinnik — Mikhail Botvinnik, le champion du monde soviétique — est une figure tutélaire de toute réflexion sur l’intelligence artificielle appliquée aux échecs. Il a lui-même développé ses propres théories sur la façon dont un ordinateur devrait jouer aux échecs, insistant sur une approche “intelligente”.
Dap Hartmann, dans son compte-rendu dans l’ICGA Journal, écrit : “Les programmeurs commerciaux et les fabricants révèlent rarement les détails de leurs programmes… C’est maintenant au tour de Marty Hirsch de livrer les secrets des entrailles de MChess.”
Hartmann conclut : “Même si on ne peut pas avoir son gâteau et le manger, sa publication tardive d’idées mérite des éloges.”
VII. La catastrophe commerciale : l’affaire Stamer et la fin de MChess
Windows 95 et le contexte commercial
La victoire à Paderborn en octobre 1995 aurait dû être le tremplin d’une décennie commerciale brillante. Ce ne le fut pas — et la raison combine un contexte de marché défavorable et un contentieux commercial dévastateur.
MChess Pro est un programme MS-DOS à une époque où Windows 95 s’impose. Les utilisateurs veulent des interfaces graphiques Windows natives. MChess reste en DOS plus longtemps que la compétition.
L’affaire Stamer : le désastre juridique
En raison de publicités irrégulières de Stamer et de déclarations discutables dans son Catalogue d’Ordinateurs d’Échecs 1996, des problèmes surgissent, avec des conséquences financières pour Hirsch et Gerd Isenberg.
Le catalogue contenait notamment un défi à Garry Kasparov — une déclaration marketing extravagante que Hirsch n’avait pas autorisée. Weiner, rival de Stamer, engage des poursuites. Une avalanche judiciaire s’ensuit.
Un utilisateur résume la situation sur Usenet : les conséquences de la rupture Hirsch-Stamer et la perte d’une grosse somme d’argent font que Marty ne peut plus gagner sa vie avec la programmation d’échecs.
L’arrêt du développement
MChess 7 sort en 1997-1998, mais c’est déjà un programme développé dans des conditions difficiles. En 1999, le classement SSDF place HIARCS 7.0 en tête, suivi de Fritz 5.32 — avec MChess Pro 7.1 en septième ou huitième position.
En 2001, MChess est hors du top 30. Ce n’est pas une défaillance algorithmique, mais l’absence de développement soutenu.
VIII. Après MChess : la vie de l’après
Hirsch ne disparaît pas du monde des échecs. Il s’y réinvente.
En tant que Directeur Technique (CTO) du World Chess Network, Hirsch conçoit et développe l’un des sites de jeu d’échecs en ligne les plus conviviaux d’internet.
En 2005, avec Harold Bogner, il lance la Chess Magnet School. Il est basé à Petaluma, en Californie, et est actuellement CTO de Chess Supersite Corp.
La Chess Magnet School est un projet éducatif visant à enseigner les échecs aux enfants via internet — exactement le type de mission sociale que l’on attendrait d’un homme formé à la NASA.
IX. Tableau des versions et classements
Version
Année
Plateforme
Événement clé
Elo/perf estimé
AI Chess1985–1989IBM PC MS-DOSProgramme commercial précédent1600–1800
M-Chess 1.x1989–1990IBM PC MS-DOSPremières versions1900–2000
M-Chess 2.x1991486 PCAEGON 1991, ACM 2e, Vancouver 3e2100–2200
M-Chess Pro 3.x1992486 PCUniform Platform 1er2200–2300
M-Chess Pro 4.x1993–1994Pentium PCMontée en puissance, SSDF top 52350–2450
MChess Pro 5.01995Pentium PCWMCCC Paderborn 1er~2550 SSDF
MChess Pro 6.01996Pentium PC MS-DOSAprès affaire Stamer2500–2550
MChess Pro 7.0/7.11997–1998Pentium PC MS-DOSDernières versions2450–2500
(arrêt développement)2001—Hors top 30 SSDFObsolète
X. Anecdotes et faits marquants
L’ingénieur de Voyager champion du monde d’échecs informatique : Hirsch a reçu une récompense de la NASA pour sa contribution au succès de Voyager.
L’inventeur du terme “chess engine” : en 1993, Hirsch formalise la distinction entre programmes d’ambiance et moteurs d’échecs.
L’idole de Mark Uniacke : l’auteur de HIARCS dit que Marty Hirsch était son modèle.
“Rambos verlieren” dans Der Spiegel : un article emblématique résumant sa philosophie.
La catastrophe Stamer : un litige commercial qui saborde la carrière de MChess.
Machine Learning en 2001 : Hirsch publie un article sur l’apprentissage automatique dans MChess.
70 ans et la communauté qui se souvient : TalkChess célèbre son héritage en 2026.
XI. Héritage : le champion sans lendemain
L’histoire de Marty Hirsch et MChess est peut-être la plus mélancolique de notre série. Une ascension brillante, un titre mondial en 1995, et un accident commercial qui met fin prématurément à ce qui aurait pu être l’une des grandes dynasties du jeu d’échecs informatique.
M-Chess Professional est l’un des programmes les plus forts des années 1990. Ses innovations — l’évaluation par phase de jeu, le machine learning appliqué aux ouvertures, le style d’imitation du joueur humain fort — sont des contributions majeures à l’état de l’art.
Et puis il y a ce legs invisible mais fondamental : le terme “chess engine”. Chaque fois que quelqu’un télécharge Stockfish, Leela ou Komodo et les appelle des “engines”, c’est l’héritage conceptuel de Marty Hirsch qui voyage.
Palmarès final :
1 × Champion du Monde WMCCC (Paderborn 1995, MChess Pro 5.0)
1 × Premier au Championnat Uniform Platform 1992
1 × Meilleur programme au tournoi AEGON 1991
3 grands-maîtres battus dans un seul tournoi (AEGON 1995, perf. 2652 Elo)
2ème ACM 1991
Victoires documentées contre Christiansen, Zsuzsa Polgar, Rohde, Shabalov, Cifuentes, Wolff
Inventeur du terme “chess engine” (1993)
Prix NASA pour la mission Voyager
Publication académique sur le machine learning en 2001
L’idole de Mark Uniacke
Un ingénieur de la NASA qui avait aidé Voyager à traverser le système solaire, qui inventa le mot “engine” pour les programmes d’échecs, et dont le style agressif et le livre d’ouvertures unique font encore rêver les collectionneurs de logiciels vintage en 2026. [...]
26 March, 2026Downloads / OutilsOrdoStat — Manuel d'Utilisation
♟
Manuel d'Utilisation Officiel
OrdoStat
v 1.0 — Interface PyQt6
Calcul des performances Elo de moteurs d'échecspar maximum de vraisemblance
Auteur
Valter Drazic
Moteurs supportés
Ordo · BayesElo
Laboratoire
Chroniques Software
Édition
Mars 2026
Sommaire
Table des matières
01Introduction & concept
02Installation & organisation des fichiers
Structure recommandée du dossier de travail
03Interface utilisateur — Vue d'ensemble
Zones de l'interface · Sélection de langue
04Mode Ordo — Guide complet
Sélection des fichiers · Ancres · Lancement
05Mode BayesElo — Guide complet
Séquence stdin · Ancre offset · Résultats
06Interprétation des résultats
Colonnes du tableau · Erreurs ± · Score%
07Ancrage Elo — Méthodologie
Ancres simples vs multiples · Fichier CSV
08Fonctions avancées
Menu contextuel · Export · Copie commande
09Comparaison Ordo vs BayesElo
10Dépannage
Section 01
Introduction & concept
OrdoStat est une interface graphique Python/PyQt6 conçue pour orchestrer deux moteurs de calcul Elo spécialisés dans l'évaluation des performances de moteurs d'échecs à partir de fichiers PGN de tournoi.
Contrairement au système Elo classique (incrémental, conçu pour les listes en cours), OrdoStat utilise des algorithmes de maximum de vraisemblance qui calculent la cohérence globale de tous les résultats d'un tournoi à la fois, produisant des classements nettement plus précis et robustes.
♟ Le problème résolu
Vous disposez d'un fichier PGN contenant les résultats d'un tournoi entre plusieurs moteurs d'échecs. Vous souhaitez connaître leur force Elo relative — et si possible absolue, calibrée sur une échelle connue.
⚙ La solution OrdoStat
OrdoStat pilote Ordo (Miguel Ballicora) ou BayesElo (Rémi Coulom), produit un classement complet avec erreurs statistiques, et l'affiche dans un tableau interactif tri-able.
ℹ
Fondement mathématique
Pour deux moteurs i et j de cotes respectives Ri et Rj, la probabilité de victoire suit la fonction logistique : P(i,j) = 1 / (1 + 10−(Rᵢ−Rⱼ)/400). Les algorithmes minimisent l'écart entre résultats observés et ces probabilités théoriques.
Section 02
Installation & organisation des fichiers
Prérequis système
OrdoStat fonctionne sur Windows 10/11 (et Linux/macOS sous réserve de disposer des binaires appropriés). Les composants nécessaires sont :
ComposantVersion minimaleRôle
Python3.10+Interpréteur de l'interface graphique
PyQt66.4+Bibliothèque UI (installée via pip)
ordo-win64.exe1.2.6Moteur de calcul Ordo (Miguel Ballicora)
bayeselo.exe0056Moteur de calcul BayesElo (Rémi Coulom) — optionnel
OrdoStat.exe—Exécutable compilé par PyInstaller (mode autonome)
Structure recommandée du dossier de travail
Tous les fichiers peuvent se trouver dans le même dossier. OrdoStat détecte automatiquement Ordo et BayesElo dès que le chemin du PGN est sélectionné, si les exécutables sont présents dans le même répertoire.
📁 MonTournoi\
⚙ ordo-win64.exe ← moteur Ordo (obligatoire en mode Ordo)
⚙ bayeselo.exe ← moteur BayesElo (obligatoire en mode BayesElo)
⚙ OrdoStat.exe ← l'interface graphique elle-même
📄 TotalGames.pgn ← votre fichier de parties
📄 anchors.csv ← ancres Elo (optionnel)
📄 rating.txt ← résultats Ordo (généré automatiquement)
📄 rating.csv ← résultats Ordo au format CSV (généré)
📄 rating_bayeselo.txt ← résultats BayesElo (généré automatiquement)
💡
Détection automatique des exécutables
Dès que vous chargez un fichier PGN, OrdoStat scanne le même dossier et remplit automatiquement les champs Ordo exe et BayesElo exe si les exécutables y sont présents. De même, le champ Résultat .txt est pré-rempli avec rating.txt dans ce dossier.
⚠
Chemins avec espaces ou caractères spéciaux
Évitez les accents et espaces dans le nom du dossier de travail. Si votre chemin PGN contient des espaces, OrdoStat gère ce cas automatiquement, mais certaines versions de bayeselo peuvent avoir des difficultés. OrdoStat crée un fichier temporaire avec un nom sûr pour contourner ce problème.
Installation via PyInstaller (mode autonome)
Pour distribuer OrdoStat sans exiger Python sur la machine cible, utilisez le script compiler.bat fourni :
compiler.bat
Ce script installe les dépendances, compile ordo_gui.py en dist\OrdoStat.exe via PyInstaller, et propose une compression UPX optionnelle. L'exécutable généré est autonome — aucune installation Python n'est requise sur la machine de l'utilisateur final.
Section 03
Interface utilisateur — Vue d'ensemble
L'interface est organisée en cinq zones verticales, empilées de haut en bas :
OrdoStat — Vue générale schématique
FR
EN
ES
NL
DE
♟ Calculer les performances Elo
📂 Charger résultat existant
✕ Effacer
Fichiers
PGN :C:\Tournoi\TotalGames.pgn…
Ordo exe :C:\Tournoi\ordo-win64.exe…
Résultat .txt :C:\Tournoi\rating.txt…
☑Avantage trait blanc (-W)
76 moteur(s) disponible(s)
Ancres Elo (moteurs de référence)
[☑] Junior 7 → 1914 | [☑] Fritz 6 → 1824 | [☑] Rybka 2.4 → 2352 | …
Résultats — Classement Elo
76 moteurs classés · erreurs ± calculées
#MoteurElo±PointsParties%
1Dragon by Komodo Chess 64-bit3121.2±8.242.04593%
2Rebel-16.3 8CPU3065.5±8.941.04493%
ResultSet> 1697 game(s) loaded... ✓ Calcul terminé — 76 moteur(s) classé(s).
Barre de langues
Cinq langues sont disponibles via les boutons drapeaux en haut à droite : FR, EN, ES, NL, DE. Le changement est instantané et s'applique à l'ensemble de l'interface. La langue active est mémorisée entre sessions.
Boutons principaux
BoutonAction
♟ Calculer les performances EloLance le moteur sélectionné (Ordo ou BayesElo) sur le PGN chargé
📂 Charger résultat existantCharge et affiche un fichier rating.txt existant sans relancer le calcul
✕ EffacerVide le tableau de résultats et la console
Section 04
Mode Ordo — Guide complet
● ORDO
Ordo (Miguel Ballicora, v1.2.6) est le moteur principal d'OrdoStat. Il utilise un algorithme d'escalade de colline (hill climbing) convergent pour estimer les forces relatives de manière cohérente sur l'ensemble du pool de parties.
4.1 Champs de fichiers
ChampObligatoireDescriptionExemple
PGN
OUI
Fichier de parties au format PGN standard. Peut contenir des milliers de parties. Les tags [White] et [Black] servent à identifier les moteurs.
TotalGames.pgn
Ordo exe
OUI
Exécutable Ordo. Noms acceptés : ordo-win64.exe, ordo-win32.exe, ordo.exe, ou ordo (Linux).
ordo-win64.exe
Résultat .txt
OUI
Fichier de sortie texte. Créé ou écrasé à chaque calcul. Un fichier .csv homonyme est également généré automatiquement.
rating.txt
4.2 Option Avantage trait blanc (-W)
Lorsque cette case est cochée (par défaut), Ordo calcule et corrige automatiquement l'avantage lié au trait blanc. Cette option est fortement recommandée pour tout tournoi à cadence normale. Elle ajoute le switch -W à la commande Ordo.
💡
Résultat de la correction blanc
OrdoStat affiche en bas du fichier rating.txt la valeur calculée, par exemple White advantage = 58.12 et Draw rate (equal opponents) = 50.00%. Ces informations ne sont pas affichées dans le tableau mais restent dans le fichier.
4.3 Section Ancres Elo
Sans ancre, Ordo produit un classement relatif dont la moyenne interne est fixée à 0. Pour obtenir des valeurs absolues comparables à SSDF, CCRL ou votre propre référence, il faut ancrer le classement.
La section ancres est composée de 10 lignes, chacune comprenant :
Case à cocher — active/désactive cette ligne d'ancre
Menu déroulant — sélectionne le moteur de référence (peuplé depuis le PGN)
Champ Elo — valeur Elo à assigner à ce moteur
⚠
Minimum requis : 2 ancres actives
Ordo exige au moins 2 ancres actives pour calibrer l'échelle Elo. Avec une seule ancre, le calcul est rejeté et un avertissement s'affiche. Avec de nombreuses ancres bien réparties dans la hiérarchie, le calibrage est plus précis.
Charger un fichier anchors.csv
Le bouton 📂 Charger anchors.csv permet d'importer directement une liste d'ancres depuis un fichier CSV au format :
"Junior 7", 1914
"Fritz 6", 1824
"Deep Junior 7", 1823
"Rybka 2.4 mp 32-bit 8CPU", 2352
"Glaurung 2.2 JA 8CPU", 2158
"Wasp 2.00 8CPU", 2315
Les moteurs présents dans le CSV mais absents du PGN sont ajoutés à la liste sans provoquer d'erreur — Ordo les ignorera silencieusement.
Sauvegarder les ancres
Le bouton 💾 Sauver anchors.csv exporte les ancres actives vers un nouveau fichier CSV, réutilisable dans de futurs tournois.
4.4 Charger les moteurs depuis le PGN
Le bouton ⚙ Charger moteurs du PGN parse les tags [White] et [Black] du PGN et peuple les menus déroulants des ancres. Cette opération est également effectuée automatiquement dès que le chemin du PGN est sélectionné.
4.5 Lancement du calcul
1
Vérification automatique
OrdoStat vérifie que les trois fichiers obligatoires sont définis et existent sur disque. Un avertissement est affiché si l'un est manquant.
2
Écriture du fichier d'ancres temporaire
Si des ancres sont actives, un fichier _anchors_tmp.csv est créé dans le dossier de sortie, passé à Ordo via le switch -m, puis supprimé à la fin du calcul.
3
Exécution asynchrone
Ordo tourne dans un thread séparé. La sortie console est diffusée en temps réel dans la zone Console. L'interface reste réactive pendant le calcul.
4
Affichage des résultats
À la fin du calcul, le tableau est peuplé automatiquement depuis le fichier rating.txt généré. Les moteurs sont triés par Elo décroissant.
4.6 Commande générée
OrdoStat assemble la commande suivante (exemple avec ancres et avantage blanc) :
ordo-win64.exe -W -m anchors_tmp.csv -p TotalGames.pgn -o rating.txt -c rating.csv
Le bouton 📋 Copier commande place cette commande exacte dans le presse-papier, permettant une exécution manuelle en ligne de commande.
Section 05
Mode BayesElo — Guide complet
● BAYESELO
BayesElo (Rémi Coulom, v0056) est un programme de calcul Elo bayésien qui utilise un modèle d'estimation différent d'Ordo. Il produit des intervalles de confiance asymétriques et gère les taux de nulle de manière rigoureuse.
5.1 Activation du mode BayesElo
Dans la section Fichiers, sélectionnez le bouton radio BayesElo. L'interface se modifie immédiatement :
Le champ BayesElo exe apparaît (le champ Ordo reste disponible mais non utilisé)
Le panneau Options BayesElo devient visible
La section Ancres Elo est grisée (BayesElo gère son ancrage différemment)
Le badge ● BAYESELO confirme le mode actif
ℹ
Badge de mode toujours visible
Le badge coloré (vert ● ORDO ou bleu ● BAYESELO) indique en permanence quel moteur de calcul sera utilisé lors du prochain clic sur Calculer.
5.2 Champs spécifiques à BayesElo
ChampObligatoireDescription
BayesElo exe
OUI
Exécutable BayesElo. Noms acceptés : bayeselo.exe ou bayeselo. Détecté automatiquement si présent dans le dossier du PGN.
Ancre (moteur)
NON
Menu déroulant peuplé depuis le PGN. Sélectionnez le moteur dont vous connaissez l'Elo et souhaitez utiliser comme référence d'échelle.
Elo ancre
SI ANCRE
Valeur Elo à assigner au moteur d'ancre. BayesElo décale l'ensemble de l'échelle de sorte que ce moteur soit positionné à cette valeur.
5.3 Séquence de calcul BayesElo
OrdoStat pilote BayesElo de manière interactive via stdin. La séquence exacte envoyée est :
readpgn be_tmp_XXXXXX.pgn ← copie temporaire avec nom ASCII sûr
elo ← entre dans le sous-système EloRating
mm ← algorithme Minorization-Maximization
exactdist ← distribution exacte (plus précis)
offset 2352 Rybka 2.4 mp 32-bit 8CPU ← ancre (si définie)
ratings ← extrait le classement
x ← quitte EloRating
x ← quitte BayesElo
💡
Pourquoi mm puis exactdist ?
mm (Minorization-Maximization) effectue une pré-convergence rapide. exactdist affine ensuite les résultats en calculant la distribution de probabilité exacte. Les deux étapes ensemble donnent le résultat le plus précis.
ℹ
Fichier temporaire et chemin
BayesElo v0056 ne gère pas les guillemets ni les chemins absolus Windows dans la commande readpgn. OrdoStat contourne ce problème en copiant le PGN sous un nom temporaire sans espaces (be_tmp_XXXXXX.pgn) dans le même dossier, puis en lançant BayesElo depuis ce dossier (cwd). Le fichier temporaire est supprimé automatiquement après le calcul.
5.4 Résultat de sortie
BayesElo produit une sortie de type :
Rank Name Elo + - games score oppo. draws
1 Dragon by Komodo Chess 64-bit 3825 152 127 45 93% 3269 13%
2 Caissa 1.24 POPCNT 8CPU 3788 144 123 45 92% 3254 16%
...
OrdoStat parse cette sortie et la reformate au format Ordo standard, permettant l'affichage dans le tableau de résultats habituel. Le résultat est également sauvegardé dans le fichier Résultat .txt défini.
Section 06
Interprétation des résultats
6.1 Colonnes du tableau
#
Rang dans le classement par ordre décroissant d'Elo. Les 3 premiers rangs sont mis en évidence en or.
Moteur
Nom exact du moteur tel qu'il apparaît dans les tags [White]/[Black] du PGN.
Elo
Force calculée par maximum de vraisemblance. Valeur absolue si des ancres sont définies, relative sinon.
± (Erreur)
Erreur standard calculée par la formule σ = 400 · √(p·(1−p)/n), où p est le score et n le nombre de parties.
Points
Total de points marqués (victoire = 1, nulle = 0.5, défaite = 0).
Parties
Nombre total de parties jouées par ce moteur dans le tournoi.
%
Score en pourcentage : (Points / Parties) × 100. Indicateur direct de la performance globale.
6.2 Tri du tableau
Par défaut, le tableau est trié par Elo décroissant. Vous pouvez cliquer sur n'importe quel en-tête de colonne pour trier selon cette valeur (croissant/décroissant). Le tri numérique fonctionne correctement pour toutes les colonnes, y compris l'erreur ±.
6.3 Lecture de l'erreur ±
La colonne ± donne une idée de la précision du classement. Pour un moteur avec ± 15, il faudrait une différence Elo d'au moins 30 points pour que la supériorité soit statistiquement significative à 95% de confiance.
ℹ
Erreur standard vs. Ordo -s (simulations)
L'erreur ± affichée par OrdoStat est calculée analytiquement. Pour des erreurs plus précises (surtout avec des ancres multiples), utilisez l'option Ordo -s 1000 en ligne de commande ou via "Copier commande" pour ajouter le paramètre manuellement.
6.4 Exemple de lecture
#MoteurElo±PointsParties%
1Dragon by Komodo Chess 64-bit3121.2±8.242.04593%
57Junior 71914.1±12.710.04522%
67Fritz 61824.3±13.17.54517%
Lecture : Dragon (rang 1, 3121 Elo) a marqué 42 points sur 45 parties (93%). Son erreur ±8 signifie que sa vraie force est vraisemblablement entre 3113 et 3129 Elo. Junior 7 (rang 57) et Fritz 6 (rang 67) sont les ancres basses du classement.
Section 07
Ancrage Elo — Méthodologie
L'ancrage est le processus par lequel un classement relatif est converti en classement absolu, comparable à des listes de référence comme le SSDF, le CCRL ou votre propre base de données.
7.1 Ancre simple vs. ancres multiples
Ancre unique
Une seule ancre translate l'ensemble du classement de sorte que ce moteur soit à la valeur spécifiée. Tous les autres Elos sont décalés du même delta. Simple mais sensible à la qualité de l'ancre.
Ancres multiples (recommandé)
Ordo effectue une régression sur plusieurs points de référence, distribuant les décalages de manière optimale. Avec 7 ancres bien choisies, l'échelle est robuste même si une ancre est légèrement imprécise.
7.2 Choix des ancres — Bonnes pratiques
Distribuez les ancres sur toute la plage Elo du tournoi (faibles, moyens, forts)
Utilisez des moteurs dont les valeurs SSDF/CCRL sont bien établies sur plusieurs milliers de parties
Évitez les moteurs dont le comportement varie selon le matériel (certains moteurs NPS-dépendants)
Minimum recommandé : 5-7 ancres réparties uniformément
Les ancres dont les valeurs officielles datent de plus de 5 ans méritent une vérification
✓
Exemple d'ancres — Tournoi Valter Drazic (Ryzen 9 7950X3D)
Junior 7 (1914) · Fritz 6 (1824) · Deep Junior 7 (1823) · Shredder 10 (1940) · Glaurung 2.2 (2158) · Rybka 2.4 (2352) · Wasp 2.00 (2315). Ces 7 ancres couvrent la plage 1824–2352, suffisante pour calibrer un tournoi allant de Fritz 5.32 (~1636) à Dragon (~3121).
7.3 Ancrage BayesElo : la commande offset
BayesElo n'accepte pas un fichier CSV d'ancres multiples. L'ancrage se fait par la commande offset qui déplace l'échelle entière d'un décalage (offset) pour placer le moteur sélectionné à l'Elo désiré :
offset 2352 Rybka 2.4 mp 32-bit 8CPU
Cette commande est automatiquement insérée par OrdoStat dans la séquence stdin lorsqu'une ancre est sélectionnée dans le panneau Options BayesElo.
Section 08
Fonctions avancées
8.1 Menu contextuel (clic droit sur le tableau)
Un clic droit sur n'importe quelle ligne du tableau de résultats affiche un menu avec deux actions :
♟
Ajouter « NomMoteur » comme ancre
Crée automatiquement une nouvelle ancre avec le moteur de la ligne sélectionnée et son Elo calculé comme valeur de référence. Pratique pour ajuster l'ancrage après un premier calcul.
📋
Copier le nom
Copie le nom exact du moteur dans le presse-papier. Utile pour le coller dans le champ ancre BayesElo ou dans un script externe.
8.2 Copier la commande
Le bouton 📋 Copier commande place dans le presse-papier :
En mode Ordo : la commande complète avec tous les arguments, exécutable en ligne de commande
En mode BayesElo : le script stdin exact envoyé à bayeselo, reproductible manuellement
8.3 Charger un résultat existant
Le bouton 📂 Charger résultat existant permet d'afficher un fichier rating.txt précédemment généré sans relancer le calcul. OrdoStat parse le fichier et affiche le tableau complet. Si un fichier .csv homonyme existe, il est chargé également.
8.4 Enregistrer les résultats
Le bouton 💾 Enregistrer résultats exporte le tableau affiché vers :
Format CSV : toutes les colonnes séparées par des virgules, importable dans Excel
Format TXT : tableau formaté en colonnes alignées, lisible directement
8.5 Persistance des paramètres
OrdoStat mémorise automatiquement entre sessions :
ParamètreSauvegardé
Chemins des fichiers (PGN, Ordo exe, BayesElo exe, Résultat)✓ Oui
Mode calculateur (Ordo ou BayesElo)✓ Oui
Ancre BayesElo (nom + Elo)✓ Oui
Langue de l'interface✓ Oui
Taille et position de la fenêtre✓ Oui
Ancres Ordo (lignes actives)✗ Non — à recharger via le fichier CSV
Section 09
Comparaison Ordo vs BayesElo
Les deux moteurs produisent des classements Elo par maximum de vraisemblance, mais avec des philosophies et des capacités différentes. Le choix dépend de votre objectif.
Critère
Ordo v1.2.6
BayesElo v0056
Ancres multiples (fichier CSV)✓ Oui, régression✗ Non — offset unique
Correction avantage blanc✓ Automatique (-W)✓ Intégrée
Calcul du taux de nulle✓ Automatique (-D)✓ Intégré
Intervalles d'erreur◑ Via simulations (-s)✓ Asymétriques natifs
Plusieurs fichiers PGN✓ Oui (switch --)✗ Un seul fichier
Ancres "flottantes" (bayésiennes)✓ Oui (-y)◑ Concept natif
Moteurs sans victoire/défaite✓ Géré (floor/ceiling)✓ Géré
Rapidité (76 moteurs, 1697 parties)✓ < 1 seconde✓ ~2 secondes
Recommandé pourCalibrage absolu précisDistribution statistique bayésienne
💡
Recommandation pratique
Pour un tournoi de calibration avec ancres multiples et référence à une liste externe (SSDF, CCRL), utilisez Ordo. Pour une analyse statistique approfondie avec intervalles de confiance asymétriques, ou comme vérification indépendante des résultats Ordo, utilisez BayesElo. Les deux résultats devraient être très proches si le tournoi est bien connecté.
Section 10
Dépannage
SymptômeCause probableSolution
"0 game(s) loaded" dans la console BayesElo
Chemin PGN avec caractères spéciaux ou fichier illisible
OrdoStat crée un fichier temporaire ASCII automatiquement. Vérifiez les permissions du dossier.
Tableau vide après calcul Ordo
Fichier rating.txt non généré, ou Ordo a retourné une erreur
Vérifiez la console pour le code d'erreur. Vérifiez que le PGN contient des résultats valides (pas de * uniquement).
"Ordo exige au minimum 2 ancres"
Une seule ancre active cochée
Cochez au moins deux lignes d'ancres, ou utilisez un fichier anchors.csv avec plusieurs moteurs.
Les menus déroulants d'ancres sont vides
PGN pas encore chargé, ou PGN sans tags White/Black valides
Cliquez sur "⚙ Charger moteurs du PGN" après avoir sélectionné votre PGN.
BayesElo : "Unknown command: offset"
Mauvais nom de moteur dans le champ ancre
Le nom doit être identique à ce que bayeselo a chargé (case-sensitive). Copiez le nom depuis le tableau de résultats via clic droit → "Copier le nom".
L'Elo calculé semble irréaliste
Ancres mal choisies ou PGN mal connecté (groupes isolés)
Vérifiez que tous les moteurs ont joué contre des moteurs communs. Ordo affiche "WARNING" pour les groupes isolés dans la console.
L'interface est lente pendant le calcul
Calcul en cours sur un gros PGN
Normal. Le calcul tourne dans un thread séparé ; l'interface reste réactive. Attendez la fin (barre de statut affiche "Calcul en cours…").
Exécutable non détecté automatiquement
Nom non standard de l'exécutable
Utilisez le bouton "…" pour naviguer manuellement vers l'exécutable. Noms détectés automatiquement : ordo-win64.exe, ordo-win32.exe, ordo.exe, bayeselo.exe.
⚠
PGN avec des résultats « * »
Les parties sans résultat (*) sont ignorées par Ordo et BayesElo. Si votre PGN contient uniquement des parties en cours, le calcul ne produira aucun résultat. Assurez-vous que les tags de résultat [Result "1-0"], [Result "0-1"] ou [Result "1/2-1/2"] sont présents.
⬇ Télécharger OrdoStat
OrdoStat — Interface PyQt6 pour Ordo & BayesElo
Chroniques Software · Laboratoire Maison · Valter Drazic · Mars 2026
Ordo v1.2.6 © Miguel A. Ballicora (GPL) · BayesElo v0056 © Rémi Coulom (GPL) [...]
25 March, 2026Anthologie / Chess EnginesBob Hyatt - Crafty
Anthologie complète de Crafty, Blitz et Cray Blitz
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I. Bob Hyatt : portrait d’un professeur de l’arrière-pays américain
Il y a dans l’histoire de Robert “Bob” Hyatt quelque chose de profondément américain au sens le plus noble du terme — pas la grandeur tonitruante des côtes, pas la puissance des grandes universités de l’Ivy League, mais la ténacité tranquille d’un homme du Sud qui construit une œuvre sans bruit pendant plus de cinquante ans, dans l’État du Mississippi, puis dans l’Alabama.
Robert Morgan Hyatt, né en 1948, est un informaticien et programmeur américain. Il grandit à Laurel, Mississippi, une ville moyenne au cœur du Deep South, à l’heure où IBM n’a pas encore lancé son PC personnel et où un ordinateur est une machine qui occupe une salle entière.
Hyatt enseigne l’informatique pendant quarante-six ans : de 1970 à 1985 à l’Université du Mississippi du Sud, puis de 1985 à 2016 à l’Université d’Alabama à Birmingham. Quarante-six ans de cours magistraux, de thèses encadrées, de séminaires sur l’algorithmique parallèle — et pendant tout ce temps, en parallèle, une vie entière dédiée à un programme d’échecs qui évoluera, se transformera, changera de nom et de machine, mais restera toujours le projet central de son auteur.
Ce n’est pas un entrepreneur. Ce n’est pas un entrepreneur de la Silicon Valley cherchant à monetizer son algorithme. C’est un professeur qui a développé des programmes qui ont avancé l’état de l’art dans le jeu d’échecs informatique — et qui a tout partagé. Cette générosité fondamentale sera le fil rouge de toute son histoire.
Le joueur d’échecs du club universitaire
En 1975, Hyatt est étudiant de licence à l’Université du Mississippi du Sud quand il commence à travailler sur Blitz. Il s’associe tôt avec Bert Gower, collègue membre du club d’échecs de l’université et professeur de musique — Gower travaille principalement sur les ouvertures.
L’image est cocasse et touchante : un étudiant en informatique et un professeur de musique qui partagent une passion pour les échecs, qui décident ensemble de construire un programme. Pas un laboratoire de recherche. Pas un budget de recherche. Un club d’échecs universitaire et une amitié.
II. Blitz : l’aube dans le Mississippi (1968–1979)
Automne 1968 : le premier coup
Blitz joue son premier coup à l’automne 1968, et est développé continuellement depuis lors jusqu’en 1980 environ, quand Cray Research choisit de sponsoriser le programme pour la publicité que le jeu d’échecs informatique générait à l’époque.
1968. La France vit Mai 68. Les États-Unis perdent Martin Luther King et Robert Kennedy. Et dans un couloir de l’Université du Mississippi du Sud, un étudiant de 20 ans fait jouer une machine pour la première fois. Le programme s’appelle simplement Blitz — “éclair” en allemand — parce que Hyatt veut qu’il soit rapide.
La machine sur laquelle tourne ce premier Blitz n’est pas un PC. C’est un mainframe universitaire, accessible en temps partagé. Le programme original est écrit en FORTRAN, le seul choix disponible sur le système de 1968. Les parties prennent des minutes, parfois plus. Le programme joue mal, mais il joue légalement — et c’est déjà quelque chose.
Le premier Blitz : 30 000 lignes de Fortran sélectif
Blitz est un programme de type Shannon B — une recherche avec élagage vers l’avant. Il cherche environ 6 coups à chaque niveau, jusqu’à une profondeur de 5 niveaux. Il n’y a pas de recherche des captures après ça, juste une évaluation statique complexe (pour l’époque) qui utilise aussi un évaluateur d’échanges statique pour s’assurer que le dernier coup est sûr. Les parties les plus intéressantes sont les suivantes : il contient environ 30 000 lignes de code dédiées à analyser l’ensemble des coups légaux à chaque niveau et à sélectionner ceux qui semblent tactiquement ou positionnellement prometteurs.
30 000 lignes de Fortran pour de la recherche sélective — en 1968, c’est colossal. Ça dit quelque chose de l’ambition de Hyatt dès le départ : il ne veut pas un programme qui cherche bêtement tout, il veut un programme qui comprend quels coups méritent d’être examinés.
L’ACM 1976 : première apparition publique
Blitz dispute l’ACM 1976 — le championnat nord-américain organisé par l’Association for Computing Machinery — et finit dans un triplé pour la deuxième place.
C’est la première apparition de Blitz sur la scène nationale. L’événement est dominé par Chess 4.x de Northwestern University (Dave Slate et Larry Atkin), le programme le plus fort de l’époque. Blitz se classe honnêtement — pas de victoire, mais une présence qui sera remarquée.
ACM 1977 : la réécriture
À l’ACM 1977, le programme est entièrement réécrit comme une recherche de type Shannon A brute force, suite au succès de Slate/Atkin et Chess 4.x. C’est un revirement stratégique majeur : Hyatt abandonne provisoirement sa recherche sélective pour s’adapter au paradigme dominant. Il le regrettera peut-être, mais c’est un signe de lucidité : quand le monde change, on s’adapte.
1978 : UNIVAC sponsorise Blitz
En 1978, les efforts de Hyatt sont soutenus par le constructeur UNIVAC. C’est le premier vrai sponsor — UNIVAC, constructeur de mainframes américain historique, voit dans le jeu d’échecs informatique un terrain de publicité idéal et offre à Hyatt l’accès à ses machines.
1979 : 1690 USCF, la reconnaissance des pairs
Le programme s’améliore lentement pendant la fin des années 1970, et en 1979 a obtenu un classement USCF de 1690.
1690 USCF correspond à peu près à un joueur de club solide — quelqu’un capable de battre les débutants et les intermédiaires, mais pas encore un candidat-maître. Pour un programme qui tourne sur un mainframe partagé en Fortran, c’est un résultat significatif qui ouvre des portes.
III. Cray Blitz : la foudre sur superordinateur (1980–1994)
La rencontre de la vie : Cray Research et Harry Nelson
L’année suivante (1980), Hyatt a l’opportunité d’installer son programme sur un Cray-1, rebaptisant le programme Cray Blitz. Au championnat ACM 1980, un tournoi spécial de vitesse est organisé, et Cray Blitz termine premier sans être battu dans neuf parties. Cela donne un avertissement à la communauté des jeux d’échecs informatiques : Cray Blitz va être un candidat sérieux dans les années à venir.
Le Cray-1 est alors la machine la plus puissante du monde civil — une machine à 8 millions de dollars en forme de banane, capable de 160 millions d’opérations par seconde. Hyatt y installe Blitz. Le résultat est immédiat et spectaculaire : neuf parties, neuf résultats positifs dans le tournoi de vitesse.
Cray Research sponsorise le programme, soutenu par Dave Darling et Derek Robb, et plus tard par l’expert en assembleur Cray Harry Nelson du Lawrence Livermore National Laboratory.
Harry Nelson est un personnage fascinant. Harry Lewis Nelson, né le 8 janvier 1932, est un mathématicien américain et programmeur. Il était co-découvreur du 27ème nombre premier de Mersenne en 1979 — à l’époque le plus grand nombre premier connu. Il a passé la majeure partie de sa carrière au Lawrence Livermore National Laboratory, où il était considéré comme l’un des plus grands experts mondiaux de la rédaction de routines en assembleur optimisé pour les Cray-1 et Cray X-MP.
Un mathématicien spécialiste des nombres premiers de Mersenne et expert en assembleur Cray. Un informaticien professeur du Mississippi passionné d’échecs. Une machine à 8 millions de dollars. L’association est bizarre et géniale. Nelson travaille sur Blitz pendant son temps libre avec le professeur Hyatt. Deux universitaires, deux passionnés, une machine que les gouvernements s’arrachent pour leurs calculs nucléaires — et ils l’utilisent pour jouer aux échecs.
1981 : Le premier maître battu en tournoi
En 1981, Cray Blitz remporte le Championnat d’État du Mississippi avec un score parfait de 5/5 et un Elo de performance de 2258. Au quatrième tour, il bat Joe Sentef (2262) et devient le premier ordinateur à battre un maître en tournoi officiel, et le premier ordinateur à obtenir un classement de maître (2258).
2258 USCF est le niveau “maître” au sens américain — équivalent à peu près à un candidat-maître FIDE. C’est la première fois qu’un programme franchit cette barre dans un tournoi officiel avec arbitres et conditions normales. L’événement est reporté dans Chess Life, le journal de la fédération américaine. L’histoire commence vraiment.
En 1982, Harry Nelson, spécialiste de l’assembleur Cray, rejoint l’équipe et aide à optimiser le code ; le programme termine à égalité de points avec le programme victorieux Belle au championnat ACM de cette année.
WCCC 1983 New York : le couronnement mondial
22-25 octobre 1983, Hôtel Sheraton Center, New York. Le 4ème Championnat du Monde WCCC, organisé simultanément avec le 14ème ACM, dans le Royal Ballroom A.
C’est un tournoi suisse de cinq rondes avec 22 participants. Cray Blitz est le seul vainqueur avec 4,5 points sur 5.
Hyatt, Nelson et Gower sont dans la salle. La photo prise après la victoire — publiée dans Chess Life de février 1984 sous le titre “The New Champion” — montre Ken Thompson (de Bell Labs, auteur de Belle), Joe Condon, Robert Hyatt et Albert Gower. Quatre pionniers réunis autour d’une victoire historique.
L’invité d’honneur de ce championnat est Mikhail Botvinnik, ancien champion du monde soviétique, l’un des joueurs les plus grands du XXe siècle. Frederic Friedel, co-fondateur de ChessBase, rapporte une anecdote devenue célèbre :
Botvinnik visite les Bell Laboratories et se retrouve dans la section du club d’échecs de la cafétéria, en attente d’une conférence. Friedel lui présente la position du “mauvais fou” — finale Roi, Fou et Pion de tour contre Roi, toujours nulle quand le fou ne contrôle pas la case de promotion. Botvinnik regarde la position, dit “Les blancs gagnent ?”, montre une fausse ligne. Après réfutation, il repose les pièces et reste immobile pendant dix minutes avant d’exécuter le bon premier coup avec un petit sourire narquois. Le lendemain du championnat, Friedel montre la même position à Cray Blitz, le nouveau champion.
Le programme passe 13 secondes à considérer un faux coup clé — avec un score logique de +4,032. Puis, à dix niveaux, il bascule vers le bon coup et affiche +10,878. Botvinnik voit tout ça se dérouler et il n’est pas du tout content qu’un ordinateur résolve la position si efficacement par la pure force brute, sans la connaissance des échecs qu’il, fervent défenseur de la “méthode intelligente”, prônait avec tant de ferveur.
WCCC 1986 Cologne : la victoire controversée
Juin 1986, Cologne, Allemagne. Le 5ème WCCC, organisé dans le cadre de la foire de Cologne. C’est l’événement où, rappelons-le, Rebel faillit renverser les superordinateurs — et perdit finalement face à Bebe.
C’est un tournoi difficile et controversé. Quatre programmes terminent avec 4 points sur 5, et le vainqueur est déterminé par la somme des scores des adversaires.
Le parcours de Cray Blitz est lui-même semé d’embûches. Cray Blitz perd la deuxième ronde contre Bobby, mais gagne la dernière ronde contre HiTech, qui avait un score parfait jusque-là. Une protestation de Hans Berliner, suspicieux d’un coup de Cray Blitz, est rejetée par l’arbitre après inspection des fichiers journaux de Blitz.
La controverse Berliner-Hyatt est l’une des grandes querelles de l’histoire du jeu d’échecs informatique. Hans Berliner — inventeur de HiTech, professeur à Carnegie-Mellon, ancien champion du monde de correspondance — accuse littéralement Cray Blitz d’avoir triché. L’accusation est enquêtée pendant quelques mois par le directeur du tournoi, David Levy, et dismissée. Malgré le rejet, l’expérience a quelque peu empoisonné les choses.
Pour Hyatt, cette accusation est douloureuse. Un professeur d’université, dont toute la carrière repose sur l’intégrité académique, se fait accuser de triche sur la scène mondiale. Il finira par publier l’intégralité des fichiers journaux de Cray Blitz pour réfuter toute accusation. La transparence comme arme défensive — c’est déjà l’embryon de la philosophie open-source qui guidera Crafty une décennie plus tard.
Cray Blitz remporte le titre, défendant ainsi son titre de 1983. Deux championnats du monde consécutifs, 1983 et 1986. La honte de la controverse ne peut pas effacer ça.
Les superordinateurs Cray successifs : de la Cray-1 à la C916
Cray Blitz est adopté et optimisé pour un Cray-1, puis une Cray X-MP, Cray Y-MP et C916 avec jusqu’à 16 processeurs. Cray Blitz utilise initialement le “root splitting” comme algorithme de recherche parallèle sur la Cray X-MP à deux processeurs, implémenté et testé juste avant le WCCC 1983, puis le “principal variation splitting”, le “enhanced principal variation splitting”, et dans les années 90, le DTS (Dynamic Tree Splitting), spécifiquement conçu pour l’architecture multiprocesseur à mémoire partagée des Cray.
Cette progression technologique illustre comment Hyatt et Nelson exploitent chaque nouvelle génération de Cray pour pousser la recherche parallèle. À la Cray X-MP avec 2 processeurs en 1983, on répond avec le root splitting — l’idée la plus simple de parallélisme. Avec les 4, 8, 16 processeurs des Cray suivants, les algorithmes deviennent plus sophistiqués : PVS parallèle, puis DTS.
Cray Blitz participe aux événements d’échecs informatiques de 1980 à 1994, quand le dernier tournoi d’échecs ACM est organisé à Cape May, New Jersey.
L’ACM de Cape May 1994 est le chant du cygne de Cray Blitz. La machine Cray qui a dominé les années 80 est maintenant moins puissante que les clusters de PC qui commencent à émerger. Hyatt le sait. Il est temps de repartir de zéro.
IV. Le tournant 1994 : la décision de tout reprendre
Cape May, New Jersey, automne 1994
Fin 1994, après l’événement ACM de Cape May, Hyatt décide de se lancer dans un remplacement complet du programme d’échecs pour Cray Blitz. Il a toujours voulu essayer l’approche des bitmaps/bitboards utilisée dans Chess 4.X — le programme d’échecs de Northwestern par Dave Slate — et avec les nouveaux processeurs 64 bits disponibles, c’est le bon moment pour le changement.
Cette décision mérite d’être pesée. Hyatt a 46 ans. Il has déjà deux titres mondiaux. Cray Blitz fonctionne. Il aurait pu continuer, corriger, améliorer à la marge. Non — il choisit de tout jeter et de repartir de zéro avec une architecture fondamentalement différente.
C’est un geste d’intellectuel pur, pas de bureaucrate. Quand la technologie change, quand une meilleure idée existe, on ne s’accroche pas à l’ancien par confort. On repart de zéro.
La nouvelle architecture repose sur les bitboards — une représentation de l’échiquier où chaque case est un bit d’un entier 64 bits. Avec les processeurs 64 bits qui arrivent sur le marché, cette représentation devient enfin naturelle et efficace.
V. Crafty : la naissance du legs open source (1995–2016)
Ce que “Crafty” veut dire
Pourquoi Crafty ? Le mot anglais signifie “rusé”, “ingénieux” — quelqu’un qui s’en sort par la ruse plutôt que par la force. C’est un nom à double lecture : le programme est crafty dans ses recherches, dans ses heuristiques, dans sa façon d’exploiter les positions. Et Hyatt lui-même est crafty dans sa façon d’aborder les problèmes algorithmiques.
L’architecture révolutionnaire : les rotated bitboards
Crafty a été un pionnier de l’utilisation des structures de données de bitboard rotatif pour représenter l’échiquier.
Le problème des bitboards classiques est le suivant : pour calculer les coups d’une tour ou d’un fou, il faut connaître les pièces qui bloquent leurs diagonales et colonnes. Avec un bitboard normal, on peut facilement calculer les coups sur les rangées, mais pas sur les colonnes et diagonales — parce que les bits correspondants ne sont pas adjacents en mémoire.
La solution de Hyatt : maintenir trois représentations simultanées de l’échiquier. Une normale (rangées), une “rotée de 90 degrés” (colonnes), et une “rotée de 45 degrés” (diagonales). Chaque fois qu’une pièce bouge, on met à jour les trois. En échange de ce coût de mise à jour, les calculs d’attaque sont rendus uniformément rapides dans toutes les directions.
Crafty a été l’un des premiers programmes d’échecs à supporter les processeurs multiples.
En 2006/2007, Crafty passe des bitboards rotatifs aux Magic bitboards, selon Hyatt parce que ce n’est pas plus rapide mais plus simple. Vingt ans plus tard, il abandonne son invention pour une technique plus propre. C’est intellectuellement honnête.
La boîte à outils algorithmique de Crafty
Crafty effectue une Principal Variation Search, un élagage null-move, le LMR ainsi qu’un algorithme d’échange SEE pour l’ordonnancement des coups et pour élaguer les captures “mauvaises” dans la recherche de quiescence. Il inclut également l’heuristique du coup tueur, la table de transposition, une table de réfutation, un cache d’évaluation, des extensions sélectives, et bien d’autres fonctionnalités.
La richesse de cette boîte à outils — et le fait qu’elle soit publique, documentée, commentée — est ce qui fait de Crafty une université à elle seule. Chaque technique est une leçon.
La décision fondatrice : rendre Crafty open source
C’est ici que l’histoire de Crafty prend une dimension qui dépasse largement le jeu d’échecs. En termes d’impact global, Crafty est peut-être le programme d’échecs le plus important. En tant que programme open source de haute performance, il a été utilisé par d’innombrables chercheurs et amateurs pour développer des programmes d’échecs informatiques pour des compétitions, de la recherche, et pour le plaisir.
Hyatt publie non seulement le binaire, mais le code source complet de Crafty. N’importe qui peut le télécharger, l’étudier, le modifier. C’est un geste sans précédent à l’époque pour un programme de cette force.
La position de Hyatt sur le partage du code est philosophiquement cohérente avec sa carrière d’enseignant. Dans une réponse à Ren Wu en janvier 1999 sur le réemploi du code, il écrit : “C’est un principe de base du génie logiciel appelé ‘réemploi du code’. Pourquoi vous payerais-je pour écrire quelque chose de zéro en un an, si vous pouvez prendre quelque chose qui existe et le modifier pour faire la même chose en un mois ? Et je n’ai pas autant de difficultés à déboguer et tester, puisque c’est déjà largement fait… ce n’est pas un mauvais côté… Bien sûr, recommencer de zéro est parfois bien. Mais pas à partir de ‘rien’. Si vous ne savez pas ce qui a déjà été essayé, vous réinventerez les mêmes mauvaises roues encore et encore…”
Cette philosophie est la sienne depuis 1968. Partager, construire sur ce qui existe, faire avancer l’état de l’art collectivement. C’est la culture universitaire appliquée à la programmation compétitive.
La remarque de Tord Romstad : le programme le plus important
Tord Romstad, co-auteur de Stockfish, a décrit Crafty comme “sans doute le programme d’échecs le plus important et le plus influent jamais écrit.”
Romstad est l’un des meilleurs auteurs de moteurs d’échecs qui ait jamais vécu — Stockfish, co-créé avec Marco Costalba, est aujourd’hui le programme le plus fort du monde. Et il dit que Crafty est le programme le plus important de l’histoire. Pas Cray Blitz malgré ses deux titres mondiaux. Pas Deep Blue malgré sa victoire sur Kasparov. Crafty.
Pourquoi ? Parce que des dizaines, peut-être des centaines de programmeurs ont appris à écrire des moteurs d’échecs en lisant le code de Crafty. Stockfish lui-même porte l’empreinte génétique de Crafty. La chaîne de transmission est directe et documentée.
Benchmark universel : Crafty comme règle à mesurer
Le CCRL (Computer Chess Rating Lists), l’organisation qui teste la force des moteurs d’échecs en les faisant jouer les uns contre les autres, utilise Crafty 19.17 BH comme benchmark pour calibrer les temps de calcul.
C’est l’utilisation la plus inattendue — et la plus révélatrice — du statut de Crafty dans l’écosystème. Quand le CCRL veut comparer des performances sur des machines différentes, il utilise Crafty comme étalon. Un programme devient la règle qui mesure tous les autres. C’est une forme de canonisation.
VI. Les performances compétitives de Crafty
CCT1 (2000) : premier tournoi en ligne, première victoire
Crafty remporte le premier Computer Chess Tournament (CCT) en 2000, devançant Shredder, Junior et 19 autres programmes.
Le CCT est un tournoi en ligne organisé sur l’Internet Chess Club — un format qui deviendra la compétition de référence pour les moteurs PC à l’aube des années 2000. Crafty le remporte d’emblée, battant Shredder et Junior — les deux programmes commerciaux dominants de l’époque. C’est une démonstration que le programme libre peut rivaliser avec les meilleurs commerciaux.
CCT5 (2003) et CCT6 (2004) : la domination continue
Crafty remporte le CCT1 en 2000, le CCT5 en 2003 et le CCT6 en 2004.
Au CCT6, qui se tient sur l’Internet Chess Club le week-end du 31 janvier et 1er février 2004, Crafty tourne sur un AMD64 (Opteron) avec quatre processeurs 848 à 2,2 GHz. Il cherche en moyenne 8 millions de nœuds par seconde. Le tournoi a 54 participants dans un Swiss de 9 rondes, avec les trois meilleurs programmes jouant un double round-robin en blitz pour choisir le vainqueur final. Crafty termine l’événement principal avec 5 victoires et 4 nulles, sans défaite, et remporte deux des parties de playoff en tirant les deux autres.
Trois victoires CCT séparées par plusieurs années — ce n’est pas de la chance. C’est la confirmation d’un programme qui, malgré son absence de budget marketing et son statut free, reste régulièrement dans l’élite mondiale.
WCCC 2004 Ramat-Gan : 4ème place, dans le sillage des géants
Au Championnat du Monde WCCC 2004 à Ramat-Gan, Israël, tournant sur un matériel légèrement plus rapide que tous les autres programmes, Crafty termine à la quatrième place avec le même nombre de points que le troisième, Fritz 8.
4ème sur le podium mondial, à égalité avec Fritz — le programme commercial phare de ChessBase. Pour un programme gratuit dont le code source est public, c’est une performance extraordinaire.
WCCC 2005, 2006 : présence dans l’élite
Crafty participe à trois Championnats du Monde WCCC : le WCCC 2004, le WCCC 2005 et le WCCC 2006.
ACCA 2010 : deuxième place sur le continent américain
Crafty termine en deuxième position au 5ème Championnat Annuel des Amériques d’Échecs Informatique en 2010, derrière le vainqueur Thinker. Crafty aussi termine en deuxième place au Championnat Mondial Rapide d’Échecs Informatiques 2010. Crafty gagne sept parties sur neuf, terminant derrière le vainqueur Rybka de ½ point.
VII. L’affaire Rybka : Crafty au cœur du plus grand scandale du jeu d’échecs informatique
La domination de Rybka et les premières suspicions
Entre 2007 et 2010, Rybka — développé par le maître international tchéco-américain Vasik Rajlich — domine la planète des moteurs d’échecs. Elle remporte le WCCC 2007, 2008, 2009, 2010 et figure en tête de toutes les listes de classement avec des marges considérables.
Les suspicions commencent à émerger vers 2009-2010. Des comparaisons détaillées entre le binaire de Rybka et les sources de Fruit 2.1 et de Crafty révèlent des similitudes impossibles à expliquer par des développements indépendants.
Juin 2011 : le verdict de l’ICGA
Rybka, vainqueur des quatre derniers Championnats du Monde d’Échecs Informatiques, est déclaré coupable par un panel de 34 programmeurs de moteurs d’échecs d’avoir plagié deux moteurs open source : Crafty et Fruit.
Dans les premières versions de Rybka, des fonctions obsolètes du code de Crafty étaient présentes — juste là, sans être appelées. Et les mêmes tests unitaires pour ces fonctions inutilisées.
Le détail des fonctions inutilisées est particulièrement accablant. Une fonction copiée et utilisée peut être coïncidence. Une fonction copiée, rendue obsolète, et quand même présente avec ses tests unitaires — c’est la preuve d’un copier-coller inattentif, tellement mécanique que même le nettoyage n’a pas été fait.
En juin 2011, l’ICGA disqualifie et bannit Rybka et son programmeur Vasik Rajlich des Championnats du Monde d’Échecs Informatiques passés et futurs.
Pour Hyatt, c’est une validation douloureuse : son travail a été volé, son code utilisé sans attribution ni permission pour gagner des titres mondiaux. La générosité de l’open source — si tout le monde peut voir, tout le monde peut aussi prendre sans demander.
La leçon que Hyatt en tire n’est pas l’amertume mais une mise au point sur les licences. Beaucoup de programmeurs n’ont pas bien saisi la déclaration de droits d’auteur de Crafty, prenant apparemment des remarques de Hyatt sur le réemploi du code comme une autorisation pour leur propre programmation. Ce malentendu est au cœur du problème Rybka : Rajlich a peut-être cru que “open source” signifiait “libre de tout droit”. Ce n’est pas ce que Hyatt a jamais dit.
VIII. La philosophie Crafty : l’enseignant jusqu’au bout
20 000 parties par an sur les serveurs internet
Crafty joue sur divers serveurs d’échecs internet, et en conséquence, joue typiquement plus de 20 000 parties par année.
20 000 parties par an. C’est une base de données vivante en temps réel, un corpus d’apprentissage gigantesque. Pour un programme universitaire dont le but est aussi la recherche, cette masse de parties fournit des données inestimables sur les ouvertures, les structures de pions, les typologies d’erreur.
Book learning : l’apprentissage automatique de l’ouverture
La recherche de Hyatt développe des expériences sur l’apprentissage des ouvertures par le programme Crafty — une méthodologie pour régler automatiquement un livre d’ouverture.
L’idée : après chaque partie, Crafty analyse ses propres décisions d’ouverture et note statistiquement quelles lignes l’ont amené à de bonnes ou mauvaises positions. Au fil du temps, son livre d’ouverture s’auto-corrige. C’est une forme primitive et efficace d’apprentissage automatique appliquée spécifiquement au problème des ouvertures.
Crafty 25.0/25.1/25.3 : le dernier chapitre
Crafty 25.1, publié en octobre 2016, inclut non seulement une augmentation de force de jeu mais aussi le support des bases Syzygy de Ronald de Man, grâce aux contributions de code de Basil Falcinelli. Crafty 25.3 propose un ajustement de force de jeu entre 800 et 2600 Elo.
Cette dernière fonctionnalité — jouer de 800 à 2600 Elo sur demande — illustre la transformation complète de Crafty sur la fin de sa carrière compétitive. Ce n’est plus seulement un adversaire à battre : c’est un compagnon d’entraînement adaptable, capable de se mettre au niveau du débutant comme du fort amateur.
IX. Tableau chronologique des versions et classements
Programme
Année
Événement
NPS / Elo estimé
Blitz 1.0 (Fortran)1968Premier coupTrès faible
Blitz 6.x1976-1979ACM 1976 (2e-3e), USCF 16901690 USCF
Cray Blitz (Cray-1)1980ACM speed chess, 1er invaincus~2000-2100
Cray Blitz (Cray X-MP)1981Championnat Mississippi, bat maître2258 USCF
Cray Blitz1982ACM, égalité avec Belle~2300-2400
Cray Blitz1983WCCC New York : 1er titre mondial~200 000 NPS
Cray Blitz (Cray X-MP)1984-1985Plusieurs ACM, bat Levy~2400-2500
Cray Blitz1986WCCC Cologne : 2ème titre mondial~200 000 NPS
Cray Blitz (Cray Y-MP C916)1989-1994Dernier ACM Cape May 199416 processeurs parallèles
Crafty 1.x1995Première version bitboards~2300
Crafty ~8-91996-1997Premières compétitions~2400-2500
Crafty 14-151999-2000CCT1 : 1er; rivalise avec Shredder/Junior~2600
Crafty ~182003CCT5 : 1er~2650-2700
Crafty 19.x2004CCT6 : 1er, WCCC 4ème~2700
Crafty 23.x2010-2012ACCA 2ème, WCCC Rapid 2ème~2650 CCRL
Crafty 25.0-25.32015-2016Dernières [...]
24 March, 2026Downloads / OutilsORDOSTAT
v1.0 — 2026
1. Présentation Générale
2. Architecture
3. Interface Utilisateur
4. Fondements Mathématiques
5. Système d’Ancrage
6. Résultats & Interprétation
7. Console & Diagnostics
8. Compilation
9. Bonnes Pratiques
Interface avancée de pilotage du moteur Ordo pour l’analyse Elo des moteurs d’échecs.
1. Présentation Générale
OrdoStat est une interface graphique spécialisée permettant d’exploiter le moteur Ordo afin de produire des classements Elo fiables à partir de parties d’échecs au format PGN.
Contrairement aux systèmes Elo classiques incrémentaux, OrdoStat s’appuie sur une approche globale statistique permettant d’obtenir une estimation optimale des forces relatives des moteurs.
Testeurs de moteurs d’échecs
Développeurs d’IA échiquéenne
Communautés de benchmarking
Chercheurs en modélisation statistique
2. Architecture du Logiciel
OrdoStat fonctionne comme une surcouche graphique autour du moteur :
ordo-win64.exe → moteur de calcul
Interface OrdoStat → configuration & visualisation
Fichiers PGN → données d’entrée
rating.txt → sortie des résultats
3. Interface Utilisateur
Zone Fichiers
PGN : fichier contenant les parties
Ordo exe : moteur de calcul
Résultat .txt : sortie générée
Options de calcul
✔ Avantage trait blanc (-W)
✔ Paramétrage automatique
Ancrage Elo
Chargement via CSV
Fixation de références
4. Fondements Mathématiques
La probabilité de victoire est donnée par :
P(i,j) = 1 / (1 + 10^(-(Ri - Rj)/400))
5. Système d’Ancrage
L’ancrage permet de fixer des points de référence et d'aligner les résultats sur une échelle connue.
Import d’un fichier anchors.csv
Régression sur les valeurs fixes
6. Résultats et Interprétation
ColonneDescription
EloForce estimée du moteur
±Marge d’erreur statistique
PointsScore total obtenu
PartiesNombre de matchs joués
Exemple observé : Dragon : 4102 Elo, Caissa : 4046 Elo.
7. Console et Diagnostics
La console affiche la progression et les statistiques intermédiaires (ex: White Advantage, Draw Rate).
8. Compilation
pyinstaller --noconfirm --onefile --windowed --icon=icon.ico ordo_gui.py
9. Bonnes Pratiques
Utiliser au minimum 200 parties par moteur
Éviter les déséquilibres de pairing
Prêt à utiliser OrdoStat ?
Télécharger OrdoStat v1.0
Format .zip — Inclut l'exécutable et la documentation
© 2026 — OrdoStat — Valter DRAZIC [...]
10 March, 2026AnthologieAnthologie complète de Kaare Danielsen
Anthologie complète de Kaare Danielsen
LogiChess (4K) · LogiChess (16K) · Turbo Chess · Enterprise · Turbo GameWorks · Jobindex
Kaare Danielsen, Ph.D. — informaticien danois, fondateur de LogiSoft ApS et de Jobindex A/S, Copenhague
— ou comment un lycéen danois a écrit à 17 ans un programme d'échecs sur un ordinateur Z80 qui lui a valu le premier prix de la division danoise et le troisième prix européen du concours Philips pour Jeunes Scientifiques et Inventeurs, a passé contrat avec CXG et SaiTek de Hong Kong pour développer des ordinateurs d'échecs dédiés vendus à 250 000 exemplaires, a écrit Turbo GameWorks pour Borland International en 1985, a inventé la feuille de calcul multidimensionnelle pour sa thèse de doctorat à Copenhague sans la breveter — et a vu Microsoft la vendre comme la nouveauté la plus importante d'Excel 3.0 en 1991 — avant de fonder en 1996 Jobindex, le premier moteur de recherche d'emploi danois et aujourd'hui la plus grande plateforme de recrutement du Danemark avec plus de 200 employés —
I. Kaare Danielsen — le lycéen prodige
1981 : quatre concours, quatre victoires
L'année 1981 est celle de toutes les premières pour Kaare Danielsen. Il est encore lycéen — âgé d'environ 17 ans — et accumule en quelques mois un palmarès international exceptionnel. Premièrement, le Concours Philips pour Jeunes Scientifiques et Inventeurs, ouvert à tous les jeunes d'Europe : premier prix dans la division danoise, troisième prix dans la division européenne, avec un programme d'échecs écrit pour un ordinateur Z80 — l'une des principales puces de microprocesseur de l'époque, utilisée dans des ordinateurs comme le Sinclair ZX80, le TRS-80, et l'Amstrad. Deuxièmement, le Tournoi de Programmation pour la Jeunesse de l'IFIP (Fédération Internationale pour le Traitement de l'Information) : premier prix dans la division danoise, avec un programme d'analyse de fonctions mathématiques. Troisièmement, le Concours Scandinave de Mathématiques organisé par le Conseil Norvégien pour les Mathématiques, ouvert à tous les lycéens scandinaves : premier prix. Quatrièmement — et c'est le plus extraordinaire — une participation au Championnat Mondial des Micro-ordinateurs d'Échecs (WMCCC), où LogiChess, son programme, finit 5e mondial et 3e en Europe, parmi des concurrents qui sont pour la plupart des professionnels adultes.
Ces quatre résultats en une seule année dessinent le portrait d'un esprit exceptionnel : mathématicien, programmeur, compétiteur, et déjà capable de produire un programme d'échecs de niveau mondial sur du matériel amateur (un Z80 de lycéen) dans un pays où le chess computing n'avait alors aucune tradition établie.
La formation — Copenhague, mathématiques, informatique et gestion
Danielsen fait ses études à l'Université de Copenhague, où il obtient un bachelor en mathématiques/statistiques et un doctorat en informatique. Il obtient également un bachelor en administration des affaires, organisation et planification stratégique à la Copenhagen Business School (CBS) — une triple formation exceptionnellement polyvalente qui préfigure sa trajectoire : la rigueur mathématique du chercheur, la compétence technique de l'ingénieur, et la vision stratégique de l'entrepreneur.
Son doctorat — commencé en 1986, avec un statut d'assistant professeur à part entière selon le système danois — porte sur une idée entièrement nouvelle : les feuilles de calcul multidimensionnelles (multi-dimensional spreadsheet outlining). L'idée est qu'une feuille de calcul ne devrait pas être limitée aux deux dimensions ligne/colonne — elle devrait pouvoir être organisée en hiérarchies imbriquées, avec des niveaux de détail repliables et dépliables. Cette idée, qu'il développe dans sa thèse, est un saut conceptuel majeur par rapport aux tableurs de l'époque.
Il ne la brevète pas. Quelqu'un d'autre le fait, vend le brevet à Microsoft, et en 1991, Microsoft commercialise l'idée comme « l'une des nouveautés les plus importantes » d'Excel 3.0 — le plan multi-niveaux (outline) qui permet de grouper et replier des lignes et des colonnes. Une fonctionnalité qu'utilisent des centaines de millions de personnes en 2026. Inventée dans une thèse de doctorat danoise, non brevetée, vendue par quelqu'un d'autre à Microsoft.
II. La carrière échiquiste — LogiSoft ApS et les dédiés
Le contrat avec CXG et SaiTek — 1981
En 1981, au sortir de ses victoires en concours et de sa participation au WMCCC, Danielsen entre en contact avec CXG et SaiTek de Hong Kong — deux des principaux fabricants d'ordinateurs d'échecs dédiés de l'époque. Il fonde la société LogiSoft ApS et contracte avec eux pour développer deux programmes : un 4K et un 16K.
Les conditions du contrat méritent d'être citées pour leur sévérité : si un bug est trouvé dans les programmes, Danielsen doit payer le coût de fabrication de nouveaux masques (environ 5 000 dollars, une somme considérable en 1981). Et si les programmes ne sont pas finis à temps pour les ventes de Noël, il n'est pas payé du tout. Ces conditions — risque financier personnel direct lié aux bugs et aux délais — sont la définition même du niveau d'exigence du logiciel embarqué dans du matériel de grande série destiné au marché grand public. Un bug dans un logiciel de PC peut être corrigé par une mise à jour. Un bug dans un circuit intégré gravé sur une puce implique de refaire tous les masques de fabrication.
Le programme 4K est installé en premier dans les SciSys Explorer, SciSys Concord et SciSys Companion II, puis dans les CXG Enterprise S, CXG Star Chess, et d'autres modèles. Il sera ensuite utilisé dans tous les ordinateurs Lexibook après le rachat de Yeno par Lexibook. Le programme 16K est installé dans les CXG Advanced Star Chess, CXG Super Enterprise, et d'autres modèles haut de gamme. Le 4K est vendu à environ 200 000 unités. Le 16K, plus cher, à environ 50 000 unités. Total : 250 000 ordinateurs d'échecs dédiés avec le cerveau de Kaare Danielsen.
LogiChess — le programme
Le programme LogiChess qui a compété au WMCCC 1981 est le même programme Z80 que Danielsen avait présenté au concours Philips. Sa 3e place au Championnat Européen des Micro-ordinateurs d'Échecs 1981 et sa 5e place au Championnat Mondial, avec un programme de lycéen sur matériel de hobbyiste, est le type de performance qui ouvre directement des portes professionnelles. C'est précisément ce qui se passe : CXG et SaiTek recrutent.
La Chess Programming Wiki note avec précision : « LogiChess, du lycéen danois âgé de 17 ans Kaare Danielsen, était 3e. » Cette formulation — le lycéen de 17 ans — est celle que les commentateurs de l'époque utilisent pour souligner l'extraordinaire du résultat. Dans les championnats du monde de chess computing de 1981, la majorité des participants sont des adultes professionnels ou des chercheurs universitaires. Danielsen est lycéen.
Son programme 16K sera décrit dans les archives spécialisées comme « l'un des meilleurs ordinateurs d'échecs 16K de l'époque ». Et son programme 4K — toujours en production chez Lexibook vingt ans après sa création initiale, selon Danielsen lui-même — est « encore le plus fort programme d'échecs 4K du monde ». Cette affirmation, qu'il fait dans une interview vers 2003-2004, dit quelque chose de singulier : il a écrit à 17 ans sur un Z80 le programme d'échecs dans 4 kilo-octets que personne n'a jamais réussi à surpasser. Vingt ans plus tard, les puces des jouets éducatifs Lexibook tournent encore son code.
Le WMCCC 1987 Rome — le rapport ICCA
En 1987, Danielsen est l'auteur du rapport officiel sur le 7e World Microcomputer Chess Championship de Rome pour l'ICCA Journal. C'est un rôle différent de celui de participant — il est maintenant dans la position de l'observateur et du journaliste de la communauté. Ce rapport, publié dans l'ICCA Journal, est sa seule contribution académique documentée au chess computing en dehors de son programme 4K pour YENO en 1993.
III. Turbo GameWorks — Borland International, 1985
Le livre qui a formé une génération de programmeurs
En 1985, Borland International — l'éditeur californien qui est alors au sommet de sa popularité avec Turbo Pascal — commissionne Danielsen pour écrire Turbo GameWorks. Le livre est accompagné d'une disquette contenant trois programmes complets en source Pascal : Turbo Chess (échecs), un programme de Bridge, et un programme de Go-Moku. L'idée de Borland est double : vendre un livre de programmation de jeux, et fournir en bonus des exemples de code de qualité professionnelle pour leur compilateur.
Turbo Chess est le programme d'échecs résultant — une implémentation alpha-bêta en Turbo Pascal, documentée, lisible, et jouant à un niveau acceptable pour l'époque. Don Beal, l'un des chercheurs les plus respectés du chess computing britannique, en fait la critique dans l'ICCA Journal Vol. 9 No. 2 (1986) : « Turbo GameWorks: Tools for Turbo Pascal ». Une critique dans l'ICCA Journal pour un livre grand public de programmation de jeux est un signe de l'impact que le travail de Danielsen a eu sur la communauté du chess computing.
La portée de Turbo GameWorks dépasse largement le chess computing. Borland traduira plus tard le programme d'échecs en C++ et l'utilisera comme programme d'exemple distribué avec le compilateur Borland C++ — l'un des compilateurs C++ les plus utilisés de la fin des années 1980 et du début des années 1990. Le code de Danielsen sera ainsi la première expérience d'un programme d'échecs pour des milliers de programmeurs qui apprennent le C++ avec le compilateur Borland. C'est une influence pédagogique qui échappe entièrement aux statistiques du chess computing.
Turbo Chess — l'architecture
Turbo Chess est un programme alpha-bêta pur, écrit en Turbo Pascal et conçu pour être lisible et instructif plutôt que performant. Il utilise une représentation de l'échiquier simple, une évaluation positionnelle de base avec des tables pièce/case, et une recherche avec tables de transposition rudimentaires. Le niveau de jeu — équivalent à un joueur de club débutant — est secondaire par rapport à la clarté pédagogique du code.
La Chess Programming Wiki note que Borland a traduit le programme en C++ pour l'inclure comme exemple dans Borland C++. Cette traduction automatique Pascal-vers-C++ d'un programme d'échecs est elle-même un document sur les conventions de programmation de l'époque. Des messages sur les forums Borland (borland.public.delphi.non-technical) en 2000 et 2016 montrent des utilisateurs qui retrouvent ce code des années plus tard et interrogent son origine — Danielsen lui-même répond en février 2016 à l'un de ces messages, confirmant sa paternité. Trente ans après la publication, le code circule encore.
IV. La période académique et professionnelle — 1986–1996
Le doctorat et l'idée non brevetée
La période 1986-1989 est celle du doctorat à l'Université de Copenhague. Danielsen y développe l'idée des feuilles de calcul multidimensionnelles. Il organise et enseigne un cours de master en bases de données et langages de 4e génération, supervise plusieurs étudiants en informatique dont deux rédigent leur thèse de master sous sa direction. Le statut du doctorant danois — salarié à part entière, avec les mêmes obligations qu'un professeur assistant — lui donne une expérience d'enseignement et de gestion qu'il mobilisera plus tard comme entrepreneur.
L'idée non brevetée est la blessure biographique la plus frappante de la trajectoire de Danielsen. Il l'exprime dans son CV avec une concision qui en dit long : « Malheureusement, je n'ai pas breveté l'idée. À la place, quelqu'un d'autre l'a fait, et a vendu le brevet à Microsoft. En 1991, Microsoft l'a commercialisée comme l'une des nouveautés les plus importantes du tableur Excel 3.0. » Cette formulation — « malheureusement » suivi de la description factuelle — est l'épitaphe d'une invention significative dont un autre a encaissé la valeur. La fonctionnalité en question (outline/plan dans Excel) reste présente et utilisée dans tous les tableurs modernes en 2026.
AVS/UNIRAS, Los Angeles et BrightWare — 1989–1996
De 1989 à 1993, Danielsen travaille chez AVS/UNIRAS — une société de visualisation scientifique pour workstations UNIX et supercalculateurs, logiciels écrits en FORTRAN et C. Il est co-manager du département de développement, responsable de l'ensemble du département quand son supérieur est absent, participant aux réunions avec les vice-présidents. Il contribue au développement de UNIGRAPH 2000 (un tableur scientifique de visualisation numérique) et de Toolmaster agX (une librairie graphique X Window/Motif).
De 1993 à 1996, il s'installe à Los Angeles pour travailler chez BrightWare Inc. (ancienne division d'Inference Corp.) — l'une des entreprises leaders en systèmes experts, intelligence artificielle, et outils de programmation orientée objet. Il travaille sur ART*Enterprise, un produit qui combine IA, programmation orientée objet et interface graphique, écrit en C++ et dans un langage LISP propriétaire appelé ART. Responsable de l'interface Microsoft Windows, puis du portage vers UNIX/Motif. En 1993, en parallèle, il développe un programme d'échecs 4K pour la puce Motorola 68HC05 et le vend à YENO (France) — son dernier travail documenté en chess computing avant de retourner au Danemark.
V. Jobindex et l'internet — 1996 à aujourd'hui
Le fondateur du premier moteur de recherche danois
En 1996, Danielsen rentre au Danemark avec sa famille (il retournera en 1998, selon le wiki Schachcomputer.info) et fonde danielsen.com — une société de création de sites internet sophistiqués. Trois projets principaux, tous développés en Perl :
Aktienyt : le premier site web danois dédié aux actions boursières.
Thor : le premier moteur de recherche danois.
Job-Index : la plus grande page d'emploi danoise — qui deviendra Jobindex A/S, la société qui existe encore en 2026 avec plus de 200 employés.
Les deux derniers sites — Thor et Job-Index — sont dans le top 20 des sites les plus populaires du Danemark selon une enquête de Børsen Internet. La presse danoise les couvre largement : articles dans Politiken, Jyllands-Posten, une une au premier plan du Børsen (le journal économique de référence), et des passages aux informations nationales à la télévision et à la radio.
La trajectoire de 1981 à 1996 — lycéen prodige aux concours européens → programmeur de dédiés grand public → auteur Borland → doctorant → manager de département → expert en IA à Los Angeles → fondateur internet — est l'une des plus variées et des plus cohérentes de toute cette série d'anthologies. Chaque étape construit sur la précédente : le 4K du lycéen forme le contractant de CXG, qui forme l'auteur Borland, qui forme le doctorant, qui forme le manager, qui forme l'expert IA, qui forme l'entrepreneur internet. La programmation des échecs est le fil conducteur de la première moitié — et la rigueur mathématique et informatique acquise est le capital de la seconde.
Jobindex — la société qui dure
Jobindex A/S est aujourd'hui la plus grande plateforme de recrutement du Danemark. Elle publie Dansk Jobindex, un indice mensuel sur le nombre d'offres d'emploi danoises — une statistique de référence pour les économistes, les médias, et le gouvernement danois. La société a étendu sa présence à trois autres pays. Danielsen en est le fondateur, PDG, et — selon le profil Nordic Growth Hackers — « programmeur original ».
Ce détail — « programmeur original » — est celui qui connecte Jobindex à tout le reste. L'homme qui a écrit le programme d'échecs 4K le plus fort de l'histoire, Turbo GameWorks pour Borland, ART*Enterprise en C++/LISP, et le premier moteur de recherche danois en Perl, est le même homme qui a fondé et programmé la plus grande plateforme de recrutement de son pays. La carrière de Kaare Danielsen est celle d'un programmeur qui n'a jamais cessé de programmer — même en devenant PDG.
VI. Palmarès et chronologie
Programme / Événement
Date
Résultat / Signification
Programme Z80, Concours Philips19811er prix danois, 3e prix européen. Lycéen de 17 ans.
IFIP Youth Programming Tournament19811er prix danois (analyse de fonctions mathématiques).
Concours Scandinave de Mathématiques19801er prix (tous lycéens scandinaves).
LogiChess au WMCCC 198119815e mondial, 3e européen. « Le lycéen danois de 17 ans. »
LogiChess au EMCCC 198119813e place au Championnat Européen Micro Chess.
CXG/SaiTek : programme 4K1981–présent200 000 unités vendues. Encore en production chez Lexibook 20 ans après. Le plus fort 4K du monde.
CXG/SaiTek : programme 16K1981–198550 000 unités vendues. CXG Advanced Star Chess, Super Enterprise, etc.
Turbo GameWorks (Borland)1985Livre + disquette : Turbo Chess (Pascal), Bridge, Go-Moku. Critique ICCA Journal 1986.
Turbo Chess dans Borland C++1985–1995Programme traduit en C++ et distribué comme exemple avec compilateur Borland C++.
Doctorat, Université de Copenhague1986–1989Thèse sur les feuilles de calcul multidimensionnelles. Idée non brevetée — Microsoft Excel 3.0.
Programme 4K pour YENO (Motorola 68HC05)1993Dernier programme d'échecs documenté de Danielsen.
WMCCC 1987 Rome — rapport ICCA1987Auteur du rapport officiel pour l'ICCA Journal.
Jobindex / Thor / Aktienyt1996–présentPremier moteur de recherche danois. 1er site d'emploi danois. Jobindex : 200+ employés en 2026.
Date
Événement
Notes
~1964Naissance de Kaare Danielsen, Danemark.Date exacte non publiée. Déduction : lycéen en 1981 = environ 17 ans = naissance vers 1964.
~1979–1980Apprend la programmation au lycée sur un ordinateur Z80.Écrit « un programme d'échecs pas mauvais selon ses propres mots » — Chess wiki.
19801er prix Concours Scandinave de Mathématiques (Conseil Norvégien).Premier prix international. Signal d'un talent mathématique exceptionnel.
1981Concours Philips : 1er Danemark, 3e Europe. IFIP : 1er Danemark. WMCCC : 5e mondial, 3e Europe.Quatre distinctions majeures en une année. Lycéen de 17 ans.
1981Contact avec CXG et SaiTek (Hong Kong). Fonde LogiSoft ApS.Premiers contrats : 4K pour Noël 1983, 16K pour les meilleures machines.
1983Premier ordinateur avec le programme 4K (SciSys Explorer) commercialisé.La machine de Noël 1983. Danielsen respecte le délai — il est payé.
1985Turbo GameWorks pour Borland International (Californie).Livre + disquette. Don Beal : critique dans ICCA Journal Vol. 9 No. 2.
1986Commence son doctorat à l'Université de Copenhague.Statut de salarié à part entière. Enseigne, supervise des étudiants de master.
1987WMCCC Rome : rapport officiel ICCA Journal.Transition de participant à reporter de la communauté.
1989Obtient son doctorat. Idée des tableurs multidimensionnels non brevetée.Entre chez AVS/UNIRAS comme ingénieur, puis co-manager.
1991Microsoft commercialise le plan multi-niveaux (outline) dans Excel 3.0.L'idée de la thèse de Danielsen, brevetée par quelqu'un d'autre, vendue à Microsoft.
1993S'installe à Los Angeles. BrightWare Inc. / ART*Enterprise.Expert systèmes, IA, C++/LISP/Motif. Développement en parallèle du 4K Motorola pour YENO.
1996Fonde danielsen.com : Aktienyt, Thor, Job-Index.Thor : premier moteur de recherche danois. Job-Index : futur Jobindex, 1er site d'emploi danois.
1998Retour définitif au Danemark avec sa famille.Jobindex devient la société principale, avec plus de 200 employés en 2026.
2016Répond sur les forums Borland à une question sur l'origine de Turbo Chess.Trente ans après, le code circule encore. Danielsen confirme sa paternité.
2026PDG et programmeur original de Jobindex A/S. Plus de 200 employés.Le programme 4K de 1981 tourne encore dans les jouets Lexibook. Jobindex est l'indice de référence de l'emploi danois.
VII. Anecdotes et faits marquants
5 000 dollars pour un bug — et rien du tout si en retard : Les conditions du contrat CXG/SaiTek que Danielsen décrit dans son CV sont parmi les plus dures de toute l'histoire du chess computing commercial. 5 000 dollars (1981) à payer si un bug est trouvé — le prix de fabrication de nouveaux masques pour la puce. Zéro euro si le programme n'est pas prêt pour Noël. Cette combinaison — pénalité de bug + pénalité de retard sans filet — est la définition du logiciel embarqué dans du matériel de grande série. Danielsen a tenu les délais et évité les bugs. 250 000 machines le prouvent.
Le programme 4K le plus fort du monde — depuis 1983 : L'affirmation de Danielsen selon laquelle son programme 4K est « encore le plus fort programme d'échecs 4K du monde » est l'une des plus singulières de toute cette série. Elle signifie que dans l'espace contraint de 4 kilo-octets — 4 096 octets, moins qu'un SMS moderne — personne n'a jamais fait mieux que ce qu'un lycéen danois a écrit en 1981-1983 sur un Z80. Les contraintes de mémoire des puces de jouets éducatifs Lexibook n'ont pas fondamentalement changé depuis lors. Le code de Danielsen tourne encore — non pas par nostalgie, mais parce qu'il est meilleur que tout ce qui a été écrit depuis dans ces contraintes.
L'idée d'Excel non brevetée : La phrase du CV de Danielsen sur l'idée non brevetée — « Malheureusement, je n'ai pas breveté l'idée. À la place, quelqu'un d'autre l'a fait, et a vendu le brevet à Microsoft » — est l'une des formulations les plus laconiques d'une perte financière majeure dans toute la littérature des CV d'informaticiens. La fonctionnalité plan/outline d'Excel est utilisée par des centaines de millions de personnes en 2026. La valeur du brevet vendu à Microsoft n'est pas connue, mais les droits sur une fonctionnalité centrale d'Excel dans les années 1990 représentaient des millions de dollars.
Turbo Chess dans Borland C++ — 30 ans de distribution involontaire : Le fait que Borland ait traduit Turbo Chess en C++ et l'ait distribué comme programme d'exemple avec Borland C++ signifie que le code de Danielsen a été la première expérience d'un programme d'échecs pour des dizaines de milliers de programmeurs qui ont appris C++ dans les années 1990. Un message de 2000 sur les forums Borland demande « quelle est l'origine de ce programme d'échecs ? » — l'auteur l'avait trouvé dans ses exemples Borland mais ne savait pas qui l'avait écrit. Danielsen répond lui-même en 2016 sur le même forum. Trente ans de distribution, et l'auteur répond encore.
Le lycéen de 17 ans contre les professionnels — 1981 : La formulation de la Chess Programming Wiki — « LogiChess du lycéen danois de 17 ans Kaare Danielsen était 3e » — est la même formulation qu'Andrew Grant en 2018 (« étudiant de 21 ans »). Deux générations différentes, même pattern : un programme amateur produit par quelqu'un en début de formation, qui bat des professionnels dans des championnats du monde. Grant avait Ethereal, un moteur full-feature avec SMP. Danielsen avait un programme Z80 écrit dans sa chambre de lycéen. L'écart de contexte technique entre 1981 et 2018 rend la performance de Danielsen encore plus remarquable.
◈ ◈ ◈
— Valter Drazic —
Anthologie Danielsen · Kaare Danielsen
Kaare Danielsen [...]
8 March, 2026Blog / Chess EnginesL'Affaire Rybka — Chroniques Software Blog
Chroniques Software · Blog
Section Polémique · Mars 2026
Dossier · Chess Computing · Propriété Intellectuelle
L'Affaire Rybka :Plagiat, Justiceet Zones Grises
De 2005 à 2015, la controverse Rybka-ICGA a traversé la communauté du chess computing comme une fissure tectonique — révélant des questions fondamentales sur l'originalité, les conflits d'intérêt et les limites du droit d'auteur dans le logiciel. Voici les arguments des trois camps, dans leurs propres mots.
Lecture ~18 min
Sources primaires
Période 2011–2015
◆
Il y a des affaires qui dépassent les faits qui les constituent. L'affaire Rybka en est une. Formellement, il s'agit d'une procédure disciplinaire de l'ICGA contre un programmeur accusé d'avoir violé une règle de tournoi en dérivant son programme d'un logiciel open source sans le déclarer. Dans les faits, c'est quelque chose de bien plus vaste : un procès en légitimité d'une communauté entière contre son champion, un débat sur ce que signifie « créer » un programme d'échecs, et une lutte d'influence entre institutions dont les intérêts matériels n'étaient pas neutres.
Cet article ne cherche pas à trancher. Il cherche à donner la parole aux protagonistes — dans leurs propres mots, en langue originale, traduits pour que la nuance ne soit pas perdue. Quatre camps se dessinent dans la littérature primaire : l'ICGA et les accusateurs techniques, la défense portée par Riis et Schröder, les observateurs ambivalents, et Rajlich lui-même, dont le silence éloquent a parfois pesé plus lourd que tous les arguments.
I. L'acte d'accusation — les preuves techniques
Camp I · ICGA, Watkins, Hyatt, Letouzey
La lettre ouverte du 1er mars 2011, signée par quatorze programmeurs dont Fabien Letouzey lui-même, Zach Wegner, Bob Hyatt et Anthony Cozzie, constitue la pièce fondatrice de l'accusation. Son ton est précis, collegial, et délibérément non émotionnel :
« Since then it has emerged from highly respected sources like Zach Wegner, Bob Hyatt and others that there is a lot of evidence that has been accumulated over the last few years that Rybka 1.0 beta is a derivative of Fruit 2.1. [...] As chess programmers we find this overwhelming evidence compelling. We believe Rybka is a Fruit derivative albeit an advanced one. [...] Should justified suspicions exist authors must be willing to submit source code on a private and confidential basis to a select group of impartial programmers to privately determine source code origin. »
Depuis lors, il est apparu via des sources très respectées comme Zach Wegner, Bob Hyatt et d'autres qu'il existe de nombreuses preuves accumulées au fil des années que Rybka 1.0 beta est un dérivé de Fruit 2.1. [...] En tant que programmeurs d'échecs, nous trouvons ces preuves accablantes et convaincantes. Nous croyons que Rybka est un dérivé de Fruit — certes avancé. [...] En cas de suspicion fondée, les auteurs doivent accepter de soumettre leur code source, sur une base privée et confidentielle, à un groupe restreint de programmeurs impartiaux.
Lettre ouverte à l'ICGA · OpenChess Forum · 1er mars 2011 · Signataires : Letouzey, Wegner, Hyatt, Cozzie, Uniacke, Meyer-Kahlen, Schröder, Dailey et six autres
La mention de Stefan Meyer-Kahlen (auteur de Shredder) et Don Dailey (co-auteur de Komodo) dans la liste des signataires donne à cette lettre un poids considérable. Ces noms ne sont pas des inconnus jaloux — ce sont les meilleurs programmeurs du monde. Ed Schröder (Rebel) figure également parmi les signataires. C'est un détail capital pour comprendre son revirement ultérieur.
Dans son verdict du 28 juin 2011, David Levy, président de l'ICGA, reformule l'accusation en termes juridiques :
« The forums continually mention code copying instead of Rajlich failing to report a derivative in his ICGA entry submissions. It is important to remember that the offence for which Rajlich was convicted and banned by the ICGA was failing to comply with our Tournament Rule 2. [...] At the outset I wish to make it clear that this is not an issue about verbatim copying. We have proven that Rybka is a derivative, but due to different internal board representations the Fruit code required modification when being copied. But a conversion such as mailbox to bitboard still leaves it a derivative, as would changes such as refactoring the code and tuning the numbers. »
Les forums évoquent constamment la copie de code, alors que l'infraction de Rajlich est d'avoir omis de déclarer un dérivé dans ses formulaires de participation ICGA. Il est important de rappeler que l'infraction pour laquelle Rajlich a été reconnu coupable et banni par l'ICGA est le non-respect de notre Règle de Tournoi 2. [...] D'emblée, je tiens à préciser qu'il ne s'agit pas ici de copie verbatim. Nous avons prouvé que Rybka est un dérivé, mais en raison de représentations internes différentes du plateau, le code de Fruit a nécessité des modifications lors de la copie. Mais une conversion de mailbox en bitboard reste un dérivé, tout comme le seraient des refontes du code et des ajustements de valeurs numériques.
David Levy, Interview ChessBase · Partie 1 · 6 février 2012
Ce déplacement argumentatif est crucial : Levy admet que Rajlich n'a pas copié de code verbatim, mais défend la notion de « copie non littérale » (non-literal copying). Cette notion — plus large que le simple copier-coller — sera le point d'achoppement central de toute la controverse.
« Furthermore, it seems to the ICGA that Vasik Rajlich clearly knew that he was in the wrong in doing so, since he has repeatedly denied plagiarizing the work of other programmers. »
— David Levy, verdict ICGA · 28 juin 2011. Traduction : « Il semble de surcroît à l'ICGA que Vasik Rajlich savait clairement qu'il avait mal agi, puisqu'il a à plusieurs reprises nié avoir plagié le travail d'autres programmeurs. »
Un point technique souvent mal compris : Levy insiste dans tous ses textes que la faute principale n'est pas le plagiat en tant que tel, mais le défaut de déclaration dans le formulaire de participation ICGA. Rajlich avait bien remercié Fruit dans le fichier README de Rybka 1.0 beta — mais n'avait pas coché la case correspondante dans le formulaire de tournoi. Cette nuance administrative n'a pas empêché l'usage du terme « plagiat » dans la communication officielle de l'ICGA, ce que la défense exploitera abondamment.
II. La défense — Riis, Schröder et le retournement
Camp II · Søren Riis, Ed Schröder, Chris Whittington
Le 2 janvier 2012 — six mois après le verdict — ChessBase publie en quatre parties un article de 31 pages signé Søren Riis, mathématicien à Queen Mary University of London et modérateur du forum Rybka. Le titre est volontairement provocateur : A Gross Miscarriage of Justice in Computer Chess. La thèse centrale repose sur plusieurs piliers.
Le premier argument de Riis concerne les conflits d'intérêt dans la composition du panel :
« Riis speculates that the chief motivating factor behind the persecution of Rajlich was his domination of computer chess programming in 2005-2010, during which time his program Rybka almost invariably annihilated other programs in public tournaments. The computer scientist and mathematician mentions that the people who voted for the Rajlich ban were direct beneficiaries and actually picked up his vacant titles, collateral which they now use to market their own chess engines. »
Riis émet l'hypothèse que le principal facteur de motivation derrière la persécution de Rajlich était sa domination du monde du chess computing de 2005 à 2010, période durant laquelle son programme Rybka anéantissait presque invariablement les autres programmes dans les tournois publics. Le mathématicien note que les personnes qui ont voté pour le bannissement de Rajlich en ont été les bénéficiaires directs, récupérant ses titres vacants — un capital qu'ils utilisent désormais pour commercialiser leurs propres moteurs d'échecs.
Peter Doggers, résumé de l'article Riis · ChessVibes / Chess.com · 8 janvier 2012
Le deuxième pilier de Riis attaque la qualité technique des preuves — notamment les tableaux comparatifs Piece-Square Tables (PST) qui formaient l'élément visuel le plus frappant du rapport ICGA :
« As proof that Vas Rajlich had copied program code the ICGA presented pages and pages of Fruit and Rybka code side by side. But, according to Dr Søren Riis, what was labeled as Rybka code was actually fabricated to look like Fruit. [...] Rajlich comments on the practical importance of PSTs: The effect of PSTs is minimal but probably positive. Any reasonable choice of PST values leads to +/- less than 1 Elo. »
Comme preuve que Vas Rajlich avait copié du code, l'ICGA a présenté des pages et des pages de code de Fruit et de Rybka côte à côte. Mais selon le Dr Søren Riis, ce qui était présenté comme le code de Rybka avait en réalité été fabriqué pour ressembler à Fruit. [...] Rajlich commente l'importance pratique des PST : leur effet est minimal mais probablement positif. Tout choix raisonnable de valeurs PST conduit à +/- moins de 1 Elo.
ChessBase · Partie IV de l'article Riis · 5 janvier 2012
Riis répertorie dix différences d'évaluation substantielles entre Rybka et Fruit — et cite Ed Schröder comme source pour cinq d'entre elles. C'est ici que le retournement de Schröder devient techniquement central :
« Ed Schröder reveals five additional major differences versus Fruit in his investigations: "Lazy" evaluation is not in Fruit but is present in Rybka. The programs have entirely different futility pruning approaches. Fruit has only one evaluation array related to King Safety. Fruit evaluates in two steps, while Rybka directly adds up an evaluation score. »
Ed Schröder révèle cinq différences majeures supplémentaires par rapport à Fruit dans ses recherches : l'évaluation « lazy » est absente de Fruit mais présente dans Rybka. Les programmes ont des approches de futility pruning entièrement différentes. Fruit ne dispose que d'un seul tableau d'évaluation lié à la sécurité du roi. Fruit évalue en deux étapes, tandis que Rybka additionne directement un score d'évaluation.
ChessBase · Partie III de l'article Riis · 4 janvier 2012
Riis soulève également un argument procédural important qui sera partiellement validé par la Commission d'Éthique FIDE en 2015 :
« My article 'A gross miscarriage of justice in Computer Chess' was obviously a defense of Rajlich so in that sense David Levy is correct and my article can be said to show bias. However, while it's acceptable that the defense and prosecution are biased, I find it wholly unacceptable if the people in charge of an investigation are. And please note by Levy's own admission — the people in charge of the ICGA investigation already prejudged that Rajlich was guilty before the investigation started. »
Mon article était évidemment une défense de Rajlich, donc dans ce sens David Levy a raison et mon article peut être considéré comme partial. Cependant, si la défense et l'accusation peuvent être partiaux, je trouve totalement inacceptable que les responsables d'une investigation le soient. Et notez que par l'aveu même de Levy — les responsables de l'investigation ICGA avaient déjà préjugé que Rajlich était coupable avant que l'investigation ne commence.
Søren Riis, réponse aux contre-arguments · ChessBase Feedback · 17 février 2012
Vasik Rajlich lui-même, dans un rare message public sur le forum Rybka peu après la publication de l'article Riis, remercie nominalement ses défenseurs :
« I want to give a really big thanks to Ed Schroder, Soren Riis, Chris Whittington, Nelson Hernandez, Nick Carlin, Jeroen Noomen and Alan Sassler for their superb efforts in defending me against the accusations that I have broken ICGA tournament rules. Soren did a great job detailing the shenanigans pulled during the ICGA's investigation, from stacking the jury to premature public accusations to a comprehensive fabrication of evidence. I also appreciate the tenacity of Chris Whittington and especially Ed Schroder in digging through the mountains of documents and answering them point by point. »
Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à Ed Schröder, Søren Riis, Chris Whittington, Nelson Hernandez, Nick Carlin, Jeroen Noomen et Alan Sassler pour leurs efforts exceptionnels à me défendre contre les accusations d'avoir enfreint les règles de tournoi ICGA. Søren a fait un excellent travail en détaillant les manœuvres de l'investigation ICGA, depuis la composition orientée du jury jusqu'aux accusations publiques prématurées en passant par une fabrication complète des preuves. J'apprécie également la ténacité de Chris Whittington et surtout d'Ed Schröder, qui ont épluché des montagnes de documents et y ont répondu point par point.
Vasik Rajlich · Forum Rybka · Janvier 2012
III. L'argument central — « non-literal copying » versus inspiration
Le nœud juridique et philosophique
La distinction que Levy introduit — la « copie non littérale » — est le terrain sur lequel tout le débat se joue réellement. Riis en fait l'analyse la plus précise :
« Levy begins the interview with an astonishing admission and shift in argument: Rajlich did not copy (or translate) code verbatim from Fruit, instead he undertook "non-literal copying". But what exactly is non-literal copying? Maybe Levy's notion of non-literal copying is supposed to be about using underlying structures from Fruit? But the most important underlying structure, the data structure, couldn't be more different. Levy's notion of "non-literal copying" is so vague and subject to mischievous interpretation as to have no real meaning. »
Levy commence l'interview par un aveu stupéfiant et un glissement d'argument : Rajlich n'a pas copié (ni traduit) de code verbatim de Fruit, mais a procédé à une « copie non littérale ». Mais qu'est-ce exactement que la copie non littérale ? La notion de Levy renvoie peut-être à l'utilisation de structures sous-jacentes de Fruit ? Mais la structure sous-jacente la plus importante — la structure de données — ne pourrait pas être plus différente. La notion de « copie non littérale » de Levy est si vague et sujette à interprétation malveillante qu'elle n'a pas de sens réel.
Søren Riis · ChessBase Feedback · 17 février 2012
Un panel member de l'ICGA prend d'ailleurs ses distances avec la formulation de Levy dans une lettre publiée par ChessBase :
« I would like to draw your attention to two points. First: in part one of his recent interview with ChessBase David Levy states the following: 'Your question implies that Rajlich might only have copied a small and insignificant amount of Fruit, while the conclusion of the ICGA investigation was that a lot of code was copied.' This does not represent my opinion as an active and voting panel member. Not now and not at the time of the investigation. Code (=literal elements) was proven to be copied in a Rybka version that didn't compete in ICGA tournaments. But that didn't violate rule 2 because it didn't play in ICGA tournaments. »
Je souhaite attirer votre attention sur deux points. Premièrement : dans la première partie de son interview avec ChessBase, David Levy affirme que sa conclusion était qu'une grande quantité de code avait été copiée. Cela ne représente pas mon opinion en tant que membre actif et votant du panel. Ni maintenant ni au moment de l'investigation. Il a été prouvé que du code (=éléments littéraux) avait été copié dans une version de Rybka qui ne participait pas aux tournois ICGA. Mais cela ne violait pas la règle 2 car cette version ne jouait pas dans les tournois ICGA.
Un panel member anonyme · ChessBase Feedback · 17 février 2012
⚖ Point de droit — La règle ICGA 2
Les règles ICGA stipulent : « Programming teams whose code is derived from or including game-playing code written by others must name all other authors, or the source of such code, in the details of their submission form. » — La sanction n'est donc pas fondée sur le droit d'auteur, mais sur un règlement interne de tournoi. Rajlich avait crédité Fruit publiquement dans son README, mais pas dans le formulaire de participation. C'est cette distinction administrative — et non un plagiat au sens légal — qui fonde le verdict.
IV. La réponse de l'ICGA — Levy et Watkins contre-attaquent
Camp I · La défense de la procédure
David Levy répond à Riis avec un document de dix pages intitulé No Miscarriage of Justice — Just Biased Reporting. Son argument de fond est simple :
« When a defendant is brought before a court of Law, what is in question is whether or not (s)he broke the Law and not whether the Law itself is appropriate. And so it is with the ICGA rules. In considering the Rybka case the ICGA's task was to decide the matter on the basis of its Tournament Rule 2, not to question the rule itself. »
Quand un prévenu est présenté devant un tribunal, la question est de savoir s'il a ou non enfreint la loi — et non si la loi elle-même est appropriée. Il en va de même avec les règles de l'ICGA. Dans l'affaire Rybka, la tâche de l'ICGA était de statuer sur la base de sa Règle de Tournoi 2, non de remettre la règle en question.
David Levy · « No Miscarriage of Justice — Just Biased Reporting » · Janvier 2012
Sur la question des conflits d'intérêt dans le panel, Levy reconnaît les limites pratiques mais défend la composition :
« There is a limited number of people with a high level of computer chess expertise, and we wanted to avail ourselves of as many of that group as we could. In addition the panel included some people (such as Mark Watkins) whose expertise is relevant even though they have not developed a competitive chess program. Since the report was published we have seen no evidence to demonstrate that the panel and the report came to the wrong conclusions, or explaining the huge overlap of Rybka and Fruit in a manner that casts doubt on the guilty verdict. »
Le nombre de personnes ayant un haut niveau d'expertise en chess computing est limité, et nous souhaitions en réunir autant que possible. Le panel comprenait également des personnes (comme Mark Watkins) dont l'expertise est pertinente même s'ils n'ont pas développé de programme compétitif. Depuis la publication du rapport, nous n'avons vu aucune preuve démontrant que le panel et le rapport sont parvenus aux mauvaises conclusions, ni n'expliquant l'énorme overlap entre Rybka et Fruit d'une manière qui remette en doute le verdict de culpabilité.
David Levy · Interview ChessBase · Partie 2 · 10 février 2012
Levy prononce également ce qui est peut-être la formulation la plus lucide et la plus amère de toute l'affaire :
« Rajlich ruined his stellar career and reputation because he failed to fill in one line of an ICGA entry form correctly. Had he declared Rybka's origins from Fruit and complied with the GPL, he might have been allowed to participate with Letouzey's permission. »
— David Levy, interview ChessBase 2012. Traduction : « Rajlich a ruiné sa carrière et sa réputation brillantes parce qu'il n'a pas rempli correctement une ligne d'un formulaire de participation ICGA. S'il avait déclaré les origines de Rybka dans Fruit et s'était conformé à la GPL, il aurait peut-être pu participer avec la permission de Letouzey. »
V. Les voix du milieu — observers, forums, réactions dispersées
Camp III · La communauté divisée
Les retours publiés par ChessBase en janvier 2012 en réaction à l'article Riis dessinent un panorama de la communauté profondément clivée. Plusieurs voix résument l'embarras de ceux qui ne veulent pas choisir un camp :
« After reading all parts of your report, it seems that you make a good case. I went back to Zach Wegner and Mark Watkin's reports to review the specifics of the allegations, details that were rather compelling at the time, and I am uncertain. There are details that you do not address, but then you do raise general doubts. »
Après avoir lu toutes les parties de votre rapport, il me semble que vous présentez un bon argumentaire. Je suis revenu aux rapports de Zach Wegner et Mark Watkins pour revoir les détails des allégations — des détails qui étaient assez convaincants à l'époque — et je reste incertain. Il y a des détails que vous n'abordez pas, mais vous soulevez des doutes généraux.
Paul Ruffle, Westgate-on-Sea, Angleterre · Feedback ChessBase · 13 janvier 2012
« I think the 'gross miscarriage' here is that ChessBase is only printing one side of the story. Why don't we see the rebuttals from David Levy and Tom Watkins. I'm disappointed that you show extreme bias here. My opinion of ChessBase has greatly diminished. »
Je pense que le « scandaleux déni de justice » ici, c'est que ChessBase ne publie qu'un côté de l'histoire. Pourquoi ne voyons-nous pas les contre-arguments de David Levy et Mark Watkins ? Je suis déçu que vous fassiez preuve d'un biais aussi extrême. Mon opinion de ChessBase a considérablement diminué.
Drew Foote · Feedback ChessBase · 13 janvier 2012
« Ben Johnson took doping, Vasik Rajlich took code, Samsung took design, Microsoft took patents, all were punished... not really surprising, the list is endless. »
Ben Johnson a utilisé du dopage, Vasik Rajlich a pris du code, Samsung a pris du design, Microsoft a pris des brevets, tous ont été punis... rien de très surprenant, la liste est sans fin.
Jimmy Liew, Puchong · Feedback ChessBase · 13 janvier 2012
« I thought at first that Dr. Søren Riis is an impartial observer stepping in to defend Rajlich. Then I read in Part 4 that he is a Rybka forum administrator. Hardly 'impartial', I would say and quite misleading of him not to admit this up front. »
J'ai d'abord pensé que le Dr Søren Riis était un observateur impartial intervenant pour défendre Rajlich. Puis j'ai lu dans la Partie 4 qu'il est administrateur du forum Rybka. Difficilement « impartial », j'oserais dire, et assez trompeur de sa part de ne pas l'admettre d'emblée.
Michael Lampe, Bad Rappenau, Allemagne · Feedback ChessBase · 13 janvier 2012
La question du biais de publication est elle-même au cœur du débat. Riis reconnaît avoir choisi ChessBase délibérément — mais pour une raison stratégique, non idéologique :
« There were strong arguments for publishing [the article at] ChessVibes as you would be seen as more neutral, while publishing with Chessbase would open up for the most trivial counter-attack: "Cui Bono". However, since I am a Rybka Forum moderator it was clear my article would always be seen as biased. When I first read the ICGA report I thought they put a convincing case but it was only when I investigated the case I began to realise the full extent of the injustice. »
Il y avait de solides arguments pour publier l'article sur ChessVibes, où j'aurais semblé plus neutre, tandis que publier chez ChessBase ouvrait la porte à la contre-attaque la plus évidente : « Cui Bono ». Cependant, puisque je suis modérateur du Forum Rybka, il était clair que mon article serait de toute façon considéré comme partial. Quand j'ai lu pour la première fois le rapport ICGA, j'ai pensé qu'il présentait un argumentaire convaincant — c'est seulement en enquêtant que j'ai commencé à prendre conscience de l'étendue de l'injustice.
Søren Riis · ChessVibes, janvier 2012
VI. La question que personne ne pose — l'écosystème des dérivés
La symétrie ignorée
L'un des arguments les plus politiquement incendiaires de Riis — celui sur lequel l'ICGA n'a jamais répondu directement — concerne l'écosystème global des dérivés dans le chess computing :
« What is clear is that Rajlich's original ideas have been lifted from various reverse-engineered editions of Rybka again and again and again — his work has been pilfered as comprehensively as anyone's in all of computer chess history. A number of leading programs have rather obviously benefited: in practical improvements to their programs, in tremendously reducing their development time, and in gaining insights they might never have developed on their own. Yet, it is Rajlich who was investigated and found guilty of plagiarism in absentia, banned for life, stripped of titles, and vilified in the international press over a five-year-old tournament rule violation. Ironically, it is the ICGA which may have committed an illegal act in publishing a disassembly of Rybka 2.3.2a, a commercial product still under license, on the Internet. »
Ce qui est clair, c'est que les idées originales de Rajlich ont été reprises encore et encore depuis diverses éditions désassemblées de Rybka — son œuvre a été pillée aussi complètement que celle de n'importe qui dans toute l'histoire du chess computing. Un certain nombre de programmes leaders en ont manifestement bénéficié : dans l'amélioration pratique de leurs programmes, dans la réduction considérable de leur temps de développement, et dans l'acquisition d'intuitions qu'ils n'auraient peut-être jamais développées seuls. Et pourtant, c'est Rajlich qui a été condamné pour plagiat in absentia, banni à vie, dépossédé de ses titres et vilipendé dans la presse internationale pour une infraction à une règle de tournoi vieille de cinq ans. Ironiquement, c'est l'ICGA qui a peut-être commis un acte illégal en publiant un désassemblage de Rybka 2.3.2a — un produit commercial encore sous licence — sur internet.
Søren Riis · ChessBase · Partie II · 3 janvier 2012
David Levy répond à la question des autres programmes dérivés par une pirouette procédurale :
« In general the 'illegal clones' to which your question refers have not attempted to enter any ICGA events and so there has been no reason for us to investigate them. [...] Just as the IOC has certain qualification rules for its events, so does the ICGA. Why do none of the top seven programs in the world participate in the ICGA world championships? Most of the top seven original programs do participate. »
En général, les « clones illégaux » auxquels vous faites référence n'ont pas tenté de participer aux événements ICGA, il n'y avait donc aucune raison de les investiguer. [...] Tout comme le CIO a des règles de qualification pour ses événements, l'ICGA aussi. Pourquoi aucun des sept meilleurs programmes du monde ne participe-t-il aux championnats du monde ICGA ? La plupart des sept meilleurs programmes originaux y participent.
David Levy · Interview ChessBase · Partie 2 · 10 février 2012
VII. La Commission FIDE — arbitrage partiel en 2015
Le verdict du verdict
En 2012, Vasik Rajlich dépose une plainte formelle auprès de la Commission d'Éthique FIDE, cosignée par Riis, Schröder et Whittington. En octobre 2015, la Commission rend sa décision. Elle ne réhabilite pas Rybka — elle sanctionne l'ICGA pour des lacunes procédurales dans l'application du bannissement à vie, estimant que cette sanction « manquait d'une base légale suffisante et de garanties procédurales adéquates ». L'ICGA reçoit un avertissement officiel. Les titres ne sont pas restitués.
Bilan 2015
Ce que la FIDE a et n'a pas tranché
La Commission d'Éthique FIDE reconnaît que l'investigation ICGA était fondée dans son principe
Elle critique les garanties procédurales insuffisantes entourant le bannissement à vie
Elle ne se prononce pas sur la culpabilité technique de Rajlich
Elle ne restitue aucun titre
L'ICGA reçoit un avertissement — et non une injonction de réhabilitation
La question du code source de Rybka reste non résolue : Rajlich ne l'a jamais soumis
VIII. Conclusion — une question ouverte
Après quinze ans, l'affaire Rybka reste ouverte dans ses fondements. La question « Rybka 1.0 beta était-elle substantiellement dérivée de Fruit 2.1 ? » ne peut être tranchée qu'avec le code source de Rybka — que Rajlich n'a jamais publié ni soumis à un tiers de confiance. Les preuves techniques de Watkins sont convaincantes pour la plupart des observateurs indépendants, mais « convaincant » et « prouvé » ne sont pas synonymes en droit.
Ce qui est certain, en revanche, c'est ceci : l'ICGA a utilisé le terme « plagiat » pour une infraction qui, dans sa formulation réglementaire, ne concernait que la déclaration dans un formulaire de participation. Rajlich avait crédité Fruit publiquement. Il n'avait pas coché la bonne case. Un bannissement à vie pour une ligne de formulaire — c'est la formulation lucide de Levy lui-même — est une sanction dont la proportionnalité mérite d'être questionnée, même par ceux qui ne doutent pas de la culpabilité technique.
Et c'est peut-être là l'héritage le plus durable de l'affaire : non pas la réponse à la question « Rajlich a-t-il copié ? » mais la mise en évidence que les communautés de l'open source, du chess computing et de la propriété intellectuelle algorithmique n'avaient — et n'ont toujours — pas de cadre normatif clair pour répondre à cette question. L'affaire Rybka est une jurisprudence dans un domaine où la loi n'est pas encore écrite.
« Houdini, which experts say is a derivative of Ippolit, in turn a derivative of Rybka — so the top seed and winner of the most recent ICGA event is in place 53 of the CCRL Computer Rating list. How can such world championships be meaningful? »
— Lettre au forum, janvier 2012. Traduction : « Houdini, que les experts décrivent comme un dérivé d'Ippolit, lui-même dérivé de Rybka — et ainsi le meilleur joueur de l'événement ICGA le plus récent est 53e au classement CCRL. En quoi de tels championnats du monde peuvent-ils être significatifs ? »
Camp Accusation
Arguments centraux retenus
74,4 % de chevauchement structurel entre Rybka 1.0 beta et Fruit 2.1 (rapport Watkins)
Rajlich a lui-même déclaré en 2008 avoir « pris beaucoup de choses » dans Fruit
La soudaineté du bond Elo de pré-Rybka 1.0 à Rybka 1.0 beta est inexpliquée sans dérivation
Rajlich n'a soumis aucune défense technique et a refusé de fournir le code source
Vote unanime 5-0 du conseil ICGA après examen par 34 experts
Camp Défense
Arguments centraux retenus
Pas de copie verbatim prouvée — Levy lui-même parle de « non-literal copying »
Rybka et Fruit utilisent des structures de données fondamentalement différentes (bitboard vs mailbox)
Les tableaux PST présentés comme preuves ont été contestés point par point par Schröder
Plusieurs membres du panel étaient concurrents directs et bénéficiaires des titres vacants
Rajlich avait crédité Fruit publiquement — l'infraction était administrative, pas intentionnelle
La Commission d'Éthique FIDE a sanctionné l'ICGA pour lacunes procédurales (2015)
Question non résolue
Ce que personne ne peut trancher sans le code source
Le degré exact de dérivation technique de Rybka 1.0 beta par rapport à Fruit 2.1
Si la dérivation — à la supposer avérée — constituait une violation du droit d'auteur ou seulement du règlement ICGA
L'impact réel des PST et des structures partagées sur la force de jeu de Rybka
La légalité du désassemblage de Rybka 2.3.2a par l'ICGA pour constituer ses preuves
① La lettre ouverte de mars 2011 est disponible sur le forum OpenChess. Note : Ed Schröder figure parmi les signataires — il rejoindra la défense de Rajlich neuf mois plus tard.
② L'article de Søren Riis en quatre parties (ChessBase, janvier 2012) est disponible en PDF via ChessBase. La réponse de David Levy, No Miscarriage of Justice, est disponible sur le site ICGA.
③ Le rapport Watkins de mars 2011 est disponible sur OpenChess Forum. Sa mise à jour de 2013 et l'article académique cosigné avec Dailey et Hair dans Entertainment Computing (2014) constituent la version la plus documentée de l'argumentation technique de l'accusation.
④ Ed Schröder a publié deux documents de fond : Rybka Reloaded (2012) et The Myth Rajlich Copied Fruit (2015), tous deux disponibles en PDF sur son site personnel rebel13.nl.
⑤ La décision de la Commission d'Éthique FIDE (2015) n'est pas publique dans son intégralité ; les parties sont autorisées à en citer des extraits mais pas à publier le texte complet.
Chronologie des faits
Déc. 2005
Rybka 1.0 beta publiée. Premier « Fruit clone ? » posté le 6 décembre.
Jan. 2011
Lettre de Fabien Letouzey — rupture du silence après 5 ans.
Fév. 2011
Rapport Watkins : 74,4 % d'overlap structurel Rybka / Fruit.
Mars 2011
Lettre ouverte de 14 programmeurs à l'ICGA. Schröder co-signe.
Mai 2011
Rajlich répond par un email de deux paragraphes. Pas de défense technique.
Juin 2011
Verdict ICGA : 5-0. Bannissement à vie. 4 titres annulés.
Nov. 2011
Schröder retourne sa veste — publie sa propre contre-analyse.
Jan. 2012
Riis publie son article en 4 parties. Levy répond avec son rebuttal.
2012
Plainte à la Commission d'Éthique FIDE. Rajlich, Riis, Schröder, Whittington co-signent.
2015
FIDE sanctionne l'ICGA. Bannissement jugé insuffisamment fondé. Titres non restitués.
2015
Schröder publie The Myth Rajlich Copied Fruit. Son dossier le plus complet.
2026
Affaire non résolue. Le code source de Rybka n'a jamais été rendu public.
Sources primaires
ICGA
Levy, Rybka Disqualified and Banned, ICGA Journal 2011 + No Miscarriage of Justice, 2012
Tech.
Watkins, A comparison of Rybka 1.0 Beta and Fruit 2.1, mars 2011 & 2013
Défense
Riis, A Gross Miscarriage of Justice, ChessBase, 4 parties, jan. 2012
Schröder
Rybka Reloaded (2012) & The Myth Rajlich Copied Fruit (2015)
Académie
Dailey, Hair, Watkins, Move Similarity Analysis, Entertainment Computing, 2014
Chroniques Software · Blog · Section Polémique · Mars 2026 — Article rédigé à partir de sources primaires uniquement · Toutes citations reproduites et traduites à des fins d'information et d'analyse critique [...]
8 March, 2026Anthologie / Chess EnginesRybka - Vasik Rajlich
Anthologie complète de Rybka et de Vasik Rajlich
Anthologie complète de Rybka et de Vasik Rajlich
Vasik Rajlich, Iweta Rajlich, Larry Kaufman, Jeroen Noomen, Dagh Nielsen, Jiří Dufek, Hans van der Zijden, Lukas Cimiotti— ou comment un étudiant tchéco-américain du MIT, travaillant seul dans un appartement d'Ann Arbor, a construit en deux ans le programme d'échecs le plus dominateur de l'histoire, a remporté quatre titres mondiaux consécutifs, et s'est vu dépouiller de tout cela dans une controverse qui n'est pas entièrement résolue à ce jour —
I. Le contexte : l'ère post-Deep Blue, 2000–2005, et la question de la prochaine rupture
Quand Deep Blue bat Kasparov en mai 1997, le monde informatique célèbre une victoire de la puissance de calcul brute sur le génie humain. Mais la communauté du chess computing, elle, observe quelque chose de différent. Deep Blue n'est pas un programme au sens habituel du terme — c'est une machine spécialisée construite par une équipe de six chercheurs IBM, dotée de 480 puces customisées, d'une évaluation encodée par des Grand-Maîtres, et d'une infrastructure de supercalculateur industriel. C'est une victoire de l'ingénierie massive sur la fragilité humaine, pas une victoire d'un algorithme universel.
Dans les années qui suivent, Shredder, Fritz, HIARCS et Junior dominent les tournois informatiques à tour de rôle. Leurs progrès sont réels — quelques dizaines d'Elo par an — mais graduels, incrémentaux, prévisibles. La question que les meilleurs programmeurs posent en privé est la suivante : peut-on faire une rupture de niveau, non pas avec du hardware exceptionnel, mais avec un algorithme fondamentalement meilleur ?
C'est dans ce contexte que, début 2003, un informaticien de 32 ans installé à Ann Arbor, Michigan, commence à travailler seul sur un programme d'échecs. Il n'a pas de budget institutionnel, pas de partenaire hardware, pas de grand-maître consultant. Il a un diplôme du MIT, une formation en génie logiciel, un titre de Maître International aux échecs obtenu en 2003, et une obsession silencieuse pour ce problème précis : comment écrire une recherche plus efficace, une évaluation plus juste, une machine plus intelligente que ce qui existe.
Deux ans et demi plus tard, il publiera gratuitement une version bêta de son programme et fracassera en quelques jours les classements de tous les programmes d'échecs existants. La rupture que la communauté attendait est arrivée — depuis un appartement, sans hardware spécial, par la seule force d'un algorithme.
II. Les hommes : portraits d'une équipe
Vasik Rajlich — l'architecte silencieux
Vasik G. Rajlich naît en 1971 à Cleveland, Ohio, de parents tchèques qui poursuivaient leurs études aux États-Unis. Il grandit à Prague — ville de culture des échecs, ville de culture mathématique — et revient aux États-Unis comme étudiant pour entrer au MIT. Son directeur de thèse en 1993 est David McAllester, logicien et informaticien de premier plan. Sa formation initiale est celle d'un chercheur en informatique théorique, pas d'un programmeur de systèmes d'échecs.
Les portraits de Rajlich dans les interviews qui jalonnent les années de domination de Rybka dessinent un homme méthodique, discret, peu enclin aux formules spectaculaires. Là où Hsu de Deep Blue était « l'oiseau fou », Rajlich est le contraire : il mesure ses mots, choisit ses batailles, refuse de rentrer dans les polémiques tant qu'elles ne l'y forcent pas directement. Son seul coup d'éclat public est une lettre ouverte adressée en mai 2007 à la FIDE, offrant 100 000 dollars à quiconque battrait Rybka en match avec conditions normales — une façon de signifier à la communauté du chess informatique que le fossé entre Rybka et ses concurrents est désormais suffisamment vaste pour mériter une démonstration publique.
Sa double citoyenneté tchéco-américaine est une biographie en miniature : le MIT d'un côté, la culture centrale-européenne des échecs de l'autre. Il obtient son titre de Maître International en 2003 — l'année même où il commence à travailler sur Rybka. C'est un fait rare dans la communauté du chess computing : la plupart des grands programmeurs sont de bons joueurs d'échecs amateurs, mais peu ont le niveau de Maître International. Rajlich, lui, comprend le jeu à un niveau que peu d'ingénieurs peuvent atteindre, et cette compréhension se déverse dans son évaluation.
Sa vie privée est peu documentée dans les archives. On sait qu'il a vécu successivement à Ann Arbor (Michigan), Budaörs (Hongrie), Budapest et finalement Varsovie, où il réside avec Iweta. Il travaille seul ou en très petite équipe, communique essentiellement via les forums de la communauté (CCC, Rybka Forum, OpenChess), et préfère les faits aux déclarations d'intention. Quand la controverse ICGA éclatera en 2011, son mode de communication — un courriel laconique de deux paragraphes à David Levy, puis le silence pendant des mois — sera paradoxalement l'un des éléments qui joueront le plus contre lui dans l'opinion publique.
Iweta Rajlich — la testeuse, la championne, le pilier
Iweta Radziewicz-Rajlich naît le 16 mars 1981 à Varsovie. Son palmarès d'échecs est celui d'une joueuse de très haute élite féminine polonaise : sept fois championne de Pologne féminine (1999, 2000, 2002, 2005, 2007, 2009, 2012), Maître International mixte depuis 2002, Grand-Maître féminine. En 2005, elle joue au premier échiquier pour l'équipe de Pologne lors du championnat d'Europe par équipe — la victoire polonaise. Aux Olympiades de 2002, elle décroche avec la Pologne la médaille de bronze. Son Elo FIDE au 1er janvier 2017 est de 2 385 — cinquième joueuse polonaise.
Elle épouse Vasik Rajlich le 19 août 2006. Son rôle dans le projet Rybka est celui qui, dans toutes les grandes équipes de chess computing, est à la fois indispensable et le moins bien documenté : la testeuse principale. C'est elle qui joue des centaines, puis des milliers de parties contre Rybka dans ses différentes versions en développement. C'est elle qui signale les incohérences positionnelles, les évaluations aberrantes, les comportements étranges dans les finales. Sa compréhension concrète du jeu, à un niveau proche de Grand-Maître, fournit à Vasik un feedback que ni les listes de rating ni les tests automatisés ne peuvent remplacer.
La relation entre les deux est documentée dans un détail biographique simple et révélateur : dans toutes les interviews de Vasik Rajlich sur Rybka, Iweta est mentionnée en premier parmi les membres de l'équipe, avant même Kaufman et Noomen. Ce n'est pas de la politesse conjugale. C'est la reconnaissance d'une contribution technique quotidienne sans laquelle le programme n'aurait pas eu la qualité positionnelle qui le distinguait de ses concurrents.
Larry Kaufman — le Grand-Maître financier qui a révolutionné l'évaluation
Lawrence Charles Kaufman naît le 15 novembre 1947 à Washington D.C. Son parcours est l'un des plus singuliers de toute la communauté du chess computing : chess prodigy à 7 ans, champion des États-Unis open à 19 ans (1966), diplômé du MIT (où il contribue dès 1967 à MacHack, le premier programme à jouer dans un tournoi humain), puis analyste financier — fondateur de Chess Options Corp de 1977 à 1986, retraité à 39 ans grâce à ses gains en trading d'options. Puis une deuxième vie dédiée aux échecs et à l'informatique.
Kaufman rejoint l'équipe Rybka en janvier 2007, introduit par la qualité de ses recherches sur les déséquilibres de matériel. Son article fondateur The Evaluation of Material Imbalances (1999) est la contribution la plus influente à la théorie de l'évaluation dans le chess computing des vingt dernières années : une analyse statistique de milliers de parties de Grand-Maîtres qui quantifie avec précision la valeur des pièces dans des configurations asymétriques — tour + cavalier vs dame, fou des cases noires dans une finale de pions, etc.
Sa contribution à Rybka 3 (2008) se concentre sur l'évaluation positionnelle, notamment les déséquilibres matériels et les transitions milieu de partie / finale. Le résultat est estimé à environ 100 Elo de gain par rapport à Rybka 2. Il sera le premier à dire honnêtement, dans son rapport dans l'ICGA Journal (2010), que Rybka jouait des matchs à handicap contre des Grand-Maîtres à des conditions où aucun programme n'avait osé jouer auparavant.
Après Rybka, Kaufman co-fonde Komodo avec Don Dailey (2009-2013) puis Mark Lefler. Komodo sera plusieurs fois champion TCEC et WCCC, et Kaufman en sera l'évaluateur principal jusqu'à nos jours. En 2008, à 60 ans, il remporte le Championnat du monde d'échecs senior en Allemagne — et obtient ainsi le titre de Grand-Maître International. C'est la seule personne au monde qui peut se prévaloir à la fois d'avoir contribué à MacHack (1967), Rybka 3 (2008) et Komodo Dragon (2020), et d'être devenu GM à un âge où la plupart des joueurs ont depuis longtemps raccroché.
Jeroen Noomen — le bibliothécaire des ouvertures
Jeroen Noomen est un expert néerlandais en livres d'ouvertures pour programmes d'échecs. Son implication dans le chess computing remonte à 1981 — il est l'un des rares membres de l'équipe Rybka dont la carrière dans ce domaine est antérieure à la naissance de Rybka d'un quart de siècle. Depuis ses débuts comme auteur pour Hegener & Glaser (les Mephisto chess computers), il a construit les livres d'ouvertures de Mephisto Polgar, Mephisto MM IV, Mephisto RISC, Rebel, Chess Tiger et Ruffian avant de rejoindre Rybka.
Son travail pour Rybka couvre du printemps 2006 au printemps 2009. Sa mission est précise et cruciale : sur les 150 parties de tournoi jouées par Rybka pendant cette période, pas une seule position de livre n'est mauvaise. Selon sa propre analyse, ses livres valent à Rybka 13 premières places nettes dans des tournois majeurs — dont deux championnats du monde ICGA. Noomen est l'homme qui comprend que dans les duels moteur-contre-moteur, se faire sortir du livre dans une position légèrement inférieure est souvent fatal. Son art est de construire un livre qui dépose Rybka dans des positions riches, complexes, favorables — et qui empêche les adversaires de faire la même chose.
Il quitte l'équipe en 2009 pour des raisons personnelles — et, selon un mot de Rajlich lui-même dans les notes de Pampelune, « a commencé à appliquer ses compétences au marché boursier — en espérant qu'il deviendra bientôt riche et reviendra à ce qui compte le plus dans la vie ». Il reviendra effectivement plus tard à la construction de livres d'ouvertures, pour son propre livre Noomen.ctg, largement distribué dans la communauté open source, et pour des éditions successives de Rebel.
Dagh Nielsen, Jiří Dufek, Nick Carlin — les successeurs du livre
Dagh Nielsen est présenté dans les sources officielles comme l'un des meilleurs joueurs de freestyle chess (centaure) du monde. Il prend le relais de Noomen pour les livres d'ouvertures Rybka à partir de 2009, avant que Jiří Dufek ne devienne l'auteur principal du livre Rybka 4 (2010). Le livre de Dufek est notable pour son approche délibérément objective : là où Noomen cherchait à donner des chances de victoire maximales à Rybka spécifiquement, Dufek vise la vérité objective des positions — « notre objectif est de créer des outils d'analyse objectifs », écrit Rajlich dans les notes de Rybka 4. Nick Carlin, qui avait géré le livre pour Pampelune 2009, représente une troisième école : méthodes algorithmiques, analyses statistiques, automatisation — « la nouvelle génération d'auteurs de livres ».
Hans van der Zijden et Lukas Cimiotti — l'opérateur et le cluster
Hans van der Zijden est l'opérateur principal de Rybka lors des championnats du monde — l'homme qui s'assoit en face des adversaires humains ou qui supervise la machine dans les tournois en déplacement. Son journal de bord des WCCC 2010 à Kanazawa (Kanazawa Diary) est l'une des seules descriptions intérieures publiées d'un championnat du monde d'échecs informatique vu de l'intérieur.
Lukas Cimiotti est l'expert hardware de l'équipe. C'est lui qui construit et administre le cluster de calcul — des centaines de cœurs de processeur — utilisé par Rybka pour ses analyses approfondies, pour les préparations d'ouvertures et pour les « matchs de préparation » qui permettaient à des champions du monde humains de préparer leurs parties avec Rybka comme assistant. En 2012, Rajlich raconte dans son interview avec ChessBase que c'est via le cluster de Cimiotti qu'il a conduit l'analyse du Gambit du Roi (l'April Fools), et que le cluster était « l'entité d'échecs la plus puissante jamais créée ».
III. 2003–2005 : La gestation — du 53e rang à la domination
L'idée centrale : la recherche comme avantage principal
La philosophie d'architecture de Rybka, telle que Rajlich l'articule dans ses premières interviews en 2005-2006, est centrée sur la recherche plutôt que sur l'évaluation. La conviction de Rajlich est que la plupart des programmes de l'époque — Shredder, Fritz, HIARCS — dépensent trop de cycles à évaluer des positions marginales, et pas assez à chercher profondément les positions qui comptent. Son objectif est un moteur de recherche extraordinairement efficace, dont l'évaluation est correcte sans être complexe, et dont la profondeur de recherche effective est supérieure à celle de tous ses concurrents.
La réalisation concrète de cette philosophie passe par une conception très particulière des arbres de recherche : Rybka utilise aggressive pruning — un élagage agressif des branches non prometteuses — ce qui produit des arbres de recherche très asymétriques. Là où d'autres programmes cherchent de manière plus uniforme, Rybka concentre ses ressources sur les branches qui semblent les plus prometteuses. Cette approche génère des controverses sur le comptage de nœuds — les statistiques de Rybka sont difficiles à comparer avec celles d'autres programmes — mais le résultat en force de jeu est incontestable.
La structure bitboard — une représentation du plateau par des entiers de 64 bits, un bit par case — donne à Rybka un avantage d'environ 60 % en vitesse de traitement dans sa version 64 bits par rapport à sa version 32 bits. C'est une différence architecturale fondamentale à l'époque, quand le marché passait de processeurs 32 bits à 64 bits.
CCT6, janvier 2004 : 53e sur 54
Le premier tournoi officiel de Rybka — la CCT6 Computer Chess Tournament de janvier 2004 — donne un résultat sans ambiguïté : 53e place sur 54 participants. Un point marqué, cinq défaites, trois nulles. Le seul programme battu est le dernier du classement, qui n'avait pas encore marqué de point.
Ce résultat est documenté avec quelque chose que l'on pourrait appeler de l'humour stoïque dans toutes les chroniques biographiques de Rajlich. Il ne s'en est jamais caché. C'est le point de départ. Ce qui le distingue de la plupart des programmeurs qui abandonnent après un tel début, c'est qu'il voit dans ce résultat non pas un échec mais une mesure : voici où je suis. Voici la distance à parcourir. Il repart travailler.
Décembre 2005 : la bêta libre, le choc
Le 2 décembre 2005, Vasik Rajlich poste sur le forum Computer Chess Club : « Rybka 1.0 beta release - need testers. » Le lendemain, les premiers tests tournent. Le surlendemain, les premières listes de rating commencent à circuler. En quelques jours, la communauté du chess computing est sous le choc.
Rybka 1.0 beta est un programme avec des bugs — notamment en finale — mais son niveau de jeu en milieu de partie est immédiatement supérieur à tout ce qui existe. Les tests informels la placent 50 à 100 Elo au-dessus de Shredder et Fritz sur matériel équivalent. Le 5 décembre, Rajlich rédige l'annonce officielle. Le 6 décembre, les premières questions arrivent sur CCC : « Is Rybka a Fruit clone ? ». La controverse naît le lendemain de la naissance du programme.
Chrilly Donninger — l'auteur de Nimzo et Hydra, l'un des experts les plus respectés de la communauté — intervient rapidement pour défendre Rybka : « Rybka uses PVS and not MTD(f). Its no Fruit-Clone. » Cette caution d'un expert reconnu clôt provisoirement le débat. Temporairement. Donninger lui-même dira autre chose deux ans plus tard.
Le premier titre : Paderborn IPCCC 2005 (5,5/7)
Quelques semaines après sa mise en ligne, Rybka 1.0 beta joue le 15e championnat international de Paderborn — son premier tournoi officiel. Elle le remporte avec 5,5 points sur 7, devançant Shredder, Gandalf, Zappa, Fruit. C'est la première victoire d'un programme anonymement distribué sur internet, sans budget institutionnel, sans hardware spécial. La communauté retient son souffle.
IV. 2006 : La domination s'installe — 2902 Elo et la question du plafond
En janvier 2006, la SSDF — la liste de rating suédoise, référence mondiale pour les programmes d'échecs — publie son évaluation de Rybka 1.2 sur un processeur Athlon 1200 MHz. Le résultat : 2902 Elo. C'est la première fois dans l'histoire qu'un programme dépasse la barre des 2900 sur une liste de rating officielle. Le mur psychologique est franchi.
Pour contextualiser : 2900 Elo, c'est le niveau de Kasparov à son apogée. C'est supérieur au rating de n'importe quel joueur humain en activité à l'époque. Et Rybka l'atteint sur un processeur ordinaire — pas sur un supercalculateur, pas sur du hardware customisé, mais sur un Athlon à 1,2 GHz accessible à n'importe quel utilisateur. Le message est clair : le fossé entre les meilleurs programmes et les meilleurs humains est désormais si vaste qu'il n'y a plus de match possible. Il n'y a que des questions de handicap.
En février 2006, Rybka gagne la CCT8 avec un score de 8/9 sans défaite. En mai, elle remporte le tournoi de Leiden ICT6 avec 8,5/9. En juin, le Freestyle — le tournoi qui permet des équipes humain+machine — voit tous les huit qualifiés en finale être des équipes jouant avec Rybka. L'hégémonie est totale.
Au WCCC de Turin (mai 2006), Rybka joue sous le nom « Rajlich » et termine 2e ex-æquo avec Shredder — derrière Junior qui remporte le titre. Ironie historique : le seul WCCC de cette période que Rybka ne remporte pas est aussi le seul pour lequel ses titres ne seront pas contestés. En 2006, le Dutch Open — DOCCC — se termine par un score parfait : 9/9.
V. L'équipe se forme — Kaufman rejoint (2007) et la série de handicaps
Larry Kaufman rejoint l'équipe en janvier 2007
Le recrutement de Kaufman marque une inflexion dans la stratégie de Rajlich. Jusqu'en 2006, l'évaluation de Rybka est entièrement l'œuvre de Vasik seul — une évaluation volontairement minimaliste, axée sur les principes positionnels larges. En recrutant Kaufman, Rajlich ajoute à son équipe l'homme dont les recherches académiques sur la valeur des pièces sont les plus rigoureuses du monde. L'objectif est explicite : affiner l'évaluation des déséquilibres matériels, particulièrement dans les transitions milieu de partie / finale.
Kaufman résume son rôle dans ses mémoires (Chess Board Options, New In Chess, 2021) : « J'ai travaillé sur Rybka 3 et sur la Rybka suivante (4), en charge de la fonction d'évaluation. Mon objectif était d'incorporer mes recherches sur les déséquilibres de matériel directement dans le moteur. » Le résultat est estimé à +100 Elo pour Rybka 3 par rapport à Rybka 2 — un gain exceptionnel pour un seul cycle de développement.
La série des matchs à handicap : Rybka contre les Grand-Maîtres
C'est Kaufman qui, à partir de début 2007, organise et rapporte une série de matchs à handicap sans précédent dans l'histoire du chess computing. L'idée est simple : puisque Rybka est trop forte pour jouer à armes égales avec les meilleurs humains, à quel handicap matériel peut-elle jouer tout en restant compétitive ?
En mars 2007, Rybka donne un pion-et-trait au Grand-Maître Jaan Ehlvest (2630 Elo) sur huit parties. Résultat : 5,5-2,5 pour Rybka. Puis vient le match contre GM Joel Benjamin (l'ancien consultant de Deep Blue) — Rybka donne différents pions, Benjamin joue Blanc dans toutes les parties. Résultat : 4,5-3,5 pour Rybka.
En mars 2008, Rybka donne pion-et-trait au GM Roman Dzindzichashvili (2548 Elo, autrefois dans le Top 10 mondial). Les huit parties — Dzindzichashvili Blanc à chaque fois, sans un pion différent pour Rybka — se terminent 4-4. Puis, en avril 2008, une expérience différente : Rybka joue contre le même Ehlvest dans le match baptisé « Everything but a pawn » — Rybka sans livre d'ouvertures, avec hash réduit, sans tables de finale, avec la moitié du temps de réflexion. Score final : 4,5-1,5 pour Rybka.
Ces matchs sont importants pour deux raisons. D'abord, ils établissent empiriquement l'écart entre Rybka et les meilleurs humains — un écart si large qu'il nécessite des handicaps de pion pour créer une compétition équilibrée. Ensuite, ils signalent à la communauté du chess computing que le projet de Rajlich n'est pas simplement de gagner des tournois informatiques : c'est de mesurer et de démontrer la supériorité de la machine sur l'humain dans les conditions les plus défavorables possible.
VI. 2007–2010 : Quatre titres mondiaux consécutifs — la domination absolue
WCCC Amsterdam 2007 : le premier titre
Le 15e Championnat du Monde d'Informatique d'Échecs se joue à Amsterdam en juin 2007. Rybka joue sous le nom « Rajlich ». Elle remporte 10 parties sur 11, battant notamment Shredder dans la dernière ronde décisive. Zappa termine 2e, Look 3e. Junior et Fritz — les deux programmes sponsorisés par ChessBase, la future maison d'édition de Rybka — ne participent pas.
C'est la première victoire de Rybka au WCCC, et la première d'une série que personne dans la communauté n'avait anticipée de cette ampleur. Quatre titres consécutifs — 2007, 2008, 2009, 2010 — sont à ce jour un record dans l'histoire des championnats du monde d'échecs informatiques, qu'il s'agisse de la version annulée ou de la version officielle.
WCCC Pékin 2008 : 8/9
Le 16e WCCC se joue à Pékin en octobre 2008, en marge des Jeux Olympiques. Rybka remporte 8 parties sur 9. Le livre d'ouvertures est celui de Jeroen Noomen, qui atteint avec ce tournoi la perfection qu'il s'était fixée comme objectif : pas une seule position défavorable à la sortie du livre sur l'ensemble des parties. HIARCS, après que Rybka soit disqualifiée, sera déclaré champion de 2008.
WCCC Pampelune 2009 : 8/9
Le 17e WCCC se joue à Pampelune, Espagne, en mars 2009. Rybka remporte à nouveau 8/9. C'est le dernier tournoi avec le livre de Noomen — il part peu après. C'est aussi le tournoi où IPPOLIT, le programme anonyme que Rajlich accuse d'être une décompilation de Rybka, est sur le point d'être publié. La tension dans la communauté monte.
WCCC Kanazawa 2010 : 8/9 — le dernier titre
Le 18e WCCC se joue à Kanazawa, Japon. Rybka 4 remporte 8/9. La blitz est également gagnée avec 8/9. Hans van der Zijden, l'opérateur, tient un journal de bord quotidien publié sur le forum Rybka — le seul témoignage intérieur direct de ce championnat.
C'est le dernier titre. Quelques mois plus tard, les premiers articles de fond sur la controverse ICGA seront publiés. Neuf mois après Kanazawa, le bannissement sera prononcé.
VII. Le style Rybka — ce que la machine changeait dans la façon de jouer
La recherche profonde et ses conséquences stylistiques
Les commentateurs de l'époque notent que Rybka joue différemment des autres programmes. Ce n'est pas immédiatement évident dans les parties contre d'autres moteurs — là, Rybka gagne souvent en exploitant des erreurs finales, avec une précision froide. Mais dans les parties contre des humains, et particulièrement dans les matchs à handicap, quelque chose d'autre apparaît.
Rybka tend à simplifier les positions. Là où Fritz ou Junior cherchent des complications tactiques — des positions où leur vitesse de calcul donne un avantage maximal — Rybka préfère des positions où sa profondeur de compréhension positionnelle l'emporte. Elle accumule de petits avantages, elle évite les sacrifices mal calculés, elle joue solidement. C'est le résultat direct de la philosophie de Rajlich : une évaluation correcte et une recherche profonde, plutôt qu'une évaluation complexe et une recherche limitée.
La communauté des grands analyseurs — les joueurs qui utilisent Rybka comme outil d'analyse plutôt que comme adversaire — va rapidement s'apercevoir que Rybka est différente des autres programmes dans ses suggestions de coups. Elle voit des finales que les autres ne voient pas. Elle évalue des positions de milieu de partie avec une précision qui surprend même des Grand-Maîtres habituellement indifférents aux appréciations des programmes.
Le nœud de comptage — la controverse technique fondamentale
L'une des questions techniques les plus débattues dans la communauté concerne le comptage de nœuds de Rybka. La statistique « nœuds par seconde » est l'unité habituelle de comparaison de vitesse entre programmes. Or, Rybka affiche des chiffres de nœuds par seconde beaucoup plus faibles que ses concurrents — parfois dix fois moins.
Rajlich explique cela par son choix de compter différemment ce qu'il appelle un « nœud » : sa définition interne du nœud est plus large que la définition standard. En réalité, ce que la communauté finit par comprendre, c'est que l'élagage agressif de Rybka — son refus d'explorer les branches non prometteuses — réduit mécaniquement le nombre de positions traitées. Elle ne cherche pas moins. Elle cherche mieux.
Cette question du comptage de nœuds sera citée dans les arguments de l'ICGA comme l'une des preuves circonstancielles de la « déviance » de Rybka par rapport aux implémentations standard de la recherche alpha-bêta — soit en raison de ses racines dans Fruit, soit en raison d'une implémentation intentionnellement obscure. Rajlich n'a jamais cédé sur ce point.
VIII. La controverse — Fruit, Crafty, l'ICGA, et la question non résolue
Les origines de la controverse : décembre 2005
La question « Rybka est-il un clone de Fruit ? » est posée publiquement le 6 décembre 2005 — le lendemain de l'annonce officielle de Rybka 1.0 beta. Elle est posée non par un rival jaloux mais par un utilisateur de bonne foi qui a remarqué des similitudes dans le style de jeu. Chrilly Donninger répond immédiatement : non, ce n'est pas un clone. Il cite une différence algorithmique fondamentale (PVS vs MTD(f)). La question est provisoirement close.
Mais un élément va rester dans les mémoires : dans une interview de décembre 2008 avec Alexander Schmidt, Rajlich dit lui-même : « La publication de Fruit 2.1 a été immense. […] Je suis passé au code source de Fruit 2.1 dans tous les sens et j'ai pris beaucoup de choses. […] Si je devais vraiment donner un chiffre — mon estimation approximative est que Rybka serait 20 points Elo plus faible si Fruit n'était pas apparu. » Cette déclaration, prise isolément, semble qualifier une influence d'idées et d'architecture générale — ce que font tous les programmeurs. Mais dans le contexte des investigations ultérieures, elle sera lue comme un aveu partiel.
Strelka (2007) — la mise en abyme
En mai 2007, un moteur nommé Strelka (flèche en russe) est publié par Yuri Osipov. Les analyses montrent rapidement que Strelka produit des évaluations presque identiques à Rybka dans un grand nombre de positions, avec les mêmes bugs et les mêmes faiblesses. Osipov affirme que Strelka est dérivé de Fruit, pas de Rybka.
Rajlich réclame alors la propriété du code source de Strelka — affirmant que Strelka est une décompilation de Rybka 1.0 beta. Il menace de republier le code sous son nom. Puis il se rétracte.
Cette mise en abyme est vertigineuse : Rajlich accuse Osipov d'avoir décompilé Rybka pour créer Strelka. Letouzey affirme que Strelka est un dérivé de Fruit. La conclusion logique — que Rajlich refuse d'admettre explicitement mais que le syllogisme impose — est que si Strelka est dérivé de Fruit ET de Rybka, c'est peut-être que Rybka elle-même est partiellement dérivée de Fruit.
IPPOLIT et les Décembristes (2009)
En mai 2009, quelques semaines après le WCCC de Pampelune, un groupe de programmeurs anonymes se désignant comme « les Décembristes » publie IPPOLIT — un programme d'échecs open source d'une force comparable à Rybka 3. Le code source ressemble à la sortie d'un décompilateur. Le style de jeu est proche de celui de Rybka 3.
Rajlich affirme publiquement qu'IPPOLIT est une décompilation de Rybka, et que certains des auteurs le lui ont confirmé par email. Aucune poursuite judiciaire n'est engagée. Aucune preuve directe n'est publiée. La communauté est profondément divisée : certains voient dans IPPOLIT une vengeance légitime de ce que Rajlich aurait lui-même fait à Letouzey. D'autres pensent que l'accusation de Rajlich est exacte et que les Décembristes ont joué le jeu de la décompilation symétrique.
La lettre de Letouzey (janvier 2011) et la coalition des programmeurs
Le 23 janvier 2011, Fabien Letouzey — l'auteur de Fruit, qui s'était retiré de la communauté depuis 2005 — publie une lettre ouverte. Après cinq ans de silence, il demande publiquement des éclaircissements sur la relation entre Rybka et Fruit. Ce retour d'un acteur central referme l'espace de déni.
Dans les semaines suivantes, Mark Watkins (chercheur à l'Université de Sydney) publie un rapport technique détaillé. Sa conclusion principale : 74,4 % d'overlap structurel entre Rybka 1.0 beta et Fruit 2.1. Les éléments d'évaluation — tables de structure de pions, handling des pions isolés et passés, évaluation du roi — montrent des correspondances qui ne s'expliquent pas par une simple influence d'idées.
En mars 2011, une lettre ouverte signée par 14 programmeurs est adressée à l'ICGA : Letouzey, Wegner, Hyatt (auteur de Crafty), Dailey (co-auteur de Komodo), Cozzie (auteur de Zappa), et dix autres. Ils demandent une investigation formelle. L'ICGA constitue un panel.
La réponse de Rajlich — mai 2011
Le panel ICGA invite Rajlich à soumettre ses commentaires sur les conclusions préliminaires. Il répond par un courriel de deux paragraphes daté du 13 mai 2011. Sa position : « Rybka ne contient pas de code de jeu écrit par d'autres personnes, en dehors des exceptions établies qui ne comptent pas comme code de jeu. […] La vague formule dérivé du code de jeu écrit par d'autres personnes ne s'applique pas à Rybka, à mon sens. »
Ce courriel n'est pas une défense technique. Ce n'est pas une réfutation des analyses de Watkins. Ce n'est pas une offre de fournir le code source — condition qui aurait pu dissiper tous les doutes. C'est une négation abstraite. Et dans une affaire où les preuves techniques sont détaillées, une négation abstraite ne convainc personne.
Le verdict ICGA — 28 juin 2011 : 5-0 contre Rybka
Le 28 juin 2011, le conseil de l'ICGA vote 5 voix contre 0 en faveur de la disqualification de Rybka de tous les WCCC de 2007 à 2010 inclus, et du bannissement à vie de Vasik Rajlich. Les titres sont annulés et redistribués : 2007 à Zappa, 2008 à HIARCS, 2009 à Junior/Shredder/Deep Sjeng ex-æquo, 2010 à Rondo/Thinker ex-æquo. L'ICGA exige le retour des quatre trophées Shannon et des prix en espèces.
La décision est annoncée dans la presse mondiale. CNN, Wired, le Washington Times couvrent l'histoire — qui sort pour la première fois des cercles de la programmation d'échecs pour entrer dans le mainstream technologique.
La contre-offensive — Riis, ChessBase, et l'appel FIDE
En janvier 2012, le Dr Søren Riis de la Queen Mary University of London publie un article de 31 pages sur ChessBase remettant en question les conclusions de l'ICGA. Sa thèse principale : les preuves techniques présentées par le panel sont en partie erronées ou mal interprétées, la composition du panel inclut des concurrents directs de Rybka qui ont bénéficié de son exclusion, et la sanction est disproportionnée.
Mark Watkins répond avec une contre-analyse technique. David Levy publie sa propre réponse. ChessBase — qui a entre-temps signé un accord avec Rajlich pour intégrer Rybka dans Fritz 15 — publie massivement en faveur de Rajlich. La CSVN (fédération néerlandaise) refuse d'appliquer les sanctions et exprime de « sérieux doutes » sur la légitimité du processus.
En 2012, Rajlich dépose une plainte formelle auprès de la Commission d'Éthique FIDE. En octobre 2015, la Commission rend son verdict : l'ICGA n'a pas violé le code d'éthique FIDE et son investigation était légitime — mais le bannissement à vie de Rajlich manquait d'une base légale suffisante et de garanties procédurales adéquates. L'ICGA est sanctionné d'un avertissement. Le bannissement n'est pas levé.
La question de savoir si Rybka était ou n'était pas substantiellement dérivée de Fruit reste — au sens technique et juridique strict — non résolue publiquement, en l'absence du code source de Rybka. Ce que les analyses de Watkins ont prouvé de façon convaincante pour la plupart des observateurs indépendants, Rajlich n'a jamais admis ni réfuté avec des preuves directes.
IX. Rybka après la chute — Fritz 15, Fritz 16, et la suite
La fusion avec Fritz : une forme de continuité
En 2015, Rajlich signe un accord avec ChessBase pour intégrer son moteur dans la ligne Fritz. Fritz 15, sorti en octobre 2015, utilise un moteur Rybka mis à jour comme moteur principal. Fritz 16 suit en novembre 2017. Rajlich est crédité comme auteur principal des deux versions.
Cette transition a une logique commerciale et humaine. Interdit de toute compétition ICGA, Rajlich ne peut plus protéger ni améliorer Rybka dans un cadre compétitif. Le partenariat avec ChessBase lui offre une plateforme de distribution massive — les utilisateurs de Fritz sont des millions. Et il lui permet de continuer à coder un moteur d'échecs sans avoir à participer aux compétitions qui lui sont fermées.
Pour ChessBase, l'accord est une façon de s'assurer la contribution d'un programmeur dont les capacités techniques ont produit le programme le plus dominant de l'histoire du chess computing. La polémique sur les origines de Rybka 1.0 n'efface pas ce fait : quelqu'un avait construit quelque chose d'extraordinaire, et cette compétence ne s'était pas évaporée avec le verdict de l'ICGA.
L'April Fools du Gambit du Roi — un dernier éclat
En avril 2012 — entre la disqualification et la publication des articles Riis — Rajlich collabore avec la rédaction de ChessBase pour l'un des April Fools les plus célèbres de la communauté d'échecs. L'article, daté du 1er avril, affirme que Rajlich a utilisé le cluster Cimiotti — 3 000 cœurs pendant quatre mois — pour analyser exhaustivement le Gambit du Roi (1.e4 e5 2.f4 exf4) et en a trouvé la réfutation : le seul coup qui tient la nulle pour les Blancs est 3.Fe2, toutes les autres options perdent par force.
L'article est convaincant, techniquement détaillé, et signé de Rajlich avec une interview approfondie. Pendant quelques heures, une partie de la communauté le prend au sérieux. La révélation que c'est un poisson d'avril — orchestrée avec la complicité active de Rajlich lui-même — dit quelque chose d'intéressant sur l'homme : il a l'humour de ceux qui peuvent rire d'eux-mêmes, même dans leur période la plus difficile.
X. L'héritage technique — ce que Rybka a apporté au chess computing
L'influence sur la philosophie de recherche
L'impact de Rybka sur la philosophie de recherche dans le chess computing est documenté même par ses adversaires. La démonstration qu'une recherche sélective agressive — moins de nœuds mais mieux choisis — pouvait surpasser une recherche exhaustive plus rapide en termes absolus a influencé la génération suivante d'engines. Houdini, qui détrôna Rybka vers 2011, utilisait une architecture similaire dans son approche sélective.
La notion de « recherche efficace » par opposition à « recherche rapide » est devenue un paradigme dans la communauté post-Rybka. Stockfish, dans ses versions modernes, utilise une combinaison de recherche profonde et d'évaluation NNUE (réseau de neurones) qui réalise ce que Rybka cherchait avec d'autres moyens : maximiser la pertinence de chaque nœud exploré.
La contribution de Kaufman — au-delà de Rybka
La contribution de Larry Kaufman à Rybka 3 est aussi une contribution à la communauté entière. Les principes d'évaluation des déséquilibres matériels qu'il a développés dans son article de 1999 — et raffinés dans son travail pour Rybka — ont été incorporés dans la plupart des moteurs forts de la génération suivante. Komodo, qu'il co-crée après Rybka, appliquera les mêmes principes avec une implémentation différente. Stockfish, dans ses versions manuellement tunées, reflète une compréhension des déséquilibres de matériel qui doit beaucoup aux travaux de Kaufman.
Le livre Noomen — un héritage open source
Après avoir quitté l'équipe Rybka, Jeroen Noomen a continué à publier des livres d'ouvertures gratuits sous le nom « Noomen.ctg ». Ces livres, régulièrement mis à jour, sont devenus des standards dans la communauté open source du chess computing. Les « Noomen Opening Suites » — des ensembles de positions de test pour les matchs moteur-contre-moteur — sont utilisés dans la TCEC et d'autres tournois importants. L'héritage technique de Noomen dépasse largement le cadre de Rybka.
XI. L'héritage culturel — ce que Rybka a changé dans la conscience collective
La fin de la domination humaine
Rybka n'a pas été le premier programme à battre des humains — Deep Blue l'avait fait en 1997. Mais Rybka a rendu cette supériorité banale, quotidienne, accessible. Avec Rybka 1.2 à 2902 Elo sur un processeur ordinaire, pour la première fois, un amateur pouvait acheter un programme d'analyse qui surpassait Kasparov. Le poker de l'analyse était terminé : la machine voyait mieux que le Grand-Maître, et tout le monde pouvait le voir.
Cette démocratisation de la supériorité computationnelle a transformé la relation entre les joueurs d'échecs professionnels et les programmes. Avant Rybka, les GM utilisaient Fritz ou Shredder comme « sparring partners » et savaient qu'ils pouvaient battre le programme dans certaines positions. Après Rybka, cette illusion disparaît. Les GM utilisent les moteurs comme des oracles : ils demandent ce qui est vrai, ils ne discutent plus avec la réponse.
La domination comme question d'éthique
La controverse Rybka a forcé la communauté du chess computing à poser une question qu'elle évitait depuis des années : que signifie « original » dans un domaine où chaque programme s'inspire des autres, où les algorithmes de recherche se propagent via des articles académiques et des codes sources ouverts, où la frontière entre « inspiration », « dérivation » et « plagiat » est techniquement et légalement floue ?
L'article de Søren Riis (2012) et sa suite académique dans Entertainment Computing (2014) posent cette question avec rigueur. La réponse qu'il propose — que la règle ICGA est trop vague pour être appliquée de façon cohérente — est partiellement acceptée même par des partisans du verdict, dont David Levy lui-même. La Commission FIDE en tire une conclusion pratique : l'ICGA doit modifier ses statuts. Ce travail est en cours.
La controverse Rybka est ainsi devenue un cas d'école dans la jurisprudence du chess computing — et plus largement dans celle des logiciels open source et de la propriété intellectuelle algorithmique. Elle est citée dans des cours de droit informatique et dans des articles académiques sur la GPL.
Le prix de la domination
Il y a une ironie structurelle dans l'histoire de Rybka. Le programme qui a dominé plus longtemps, plus totalement, et avec une marge plus grande que n'importe quel autre dans l'histoire du WCCC, est aussi le seul à s'être vu retirer ses titres. Les champions officiels 2007-2010 — Zappa, HIARCS, Junior/Shredder/Deep Sjeng, Rondo/Thinker — sont des équipes qui n'ont jamais prétendu à ce titre à l'époque. Ils les portent maintenant dans leurs palmarès officiels.
C'est le paradoxe final de Rybka : une domination si absolue qu'elle ne peut être remise en cause sportivement, seulement administrativement. Et une question d'origine si controversée qu'elle ne sera peut-être jamais définitivement tranchée.
XII. Où sont-ils maintenant ?
Vasik Rajlich vit à Varsovie avec Iweta. Interdit de toute compétition ICGA à vie, il a maintenu une présence discrète dans la communauté du chess computing depuis 2017. Aucun projet public majeur n'est documenté depuis Fritz 16.
Iweta Rajlich (née Radziewicz) est toujours active dans les tournois d'échecs polonais, bien que moins souvent au plus haut niveau. Son dernier tournoi documenté dans les sources disponibles remonte à 2021 (championnat de Pologne féminin). Elle continue à résider à Varsovie.
Larry Kaufman, né en 1947, est toujours actif à 76 ans en 2026. Il reste co-auteur de Komodo Dragon (avec Mark Lefler) et continue à jouer dans les tournois seniors. Son dernier livre, Chess Board Options (New In Chess, 2021), est une mémoire de 60 ans de chess computing, de MacHack (1967) à Komodo Dragon (2020), avec des anecdotes sur Rybka, Fischer, Kasparov et la joueuse américaine qui aurait inspiré Beth Harmon dans The Queen's Gambit — son ancienne petite amie.
Jeroen Noomen continue à publier des mises à jour de son livre d'ouvertures Noomen.ctg en open source, et à construire les livres des superfinals TCEC en collaboration avec Matthew Sadler. Il reste l'une des figures les plus actives de la scène des livres d'ouvertures pour moteurs.
Hans van der Zijden, Jiří Dufek et Lukas Cimiotti sont moins présents dans les sources publiques récentes. La communauté Rybka Forum a considérablement réduit son activité depuis 2015.
XIII. Palmarès final
Programme
Année
Palmarès / Événement
Rybka 1.0 betaDéc. 20051er Paderborn IPCCC 2005 (5,5/7) — première apparition publique fracassante
Rybka 1.1Fév. 2006Champion CCT8 (8/9 sans défaite)
Rybka 2.22006Champion Leiden ICT6 (8,5/9) ; Champion DOCCC 2006 (9/9 score parfait)
Rybka 2.x2006WCCC Turin : 2e ex-æquo avec Shredder (derrière Junior)
Rybka 2.xDéc. 2006Champion 16e Paderborn IPCCC (6,5/7)
Rybka 3.0Juin 2007Champion WCCC Amsterdam (10/11) — 1er titre mondial ; bat Shredder en dernière ronde
Rybka 3.02007Champion DOCCC 2007 (8/9) ; Champion CCT9 (6/7)
Rybka 3.xMar. 2008Match à handicap vs Dzindzichashvili (pion et trait) : 4-4
Rybka 3.xAvr. 2008Match vs Ehlvest (Everything but a pawn) : 4,5-1,5
Rybka 3.xOct. 2008Champion WCCC Pékin (8/9) — 2e titre mondial
Rybka 3.xNov. 2008Champion DOCCC 2008 (9/9 score parfait)
Rybka 3.xJan. 2008Champion CCT10 (5,5/7 ex-æquo)
Rybka 4.0Mar. 2009Champion CCT11 (7,5/9)
Rybka 4.0Mai 2009Champion WCCC Pampelune (8/9) — 3e titre mondial
Rybka 4.02009-2010Champion World Computer Speed Chess Championship
Rybka 4.02009Rated #1 SSDF : 3232 Elo (Deep Rybka 3.2 GB Q660 2,4 GHz)
Rybka 4.0Mai 2010Champion WCCC Kanazawa (8/9) — 4e titre mondial consécutif
Rybka 4.02010Champion Leiden ICT 2010 (8/9)
—Juin 2011DISQUALIFIÉE et bannie par l'ICGA — titres 2007-2010 annulés
XIV. Tableau chronologique
Année
Événement
Version
Notes
Jan. 2003Vasik Rajlich commence à développer son moteurproto-RybkaTravaille seul à Ann Arbor, Michigan
Jan. 2004CCT6 : 53e/54 — un seul point marquépré-1.0Bat uniquement le dernier classé (0 point)
Avr. 2004Chess War V : 23epré-1.0Progression visible mais moteur encore faible
Déc. 2005Rybka 1.0 beta librement diffusée — choc immédiat dans la communauté1.0 betaPubliée le 2 décembre 2005 ; questions clone Fruit le 6 déc.
Déc. 20051er Paderborn IPCCC 2005 (5,5/7) — première victoire en tournoi officiel1.0 betaDevance Shredder, Gandalf, Zappa, Fruit
Jan. 2006Rybka 1.2 sur SSDF : 2902 Elo — première fois qu'un programme dépasse 29001.2Record absolu sur toute liste de rating informatique
Fév. 2006CCT8 : 8/9 sans défaite1.1
Avr. 2006PAL/CSS Freestyle : 1re place (unaided Rybka 1.1)1.1Tous les 8 qualifiés en finale étaient des équipes Rybka
Mai 2006Leiden ICT6 (8,5/9)2.2Devance Sjeng, Gandalf, Shredder
Mai 2006WCCC Turin : 2e ex-æquo avec Shredder (Junior 1er)2.xSous le nom « Rajlich »
Déc. 200616e Paderborn IPCCC : 6,5/72.x
Déc. 2006SSDF : 1er programme à passer 2900 sur liste officielle2.2
Jan. 2007GM Larry Kaufman rejoint l'équipe Rybka→ 3.xChargé de la fonction d'évaluation
Mar. 2007Match handicap vs GM Jaan Ehlvest (odds de pion) : victoire 5,5-2,53.0 prv
Fév. 2007CCT9 : 6/72.x
Mai 2007Leiden ICT7 : 7,5/93.x
Juin 2007WCCC Amsterdam : 10/11 — 1er champion mondial3.0Bat Shredder en dernière ronde ; 2e : Zappa, 3e : Look
Juil. 2007Strelka 1.0 publié — allégation de clone Rybka 1.0 beta—Auteur Yuri Osipov affirme : dérivé de Fruit
Avr. 2007Open letter 100 000 $ challenge à FIDE (Fritz ou Junior)3.xRajlich défie publiquement les programmes FIDE
Sep. 2007Match vs Zappa : défaite 4,5-5,5 (deux parties historiques)3.0« Pire gaffe du chess informatique moderne » (v.71)
Mar. 2008Match handicap vs Dzindzichashvili (pion et trait) : 4-43.0Rapport Kaufman dans ICGA Journal
Aoû. 2008Rybka 3 officielle3.0Avec évaluation Kaufman — +100 Elo estimés
Oct. 2008WCCC Pékin : 8/9 — 2e titre mondial3.x
Nov. 2008DOCCC 2008 : 9/9 score parfait3.x
Déc. 2008Rajlich : « La publication de Fruit 2.1 a été immense »—Interview Alexander Schmidt — aveu clé
Mai 2009WCCC Pampelune : 8/9 — 3e titre mondial4.0 prv
Mai 2009IPPOLIT publié par les « Décembristes » anonymes—Rajlich accuse : décompilation de Rybka
2009SSDF #1 mondial : 3232 Elo3.2 Deep
Jan. 2010TCEC : 2e derrière Houdini4.0Houdini commence à menacer la domination
Mai 2010Rybka 4 officielle4.0SMP amélioré ; sans DRM
Mai 2010WCCC Kanazawa : 8/9 — 4e titre mondial consécutif4.0Dernier titre ; suivis : Rondo, Thinker
Jan. 2011Lettre ouverte de Fabien Letouzey — rupture de silence après 5 ans—Ouvre officiellement le dossier GPL
Fév. 2011Rapport Watkins : 74,4 % overlap structurel Rybka 1.0 beta / Fruit 2.1—Analyse technique publiée sur OpenChess
Mar. 2011Lettre ouverte de 14 programmeurs à l'ICGA—Dont Letouzey, Wegner, Hyatt, Dailey, Cozzie
Mar. 2011ICGA constitue le Clone and Derivative Investigation Panel—Présidé par David Levy
Mai 2011Rajlich répond par email à Levy : déni bref, sans preuve technique—Refus de fournir le code source
Juin 2011ICGA vote 5-0 : Rybka bannie à vie, 4 titres annulés—28 juin 2011 — décision définitive
Aoû. 2011CSVN (Fédération néerlandaise) refuse d'appliquer les sanctions—Doutes sur la légitimité du processus
Jan. 2012Rajlich répond publiquement à ses accusateurs (YouTube)—Premier affrontement direct avec Wegner et autres
Jan. 2012Dr Søren Riis publie un contre-article de 31 pages (ChessBase)—Allégations de preuves fabriquées par l'ICGA
Avr. 2012April Fools : Busting the King's Gambit (ChessBase + Rajlich)—Prank célèbre — Rajlich affirme avoir réfuté 1.e4 e5 2.f4
2012Rajlich porte plainte à la Commission d'Éthique FIDE—Co-signé Riis, Schröder, Whittington
Oct. 2015Commission d'Éthique FIDE : l'ICGA a respecté l'éthique mais le bannissement à vie manque de base légale—ICGA sanctionné d'un avertissement
Oct. 2015Rybka fusionne avec Fritz 15 (ChessBase)Fritz 15Rajlich auteur principal de Fritz 15 et 16
Nov. 2015Fritz 15 sortiFritz 15Avec moteur Rybka
Nov. 2017Fritz 16 sortiFritz 16Dernière contribution publique connue de Rajlich
2026Rajlich à bas profil ; interdit de compétitions ICGA à vie—Vit à Varsovie avec Iweta
XV. Anecdotes et faits marquants
53e sur 54 — et le prix de la persévérance : Le premier tournoi de Rybka (CCT6, janvier 2004) la classe 53e sur 54. Deux ans plus tard, elle classe tous les programmes du monde derrière elle. Aucune autre trajectoire dans l'histoire du chess computing n'est aussi radicale dans sa progression. La question que personne ne peut répondre avec certitude est simple : qu'est-il passé entre CCT6 et Paderborn 2005 ? La réponse officielle est « deux ans de travail intensif ». La question officieuse que la controverse ICGA a rendue inévitable est : était-ce uniquement du travail de Rajlich seul ?
« Rybka » — le secret du nom : Quand un journaliste demande à Rajlich : « Avez-vous choisi le nom Rybka parce que votre programme vous échappe des mains comme un petit poisson ? » — il répond : « Pour le nom Rybka, je suis désolé mais cela restera mon secret personnel. » Ce refus charmant de l'explication est à l'image de l'homme : il protège les détails qui lui appartiennent, même les plus innocents.
Le couple et la machine : L'histoire de Vasik et Iweta Rajlich est l'une des rares histoires dans l'informatique d'échecs où le programme et la vie personnelle de son créateur sont intimement liés. Vasik développe Rybka seul entre 2003 et 2005. Il rencontre Iweta en 2006 — l'année de la première explosion de Rybka dans les classements. Ils se marient en août 2006. Iweta devient la testeuse principale. Rybka 3, sa version la plus aimée par les analyseurs professionnels, sort en 2008 — deux ans après leur mariage. La corrélation n'est pas une coïncidence.
Kasparov et Rybka — une rencontre avortée : Après avoir défié publiquement Deep Blue en 1996-1997 et été battu en 1997, Kasparov avait joué contre plusieurs programmes dans les années 2000 — avec des résultats mitigés. Avec Rybka, il n'y eut jamais de match officiel. L'open letter de Rajlich en 2007, offrant 100 000 dollars à Fritz ou Junior, était dirigée vers les programmes FIDE — pas vers un match Kasparov/Rybka. Cette partie qui ne fut jamais jouée reste l'une des occasions manquées de l'histoire du chess computing.
Le « pire gaffe du chess informatique moderne » : Au match de septembre 2007 entre Rybka et Zappa (5,5-4,5 pour Zappa), la partie 9 est restée dans les annales. Rybka est 3 pions d'avance avec une position entièrement gagnée au coup 71. Elle joue alors une gaffe qui permet à Zappa de forcer une nulle par fous de couleurs opposées. Les commentateurs la qualifient de « pire gaffe du chess informatique moderne ». Anthony Cozzie, l'auteur de Zappa, remercie son opérateur Erdogan Gunes pour avoir eu le sang-froid de rester jusqu'à la fin plutôt que de proposer la nulle — ce que le résultat final de la position semblait imposer. C'est un rappel que même le programme dominant peut avoir des angles morts inexplicables.
Larry Kaufman et l'ancienne petite amie de Fischer : Dans Chess Board Options (2021), Kaufman révèle que la joueuse d'échecs américaine qui aurait inspiré l'auteur Walter Tevis pour créer le personnage de Beth Harmon dans The Queen's Gambit était son ancienne petite amie. Cette confidence dans un livre qui parle autant de Rybka et de Komodo que de chess history est une illustration parfaite du personnage : un homme qui vit dans les échecs depuis soixante ans, dont la vie personnelle et la vie du chess computing sont inextricablement mêlées.
L'April Fools et la crédibilité technique : L'April Fools de 2012 sur le Gambit du Roi est célèbre dans la communauté pour deux raisons. D'abord parce qu'il a été cru par certains — la description du cluster Cimiotti à 3 000 cœurs, les détails techniques sur l'analyse exhaustive de 1.e4 e5 2.f4 exf4, la conclusion surprenante (3.Fe2 est la seule réponse qui tient la nulle) étaient convaincants. Ensuite parce qu'il a été organisé par un homme qui venait d'être banni par l'ICGA quelques mois plus tôt — et qui avait encore la liberté d'esprit de faire une blague sur son propre travail.
La symétrie IPPOLIT / Rybka-Fruit : Si Rybka 1.0 beta est — comme le conclut l'ICGA — partiellement dérivée de Fruit, et si IPPOLIT est — comme l'affirme Rajlich — partiellement dérivée de Rybka, alors IPPOLIT est doublement un enfant de Fruit, à deux générations de distance. La communauté n'a jamais statué officiellement sur IPPOLIT. Mais cette mise en abyme illustre parfaitement la dynamique du chess computing open source : les engines se fertilisent mutuellement, les frontières de l'originalité sont poreuses, et c'est précisément cette porosité qui a rendu l'affaire Rybka si difficile à trancher clairement.
David Levy sur le verdict : Dans son interview à ChessBase (2012), David Levy — président de l'ICGA et principal artisan du verdict — formule ce qui est peut-être la conclusion la plus juste de toute l'affaire : « Rajlich a ruiné sa carrière stellaire et sa réputation parce qu'il n'a pas rempli une ligne du formulaire de participation ICGA correctement. […] S'il avait déclaré les origines de Rybka dans Fruit et s'était conformé à la GPL de Fruit, il aurait peut-être été autorisé à participer avec la permission de Letouzey. » Une ligne de formulaire. Quatre titres mondiaux. Un bannissement à vie.
XVI. La chaîne ininterrompue
La place de Rybka dans la généalogie du chess computing est à la fois centrale et controversée. Centrale parce que sa domination de 2005 à 2010 représente la période de transition entre l'ère des « gros programmes symboliques » (Deep Blue, Fritz, Shredder) et l'ère des « programmes neuraux » (AlphaZero, Stockfish NNUE, Komodo Dragon). Controversée parce que les origines de cette domination restent en partie non résolues.
La lignée technique directe est : Crafty de Bob Hyatt (en partie, selon l'ICGA) + Fruit de Fabien Letouzey (en partie, selon l'ICGA) → Rybka de Vasik Rajlich (2005-2010) → IPPOLIT et ses dérivés (2009, auteurs anonymes) → influence diffuse sur la génération Houdini (Robert Houdart, 2010), puis sur Stockfish, Komodo et LCZero.
La lignée humaine est : Kaufman de MacHack (1967) à Rybka 3 (2008) à Komodo Dragon (2020-2026) — la continuité d'un homme sur plus de 60 ans. Noomen de Mephisto (1981) à Rebel (1992) à Rybka (2006-2009) à ses livres open source (2016-présent). Ces deux trajectoires individuelles traversent quatre décennies de chess computing et relient les premiers ordinateurs-joueurs d'échecs aux programmes neuraux d'aujourd'hui.
Un programme d'échecs né dans un appartement d'Ann Arbor, travaillé seul pendant deux ans, publié gratuitement sur un forum, a dominé pendant cinq ans tous ses concurrents commerciaux et institutionnels. Puis il a été dépouillé de ses titres dans une procédure que ses partisans contestent encore. L'histoire de Rybka est peut-être la plus humaine — et la plus amère — de toute l'histoire du chess computing.
Palmarès complet récapitulatif :
4 × WCCC (toutes catégories, classique) : Amsterdam 2007, Pékin 2008, Pampelune 2009, Kanazawa 2010 — tous annulés par l'ICGA en juin 2011
Titres redistribués : 2007 à Zappa, 2008 à HIARCS, 2009 à Junior/Shredder/Deep Sjeng ex-æquo, 2010 à Rondo/Thinker ex-æquo
1er programme à dépasser 2900 Elo sur une liste de rating officielle (SSDF, janvier 2006)
Rating #1 SSDF : 3232 Elo (Deep Rybka 3.2, 2009)
Bannissement à vie de Vasik Rajlich par l'ICGA — partiellement invalidé par la Commission d'Éthique FIDE (octobre 2015) mais maintenu en pratique
Moteur intégré dans Fritz 15 (2015) et Fritz 16 (2017) — ChessBase
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— Valter Drazic — Mobile (+33) 6 33 13 11 09 —
Anthologie Rybka · Vasik Rajlich [...]
6 March, 2026Anthologie / Chess EnginesShredder - Stefan Meyer-Kahlen
Anthologie complète du logiciel d'échecs Shredder
Anthologie complète du logiciel d'échecs Shredder
Stefan Meyer-Kahlen : le solitaire de Düsseldorf qui a refusé d'écouter son professeur et a remporté dix-neuf titres mondiaux
I. Stefan Meyer-Kahlen : portrait d'un solitaire tenace
Tout commence en 1978, à Düsseldorf, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Le père de Stefan Meyer-Kahlen lui offre pour Noël un Chess Champion MK1, l'un des premiers ordinateurs d'échecs grand public de l'époque, fabriqué par Novag. Le gamin tombe amoureux de la machine. Pas tellement des échecs — il deviendra joueur de club tout à fait ordinaire, capable de battre des enfants de compétition pendant encore quelques années, comme il l'avouera plus tard avec autodérision — mais de l'idée qu'une machine puisse jouer aux échecs.
C'est à l'Université de Passau qu'il fait ses premières armes : dans le cadre d'un cours de programmation, il écrit avec un ami un programme de jeu d'échecs en guise de travail pratique. L'étincelle est allumée. Meyer-Kahlen décide alors d'en faire sa thèse de diplôme (l'équivalent allemand du master ou de l'ingénieur). La réponse de son directeur de thèse deviendra l'une des anecdotes les plus savoureuses de l'histoire du jeu d'échecs informatique.
Le professeur lui dit : "Monsieur Meyer-Kahlen, laissez tomber. Les gens de Mephisto sont bien trop forts, vous n'arriverez jamais à leur niveau." Heureusement, il ne s'est pas laissé décourager. Mephisto, à l'époque, était effectivement la référence absolue des programmes d'échecs commerciaux — conçu par Richard Lang, un programmeur britannique de génie, vendu dans des boîtiers dédiés à plusieurs centaines de marks allemands. C'était l'équivalent de dire à un étudiant en informatique de ne pas défier Google.
Meyer-Kahlen choisit la voie solitaire. Là où Ban et Bushinsky chez Junior forment un duo complémentaire, Stefan Meyer-Kahlen développe Shredder seul à partir du début de l'année 1995, un programme en ANSI-C — un choix qui se révélera stratégiquement brillant, car il permettra une portabilité maximale vers toutes les plateformes (Windows, Mac, Linux, plus tard Android et iOS). Il était auparavant coauteur d'un programme nommé XXXX avec son camarade Martin Zentner, mais c'est bien Shredder qui sera son œuvre propre, son nom propre sur la carte de visite.
Le nom : des vagues, pas des documents
On pourrait croire que le nom "Shredder" — "déchiqueteur" en anglais — est une référence belliqueuse à la destruction des adversaires. Stefan Meyer-Kahlen démystifie volontiers le mythe. La vraie origine : il pratiquait assidûment le windsurf. Quand on dévale une vague avec sa planche, on "shredde" la vague — on la lacère. La signification secondaire, celle de déchiqueter les adversaires, n'est venue qu'ensuite. Un programmeur solitaire qui surfe. Cette image colle parfaitement à un homme qui travaillera seul, sans équipe, sans budget institutionnel, dans sa ville de Düsseldorf.
Shredder est commercialement disponible depuis 1997, et a été vendu dans de nombreuses versions différentes dans plus de 100 pays. Ce n'est pas rien : aujourd'hui encore, il est utilisé par des joueurs allant des débutants aux champions du monde humains.
II. Naissance et premières armes (1995–1996) : la surprise de Jakarta
Shredder fait ses débuts au WMCCC 1995 à Paderborn, le Championnat du Monde sur Microordinateur organisé par l'ICCA. C'est sa première apparition dans une compétition internationale. Le programme passe presque inaperçu dans le champ de compétiteurs — mais pas complètement.
L'année suivante se joue le coup de théâtre fondateur. En août 1996, le WMCCC se tient à Jakarta, Indonésie. Shredder est à peine sorti de sa gestation. Il remporte le premier titre au WMCCC 1996, et peu après, devient commercial, distribué par Millennium 2000 GmbH.
La victoire à Jakarta est une surprise totale pour la communauté du jeu d'échecs informatique. Un inconnu, un programme tout juste né, remporte le championnat du monde. Les programmeurs établis — ceux de Fritz, de Genius, de MChess — regardent avec curiosité et méfiance ce nouveau venu allemand. Dès sa deuxième grande compétition internationale, il s'accroche dans le top, terminant troisième à Paris en 1997 et second au blitz championship. Ce n'est pas de la chance.
III. L'identité algorithmique : la précision plutôt que la brutalité
Pour comprendre Shredder, il faut comprendre la philosophie de son créateur. Meyer-Kahlen ne cherche pas à battre ses adversaires par la puissance de calcul — il y a des limites claires à ce qu'un programme solo sur PC peut faire face à des équipes disposant d'architectures matérielles sophistiquées. Il cherche à jouer juste, à exploiter intelligemment chaque seconde de calcul.
L'ANSI-C : un choix philosophique
Shredder est écrit en ANSI-C et peut donc facilement être compilé sur diverses plateformes matérielles. Ce choix délibéré de la portabilité — à une époque où beaucoup de programmeurs optimisaient leurs programmes pour une architecture spécifique — révèle une façon de penser à long terme. Meyer-Kahlen ne veut pas un programme lié à un Athlon 1200 MHz ou à une architecture Intel particulière. Il veut un programme qui vieillira bien.
La recherche : PVS et null-move raffiné
Shredder utilise la Principal Variation Search (PVS), une variation de l'algorithme alpha-bêta qui réduit l'espace de recherche en supposant que le premier coup examiné est le meilleur. Là où d'autres programmes de l'époque multiplient les extensions de recherche de façon parfois désordonnée, Meyer-Kahlen préfère une recherche propre, bien étalonnée.
Le null-move pruning est exploité avec une précision particulière : Shredder apprend à reconnaître les zugzwang (positions où tout coup est nuisible), qui constituent le piège classique de la technique null-move, avec une fiabilité supérieure à beaucoup de ses concurrents de l'époque.
La fonction d'évaluation : l'honnêteté positionnelle
Si Junior valorise l'initiative et les sacrifices pour la compensation dynamique, Shredder se distingue par une évaluation positionnelle profondément honnête et équilibrée. Le programme excelle dans la reconnaissance de structures de pions complexes, dans l'évaluation des cases faibles, des colonnes ouvertes, de la sécurité du roi — des paramètres qui reflètent une compréhension classique et saine du jeu d'échecs. Ce style fait que Shredder n'est pas spectaculaire, mais il est rarement trompé.
Les Shredderbases
Les Shredderbases sont des tableaux de finales compactes et propriétaires pour jusqu'à 5 pièces avec information WDL (Win-Draw-Loss), adaptés à l'utilisation à l'intérieur de la recherche. Cette innovation propre — des bases de finales compressées intégrées directement dans la recherche plutôt que consultées séparément — améliore l'efficacité de Shredder dans les finales de façon significative, sans surcharger la mémoire.
IV. La grande innovation : l'UCI et la démocratisation du jeu d'échecs informatique
L'apport le plus durable de Meyer-Kahlen à tout l'écosystème du jeu d'échecs informatique n'est pas un résultat de tournoi, mais un standard technique. Le protocole UCI a été développé en 2000 par Rudolf Huber et Stefan Meyer-Kahlen.
Qu'est-ce que l'UCI ?
Avant l'UCI (Universal Chess Interface), les programmes d'échecs utilisaient des protocoles propriétaires ou le vieux standard Winboard/XBoard. Résultat : chaque programme était quasi indissociable de sa propre interface graphique. Un moteur de jeu ne pouvait pas être branché sur n'importe quel environnement.
L'UCI change tout. C'est un protocole ouvert, standardisé, gratuit, qui sépare proprement le moteur de calcul (l'engine) de l'interface graphique. Grâce à l'UCI, n'importe quel moteur UCI-compatible peut fonctionner dans n'importe quelle interface UCI-compatible. Fritz peut tourner dans l'interface de Shredder. Shredder peut tourner dans Arena. Les utilisateurs gagnent une liberté totale.
Depuis Shredder 5, le programme supporte le protocole UCI, que Meyer-Kahlen a co-conçu et implémenté, ce qui lui permet de fonctionner avec n'importe quelle interface graphique compatible UCI.
Le geste est remarquable : Meyer-Kahlen offre ce protocole gratuitement à toute la communauté, sans contrepartie commerciale. Aujourd'hui, en 2026, pratiquement tous les moteurs d'échecs modernes — Stockfish, Leela Chess Zero, Komodo, et des centaines d'autres — utilisent l'UCI. C'est l'équivalent, dans son domaine, de l'invention du protocole HTTP : discret, technique, mais fondamental pour tout ce qui a suivi. Il n'y avait pas de pensée altruiste a posteriori quand il a offert le protocole à l'usage public mondial. C'était sincère dès le départ.
V. L'ascension vers le sommet (1999–2003)
WMCCC 1999 – Paderborn : deuxième titre
Shredder 5 s'impose au WMCCC 1999 dans la ville même où il avait débuté quatre ans plus tôt. Mais cette fois, la compétition est d'un tout autre niveau : c'est le Championnat du Monde toutes catégories (WCCC), qui inclut aussi les programmes tournant sur des machines non-commerciales et des superordinateurs. Shredder y remporte le titre — une victoire nettement plus significative que celle de Jakarta 1996.
WMCCC 2000 – Londres : troisième titre
L'année suivante, Shredder confirme à Londres en remportant le WMCCC 2000. La régularité commence à frapper : ce programme, développé par un seul homme à Düsseldorf, bat systématiquement des équipes disposant de plus de ressources humaines et matérielles.
WMCCC 2001 – Maastricht : quatrième titre
Un an plus tard encore, à Maastricht, nouvelle victoire en microordinateur. Shredder est désormais le programme dominant de sa catégorie depuis cinq ans.
Le tournant 2003 : WCCC Graz, le titre le plus controversé
Le 11ème Championnat du Monde WCCC se tient en novembre 2003 à Graz, Autriche, dans une salle d'exposition spectaculaire creusée dans le Schlossberg, la colline centrale de la ville. C'est la première fois que l'événement est organisé par l'ICGA nouvellement formée, et la première fois qu'il est couplé à la Computer Olympiade.
Ce tournoi est entouré de turbulences extérieures. Il n'y a aucun participant américain, en raison d'un boycott provoqué par les e-mails haineux de Chrilly Donninger aux programmeurs américains pour protester contre la guerre en Irak. L'ambiance est électrique.
La controverse principale éclate lors de la dernière ronde. Dans la partie Shredder contre Jonny, Shredder avait une position gagnante et allait annoncer mat quand une décision de l'arbitre, décrite comme difficile et controversée, crée une polémique dans la communauté. Le programme List, accusé d'être un clone de Fritz, est disqualifié après 8 rondes sur 11 — ce qui redistribue les points et affecte le classement final.
Après 11 rondes, Shredder et Fritz sont à égalité avec 9,5 points. Deux parties de playoff décident du championnat, remportées par Shredder avec 1,5-0,5. Un article de l'époque résume la situation dans son titre : "Shredder wins in Graz after controversy." Meyer-Kahlen n'en reste pas moins champion du monde — mais il le sait, l'histoire de ce titre restera entachée de débats. Dans les forums de la communauté, les échanges sont vifs. Ce n'est pas sa victoire la plus propre, mais c'est bien une victoire.
VI. La connexion Sandro Necchi et le livre d'ouvertures
Derrière chaque grand programme d'échecs, il y a un élément souvent sous-estimé : le livre d'ouvertures. Un programme peut avoir le meilleur algorithme du monde, s'il sort du livre en position défavorable, il part avec un handicap.
Le livre d'ouvertures de Shredder a été réalisé par l'expert italien Sandro Necchi, spécialement conçu pour s'adapter au style de jeu de Shredder. Necchi n'est pas n'importe qui dans la communauté du jeu d'échecs informatique. C'est un spécialiste qui comprend comment exploiter les forces spécifiques d'un programme — ses ouvertures favorites, les types de positions où il excelle — pour lui donner les meilleures positions de départ possibles.
Le travail en binôme Meyer-Kahlen/Necchi, même si Necchi n'est pas directeur du programme lui-même, est une collaboration fructueuse qui distingue Shredder de programmes moins soignés dans leur préparation d'ouvertures. C'est la différence entre un champion du monde qui étudie ses ouvertures pendant des mois et un génie qui improvise dès le départ. Shredder choisit de préparer.
VII. Premier programme à franchir les 2800 : une barrière historique
L'un des moments les plus marquants de l'histoire de Shredder n'est pas une victoire en championnat, mais un chiffre sur une liste de classement.
En juillet 2003, pour la première fois, un programme d'échecs franchit la barre des 2800 sur les listes de classement informatiques. Après 465 parties, Shredder 7.04 UCI sur Athlon 1200 MHz obtient un classement de 2810.
C'est un événement considérable. 2800 Elo FIDE est, chez les humains, le seuil des grands maîtres de rang mondial absolu — Kasparov lors de son apogée tournait autour de 2830-2850. Franchir symboliquement cette barrière pour un programme sur PC grand public, sans puces spécialisées ni architecture dédiée, est une démonstration que l'excellence algorithmique seule peut hisser un logiciel au niveau de l'élite humaine.
Shredder 7.04 UCI sur Athlon 1200 MHz, testé sur 90 000 parties, obtient 2768 Elo en version standard et 2810 en version UCI, devançant Deep Fritz 7.0 de 8 points en version standard et de 48 points en version UCI. Shredder 7.0 devient le numéro 1 du classement SSDF, mettant fin à la domination de Fritz qui occupait la première place depuis 1998.
Il faut mesurer l'exploit : Fritz, le programme phare de ChessBase, était en tête du classement depuis cinq ans. Shredder, développé par un seul homme, le détrône. Les commentateurs de ChessBase, qui distribuent les deux programmes, se retrouvent dans la position curieuse de devoir féliciter leur "concurrent interne" avec autant d'enthousiasme que leur cheval de bataille habituel.
VIII. Le palmarès en blitz et Chess960 : la polyvalence récompensée
Outre les championnats classiques, Shredder domine aussi les cadences rapides, discipline à part entière où les exigences algorithmiques diffèrent : moins de temps de réflexion signifie que la qualité de la fonction d'évaluation statique compte encore davantage, car la recherche ne peut pas aller aussi profond.
Le palmarès en blitz et Chess960 de Shredder est impressionnant :
2002 – Maastricht : Champion du Monde de blitz informatique
2003 – Graz : Champion du Monde (toutes catégories) et Champion du Monde de blitz
2004 – Tel Aviv : Champion du Monde de blitz
2005 – Reykjavik : Champion du Monde de blitz
2006 – Mainz : Champion du Monde en Chess960
2007 – Amsterdam : Champion du Monde de blitz
2009 – Pamplona : Champion du Monde (toutes catégories) et Champion du Monde de blitz
2010 – Kanazawa : Champion du Monde de logiciels d'échecs et Champion du Monde de blitz
2013 – Yokohama : Champion du Monde de blitz
2015 – Leyde : Champion du Monde de logiciels d'échecs
Le titre de Chess960 (les échecs aléatoires de Fischer, où la position de départ est randomisée) mérite une attention particulière. Dans cette variante, les livres d'ouvertures ne servent plus à rien — chaque partie commence dans une position inédite. C'est un test pur de la force algorithmique "à nu", sans préparation possible. Shredder s'en empare aussi, prouvant que sa qualité de jeu n'est pas une façade d'ouverture.
IX. La rencontre avec Kramnik et le rôle de conseil
L'épisode le plus fascinant du rapport entre Shredder et le monde des grands maîtres n'est pas un match homme-machine, mais une relation de travail de fond avec Vladimir Kramnik.
Stefan Meyer-Kahlen a évoqué dans diverses interviews le fait que Shredder a été utilisé par des secondants et des entraîneurs de champions du monde pour la préparation. Mais l'histoire la plus documentée publiquement est celle de Kramnik et Deep Fritz 2006.
Dans ce match à Bonn en novembre-décembre 2006, Kramnik affronte Deep Fritz 10. Lors de la deuxième partie, il commet une gaffe sans précédent à ce niveau : Kramnik rate un mat en un coup que tout joueur de club aurait vu. Le champion du monde laisse Dh7# disponible. La partie est perdue.
Ce "blunder du siècle" attire l'attention sur la façon dont un champion du monde peut perdre un fil de concentration face à une machine qui, elle, ne cligne jamais des yeux. Shredder — qui tourne en arrière-plan comme outil d'analyse chez de nombreuses équipes — est cité comme référence d'analyse dans la préparation des grands matchs. Meyer-Kahlen cite lui-même sa participation en soutien à Vladimir Kramnik lors d'un match contre ordinateur comme l'un des moments forts de sa carrière.
X. L'ère Rybka et le défi de la relégation (2005–2009)
Fin 2005 arrive un séisme dans le monde des moteurs d'échecs : Rybka 1.0, développé par le maître international américano-tchèque Vasik Rajlich. Ce programme, d'abord distribué gratuitement, atteint en quelques mois une force bien supérieure à tout ce qui existait. Personne n'aurait vraiment cru que d'ici mi-2005 Shredder serait poussé hors du trône. À la fin de l'année, il dut céder la place à Rybka.
En janvier 2007, Deep Shredder 10 se retrouve à la cinquième position du classement CEGT avec 2855 Elo, soit 160 points en dessous de la première place, occupée par Rybka 2.1 avec 3015 Elo.
Un gouffre de 160 points Elo en si peu de temps, c'est considérable. Pour Meyer-Kahlen, qui a dominé la décennie précédente, c'est un choc. Dans une interview de 2006, il l'admet sans détour et avec lucidité : la programmation de Fruit (autre moteur innovant de l'époque, dont les sources sont devenues publiques) lui a montré certaines techniques intéressantes sur lesquelles il travaillait déjà, mais il met en garde : l'accès aux sources de Fruit est utile pour les comprendre, mais c'est aussi un problème car "c'est tentant de juste copier plutôt que de faire ses propres devoirs". Meyer-Kahlen ne copiera pas. Il continue seul son travail de fond.
Deep Shredder 12 : la renaissance
En 2009-2010, Meyer-Kahlen sort Deep Shredder 12, qui marque un retour en force. Meyer-Kahlen lui-même déclare : "Les améliorations sont visibles partout. En particulier, la recherche et l'évaluation sont devenues beaucoup plus précises. Le moteur est 100 Elo plus fort que son prédécesseur Shredder 11."
Deep Shredder 12 64 bits obtient 2955 Elo dans le classement CCRL 40/2, basé sur 5795 parties. Ce retour autour des 2950 Elo marque un rebond significatif même si, dans l'intervalle, les meilleurs programmes comme Stockfish et Komodo dépassent désormais les 3300 Elo. Le monde a changé, et les moteurs neuronaux arriveront quelques années plus tard pour tout emporter.
XI. Les versions, les chiffres, le tableau d'ensemble
Version
Année
Événement clé
Classement SSDF/CCRL
Shredder 11995Débuts WMCCC PaderbornNon testé
Shredder 21996WMCCC Jakarta (1er titre)Début des tests
Shredder 319973e WMCCC Paris, 2e blitz~2600
Shredder 51999–2000WMCCC 1999 Paderborn + UCI intégré~2680
Shredder 62001–2002WMCCC 2001 Maastricht~2719 SSDF
Shredder 72002–2003WCCC Graz 2003, premier 2810 SSDF2810 SSDF (record historique)
Shredder 82003–2004WCCC Blitz domination~2750–2780
Shredder 92004–2005Améliorations profondeur~2780
Deep Shredder 102006–2007WCCC 2006 Chess9602855 CEGT (5e derrière Rybka)
Deep Shredder 112008Transition multi-cœurs~2600 CEGT
Deep Shredder 122009–2010WCCC Pamplona + Kanazawa2722 CEGT, 2955 CCRL 64-bit
Deep Shredder 132016Dernière version majeure~3000+ CCRL
XII. Anecdotes et faits marquants
Le surfer de Düsseldorf : Le nom "Shredder" vient non pas de la destruction des adversaires mais du windsurf — dévaler une vague en la "shredding". Un champion du monde né d'une image nautique dans une ville rhénane à 250 km de la mer.
Le professeur qui avait tort : "Monsieur Meyer-Kahlen, laissez tomber, les gens de Mephisto sont bien trop forts" — cette phrase de thèse refusée est devenue l'un des exemples classiques de mauvaise prédiction académique dans l'histoire de l'informatique de jeux.
19 titres, un seul homme : Shredder a remporté dix-neuf titres de Champion du Monde de jeux d'échecs informatiques, ce qui en fait le programme d'échecs le plus réussi de tous les temps — le tout développé par une seule personne, sans équipe, sans budget institutionnel, depuis un appartement de Düsseldorf.
L'UCI comme legs silencieux : L'invention du protocole UCI en 2000 est probablement la contribution la plus durable de Meyer-Kahlen à l'histoire de l'informatique d'échecs. Tous les moteurs modernes utilisent ce standard. Sans lui, l'écosystème actuel des moteurs libres (Stockfish, Leela) ne fonctionnerait pas comme il fonctionne.
Le mur des 2800 : En juillet 2003, Shredder 7.04 devient le premier programme d'échecs à franchir la barre symbolique des 2800 Elo sur la liste SSDF, 48 points devant son concurrent direct. Un mois plus tôt, il était encore dominé par Fritz depuis cinq ans.
Partout et pour tous : Shredder est disponible sur Windows, Mac, Linux, iOS, Android, et même sur Kindle. Meyer-Kahlen, grâce à son code ANSI-C portable, a pu déployer son programme sur chaque nouvelle plateforme successive avec une efficacité que la plupart de ses concurrents n'ont jamais pu atteindre.
La controverse de Graz : Au WCCC 2003, Shredder gagne dans des conditions disputées, après la disqualification du programme List et une décision d'arbitrage controversée en dernière ronde. Un article de la communauté résume tout dans son titre : "Shredder wins in Graz after controversy." Ce n'est pas sa victoire la plus nette, mais dans le sport comme en informatique, les victoires s'accumulent.
Le style équilibré : Là où Junior sacrifie du matériel pour l'initiative, Shredder joue solide. Les deux programmes représentent deux philosophies du jeu d'échecs classiques — l'attaquant et le technicien — portées à leur expression extrême par des algorithmes.
XIII. Héritage et place dans l'histoire
Dans la longue épopée du jeu d'échecs informatique, Shredder représente une trajectoire particulièrement remarquable : celle de l'artisan solitaire qui tient tête aux équipes, aux institutions, aux consortiums universitaires et aux équipes commerciales pendant près de deux décennies.
Stefan Meyer-Kahlen n'est pas un champion d'échecs. Il n'a pas de grand-maître dans son équipe. Il n'a pas de budget de recherche. Il a un ordinateur, un talent algorithmique exceptionnel, un Italien qui connaît les ouvertures, et une obstination qui lui vient d'avoir refusé d'écouter son professeur de thèse.
L'ère des moteurs neuronaux (Stockfish NNUE, Leela Chess Zero) a rendu la compétition frontale impossible pour les moteurs classiques comme Shredder. Mais son palmarès reste intact : 19 titres mondiaux toutes catégories confondues, une architecture logicielle qui sert encore de référence, un protocole (l'UCI) qui structure toujours l'écosystème mondial, et un record que personne n'a encore battu.
Palmarès complet récapitulatif :
2 × WMCCC (microordinateurs classiques) : Jakarta 1996, Londres 2000
1 × WMCCC : Maastricht 2001
3 × WCCC (toutes catégories, classique) : Paderborn 1999, Graz 2003, Pamplona 2009
7 × Championnat du Monde de Blitz : Maastricht 2002, Graz 2003, Tel Aviv 2004, Reykjavik 2005, Amsterdam 2007, Kanazawa 2010, Yokohama 2013
1 × Championnat du Monde Chess960 : Mainz 2006
2 × World Chess Software Championship : Kanazawa 2010, Leyde 2015
Programmes vendus dans plus de 100 pays
Premier programme à franchir 2800 Elo (SSDF, juillet 2003)
Créateur de l'UCI, standard universel de tous les moteurs modernes
Un seul homme. Un nom inspiré du windsurf. Et 30 ans d'obstination face à un professeur qui lui avait dit d'abandonner.
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Anthologie complète de Rebel – Gideon – ProDeo
Ed Schröder : l'artisan de La Haye et son empire rebelle
I. Ed Schröder : portrait d'un homme discret derrière une légende
Ed Schröder est un développeur de logiciels et informaticien néerlandais, né à La Haye, aux Pays-Bas. La Haye, ville de diplomatie et de parlement, de pierres grises et de briques rouges. Rien dans ce décor n'annonçait que ce fils de famille allait devenir l'un des architectes les plus originaux du jeu d'échecs informatique.
Il apprend les échecs de son père dès son jeune âge. C'est une transmission intime, loin des clubs et des fédérations. Schröder ne deviendra jamais un joueur de compétition — quelques parties de club, sans plus. Mais la beauté du jeu, sa profondeur infinie, ne le quittera plus.
En 1980, il reprend goût aux échecs lorsque les premiers "ordinateurs personnels" font leur apparition sur le marché. Il est alors programmeur senior expérimenté, analyste-système. La rencontre entre sa passion enfouie pour les échecs et sa maîtrise professionnelle de la programmation produit une étincelle. C'est purement comme un défi et un hobby qu'Ed ressent l'envie d'écrire un programme d'échecs.
Ce détail est important. Schröder n'est pas un universitaire cherchant à publier des articles. Il n'est pas non plus un entrepreneur cherchant à faire fortune. C'est un artisan, au sens le plus noble du terme, qui veut créer quelque chose de beau et de fort.
Ed a quatre enfants et représente un exemple remarquable de père de famille. Cette image — un homme qui programme le soir et le week-end, entre les repas de famille et les activités des enfants — tranche avec celle des geeks solitaires ou des chercheurs en blouse blanche que l'on associe souvent à l'histoire du jeu d'échecs informatique. Schröder est l'un des nôtres : quelqu'un qui a une vie complète, et qui a quand même trouvé le moyen de changer l'histoire d'un domaine.
II. Les origines : du TRS-80 au supermarché mondial (1980–1984)
Le développement de Rebel commence en 1980 sur un TRS-80. Le TRS-80 est un ordinateur personnel de Radio Shack — modeste, limité, avec son processeur Zilog Z80 à 1,77 MHz et quelques kilooctets de RAM. Rebel naît donc dans une extrême pénurie de ressources.
Le programme est d'abord écrit en BASIC, le seul langage accessible sur la machine. Schröder le réécrira ensuite en assembleur 6502 pour le porter sur Apple II. Ce voyage à travers les architectures successives — TRS-80, Apple II — forge chez lui une rigueur d'optimisation qui sera la marque de fabrique de tout ce qui suivra.
En 1982, Rebel fait ses débuts en compétition, avec un résultat déjà remarquable : troisième place au 2ème Championnat Ouvert Néerlandais d'Échecs Informatiques, qui ne passe pas inaperçu. Ce résultat est remarqué par Jan Louwman, le pionnier des échecs informatiques néerlandais, qui a des relations commerciales avec Hegener & Glaser et d'autres fabricants d'échiquiers dédiés.
Jan Louwman est un personnage clé de toute cette histoire. Collectionneur, passionné, entrepreneur, il est l'intermédiaire entre le monde de la programmation artisanale et le monde commercial des éditeurs allemands. Sa décision de parier sur Schröder va changer le destin de Rebel.
III. L'ère des échiquiers dédiés Mephisto (1985–1993) : la gloire en bois et laiton
Le système modulaire Mephisto : un concept révolutionnaire
Pour comprendre ce que représente la relation Rebel-Mephisto, il faut comprendre ce qu'était un échiquier dédié Mephisto dans les années 1980.
Le système modulaire Mephisto, produit par Hegener & Glaser, est lancé avec les versions Modular et Exclusive en 1983, accompagnées du module MM I. Il se compose d'un plateau de jeu autosensitif avec 64 LEDs par case, des pièces à base magnétique, et trois baies de modules dans un tiroir sous le plateau pour les modules interchangeables.
C'est un objet de désir absolu dans les années 80. Un plateau en bois de noyer ou d'érable, poli, satiné, avec des pièces magnétiques. Le plateau détecte automatiquement les mouvements des pièces grâce à des capteurs. L'utilisateur ne communique pas avec un écran : il joue aux échecs, sur un vrai plateau, contre une machine invisible cachée dans un module au format cassette. L'esthétique est irréprochable. En Allemagne, en 1989, plus de 90% de tous les échiquiers informatiques vendus en Allemagne étaient des Mephisto.
Dans ce contexte, Hegener & Glaser dispose déjà de son champion : Richard Lang, le programmeur britannique génial dont les programmes dominent le WMCCC depuis 1984. Les programmes Mephisto de Lang ont remporté six Championnats du Monde de Microordinateurs successifs de 1984 à 1990. Mais Hegener & Glaser vend également des moteurs sous licence à Johan de Koning, Ed Schröder et Frans Morsch. Schröder entre dans la cour des grands.
Mephisto Rebell 5.0 (1986) : la naissance commerciale
Le Mephisto Rebell 5.0 est un module pour le système modulaire Mephisto de Hegener & Glaser, lancé en 1986 peu après la belle performance de Rebel au WCCC 1986 de Cologne. Le premier programme de Schröder sur ordinateur dédié tourne sur un processeur 65C02 CMOS.
Ce module — vendu dans son boîtier plastique jaune caractéristique que les collectionneurs du monde entier recherchent encore aujourd'hui — est la première incarnation commerciale de Rebel. Inséré dans l'un des plateaux Mephisto Exclusive ou München, il transforme un beau meuble en adversaire redoutable.
Avec le soutien de Jan Louwman, Rebel est commercialisé sous le nom Mephisto Rebell et environ 20 modèles dédiés successifs, vendus de 1985 à 1995 par Hegener & Glaser, Saitek et TASC. Vingt modules différents en dix ans. Une présence continue, une évolution constante.
Le WCCC 1986 de Cologne : la partie de la honte et de la gloire
L'année 1986 est celle où Rebel aurait pu tout changer. Le 6ème Championnat du Monde WCCC se tient à Cologne, dans une atmosphère électrique. Les programmes sur superordinateurs comme Cray Blitz dominent la scène, mais les microordinateurs commencent à mordre.
Au dramatique WCCC 1986 de Cologne, Rebel, tournant sur un Apple II, faillit devenir champion quand il était presque en train de gagner contre Bebe, mais finalement sous-estima un dangereux pion passé et perdit. Cette partie est l'une des plus commentées de l'histoire du jeu d'échecs informatique. Rebel jouait avec les blancs, en position gagnante — ou du moins très prometteuse — quand il laissa passer une ressource tactique autour d'un pion passé adverse. La fiche de partie montre un interminable finale où Bebe, programme américain de Tom Trowbridge, parvient à retourner la situation. Rebel perd en 68 coups. Ce faisant, il rata probablement le titre de champion du monde.
C'est lors de ce championnat du monde de Cologne, en 1986, que Schröder entend pour la première fois parler du Null-Move par Don Beal, qui l'utilisait dans sa recherche quiescente — la graine d'une percée majeure dans le jeu d'échecs informatique avait été semée. Pendant le tournoi, Frans Morsch (Fritz) ne cessait d'en parler à Schröder : "Ed, il doit y avoir quelque chose de vraiment bien dans le Null-Move, je vais faire des recherches là-dessus." Schröder n'y prêta pas attention et haussa les épaules : "Null-Move, jamais de la vie."
Cette anecdote est une des plus savoureuses de l'ère pré-Internet du jeu d'échecs informatique. Les programmeurs rivaux se côtoient dans la même salle de compétition, se parlent, s'espionnent gentiment, s'échangent des intuitions. Et Schröder, venant de rater de peu le titre mondial, se fait couramment expliquer par un concurrent direct l'avenir de la recherche — et refuse d'y croire.
La série Mephisto MM IV, MM V, Polgar… (1987–1992)
Entre 1987 et 1992, Rebel anime une série impressionnante de modules Mephisto. Les collectionneurs connaissent leur liste par cœur : MM IV, MM V, Polgar, des noms qui évoquent une décennie de bois précieux et de moteurs en mouvement.
Le Mephisto Polgar mérite une mention particulière. Lancé en hommage aux sœurs Polgár — Susan, Sofia et Judit, les prodiges hongroises des échecs — ce module embarque Rebel dans une version optimisée pour les 8 bits. C'est l'époque où Judit Polgár, née la même année que Rebel (1976), est en train de devenir la plus grande joueuse de l'histoire. La coïncidence nominale est heureuse. Jeroen Noomen développe son premier livre d'ouvertures pour le Mephisto Polgar, avant de faire de même pour le Mephisto RISC, le programme champion du monde de Madrid.
Le tournant 1989 : la Computer Olympiade et Deep Thought
1989 est une année charnière. À Edmonton, Canada, se tient le 1er World Computer Chess Championship organisé conjointement avec la Computer Olympiade. Rebel sur 6502 joue l'ACM 1989 et remporte la première Computer Olympiade 1989. C'est un titre, mais ce n'est pas encore le Saint-Graal.
L'ennemi se nomme désormais Deep Thought, le superordinateur d'Hsu Feng-hsiung (qui deviendra Deep Blue chez IBM). Rebel, dans les années 1980, approchait les 2500 Elo estimés de Deep Thought, alors que Deep Thought s'appuyait sur un matériel spécialisé pour ses recherches. La différence : Deep Thought calculait sur des puces VLSI spécialisées. Rebel tournait sur un Apple II grand public. Pour obtenir des performances comparables avec 100 fois moins de puissance brute, Schröder avait dû faire des miracles algorithmiques.
Un aspect distinctif du design de Rebel était son efficacité computationnelle, souvent mesurée en Elo gagné par million d'instructions par seconde (MIPS), qui mettait en évidence sa capacité à produire un jeu fort sur le matériel modeste des années 1980-1990, par rapport aux alternatives brute force.
IV. La révolution ARM : Gideon et la ChessMachine TASC (1990–1993)
Un pivot technologique décisif
À l'aube des années 1990, un changement fondamental secoue le monde du jeu d'échecs informatique. Les processeurs ARM (Advanced RISC Machine), développés par Acorn Computers, offrent un rapport puissance/consommation exceptionnel. Ils sont plus lents en fréquence absolue que les derniers Intel, mais leur architecture RISC (Reduced Instruction Set Computer) leur permet d'exécuter des instructions très simples extrêmement rapidement.
La société néerlandaise TASC (The Advanced Software Company) conçoit la ChessMachine : une carte ISA enfichable dans un PC IBM standard, contenant un processeur ARM2 RISC et sa propre RAM, indépendante du processeur principal du PC. Le PC sert d'interface graphique. Toute la réflexion se fait sur la carte ARM. Deux moteurs sont vendus avec la carte : The King de Johan de Koning et Gideon d'Ed Schröder.
Qu'est-ce que Gideon ?
Gideon n'est pas un nouveau programme : c'est Rebel réécrit de fond en comble en assembleur ARM, optimisé pour l'architecture RISC. C'est le même Schröder, la même philosophie de recherche sélective, mais dans un habit entièrement nouveau. Le nom change pour signifier que le programme n'est plus le même être.
Les différentes versions de la ChessMachine disponibles à l'époque sont les Gideon 2.1, 3.0 et 3.1. TASC commercialise la ChessMachine à un prix de £422, avec le slogan "Le programme PC le plus puissant du monde." Juste à côté dans les mêmes magazines : Fritz 1 pour £44,95. Gideon vaut dix fois Fritz. Le marché de haut de gamme est sa cible.
ChessMachine Gideon au WMCCC 1991 Vancouver : le premier titre mondial
Novembre 1991, Vancouver, Canada. Le 11ème Championnat du Monde de Microordinateurs (WMCCC). Le champ est vaste, les programmes PC commencent à rivaliser avec les dédiés. Gideon devient troisième au WMCCC 1990 de Lyon, puis Champion du Monde de Microordinateurs au WMCCC 1991 de Vancouver. Le programme gagnant est écrit par Ed Schröder et nommé "Gideon". Son programme bat un champ composé principalement de programmes PC pour devenir Champion du Monde.
Schröder est dans la salle à Vancouver, derrière son ordinateur. C'est son premier titre mondial — le couronnement de onze ans de travail depuis le TRS-80 de 1980.
WCCC 1992 Madrid : l'histoire est faite
L'année suivante se joue un moment d'une importance historique absolue. Le 7ème Championnat du Monde WCCC, à Madrid en novembre 1992, oppose pour la première fois les programmes sur microordinateurs aux programmes sur mainframes et superordinateurs dans un même tournoi.
1992 : ChessMachine remporte le 7ème Championnat du Monde d'Échecs Informatiques. C'est la première fois qu'un microordinateur bat les mainframes. Le Gideon 3.1/32 MHz ChessMachine amélioré devient Champion du Monde au WCCC 1992 de Madrid. Sur le site de Schröder, une photo le montre après la victoire : épuisé mais heureux.
La signification de cet événement dépasse le simple titre sportif. Jusqu'en 1992, la hiérarchie des jeux d'échecs informatiques était claire : les mainframes et superordinateurs dominaient les microordinateurs. La victoire de Gideon détruit ce paradigme définitivement. Pour la première fois, une machine accessible bat les machines à plusieurs millions de dollars.
La photo de Madrid — Schröder debout, entouré de Richard Lang, d'Ossi Weiner, de Jan Louwman et de Rob Kemper — est devenue une image iconique de l'histoire du jeu d'échecs informatique. Cinq hommes, une victoire collective, et le sentiment d'avoir changé quelque chose de fondamental.
La fin de la ChessMachine
La TASC sera victime de son propre succès temporaire. Malheureusement pour TASC, elle ne pouvait pas suivre la course matérielle avec Intel. Avec la sortie du 80486, le processeur ARM RISC était à peu près de la même vitesse. Avec le Pentium, TASC perdait sa domination en jeu d'échecs informatique et pratiquement tous les programmeurs d'échecs migraient vers le PC. Ce fut la fin d'une époque des échiquiers dédiés commerciaux, la révolution TASC n'a duré que 4-5 ans.
V. La philosophie algorithmique de Rebel : l'intérieur d'une machine à penser
Un hybride entre Shannon A et Shannon B
Le Mephisto Rebel doit être défini comme un programme entre le type Shannon A et le type Shannon B. À toutes les recherches en force brute est ajoutée une recherche quiescente de profondeur fixe. Les coups de capture et les échecs sont étendus plus profondément. La fonction d'évaluation intègre beaucoup de connaissance des échecs, ce qui permet au programme de trouver aussi de bons coups positionnels.
Claude Shannon avait théorisé deux types fondamentaux de programmes d'échecs : le type A (force brute totale, examine tous les coups) et le type B (sélectif, n'examine que les coups "intéressants"). Rebel refuse de choisir. Il combine les deux, d'une façon qui lui est propre.
La recherche sélective par évaluation statique
Rebel depuis ses débuts en 1980 a été un programme sélectif. À l'époque il y avait deux choix : soit faire un programme purement brute force, soit entrer dans le chemin dangereux de la recherche sélective par évaluation statique. Ce dernier n'était fait que par peu de programmeurs, parmi eux Richard Lang (Chess Genius) et Ed Schröder lui-même, ce qui devint la base de leur succès.
La recherche sélective par évaluation statique, c'est l'idée de juger avant de calculer si un coup mérite d'être approfondi. Rebel évalue chaque position à chaque nœud de l'arbre de recherche et décide dynamiquement si l'exploration doit se poursuivre.
La recherche de Rebel est divisée en deux parties : la partie Null-Move (les premiers "x" ply de la profondeur d'itération) et la partie Évaluation Statique (les ply restants). Par exemple : nous sommes à l'itération 11, dans les 5 premiers ply Rebel pratiquera (si nécessaire) le Null-Move ; pour les 6 ply restants, Rebel s'appuiera entièrement sur son concept d'évaluation statique.
Le Null-Move version Rebel : une utilisation à contre-courant
Rebel finit par intégrer le Null-Move, mais à sa façon — différente de toute la communauté. Rebel a ajouté le Null-Move à sa recherche sélective, mais il est utilisé d'une façon totalement différente : pour trouver les erreurs (exceptions) dans le concept d'évaluation statique. Rebel tente d'éviter la coûteuse recherche null-move et y arrive 93-95% du temps — ce qui est excellent : cela signifie que 93-95% des recherches null-move totales retournent OK, c'est-à-dire qu'aucune re-recherche à pleine profondeur n'est nécessaire.
L'ordonnancement des coups : les 12 tables pièce-case
Le système fonctionne à merveille pour l'ordonnancement des coups : tous les coups générés reçoivent une valeur, et chaque fois que la recherche a besoin d'un coup suivant, on prend simplement le suivant le plus élevé de la liste. La dernière fois que Schröder a supprimé ce code, Rebel tournait environ deux fois plus lentement. Concrètement : Cf3 reçoit une haute valeur car c'est habituellement un bon coup. Cf3-h4 reçoit une valeur basse car c'est rarement bon. Ce système d'intuition codée permet à Rebel d'explorer en priorité les bonnes lignes sans avoir à les calculer toutes.
Le Null-Move comme révélateur d'une communauté
L'histoire complète du Null-Move chez Rebel mérite d'être racontée en détail car elle illustre parfaitement les dynamiques humaines de la communauté des programmeurs d'échecs. En 1991-92, Frans Morsch implémenta le Null-Move dans Fritz d'une nouvelle façon. Le Null-Move devint un grand succès en tant que méthode très puissante et facile de recherche sélective. Alors Frans partagea son approche du Null-Move avec Chrilly Donninger, l'auteur de NIMZO, qui écrivit un article dans le journal de l'ICCA, et le Null-Move devint public. Aujourd'hui, on ne peut mentionner aucun programme d'échecs qui n'utilise pas le Null-Move. La communauté des programmeurs d'échecs doit une grande dette à Frans Morsch.
Et Schröder, qui avait haussé les épaules quand Morsch lui en avait parlé en 1986 ? Il l'intègre finalement — à sa propre sauce. Une obstination et une humilité mêlées qui lui ressemblent parfaitement.
VI. L'ère PC commerciale et le duo Schröder-Noomen (1993–2003)
Rob Kemper, Jeroen Noomen : l'équipe de l'ombre
Quand Rebel entre dans l'ère PC, Schröder s'entoure. Deux collaborateurs sont essentiels. Rob Kemper conçoit l'interface graphique — sous MS-DOS d'abord, propriétaire et sophistiquée. C'est le visage que l'utilisateur voit.
Jeroen Noomen est le maître du livre d'ouvertures. La base de données du livre d'ouvertures Rebel est l'œuvre de toute une vie pour Jeroen Noomen, qui passe plus de 700 heures par an à construire son ultime livre d'ouvertures. Jeroen a commencé son travail pour Ed Schröder à l'époque où les échiquiers Mephisto dominaient le monde, les deux travaillant alors pour Hegener & Glaser à Munich, en Allemagne.
Quand Mephisto Hegener & Glaser a fait faillite (1992-1993), Ed et Jeroen ont quitté Hegener & Glaser et Jeroen a rejoint la société Rebel. Sa mission : créer le meilleur livre d'ouvertures du monde et assister Ed dans le développement de Rebel concernant la force de jeu du moteur (conseils et tests). Ce duo durera une décennie, Noomen envoyant son premier jeu de tests d'ouvertures à Schröder en 1998 — 50 positions équilibrées — et un second en 2000, que Schröder utilisait pour améliorer Rebel.
Noomen est lui-même un fort joueur d'échecs néerlandais qui comprend les exigences spécifiques du style de Rebel. Son travail n'est pas de faire jouer Rebel comme un grand-maître théoricien : c'est de trouver les ouvertures dans lesquelles les algorithmes de Schröder s'expriment au mieux.
Rebel 10 et la sortie PC
À partir de 1994, Rebel BV produit des logiciels d'échecs de premier plan pour PC distribués par un réseau mondial de revendeurs dans plus de 30 pays. La version commerciale phare s'appelle Rebel 10, et elle devient un succès commercial significatif.
Rebel 10 est fourni avec un ensemble de données et d'outils impressionnant pour l'époque : plus d'un million de parties dans une base de données, un arbre d'ouvertures de plus de 50 millions de positions uniques (Rebel EOC), et un CD-ROM de livre d'ouvertures de plus de 12 millions de coups.
La NPS Challenge de 1997 : un épisode de fierté collective
En février 1997, Schröder lance un défi insolite sur les forums Usenet : le "Crafty-Rebel NPS Challenge". Le principe : comparer la force de jeu de Rebel et de Crafty (le programme open-source de Robert Hyatt) en faisant varier le nombre de nœuds par seconde (NPS), de façon à isoler la qualité de l'algorithme de la puissance brute.
Ce défi capte immédiatement l'attention de toute la communauté. En mars 1997, Amir Ban (de Junior) commente publiquement les résultats. L'idée que la richesse de la fonction d'évaluation de Rebel lui permet d'être plus fort que Crafty à nombre de nœuds égal est validée empiriquement. C'est une démonstration publique, sportive et transparente, de la philosophie schröderienne.
VII. Le match du siècle néerlandais : Rebel contre Anand (1998)
Le contexte : l'été de l'Ischia
L'île d'Ischia, dans la baie de Naples, par une chaude semaine de juillet 1998. Un programme d'échecs sur un PC grand public à 2500 dollars, acheté dans un magasin ordinaire, va affronter le numéro deux mondial d'échecs.
Du 21 au 23 juillet 1998, Rebel joue en Italie, sur l'île d'Ischia, 8 parties contre le deuxième meilleur joueur d'échecs du monde, Vishy Anand. La question la plus passionnante était de savoir si un programme d'échecs commercial ordinaire tournant sur un PC ordinaire est capable de rivaliser avec le sommet humain des échecs. Deep Blue a prouvé que c'est possible — mais Deep Blue utilisait un matériel ultra-rapide et spécialement conçu pour plusieurs millions de dollars, calculant 200 000 000 de nœuds par seconde. La question est de savoir si Rebel, sur un PC disponible en magasin à 2500$, calculant 200 000 NPS, pourra poser un nouveau jalon.
La différence de vitesse est stupéfiante : Deep Blue calcule 1 000 fois plus vite que Rebel. Pourtant, Schröder l'envoie au combat.
Déroulement du match
Le match est structuré en trois séances sur trois jours :
21 juillet : 4 parties de blitz (5 minutes + 5 secondes Fischer par coup)
22 juillet : 2 parties en cadence rapide (30 minutes par joueur)
23 juillet : 2 parties en cadence classique (40 coups en 2h, puis 1h pour le reste)
Rebel remporte le match avec Anand 5-3 au total — mais perd 0,5-1,5 dans la section à cadence classique du match. La structure de ce résultat est fascinante. En blitz, Rebel est au moins l'égal d'Anand (temps de réflexion court = moins d'avantage humain). En cadence classique, c'est Anand qui domine — avec le temps, sa compréhension humaine du jeu positionnel transcende les calculs de Rebel. Le résultat global de 5-3 en faveur de Rebel est donc dû aux parties rapides et blitz, pas au jeu classique.
La partie 8 et le commentaire d'Anand
La partie 8 (cadence classique) devient le moment d'anthologie du match. Anand lui-même commente : "14.Dd3, ce coup m'a surpris. 14…b5, 15.Df3, je ne comprenais pas ce que le programme voulait. Après 15…Fe7, 16.Fe3, 0-0, 17.dxc5, Fxc5, 18.Fxc5, Dxc5, 19.Cd7, le gain matériel est sans valeur car les noirs ont une compensation fantastique. Mais soudainement j'ai remarqué 15…Fe7, 16.Fg5, et mes yeux sont devenus vitreux quand j'ai réalisé que 16…Fxg5, 17.Dxf7+, Rd8, 18.Dxg7 m'aurait forcé à abandonner. C'était un choc pour moi que de telles complications puissent soudainement surgir. On croit jouer une partie positionnelle calme et soudain on se retrouve au milieu de toutes sortes de tactiques."
Anand, numéro deux mondial, 2780 Elo FIDE à l'époque, avoue que Rebel l'a choqué avec des complications imprévues. Le commentaire de Christian Liebert, journaliste spécialisé, est éloquent : il félicite Ed Schröder et son Rebel pour ce résultat fantastique, considérant la nulle en cadence classique comme la vraie sensation — tenir la nulle face à un grand-maître à 2800 Elo à la cadence de tournoi, c'est chaud.
VIII. Rebel Century, Van der Wiel, et le crépuscule du commercial (2000–2003)
Rebel Century
En 2000, sort Rebel Century — une version anniversaire, enrichie, qui consolide les acquis techniques de la décennie. L'ICGA Journal lui consacre un article signé Jan van Reek et Jos Uiterwijk sur le match Van der Wiel vs. Rebel Century 3.0.
Johan van der Wiel est un grand-maître néerlandais, ancien champion des Pays-Bas. Le match est une nouvelle démonstration de la force de Rebel face à un joueur de très haut niveau, dans son pays d'origine. C'est aussi un signal de la maturité commerciale du programme.
Rebel 12 : le chant du cygne commercial (2003)
En octobre 2003, sort Rebel 12, la dernière version commerciale. Rebel 12 supporte le Chess Engine Communication Protocol et est commercialisé par Lokasoft, incluant leur interface graphique ChessPartner.
Au début des années 2000, Ed Schröder annonce sa retraite de la programmation compétitive et commerciale suite à la sortie de Rebel 12 en octobre 2003, citant l'émergence des moteurs open-source forts comme Fruit 2.1 comme un facteur clé qui a diminué la viabilité du développement propriétaire. La décision est lucide et douloureuse. Schröder voit ce que d'autres programmeurs refusent de voir : quand Fabien Letouzey publie les sources de Fruit, le modèle commercial des moteurs propriétaires commence à vaciller. Pourquoi payer pour Rebel si on peut avoir quelque chose de comparable gratuitement ?
IX. ProDeo : la vie après la retraite (2004–2021)
La naissance du cadeau
Environ un an plus tard (août 2004), le premier ProDeo est sorti, suivi de beaucoup d'autres chaque fois qu'il était dans l'humeur de le faire. Son intérêt n'était pas toujours dans la force de jeu mais souvent dans les nouvelles fonctionnalités.
Le nom est éloquent : Pro Deo, pour Dieu, gratuitement. Un programme offert à la communauté par un homme qui ne joue plus pour le titre ni pour l'argent, mais pour le plaisir.
ProDeo est une version gratuite de la série commerciale Rebel, avec un système de personnalité entièrement réécrit en langage naturel auto-explicatif, ce qui en fait l'un des moteurs d'échecs les plus paramétrables. ProDeo est compatible WinBoard et UCI, tourne sous Windows avec divers GUIs, et intègre une base de données EOC open source.
ProDeo introduit une innovation remarquable : la personnalisation du style de jeu en langage naturel. L'utilisateur peut écrire dans un fichier de configuration des paramètres comme "ChessKnowledge = 200" pour doubler la marge de la recherche sélective, ou ajuster des dizaines d'autres paramètres avec des noms compréhensibles. La démarche d'Ed Schröder est de partir de 1980 du désir d'avoir un moteur qui peut sacrifier du matériel et jouer une bonne attaque sur le roi — une vision qu'il a toujours portée.
La générosité de la retraite
En 2004, simultanément à la sortie de ProDeo, Schröder fait quelque chose d'exceptionnel pour la communauté. Quand Ed Schröder prend sa retraite de la compétition en 2003, il rend publique la quasi-totalité de sa connaissance sur les mécanismes internes de Rebel dans son "Programmer Corner" résumé dans How Rebel Plays Chess.
Ce document — disponible en PDF en ligne, analysé dans des cours universitaires, présenté dans des séminaires d'algorithmes extrêmes — est un cadeau à toute la communauté de la programmation d'échecs. Des centaines de programmeurs, dans les années qui suivent, s'appuieront sur ce texte pour comprendre et améliorer leurs propres programmes. La section d'évaluation statique est décrite comme "la section de code la plus dangereuse potentiellement en raison de l'élagage qui peut se produire" — et c'est cette section qui "a rendu Rebel dominant jusqu'en 1995 ou 1996".
X. Le retour : Rebel 14-16 et l'ère neuronale (2022–présent)
Une retraite à durée limitée
En janvier 2022, Ed Schröder sort de sa retraite. Le 12 janvier 2022, Ed Schröder revient de sa retraite pour publier Rebel 14 comme moteur d'échecs libre.
Rebel 14, publié en janvier 2022 sous licence GPL v3.0, est basé sur Fruit 2.1 de Fabien Letouzey et des améliorations de Pawel Koziol, avec l'évaluation de Fruit remplacée par une implémentation NNUE propriétaire appelée Benjamin 1.1, ainsi qu'un code d'inférence NNUE optimisé par Chris Whittington. Rebel 14 est plus de 350 Elo plus fort que le dernier ProDeo 3.1.
350 Elo de gain d'un coup. La puissance des réseaux de neurones appliquée à la base de Rebel est stupéfiante. Les premiers résultats étaient époustouflants — ils ont produit une amélioration Elo de 450 points ! Après un an, 250 points supplémentaires ont été ajoutés, résultant en un classement incroyable d'environ Elo 3600.
Mais Schröder note l'effet pervers : il y avait un effet secondaire négatif : un taux de nulles sans cesse croissant à chaque version plus forte. C'est une tendance générale. Aujourd'hui, les meilleurs moteurs, surtout sur des cadences longues, produisent souvent un taux de nulles de 90%. Les parties gagnées sont devenues rares. Schröder a commencé à perdre son intérêt et a arrêté de travailler sur de nouvelles versions plus fortes de Rebel.
Un homme fidèle à une vision
Cette dernière confession est peut-être la plus révélatrice de toute l'œuvre de Schröder. Un homme qui a créé un programme capable de jouer à 3600 Elo — une force surhumaine absolue — et qui s'ennuie. Parce que les parties sont toutes nulles. Il commence alors à travailler sur un nouveau moteur avec pour priorité le style de jeu, plutôt que l'augmentation du classement Elo. Depuis le début, depuis 1980, il a toujours eu un faible pour les moteurs qui pouvaient sacrifier du matériel et jouer une bonne attaque sur le roi.
La boucle est bouclée. En 1980, un passionné de La Haye voulait faire jouer une machine comme un attaquant romantique du XIXe siècle. En 2022, après 42 ans, il revient à cette même vision — parce que c'est ce qui lui a toujours semblé beau.
En novembre 2022 sort Rebel 16 avec un code de Chris Whittington, un réseau neuronal d'Ed Schröder et un livre d'ouvertures de Jeroen Noomen. Les trois piliers historiques — le moteur, les neurones, les ouvertures — réunis comme au premier jour.
XI. Tableau chronologique des versions et des classements
Programme
Année
Plateforme
Performance clé
Elo estimé
Rebel (BASIC/6502)1980-1982TRS-80 / Apple II3e DOCCC 1982~1400-1600
Mephisto Rebell 5.0198665C02 @ 3,7 MHz1er module commercial~1700-1800
Mephisto MM IV–V1987-19906502 8 bitsSérie de modules dédiés~1800-2000
Rebel (Edmonton 1989)1989Apple II / PC1ère Computer Olympiade~2000-2100
ChessMachine Gideon 3.01991ARM2 @ 14-16 MHzWMCCC Vancouver 1991~2300-2400
ChessMachine Gideon 3.11992ARM2 @ 32 MHzWCCC Madrid 1992~2450-2550
Rebel 101994-1997x86 PC DOSCommercial PC dominant~2550-2650
Rebel 10 exp.1998Pentium PCMatch Anand 5-3~2700
Rebel Century 3.02000x86 PC WindowsMatch Van der Wiel~2750
Rebel 122003x86 PC WindowsDernière version commerciale~2800
ProDeo 1.02004x86 PC UCI/WBFreeware, retraite~2600-2650
ProDeo 1.85 (→1.88)2013-2014PC multi-cœurs+180 Elo sur ProDeo 1.0~2700+
ProDeo 3.12019-2020PC multi-cœursDernière version pré-NNUE~2750
Rebel 14 (NNUE Benjamin 1.1)2022PC UCI GPL+350 Elo vs ProDeo 3.1~3100+
Rebel 162022PC UCI GPLCode Whittington + réseau Schröder~3200-3300
XII. Anecdotes et faits marquants
Le rebelle néerlandais : Pourquoi "Rebel" ? Aucune interview ne donne d'explication définitive, mais dans le contexte des années 80, le nom semble refléter une posture — un programmeur solo qui ose défier les programmes académiques et commerciaux bien établis.
"Null-Move, jamais de la vie" : Schröder refuse en 1986 d'explorer la technique du Null-Move qu'essaie de lui vendre Frans Morsch. Cinq ans plus tard, Morsch avec Fritz et Donninger avec Nimzo transforment l'industrie grâce au Null-Move. Schröder l'intègre finalement — mais à contre-courant, en l'utilisant autrement que tout le monde. Une entêtement créatif typiquement artisanal.
La photo de Madrid : L'image de Schröder épuisé mais heureux à Madrid en 1992, entouré de Jan Louwman, Richard Lang et Rob Kemper, reste l'une des plus belles de l'histoire du jeu d'échecs informatique. Légende sur le site de Schröder : "Madrid 1992, Ed Schröder, fatigué mais heureux."
La honte de Cologne 1986 : Rebel avait la victoire en main contre Bebe, et donc peut-être le titre mondial. Il rate un pion passé en finale et perd. Ce type de défaite — perdre sur quelque chose qu'un enfant de club aurait vu — marque les programmeurs profondément. Schröder travaillera pendant des années à améliorer la reconnaissance des pions passés dans son évaluation.
Anand sur l'île : Faire venir l'un des meilleurs joueurs du monde sur l'île d'Ischia pour jouer contre un PC de 2500$ — il y a quelque chose d'à la fois humble et audacieux dans cette mise en scène. C'est Schröder tout craché : pas de grande salle de presse new-yorkaise, pas de millions de dollars d'IBM, juste un bon PC, un bon joueur, et quelques jours de soleil italien.
"How Rebel Plays Chess" : Le PDF publié en 2004 est l'un des documents fondateurs de la communauté open-source des moteurs d'échecs. Schröder offre sans contrepartie l'équivalent de 20 ans de recherche privée. Des dizaines de programmeurs amateurs apprennent à écrire des moteurs d'échecs grâce à lui.
L'ironie du Null-Move : La communauté des programmeurs d'échecs doit une grande dette à Frans Morsch pour le Null-Move — celui-là même qui avait essayé d'en convaincre Schröder dans le couloir du championnat de Cologne en 1986, sans succès.
3600 Elo et ennui : En 2022, Schröder atteint 3600 Elo avec sa version NNUE. C'est peut-être le meilleur joueur d'échecs de l'histoire des Pays-Bas, humain ou machine confondus. Et il s'en désintéresse parce que toutes les parties finissent nulles. La beauté du jeu prime sur la performance brute — une philosophie cohérente de 1980 à 2022.
XIII. Héritage : l'artisan qui a tout offert
Ed Schröder représente une figure rare dans l'histoire de l'intelligence artificielle appliquée aux jeux : celle du programmeur-philosophe qui a une vision du jeu d'échecs et qui ne la trahit jamais.
Sa contribution se mesure à plusieurs niveaux. Le palmarès d'abord : deux titres mondiaux WCCC (Vancouver 1991, Madrid 1992), plus de 20 modules dédiés Mephisto, un match contre Anand bouclé à 5-3. L'ouverture ensuite : le document How Rebel Plays Chess est l'une des contributions les plus généreuses de l'histoire de la programmation d'échecs open-source. La vision enfin : de 1980 à 2022, un homme qui a toujours voulu que sa machine joue beau, qu'elle attaque, qu'elle sacrifie, qu'elle soit vivante.
Dans un domaine où la course à l'Elo finit par effacer toute identité stylistique, Rebel a toujours eu un visage reconnaissable — agressif, tactique, capable de surprendre un champion du monde dans une position supposément calme. C'est peut-être la vraie victoire de Schröder : pas les titres de Vancouver ou de Madrid, mais le fait qu'Anand, à Ischia en 1998, ait eu les yeux vitreux en réalisant ce que Rebel était en train de lui faire.
Bilan final :
1 titre WMCCC (Vancouver 1991, sous le nom Gideon)
1 titre WCCC (Madrid 1992, premier microordinateur champion du monde)
1ère Computer Olympiade 1989
~20 modules Mephisto dédiés (1985-1995)
1 match contre le n°2 mondial Anand : 5-3 (Rebel)
20 ans de documentation offerte gratuitement à la communauté
42 ans de programmation continue (1980-2022)
Un programme capable de 3600 Elo — qu'il a abandonné par ennui, parce que les parties ne ressemblaient plus à des échecs
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Anthologie Rebel · Gideon · ProDeo [...]
3 March, 2026Anthologie / Chess EnginesRebel - Schröder
Anthologie complète de Fritz / Quest et Nona
Anthologie complète de Fritz / Quest et Nona
Frans Morsch : le physicien néerlandais qui a popularisé le Null-Move et dominé le monde depuis son garage
I. Frans Morsch : portrait d'un physicien discret qui a changé le jeu d'échecs pour toujours
Il y a dans l'histoire de Frans Morsch une modestie naturelle qui tranche avec l'ampleur de son influence. Pas d'interview-fleuve dans Der Spiegel comme Hirsch, pas de document "How I Play Chess" offert à la communauté comme Schröder, pas de site personnel retraçant l'épopée comme Hyatt. Morsch parle peu. Il code.
Frans Morsch est un physicien néerlandais né en 1954 qui a commencé à expérimenter avec la programmation d'échecs à l'âge de treize ans. Treize ans — l'âge exact de Mark Uniacke quand il a découvert le Chess Challenger 10. Deux futurs champions du monde qui commencent la même année de leur vie, sans se connaître, dans des pays voisins, avec la même obsession.
Frans, né en 1954, commence la programmation d'échecs à treize ans. Pendant ses études de physique, il démarre sa carrière avec son premier programme Nona écrit en assembleur 6502, et après ses premiers succès en tournoi devient rapidement programmeur professionnel d'échecs — son premier ordinateur d'échecs dédié est le Mephisto Mondial basé sur Nona.
La physique. Pas l'informatique, pas les mathématiques appliquées comme Hirsch — la physique. Cette discipline du réel, de la mesure, des phénomènes observables, forge une façon de penser particulière : on ne spécule pas, on teste. On formule une hypothèse, on l'implémente, on mesure le résultat. Cette méthode scientifique appliquée à la programmation d'échecs produira des innovations concrètes et mesurables plutôt que des architectures théoriques élégantes.
Il développe des programmes pour Hegener & Glaser, Saitek, ChessBase et TASC, notamment son programme Quest qui évolue en Fritz en 1991. Après la publication de Fritz 13 et vingt-deux ans d'auteur principal, Frans Morsch prend sa retraite de ChessBase de son propre chef. Vingt-deux ans. De 1991 à 2013, un seul homme — en collaboration avec Mathias Feist pour les aspects PC et Windows — produit le programme d'échecs commercial le plus vendu et le plus reconnu de l'histoire, tout en continuant à jouer un rôle discret dans la communauté scientifique du domaine.
II. Nona : la déesse des destins tisse ses premiers fils (1967–1984)
Le premier programme à treize ans : assembleur 6502 et mythologie romaine
Frans commence sa carrière avec son premier programme Nona écrit en assembleur 6502. Le nom Nona est une référence à la mythologie romaine — dans la religion romaine, les Parques (Parcae) sont les personnifications féminines du destin : Nona, Decima et Morta. Nona est celle qui file le fil de la vie. Pour un programme d'échecs qui doit "tisser" des lignes de jeu, le nom est d'une poésie discrète et parfaite.
Qu'un adolescent de treize ans en train d'apprendre l'assembleur 6502 — un langage de bas niveau qui travaille directement avec les registres du processeur, les adresses mémoire, les opérations bit à bit — produise son premier programme jouable est en soi remarquable. L'assembleur 6502 est le langage dans lequel on écrit le Apple II, l'Atari, le Commodore 64. C'est un langage d'artisan, exigeant et puissant.
Le parcours néerlandais : champion national face à Rebel
Les années qui suivent voient Nona s'imposer progressivement dans la scène néerlandaise du jeu d'échecs informatique. Nona et le Rebel d'Ed Schröder sont les aspirants dominants pour le titre néerlandais dans les événements à venir : Nona remporte le DOCCC 1986, Rebel le DOCCC 1987 avec Nona deuxième.
La rivalité Morsch-Schröder est l'une des grandes histoires parallèles de l'histoire du jeu d'échecs informatique néerlandais. Deux programmeurs du même pays, du même âge de génération, développant des programmes aux philosophies légèrement différentes, se battant pour la suprématie nationale. Nona remporte le DOCCC 1988 sous son nouveau nom Quest — à cette époque encore un programme 6502 — avant que Frans ne passe à l'Intel 8086 pour le PC IBM. La transition Nona → Quest accompagne la transition 6502 → 8086. C'est un changement de nom qui marque un changement d'ère : on quitte l'âge des microprocesseurs 8 bits pour entrer dans l'âge du PC. Le programme garde son essence, change de vaisseau.
L'anecdote Cologne 1986 : Schröder raconte la scène du couloir
L'histoire la plus célèbre du rapport Morsch-Schröder n'est pas une partie d'échecs — c'est une conversation de couloir au WCCC 1986 de Cologne. Frans Morsch, ainsi que d'autres programmeurs néerlandais comme Bart Weststrate et Dap Hartmann, font des expériences précoces avec le null-move récursif à la fin des années 1980, probablement après qu'il a été discuté lors du panel du WCCC 1986 suite à la présentation de Don Beal. Frans Morsch parle à Chrilly Donninger du null-move récursif, qui le popularise avec son article "Null Move and Deep Search" dans l'ICCA Journal 1993.
La séquence complète est la suivante : Beal présente une idée à Cologne en 1986. Morsch l'entend, l'expérimente, la développe dans Quest/Fritz. Il en parle à Donninger. Donninger publie en 1993. Tous les programmes d'échecs du monde l'adoptent. C'est la chaîne de transmission d'une des innovations algorithmiques les plus importantes de l'histoire du domaine — et Morsch est le maillon central, celui qui transforme une idée académique en pratique codée et qui la transmet à la communauté.
La cocasserie de l'anecdote Schröder — "Null-Move, jamais de la vie !" — est maintenant pleinement compréhensible. C'est Morsch qui essaie de convaincre Schröder à Cologne. Schröder refuse. Morsch développe. Cinq ans plus tard, tout le monde utilise le Null-Move. Schröder l'intègre lui-même, à contrecœur, mais brillamment.
III. Les échiquiers dédiés : Quest habille les meilleures machines (1985–1994)
Le Mephisto Mondial : la première commercialisation
En 1985, déjà affilié à Hegener & Glaser et Nona commercialisée sous le nom Mephisto Mondial, Frans porte Nona sur le code d'interface plus rapide d'Ed Schröder pour le matériel Mephisto, et Ed — qui ne concourt pas avec Rebel cette année-là — est même mentionné comme co-auteur de Nona pour ce tournoi 1985.
L'épisode Schröder-code-d'interface est fascinant à deux titres. D'abord, il montre que les deux rivaux néerlandais coopèrent techniquement même quand ils se battent sportivement. Ensuite, il illustre un principe fondamental du monde Mephisto : les programmeurs partagent parfois des composants d'infrastructure (interfaces matérielles, routines d'initialisation) tout en gardant leurs algorithmes de jeu jalousement secrets.
Le Mephisto Mondial est lancé en 1985 dans la gamme modulaire Mephisto. Les ordinateurs actuellement vendus sous la marque Mephisto utilisent des programmes écrits par Frans Morsch. Cette mention de la présence de Morsch chez Mephisto/Saitek dit quelque chose d'important : sa relation avec les échiquiers dédiés ne s'est jamais interrompue.
La TASC ChessMachine et Chessica (1991–1995)
Quest est la base de code de divers programmes commerciaux et ordinateurs dédiés, notamment le célèbre moteur Fritz de ChessBase en 1991, et le moteur Chessica de TASC en 1995, après que Fritz remporte sensationnellement le WCCC 1995. Deux programmes simultanés, deux marchés différents, une seule base de code. C'est la marque du programmeur professionnel : un code suffisamment bien architecturé pour être adapté à des environnements radicalement différents — le PC de bureau de ChessBase d'un côté, la carte ARM de TASC de l'autre.
La version 6502 de Quest est en outre commercialisée sous le nom Sphinx 8 bits par Newcrest Technology, et est également portée sur le processeur H8, utilisé dans de nombreux appareils dédiés de divers fabricants au début des années 1990, comme le Saitek Brute Force et le GK 2100. La multiplicité des plateformes d'Quest/Nona est vertigineuse : 6502, Intel 8086, ARM, H8 — quatre architectures de processeur radicalement différentes. Morsch les maîtrise toutes. C'est la conséquence naturelle d'une formation en physique : on s'adapte aux contraintes du réel, on ne refuse pas un processeur parce qu'il n'est pas sa préférence théorique.
Le Saitek GK 2100 et ses clones
Parmi les nombreux appareils dédiés animés par des versions de Quest, le Saitek GK 2100 est particulièrement représentatif. Vendu à des centaines de milliers d'exemplaires dans les années 1990, accessible, abordable, avec un plateau en plastique et une interface simple, il démocratise le jeu d'échecs contre ordinateur pour des millions d'utilisateurs qui n'auraient jamais pu s'offrir un plateau Mephisto à 500 marks. Les Saitek Centurion, Président, MMIV, GK 2100 et Cosmos sont parmi les appareils qui utilisent des moteurs de Frans Morsch.
C'est l'autre dimension de l'héritage Morsch que l'histoire retient moins — pas le titre mondial de Hong Kong 1995, pas les matchs contre Kasparov et Kramnik, mais les millions d'appareils de salon qui ont initié des millions de joueurs aux échecs contre une machine, grâce à sa philosophie de jeu encodée dans quelques kilooctets de ROM.
IV. La naissance de Fritz : une longue promenade dans un parc de Bonn (1991)
La rencontre fondatrice : Wüllenweber, Friedel et la stratégie ChessBase
Début 1991. ChessBase a cinq ans d'existence. La société hambourgeoise de Matthias Wüllenweber et Frederic Friedel a construit un empire sur les bases de données d'échecs — un logiciel qui permet d'analyser des millions de parties, de préparer des ouvertures, d'étudier les finales. C'est le programme que tous les grands-maîtres utilisent, de Kasparov à Karpov.
Mais il manque quelque chose d'essentiel. Pendant cinq ans, ChessBase a vigoureusement vendu son programme de base de données professionnel, que la plupart des joueurs ambitieux, jusqu'au champion du monde, utilisaient pour étudier le jeu. Ce que le programme de base de données ne pouvait pas faire, c'était jouer une partie contre vous ou vous conseiller sur la qualité des coups individuels. Pourquoi pas ? pense la société. Un plan est né !
Au début de 1991, ils contactent Frans. Lors d'une longue promenade dans un parc de Bonn, les fondateurs de ChessBase Matthias Wüllenweber et Frederic Friedel le convainquent d'écrire une version MS/DOS de Quest, qui pourrait être utilisée comme programme de jeu sur PC. En quelques mois, Frans livre la version PC de Quest.
La promenade dans le parc de Bonn est l'une des scènes fondatrices de l'histoire de ChessBase. Deux hommes de marketing et un physicien néerlandais, marchant entre les tilleuls rhénans, négociant la naissance du programme d'échecs le plus vendu de l'histoire. La suite — vingt millions d'utilisateurs, des matchs contre Kasparov et Kramnik, 20 versions sur 30 ans — commence là, par une promenade.
Le nom "Fritz" : le génie marketing d'Olaf Oldigs
Le problème qui suit immédiatement la livraison du programme est son nom. Un des problèmes était de trouver un nom pour ce programme. "Grandmaster Chess", "Chess Complete", "Total Chess" ? Ils consultent un des principaux experts allemands en marketing et branding, Olaf Oldigs, qui a une idée surprenante : appelez-le "Fritz", donnez-lui un nom personnel, non-menaçant. L'Allemagne venait d'être réunifiée et pour la première fois depuis des décennies on se sentait bien d'être allemand.
Le contexte est crucial : novembre 1991, quelques mois seulement après la réunification allemande d'octobre 1990. L'Allemagne sort de quarante ans de division. Donner un prénom allemand ordinaire à un programme d'échecs — pas "GrandMaster Pro", pas "ChessGenius II", mais Fritz — est un acte culturel autant que commercial. Le prénom Fritz est originellement un surnom allemand de Friedrich, ou Frederick. "Der Alte Fritz" était le surnom du roi Frédéric II de Prusse. Il y a là une résonance prussienne, sérieuse, fiable — et en même temps populaire, familier, presque affectueux. Olaf Oldigs a eu un coup de génie.
Fritz est commercialisé cette année-là comme Knightstalker aux États-Unis et Fritz partout ailleurs dans le monde. Le nom américain — Knightstalker, "le chasseur de cavalier" — est moins heureux. C'est Fritz qui survivra.
V. La philosophie algorithmique : tout est dans le Null-Move
Fritz est bâti autour du null-move search
Frans Morsch explique : "Fritz est construit autour de la recherche dite null-move. Dans le cadre de sa recherche, Fritz permet à un camp de jouer deux fois (l'autre camp effectue un coup nul). Si la position après le coup nul ne retourne pas une valeur élevée dans la fonction d'évaluation, alors clairement le premier des deux coups ne contenait pas de menace. Cela s'applique à 95% des coups dans une recherche. Détecter ces coups avant qu'ils ne soient recherchés jusqu'à leur pleine profondeur est une excellente méthode pour accélérer la recherche."
Cette explication de Morsch lui-même est la description la plus claire et la plus concise qui existe du Null-Move dans la littérature. Il ne s'agit pas d'un article académique avec des équations et des benchmarks — c'est la formulation directe, physicienne, d'un homme qui a implémenté l'idée et observé qu'elle fonctionnait.
Augmenté des techniques sélectives de Morsch comme la recherche null-move, Fritz atteint une accélération reportée de 10 fois dans les positions non-tactiques. Un facteur 10 d'accélération — c'est la différence entre chercher à 10 coups de profondeur et chercher à 15-16 coups de profondeur dans le même temps. Une différence qui se mesure directement en force de jeu.
La conception autour du null-move : cohérence architecturale
Ce qui distingue Fritz de nombreux contemporains n'est pas simplement l'utilisation du null-move — d'autres l'adoptent aussi après la publication de Donninger en 1993 — mais le fait que toute l'architecture du programme soit pensée autour de lui. Les générateurs de coups, les fonctions d'évaluation et les structures de données ont été conçus pour maximiser l'efficacité de la recherche null-move.
C'est la différence entre prendre un moteur existant et lui ajouter le null-move comme une couche supplémentaire — ce que font la plupart des programmes — et concevoir un moteur pour que le null-move soit le principe structurant. Morsch fait le second. C'est plus risqué architecturalement mais potentiellement plus efficace.
La vitesse : assembleur optimisé à 1000 cycles par position
Le moteur de recherche est écrit en assembleur hautement optimisé. La version actuelle cherche à raison de mille cycles de processeur par position. Mille cycles de processeur par position — en d'autres termes, sur un processeur à 90 MHz (celui utilisé au WCCC 1995), Fritz évalue environ 90 000 positions par seconde. Ce n'est pas le chiffre le plus impressionnant de l'époque — Cray Blitz dans les années 1980 allait beaucoup plus vite — mais l'efficacité par cycle est remarquable. Un cycle de processeur correspond à environ 10 nanosecondes. Fritz fait une évaluation complète en 10 microsecondes. C'est de l'horlogerie de précision.
VI. Les premières performances humaines : un programme qui apprend vite (1991–1994)
Fritz 1 (novembre 1991) : 2007 SSDF sur 386
Fritz 1.0 sur un 386/25-33 MHz obtient 2007 SSDF sur la liste de mai 1996 — c'est le score rétroactif d'un programme qui date de 1991 testé a posteriori. 2007 Elo en 1991 sur un 386, c'est un niveau de candidat-maître. Suffisant pour battre l'immense majorité des joueurs de club.
Fritz 3 sur l'ordinateur portable de Kasparov (1992)
L'épisode est raconté avec délectation par Frederic Friedel dans la série "Happy Birthday Fritz" de ChessBase. En 1992, le champion du monde régnant Garry Kasparov joue 35 parties de blitz contre une bêta de Fritz 3 sur son ordinateur portable. Il gagne 31, l'ordinateur en gagne quatre. Quatre victoires d'un programme en bêta sur un ordinateur portable contre le meilleur joueur du monde — en 1992, c'est déjà un signal d'alarme. Kasparov, qui dominait Deep Thought sans effort quelques années plus tôt, commence à remarquer quelque chose de dangereux dans ces programmes sur PC ordinaires.
Intel World Chess Express Challenge 1994 : l'événement qui change tout
En 1994, Fritz est co-premier avec Kasparov dans le tournoi de blitz le plus fort de tous les temps (17 grands-maîtres, moyenne Elo de 2625). Dans un effort suprême, Garry gagne le playoff.
Ce tournoi de blitz de Munich 1994 est l'un des moments les plus mémorables de l'histoire des rencontres homme-machine. Kasparov — le meilleur joueur humain de l'histoire — doit livrer un "effort suprême" pour battre Fritz en playoff. Ils finissent à égalité en score régulier. Après le défi Intel, Garry discute de l'événement lors de l'émission sportive premium de la télévision allemande. Il joue une partie de démonstration rapide contre Fritz — et perd.
Kasparov perd une partie de démonstration en direct à la télévision allemande. En 1994. Contre un programme sur PC, en bêta de Fritz 4. C'est l'événement qui ouvre les yeux du grand public européen sur la progression terrifiante des programmes commerciaux. La presse en fait des gorges chaudes. La question "quand les machines battront-elles définitivement les humains ?" entre dans le débat public.
VII. Le WCCC 1995 de Hong Kong : le titre mondial et la partie contre Deep Blue
Shatin, Hong Kong, 25-30 mai 1995
Le 8ème Championnat du Monde WCCC se tient dans le bâtiment d'ingénierie Ho Sin Hang de l'Université Chinoise de Hong Kong à Shatin, Hong Kong. Fritz sur un Pentium à 90 MHz remporte le titre après un playoff contre Star Socrates, après avoir déjà battu le prototype de Deep Blue en ronde cinq. La composition du champ est remarquable. On y trouve Fritz (Morsch), Deep Blue Prototype (IBM), Star Socrates (équipe américaine), Ferret (Bruce Moreland), MChess (Hirsch), Junior (Ban-Bushinsky). C'est le tournoi le plus fort de l'histoire jusqu'alors.
La partie contre Deep Blue Prototype : 39 coups de maestria
La ronde 5 oppose Fritz (noirs) à Deep Blue Prototype (blancs). Le résultat : 0-1, victoire de Fritz en 39 coups. Fritz choisit une Sicilienne Najdorf avec des complications aiguës. Le programme joue 13…Tg8 — une tour sur la colonne g à l'intention claire d'attaquer le roi blanc à court terme. La partie évolue avec Fritz sacrifiant des pions pour l'initiative. Au coup 39, Deep Blue abandonne.
Le paradoxe est délicieux : Deep Blue, la machine à 50 millions de dollars construite par IBM avec des puces VLSI spécialisées calculant des centaines de millions de positions par seconde, perd contre un Pentium à 90 MHz calculant 90 000 positions par seconde. Le ratio de vitesse est de l'ordre de 1 000 à 10 000 contre 1, et Fritz gagne quand même. C'est la démonstration ultime — plus forte que tout titre de championnat — que la qualité de l'algorithme peut écraser la puissance brute.
Le playoff contre Star Socrates
Star Socrates, le programme américain de Chris Joerg et Don Dailey, termine à égalité de points avec Fritz après les rondes régulières. Un playoff en une ou plusieurs parties décide du titre. Sur la photo du playoff — Star Socrates vs. Fritz — on voit Chris Joerg, Don Dailey, Frans Morsch et Mathias Feist. C'est une des photos les plus connues de l'histoire du jeu d'échecs informatique : quatre programmeurs, deux équipes, un titre mondial en jeu dans une salle de l'Université Chinoise de Hong Kong. Fritz remporte le playoff. Morsch tient le Shannon Trophy.
Ce titre est décisif dans l'histoire de ChessBase. Avant Hong Kong 1995, Fritz est un produit commercial sérieux mais parmi d'autres. Après Hong Kong 1995, Fritz est le champion du monde. Les ventes explosent. ChessBase, qui était déjà dominante sur le marché des bases de données, devient aussi l'empire incontesté des logiciels de jeu.
VIII. L'ère de domination commerciale (1996–2002)
Fritz 4 Windows (1996) : la révolution de l'interface
Depuis la version 4, publiée en 1996, Fritz tourne sur Windows et est jusqu'à aujourd'hui un des programmes d'échecs les plus populaires et couronnés de succès au monde. La transition vers Windows est portée par Mathias Feist, qui rejoint ChessBase à la fin des années 1980. Avec la version 4 en 1995, Feist dirige les efforts de portage vers le système d'exploitation Windows, permettant une accessibilité plus large dans les environnements graphiques émergents.
Feist est l'homme de l'ombre de l'histoire Fritz — jamais autant mis en avant que Morsch, mais fondamental pour la transformation du moteur en produit commercial de masse. L'interface Windows de Fritz 4 est, pour l'époque, un chef-d'œuvre d'ergonomie : fenêtre d'échiquier, barre d'information, variation principale affichée en temps réel, livre d'ouvertures consultable. C'est l'interface qui va définir le standard du marché pendant une décennie.
AEGON 1996 : meilleur résultat de l'histoire pour un programme
Fritz obtient le meilleur résultat informatique du tournoi AEGON man-machine de 1996. Quest est le programme le plus fort du tournoi AEGON 1996. Morsch aligne simultanément les deux versions de son programme — Fritz dans sa version commerciale Windows, Quest dans sa version expérimentale — et domine l'événement.
1997–1998 : Fritz en tête du classement SSDF
En 1998, Fritz est en tête du prestigieux classement suédois des ordinateurs d'échecs. La domination SSDF — la liste de référence mondiale pour les classements de programmes — est conquise entre 1997 et 1998. En 1993, Fritz se classe co-premier lors d'un tournoi de blitz à Munich avec toute l'élite mondiale.
Les tournois contre les grands-maîtres (1997–1999)
Cette période est celle où Fritz sort des compétitions entre programmes pour s'imposer dans des tournois humains. Les résultats sont spectaculaires : en décembre 1997, à Cologne, Fritz joue dans le tournoi international de grands-maîtres IMPULS, terminant troisième avec 10/13 points et un Elo de performance de 2700. En mai 1998, Fritz bat le GM Epishin 2-1 à Kuppenheim. En juin 1998, Fritz remporte le Frankfurt Chess Classic devant des joueurs de classe mondiale : Ivanchuk, Beliavski, Kortchnoi et Hübner, avec un Elo de performance de 2780. En mars 1999, au CeBit de Hanovre, Fritz joue 1-1 contre Garry Kasparov. En avril 1999, Fritz bat Judit Polgar 5½-2½ avec un Elo de performance de 2810.
La séquence est vertigineuse. 2700 de performance à Cologne, 2780 à Francfort, 1-1 contre Kasparov au CeBit, 2810 contre Polgar. En moins de deux ans, Fritz passe de meilleur programme commercial au programme qui bat les meilleurs joueurs du monde dans des conditions normales de tournoi. Le Frankfurt Chess Classic 1999 est particulièrement spectaculaire. Fritz 6 gagne le tournoi-maîtres de Francfort avec un Elo de performance de 2823, devant Leko, Topalov et Svidler. Un plein point d'avance sur le deuxième. Dans un tournoi double round-robin de hauts niveaux.
IX. Les grands matchs homme-machine (1994–2006) : Fritz face aux champions
Kasparov vs. Fritz 4, Londres 1995 : la victoire humaine
En 1995, Kasparov joue contre Fritz 4 à Londres. Avec les pièces noires, Garry entre dans une bataille classique Nimzo-Indienne. Il échange son fou contre le cavalier de Fritz. Puis il joue une très habile finale pour gagner. Dans la deuxième partie, quand Fritz avait les noirs, il choisit la Défense Tarrasch. Garry simplifie vers une finale avec fous de couleurs opposées, obtient la nulle et remporte le match. Kasparov gagne, mais de justesse, et seulement en choisissant soigneusement ses ouvertures pour éviter les complications aiguës où Fritz excelle. Cette stratégie — jouer positionnel et solide contre un ordinateur pour le priver de complications tactiques — deviendra la doctrine anti-ordinateur de toute une génération de grands-maîtres. Kramnik la portera à sa perfection en 2002.
Brains in Bahrain 2002 : Deep Fritz contre Kramnik, la nulle incroyable
Bahreïn, octobre 2002. Vladimir Kramnik — champion du monde d'échecs classique depuis 2000, vainqueur de Kasparov en match en titre — affronte Deep Fritz 7 dans un match de 8 parties avec un enjeu médiatique considérable. Pour le match, ChessBase est tenu de geler le code Fritz plusieurs mois avant le début, tandis que Kramnik reçoit exactement cette version, lui permettant à lui et à ses secondants de préparer. Le matériel utilisé par Fritz est une machine Compaq à huit processeurs à 900 MHz, capable de faire tourner Fritz à une vitesse d'environ 3,5 millions de nœuds par seconde.
Le soin apporté à l'équité du match tranche avec les conditions controversées du match Kasparov-Deep Blue 1997. Ici : code gelé, version fournie à l'avance, possibilité d'ajournement pour Kramnik au-delà de 56 coups, utilisation de Fritz pour l'analyse overnight. Kramnik est avantagé — et pourtant.
Kramnik gagne les parties 2 et 3 par des tactiques anti-ordinateur conventionnelles — jouer de façon conservatrice pour un avantage à long terme que l'ordinateur n'est pas en mesure de voir dans son arbre de recherche. Après une nulle en ronde 4, Kramnik perd la ronde 5 sur une gaffe. La ronde 6 est décrite par les commentateurs comme "spectaculaire". Kramnik sacrifie un cavalier pour lancer une attaque dévastatrice sur le roi noir. Seule une défense parfaite de l'ordinateur pouvait sauver la position noire, et Fritz trouve lentement la main supérieure. Quand finalement les noirs se fracassaient, Kramnik abandonne. Seulement le lendemain se révèle-t-il qu'il a abandonné dans une position qu'il aurait pu défendre — peut-être l'événement le plus choquant du match.
Kramnik a abandonné dans une position nulle. Il ne l'a pas vu. La pression psychologique de jouer contre une machine, l'impossibilité de "lire" l'adversaire, la certitude que l'ordinateur ne fait jamais de cadeaux — tout cela a craqué les nerfs d'un champion du monde. Score final : 4-4, deux victoires chaque camp.
Kramnik vs. Deep Fritz 10, Bonn 2006 : la défaite qui signe la fin d'une ère
Kramnik joue un match de six parties contre Deep Fritz en novembre-décembre 2006 à la Galerie d'Art Nationale de Bonn. Il reçoit 500 000 euros pour jouer et aurait reçu 500 000 euros supplémentaires s'il avait gagné le match. Entre 2002 et 2006, le matériel a évolué : Kramnik fait face à un système Dual Intel Core 2 Duo 5160 qui permet à Deep Fritz — aussi amélioré de la version 7 à la version 10 — de calculer environ huit millions de positions par seconde. En 2002, la version Bahreïn de Deep Fritz ne pouvait calculer "que" 2,7 millions de positions par seconde. Trois fois plus vite, et le programme lui-même est bien meilleur. Kramnik n'a aucune chance réelle.
La partie 2 devient la plus célèbre — ou la plus tristement célèbre — de toute la série des matchs homme-machine. Le monde entier apprend que Kramnik a raté un mat en 1 dans une position équilibrée. Kasparov, commentant le match, "prend tous les paris" sur le fait que les blancs ne peuvent pas gagner après 30.e3. Le coup 34…De3 de Kramnik est un des plus grands blunders de l'histoire des matchs au plus haut niveau — il laisse Dh7 mat disponible, un mat en un coup. Dans les secondes qui suivent, la salle entière réalise. Kramnik continue de regarder le plateau. Il ne voit pas. Il joue. Fritz joue Dh7#. C'est terminé. Score final du match de Bonn : 2-4, victoire de Deep Fritz.
X. L'après-Morsch : de Fritz 13 à Fritz 20 (2013–2025)
La retraite de Morsch et la succession
Après la publication de Fritz 13 et vingt-deux ans d'auteur principal, Frans Morsch prend sa retraite de ChessBase de son propre chef. L'annonce tombe en novembre 2013, simultanément à la sortie de Deep Fritz 14. La version 2013 de Deep Fritz 14 change de moteur, remplaçant celui de l'auteur original Frans Morsch par Pandix, écrit par Gyula Horváth. Fritz 15 est publié le 25 novembre 2015, avec le moteur Rybka de Vasik Rajlich. Fritz 17 est publié le 12 novembre 2019 et utilise le moteur Ginkgo, écrit par Frank Schneider. La succession est complexe — Pandix, puis Rybka, puis Ginkgo. Chaque changement de moteur correspond à une tentative de maintenir Fritz compétitif dans un paysage dominé par Stockfish et Leela.
Fritz 18 Neuronal (2022) et l'ère des réseaux de neurones
Les versions Fritz 18 et 19 intègrent des améliorations de style Leela MCTS et poussent les classements Elo globaux au-delà de 3500 dans les configurations les plus élevées.
Fritz 20 (2025) : l'IA générative entre dans l'échiquier
Fritz 20, publié le 19 mai 2025, représente un saut majeur dans l'intégration de l'IA, avec un moteur amélioré de plus de 100 points Elo plus fort que son prédécesseur, atteignant un classement estimé de 3580 et partageant la première place au Championnat du Monde d'Échecs Informatique 2024. Les innovations clés incluent des styles de jeu configurables imitant des maîtres historiques comme Morphy, Fischer et Karpov, avec une précision tactique réduite pour mettre l'accent sur les éléments positionnels et thématiques. Le moteur reconnaît plus de 170 thèmes et patterns d'échecs pour générer des commentaires contextuels en plusieurs langues via sortie vocale. Cette version intègre également un chat IA en temps réel pour une analyse interactive. 3580 Elo estimé. Co-vainqueur du Championnat du Monde d'Échecs Informatique 2024. Trente-quatre ans après la promenade dans le parc de Bonn, Fritz continue.
XI. Tableau des versions, des classements et des événements
Version
Année
Moteur / auteur
Événement clé
Elo SSDF/CCRL
Nona (6502)~1967-1984Morsch, 6502 ASMDOCCC 1986 champion NL~1400-1800
Quest (8086)1988-1991Morsch, IBM PCDOCCC 1988, 1994, 1999~1900-2200
Fritz 1 (DOS)Nov. 1991Morsch / FeistLancement ChessBase2007 SSDF (386)
Fritz 21992Morsch / FeistKasparov blitz notebook : 4 victoires~2100
Fritz 31993-1994Morsch / FeistMunich 1994 co-1er avec Kasparov~2300
Fritz 3 (WCCC)1995Morsch / FeistWCCC Hong Kong : champion du monde~2400
Fritz 4 (Windows)1996Morsch / Feist1ère version Windows, AEGON meilleur~2450
Fritz 51997-1998Morsch / FeistN°1 SSDF, Frankfurt Classic~2550-2600
Fritz 5.321998-1999Morsch / FeistPolgar 5,5-2,5 (perf. 2810), 1-1 Kasparov CeBit~2600
Fritz 61999-2000Morsch / FeistFrankfurt 1999 perf. 2823, n°1 SSDF~2650
Deep Fritz 6/72000-2002Morsch / FeistMulti-processeurs, Bahreïn 4-4 Kramnik~2720 SSDF
Fritz 82002-2004Morsch / FeistSSDF 2754 (simple), Deep Fritz 8 : 27802754 / 2780 SSDF
Fritz 9-112005-2010Morsch / FeistBonn 2006 : Deep Fritz bat Kramnik 4-2~2800-3050
Fritz 12-132010-2013Morsch / FeistDernières versions Morsch~3050-3100 CCRL
Deep Fritz 142013Pandix / HorváthRetraite Morsch~3100
Fritz 15-162015-2017Rybka / RajlichMoteur Rybka~3200
Fritz 17-182019-2021Ginkgo / SchneiderMoteur Ginkgo, NNUE update 2022~3300-3400
Fritz 192023Ginkgo / SchneiderPersonnalités (Morphy, Fischer…)~3450
Fritz 202025Frank SchneiderCo-champion du Monde 2024, 3580 Elo, IA générative~3580
XII. Anecdotes et faits marquants
La promenade dans le parc de Bonn : Lors d'une longue promenade dans un parc de Bonn, Wüllenweber et Friedel convainquent Morsch d'écrire une version DOS de Quest. La décision qui produit le programme d'échecs le plus vendu de l'histoire a été prise entre deux tilleuls rhénans, probablement en marchant sur des feuilles mortes d'automne 1991.
Le Null-Move et la chaîne de transmission : Frans Morsch parle à Chrilly Donninger du null-move récursif, qui le popularise par son article dans l'ICCA Journal 1993. L'innovation la plus importante du jeu d'échecs informatique des années 1990 est née d'une conversation entre deux programmeurs. Morsch implémente, Donninger publie, le monde adopte. Schröder qui refusait d'y croire en 1986 finit par l'utiliser lui aussi.
Deep Blue battu par un Pentium 90 MHz : La victoire de Fritz contre Deep Blue Prototype en ronde 5 du WCCC 1995 est la démonstration la plus spectaculaire de l'histoire que l'algorithme peut battre la puissance brute. Un ratio de vitesse de calcul de 1000 à 1 en faveur de Deep Blue — et Fritz gagne quand même.
Kramnik et le mat en 1 : En novembre 2006 à Bonn, Vladimir Kramnik — champion du monde, ex-n°1 mondial, vainqueur de Kasparov — rate un mat en un coup contre Deep Fritz dans une position équilibrée. C'est peut-être le blunder le plus célèbre de l'histoire des matchs à ce niveau. La psychologie de la pression contre une machine, l'impossibilité de "lire" son adversaire — tout s'effondre en un coup.
Le nom inventé par un expert en branding : Olaf Oldigs, l'expert en marketing, choisit "Fritz" en novembre 1991 — un prénom personnel, non-menaçant, dans une Allemagne fraîchement réunifiée qui se sentait bien d'être allemande. Vingt ans plus tôt, une firme américaine aurait appelé le programme "ChessMaster Pro Ultimate Edition". L'Allemagne dit : Fritz.
Kasparov perd en direct à la télé : Après le défi Intel 1994, Garry discute de l'événement lors de l'émission sportive premium de la télévision allemande. Il joue une partie de démonstration rapide contre Fritz — et perd. En direct. Devant des millions de téléspectateurs allemands. C'est la première fois que le grand public réalise que quelque chose a changé.
22 ans, un seul auteur : De 1991 à 2013, Frans Morsch est l'auteur principal du moteur de Fritz. Vingt-deux versions, deux matchs contre des champions du monde, un titre mondial WCCC — et Morsch reste toujours aussi discret, répondant rarement aux forums, ne tenant pas de blog, n'accordant que de rares interviews.
De Knightstalker à Fritz 20 : En 1991, commercialisé comme Knightstalker aux États-Unis. En 2025, Fritz 20 est co-champion du monde d'échecs informatique à 3580 Elo. Trente-quatre ans de continuité de marque, de promenade dans un parc de Bonn à l'IA générative.
XIII. Héritage : l'empire commercial de la physique néerlandaise
L'histoire de Frans Morsch et Fritz est l'histoire de comment un programme né d'une conversation de couloir à Cologne et d'une promenade dans un parc de Bonn a dominé le marché mondial du logiciel d'échecs pendant plus de deux décennies.
Là où Crafty a construit sa gloire sur l'open-source et la transmission académique, là où HIARCS a cultivé son style humain, là où Junior et Shredder ont multiplié les titres de compétition — Fritz a choisi une troisième voie : la domination commerciale absolue, l'accessibilité maximale, l'interface irréprochable, et des performances sportives spectaculaires soigneusement médiatisées.
La contribution de Morsch à la technique du Null-Move — probablement son apport le plus durable à l'histoire du jeu d'échecs informatique — est paradoxalement moins connue que les titres de Fritz. C'est l'injustice habituelle : le praticien qui démontre que ça marche est moins cité que le théoricien qui publie pourquoi ça marche.
Palmarès final (période Morsch, 1991–2013) :
1 × Champion du Monde WCCC (Hong Kong 1995)
N°1 classement SSDF pendant plusieurs années (1997-1999 notamment)
1 match nul contre Kasparov (CeBit 1999, 1-1)
1 match nul contre Kramnik (Bahreïn 2002, 4-4)
1 victoire contre Kramnik (Bonn 2006, 4-2)
Victoires documentées contre Epishin, Judit Polgar (5,5-2,5), Kortchnoi, Ivanchuk, Beliavski, Hübner, Leko, Topalov, Svidler et de nombreux autres grands-maîtres en tournoi
Perf. 2823 Elo (Frankfurt 1999), perf. 2810 (contre Polgar 1999), perf. 2780 (Frankfurt 1998)
Nona/Quest : champion néerlandais DOCCC 1986, 1988, 1994, 1999
Architecte du Null-Move Search tel qu'utilisé dans pratiquement tous les programmes modernes
13 versions de Fritz comme auteur principal, plus 7 après sa retraite (et en comptant)
Programme d'échecs commercial le plus vendu de l'histoire
Un physicien néerlandais qui a commencé à 13 ans, qui n'a jamais crié victoire, et dont la promenade dans un parc de Bonn a changé l'histoire des échecs pour toujours.
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Anthologie Fritz · Quest · Nona [...]
2 March, 2026CollectionChronologie Novag
Chronologie Novag
Généalogie de la Force
Novag voit le jour en 1978 à Hong Kong, fondée par Peter Auge, un Allemand originaire de Nürnberg émigré au Canada puis installé dans la colonie britannique, associé à Eric Winkler, physicien suisse expert en électronique. La rupture survient dès 1979 : Winkler quitte l'aventure et fonde SciSys — futur Saitek — le rival de toujours. Les deux géants des ordinateurs d'échecs dédiés sont nés d'une même séparation. En 1981, Peter Auge engage un programmeur américain quasi inconnu du grand public : David Kittinger. Ce choix va définir l'identité de Novag pour les vingt-cinq années suivantes.
1981
Savant & Robot Adversary
Les premières créations signées Kittinger pour Novag. Le Savant est l'un des tout premiers ordinateurs d'échecs à proposer un échiquier LCD avec technologie tactile. Le Robot Adversary est une curiosité mécanique fascinante : un bras articulé déplace physiquement les pièces sur l'échiquier. Ces deux machines annoncent l'audace qui caractérisera toujours Novag.
Kittinger débute sa carrière d'informaticien avec MyChess, présenté au tournoi ACM en 1979, qui impressionne la communauté. C'est ce programme qui attire l'attention de Peter Auge.
1984
Super Constellation
Le chef-d'œuvre fondateur. Sur processeur 6502 à 3,6 MHz, Kittinger introduit son célèbre algorithme PSH (Pre-Scan Heuristics) : une approche sélective de la recherche qui confère à la machine un style de jeu "intuitif", capable de sacrifices de pièces et de coups spectaculaires. Force estimée : environ 1700 Elo. La machine est proposée jusqu'à 800 DM, avec une version plateau bois baptisée Constellation Expert. Elle embarque également la première bibliothèque d'ouvertures personnalisable par l'utilisateur — une première dans l'industrie, que Novag conservera sur tous ses modèles futurs.
Ses supporters l'appellent affectueusement le "Super Conny". Malgré ses défaites face aux machines 16 bits de Mephisto lors des grands tournois, elle remporte régulièrement des victoires spectaculaires contre des joueurs humains, ce qui assoit sa légende.
1985 – 1987
Constellation Forte (A & B)
Introduit comme successeur direct de la Super Constellation, la Forte apporte un écran LCD plus informatif affichant les informations de coup — une première dans la gamme Novag. La cadence monte à 5 MHz, ce qui améliore légèrement la force de jeu. La version B (1986) affine encore la bibliothèque d'ouvertures. Un premier pas vers la maturité logicielle, sans révolution algorithmique.
1988 – 1990
Super Expert & Super Forte
Le prestige de la gamme 8 bits atteint son apogée. Le Super Expert impose son plateau en bois avec capteurs de pression auto-répondeurs, tandis que le Super Forte propose la même puissance en version touches plastiques. Mais c'est le programme "C" (1989–1990, cadencé jusqu'à 6 MHz) qui constitue l'aboutissement ultime de Kittinger sur architecture 8 bits : grâce à ses nouvelles Selective Search Functions, il frôle le mur symbolique des 2000 Elo SSDF (1960 Elo old / 1860 Elo new). Pour beaucoup de spécialistes, ce programme reste à ce jour la machine 8 bits la plus forte jamais construite.
Kittinger lui-même reconnaît à cette époque que les limites du 8 bits sont atteintes. La prochaine évolution sera architecturale.
1990 – 1991
Scorpio / Diablo 68000
Le grand saut vers le 16/32 bits. Kittinger adopte le processeur Motorola 68000 à 16 MHz. Les attentes sont immenses — elles ne seront que partiellement comblées. La machine franchit enfin le cap des 2000 Elo SSDF (1900 new) et rivalise avec les meilleurs joueurs de club mondiaux. Son design massif et imposant en fait visuellement l'une des plus impressionnantes de la gamme.
Le modèle s'appelait initialement Scorpio mais dut être rebaptisé Diablo pour des raisons de marque déposée — un détail que beaucoup de collectionneurs ignorent.
1994 – 1996
Diamond & Sapphire
Un virage technologique décisif : Novag adopte le processeur Hitachi H8 à architecture RISC, inaugurant une lignée qui ira jusqu'au Turquoise. Le Diamond est la machine de salon haut de gamme ; le Sapphire, sa déclinaison portable. Le niveau de jeu atteint celui d'un Grand Maître en blitz. Ce sont les premières machines Novag véritablement compétitives face aux logiciels PC de l'époque.
1997
Novag Turquoise
L'héritier RISC de table. Héritier direct du Diamond et contemporain du Sapphire II, le Turquoise combine la compacité d'une machine de salon avec la puissance accumulée par Kittinger sur une décennie de développement H8. Processeur Hitachi H8/300 cadencé à 13,3 MHz effectifs (oscillateur quartz 26,6 MHz divisé par deux). Force constructeur annoncée : 2006 Elo — un chiffre généreux, que la liste Wiki de schach-computer.info révise à environ 1940 Elo international (2294 USCF). La machine est vendue 199 $ aux États-Unis. Son nom s'inscrit dans la tradition Novag des pierres précieuses (Sapphire, Diamond, Emerald), bien que sa finition soit résolument grise.
2000 – 2003
Star Diamond
Le chant du cygne de la haute performance Novag. Une force de jeu dépassant les 2300 Elo, clôturant l'ère des machines dédiées avant l'hégémonie des moteurs sur PC. Kittinger signe en 2003 sa dernière mise à jour logicielle pour cette machine — un point final à plus de vingt ans de collaboration ininterrompue avec Novag.
En 2009, Novag est rachetée par Solar Wide Industrial Ltd. Peter Auge avait auparavant transmis les rênes à sa fille, qui avait poursuivi l'aventure jusqu'alors.
Valter
Fiche Technique – Novag Turquoise
Fiche Technique : Novag Turquoise
Référentiel Matériel, Histoire et Étude Comparative
Le Novag Turquoise est l'une des dernières créations marquantes de la firme hongkongaise pour le marché grand public de la fin des années 90. Conçu par le programmeur américain David Kittinger, cet ordinateur d'échecs de table se distingue par son architecture RISC héritée du Diamond et sa profondeur d'analyse, dans un boîtier d'un design résolument contemporain pour l'époque.
Identité du Système
Fabricant
Novag Industries Ltd. (Hong Kong)
Mise sur le marché
1997
Prix de lancement
199 $ (États-Unis)
Programmeur
David Kittinger
Classement Elo (constructeur)
2006 Elo (selon schach-computer.info)
À titre de comparaison, la liste Wiki du même site, établie sur la base de parties de tournoi, estime la force réelle à environ 1940 Elo international (2294 USCF). L'écart s'explique en partie par des conditions de test différentes et par la tradition du marketing des constructeurs de l'époque.
Architecture et Puissance
Processeur
Hitachi H8/300 (RISC, 8 bits natif, instructions optimisées)
Fréquence d'horloge
13,3 MHz effectifs (oscillateur quartz 26,6 MHz, divisé par 2)
Mémoire Vive (RAM)
1 Ko
Mémoire Morte (ROM)
32 Ko
Profondeur de calcul
18 demi-coups
Capacités Logicielles
Bibliothèque d'ouvertures
8 900 demi-coups
Niveaux de jeu
128 (12 sections : tournoi, blitz, temps fixe, mort subite, profondeur fixe, analyse, facile, débutant, mat forcé, fun, finale, classique)
Reprise de partie
Mémoire longue durée (conserve la dernière position)
Retour arrière (takeback)
112 demi-coups
Affichage
Écran LCD à 6 positions (7 segments)
Entrée des coups
Capteurs de pression (technologie Sensor)
Sortie des coups
Affichage LCD + 16 LEDs périphériques
Règles spéciales reconnues
Roque, en passant, promotion, pat, nulle (50 coups, répétition de position, matériel insuffisant)
David Kittinger — L'homme derrière la machine
Ingénieur américain, Kittinger entre dans l'histoire de l'informatique d'échecs en 1979 avec MyChess, présenté au tournoi ACM et aussitôt remarqué. Peter Auge le recrute en 1981 et cette collaboration va durer plus de vingt ans. Kittinger forge l'identité sonore de Novag : son célèbre algorithme PSH (Pre-Scan Heuristics), appliqué dès la Super Constellation (1984), permet à la machine de jouer des coups "intuitifs" et des sacrifices de pièces, lui conférant un style proche de celui d'un joueur humain.
Parallèlement à son travail pour Novag, Kittinger développe WChess (1995), un moteur PC qui connaîtra une carrière prolifique : intégré à Power Chess (Sierra, 1996), USCF Chess (Interplay, 1998), Majestic Chess (Vivendi, 2003) et même Disney's Aladdin Chess Adventures (2004). En 1995, lors de la Harvard Cup — tournoi opposant moteurs et Grands Maîtres —, WChess réalise une performance historique, battant ou nullisant six joueurs internationaux de haut niveau. C'est ce même savoir-faire algorithmique qui anime le Turquoise.
Sa dernière mise à jour pour Novag date de 2003, sur le Star Diamond — point final à plus de deux décennies d'une collaboration unique dans l'industrie.
Modèles Apparentés
Le Turquoise s'inscrit dans la lignée H8 inaugurée par le Diamond (1994), première machine Novag à adopter le processeur Hitachi RISC. Il partage sa base technologique avec plusieurs contemporains de la gamme.
Novag Zircon II : Architecture processeur identique.
Novag Emerald Classic Plus : Moteur et composants électroniques étroitement liés.
Novag Sapphire II (1997) : Version voyage contemporaine du Turquoise, même génération logicielle.
Note de collectionneur : les forums spécialisés (HIARCS, TalkChess) classent régulièrement le Turquoise, l'Emerald Classic et l'Emerald Classic Plus dans le même palier de force — des machines solides, au plateau soigné, recommandées pour une pratique sérieuse sans atteindre les tarifs du Star Diamond.
Caractéristiques Physiques
Dimensions
28,5 × 33 × 2,5 cm
Taille du plateau
9 × 9 pouces (environ 23 × 23 cm)
Alimentation
Adaptateur secteur 9V DC – 300 mA (Novag 8210) ou 6 piles AA
Appréciation de l'esthète
"La machine est très design, je la trouve très belle. Elle fait preuve d'une réelle originalité, notamment avec son petit arrondi élégant qui accueille les boutons et l'écran. L'objet est indéniablement beau. Relativement bien finie, c'est une pièce à laquelle on s'attache sincèrement."
Le Saviez-vous ?
Deux Elos, deux réalités : Le chiffre de 2006 Elo provient de la fiche constructeur de schach-computer.info — une valeur Elo "marketing" typique de l'époque. La même source propose une liste Wiki basée sur des parties réelles, qui situe le Turquoise à environ 1940 Elo international. Les deux chiffres coexistent sans se contredire : l'un mesure le potentiel au niveau optimal, l'autre la force en condition de tournoi normalisé.
Fréquence réelle : Bien que cadencé à 13,3 MHz effectifs, le Turquoise embarque un oscillateur à quartz de 26,6 MHz — c'est cette valeur que Novag mettait en avant sur ses boîtes pour valoriser l'aspect RISC de la machine.
Collection Gemmes : Son nom s'inscrit dans la stratégie de Novag de nommer ses machines d'après des pierres précieuses (Sapphire, Diamond, Emerald, Zircon…), bien que sa finition soit grise. Une coquetterie de marketing assumée.
Dernier des Mohicans : Le Turquoise représente l'un des derniers développements significatifs sur processeur H8 optimisé, avant que les logiciels sur PC ne rendent définitivement obsolètes les machines dédiées moyen de gamme.
Novag et les champions : Dans les années 80, les boîtes de Novag arboraient la photo d'Anatoly Karpov, champion du monde, qui avait accepté d'endorser la marque. Plus tard, c'est le Grand Maître Raymond Keene qui prêta son image à la gamme. Un argument de vente qui n'avait rien d'anodin à l'époque.
Valter [...]
28 February, 2026Anthologie / Chess EnginesJunior - Amir Ban & Shay Bushinsky
Anthologie complète du logiciel d'échecs Junior
Anthologie complète du logiciel d'échecs Junior
Le programme d'échecs israélien le plus titré de l'histoire
I. Origines et Genèse (1985–1993)
L'histoire de Junior commence dans un appartement de Tel Aviv avec Amir Ban, mathématicien et informaticien israélien, détenteur d'un doctorat en Rationalité de l'Université Hébraïque de Jérusalem. Ban commence à programmer des jeux d'échecs dès 1985, d'abord en Turbo Pascal, avant de migrer vers le C, puis le C++.
Le programme prend d'abord le nom de projet interne. Ce n'est qu'en 1993 que Shay Bushinsky rejoint le projet, apportant une expertise particulière dans la fonction d'évaluation et l'optimisation algorithmique. Ce tandem formera l'un des duos les plus féconds de l'histoire du jeu d'échecs informatique.
L'apport de Bushinsky est fondamental : alors que Ban maîtrise la recherche et l'architecture générale, Bushinsky se concentre sur l'évaluation positionnelle, domaine dans lequel Junior allait révolutionner la conception des programmes d'échecs.
II. Premières armes (1994–1996)
Août 1994 : première apparition publique de Junior lors de l'Open national de Kfar-Saba en Israël. Le programme se classe quatrième du tournoi — une performance remarquable pour un nouveau logiciel face à des joueurs humains de bon niveau.
À cette époque, le paysage des programmes d'échecs est dominé par la puissance brute : Deep Blue d'IBM est en pleine construction, Fritz (allemand) et Crafty (américain, open-source) tiennent le haut du pavé. Junior adopte d'emblée une philosophie radicalement différente.
Boris Alterman, grand-maître israélien, rejoint l'équipe en tant que conseiller pour le livre d'ouvertures, avec également Alon Greenfeld. Ce partenariat entre programmeurs et grands-maîtres contribuera au caractère agressif et créatif du programme.
III. L'identité algorithmique de Junior : une révolution conceptuelle
Junior se distingue de tous ses contemporains par des innovations algorithmiques propres, que Bushinsky résume dans plusieurs interviews.
1. Le comptage asymétrique des coups (Move counting)
L'innovation la plus distinctive de Junior : le programme compte les coups ordinaires comme équivalant à deux coups, tandis qu'il compte les coups « intéressants » comme un seul coup ou même moins. En pratique, cela signifie que les variations prometteuses et tactiquement riches sont explorées beaucoup plus profondément que les lignes routinières. C'est une forme avancée d'extension de recherche sélective, bien au-delà de ce que les autres programmes utilisaient alors.
2. La modélisation de l'adversaire (Opponent modeling)
Junior intègre une forme rudimentaire mais efficace de modélisation de l'adversaire : il peut jouer des coups qui ne sont pas objectivement les meilleurs mais qui exploitent les faiblesses spécifiques de son opposant. Cette approche, rarissime dans les moteurs de l'époque, donne à Junior un caractère quasi-psychologique.
3. L'évaluation positionnelle abstraite
Là où Deep Blue et la plupart des programmes de l'époque se fondaient principalement sur le matériel (valeur des pièces) et sur la tactique, Junior développe une capacité unique à évaluer des avantages positionnels abstraits — initiative, pression, compensation dynamique — même quand aucun gain matériel immédiat n'est visible. Kasparov lui-même dira que c'est une avancée technologique comparée aux programmes précédents.
4. Null-move pruning et demi-ply heuristic
Junior exploite intensément la technique du null-move pruning (popularisée par Donninger) couplée à une heuristique propre de demi-ply développée par Ban, permettant d'accélérer considérablement la recherche sans perdre en qualité.
5. Style dynamique et sacrifices matériels
Ce n'est pas un hasard si Junior sacrifie régulièrement du matériel pour l'initiative : cette disposition est codée dans sa fonction d'évaluation. Le programme valorise systématiquement l'activité des pièces et la pression sur le roi adverse au détriment du simple comptage de matériel.
IV. L'ascension vers le sommet (1997–2001)
WMCCC 1997 – Paris : premier titre mondial
1997 constitue l'année charnière. Junior remporte le Championnat du Monde de Jeux d'Échecs sur Microordinateur (WMCCC) à Paris — son premier titre mondial. C'est aussi l'année où Deep Blue bat Kasparov, et le contexte médiatique autour des jeux d'échecs informatiques est électrique.
Le programme tourne alors sur du matériel grand public, sans processeurs spécialisés, contrairement à Deep Blue. C'est un argument fort : Junior prouve qu'un logiciel intelligent peut battre des programmes tournant sur des infrastructures beaucoup plus coûteuses.
Tournoi de Cadaqués 2000
Junior remporte le tournoi de Cadaqués 2000, une compétition majeure regroupant les meilleurs programmes mondiaux. Cette performance consolide sa réputation dans la communauté des programmes d'échecs.
Brain Games Qualifier – Avril 2001
L'un des épisodes les plus spectaculaires de l'histoire de Junior : lors du qualifier Brain Games (tournoi de sélection), Deep Junior affronte Fritz dans un match de 24 parties. Junior prend une avance colossale de 5 à 0. Fritz doit batailler ferme sur la fin, égalise in extremis à la toute dernière partie, puis remporte le playoff. C'est un de ces matchs où le résultat final masque la domination réelle exercée pendant la majeure partie de la compétition.
WMCCC 2001 – Maastricht : deuxième titre en microordinateurs
Junior s'impose au WMCCC 2001. Le résultat est stupéfiant : 8 points sur 9, sans la moindre défaite, et dans chaque partie disputée, Junior était en infériorité matérielle. Gagner des parties à 8/9 en ayant systématiquement moins de matériel que l'adversaire illustre mieux que tout autre statistique la philosophie unique du programme.
V. L'ère des Championnats du Monde WCCC (2002–2013)
Le WCCC (World Computer Chess Championship), organisé par l'ICGA (International Computer Games Association), est la compétition reine pour les programmes d'échecs. Junior va y dominer une décennie entière.
WCCC 2002 – Maastricht : premier Shannon Trophy
Junior remporte le 14ème WCCC à Maastricht. C'est le premier des six trophées Shannon — une tête de cheval sculptée en l'honneur de Claude Shannon, le père de la théorie de l'information et pionnier des jeux d'échecs informatiques. La Trophy (surnommée "Shanny") trônera de nombreuses années dans le salon d'Amir Ban.
WCCC 2004 – Ramat-Gan (Israël)
Troisième titre mondial, sur sol israélien cette fois. Junior remporte le WCCC 2004 à Ramat-Gan. Pour les deux programmeurs, c'est une consécration à domicile.
WCCC 2006 – Turin (Olympiade)
Le WCCC 2006 est organisé en marge de l'Olympiade d'échecs de Turin. Junior réalise un score de 9 points sur 11, devançant Shredder (8,5/11) et Rybka (8,5/11). C'est le 5ème titre de Junior depuis 2000, et le troisième Shannon Trophy consécutif pour Ban et Bushinsky. Pratiquement tous les concurrents tournent sur des machines parallèles : Zappa, l'ancien champion, dispose d'un superordinateur à 512 processeurs calculant 100 millions de positions par seconde.
WCCC 2009 – partagé
Junior partage le titre du WCCC 2009 — son quatrième titre à la compétition ICGA.
WCCC 2011
Cinquième titre WCCC, portant le total à six si l'on compte WMCCC 1997.
WCCC 2013 – titre record
Sixième Shannon Trophy pour Junior, ce qui en fait à cette date le programme d'échecs le plus titré de toute l'histoire du WCCC. Le Jerusalem Post titre : "Israel's Deep Junior still the king at World Computer Chess Championship". Il s'agit du 20ème championnat du monde depuis Stockholm 1974, et Junior en a remporté six.
VI. Le match du siècle : Kasparov vs Deep Junior (2003)
Contexte
Après la défaite de Kasparov contre Deep Blue en 1997, le champion du monde s'était soigneusement tenu éloigné des matchs hommes-machines pendant plusieurs années. C'est la FIDE, sous l'impulsion de son président Kirsan Ilyumzhinov, qui organise un retour en proposant une bourse de 1 million de dollars — et c'est Deep Junior qui est choisi comme adversaire.
Le match se tient à New York City en janvier-février 2003, à l'Athletic Club. C'est le premier match homme-machine sanctionné officiellement par la FIDE dans des conditions de jeu classique (parties pouvant durer jusqu'à sept heures). Deep Junior tourne sur du matériel grand public — calculant environ 2 à 3 millions de positions par seconde, contre des centaines de millions pour Deep Blue en 1997.
Déroulement des 6 parties
Partie 1 : Kasparov (blancs) joue de façon agressive et remporte la partie en 27 coups, en 3h40. Commentaire de Maurice Ashley, grand-maître américain : "Garry a joué des échecs dominants, un jeu ouvert agressif."
Partie 2 : Partie tactiquement intense. Kasparov tire un enseignement de ses déboires contre Deep Blue en 1996-97 (où il avait psychologiquement souffert d'une défaite en partie 2). Il choisit une continuation moins risquée et accepte la nulle en 30 coups.
Partie 3 : Deep Junior remporte une victoire remarquable, égalisant le score à 1,5-1,5.
Parties 4 et 5 : La partie 5 devient légendaire. Junior joue …Fxh2+, un sacrifice de fou spectaculaire sur h2, forçant Kasparov — numéro un mondial à l'époque — à accepter la nulle. Selon Shay Bushinsky : "Pour lui voir accepter une nulle était une reconnaissance digne de ce nom. Peut-être que contre d'autres il aurait continué, mais il a pris sa décision." Le sacrifice de fou est depuis cité dans de nombreux ouvrages comme exemple de jeu tactique brillant des ordinateurs.
Partie 6 : Nulle en Sicilienne Najdorf. Score final : 3-3.
Réception et signification
Ce résultat est universellement salué. Pour Kasparov, tenir la nulle contre un programme de cette force représente une performance humaine remarquable. Pour Junior, confirmer qu'un programme sur PC grand public peut rivaliser avec le meilleur joueur du monde au niveau classique (avec de longues réflexions) est une démonstration historique.
Kasparov décrira Deep Junior comme "une avancée technologique" par rapport aux programmes précédents, notamment dans sa capacité à évaluer des avantages positionnels abstraits.
VII. Autres performances notables
Juin 2007 – "Ultimate Computer Chess Challenge" organisé par la FIDE : Deep Junior affronte Deep Fritz et l'emporte 4-2, confirmant sa supériorité sur les autres grands programmes commerciaux de l'époque.
2006 – Radjabov : Deep Junior bat le grand-maître azerbaïdjanais Teimour Radjabov dans une partie rapide, démontrant son efficacité aussi dans les cadences accélérées.
CCT4 (2002) : Junior 7 remporte ce tournoi en ligne prestigieux avec 9 points sur 11, dans un champ de 46 programmes, la plupart opérés directement par leurs auteurs — ce qui lui confère un prestige particulier.
VIII. Évolution des versions et des classements Elo
Version
Année
Événement notable
Contexte
Junior 1.x1994Kfar-Saba, 4e place1ère version publique
Junior ~3-41997WMCCC Paris1er titre mondial
Junior 72001-2002WCCC 2002, CCT4~2-3M pos/sec, style dynamique
Junior 82003Match KasparovVersion utilisée dans le match
Junior 92004-2005WCCC 2004Améliorations évaluation
Junior 102006-2009WCCC 2006Dernière version ChessBase avant changement
Deep Junior 122010Sortie commerciale+200 Elo vs version 10, UCI, 32/64-bit, jusqu'à 40 cœurs
Deep Junior 132013WCCC 2013, 6e titreDernier champion mondial
Deep Junior Yokohama2013Sortie commercialeVersion UCI indépendante (HIARCS)
Classements Elo estimés (sources : CCRL, SSDF, IPON)
Les classements des moteurs d'échecs ne sont pas directement comparables aux Elo FIDE humains, mais donnent une idée de l'évolution :
Junior 7 (2001-2002) : environ 2650–2700 Elo sur les listes SSDF de l'époque
Junior lors du match Kasparov (2003) : estimé à 2700–2750 Elo en condition de match classique
Deep Junior 12 (2010) : environ 2900–2950 Elo selon les listes CCRL (4 cœurs, cadence 40 min/partie), soit une progression de ~200 Elo par rapport à la version 10
Deep Junior 13 (2013) : environ 2950–3000 Elo CCRL, niveau grand-maître super-élite largement dépassé
À titre de comparaison, Kasparov en 2003 est classé environ 2830 Elo FIDE. Deep Junior le tient à la nulle dans des conditions classiques — une performance cohérente avec un Elo machine supérieur à 2800.
IX. L'architecture technique en perspective
La force de Junior réside dans sa philosophie logicielle plutôt que dans la puissance brute. Là où Deep Blue (1997) utilisait 480 puces VLSI spécialisées dans deux armoires de superordinateur pour analyser 200 millions de positions par seconde, Junior tourne sur un PC du commerce à 2-3 millions de positions par seconde — soit 100 fois moins — et rivalise avec les meilleurs.
C'est la démonstration vivante que la qualité de l'algorithme de recherche et de la fonction d'évaluation peut compenser une différence énorme de puissance de calcul. Ce message influencera toute une génération de programmeurs.
La transition vers l'architecture multiprocesseur (d'où le préfixe "Deep") permettra ensuite de combiner excellence algorithmique et puissance parallèle. Deep Junior 12 supporte jusqu'à 40 cœurs simultanément, exploitant le protocole UCI (Universal Chess Interface).
X. Anecdotes et faits marquants
"Shanny" dans le salon : Le Shannon Trophy — la tête de cheval sculptée remise aux vainqueurs du WCCC — a trôné pendant des années dans le salon d'Amir Ban. Avec six titres, les Ban-Bushinsky ont dû trouver de la place.
Le fou de h2 : Le sacrifice …Fxh2+ contre Kasparov en partie 5 du match de 2003 est entré dans la légende. Junior, dont la philosophie valorise l'initiative et la compensation dynamique, a joué le coup que tout amateur de jeu d'attaque aurait rêvé de jouer.
Des mathématiciens, pas des champions : Amir Ban est un ancien champion national de mathématiques israélien des années 70. Ni Ban ni Bushinsky n'est un joueur d'échecs de haut niveau. Ils ont compris les échecs à travers les mathématiques et l'algorithmique — ce qui explique en partie l'originalité de leur approche.
L'invention de la clé USB : Amir Ban est aussi co-inventeur de la "disc on key", ancêtre de la clé USB. Un double héritage technologique peu connu.
Toujours derrière en matériel : Au WCCC 2001, Junior a gagné toutes ses parties en étant en infériorité matérielle. Gagner des parties d'échecs en ayant moins de pièces que l'adversaire — c'est la signature stylistique du programme portée à son paroxysme.
Un programme israélien dans un contexte géopolitique chargé : Bushinsky a évoqué que lors du match Kasparov en 2003, le contexte géopolitique difficile au Moyen-Orient et la tragédie de la navette Columbia ont éclipsé médiatiquement la performance. "Ce pays avait quelque chose qui fonctionnait, et quand [la Columbia] s'est produit, tout le monde était dans le deuil, et en comparaison un match d'échecs, c'est une blague."
XI. Héritage et postérité
Junior représente bien plus qu'une série de titres. Il incarne une philosophie du jeu d'échecs informatique fondée sur l'intelligence algorithmique plutôt que sur la puissance brute. Son influence se voit dans la façon dont les programmes modernes — de Rybka à Stockfish — ont intégré des fonctions d'évaluation de plus en plus sophistiquées, allant bien au-delà du simple comptage de matériel.
L'arrivée des moteurs neuronaux (AlphaZero en 2017, Leela Chess Zero, Stockfish NNUE) a certes rendu les programmes classiques comme Junior moins compétitifs au plus haut niveau. Mais la vision de Ban et Bushinsky — un programme qui joue "intéressant" plutôt que "correct", qui sacrifie pour l'initiative, qui modélise psychologiquement son adversaire — préfigurait d'une certaine façon l'intelligence heuristique que les réseaux de neurones allaient formaliser mathématiquement vingt ans plus tard.
Palmarès final récapitulatif :
2 × Championnat du Monde sur Microordinateur (WMCCC 1997, 2001)
6 × Championnat du Monde ICGA/WCCC (2002, 2004, 2006, 2009, 2011, 2013)
8 titres mondiaux au total — record absolu de l'histoire du jeu d'échecs informatique
1 match nul contre le champion du monde humain Garry Kasparov (3-3, 2003, FIDE)
1 victoire 4-2 contre Deep Fritz dans un match FIDE (2007)
Un programme israélien sur PC grand public, pensé par deux mathématiciens qui aimaient les sacrifices, a dominé le monde des échecs informatiques pendant plus d'une décennie. C'est l'une des grandes histoires de l'intelligence artificielle appliquée.
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Anthologie Junior [...]
27 February, 2026Anthologie / Chess EnginesThe King — Anthologie Intégrale de Johan de Koning
Encyclopaedia Scaccorum Digitalis
Anno 2026
The King - Johan de Koning
L'Épopée Intégrale de Johan de Koning : Du Silicium à la Légende
I. Rotterdam, 1965 : l'enfance d'un roi
Il est une coïncidence que les historiens du jeu d'échecs informatique auraient pu inventer si elle n'avait pas existé : la ville qui a donné naissance à Johan de Koning est aussi la ville qui a accueilli TASC, l'entreprise qui allait transformer son programme en légende mondiale. Rotterdam, 1965. La ville reconstruite de fond en comble après les bombardements de la Seconde Guerre Mondiale — ville de ports, d'ingénieurs, de gens qui construisent des choses avec leurs mains et leur tête.
On sait peu de choses de l'enfance de Johan. Ce que la communauté des échecs informatiques a appris, dans les rares moments où il s'est livré, c'est que l'intérêt pour les échecs et pour la programmation naît simultanément et très tôt. Dès 1982 — il a dix-sept ans — il se passionne pour l'échecs informatique. Pas encore pour en jouer, mais pour comprendre comment une machine peut jouer. La question l'obsède : qu'est-ce qui se passe à l'intérieur ?
Ce n'est qu'en 1986 qu'il acquiert son premier ordinateur personnel. Un an plus tard, après avoir appris le langage C en autodidacte — "avec lequel il développe encore ses programmes aujourd'hui" notera la presse spécialisée allemande vingt ans plus tard —, il écrit son premier programme d'échecs. Il l'appelle, avec une modestie royale ou une ambition à peine dissimulée : The King.
Une note sur les sources biographiques : Les deux références les plus fiables sur Johan de Koning divergent sur son année de naissance — 1964 selon Chessprogramming.org, 1965 selon Schachcomputer.info. Cette divergence illustre l'effacement volontaire de l'homme derrière son œuvre. Johan de Koning n'a jamais accordé de longues interviews, n'a jamais tenu de blog personnel ni publié de mémoires techniques. Ce que l'on sait de lui passe presque entièrement par ce que son programme a accompli.
La scène néerlandaise : un terreau d'exception
Pour comprendre la trajectoire de Johan de Koning, il faut mesurer à quel point les Pays-Bas constituent un terreau absolument exceptionnel pour la programmation d'échecs dans les années 1980. Ed Schröder (Rebel/Gideon) développe à Venlo. Frans Morsch (Nona/Quest/Fritz) programme depuis sa région. Les tournois néerlandais (DOCCC — Dutch Open Computer Chess Championship) sont décrits par la presse internationale comme "les plus forts du monde" : un jeune programmeur qui y débutait affrontait d'emblée l'élite mondiale. C'est dans ce contexte que Johan arrive avec son tout premier programme en 1987.
Le résultat est immédiat : 4ème place au DOCCC 1987 pour une première participation. La presse spécialisée note le fait avec surprise — "pour un newcomer, c'est sensationnel" — mais Johan, lui, voit surtout ce qu'il lui reste à faire. Il repart, code, teste, améliore. La motivation d'un programmeur de son espèce n'est pas de finir quatrième, c'est de comprendre pourquoi il n'est pas premier.
II. L'offre de TASC : de l'amateur au professionnel (1989–1991)
À Rotterdam, une entreprise est en train de naître qui va changer le destin de Johan. Wil Sparreboom, ingénieur électricien et joueur d'échecs actif dans la Rotterdamse Schaakbond, fonde TASC (The Advanced Software Company) en 1989. Son pari est audacieux : le futur des échecs informatiques n'est pas dans les processeurs 8 bits qui animent encore la plupart des Mephisto, mais dans les processeurs RISC — rapides, efficaces, conçus pour exécuter peu d'instructions, mais très vite.
Le premier produit de TASC, la Final Chesscard (1989), est une carte d'extension pour Commodore 64. Mais Sparreboom voit plus grand. Il veut une carte ISA pour PC IBM, animée par un processeur ARM2 RISC 32 MHz — et il veut les meilleurs programmeurs néerlandais pour l'habiller. Il en a déjà un : Ed Schröder, dont le programme Gideon va devenir le champion du monde WMCCC 1991. Il lui en faut un second, pour enrichir la ChessMachine d'un deuxième programme aux qualités différentes. C'est là qu'il contacte Johan de Koning.
La proposition est simple : devenir programmeur professionnel à temps plein, au sein de TASC, après la fin de ses études. Johan accepte. Ce moment — un jeune programmeur de Rotterdam, formé en autodidacte, recruté par l'entreprise la plus audacieuse du secteur dans sa propre ville — est la charnière de toute l'histoire de The King.
La rencontre avec Ed Schröder : Johan de Koning et Ed Schröder se retrouvent ainsi collègues chez TASC. L'un vient de Venlo, l'autre de Rotterdam. L'un écrit Gideon en assembleur 6502, l'autre code The King en C. Leurs programmes sont aux antipodes stylistiquement — Gideon est le champion du monde, solide et précis ; The King est le prédateur tactique, imprévisible et agressif. Les deux programmes sont commercialisés ensemble dans la même ChessMachine, comme deux armes dans le même fourreau. Ed Schröder racontera plus tard cette période comme l'une des plus stimulantes de sa carrière : "La compétition interne entre nos deux programmes nous a tous les deux poussés à progresser."
Le portage sur ARM2 : la naissance d'un champion
Chez TASC, Johan restructure entièrement The King pour l'architecture ARM2. C'est un travail colossal : le programme est réécrit avec des éléments sélectifs — des extensions de recherche ciblées sur les positions tactiques — et partiellement en assembleur pour maximiser la vitesse sur le processeur RISC. Il introduit des phases d'évaluation distinctes (ouverture, milieu de partie, finale) avec des transitions fluides pondérées, une approche documentée en détail dans les rapports techniques de l'ICCA.
Le résultat dépasse les espérances. Lors du DOCCC 1990, The King sur ARM2 prend la deuxième place — la presse néerlandaise commence à parler de lui sérieusement. Le Grand Maître John Nunn, analysant le programme à cette époque, estime sa force en blitz à 2400 Elo — un chiffre qui fait sensation pour un programme sur ordinateur dédié de salon.
III. Le Manifeste Algorithmique : philosophie d'un prédateur
Alors que l'école allemande (Mephisto/Lang) prônait la rigueur positionnelle, et que Fritz de Morsch construisait tout autour du Null-Move, The King naît d'une vision hétérodoxe. Johan de Koning conçoit son moteur non pas comme un solveur d'équations positionnelles, mais comme un chasseur de cases — un programme qui cherche à être actif avant tout.
Les innovations algorithmiques de The King :
Évaluation tri-phasée à pondération dynamique : The King utilise trois termes d'évaluation distincts (ouverture / milieu de jeu / finale) avec des coefficients dont la somme fait toujours 100%. La transition entre les phases n'est pas brutale mais progressive — une approche qualifiée par les rapports de l'ICCA de "fuzzy definition of the phases", qui donne au programme une cohérence de jeu remarquable dans les positions hybrides.
Extensions d'échec et règles spécifiques : The King utilise des extensions de recherche déclenchées par les échecs, ainsi que des règles statiques spécifiques aux échecs pour identifier les positions méritant une recherche plus profonde. Les extensions singulières ne sont pas utilisées, mais des bornes inférieures limitent la recherche dans la phase sélective.
Scores positionnels "excessifs" : Contrairement à la plupart de ses contemporains qui plafonnent la valeur positionnelle à une fraction de pion, The King laisse ses scores positionnels "facilement dépasser plusieurs pions". Cette audace évaluative est la source directe de son style combinatif — le programme n'hésite pas à sacrifier du matériel si son évaluation positionnelle le justifie.
Pénalité de passivité : Le code pénalise sévèrement les pièces sans mobilité utile, forçant le moteur à chercher des ruptures dynamiques même au prix de concessions matérielles.
Ce qui frappe les commentateurs humains face à The King, c'est une qualité rare chez les programmes de l'époque : l'impression que la machine veut jouer. Pas qu'elle calcule la meilleure option — qu'elle cherche activement la confrontation. C'est l'effet direct de l'évaluation positionnelle exubérante et des pénalités de passivité : un programme qui préfère créer un déséquilibre plutôt que consolider, attaquer plutôt que défendre.
IV. L'Odyssée du Matériel (1991–1995) : The King habille les plus belles machines
La ChessMachine : une révolution dans un slot ISA
La TASC ChessMachine (1991–1995) est l'un des objets les plus fascinants de l'histoire des échecs informatiques. Ce n'est pas un ordinateur dédié ordinaire : c'est une carte d'extension ISA qui se glisse dans le slot d'un PC IBM standard. Le PC sert d'interface et d'écran ; la carte ARM2 à 32 MHz devient le cerveau indépendant. Deux programmes sont chargés dans la carte via le logiciel hôte : Gideon d'Ed Schröder et The King de Johan de Koning. L'utilisateur choisit lequel faire jouer.
En 1991, cette combinaison représente le summum de ce qui est disponible pour un particulier. The King sur ChessMachine est distribué comme programme "bonus" avec la carte — une générosité commerciale de TASC qui lui assure immédiatement une diffusion massive. Des milliers d'acheteurs de ChessMachine découvrent ainsi The King sans l'avoir cherché, et beaucoup le préfèrent à Gideon pour son style plus spectaculaire.
The King au WMCCC 1991 de Vancouver : le baptême du feu
Le 11ème Championnat du Monde de Microchess (WMCCC) se tient à l'Université de Colombie Britannique à Vancouver, du 1 au 9 mai 1991. C'est l'événement fondateur pour The King sur la scène internationale. Le programme se comporte remarquablement bien — il bat notamment Mephisto, le programme de Richard Lang qui régnait sur le championnat depuis des années, ainsi que MChess. Mephisto perdra les rondes 2 et 3 face à The King et MChess, une défaite retentissante pour le champion sortant.
C'est Gideon/Schröder qui remporte le titre avec 6/7 points. Mais The King, dans son premier grand championnat mondial, s'impose comme une force à compter. Les experts présents notent unanimement son style offensif et sa "spielweise active" — une façon de jouer agressive qui enthousiasme les spectateurs. La communauté des programmeurs commence à prendre Johan de Koning très au sérieux.
La 4ème Computer Olympiad de Londres (1992) : la médaille d'or partagée
La 4ème Computer Olympiad se tient au Park Lane Hotel de Londres, du 5 au 11 août 1992 — et non à Madrid, qui accueillait la même année les Olympiades d'échecs humains. La confusion entre les deux événements est fréquente mais il s'agit de compétitions entièrement distinctes. Dans le tournoi d'échecs de cette Olympiad, ChessMachine The King est co-vainqueur — une médaille d'or partagée qui consacre officiellement The King parmi les tout meilleurs programmes du monde.
Le R30 et le RISC 2500 : l'ère d'or des dédiés
La renommée de The King sur ChessMachine conduit naturellement à son adoption par les fabricants d'échiquiers dédiés haut de gamme. Le TASC R30, avec son processeur ARM6 à 30 MHz, son élégant affichage graphique et son plateau SmartBoard à reconnaissance de pièces par inductance, devient l'échiquier dédié le plus convoité de sa génération — un objet de collection autant qu'un adversaire redoutable. The King l'anime en version 2.2, puis 2.5 sur le R40.
Le Saitek RISC 2500, avec The King 2.0, s'impose dans un registre plus abordable. Vendu à un prix accessible pour l'époque, il met entre les mains du grand public un programme dont John Nunn avait estimé la force à 2400 Elo en blitz. Des milliers de joueurs de club, en Europe et en Amérique du Nord, font leurs armes contre lui dans leurs salons. Le Mephisto Montreux et le TASC R40 complètent ce palmarès d'appareils dédiés.
V. Chroniques de Guerre : les tournois Aegon et les victoires humaines
Le Massacre du Tournoi Aegon (1993–1994)
Le tournoi Aegon à La Haye est le laboratoire le plus fascinant de la confrontation homme-machine dans les années 1990. Chaque année, les meilleurs programmes s'y mesurent à des joueurs humains de niveau maître à grand-maître dans un tournoi à cadence de jeu normale. C'est un test de brutalité : pas de faveurs, pas d'interface de confort, juste du jeu.
En 1993, The King réalise une performance extraordinaire. Il termine premier des programmes avec un score spectaculaire et une performance Elo de 2590 — un chiffre qui stupéfie même les observateurs les plus optimistes. La presse allemande spécialisée note que début 1993, The King occupe souverainement la première place de la liste Elo suédoise (SSDF), et commente : "Ce fait a plus de poids qu'un titre de championnat après cinq rondes en Suisse."
La victoire contre le GM Jeroen Piket — l'un des meilleurs joueurs néerlandais, futur vainqueur de plusieurs tournois internationaux — reste dans les mémoires. Dans une position tactiquement complexe, The King déroule une attaque à long terme que Piket ne voit dans toute son étendue qu'au moment où son roi est dans l'étau. En 1994, The King récidive en battant le légendaire David Bronstein, l'homme qui avait failli être champion du monde en 1951 face à Botvinnik, inventeur de la défense qui porte son nom. Que même un génie du jeu créatif humain comme Bronstein puisse être surpassé par l'agressivité du code de Johan — c'est une image qui frappe l'imagination.
Le palmarès DOCCC : champion national à quatre reprises
Sur la scène néerlandaise, The King domine avec constance. Il remporte le DOCCC 1991, 1993, 1995 et 1998 — quatre titres de champion des Pays-Bas dans l'un des championnats nationaux les plus relevés du monde. Chaque titre est remporté contre Ed Schröder (Rebel/Gideon), Frans Morsch (Quest/Fritz), et les autres grands noms du jeu d'échecs informatique néerlandais. Dans ce pays où la concentration de talent en programmation d'échecs par habitant est sans équivalent mondial, être quatre fois champion n'est pas une formalité.
ICT 2003, Leiden : le dernier grand titre
L'ICT 2003 (International CSVN Tournament) à Leiden marque la dernière grande victoire de The King en compétition entre programmes. Johan de Koning remporte le tournoi — une consécration de plus de quinze ans de développement continu. La photo de Stefan Meyer-Kahlen (Shredder) et Johan de Koning côte à côte au tournoi, deux programmeurs solitaires dans un sport encore pratiqué comme un artisanat, illustre mieux que tout discours l'esprit de cette époque.
VI. La Conquête des Masses : l'Ère Chessmaster (1993–2007)
C'est en 1993/1994 que survient le tournant commercial le plus important de l'histoire de The King. Mindscape (qui distribuera sous la bannière Ubisoft) cherche un nouveau moteur pour sa franchise Chessmaster, qui existe depuis 1986 mais dont les versions précédentes utilisaient un moteur maison moins compétitif. The King — champion néerlandais, performeur Aegon, vainqueur sur ChessMachine — s'impose comme le choix évident.
Avec Chessmaster 4000, The King passe d'un programme connu des initiés à une icône mondiale. Chessmaster est alors la franchise d'échecs la plus vendue de l'histoire — elle dépassera les 5 millions d'unités vendues. Des millions de joueurs qui n'ont jamais entendu parler de la DOCCC, de TASC, ou de Rotterdam, jouent contre The King sans le savoir.
La révolution des Personnalités
L'innovation qui distingue Chessmaster de tous ses concurrents — et qui reflète directement la philosophie de The King — est le système des Personnalités. Les fichiers .CMP permettent de paramétrer en profondeur le comportement du moteur :
Material Value : ajustement de la valeur relative des pièces
King Safety : agressivité ou prudence autour du roi
Pawn Weakness : tolérance aux structures de pions défavorables
Randomness : introduction d'une part d'imprévisibilité humaine
Mobility : pondération de l'espace et de l'activité des pièces
Combinés, ces paramètres permettent de créer des centaines de profils distincts — de Stanley le singe jouant presque au hasard jusqu'à The Chessmaster, personnalité la plus forte du jeu, représentant The King à pleine puissance. Chessmaster 9000 en proposera plus de 150, dont des imitations de Fischer, Alekhine, Botvinnik et Karpov.
Le Duel Christiansen (septembre 2002) : le vrai score
En septembre 2002, Larry Christiansen — Grand Maître américain trois fois Champion des États-Unis (1980, 1983 et 2002), Elo 2559, l'un des tacticiens les plus redoutés du circuit — affronte Chessmaster 9000 dans un match de 4 parties diffusé en direct sur Chessclub.com, commenté par Joel Benjamin, Susan Polgar, Jennifer Shahade et Josh Waitzkin.
Le score final est 2,5 – 1,5 en faveur de Chessmaster — et non 4-0 comme une version simplifiée de l'histoire le colporte parfois. Christiansen gagne la 1ère partie (personnalité Alekhine), perd la 2ème (Fischer) et la 3ème (Botvinnik), et fait nulle la 4ème contre la personnalité par défaut "The Chessmaster". Un résultat serré, disputé, largement commenté — et qui aurait pu basculer autrement : dans la 3ème partie, Christiansen a sacrifié une tour pour lancer une attaque dévastatrice, et 55…Th5! aurait probablement retourné la partie en sa faveur. Il ne voit pas le coup. The King s'en tire, consolide, gagne. La "méchanceté tactique" du programme — l'expression est de Christiansen lui-même, qui commentera ses propres parties pour Chessmaster — est bien réelle, mais la victoire est acquise à l'arrachée, pas par écrasement.
Version / Produit
Année
Plateforme
Événement ou performance clé
Elo SSDF/indicatif
The King 1.0
1987
PC (C)
Débuts DOCCC — 4ème place
~1800
The King ARM2 (ChessMachine)
1991
ARM2 / ChessMachine TASC
WMCCC 1991 — bat Mephisto ; DOCCC 1991 champion
~2350
The King 2.0 (R30 / RISC 2500)
1992
ARM2/ARM6 dédiés
4ème Computer Olympiad Londres — Médaille d'Or partagée ; Nunn : 2400 Elo blitz
~2400
The King 2.2 / 2.5
1993
TASC R30/R40
DOCCC 1993 champion ; AEGON perf. 2590 ; N°1 SSDF début 1993
~2480
The King (Chessmaster 4000)
1993–1994
PC Windows / DOS
Entrée dans la franchise la plus vendue de l'histoire
~2250
The King 2.61
1998
PC
DOCCC 1998 champion
~2480
The King 3.23 (CM 9000)
2002
PC Windows
Christiansen 2,5–1,5 ; ICT 2003 champion
2715 SSDF (Athlon 1200)
The King 3.50 (CM 11e)
2007
PC Windows 64-bit multi-thread
Dernière version Chessmaster (The Art of Learning)
~2854
The King (Millennium)
2019–2026
ARM dédié (Millennium)
The King Competition, The King Element — retour aux dédiés
~2450 estimé
"The King ne joue pas contre vous. Il chasse avec vous dans les couloirs de votre propre position."
— paraphrase d'un commentateur de la communauté SSDF, années 2000
VII. La Rivalité avec Fritz et Hiarcs : le "Poulidor magnifique"
Dans les classements SSDF et les tournois CCT des années 1990 et 2000, The King occupe un rôle que les amateurs ont surnommé le "Poulidor magnifique". Rarement premier au classement général — Fritz de Morsch, puis Junior de Ban-Bushinsky, puis Shredder de Meyer-Kahlen se disputent les premières places — mais redouté de tous ses adversaires parce qu'il peut battre le leader le jour où on l'attend le moins.
Cette réputation d'exterminateur d'élite tient à la philosophie même du programme. Un moteur positionnel peut être préparé, déjoué, guidé vers des eaux calmes. The King, lui, cherche le déséquilibre — et dans une position compliquée, sa lecture tactique peut dépasser celle des meilleurs programmes du monde sur un coup décisif. Les statistiques SSDF montrent une dispersion inhabituelle dans ses résultats : The King perd parfois contre des programmes faibles, et bat parfois des programmes supérieurs de 100 Elo. C'est l'empreinte d'une personnalité algorithmique authentique.
La décision de Johan de ne jamais "lisser" son moteur :
Une des anecdotes les plus révélatrices sur le caractère de Johan de Koning concerne son refus répété d'uniformiser le comportement de The King pour les tournois de machines. Là où d'autres programmeurs ajustaient leurs paramètres pour minimiser les défaites surprises et maximiser la régularité — au prix d'un style plus terne — Johan maintenait les réglages qui donnaient à son programme sa personnalité distinctive, quitte à accepter des résultats imprévisibles. "Un programme imparfait mais doté d'une personnalité unique" : c'est la philosophie qu'il a toujours défendue, même quand elle lui coûtait des points au classement.
VIII. La Chute de TASC et la transition vers le PC (1995–2000)
La domination de TASC sur le marché des échiquiers dédiés haut de gamme s'effondre dans la seconde moitié des années 1990 sous un double coup du sort. D'abord, la montée en puissance des processeurs Intel Pentium : avec l'introduction du Pentium, la carte ARM2 de la ChessMachine perd son avantage de vitesse — un PC ordinaire est désormais aussi rapide. La TASC ChessMachine disparaît du marché en 1995, après quatre ans de règne.
Puis vient le coup fatal : en 1994, Brehn Corporation (New Jersey) attaque TASC en justice pour violation du brevet sur la reconnaissance de pièces utilisée dans le SmartBoard. En septembre 1997, un tribunal fédéral condamne TASC à payer 581 000 dollars. Pour une PME néerlandaise, le choc est dévastateur. Les SmartBoards disparaissent du marché américain. TASC ne s'en relève pas et devient pratiquement défunte au début des années 2000.
Pour Johan de Koning, ce naufrage institutionnel n'arrête pas The King — il le libère. Désormais indépendant, ou lié par contrat à Ubisoft/Mindscape pour les versions Chessmaster, il continue de développer son programme sans la contrainte de devoir le faire tourner sur du matériel propriétaire. The King devient un moteur PC pur, et chaque version de Chessmaster qui sort entre 1994 et 2007 est une nouvelle itération de son travail.
IX. Au-delà des échecs : Johan de Koning, programmeur de jeux (2000–2026)
À partir de 2000, Johan de Koning commence à élargir son horizon bien au-delà des échecs. Il se lance dans la programmation de programmes pour d'autres jeux de plateau abstraits, participant aux Computer Olympiads de l'ICGA dans plusieurs disciplines nouvelles.
Son programme 8 Queens Problem (Amazons) et surtout son programme de Clobber nommé PAN deviennent des compétiteurs sérieux dans leurs disciplines respectives. PAN remporte la médaille d'or au 16ème Computer Olympiad 2011 — une consécration qui prouve que le talent de Johan n'est pas lié à un jeu particulier mais à une philosophie générale de la recherche et de l'évaluation. Il participe également au Go 9×9 avec Atarist.
Ce tournant vers les autres jeux dit quelque chose d'important sur l'homme : après vingt ans passés à affûter le même programme, il est attiré non par la retraite mais par de nouveaux défis. La curiosité du programmeur autodidacte de 1986, qui avait acquis son premier ordinateur pour comprendre comment une machine peut jouer, n'est pas éteinte — elle s'est simplement déplacée vers de nouveaux terrains.
Le retour aux dédiés : Millennium (2019–2026)
La boucle se ferme avec les échiquiers Millennium, qui adopent The King pour leurs modèles haut de gamme — The King Competition, The King Element. Trente ans après le TASC R30, le programme de Johan de Koning anime à nouveau du matériel dédié, dans des appareils que les collectionneurs et les amateurs de jeu sur plateau retrouvent avec nostalgie. La force estimée de ces versions modernes — environ 2450 Elo — est le reflet d'un programme maintenu vivant, jamais abandonné.
X. Héritage : l'artisanat comme philosophie
L'histoire de Johan de Koning est celle d'un programmeur solitaire qui a, depuis son premier ordinateur acheté en 1986, construit une œuvre cohérente, reconnaissable, unique — sans jamais sacrifier sa personnalité aux exigences des classements. Dans un domaine où la course à la puissance brute et aux performances SSDF dicte souvent les choix, il a toujours choisi le style sur la régularité, la personnalité sur l'optimisation.
Ce faisant, il a atteint quelque chose de rare : un programme que les gens aiment affronter. Pas seulement que les gens respectent ou redoutent — mais qui génère une forme d'attachement. Les forums Chessmaster sont remplis d'utilisateurs qui, vingt ans après leur première partie contre The King, évoquent des épisodes précis, des sacrifices inattendus, des fins de parties où la machine semblait avoir un plan que le joueur humain n'avait pas vu venir. C'est la marque d'un programme qui a une âme — ou du moins, d'un programmeur qui en a une.
Palmarès de Johan de Koning et The King :
4 × Champion des Pays-Bas (DOCCC 1991, 1993, 1995, 1998)
1 × ICT 2003 — Leiden (tournoi international CSVN)
Médaille d'Or partagée — 4ème Computer Olympiad, Londres 1992
Victoire contre Mephisto au WMCCC Vancouver 1991
Performance Elo 2590 au tournoi Aegon 1993
N°1 classement SSDF (début 1993)
Victoires contre GM Jeroen Piket, GM David Bronstein (Aegon)
Match Chessmaster 9000 vs GM Larry Christiansen : 2,5–1,5 (2002)
Chessmaster 4000 à Chessmaster 11e (7 versions) — franchise la plus vendue de l'histoire
Médaille d'Or au Clobber, 16ème Computer Olympiad 2011 (programme PAN)
Matériel dédié : TASC R30/R40, Saitek RISC 2500, Mephisto Montreux, Millennium Competition/Element
Évaluation John Nunn (GM) : 2400 Elo blitz (1992)
XI. Épilogue : La Signature du Maître
Il y a quelque chose de profondément néerlandais dans la trajectoire de Johan de Koning. La même discrétion, la même qualité artisanale, le même refus de la grandiloquence que chez ses compatriotes Ed Schröder et Frans Morsch. Trois programmeurs nés dans un rayon de cent kilomètres, qui ont construit trois programmes aux personnalités radicalement différentes, et qui ont ensemble dominé le jeu d'échecs informatique mondial pendant trois décennies.
Schröder était l'ingénieur de précision, obsédé par la technique et la rigueur. Morsch était le physicien pragmatique, qui mesurait et optimisait avec une méthode scientifique. De Koning est l'artiste — celui qui a mis dans son code quelque chose qui ressemble à un tempérament, une manière d'être sur l'échiquier.
Le code de Johan de Koning reste un témoignage d'une époque où la programmation d'échecs était encore un artisanat solitaire. The King n'est pas mort. Sur un échiquier Millennium posé sur une table de salon, il attend patiemment le prochain humain à défier son trône — avec la même agressivité tranquille qu'il a apportée au DOCCC 1987, à Aegon 1993, au Park Lane Hotel de Londres, et dans les millions de foyers où Chessmaster a introduit des générations entières au plaisir de jouer contre une machine qui semble vraiment vouloir gagner.
Cet ouvrage est dédié aux pionniers du code et aux fous du roi.
The King : L'Anthologie Totale (1987 — 2026)
Sources : Chessprogramming.org · Schachcomputer.info · Rebel13.nl (Ed Schröder) · ICGA Tournaments Database · Wikipedia FR/EN · Chess.com · Chessmaster community archives
Johan de Koning
Quelques visuels de diverses possibilités de jouer contre The King
Echiquiers dédiés
Saitek Risc 2500
Millennium The Kink Peformance
Emulation CB-EMU
Mephisto Montreux
Tasc R4 The King 2.50
Emulation des ChessMachines
Modules disponibles
ChessMachine PC The King 30 MHz
Chessmaster
ChessMaster 5000 sous DosBox
The King 3.50 UCI sous Arena [...]
27 February, 2026Anthologie / Chess EnginesCray Blitz : L'Héritage échiquéen sur PC
L'Épopée de Cray Blitz
L'Épopée de Cray Blitz
Du Supercalculateur Vectoriel à la Suprématie Mondiale (1976 – 1994)
L'histoire de Cray Blitz est indissociable de la quête de la puissance brute. Né de la collaboration entre Robert Hyatt, professeur d'informatique à l'Université d'Alabama à Birmingham (UAB), Harry Nelson du Lawrence Livermore National Laboratory, et Albert Gower, ce programme n'était pas seulement un algorithme d'échecs — c'était un banc d'essai vivant pour le calcul massivement parallèle, financé en creux par les institutions scientifiques les plus puissantes des États-Unis.
Initialement développé sous le nom de Blitz en Fortran pour les architectures Data General, le programme prend sa véritable dimension lors de son portage sur les supercalculateurs de Seymour Cray. C'est cet accès privilégié — et parfois officieux — aux machines du gouvernement américain qui permettra à Cray Blitz de dominer une décennie entière de compétition mondiale.
Les hommes derrière la machine
Robert Hyatt est le moteur intellectuel du projet. Enseignant-chercheur à l'UAB, il bénéficie de connexions institutionnelles lui donnant accès aux Cray du National Center for Atmospheric Research (NCAR) et d'autres centres de calcul fédéraux. Son génie est double : algorithmique d'abord, avec des innovations comme le YBWC (Young Brothers Wait Concept), mais aussi pratique — il sait exploiter chaque microseconde d'un processeur vectoriel avec une maîtrise de l'assembleur CAL qui force l'admiration de ses contemporains.
Harry Nelson apporte la rigueur du laboratoire national. Physicien habitué aux simulations nucléaires tournant sur ces mêmes Cray, il comprend instinctivement les architectures parallèles et contribue de façon décisive à l'implémentation du parallélisme dans les versions 4.x. Albert Gower, moins documenté dans la littérature, contribue aux premières versions et à la fonction d'évaluation initiale.
L'innovation algorithmique : le YBWC
Sur le plan logiciel, l'évolution fut radicale. Pour exploiter pleinement le Cray-1, Hyatt réécrit les segments critiques en Cray Assembly Language (CAL), tirant parti des registres 64 bits et de l'unité vectorielle du processeur — une architecture conçue pour les calculs météorologiques, pas pour les échecs, mais que Hyatt plie à sa volonté avec un talent rare.
L'innovation majeure réside dans l'algorithme YBWC (Young Brothers Wait Concept), permettant de diviser l'arbre de recherche Alpha-Bêta sur plusieurs processeurs. Le principe : dans un arbre de recherche, le premier nœud fils ("frère aîné") est traité immédiatement et en priorité ; les nœuds suivants ("frères cadets") attendent que leur aîné ait produit une borne avant de lancer leur propre recherche parallèle. Cette synchronisation évite que les processeurs parallèles ne gaspillent des cycles sur des branches que l'élagage Alpha-Bêta aurait de toute façon coupées — une prouesse d'ingénierie pour l'époque.
Évolution matérielle : Le programme a suivi la courbe de puissance des fleurons de Cray Research. Du Cray-1 monoprocesseur (~50 000 nœuds/s) au Cray X-MP/48 (4 processeurs, ~450 000 nœuds/s), jusqu'aux monstres Y-MP à 8 processeurs (~1 million nœuds/s) et C90 à 16 processeurs (~2 à 3 millions nœuds/s). Cette démesure lui permettait de maintenir une profondeur de calcul remarquable, y compris dans les finales les plus complexes — là où les micro-ordinateurs de l'époque s'effondraient systématiquement.
Le palmarès en compétition
Année / Tournoi
Machine de Combat
Résultat / Performance
1981 – ACM North American
Cray-1
Victoire, s'impose face aux programmes sur micro-ordinateurs
1983 – WCCC New York
Cray X-MP/4
Champion du Monde – premier titre mondial
1984 – ACM North American
Cray X-MP/48
1re place (score parfait)
1986 – WCCC Cologne
Cray X-MP/416
Champion du Monde – conserve son titre
1989 – WCCC Edmonton
Cray Y-MP
Dépassé par Deep Thought – début du déclin face aux puces VLSI
1994 – Dernière compétition
Cray C90
Retraite progressive, Hyatt travaille déjà sur Crafty
La victoire de 1983 : contexte et vérité historique
La victoire au WCCC 1983 de New York est souvent racontée de façon simplifiée. Belle, la machine spécialisée d'AT&T Bell Labs conçue par Ken Thompson et Joe Condon, était le tenant du titre depuis 1980. Belle reposait sur du matériel dédié aux échecs — des puces spécialisées dans la génération de coups — et non sur un supercalculateur généraliste. Face à elle, Cray Blitz incarnait l'approche opposée : un logiciel sophistiqué tournant sur une machine de calcul scientifique.
La victoire de Cray Blitz fut acquise sur le terrain du jeu pur, non sur un incident technique. Elle marqua un tournant philosophique majeur : le triomphe de l'intelligence logicielle sur un supercalculateur polyvalent face à l'optimisation matérielle dédiée. Ce débat — matériel spécialisé contre logiciel universel — traversera toute l'histoire du jeu d'échecs informatique jusqu'à Deep Blue.
Le déclin face à Deep Thought (1989)
Le WCCC 1989 d'Edmonton constitue le moment charnière. Deep Thought, le programme d'Hsu Feng-hsiung développé à Carnegie Mellon University, fait son entrée sur la scène mondiale avec ses puces VLSI spécialisées capables d'évaluer des centaines de millions de positions par seconde. Cray Blitz, malgré ses 8 processeurs Y-MP, est surpassé. La suprématie des supercalculateurs vectoriels sur les puces dédiées aux échecs atteint sa limite physique.
Hyatt tire les conséquences : les supercalculateurs Cray, aussi puissants soient-ils, ne peuvent rivaliser sur le long terme avec du matériel conçu spécifiquement pour calculer des positions d'échecs. C'est cette lucidité qui le pousse à entreprendre, parallèlement, l'écriture d'un nouveau programme — portable, élégant, open-source — qui deviendra Crafty.
Bien que finalement surpassé par les puces dédiées de Deep Thought puis de Deep Blue, l'héritage de Cray Blitz perdure à travers Crafty, dont la fonction d'évaluation hérite directement de la version 49h. Ce fil génétique invisible relie les supercalculateurs des années 1980 aux moteurs open-source qui ont défini les standards de la programmation d'échecs pour deux décennies.
Chronique d'une légende du silicium
De l'assembleur CAL au parallélisme moderne — Une étude pour l'Arène Valter
Valter
Généalogie de Cray Blitz
Généalogie de Cray Blitz
Analyse des cycles de développement et de la version UCI 49h
L'évolution de Cray Blitz s'étend sur près de deux décennies de recherche intensive, marquant chaque étape clé de l'histoire du calcul de haute performance. L'analyse des versions successives révèle une adaptation constante aux limites matérielles de chaque époque, passant des mini-ordinateurs Data General aux supercalculateurs multiprocesseurs de Cray Research, avant de se conclure par un portage communautaire UCI qui lui offre une seconde vie sur les processeurs modernes.
1. L'ère Blitz (1975 – 1980) : les fondations en Fortran
Le moteur d'origine, simplement nommé Blitz, est écrit en Fortran pour les architectures Data General — des mini-ordinateurs de bureau qui représentaient alors l'état de l'art du calcul universitaire. Robert Hyatt, jeune chercheur à l'Université d'Alabama à Birmingham (UAB), développe le programme comme objet de recherche autant que comme compétiteur sportif. Cette période sert de laboratoire pour les premières implémentations de l'élagage Alpha-Bêta et définit les fondements de la fonction d'évaluation qui fera la renommée du programme pendant quinze ans.
Dès 1975, Blitz participe aux championnats ACM (Association for Computing Machinery) — le tournoi annuel nord-américain qui constitue à l'époque la principale arène de compétition. Les premiers résultats sont modestes mais les progrès rapides : Hyatt affine à chaque tournoi la sélectivité de sa recherche et la précision de son évaluation positionnelle.
2. Cycle Cray Blitz 1.0 à 3.0 (1980 – 1983) : l'assembleur et le titre mondial
Cette phase correspond au portage critique sur Cray-1. L'accès au supercalculateur est rendu possible par les relations institutionnelles de Harry Nelson avec le Lawrence Livermore National Laboratory et de Hyatt avec le National Center for Atmospheric Research (NCAR). Le code subit une réécriture partielle en Cray Assembly Language (CAL), un langage de bas niveau spécifique à l'architecture vectorielle Cray, permettant d'exploiter directement les registres 64 bits et l'unité de traitement vectoriel — conçue pour les prévisions météorologiques, mais que Hyatt détourne brillamment pour les calculs d'échecs.
Cette optimisation vectorielle conduit au titre de champion du monde au WCCC 1983 à New York, où Cray Blitz détrône Belle, la machine spécialisée d'AT&T Bell Labs. Belle reposait sur des puces dédiées conçues par Ken Thompson et Joe Condon — une approche matérielle radicalement différente. La victoire de Cray Blitz sur Belle sur le terrain du jeu pur, sans incident technique, marque le triomphe de l'intelligence logicielle sur supercalculateur généraliste face à l'optimisation matérielle dédiée.
3. Maturité et parallélisme — série 4.x (1984 – 1989)
La série 4.x marque l'introduction du vrai multiprocesseur. La version 4.0 implémente l'algorithme Young Brothers Wait Concept (YBWC), conçu par Hyatt et Nelson pour paralléliser la recherche Alpha-Bêta sans gaspillage de cycles. Le principe : le premier fils dans l'arbre de recherche est traité en priorité ; ses "frères cadets" attendent sa borne avant de lancer leur propre calcul en parallèle. Sur un Cray X-MP à 4 processeurs, cette stratégie multiplie la profondeur effective de recherche de façon significative.
La version 4.4, pilier de cette ère, permet de conserver le titre mondial à Cologne en 1986 grâce notamment à une gestion optimisée des tables de transposition adaptée aux contraintes mémoire spécifiques du Cray X-MP/416. C'est la version que l'on associe au summum de la puissance "classique" de Cray Blitz.
Le WCCC 1989 d'Edmonton marque cependant la fin de la suprématie. Deep Thought, le programme d'Hsu Feng-hsiung de Carnegie Mellon, présente ses puces VLSI spécialisées capables d'évaluer des centaines de millions de positions par seconde. Cray Blitz, avec son Y-MP à 8 processeurs, est dépassé pour la première fois depuis 1983. La limite des supercalculateurs généralistes face aux puces dédiées aux échecs est atteinte.
4. Les versions finales 4.5 à 4.9 et la transition (1990 – 1994)
Les dernières versions de la série, de 4.5 à 4.9, représentent l'optimisation ultime d'une architecture arrivée à maturité. Hyatt les développe en sachant déjà qu'il travaille en parallèle sur un successeur fondamentalement différent : Crafty, conçu pour être portable, élégant, écrit en C standard — l'exact opposé du code CAL spécialisé de Cray Blitz. Cette coexistence temporaire des deux projets explique les choix conservateurs des dernières versions : Hyatt consolide plutôt qu'il n'innove, préservant la stabilité du programme de compétition.
5. La version finale UCI : 49h (4.9h)
La version 49h représente l'aboutissement technique de la lignée Cray Blitz avant la transition complète vers Crafty. Elle cristallise l'intégralité des connaissances accumulées pendant vingt ans de développement. Son importance historique dépasse son usage compétitif : c'est cette version dont la fonction d'évaluation a été directement héritée par les premières versions de Crafty, créant un fil génétique invisible mais décisif entre les supercalculateurs des années 1980 et le moteur open-source le plus influent des années 1990-2000.
Le portage UCI moderne repose sur cette itération, traduite du Fortran et de l'assembleur CAL vers un C standard, conservant l'intégrité algorithmique originale tout en permettant une exécution native sur les architectures x86 et ARM contemporaines.
La filiation Cray Blitz → Crafty : Robert Hyatt a décrit Crafty comme une réécriture "par frustration" face à la rigidité de maintenance du code CAL de Cray Blitz, devenu difficile à faire évoluer. Crafty est conçu pour être "élégant et portable" — mais il hérite directement de la philosophie d'évaluation de la version 49h. Ce n'est pas un abandon : c'est une métamorphose. L'âme algorithmique de Cray Blitz continue de vivre dans chacune des versions de Crafty.
Version
Innovation Majeure
Support Matériel
Contexte compétitif
Blitz (1975-1980)
Fondations Alpha-Bêta en Fortran
Data General
Participations ACM, base de recherche
CB 1.0 – 3.0
Optimisation assembleur CAL, registres 64 bits
Cray-1 (vectoriel)
Champion du Monde WCCC 1983
CB 4.0 – 4.4
Algorithme parallèle YBWC
Cray X-MP (multiprocesseur)
Champion du Monde WCCC 1986
CB 4.5 – 4.8
Optimisation tables de transposition, gestion mémoire
Cray Y-MP, C90
Dépassé par Deep Thought (1989), retraite progressive
CB 49h (UCI)
Synthèse finale, portage C — héritée par Crafty
Ryzen 9 / PC modernes
Lien vivant entre l'ère Cray et l'open-source
La version 49h est considérée comme le "chant du cygne" de l'époque Cray. Elle possède le moteur d'analyse le plus abouti de la lignée, tout en restant structurellement proche des versions ayant opéré sur les systèmes C90. Son utilisation dans les tests actuels permet d'établir un lien direct entre l'ingénierie des supercalculateurs d'État et les capacités des processeurs grand public — une machine à remonter le temps algorithmique.
Historique des révisions logicielles (1975–1994)
Focus sur l'itération 49h — Référence pour l'étalonnage Elo · Arène Valter
Valter
Chroniques de l'Ère Vectorielle
Chroniques de l'Ère Vectorielle
Anecdotes et faits marquants de l'épopée Cray Blitz
L'histoire de Cray Blitz ne se résume pas à des lignes de code et des millions de nœuds par seconde. Derrière la froideur du silicium des supercalculateurs se cachent des épisodes humains — parfois cocasses, parfois émouvants — qui témoignent de la complexité et de l'audace de la compétition à cette époque. Une compétition qui se jouait autant dans les salles des machines gouvernementales que dans les salles de tournoi.
Belle contre Cray Blitz : la philosophie plus que le score (1983)
Lors du championnat du monde à New York, Cray Blitz affronte Belle, le tenant du titre depuis 1980. Belle est une machine spécialisée conçue par Ken Thompson et Joe Condon aux Bell Labs d'AT&T — des puces dédiées à la génération de coups d'échecs, capables d'évaluer environ 160 000 positions par seconde. Cray Blitz, lui, est un pur logiciel tournant sur un ordinateur scientifique généraliste.
La victoire de Cray Blitz fut acquise sur le terrain du jeu pur. Elle déclenche une polémique philosophique qui court encore : la puissance logicielle sur supercalculateur est-elle plus "légitime" que la puissance matérielle dédiée ? Deep Blue, une décennie plus tard, tranchera définitivement en faveur du matériel spécialisé — mais en 1983, c'est Hyatt et son Fortran-CAL qui l'emportent.
L'utilisation des ressources d'État : jouer aux échecs sur les machines de l'atome
À l'époque, une heure de calcul sur un supercalculateur Cray coûtait plusieurs milliers de dollars. Robert Hyatt et ses collègues utilisaient les machines du National Center for Atmospheric Research (NCAR) au Colorado et d'autres institutions gouvernementales — souvent la nuit, dans les créneaux que les simulations météorologiques et les calculs nucléaires laissaient libres.
La situation était à la fois précaire et fascinante : un programme d'échecs compétitif se glissait dans les interstices du temps de calcul national américain. Il se dit que certaines sessions de préparation aux tournois ont failli être interrompues en urgence parce qu'une simulation prioritaire — prévision de tempête majeure, calcul balistique — nécessitait de réquisitionner immédiatement les processeurs. Le titre mondial de 1983 a peut-être été préparé entre deux modélisations de l'atmosphère.
David Levy et la fin d'un pari légendaire
En 1968, l'Écossais David Levy — joueur d'échecs de bon niveau (environ 2200 Elo, titre de Maître International honorifique par ses écrits, mais pas en tant que joueur compétitif) et journaliste spécialisé dans les échecs informatiques — fait un pari célèbre : aucun ordinateur ne le battra aux échecs dans les dix ans. Il gagne son pari en 1978, battant Chess 4.7 du Northwestern University, alors le meilleur programme du monde. Puis il le gagne à nouveau, en 1979, contre Cray Blitz lui-même.
La défaite vient en 1989, mais pas contre Cray Blitz : c'est Deep Thought qui bat finalement Levy dans un match officiel. Levy reconnaîtra plus tard avoir sous-estimé la vitesse de progression des programmes. Cray Blitz, pour sa part, avait bien battu Levy lors de parties informelles ou de tournois ouverts dans les années 1980 — symbolisant que la barre humaine des 2200 Elo était désormais franchie en routine par les supercalculateurs — sans que cela constitue une défaite officielle au sens du pari.
1989, Edmonton : la défaite qui change tout
Le WCCC 1989 d'Edmonton est le moment où Cray Blitz comprend que son temps est compté. Deep Thought se présente avec ses puces VLSI spécialisées, conçues par Hsu Feng-hsiung à Carnegie Mellon University, capables d'évaluer des centaines de millions de positions par seconde — soit cent à mille fois plus vite que Cray Blitz sur son Y-MP à 8 processeurs.
La défaite est nette. Hyatt n'en minimise pas la signification : les supercalculateurs généralistes, aussi impressionnants soient-ils, ne peuvent plus suivre le rythme d'une puce conçue spécifiquement pour les échecs. La course à la puissance brute est perdue d'avance. C'est cette lucidité — rare dans la communauté des programmeurs de l'époque — qui pousse Hyatt à concevoir Crafty non pas comme un successeur musclé, mais comme un programme fondamentalement différent : portable, open-source, conçu pour vivre sur les PC du grand public.
La rivalité fraternelle : de Cray Blitz à Crafty (1992–1996)
L'anecdote technique la plus significative de la fin de l'histoire Cray Blitz concerne sa transformation en Crafty. Robert Hyatt a décrit l'écriture de Crafty comme une nécessité face à la rigidité croissante du code de Cray Blitz — un "monstre" de Fortran et d'assembleur CAL dont la maintenance devenait cauchemardesque à mesure que les exigences évoluaient.
Crafty est conçu pour être "élégant et portable" — écrit en C standard, compilable sur n'importe quelle machine, sans une ligne d'assembleur. Mais il hérite directement de la fonction d'évaluation de la version 49h de Cray Blitz. C'est pourquoi Crafty s'est immédiatement imposé comme programme de référence dès sa sortie : il portait en lui vingt ans de raffinement algorithmique. La décision de Hyatt de publier Crafty en open-source à partir de 1994 transforme cet héritage en bien commun de toute la communauté des programmeurs d'échecs.
Hyatt, professeur et pionnier de l'open-source
Un dernier fait marquant, souvent négligé : Robert Hyatt est avant tout un professeur d'université. À l'UAB, il enseigne l'informatique tout en développant ses programmes de jeu d'échecs. Cette double casquette explique sa décision de rendre Crafty open-source — une démarche académique naturelle, dans la tradition de la recherche universitaire américaine qui valorise le partage des connaissances.
Cray Blitz, dans ce contexte, n'était pas un produit commercial mais un objet de recherche. Aucune version n'a jamais été vendue. Aucun titre de champion du monde n'a généré de revenus. C'est cette posture — celle du chercheur désintéressé, qui utilise les ressources institutionnelles disponibles pour repousser les frontières du possible — qui distingue Hyatt de tous ses contemporains commerciaux et qui fait de son œuvre une contribution unique à l'histoire de l'intelligence artificielle.
Ces récits soulignent que la version 49h n'est pas seulement un moteur de recherche, mais le témoin d'une époque où l'on pouvait devenir champion du monde en utilisant les machines destinées à la recherche atomique pour jouer aux échecs — et où la générosité intellectuelle d'un professeur de Birmingham a semé les graines de toute la programmation d'échecs moderne.
Recueil d'anecdotes historiques (1975–1996)
De l'usage des supercalculateurs à la naissance de l'open-source moderne · Arène Valter
Valter
La Renaissance : Cray Blitz UCI
La Renaissance : Cray Blitz UCI
Le réveil d'un géant sur les architectures modernes
Longtemps resté prisonnier des archives et des émulateurs de supercalculateurs complexes, le code source de Cray Blitz a fait l'objet d'un projet de portage communautaire ambitieux. L'objectif, discuté passionnément sur les forums spécialisés, était de transformer ce programme "vectoriel" en un moteur compatible UCI (Universal Chess Interface), capable de s'exécuter nativement sous Windows ou Linux sans aucune couche d'émulation.
Le défi technique du portage
Le chantier fut considérable. Il s'agissait de traduire trois couches de code radicalement différentes : le Fortran des premières versions, l'assembleur CAL (Cray Assembly Language) des optimisations vectorielles, et la logique de parallélisme YBWC conçue pour une architecture multiprocesseur spécifique à Cray Research. Chacune de ces couches supposait des idiomes, des contraintes et des hypothèses matérielles entièrement différentes.
Le travail des porteurs a consisté à identifier, dans chaque couche, la logique algorithmique pure — indépendante du matériel — et à la transcrire en C standard. La difficulté principale n'était pas syntaxique mais sémantique : comprendre ce qu'une instruction CAL "voulait dire" en termes d'intention algorithmique, puis l'exprimer dans un C moderne sans en trahir l'esprit. Le résultat préserve l'intégrité de la fonction d'évaluation et de la logique de recherche originales.
L'essence du portage : Contrairement à Crafty (son successeur spirituel conçu par Hyatt lui-même), la version UCI de Cray Blitz vise la fidélité historique. Elle permet de retrouver le style de jeu tactique et la philosophie d'évaluation qui lui ont valu ses titres mondiaux — mais avec la stabilité et la facilité d'installation des moteurs UCI actuels. C'est un outil de recherche historique autant qu'un adversaire compétitif.
Crafty vs. Cray Blitz UCI : deux héritages, deux esprits
Un point crucial mérite d'être précisé pour quiconque souhaite comprendre la généalogie de ces programmes. Crafty a été écrit par Robert Hyatt lui-même comme successeur voulu et assumé de Cray Blitz — une réécriture consciente, un changement de paradigme. La version UCI de Cray Blitz, elle, a été portée par la communauté, sans intervention directe de Hyatt dans ce travail spécifique.
Les deux programmes partagent une fonction d'évaluation génétiquement commune (celle de la version 49h), mais ils représentent des philosophies différentes. Crafty est tourné vers l'avenir : portable, modulaire, conçu pour évoluer. Cray Blitz UCI est tourné vers le passé : un conservatoire vivant de la pensée algorithmique des années 1980, dopé par la fréquence d'horloge du XXIe siècle.
Le gain de performance : un laboratoire temporel
Sur un processeur moderne, le moteur atteint des vitesses de calcul qui auraient paru miraculeuses à Hyatt en 1983. Cette surpuissance crée une opportunité expérimentale unique : en bridant délibérément le processeur — en limitant le nombre de nœuds par seconde à une valeur correspondant à un Cray-1 ou à un Cray X-MP — il devient possible de recréer les conditions de calcul des tournois historiques. L'intelligence algorithmique des années 1980, intacte, joue à la vitesse d'un Cray-1 ou d'un X-MP selon le réglage.
C'est grâce à cette version UCI que nous pouvons aujourd'hui, dans l'arène Valter, calibrer précisément sa force de frappe sur Ryzen 9. En isolant un thread et en limitant sa puissance, nous recréons un laboratoire temporel où le passé et le présent se mesurent enfin à armes comparables.
Dompter la légende dans Arena : protocole de configuration
Intégrer Cray Blitz UCI dans une interface moderne comme Arena requiert cependant une subtilité de configuration propre aux héritages logiciels complexes. Pour que le moteur utilise correctement sa bibliothèque d'ouvertures et se comporte de façon stable dans un contexte de tournoi, un protocole précis doit être suivi.
Point d'attention : Le moteur ne déclenchera son book d'ouvertures que sous un contrôle de temps "tous les coups" (Fixed Time) inférieur à un certain seuil. Le non-respect de cette contrainte produit un comportement erratique dès les premières coups — le programme joue "à l'aveugle" sans consulter ses ouvertures préparées, ce qui fausse toute mesure de sa force réelle.
Voici la marche à suivre pour une intégration optimale dans Arena :
Gestion du temps : Configurer le moteur pour une moyenne de 15 secondes par coup en mode Fixed Time — ce seuil garantit l'activation du book d'ouvertures.
Mode tournoi : Déclarer Cray Blitz comme nouveau moteur UCI et lancer le tournoi en utilisant le contrôle "partie en x minutes" — pas le mode blitz ou bullet, qui désactive le book.
Désactivation de l'adjudication : Étant donné l'incertitude sur la durée totale d'une partie, désactiver l'adjudication automatique par Arena. Cela permet aux moteurs de puiser, si nécessaire, au-delà du temps initialement alloué par la moyenne des 15 secondes sans être interrompus arbitrairement.
Réinitialisation entre les parties : Activer l'option "Redémarrer le moteur après chaque partie" dans les paramètres d'Arena. Cette mesure garantit la virginité des tables de transposition et évite que des résidus de calcul d'une partie n'influencent les suivantes — un comportement documenté sur les moteurs à forte mémoire de transposition comme Cray Blitz.
Limitation des threads : Pour simuler les conditions historiques, fixer le nombre de threads à 1 et ajuster le hash à une valeur correspondant à la mémoire disponible des Cray simulés (entre 16 et 256 Mo selon l'époque recréée).
C'est grâce à cette rigueur de paramétrage que l'arène Valter peut calibrer précisément la force de frappe du moteur sur Ryzen 9 — sans que le génie algorithmique de Cray Blitz ne soit ni bridé par une interface capricieuse, ni amplifié de façon anachronique par la puissance brute du processeur moderne. Le passé joue enfin dans des conditions qui lui ressemblent.
Portage UCI finalisé par la communauté des échecs informatiques
Configuration optimisée pour Arena — Épreuve de vérité sur architecture Ryzen 9 · Arène Valter
Valter [...]
23 February, 2026Chess Engines / TestThe King 3.50 sur Ryzen 9 : 2817 elo
Chronique Hardware
The King 3.50 : Le Paradoxe de l'Âge face à Rebel 6
Analyse de Performance : The King 3.50
L'intégration de The King 3.50 (Chessmaster) à 100% de la puissance du Ryzen 9 révèle un duel temporel fascinant. Avec un score global de 45% contre l'élite bridée, il s'établit à une solide performance de 2817 Elo.
Le Choc des Époques : 1994 vs 2007
Le fait marquant est l'écart dérisoire de 60 points Elo avec Rebel 6 (2757 Elo). Malgré 13 ans d'évolution algorithmique supplémentaire, The King ne parvient pas à distancer significativement l'œuvre de Ed Schröder. Cela prouve que l'optimisation "bas niveau" de 1994, une fois libérée sur Ryzen 9, rivalise avec les concepts modernes.
Résultats du Gauntlet (The King 100%)
Adversaire (Simu Athlon)
Elo Réf.
Score
Elo Labo
Rybka 2.3.1
2920
8.5 - 11.5
2817
Fruit 2.3.1
2861
8.0 - 12.0
2817
Shredder 10
2825
8.5 - 11.5
2817
Chess Tiger 2007
2802
11.0 - 9.0
2817
© 2026 Laboratoire Chronique Hardware - Ryzen 9 Benchmarking Protocol
Exemple de protocole de Calibration : Shredder 10
Méthodologie comparative Ryzen 9 vs Athlon 1200
1. Référentiel de Calcul
L'objectif est d'aligner la puissance de calcul de Shredder 10 sur un Athlon 1200 (Score Fritzmark : 565) en utilisant la réserve de puissance brute du Ryzen 9 (Score Fritzmark estimé : 5000).
Ratio de Bridage = 565 / 5000 = 11.3%
2. Validation Empirique
Sur la position de test (réponse à h4), les mesures en temps réel confirment la linéarité du modèle :
VITESSE BRUTE (100%)
1760 kn/s
VITESSE BRIDÉE (11.3%)
200 kn/s
Observation : La valeur de 200 kn/s est conforme aux performances historiques d'un Athlon Thunderbird 1.2 GHz en milieu de partie complexe.
Configuration prête pour le tournoi OlderEngines. L'étalon Rebel 6 conserve son avantage de vitesse brute (Full Ryzen) pour mesurer la résistance des moteurs optimisés.
Gauntlet : The King 3.50 vs The World
Simulation Hardware : Étalon Ryzen 9 vs Athlon 1200 (11%)
L'Étalon (Hardware Full Power)
2817 Elo
The King 3.50
Configuration : Ryzen 9 - 100% CPU
Score Global : 36.0 / 80 (45%)
Note : Le moteur de Chessmaster confirme sa solidité face à l'élite, surpassant le "Plafond Rebel" de 60 points Elo.
Opposition Élite (Simulation Athlon)
2920 Elo
Rybka 2.3.1
Résultat : 11.5 - 8.5
Statut : Résiste à The King
2861 Elo
Fruit 2.3.1
Résultat : 12.0 - 8.0
Statut : Domine The King
2825 Elo
Shredder 10
Résultat : 11.5 - 8.5
Statut : Résiste à The King
2802 Elo
Chess Tiger 2007
Résultat : 9.0 - 11.0
Statut : Battu par The King
Analyse du Plafond Hardware
Conclusion Technique : The King 3.50 (2007) établit une nouvelle marque de référence à 2817 Elo sur Ryzen 9. Bien que plus récent que Rebel 6, il ne parvient pas à inverser le rapport de force face aux cadors Rybka ou Fruit, même avec l'avantage du CPU non bridé.
Analyse Comparative : Cohérence SSDF
Il est fascinant de mettre ces 2817 Elo en perspective avec les mesures officielles de la SSDF. Sur un hardware plus ancien (Q6600 @ 2.4 GHz), The King 3.50 affiche 2855 Elo.
Cependant, ce score SSDF est obtenu en 4 threads sur un processeur délivrant environ 1693 kn/s par thread. Mon test, bien que limité à 1 thread, bénéficie de la puissance brute du Ryzen 9 (5178 kn/s). L'équivalence est remarquable : la vélocité supérieure de l'architecture Zen 4 compense presque parfaitement l'absence de multi-threading, rendant mes résultats totalement consistants avec les standards internationaux.
Expérience "OlderEngines" - Laboratoire de mesure de force brute - Protocole Ryzen 9. [...]
9 February, 2026Chess Engines / Émulations / TestRebel 6 aujourd'hui
Édito : La Renaissance de Rebel 6
Quel niveau de jeu peut atteindre un moteur mythique de 1994 lorsqu'il est transplanté sur une architecture silicium de 2026 ? Entre nostalgie et métrologie, cette étude décortique l'évolution de Rebel 6 à travers les âges et les processeurs. Voici, en préambule, les conclusions de nos mesures :
Rebel 6 sur 486 / 50 MHz (Référence 1994)
2307 ELO
Rebel 6 sur Pentium 90 (Référence SSDF)
2415 ELO
Rebel 6 (1% Ryzen 9) - Extrapolation Vitesse
2483 ELO
Rebel 6 (1% Ryzen 9) - Performance en Tournoi
2527 ELO
Ce rapport démontre que si la vitesse de calcul pure (nodes per second) est un indicateur précieux, la confrontation directe sur l'échiquier face aux machines dédiées révèle une efficacité algorithmique qui dépasse les simples projections mathématiques. Plongeons dans le détail des protocoles.
Il y a plusieurs sources aujourd'hui qui permettent de ressusciter le vieil Rebel 6 qui date de 1994 et qui tournait sous DOS. La première page d'où on peut le télécharger propose une version sous DFEND qui permet de le faire fonctionner sous windows avec DOSBOX. Il y a une seconde page d'où on peut se procurer Rebel 6 ainsi que d'autres programmes du même auteur et l'environnement DFEND.
Ensuite, on peut aussi télécharger des versions de Rebel et Prodeo fonctionnant sous l'interface d'Arena.
La question que je me suis posée est de savoir si toutes ces versions sont comparables à la version originale de Rebel 6, et en particulier, quelle était l'influence d'un hardware moderne en terme de performances.
Pour cela, je dispose de quelques rapports, en particulier de la revue CSS, comme le diagramme suivant:
Qui stipule que Rebel 6 trouve la solution en 33 minutes et 12 secondes sur un 486/50 MHz avec 13MB de hash tables. C'est à cela que je vais me comparer avec mon ordinateur sous windows 10 et avec un processeur Intel Core i7-3770@3.4GHz.
Si je lance Rebel 6 dans Arena, le logiciel est lié par le protocole UCI, et à priori il travaille à pleine puissance du processeur sur un coeur. La solution précédente est trouvée en 1 seconde!
Si je lance Rebel 6 à partir de DFEND, avec la vitesse d'émulation par défaut, la solution est trouvée en 2'09", ce qui est quand même 15.4 fois plus rapide que le Rebel de 1994 sur un hardware de l'époque.
Il se trouve que je peux diminuer la vitesse d'émulation sous DFEND, et si je passe à une émulation de 15000 cycles, la bonne réponse est trouvée en 33'10", ce qui est parfait.
La vitesse de calcul moyenne avec ce paramétrage et sur cette position spécifique est de 8165 noeuds par seconde comme on peut le calculer à partir des données vues dans la capture d'écran suivante. A savoir 77 910 393 positions analysées en 2h39'02".
Et finalement, pour comparer le Rebel 6 d'origine sur le 486/50 avec la version UCI sous Arena et la version DFEND avec son paramétrage de base, j'ai réalisé le test du nombre de noeuds calculés en une minute au niveau analyse infinie, en réponse à a4.
Le Rebel 6 de l'époque sur le hardware de l'époque atteint 5201 noeuds par seconde. Résultat de 317 267 noeuds analysés en 1'01". Sous DFEND, on est à 98000 noeuds par seconde et sous Arena à 2 081 600 noeuds par seconde, soit un facteur 400! C'est énorme.
Je voudrais aussi compiler les pages du magasine CSS qui parlent de Rebel 6 au cas où je reprendrais d'autres tests plus tard à partir de données publiées.
Et voici le BT2630 test pour Rebel 6 sous Arena et sous DFEND avec la vitesse qui émule un 486/50. Je pense qu'il y a plus de différence que les 200 points elo, parce qu'il y a des diagrammes que Rebel 6 ne va jamais trouver alors qu'il est fulgurant sur la plupart.
BT2630
Rebel 6
Rebel 6
Rebel 6
AMD Ryzen 9 7950X
i7 3770
i7 3770
2630
CB4,2 GHz
Arena3,4 GHz
DEFEND15000 cycles
BT 100186
BT 20050
BT 30034
BT 4900900900
BT 5001
BT 60029
BT 70023
BT 811900
BT 967900
BT 100019
BT 11005
BT 1200104
BT 13381900900
BT 14005
BT 1522760
BT 1657900
BT 1700122
BT 180016
BT 19900900900
BT 200010
BT 21465900900
BT 22009
BT 23900900900
BT 2456900
BT 2586108900
BT 2611140
BT 2722101
BT 28900900900
BT 29119149900
BT 30001
Summe:
4683
5696
12275
Elo
2474
2440
2221
Analyse Différentielle : Rebel 6 sur Hardware Moderne
Afin de situer Rebel 6 avec précision dans la hiérarchie actuelle, j'ai utilisé une astuce technique permettant de simuler un hardware d'époque tout en profitant de la stabilité d'un système moderne. Grâce à l'utilitaire BES (Battle Encoder Shirase), le thread du processeur Ryzen 9 a été bridé à seulement 1% de sa capacité. Cette approche permet de créer une "ancre" scientifique, ancrant la force de Rebel 6 dans une réalité historique mesurable plutôt que dans une simple émulation de cycles.
Calibration de la Force (Règle des 60 Elo)
Le calcul repose sur la corrélation constatée entre les architectures 486 et Pentium 90 (P90) dans les listes SSDF de 1996, où un doublement de la puissance de calcul équivaut à un gain de 60 points Elo.
486/66 (Référence Dosbox) : 198 secondes pour profondeur 10
Ryzen 9 (Bridage BES 1%) : 26 secondes pour profondeur 10
Ratio de vitesse constaté (R) : 7.615
Calcul du différentiel : [Log(7.615) / Log(2)] x 60 = +176 Elo
Estimation de la Performance Finale
Configuration
Base Elo (SSDF)
Résultat Estimé
Rebel 6.0 (Architecture 486/66)
2307
—
Rebel 6.0 (Ryzen 9 bridé à 1%)
-
2483 Elo
Force de Rebel 6 (Bridage 1%)
2483 ELO
Un sommet de l'algorithmique des années 90
Cette analyse démontre qu'en libérant seulement 1% de la puissance d'un processeur moderne, Rebel 6 atteint 2483 Elo. Ce résultat valide la supériorité de l'architecture logicielle de 1996 qui, même avec des ressources extrêmement limitées, parvient à maintenir un niveau de jeu exceptionnel face aux standards historiques.
Rapport de Tournoi : Rebel 6 contre top échiquiers
Pour valider l'étalon de 2483 Elo, Rebel 6 (bridé à 1% BES sur Ryzen 9) a été opposé à un Gauntlet de 60 parties contre les fleurons des machines dédiées. Ce test confirme la capacité du moteur à maintenir une domination écrasante malgré un bridage extrême.
Rang
Moteur / Machine
Score
Détails
1
Rebel 6 (1% BES)
49,5 / 60
Étalon
2
Saitek RISC 2500 v1.04
3,5 / 10
0000===1100
3
Mephisto RISC II
2,0 / 10
=00==0=000
4
Novag Star Diamond (v1.04)
2,0 / 10
==00100000
5
Mephisto Genius 68030 London
2,0 / 10
0100000100
6
Mephisto Berlin Pro 68020
0,5 / 10
000=000000
7
Saitek Sparc (rev.518)
0,5 / 10
00000000=0
Statut : Tournament is finished | 60 games played
Calcul de Performance (Rp)
Moyenne Opposition (Ra) : 2258 Elo
Score Rebel 6 : 82.5% (49.5/60)
Différentiel (D) : 400 * log10( 0.825 / 0.175 ) = +269 Elo
Performance Réelle : 2258 + 269 = 2527 Elo
Le résultat final est sans appel : avec une performance réelle de 2527 Elo, Rebel 6 (1%) surpasse même les prévisions basées sur sa vitesse de calcul (2483). Ce bonus de près de 44 points démontre que la qualité intrinsèque de l'algorithme de 1996 compense largement la réduction drastique de sa puissance de calcul brute. [...]
8 February, 2026Chess Engines / TestCray Blitz 4.9h : 2531 points elo sur Ryzen 9
Analyse Différentielle : Rebel 6
Calibration Elo via Mesures Matérielles et Limitation BES
L'intégration de Rebel 6 bridé à 1% sert d'étalon scientifique à cette étude. Plutôt que de reposer sur des théories, sa force de 2483 Elo est ancrée dans la réalité historique : elle découle directement de la corrélation entre ses vitesses de calcul sous Dosbox et les classements officiels SSDF de 1996. Cet ancrage permet de mesurer la puissance de Cray Blitz non pas dans le vide, mais par rapport à une référence absolue de l'âge d'or des échecs informatiques.
1. Dérivation du Coefficient de Performance (60 Elo)
Le gain de 60 points Elo pour un doublement de la puissance de calcul n'est pas une règle arbitraire, mais une déduction issue de la comparaison entre les architectures 486 et Pentium 90 (P90) :
Écart SSDF : La liste de mars 1996 affiche 2307 Elo pour le 486/66 et 2415 Elo pour le P90, soit un différentiel de 108 points.
Vitesse de calcul : La mesure de résolution d'un diagramme sous Dosbox montre que le P90 est environ 3,5 fois plus rapide que le 486/66.
Résultat : En appliquant le ratio logarithmique à cet écart de 108 points, on obtient la valeur pivot de 60 points Elo par doublement de vitesse.
2. Référentiel Historique SSDF
Architecture
Score SSDF (Elo)
Différentiel
Rebel 6.0 (Pentium 90 MHz)
2415
—
Rebel 6.0 (486 / 50-66 MHz)
2307
- 108 points
3. Protocole de Test sur Ryzen 9 via BES
Le benchmark actuel mesure le temps requis pour atteindre la profondeur 10 (10 ply). L'utilisation de l'utilitaire BES (Battle Encoder Shirase) a permis de brider le thread du Ryzen 9 à 1% de sa capacité afin de créer un point de comparaison stable.
BES intervient au niveau logiciel pour suspendre périodiquement l'activité du processus, simulant ainsi fidèlement une puissance de calcul réduite sur un processeur haute fréquence.
486/66 (Dosbox) : 198 secondes
Ryzen 9 (1% BES) : 26 secondes
Ratio de vitesse (R) = 198 / 26 = 7.615
Calcul du Gain : [Log(7.615) / Log(2)] x 60 = +176 Elo
4. Estimation de la Force Finale
Métrique de Calibration
Résultat Elo
Base SSDF 486/66
2307
Estimation Ryzen 9 (Bridage BES 1%)
2483
Cette analyse démontre qu'en libérant seulement 1% de la puissance d'un Ryzen 9, Rebel 6 atteint 2483 Elo, validant la supériorité des architectures modernes même dans un état de bridage extrême par rapport aux systèmes de référence de 1996.
Étude de calibration (Février 2026)
Corrélation Dosbox/P90/SSDF — Limitation logicielle BES
Valter
Évaluation de Force : Cray Blitz 4.9h
Architecture Ryzen 9 7950X3D — Rapport de Gauntlet
Ce document établit la force brute de Cray Blitz 4.9h (version 1990) opérant sur une architecture moderne Zen 4. La méthodologie repose sur un tournoi de type Gauntlet de 70 parties contre un échantillon de moteurs de référence aux Elo certifiés.
Table de Justification des Résultats
Rang
Moteur Adverse
Elo Réf.
Score
Pourcentage
1
Cray Blitz 4.9h (Ryzen 9)
-
56.0 / 70
80.0%
2
Rebel 6.0 (1% BES)
2483
6.0 / 10
60.0%
3
Mephisto Genius 68030 London
2357
2.5 / 10
25.0%
4
Novag Star Diamond (v1.04)
2221
2.5 / 10
25.0%
5
Mephisto Berlin Pro 68020
2322
2.0 / 10
20.0%
6
Saitek RISC 2500 v1.04
2245
1.0 / 10
10.0%
7
Mephisto RISC II
2248
0.0 / 10
0.0%
8
Saitek Sparc (rev.518)
2152
0.0 / 10
0.0%
Calcul de la Performance Elo (Rp)
La force est calculée en utilisant la moyenne d'opposition pondérée par le score global obtenu sur l'ensemble du Gauntlet.
Moyenne Opposition (Ra) : 2289.7 Elo
Score de Cray Blitz : 56 / 70 (W = 0.80)
Différentiel (D) : 400 * Log10( 0.80 / 0.20 ) = +240.8
Performance Finale : 2289.7 + 240.8 = 2530.5 Elo
Force Estimée sur Ryzen 9 7950X3D
2531 ELO
Niveau Grand Maître International (GMI)
L'analyse démontre que l'apport de la technologie 3D V-Cache du Ryzen 9, combiné à la maturité de la version 4.9h de Cray Blitz, permet d'atteindre un niveau de jeu qui sature les capacités tactiques des machines dédiées les plus prestigieuses de l'histoire.
Mise à jour du 2 octobre 2026. Dans le classement général, calculé par Ordo sur l'ensemble des parties du laboratoire, Cray Blitz 4.9h sur Ryzen 9 est aujourd'hui à 2523 Elo (105 parties, ±16). Cray Blitz 49h a aussi été embarqué dans une machine ARM9 à 30 MHz émulée sous MAME, avec sa bibliothèque d'ouvertures et un niveau réglable : voir Stockfish 11 & Fruit 2.1 : 68020, 68040 & ARM. Sa cote reste à mesurer.
Valter [...]




























